Créer un nouveau blog :

A propos de ce blog


Nom du blog :
schangels
Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
25.12.2007
Dernière mise à jour :
13.10.2009

RSS

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Blagounettes (3)
· Cinéma (9)
· Citation (23)
· Divers (40)
· Karaokons (7)
· Musique (11)
· Philosophie (41)
· Politique (9)
· Sport (33)
· Tops 5 (3)

Navigation

Accueil
Gérer mon blog
Créer un blog
Livre d'or schangels
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !

Articles les plus lus

· Coups de pub: suite et non-fin
· Dépôt de bilan
· Par-dessus Board
· Citation du jour: qui a dit ...
· L'existentialisme est un anti-humanisme

· Après BHL, Pierre Desproges
· Citation du jour: qui a dit ... (12)
· Human League: "Don't You Want Me Baby"
· Visage: "Fade to Grey"
· Entre actes ...
· Petite Cure, en attendant ...
· Citation du jour: qui a dit ... (7)
· Un Elephant qui accouche d'une souris?
· "Isme" fétiche
· Ma langue au Katz? Pas encore!

Voir plus 

Statistiques 189 articles


Derniers commentaires

genau! toutes mes félicitations à notre soldat inconnu du jour, ce n'était pas évident ... ...
(Voir la suite)
Par Alfred+Leturc, le 22.10.2009

frances bean cobain...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 22.10.2009

je ne crois pas que la vraie question soit là pour nous, fred: la majorité des opineurs dissimulent leurs souv...
(Voir la suite)
Par Dédé Bonrototo, le 29.06.2009

la vraie question est : l'etat et l'eglise sont-ils vraiment séparés ? quand on voit notre calendrier, franche...
(Voir la suite)
Par Fred, le 29.06.2009

le baron, alias "mon héros rhétorique du goûter (ou de l'apéro, plutôt)" ... difficile de ne pas être en phas...
(Voir la suite)
Par Oh+my+Guesde, le 20.04.2009

voilà qui est amusant, ce billet fort bien senti à peine publié, voilà mme royal qui remet ça en s'excusant po...
(Voir la suite)
Par Le baron, le 20.04.2009

réponse à yurtdisi: non, pas de version shakespearienne de ce blog. on se contente de prendre racine, par ici ...
(Voir la suite)
Par Bernard Pivot, le 25.02.2009

english y at-il une version de ce site ?http://http://w ww.desk-egitim.c om/.centerblog.n et...
(Voir la suite)
Par yurtdisi egitim, le 25.02.2009

coucou je passe sur ton blog te souhaiter une trés bonne soirée !!! bizzzz a bientot !!!!lien vers mon blog...
(Voir la suite)
Par topine, le 29.01.2009

très sympa ce blog ! pour vous détendre, je vous invite vers le site de l'humour philosophique : http://critec...
(Voir la suite)
Par HippoDemo, le 28.01.2009

c'est bien!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 22.01.2009

nein de nein! cela faisait des lustres que personne n'était passé sur ce billet version top 50 des années 20...
(Voir la suite)
Par Uhustic(k), le 16.01.2009

personnelement, ce n'est pas "poney part (part1) que je metterai uniquement mais c'est l'album dans son entièr...
(Voir la suite)
Par riwadanslalaine, le 16.01.2009

moi content de voir que la population nouvelle-vibe-qu i-roule kiffe trop sa race multicolore sur ma planète b...
(Voir la suite)
Par Johnny Binaire, le 13.01.2009

trop bien ta vidéo elle est cool refesen plein...
(Voir la suite)
Par vauthier laetitia, le 13.01.2009

RSS

Recherche

Blogs et sites préférés

· Météluneté1staltwa
· Alessio Moretti (page personnelle)
· On s'fait une bouffe?
· Doriane Purple


Une seule virgule vous manque ...

Publié le 27/01/2008 à 12:00 par schangels
Une seule virgule vous manque ...
L'agnostique que je suis (par la faiblesse des choses) a une note à vous soumettre, concernant la religion chrétienne et ses textes. A prendre ou à laisser, selon votre degré de bigotterie que j'imagine très faible, mais là ne sera pas le problème.
Dans le Sermon sur la Montagne de l'Evangile selon Saint Matthieu (5.3), on aperçoit cette phrase qui a de quoi donner du pain sur la planche aux exégètes chrétiens:

"Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux"

Loin de moi l'idée de vouloir promouvoir une religion sur une autre, mais seulement d'illustrer l'ambiguïté typique des textes sacrés.
Je vois au moins deux manières d'interpréter cette seule et même phrase, sans compter les autres où l'on parle d'un Dieu secoureur des esprits fragiles face au(x) malin(s). Tout dépend de la virgule implicite à placer dans la phrase principale. Ainsi:

(1) heureux, les pauvres en esprit
(2) heureux les pauvres, en esprit

Dans le cas (1), les pauvres en esprit sont heureux; dans le cas (2), les pauvres sont heureux en esprit. La différence n'est donc pas mince selon la place de la virgule: soit il faut être simple d'esprit pour être heureux, soit il faut être pauvre pour être intelligent. Toute proportion gardée bien sûr sur la signification propre du fait d'être pauvre en esprit, mais je schématise pour la cause. Aucun rapport entre les deux formules, donc, sinon un seul et même contenu de départ.
Comment choisir, sinon en recoupant dans les autres psaumes et recherchant une cohérence globale entre les différents textes. Quand on dit qu'il y a à boire et à manger dans les textes sacrés, c'est que leurs auteurs ont à ce point joué sur les sous-entendus, les paraboles et la polysémie que tout le monde finit par y trouver son propre compte. Le philosophe Lessing ne m'aurait pas contredit s'il était là, dont l'analyse de la Bible parlait de plusieurs niveaux de discours selon l'intention de l'auteur et les capacités du lecteur. Il ne faut pas prendre une histoire biblique à la lettre: ce n'est pas parce que tel événement insensé ne s'est pas produit ou peut être dédramatisé par une explication scientifique que le sens originel du texte ne vaut plud tripette. Il faut être bien bas du front pour devenir athée sous le seul prétexte que l'histoire est à dormir debout. Elle fait surtout dormir ceux qui ne la comprennent ou ne veulent pas la comprendre, mais Dieu ne fait pas la quête Lui-même et d'autant moins s'Il n'existe pas. Et peu importe, devrais-je répéter pour ceux qui ont encore le billet du "volontarisme doxastique" en tête. Mais je m'arrête là, conscient que la distinction analytique entre la portée d'un quantificateur ou d'un opérateur modal n'est pas née d'hier et se confirme jusque dans les textes du Testament.
Chaque pot a son couvercle, chaque texte a son interprète ... herméneutique, quand tu nous tiens ... la charité part voir ailleurs si elle y est.
Malheureux, les riches en esprit? C'est vrai que le bulbe est souvent douloureux lorsqu'il chauffe trop souvent et en quantité déraisonnable. Qui n'a pas entendu parler des ailes brûlées d'Icare, à force de vouloir satisfaire ses ambitions de toucher le soleil et de ne pas tenir compte des propriétés physico-chimiques de la cire. Descartes savait, lui (cf. seconde méditation métaphysique) ... Voila une bonne occasion de passer un morceau de circonstance et d'honorer ceux qui m'ont épaulé pendant l'âge ingrat de l'adolescence sévèrement pubaire, à cette époque où tout se brouille et se termine toujours en séances intensives de Biactol. Je veux parler d'Iron Maiden et de son "Flight of Icarus". Mais parce que ce morceau n'est pas mon favori et que les compagnons de Dickinson ont été mis à l'honneur par le cinéma français, j'opterai plutôt pour ce coup de coeur en direction de Bernie Bonvoisin et ses impressionnants "Démons de Jésus". Ecoutez et vous comprendrez le rapport avec la Vierge de Fer, à défaut de cirage antique:

Vidéo Youtube



"La vengeance est un plat qui se mange froid", a chanté Lio et insinué le texte sacré bien avant la mangeuse de bananes crémeuses. Mais Bernie a d'autres vérités bien senties en tête, entre un air de Mesrine et une cause anti-sociale à défendre. RIP pour plus tard.

Mais je ne terminerai pas sans finir sur un extrait bien plus en phase avec le thème si religieux de la course à la vérité et de ses conséquencees néfastes pour l'esprit humain. Faut-il apprendre l'humilité et rester dans l'ignorance pour vivre heureux? Il est vrai que bon nombre des vérités font très souvent mal à entendre, et je pense ici à ce personnage mathématicien dont les recherches mathématiques auront eu "raison" de sa personne. Pour qui n'a jamais entendu parler du film "Pi", un essai noir et blanc de Daren Aronofsky (1998). En voici la présentation, doublée d'un accompagnement trip-hop qui vaut le détour:

Vidéo Youtube



Une ode structuraliste sur la maîtrise du monde en équations numériques et sur le prix à payer des quêtes menées à tout prix.
Le mieux est l'ennemi du bien, expression qui ne cesse décidément de revenir sur ce blog. On fait avec ce que l'on a, mais tout l'art consiste bien plutôt à comprendre ce que l'on ne peut avoir. Le sens d'une vie patauge entre ces deux modalités imprécises. Pas le temps de détailler, entre deux passing shots de Tsonga et un match de ping-pong à préparer.
Bien plus pauvre en esprit, certes, mais le sport a des conditions d'usage telles que l'intellect fait mieux de reste à l'écart lorsqu'il s'agit de gagner. Une autre vérité sur le sport qui me fera repasser par la case Hegel. Un billet qui se fait attendre, mais pour la cause ...


F&H

Métaphysique du caca

Publié le 27/01/2008 à 12:00 par schangels
Métaphysique du caca
Antonin Artaud avait déliré en son temps sur la signification morbide du caca. Je n'irai pas jusqu'à méditer sur son symbolisme et me contenterai d'en rire, ici.
J'ai pleuré à me pisser dessus, lors des quelques cinquantes premières fois où j'ai pu voir cet extrait ... l'effet de surprise s'est quelque peu estompé entre-temps et l'on finit par prévoir les coups pétaradants, certes; mais j'insiste tout de même pour vous passer cette scène d'anthologie dont le principe comique ne sera pas au goût de tout le monde. Il l'est en tout cas pour moi et certains de mes proches collaborateurs ... wahr nicht, Mann (dédicace au premier intéressé venu du Nord)?!
Je vous laisse apprécier le spectacle, tiré du pastiche de "Mon beau-père et moi":

Vidéo Youtube



J'ai gardé la version originale, pour que les paroles des humains ne viennent pas "polluer" le sonate pour chasses d'eau du félin. Pas la peine d'expliquer pourquoi cette scène m'a éclaté, je vous laisse juge.
Viendra le jour où le cinéma ajoutera l'odeur à l'image ... et où les vendeuses d'avant-projection proposeront dans leur corbeille du spray Air Wick entre une boîte de pop corn et un paquet de Twix.


F&H

Citation du jour: qui a dit ... (14)

Publié le 27/01/2008 à 12:00 par schangels
Citation du jour: qui a dit ... (14)
Qui a dit:

"Mes relations? Un tiers mondains, deux tiers mondistes"

Indice, chez vous: Niels0F

Il n'y a souvent qu'un pas entre mondanités et tiers monde, d'autant plus lorsque l'on passe par la case des Restos du Coeur. La cantine des laissés pour compte et sans comptes, susceptible de relancer la carrière d'un artiste dépassé ou aspiré par un vide d'inspiration sidéral.
Non pas que l'on ne puisse pas faire d'une pierre deux coups: relancer ses ventes de disques et la production de soupes réchauffantes pour SDF en mal de chaleur; mais l'amalgame est ainsi qu'il reste difficile d'être totalement admiratif devant la procédure globale. Tant mieux s'il faut écouter de la soupe pour financer de la soupe, tant qu'elle finit là où il faut. Mais jamais n'aurai-je sans doute le "courage" d'acheter un de ces albums gnangnans ou Goldman passe à Cabrel qui relance sur Calégero avant de conclure par Cali qui saute sur Ruiz. Je préférerais tant payer mon tribut national et faire patte blanche devant une juste imposition, comme le voulait la IVe République ... cette chère quatrième hyperinstable dont la Constitution prévoyait néanmoins un devoir d'assistance publique pour mendiants, clochards et SDF selon votre humeur taxinomique.
Une pièce ou deux représente si peu dans un jour, tandis que la multiplication du peu débouche parfois sur du beaucoup; et peu importe si le clochard (mon terme à moi) en use pour se caler la panse ou se remplir le gosier. Je serai toujours mal placé pour donner la leçon de morale, car le petit bourgeois locataire a ceci de pratique qu'il vit moyennement sans rien trop devoir à personne. Qu'il se dispense donc d'en imposer aux autres. A votre bon coeur messieurs dames ou, faute de mieux: à votre bon sens.
On fait comme on peut pour être un tant soi peu différent, le temps d'une vie; il y en a qiu se brûlent le dard et meurent très vite, puis d'autres qui misent sur la durée et s'emmerdent très tôt. Je situerai la troisième qui suit entre les deux: une sorte d'incarnation moderne des leçons de prudence et de morale doucereuse selon Horace, interprétée par une grande sauterelle qui me plaît autant par le physique que par ses mots d'esprit légers et pertinents. Sans jamais frapper fort ni faire mal, puisque l'intéressée se donne un rôle de défenseur de la classe moyenne progressiste adaptée à son milieu ambiant et respectueuse de la loi du milieu.
Je veux parler ici de Zazie: un grand bout de femme qui me plaît mais dont je n'achèterais pas les albums pour autant, car faut pas pousser pépé dans les orties. Pas assez de riffs, pour le moins, pas assez de rythmiques samplées et pas assez de distorsions musicales pour ne laisser place qu'à des accompagnements en instruments à vent et pianio de salon. Trop de voix, trop peu de sons. Pas pour moi, ce style rattaché au style variété. Je retiendrai cela dit quelques titres accrocheurs: "Tout le monde", "Des rails" et le "Rodéo" que voici, où j'ai apprécié les contre-temps de la boîte à rythme. Un détail de l'accompagnement, mais auquel j'attache le plus d'importance au final.

Vidéo Youtube



La morale est très convenue: les mâles flambeurs sont des salauds qui ne respectent pas l'intégrité morale et physique de la gent féminine + la drogue c'est pas bien et ça tue à petit feu. Qui a dit qu'harmonie et longueur allaient de soi ici-bas. Bref ...
Là n'est pas l'essentiel, que je situerai plutôt dans l'art consommé par la chanteuse de sauter d'une rime à un jeu de mots en toute légèreté. J'applaudis, en toute discrétion.
Ce n'est pas toujours dans le chant anglophone et les sonorités de son de cave que l'on trouve de quoi se remplir les oreilles. Il aura été dit que la grande pensionnaire des Enfoirés me tape souvent dans l'oeil. L'exception qui confirme la règle, en somme: tout antisémite a son Juif, tout anticlérical a son curé ... tout anti-mouches à merde à sa sauterelle, dira-t-on pour ce billet dont la principale revendication serait l'imposition sur les ménages moyens pour le droit à l'assistance publique. De quel droit, et à quel titre: pourquoi payer pour des clodos qui n'en fichent pas une rame, pourquoi débourser pour des assistés qui refusent sciemment de retourner au travail ... Argument choquant, mais pas totalement invalide et c'est là que la bonne conscience devrait prendre congé pour régler ses comptes une fois pour toutes. Il y a des cas trop désespérés pour remonter la pente seul, mais il y en d'autres aussi qui ne demandent que la paix sauvage et une bonne soupe par temps froid. Pas de règles, pas de tout fainéant et de tout martyre. Pas plus qu'il n'y a de législation parfaite, de toute façon. Qu'importe: tout le monde accordera qu'il y a des morts de froid difficiles à justifier par le goût du travail et la civilisation de l'effort. La vertu peut bien s'accorder deux-trois écarts et gérer quelques contradictions au nom de ceux qui la récusent. On est humanistes, ou on ne l'est pas humanistes. Nous aimons nos prochains? Alors montrons-le monnaie sonnante et trébuchante. Une assistance financée, des repas offerts par les soins de l'Etat ponctionnaire et des consciences qui se soulagent sans avoir à supporter les bras dessus bras dessous de chanteurs désengageants. Que la solidarité fasse son boulot dans la discrétion des feuilles d'impôt, sans chichi et sans prime-times sur TF1; ou qu'elle ferme sa gueule pour de bon et que l'on cesse de prendre la France pour ce qu'elle n'est pas. Tapez 1 ou 2, selon vos affinités électives; le mien est signé puis cacheté stampel en main, la tête de Marianne en haut à droite plutôt que la face de Cali en bas à gauche. Question de méthode et de cohérence, somme toute.
Pour un service de salubrité publique, enfin: supprimer les albums sans goût d'artistes sans inspiration. Enfin moi c'que j'en dis: que peu n'importe le flacon que lorsqu'il y a l'ivresse. Pas dans ce pudding télévisuel chanté par des comiques au coeur sensible mais à la voix de routier fumeur de Gitanes maïs.
La reconnaissance du ventre devrait avoir ses limites artistiques, non? Pour que l'on en sorte grandis plutôt que grossis.


F&H

Aimons-nous les uns (dans) les autres (?)

Publié le 26/01/2008 à 12:00 par schangels
Aimons-nous les uns (dans) les autres (?)
J'ai eu le grand plaisir de retrouver hier soir un vieil ami Brasilien perdu de vue mais que la fortune a placé de nouveau sur mon chemin, ou peut-être l'inverse. Voila qui m'a donné l'occasion de taper une bonne bouteille de Bayley's avec lui et un pongiste de ses camarades passé entre-temps. Sa blonde était partie plus tôt pour une soirée entre copines ou autres, tant et si bien que nous nous retrouvions autour d'un nectar crémeux et des discussions de mâles plein la bouche. Rien de très graveleux, car le camarade Brasilien a de la distinction et sans avoir besoin d'en rajouter.

Et puisque l'ami meusien me rappelle à ces si bons souvenirs musicaux que j'ai insérés dans ma mémoire entre une tranchée des Baïonnettes et un jeu éléctronique portatif à piles plates, je profite de l'occasion pour lâcher le très fameux "Big In Japan" d'Alphaville (1983). Numéro 1 dans plusieurs pays à l'époque et, surtout, l'un des premiers 45 tours que moi et mon frère écoutions en boucle sans discontinuer, assis en chien de fusil dans le petit salon et les imageries cérébrales en action. Synthés Bontempi et batterie samplée: vorwärts toute!

Vidéo Youtube



Mais avant de nous lancer sur une thématique des pays de l'Est et de la situation géopolitique des anciens satellites soviétiques ... ou plutôt sur un comparatif esthétique des filles slaves ... définitivement, oui ... le hasard de la discussion m'avait fait lire la liste indéfinie de sa filmothèque où je trouvai notamment le titre d'"Eyes Wide Shut". Indifférent je reste à la beauté frigorifiante de la blonde Kidman, mais cela n'enlève rien à l'intérêt du problème que ce film avait soulevé à sa sortie (1999). Ambiance ...
La Saint Valentin approche, tant mieux ... pour les serveurs et leurs pourboires, tout au moins. En l'honneur de ce soir improvisé où il faudra raquer plus pour obtenir plus, je pose cette question fameuse dont je ne me lasse décidément pas. Merci à son auteur en noir de l'avoir posé:
Préféreriez-vous que votre conjoint couche avec un autre en pensant à vous, ou qu'il couche avec vous en pensant à un autre?
Pas simple de répondre, même si une tendance naturelle pousserait notamment les hommes à répondre par la seconde formule: vive la viande, et tant pis si notre AOC d'un soir ou plus a la tête ailleurs pendant qu'elle y passe ... réaction pleine de testostérone à laquelle les femmes s'opposeraient en choisissant la première option: plus cérébrales dans leur jouissance, les femmes, moins matérielles et plus calines, les femmes ... vrai, faux? Je ne sais toujours ni, sinon que cette bien bonne question pose le problème de la relation souvent conflictuelle et compromettante (double sens) entre sexe et amour dans un couple.
Je vous laisserai relire un ancien billet sur les aventures d'Eros en terre post-moderne, un peu étourdi par toutes ces vapeurs polluantes où fric, confort matériel et souci de performance des muqueuses viennent se mélanger à de simples clins d'oeil et de jolis regards furtifs de départ.
Comment aimer celui ou celle que l'on désire, comment désirer celle ou celui que l'on aime?
Les sentiments sont comme les fleurs, dira le poète sur sa colline cent fois balisée par l'IGN du coin: leurs couleurs s'estompent avec le temps. Mais notons que la feuillle d'automne ne manque pas de charme et réveille les sens par ses odeurs aigres lors des vents de septembre. Les couples savent prendre des allures charmantes et complices qui remplacent aisément les parties de jambes en l'air des premiers temps de mise en chauffe de la turbine amoureuse. Ou quelque chose dans le genre, tant que la réunion grégaire n'est pas due à la triste peur d'être seul ou la honte du qu'en dira-t-on si ma solitude prend des airs de repoussoir angoissant.
Comme a dit l'autre boudin rouge, bien placée pour le dire: "à 20 ans, tu choisis; à 30 ans, tu es choisie; à 40 ans, t'as plus le choix" ... d'autant plus que le choix se fait d'autant plus rare lorsque l'on insiste d'autant plus à gagner la partie grégaire par quelque moyen que ce soit.
Il y a des coups de foudre ou des rencontres inopinées (pas de mauvais jeu de mots, non vraiment) qui se font par le plus grand des hasards et auxquels on attribue de la magie par ce qu'ils ont eu d'improvisé, précisément.
A vous maintenant de trouver l'alchimie idéale entre baisodrome et osmose complémentaire des phases lunaires et terrestres ...
... le serveur n'en a cure, qui n'aura pas la poche moins remplie ce 14 février que tous les autres. Heureux garçon de restaurant qui retrouvera plus tard sa poupée en sucre d'orge, après que les autres se soient gavés avec son assistance et au nom d'une Eros menacée d'obésité. Y a des régimes de faveur qui se perdent en rites expiatoires; mais ne défonçons pas de nouveau les portes ouvertes. Toujours pas de mauvais jeu de mot, non vraiment.


F&H

Gageure

Publié le 25/01/2008 à 12:00 par schangels
Gageure
Chose promise, chose due: Sijavéssu m'a posé une colle pas si évidente hier soir, celle de trouver une "oeuvre audiovisuelle" qu'aucun autre visiteur de ce blog ne connaîtrait sinon moi. Ou presque, mais c'est à elle d'imposer et à moi de disposer en l'occurrence. Une règle de probabilité élémentaire voudrait que j'aie d'autant plus de chances de gagner qu'il y aura d'autant moins de passagers furtifs ici ... mais je préfère le trafic intense, quitte à perdre mon pari.
Je me lance: je pose que personne d'autre que moi n'a vu ni entendu le morceau "Cannon", du groupe de jeun's nommé "Self".

Vidéo Youtube



C'est la première fois que je mate ce clip, et j'avoue ne pas retrouver du tout les images que je m'étais faites de l'histoire racontée ici. Mon scénario imaginaire: un clown triste, baissant la tête devant son miroir ampoulé lorsque les coulisses se vident et le laissent seul avec ses désillusions; une rafale de vent à chaque intro d'un riff bien senti; un héros de bande dessinée aux yeux tendres, monté sur le dos d'une ogive et volant dans les airs avant que la bombe n'explose en confettis ... des images privées qui n'ont strictement rien à voir avec ce clip qui pue à plein nez le Sum 41 et la rage calculée de yankee faussement déchaîné par la mélodie. Merci tout de même pour leurs notes, j'en ai fait mon imagerie toute personnelle.
Sorti en 1995, j'ai écouté en boucle cet album alors que je débutais mes études de philo universitaire et que j'étais perdu entre le brouillard de l'ex-lycéen encore perdu dans ses multiples questions sans réponse et un futur pas plus clair que l'eau de la Seine. Mes oreilles ont croisé ce morceau en écoute libre à la Fnac, puis j'ai craqué et décidé d'acheter ce CD dont le mélange de riffs bien gras et de sons électroniques plus légers donnait une bonne impression d'équilibre fusionnel. J'ai apprécié sur cette piste le jeu d'aller-retour de la gratte électrique, l'accent mis sur les plaintives (traduction: les notes en bémol) et le jeu de sample en arrière-fond. Sans négliger la voix de jouvenceau du chanteur, dont le ton mi-candide mi-faussement rebelle colle si bien à la jeunesse française du tournant 18-20 ans. Un choix tout trouvé puisque j'étais alors planté sur mes 19 ans, indécidé entre la douceur des mélodies et la puissance des instruments. J'avais donc trouvé un bon compromis dans cet album coloré et sans prétention cosmo-socialo-politique aucune. Anglo-saxon, quoi.
Pour résumer. Le leader de ce groupe dont je n'aurai jamais rien entendu d'autre que ce qui suit a su mélanger des genres de rythmes assez variés, mais pas trop ... un court flirt avec le jazz sur la piste 9, sur laquelle je ne me suis donc pas apesanti vu qu'il n'y a presque rien de plus ennuyeux, insignifiant et insipide pour moi que la musique de jazz. J'ai bien des proches qui pensent absolument le contraire, mais cela reste pour moi une musique d'intello qui ne m'inspire rien d'autre que l'indifférence et l'ennui. Idem pour Joe Satriani, en passant: les riffs d'intro sont souvent accrocheurs, avant de se perdre dans un flot de partitions virtuoses qui tiennent plus de l'exercice de style que de l'émotion sonore.
Gagné, ou perdu? Quelqu'un a-t-il déjà entendu ce morceau, ou suis-je l'un des seuls à avoir décroché les écouteurs publics de la Fnac pour déguster ce morceau en privé?
A vous de me le dire ... qu'est-ce que le gage d'un gage perdu? A vous de me le dire aussi, dans le cas très improbable où je ne tiendrais pas celui-ci.


F&H

Citation du jour: qui a dit ... (13)

Publié le 25/01/2008 à 12:00 par schangels
Citation du jour: qui a dit ... (13)
Qui a dit:

''Le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme; le syndicalisme, c'est le contraire''

Indice, chez vous: je ne sais ni ...

Cette formule est d'autant plus remarquable lorsque l'on cogite quelques secondes sur l'origine de la chatouille. Je ne vais pas refaire le sketch des Guignols sur l'audition d'Alain de Greff devant un CSA médusé par une blague sur l'enculage des moutons par Michael Kael. Encore que je vais procéder comme tel, histoire de comprendre ce qui suscite l'excitation des zygomatiques dans cette formule.
Pourquoi est-elle drôle? Parce qu'elle surprend, comme la plupart des blagues; mais aussi et surtout parce qu'elle détend en étonnant. Etonnement = protreptique, chez Aristote, c'est-à-dire l'art d'étonner le locuteur et de lui donner l'envie d'en savoir plus sur un problème. Le problème, ici, c'est celui de comprendre ce qui rend cette formule absurde et donc hilarante.
Mon avis: qu'à la différence de la surenchère qui finit par ne plus faire rire personne, témoin le trop-plein de n'importe quoi étalé par les Robins des Bois il y a quelques années de cela sur Canal +, cette citation cultive l'art de produire de l'absurde ou du paradoxal dans un contexte d'abord très sérieux. Qui baigne dans le 12e degré du début à la fin de son sketch ne fait rire que sa mère ou son neveu neuneu, et le mérite revient aux grands comiques de glisser subrepticement d'un degré à un autre pour être d'abord pris au sérieux avant de partir en sucette: De Funès, Jean Yanne, Dupontel ... qui continuent de simuler le 1er degré lorsque tout le monde les interprète au 12e. Pas donné à tout le monde de maintenir l'impression du contraire. C'est là le fameux principe du décalage entre les degrés de signification (littérale pour le comique, non-littérale pour le spectateur) dans nos actes de langage, comme l'avait bafouillé la marionnette d'Alain De Greff: le contraste produit n'est pas prévu par le spectateur et le fait rire. Pour ceux qui ont oublié la scène mythique en question, petite cure de rappel afin de ne pas mourir bête:

Vidéo Youtube



Pause: le paradoxe du menteur ou d'Epiménide le Crétois, le paradoxe du barbier de Russell, le paradoxe de Moore ne font pas franchement pisser de rire, sauf les Quakers ou Mormons tant habitués à une vie de chien qu'un rien amuse.
Reprise: la différence vient de ce que l'absurde de la formule ci-dessus porte autant sur la conclusion que sur celui qui la prononce, et faire du second degré suppose que le locuteur joue avec la signification littérale des mots pour bluffer son interlocuteur; rien de tel en philosophie. Epiménide n'est pas ridicule lorsqu'il prononce sa fameuse phrase paradoxale ''cet énoncé est faux'', qui est donc vrai s'il est faux et faux s'il est vrai. Aucun risque de coulante devant un tel paradoxe littéralement littéral. Une grande amie (qui se reconnaîtra, je suppose) a un jour félicité mon frère l'écrivain pour sa ''verge'' ... avec l'intention de parler de la verve de sa plume, mais le quiproquo avait de quoi la faire rougir. Conclusion: ce qu'elle a dit était ridicule et porta sur sa personne; elle eut honte; rire.
Pourquoi l'auteur de la citation ci-dessus serait-il ridicule s'il la prononçait au premier degré? Parce qu'il obtiendrait évidemment l'effet contraire (c'est le mot) de ce qu'il cherche à obtenir ou faire comprendre sur sa caisse en bois en pleine harangue militante: le syndicaliste n'est pas un libérateur s'il représente le contraire de l'homme exploitant l'homme, et c'est pour ne pas maîtriser les règles d'opposition conceptuelle qu'il fait pitié à entendre puisqu'il ne risque pas de convaincre un seul et ses auditeurs.
Explication. Le contraire de l'exploitation, c'est la libération; mais là n'est pas le problème. Le contraire de l''exploitation de l'homme par la femme, c'est l'exploitation de la femme par l'homme. Donc le contraire revient à inverser les termes d'une relation à deux places, où les deux arguments sont reliés par une relation d'exploitation; les deux arguments sont un seul et même ici, l'homme symbolisé par ''h'', et l'on obtient donc la formule logique E(h,h) pour symboliser l'exploitation de l'homme par l'homme. Plus clair, mais vraiment pas plus drôle et sans doute triste à mourir pour certains lecteurs déjà retournés à un site de bricolage. Il y a des blagues qu'il vaut mieux ne pas expliquer pour ne pas casser l'ambiance.
Je continue pour les autres, toutefois: comment inverser le couple (h,h) sans retomber sur le couple (h,h) de départ? Pas possible, donc le tribun est ridicule parce qu'il cherchait à faire effet par une formule choc et qu'il se prend les concepts dans le tapis de la contrariété. Si le syndicaliste est aussi pourri que le capitaliste ennemi, alors pourquoi militer sur une caisse en bois plus longtemps? En effet, et l'auteur de la citation que je vous soumets ici n'en pensait pas moins sur la logique du jeu de dupes syndical entre des ouvriers de base qui cotisent et des chefs de cellule qui encaissent.
Sûr que la citation fait beaucoup moins rire après les deux paragraphes ratiocinants qui précèdent; mais ils m'ont servi à introduire un thème qui me tient à coeur et que j'aborderais dans un très prochain billet: la théorie des oppositions, et l'étude des relations d'incompatibilité parmi une pléthore de concepts quotidiens. Pas si simple de définir clairement la signification du concept de contrariété, souvent confondu avec celui de contradiction. La contradiction de E(h,h) n'est pas E(h,h) mais la négation de E(h,h), c'est-à-dire l'idée que l'homme n'exploite pas l'homme. Plus rien de ridicule, ici, mais plus rien de drôle non plus si l'on conseille au piteux tribun de remplacer ''le contraire'' final par ''la contradictoire''.
C'est ce genre de distinctions entre plusieurs formes d'opposition qu'Aristote a introduites au sein de sa compilation logique, l'Organon et en particulier son Peri Hermeneais (De l'Interpretation, pour les francophones). C'est ce genre d'oppositions que le philo-gicien Robert Blanché a retrouvées dans un grand nombre de champs lexicaux: pas simplement les quantités, comme chez Aristote, mais aussi les couleurs, les relations de grandeur, les modalités, les connecteurs logiques, autant dire: aussi bien des prédicats que des opérateurs, des verbes que des noms, des propositions entières ou des termes généraux. Pour résumer: deux choses sont contraires si elles ne peuvent pas être vraies en même temps mais peuvent être fausses ensemble: ce ne pouvait pas être le cas de l'exploitation de l'homme par l'homme, vu que son prétendu contraire est tout aussi vrai que lui. Donc "l'exploitation de l'homme par l'homme" n'a pas de contraire. Donc humour.
Jusqu'où peut-on enrégimenter le discours ordinaire et expliquer ce qui peut être ou ne pas être vrai en même temps? C'est la question que mon camarade philosophard Alessio Moretti (a.k.a. ''Vertices de Nice'') s'est posé dans sa thèse en prochaine gestation finale (voir le billet ''Coups de pub: ça continue''), avec en prime un vaste arsenal logico-mathématique qui fait passer le travail d'Aristote pour simple goutte d'eau dans la mer. Chapeau, moussaillon. Gros plan sur ton boulot pour très bientôt.
N'oubliez pas de rire entre deux échauffements cérébraux; on dénature les choses à force de vouloir les analyser et les comprendre en profondeur; je l'avais dit dans le billet suivant, je l'ai démontré dans celui-ci. ''Désolé'', comme disait l'autre tête de turc des Guignols à l'époque où leurs auteurs ne se prenaient pas encore au sérieux.

F&H

Cage à goûts-goûts

Publié le 24/01/2008 à 12:00 par schangels
Cage à goûts-goûts
Revenons à des choses plus simples, plus fuyantes mais d'autant plus agréables que l'impératif kantien à conditionalité itérative, et j'en passe des meilleures.
On dit souvent que l'on dénature les choses à force de les analyser et les recomposer par éléments irréductibles, et c'est ce que le scientifique de Cronenberg avant fini par comprendre dans "La Mouche": la chair n'est pas interprétable pour l'ordinateur, et peut-être est-ce ce genre d'informations ineffables qui nous empêche de mettre un mot, une idée ou une phrase sur nos sentiments les plus diffus. Essayons tout de même. Les madeleines ont cette propriété de perdre de leur goût lorsqu'elles sont partagées avec d'autres que soi-même, mais tant pis si cette conséquence psychanalytique (transfert de sensations internes?) altère le goût de la friandise.

Je dépose ici ce qu'il y a sans doute de plus succulent, de plus arômatisé et, donc, de moins digeste dans mes madeleines personnelles: un morceau qui fit fureur à sa sortie et tient plus aujourd'hui de la ringardise de mauvais goût que de la rêverie solitaire. C'est pourtant de rêveries que je suis pris, chaque fois que j'entends ce titre auquel j'associe des souvenirs sacrément intenses. Dans le désordre, faute de mieux: ma petite jeunesse aux alentours de 7-8 ans, le chemin de la Mazilière à Bras-sur-Meuse et les chemins sinueux qui conduisaient d'un lotissement banal à un ancien champ de bataille lunaire ... le passage de la vie de gosse à la mort des poilus, le tout sur 100 mètres de distance au fond de mon ancien village. Une époque insouciante qui me laisse rêveur mais ne me laisse pas moins une boule dans la gorge rien qu'à m'imaginer y retourner ... n'avez-vous jamais eu cette impression de nausée à l'idée de repartir (= régresser?) dans votre passé et d'y revivre tout ce qui, aujourd'hui, vous paraît dérisoire mais constituait le centre du monde à l'échelle de votre époque? Difficile à expliquer, mais je n'aimerais pas retourner dans la peau de l'être innocent = le gosse moyen que j'étais en ce temps-là. La peur de redevenir une proie facile et un être primitif ou mal constitué, comme tout enfant de bas âge qui se respecte en tant que tel?
Tant et si bien que cette madeleine pèse sur l'estomac et me donne d'autant plus l'impression d'être vivant qu'elle ne se digère pas. Que celui qui digère tout et ne craint rien s'inquiète pour son existence: elle risque de ressembler à un long tunnel froid et insignifiant. Je me trompe?
Mais lâchons plutôt le clip en question: le succès de Kajagoogoo intitulé "Too Sky" (1983), où certains reconnaîtront l'actrice dans le rôle de la serveuse supposée sexy: la championne de patins (à glace) et petite soeur de Matt Dillon dans "Prête à Tout", où Nicole Kidman campait une arriviste diabolique obnubilée par la gloire de la télévision. D'autres repéreront également le chanteur Limahl sous la coiffe punk et coloration jaune cocu, lequel Limahl interprétera par la suite le générique d'une "Histoire sans fin" ("Neverending Story", pour les puristes).
Peu importe cette digression, tant qu'elle ne me fait pas oublier mon petit mal d'estomac, si nécessaire pour me rappeler ce que le hasard (?) m'a fait être et ressentir autrefois. Nous avons tous ces impressions profondes en nous, quelques notes associées à un événement personnel et ce qu'il peut impliquer en termes de sensations psychosomatiques. J'ai tort? Je me confirme, pour le moins.

Vidéo Youtube



Note pour plus tard: la musique ne me fait jamais autant d'effet que lorsque les instruments principaux sont accompagnés de tons graves, de basses lointaines et de n'importe quel son qui puisse caresser les oreilles plutôt de les agresser de notes aiguës. Témoin ici la lourde basse qui rythme l'intro et joue sur la syncope; témoin aussi l'effet de la sirène lointaine au milieu du morceau et son appel à un infini inquiétant parce qu'inconnu, dont l'effet sur moi est identique à celui de la sirène dans "Psychobabble" d'Alan Parsons Project. Plein de mélancolie dans ce petit jeu anodin. Plus les accords sont bas et plaintifs, plus ça m'interpelle; toute proportion gardée sur la pseudo-loi des correspondances que j'échafaude ici entre les sons et leurs impressions sur la psyché.
J'ai bien d'autres souvenirs liés à cette époque pleine de sens pour moi bien qu'insignifiante pour tous les autres: l'ossuaire de Douaumont que je voyais depuis la fenêtre de ma chambre, les parties de foot solitaires sur un grand parc et face à une nationale qui cachait un cimetière militaire (la routine, en pays verdunois), les soirées froides et sèches où l'on rentrait d'école pour se remplir la panse d'une soupe de légumes rapeuse et trembler tous les mercredis soirs devant RTL Télévision et le spectacle rétrospectivement kitsch de "V: Les Envahisseurs" (lézards, toxines et Cie), le temps de ma première console de jeux Atari 2600 passée désormais au panthéon des archives semi-conductrices, les fins d'après-midi où j'attendais patiemment la version animée de Pac Man (générique de William Lemergie, excusez du peu) et ... Léguman, mon éternel héros hypervitaminé aux jambes en petits pois et à tête de citrouille. Comme quoi l'interprétation des faits peut changer du tout au rien en quelques années: impossible de ne pas avoir honte pour le réalisateur dans ce suit. Car non, je ne vous épargnerai pas ces quelques minutes de supplice télévisuel. Qui osera regarder cette bande jusqu'à son terme? Allez, du courage:

Vidéo Youtube



On est peu de choses, ou comment passer de héros à zéro en totale consternation. Et dire que son réalisateur Roland Topor n'a jamais eu à comparaître devant le TPI. Le Français a la mémoire courte, la preuve ...

Je ne sais pas si raconter des impressions intimes de ce genre peut en interpeller d'autres que moi-même. Mais il s'agit de voir si quelqu'un d'autre peut se retrouver dans ces représentations privées et y trouver un sens commun. Pour péter de nouveau dans la soie: ce serait là un moyen de mettre Frege en bémol et montrer qu'il existe une passerelle entre nos représentations privées et le sens public des mots de tous les jours.
J'ai tenté de décrire mes sensations ou impressions internes, ici. Effet secondaire, sans plus, car rien ne vaut de parler de la madeleine tant qu'on n'y a pas goûté soi-même.


F&H

Problème philosophique n°7

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par schangels
Problème philosophique n°7
(Photo: un certain air de ressemblance avec Poutine, wahr nicht?)

Un problème d'aspect technique mais que tout le monde finit par cogiter au moins un jour dans sa vie:

Y a-t-il un impératif catégorique?

Attention, terrain glissant: le problème qui suit ne cesse de finir en dérapages incontrôlés et digressions en tous genres lorsque l'on parle d'une loi pure ou inconditionnelle: l'exemple de la dénonciation du Juif au nom de la loi vichyste est devenu une tarte à la crème, de même que les problèmes de casuistique suscités par le rejet kantien d'un prétendu droit de mentir. L'ambiguïté s'est répandue à ce point que le grand humaniste Heinrich Himmler encourageait ses serviteurs SS en termes de ''chevaliers kantiens'', lorsqu'il leur fallait appliquer la solution finale sans remords ni regrets. Agir au nom de rien revient-il à se prévaloir de tout (et donc de rien)? Il est vrai que la frontière entre le tout et le rien est souvent mince et les fait se rapprocher comme les deux extrémités d'une page pliée en deux. Ne dit-on pas souvent ''parler de tout et de rien'' au sens d'une conséquence logique, car parler de tout ne revient-il pas à ne rien exclure, donc à ne rien dire en particulier? Je saute ici de Kant à Wittgenstein, mais la comparaison n'est pas innocente parce qu'il s'agira de s'interroger dans ce qui suit sur la faisabilité d'une loi morale made in Kant. Je m'explique.
Kant a proposé deux sortes de lois dans sa philosophie morale: à la question ''que dois-je faire'' qui, selon lui, constitue l'une des quatre questions fondamentales de la philosophie, l'ami de Königsberg demande qu'une distinction soit faite entre l'impératif catégorique et l'impératif hypothétique. Comme son nom l'indique, ce dernier impératif est la conséquence d'une condition préalable de type "si A alors B": je dois faire B seulement si A s'impose. Quant à l'impératif catégorique, l'ordre ne dépend d'aucune condition qui le précède et je dois faire A parce que A s'impose de lui-même.
La question qui tue, celle que tout le monde a dû se poser au moins une fois dans sa vie mais pas en ces termes abstraits: l'impératif catégorique existe-t-il?
Plutôt que de s'interroger sur l'ambiguïté remarquable d'un impératif suivi à la lettre, on peut simplement se demander s'il est jamais possible pour un individu normalement constitué d'entreprendre une action pour elle-même, sans aucune raison et sans se demander en vue de quoi, en fonction de quoi, en vertu de quoi, etc. Pas d'antécédent ni de conséquent: un acte un et unique, point. Possible? Je me tâte.
Prenez le cas du philanthrope qui légue sa fortune à une oeuvre de charité: peut-on dire de son action qu'elle est pure ou inconditionnelle, ou devrait-on suspecter plutôt un moyen de soulager ou, pire, racheter sa conscience par une bonne action déguisée en charité pure mais dissimulée derrière un réel intérêt personnel? C'est que le bonheur éternel ou le rachat d'une âme souillée n'est pas un moindre objectif pour le banquier de confession catholique, notamment. Mais un seul contre-exemple ne revient pas encore à reléguer l'impératif catégorique dans des oubliettes définitives. Je ne fais que supposer pour l'instant qu'il n'existe rien de tel: pour toute action B, B est motivé par A et cela ne souffrirait d'aucune exception; le disciple kantien devra me montrer que, au contraire, il existe au moins une action B qui n'est la conséquence d'aucun motif A. Les exemples du suicide ou du masochisme ne seront pas plus convaincants, puisque l'action de se faire souffrir ou de se tuer consiste à apporter un moindre soulagement dans une existence ou, mieux, à prendre du plaisir dans la douleur et pour des raisons psychologiques plus ou moins morbides (cf. l'allusion à Cioran et son idée de bonheur à se complaire dans le malheur, dans le billet ''Visage: Fade to Grey'').
Prendre du plaisir dans le déplaisir: une de ces expressions faussement paradoxales que l'on pourrait reformuler par ailleurs en termes d'itération ou de second ordre de discours. Ainsi, quiconque a entendu parler de l'impératif catégorique et de son statut de loi morale suprême pourrait se décider à faire du zèle et chercher à commettre un acte entièrement gratuit, exempt de tout motif préalable. Cela ne change rien à l'affaire, car on pourra dire de lui qu'il trouve son intérêt à commettre une action désintéressée ou, mieux, qu'il commet une action sans antécédent aucun parce qu'il tient à commettre une action sans antécédent aucun. Mais si tel est le cas, alors il commet cette action en vertu d'une raison préalable et cela revient à reproduire la relation hypothétique entre une raison A et une action B, quoique à un niveau de discours supérieur (A n'est plus une loi en particulier, mais l'énoncé entier de la relation conditionnelle entre A et B).

Au total, une logique mêlant ensemble des opérateurs de volonté et d'obligation pourrait contribuer à passer ce débat au peigne fin du formalisme, sans le régler pour autant car ce n'est pas là le rôle de la logique.
Sans oublier l'introduction d'un opérateur éthique de bien et de mal, parce que le kantien ne saurait se passer de l'idée de bien afin de constituer une loi morale pure. Faire de l'impératif catégorique une loi pure ou vide de tout contenu ne signifie pas en effet qu'elle est amorale, ce qui rélèverait pour le coup d'un véritable paradoxe; disons plutôt qu'une action conforme à la loi morale sera conforme à la maxime conditionnelle de Kant: ''Agis toujours de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle''. Traduction: si ton action est morale, elle doit être bonne pour tous les sujets et pas seulement à certains au détriment des autres. Exemples? Pas très convaincants, pour le moins. ''Sois juste'', ''Ne fais pas de mal aux autres'' ... rien que des cas dans lesquels un terme mal défini repose sur d'autres pas plus clairs. On pourra demander de ne pas voler les pièces d'un mendiant ou ne pas tuer le voisin insupportable, mais on répondra que ces prescriptions sont trop matérielles ou liées à un contexte social pour valoir par delà nos tribus civilisées.
De deux choses l'une: soit la loi est imposée pour des raisons fondamentales, auquel cas ses fondements restent à élucider. A trouver dans une science morale ou psychologique, voire les neurosciences? Kant parlait de loi pure par opposition à des choses empiriques et étudiables en surface ... soit la loi est imposée en raison des conséquences inadmissibles de sa propre négation, et il ne s'agit plus de trouver un fond de moralité de pure mais de critiquer ce que serait un monde totalement assujetti à la règle de l'intérêt ou de la condition.
Je ne trouve personnellement ni de fondement a priori ou transcendantal pour la loi morale et son statut d'impératif catégorique (qui le pourrait?), ni de raison a posteriori pour rejeter l'idée d'une concorde sociale basée sur l'impératif strictement hypothétique. Il y a des conditions mesquines (ranger sa chambre à condition de palper davantage pour les sorties du week-end), d'autres plus ambitieuses (contribuer à la libération d'Ingrid de Betancourt pour des raisons stratégiques de popularité sur le continent sud-américain; dédicace au nouveau libertador Chavès) et jusqu'à des actions dont il est parfois difficile d'extraire une condition préalable même si, pourtant, elle existe.
Les moralistes anglo-saxons ont souvent préférer parler de moeurs et de coutumes, de préférences aux lois transcendantales et aux impératifs purs et durs. Plus de souplesse et de contexte historique dans leurs règles de conduite, point d'universalité et que des généralités à géométrie variable. On peut contester les conséquences douteuses de ce jeu d'humilité spéculative: primat du relativisme, quitte à justifier l'excision des enfants nigérianes sous couvert de moeurs ''autres'' que les nôtres. On peut prétendre également que nous ne sommes pas en mesure de découvrir le contenu d'une loi universelle que tout le monde serait enclin à suivre, mais que l'on n'en pense pas moins et qu'il vaut mieux imposer ses propres préjugés que de supporter ceux des autres que nous-mêmes ne supportons pas. Mais plus question alors de parler d'universalité de la loi morale au sens propre.
Moralité: très peu, précisément, sinon le philosophe pris en étau entre une loi universelle sans contenu et des lois particulières dont les contenus l'insupportent très souvent.
Faites vos jeux, et n'hésitez pas à apporter votre grain de sel à ce débat qui nous touche tous: l'art de bien se comporter en ignorance de cause, celle de la signification du mot ''bien'' et des implications de cette ignorance sur notre condition d'étants paumés.
Pour qui souhaiterait méditer ici en toute sérénité, je lui dédie ce morceau touchant que Moby nous a légué en guise de générique de fin du monstreux ''Heat'' de Michael Mann (1995): ''God Moving Over The Face Of The Waters".

Vidéo Youtube



Il faudra s'arrêter plus tard sur ce modèle de confrontation entre deux âmes grises et qui ont oublié depuis longtemps les jeux de dichotomie. Sûr que Pacino et de Niro ne nous suivront dans notre quête de réponse au problème philosophique n°7. Ce n'est pas de leur ressort, ni peut-être du mien, mais eux ont quoi qu'il en soit le mérite d'agir avec talent. Le beau est-il l'avenir du bien? Pas certain non plus que la philosophie moderne me suive sur ce discours en forme de tryptique vrai-bien-beau. Car qu'est-ce que le beau? Et ce sera reparti pour un tour ...

Je laisserai cette piste toute provisoire: j'interprète l'impératif catégorique de Kant comme une règle conditionnelle sans condition. Traduction: une règle d'action dont la condition de succès préalable est précisément de n'avoir aucune condition préalable. C'est ce que j'ai appelé plus haut une règle d'itération: je veux ne pas vouloir, je désire ne pas désirer, je sais que j'ignore ... je pose comme condition de ne pas donner de condition à mon action. Il y a donc bien une condition à cette loi morale, mais une condition dont le contenu est vide parce qu'il ne peut être rempli par aucune raison particulière dans lesquels tout un chacun se retrouverait et trouverait un moindre intérêt. On obtiendrait ainsi une expression formelle de type A~A, où A servirait de modalité au sens variable.
Pas étonnant donc que Kant serve plus au grand monde lors des réceptions de l'ambassadeur qu'à grand-monde lors d'un naufrage en bateau ou d'un cas de conscience bien concret: si aucune raison concrète ou personnelle ne doit servir à mon action, et que telle est la condition de mon action (celle de ne pas en avoir, je répète), alors la loi morale de Kant s'apparente plus à une vue de l'esprit qu'à une règle pratique. Mais je me trompe peut-être sur toute la ligne. Démocratie du cause toujours, qui appelle d'ailleurs de ses voeux à ce que vous-mêmes preniez le relais. Dont acte?

F&H

Citation du jour: qui a dit ... (12)

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par schangels
Citation du jour: qui a dit ... (12)
S'il y a bien un concept galvaudé de nos jours et depuis un bout de temps, outre celui de "fasciste", c'est celui pas plus reluisant de "raciste". Kézako, au juste? Une moindre distinction s'imposerait entre racisme et xénophobie, ne serait-ce que pour distinguer quelques nuances derrière ce qui les assemble. Car une chose assemble l'ensemble, me semble-t-il: le souci de la différence, disons-le tout net: le différentialisme, ce qui fait plus sérieux voire universitaire.
Permettez-moi de pérorer quelques lignes avant d'entrer dans le vif du sujet: j'entends par racisme cette attitude qui consiste à maintenir une différence dans le but de préserver sa propre dignité, sous-entendu que fricoter avec une autre "race" ne peut que vous avilir. L'anti-raciste dira "gagnant-gagnant" lorsqu'on lui parle de mixité; le raciste dira "gagnant-perdant", lui perdant et le sous-être gagnant; il reste une autre catégorie qui parle de "perdant-perdant" et que l'on pourrait ranger sous le label des "racialistes" de la Nouvelle Droite. Mais j'y reviendrai plus tard.
Idée de supériorité de soi par rapport à l'autre, indispensable au raciste qui se respecte comme il peut. Parce que j'entrevois aussi et surtout dans le raciste une réaction de crainte réflexe et d'incompréhension, un faux complexe de supériorité qui cache en vérité un sentiment de complexé inférieur mal assumé. Lisez le psychanalyste Adler, vous acquiescerez ou pas. Tout le monde s'accorde au moins sur l'idée de racisme comme peur de l'autre et de l'inconnu, Céline Dion et Lara Fabian inclus. Mais allons plus loin: d'où vient cette peur, et pourquoi cette crainte de se mêler à celui que l'on considère "autre" parce qu'il est noir lorsque l'on est blanc, et inversement? Parce que l'on craint de perdre quelque chose de précieux à son contact, à tort ou à raison et il est trop facile de prêcher sur le tort afin de clore le débat avant même qu'il ne soit sérieusement ouvert. Mais quel est l'objet de la perte: la beauté du trait dolycocéphale, les coutumes de mes ancêtres qui ne peuvent convenir à l'"autre"... Il y a sans doute autant de réactions physiques que sociales dans le processus du racisme, et derrière les symptômes de tous les jours se cachent des intentions loin d'être évidentes. Sartre avait très bien croqué l'antisémite et sa logique victimaire; j'en avais parlé ailleurs, dans un billet précédent. Mais reprenons la plume-canif ...


Qui a dit:

''Le comble du racisme, c'est de tringler ce qui reboute''?

Indice, chez vous: Zivaudiard


J'imagine déjà certaines mines déconfites devant la formule rugueuse, mais celle-ci a l'avantage de parler vrai et de contenir des idées qui méritent d'être creusées, quitte à se baigner dans des eaux troubles. Car le trouble et le comportement déviant constituent les pathologies les plus intéressantes, telle l'inconsistance en logique, et qui ne suit pas cet avis n'appréciera que moyennement les lignes de ce blog dont une des vocations se veut de normaliser l'anormal ou, mieux, de rendre l'inacceptable plus acceptable. Certains en ont déjà fait l'expérience, et je les remercie encore de me l'avoir fait comprendre par le clavier.
Mais revenons à nos moutons reboutants: que veut dire cette citation? Qu'il n'y a pas plus raciste que celui qui se tape l'objet de son dégoût? Pas un signe de charité chrétienne, voire musulmane, ou d'effort pour dépasser ses propres phobies sociales, tout au contraire? Non: tringler n'est pas faire l'amour mais violenter et réduire le conjoint d'un soir à une bête de somme. Un moyen somme toutes d'avilir davantage l'autre abhorré et d'en faire un esclave le temps d'une partie de jambes en l'air où il ne s'agit pas de partager mais d'en imposer, voire de passer ses fantasmes les plus délétères sur le dos de la personne et ceci au sens propre lorsque l'être violenté est une femme. Le maître des terres coloniales qui se tapait la jolie créole selon son bon vouloir; le ziva caïd qui se tape la petit pouf' blonde au teint bien blanc les soirs de sortie en boîte, avant de l'exposer comme un trophée de chasse devant les yeux de ses potes verdâtres de jalousie ... les cas de rapports de force socio-ethniques, défi de faciès oblige, passent par ce genre de stratagème machiavélique, bien qu'une once de douceur ou d'affection puisse venir s'y mêler à force de promiscuité du dominant et de sa dominée. On pourrait en dire autant pour qui se souvient encore de Pierpoljak et sa subite conversion à l'esprit de la ganja jamaïcaine; or qui aura découvert l'auteur de la citation ci-dessus saura ce que l'intéressé pense de ces conversions de la dernière heure.
Les apparences restent donc souvent trompeuses, et les images les plus prometteuses cachent souvent des intentions parmi les plus dégueulasses. ''Mais on est en démocratie, quoi-j'veux dire, et j'suis libre avec mon corps!'' Certes. Et peu m'importe au fond, tant que mon Audiard moderne continue de sévir par la plume. Au sens propre, j'veux dire.
Des clichés en veux-tu en voila, dans un sens comme dans l'autre. Laissons les portes ouvertes où elles sont et passons du côté graveleux parce qu'il me fait rire et ne mange pas de pain, ou presque:

Vidéo Youtube



Question: comment expliquer les symptômes apparents de ce boulanger de base? Plus intéressant de savoir pourquoi il éructe que de s'en plaindre. Dédicace aux moralistes qui parlent si bien de devoir-être sans s'interroger plus avant sur les autres "êtres". Ne faut-il pas savoir tolérer l'intolérant? Car tolérer ne signifie pas toujours admettre mais tout au moins comprendre sans excuser par avance. Panum et circonstances ...


F&H

Volontarisme doxastique

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par schangels
Volontarisme doxastique
Nos chers médias actuels se font les antennes chaudes autour du zèle religieux de notre Président: il n'a pas le droit de faire le signe de croix en tant que premier représentant d'un pays laïc, dit-on. Pour ou contre ces signes ostentatoires d'un républicain? Rien à battre en particulier, de ce débat dont l'ingénieux corollaire pourrait être de faire oublier bon gré mal gré des affaires plus pressantes de pouvoir d'achat. Mais passons sur les intentions de la chose. Plus intéressante est la raison dont on pourrait se prévaloir de témoigner d'une affection chrétienne sans être chrétien, par exemple. Je me sens concerné par cette attitude étrange, d'où mon envie d'y voir plus clair et de le concevoir plus clairement.
J'écoute en ce moment l'excellente émission de Taddei, ''Ce soir ou jamais'' (cf. le précédent billet ''Vive le Roi?"), où le bouffon Sollers singe le scandalisé et que Charrasse lui répond plus modérément par un droit à la défense du patrimoine historique français. Pas plus laïcard que l'ancien ministre mitterrandien des Finances, ce qui n'empêche pas l'intéressé de dire qu'il aime à rappeler le souvenir des chapelles et églises magnifiques de son pays sans renier quoi que ce soit à la loi des congrégations de 1905. Je suis admiratif moi-même devant la cathédrale Saint-Etienne de ma ville, Metz et sa place d'Armes qui l'entoure. Et je me crois plutôt laïc, à supposer que je puisse deviner les conséquences de ce mot (approche pragmatique: comprendre la signification d'un mot, c'est connaître les conséquences de sa réalisation).
Contradiction dans les termes? Je trouve, plutôt et malgré moi. Peut-on admirer rétrospectivement ce que l'on devrait ne pas avoir accepté en raison de ses propres convictions morales? En effet: le laïc n'accepterait pas de financer aujourd'hui la construction de sites religieux, sinon pour créer un sentiment de concorde comme c'est le cas avec la construction progressive de mosquées en territoire d'immigration. Notons qu'il faut bien distinguer le laïc du laïcard, ou le non-religieux de l'anti-religieux.

Mais là n'est toujours pas le fond du débat auquel je veux arriver. Considérez mes billets comme un épisode des Simpsons: une scène d'introduction anodine et qui n'a finalement de rapport qu'accidentel avec la suite de la poilade (mes respects à leurs dialoguistes, en passant; que de productivité et de créativité, tout de même!) Le fond de ce billet tient à la raison pour laquelle la religion a quelque intérêt de nos jours: concorde sociale, ou croyance au Créateur de l'univers? Il y a de quoi hésiter et ceci au sein même des clercs modernes, quand on sait les affinités de l'abbé Pierre avec le communisme de son temps et les penchants gauchistes de certains curés de paroisse. Il y a des poissons volants qui ne constituent (toujours) pas la majorité du genre, certes; mais j'en viens à la question centrale, ici: peut-on être croyant sans croire en Dieu, ou peut-on pratiquer une religion sans croire à l'existence d'aucun Créateur? Les bouddhistes le font très bien, mais je m'adresse plutôt aux monothéismes selon lesquels tout a été créé par Un seul.
L'exemple des Jeunesses Ouvrières Chrétiennes et du Sillon de Marc Sangnier est un cas du genre où la parole religieuse a tenté de s'introduire dans les milieux prolétaires plus disposés à la suspicion marxiste. Mission impossible? Pas si l'on ''sécularise'' la parole en question et que le transcendantal se mue en savoir-vivre bien plus terre-à-terre. Est-ce là la mort de la religion, malgré l'intention de l'auteur dont le mouvement n'a certes pas fait long feu? Celui qui ne peut dissocier un Dieu d'une religion le pensera fermement. Je n'irai pas aussi loin. D'autres cas de principe fonctionnel existent en politique: le royalisme de raison de Charles Maurras, pour qui le régime d'un seul représentait le plus sûr moyen d'établir une autorité solide sur la population de France. Pas de croyance au pouvoir de droit divin ni au sang bleu des intéressés, chez le fondateur d'Action Française; seulement la conviction intime que certains principes ont intérêt à être pris pour vérité révélée afin d'être admis à la longue et évite l'anarchie du doute sceptique.

C'est là qu'intervient le fameux ''volontarisme doxastique'': de la notion grecque ''doxa'' à traduire par ''croyance'', cette expression lourdingue correspond à l'hypothèse bien plus intéressante selon laquelle il serait possible de croire à certaines choses parce qu'on le veut. On pourrait jouer au formalisme et définir la relation logique entre deux opérateurs de volonté et de croyance, pour les amateurs de logique modale. Mais d'autres l'ont déjà fait et en d'autres termes, et non parmi les moindres penseurs de la religion: je pense notamment à la logique de la croyance religieuse de Bochenski, philosophe, logicien et dominicain lui-même voué à la tâche épiscopale dans une Pologne indissociable des affaires sacrées (pour des raisons liées en partie à la création politique de l'Etat polonais, faut-il noter également). Contrairement à une logique doxastique de laïcs, telle celle constituée au départ par le créateur de la logique épistémique modale Jaakko Hintikka, Bochenski va plus loin que la relation entre volonté et croyance puisqu'il axiomatise la croyance comme condition de la vérité: celui qui croit à (ou en) Dieu agit de telle sorte qu'il implique l'existence de Dieu. Rien de tel dans notre monde temporel, où il ne suffit pas de croire à la hausse du pouvoir d'achat pour qu'elle passe d'objet intentionnel à réalité avérée. Mais tel est là un message à méditer de la croyance religieuse: l'inférence Bp => p laisse entendre que Dieu existe pour qui y croit, sans que la foi du pratiquant ne puisse être réductible à cette formule aux accents trop fonctionnels pour être crédible: il ne suffit pas de souhaiter les conséquences d'une croyance pour que celle-ci devienne réalité, il ne suffit pas de se répéter ''t'es un killer'' devant la glace d'une toilette de boîte pour devenir une bête de piste, etc. Combien de fois a-t-on entendu ''cela arrivera si tu y crois vraiment''?! Autant prendre ses désirs pour des réalités. Transition parfaite, puisqu'elle me donne le prétexte de placer enfin cette version semi-accoustique du ''Wish Fullfillment'' de Sonic Youth. De quoi vous faire pousser des ailes d'ange pas totalement déchu:

Vidéo Youtube



Pour revenir à ces croyances qui devancent la réalité, je dois préciser à charge que je n'ai jamais croisé Cindy Crawford dans ma chambre d'adolescent, à mon grand désespoir d'alors; mais j'ai tiré de cette frustration toute relative une forme de profit que l'on appellera patience, humilité ou plaisir décuplé de savoir attendre pour obtenir le meilleur. Possible que l'inférence ci-dessus ne soit valable que pour certains objets de croyance particulier, tels l'existence de Dieu. Possible aussi que l'aspect absurde de la chose procède d'une distinction discutable entre moi et le monde, intérieur et extérieur, réalisme et antiréalisme. Le monde n'est-il pas le produit de ma pensée, donc des croyances qui s'y trouvent? Pas nécessaire d'aller aussi loin pour justifier l'axiome de Bochenski, quoi qu'il en soit. D'autres raisons inciteraient à ne pas suivre cette voie, tout du moins.
Exemple: peut-on finir par croire en Dieu à force de frustration, du fait de ses absences répétées lorsque nous aurions tant besoin de Lui? Voltaire n'a pas attendu, lui, et l'a bien fait comprendre à titre posthume contre le discours plus optimiste du ''meilleur des mondes possibles'' de Leibniz. Alors quoi? Si ce n'est pas la réalisation effective de voeux profitables qui suscitent la croyance à l'existence d'un bon génie, comment expliquer ce pouvoir mystérieux qu'a le croyant religieux de croire à l'existence de ce qu'il croit? Et a-t-on besoin de croire à cette existence pour justifier le discours religieux? Deux problèmes posés, en tout:
- pourquoi croire à Dieu?
- comment croire à Dieu?
Je ne sais ni ... sinon que les deux questions ne sont peut-être pas si séparées que leur expression verbale le laisse paraître. On peut croire à l'existence pour des raisons liées à son expérience personnel de Terrien, même s'il reste difficile de comprendre une situation que l'on n'est pas sûr de pouvoir jamais éprouver soi-même. Qui est religieux: le bigot du dimanche matin, soucieux de laver ses torts honteux de la semaine passée? l'amoureux des rituels synonymes de solennité et, donc, de dignité pour sa petite personne? quiconque s'interroge sur son existence et le sens à y donner?
Je ne crois pas avoir besoin de l'hpothèse d'un Dieu pour vivre en bonne concorde avec mon prochain, mais cela ne fait pas moi un laïcard plein de fiel contre le petit curé des paroisses que les chapelles décorent avec tant de goût. Je porte un regard ''fonctionnel'' sur la chose: la religion est utile pour ses effets de ciment social, même s'il y aurait à redire sur la composition du ciment ici ou là. Certains me sortiront les accords de Latran ou le silence de la papauté de 1942 à 1945. Je n'irais pas jusqu'à ces portes ouvertes défoncées; ''de deux maux le moindre'', a dû décréter Pie XII à cette époque, et je n'épiloguerai pas sur la portée de ce cas de conscience. Je me contenterais de penser plus généralement que l'on ne peut pas croire en Quelqu'un ou Quelque Chose comme un simple moyen ou comme une raison intermédiaire pour en tirer quelque profit pour soi et les autres. Il faut un petit quelque chose de plus que l'on appellera tantôt ''foi'', tantôt ''dimension spirituelle'' ... sans explication très claire à l'appui.

Le volontarisme doxastique a ceci de paradoxal qu'il semble admettre l'hypothèse d'une convention naturelle ou d'une règle nécessaire ... oxyomores? J'en profite pour signaler ce que Jacques Bouveresse a dit des règles grammaticales de Wittgenstein: l'effet d'une force de la règle qui nous fait croire à la nécessité d'une chose très contingente. Mais ce à l'insu des locuteurs, et c'est sur cette note que je conclurai en comparant le locuteur au pratiquant et la grammaire à la religion: une affaire intérieure que les intéressés ne peuvent extérioriser, c'est-à-dire exprimer explicitement sans annuler leur autorité législatrice. Une autorité que l'''on'' crée pour s'y soumettre ensuite en sujets dociles et inconscients de ''son'' statut de créateur, pour ainsi dire. Est-ce être une victime de ses illusions que d'avoir la foi? Allons plus loin: est-ce là une illusion dont on doit se dire ''victime'' ou qui nous est salutaire, tout au contraire? Ce qu'on ne peut dire, il faut le taire, a déclaré le mystique Wittgenstein à la dernière ligne de son Tractatus. Ou plutôt: il faut taire ce que l'on ne doit dire, sous peine d'en détruire l'effet. ''Peut'', ou ''doit''? Mystère du Créateurs et/ou de ses propres créateurs et heureux ignorants.
La religion n'interdit pas l'humour, du moins je l'espère: revenons à mon prophète du rire François Pérusse et une de ses meilleures minutes du peuple, à mon goût. Dans la paix du Christ, pour la peine:

Vidéo Youtube



Je crois aussi et surtout que l'on obtient souvent ce que l'on souhaite pas après avoir renoncé à le souhaiter très fort: le charme naturel et la foi sont sans doute deux exemples typiques de cette loi de dénégation digne de Hegel, sur lequel je reviendrai plus tard. Amen.

F&H