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schangels
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Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
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25.12.2007
Dernière mise à jour :
13.10.2009

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Sagesse trop populaire pour être vraie?

Publié le 08/01/2008 à 12:00 par schangels
Sagesse trop populaire pour être vraie?
Il y a sagesse et sagesse: je ne parlerai pas des pitoyables pets de mouche du type "Pour vaincre, il faut apprendre à surmonter ta peur" (Christophe Lambert, "Mortal Kombat") ou "L'important, c'est les 3 points" (joueur de Ligue 1 standard), mais de ces étincelles qui donnent à cogiter pour qui veut bien s'en donner la peine. Mais à quoi bon, lanceront certains. C'est à un de ceux-là que j'aimerais répondre.

On a tendance à opposer le sens commun au savoir scientifique, comme si le premier faisait oeuvre d'obscurantisme face à l'éclairage auto-bronzant des spécialistes sûrs de leur fait.
Pas si sûr que cela, pour qui prend la peine de contester 5 secondes toute connaissance dernier cri. Un exemple de positivisme appliqué:
De retour de Fribourg et en direction de Neuchâtel, où je venais de visiter l'ami brésilien Alexandre (voir "Coup de pub: ça continue") et repartais en compagnie de Jean-Yves Béziau, ce dernier m'évoquait le cas d'une église (scientiste, celle-là) à mettre au milieu de tous les villages de bouseux: pour éduquer la masse laborieuse, en effet, le philosophe des sciences et néo-positiviste Hans Reichenbach avait eu dans l'idée de rectifier et vouer aux gémonies tout diction ou proverbe populaire susceptible d'envoyer le prolétariat dans les orties avec grand-mère. Laquelle grand-mère ne pourrait se détacher de ses vieilles habitudes populacières, mais il s'agissait avant tout de sauver la jeunesse populaire et l'habituer aux argumentations vertueuses, donc "vraies". En commençant par le débarrasser de cette fausse sagesse populaire qui n'aurait de populaire que le mauvais côté populacier de l'ignorance, donc "fausse".

Application: Hans nous dit que les proverbes sont pire qu'inutiles parce qu'ils nous induisent en erreur, dans la mesure où ils nous disent tout et son contraire. Formulation malheureuse, et je m'explique: Reichenbach donne l'exemple des deux proverbes antagonistes "Les contraires s'attirent" et "Qui se ressemble s'assemble". Il en tire la conclusion que le prétendu sens commun incarné par la sagesse populaire dit tout et n'importe quoi, ce que la logique formelle présente par l'inférence logique A,~A |- B: deux propositions contradictoires entraînent la vérité de n'importe quelle autre proposition B, quand bien même celle-ci n'aurait aucun rapport avec la précédente et sa négation. Précisons deux-trois choses avant de trouver l'issue dans une quelconque logique déviante (pas de charrue avant les boeufs, je veux dire: pas de formalismes de rigueur avant quelques formalités d'usage).
Il faut certes faire un choix entre les contraires qui s'attirent: A, et les ressemblants qui s'assemblent: ~A, mais en précisant bien que ces deux sortes de perdreaux ne concernent pas n'importe quel couple: B, puisque nombreux sont les partenaires qui ne sont ni semblables ni contraires l'un à l'autre. On peut n'être ni semblables: AA, ni contraires: A=>~B et B=>~A, mais simplement différents: ~(A B), et la différence n'est pas négligeable puisqu'elle rassemble l'immense majorité des roucouleurs. C'est d'ailleurs si évident que l'on se demande quelle Fliege a pu piquer Hans à l'époque où il prononça cette sentence présumée implacable.
Le défaut de Reichenbach: traiter les proverbes comme des assertions, c'est-à-dire des affirmations que leur locuteur devrait considérer comme vraies au sens propre du terme. Au point de devoir réfuter l'option inverse ou, pire selon moi, d'admettre la vérité des deux sous peine d'admettre les contradictions vraies. Je n'irai pas jusque là, et m'en suis expliqué dans un billet précédent (cf. "Priest et Chirac: même combat?"). Un moustachu inspiré a dit autrefois que "l'esprit de système est un manque de probité". Non pas que l'approche à la Spinoza tienne de la mesquinerie, mais plutôt qu'il faut savoir nuancer son jugement selon les cas d'étude. Aristote l'a si bien dit par une autre formule de son "Ethique à Nicomaque", formule dont je me suis d'ailleurs servi en guise d'avertissement prudent face aux multiplications de logiques déviantes (histoire de charrue et de boeufs entre interprétation et formalisation, encore une fois):
"Il est d’un homme cultivé de ne chercher la rigueur pour chaque genre de choses que dans la mesure où la nature du sujet l’admet." Rigueur: le mot est lâché contre un Reichenbach trop catégorique sur la mission du proverbe.


Première moralité:
Le sens commun ne dit pas n'importe quoi, au sens où l'on n'en tire pas n'importe quelle conséquence. Cela aurait été le cas si les deux expressions ci-dessus étaient mutuellement contradictoires, mais elles ne le sont pas: elles sont contraires. "La belle affaire", me dira le convaincu anti-obscurités de ma mère-grand: "si elles sont contraires, elles sont a fortiori contradictoires et, donc, admettre les deux expressions ci-dessus revient à admettre n'importe quoi!"
Il y a un pas entre défendre deux points de vue contradictoires et tout admettre comme vrai; c'est ce que les logiques paraconsistantes tentent de défendre en éliminant la règle d'inférence ci-dessus de leur vocabulaire formel, mais je préfère passer par l'esprit des prémisses avant de concasser par la lettre formelle: l'idée est davantage de ne pas considérer A et ~A comme des assertions ou croyances à part égale, plutôt que de bloquer la conclusion B qu'en tire d'habitude la logique classique. On peut certes le faire, et les logiques non-classiques le montrent en toute rigueur ... mais la rigueur ne fait pas tout et le problème de Reichenbach mérite une explication sur le sens de A et ~A avant de passer à l'action.
Deux choses en une:
- il ne s'agit pas d'admettre l'ensemble des proverbes comme vrais à proprement parler, mais de garder soit l'une soit l'autre dans l'ensemble de nos propres croyances ou guides d'action;
- Reichenbach s'est trompé s'il entendait par "tout et n'importe quoi" que ces deux proverbes incluent la totalité des cas de couple possibles, puisque les conjonctions de contraires ne sont pas exhaustifs à la différence des conjonctions de contradictoires.

Seconde moralité:
Reichenbach n'a peut-être pas saisi le rôle pédagogique des expressions populaires comme il se devrait: elles ne s'imposent pas chacune comme des affirmations catégoriquement vraies, mais comme des aphorismes typiques d'une circonstance ou d'un exemple de personnalité.
C'est peut-être ce dernier sens plus tolérant qu'il faudrait admettre pour donner un sens acceptable aux systèmes paraconsistants, ceux dans lesquels on inclut deux formules contradictoires sans faire exploser l'ensemble (comme l'ami Hans le prétendait plus haut). Affaiblir le sens dans lequel on admettrait à la fois que les contraires s'attirent et que qui se ressemble s'assemble, cela reviendrait à affaiblir la conviction que l'on attribue à chacune de ces affirmations; c'est cette conviction ou ce haut de degré de croyance que Reichenbach comme Aristote associaient à chacune de nos croyances, populaires comme scientifiques; mais Jaskowski ou Diderik Batens (logicien de Genk, membre de l'école dite "belge" et père de la logique "adaptive") ne virent ni ne voient les choses ainsi, lorsqu'il s'agit de construire des ensembles de croyances faillibles et non-catégoriques.
Un peu d'eau dans ton schnapps aurait peut-être ouvert à Hans les portes de la paraconsistance, qui sait. A supposer que l'on puisse concevoir des croyances mi-figure mi-raisin sans leur refuser le titre de "croyances". Je souscris encore à cette approche catégorique, n'en déplaise à la vogue paraconsistante, et j'y reviendrai pour illustrer quelques exemples de croyances supposées inconsistantes comme les préfaces de la préface ou de la loterie. Allez Hans, une petite dernière pour la route:
"A vieille mûle frein doré" = dédicace aux vieilles poules incapables d'assumer leur âge grandissant. Qui trouvera une version contraire de ce proverbe si doux à l'oreille?

Dernière moralité: "il y a loin de la coupe à lèvres", voire "nul n'est prophète en son pays". Cette dernière me permet de placer une bonne banderille d'électro-dance canadienne: Tiga, "Far from Home".

Vidéo Youtube




Un peu de finesse dans ce monde de brutes: l'esprit avec la lettre, histoire de nuancer les oui-non catégoriques et mieux comprendre le sens de certaines logiques non-classiques par ailleurs.


F&H

Mirwais: Naive Song

Publié le 08/01/2008 à 12:00 par schangels
Mirwais: Naive Song
Les paroles d'un créatif touche-à-tout et plutôt globe-trotter dans son genre: né en 1960 d'un père italien et d'une mère afghane dans la ville suissesse de Lausanne, Mirwais Stass ou Ahmadzaï (de sa vraie identité) a tout d'abord composé puis joué de la gratte pour l'ex-fameux Taxi Girl de 1978 à 1986: "cher-cher le gar-çon ... trou-ver son nom ..."; impossible de ne pas connaître ce morceau typique de l'ambiance new wave synthé du tournant des années 80. A noter que le regretté Fred Chichin, guitariste et compagnon de la Catherine Ringer des Rita Mitsouko, fit partie de la même troupe décidément bien inspirée.
Puis notre clown de fortune (à double titre) a modifié ses jeux de sons électroniques au point de devenir le compositeur favori de Madonna. Ecoutez l'album où la chaude lapine prend la pose d'un Che à paillettes sur la couverture, et vous reconnaîtrez quelques sons typiques de l'italo-afghan.
On retrouve ces sons dans l'album rose de Mirwais: "Production", sorti en 2000 à une époque où j'étais bouffé de l'intérieur par l'ambiance mélancolique du clown pince-sans-rire. Tout un autre style que le lumpenprolétarien Ricco des Bérus, puisque l'on retrouve dans ce "Production" la voix de Madonna sur une des pistes. Grand écart entre "Deux Clowns" et "Naive Song", pour le moins. Mais la naïveté a du bon lorsqu'elle nous rappelle aux failles que l'on tente de cacher tous les jours, capital social à défendre oblige. Déjà entendu cette formule quelque part ailleurs; et vous?
Vous constaterez sur la référence Wikipédia que les groupes dits inspirés par Taxi Girl, et donc Mirwais lui-même, ne sont pas des moindres sur la scène électronique actuelle.
Mais revenons sur la chanson naïve que j'avais introduite plus tôt pour un billet sur nos faux amis les clowns (cf. "Heidegger et les Clowns"). J'ai découvert Mirwais grâce aux émissions nocturnes de musique alternative sur M6, tout d'abord en samouraï "torturé" au sein d'une orgie de geishas dans "Disco Science", puis avec le même morceau introductif de "Production" pour une scène d'anthologie de mon cultissime "Snatch", et enfin dans le clip à reculons de cette chanson pleine de tristesse légère. Oxymore, peut-être ... à vous de juger sur pièce.
Fin de la diction magistrale (au sens scolaire du terme, s'entend), début des paroles dont je vous épargnerai la traduction (ce serait offense):


"Naive Song":

A happy girl
A happy boy
A happy son
A happy friend

All living in a happy world
All living in a lonely world

A happy life
A happy love
A happy mind
A happy soul

We are living in a happy world
We are living in a lonely world

A happy girl
A happy boy
A happy son
A happy friend

All living in a happy world
All living in a lonely world

A happy life
A happy love
A happy mind
A happy soul

We are living in a happy world
We are living in a lonely world


Je conclurai sur Mirwais par la traduction d'une de ses citations retenues dans Wikipédia:

"Il y a deux sortes de personnes en lice dans la musique. Les personnes qui aiment un type de musique spécifique et font en sorte de l'améliorer, puis les personnes qui veulent faire des expérimentations. Chaque nouvelle scène est un système, et je ne veux pas faire partie d'une seule pièce. Je veux faire quelque chose de différent".

L'individu veut créer et rechercher de nouvelles sensations par d'autres sons, somme toute. Qu'il poursuive par des tentatives aussi fructueuses que "Production"; je serai de nouveau parmi ses clients, comme je le fus et le reste pour ces expérimentateurs de Pink Floyd, King Crimson, Beatles (cf. "White Album"), Sonic Youth ... la liste n'est ni ne sera jamais exhaustive. Et c'est tant mieux.


F&H

Un tube dans le flot

Publié le 07/01/2008 à 12:00 par schangels
Un tube dans le flot
J'ai eu le plaisir de recevoir il y a une heure de cela un message de la part d'un fieffé connaisseur en matière de truthmakers: Greg Restall, philosophe et logicien australien spécialisé dans les questions du pluralisme logique, de la logique de la pertinence (ou "relevante", pour les franglais du genre), des logiques substructurelles et de la logique philosophique en général.
Mes questions tournaient autour des conditions auxquelles une proposition peut être qualifiée de "vraie", rapport à la saga étoilée que je déroule depuis quelques jours déjà et dont le dernier épisode a vu mon objection de mercenaire noir contre-attaquée par Jago-Jedai.
J'ai donc fait appel aux lumières de Restall, dont vous pourrez constater les travaux longs comme un bras de mer à l'adresse suivante:

http://consequently.org/

Les détails de ses remarques seront consignés dans un futur billet, mais remarquez que l'ensemble constitue déjà un conséquent flot d'idées sur la négation, la vérité, les truthmakers ... beaucoup de grain à moudre et beaucoup d'argument à mettre en ordre.

Et puisqu'il s'agit de gérer un flot d'idées, je ne résiste pas à la tentation d'envoyer ce tube de "stoners". Vorwärts avec les Queens of the Stone Age, et fidélité à leur injonction :"Go With the Flow"!

Vidéo Youtube



Je savoure ma madeleine à chaque écoute de ce tube personnel: il me rappelle l'été caniculaire de 2003, cette époque surchauffée où je profitai de l'impossibilité physique d'accéder à mon monde de référence pour préparer un exposé en vue du colloque SOPHA à Montréal. Première escapade de l'autre côté de l'océan, et surtout, première pierre de ma pomme dans l'édifice du principe de non-contradiction (chez Aristote, pour le coup). Un excellent souvenir, non moins que ce concentré de rock minimaliste. Toujours et encore, en attendant un billet spécial sur ce concept artistique bien à part.


F&H

Visage: "Fade to Grey"

Publié le 07/01/2008 à 12:00 par schangels
Visage: "Fade to Grey"
Dans la foulée des ligueurs humains, tellement humains, corrigeons le travail de tout à l'heure et précisons que les paroles suivantes de Visage ne datent pas de 1981, mais de 1980. Seul et unique tube de ce groupe londonien formé en 1978 par Steve Strange (allez sur Wikipédia: tout y est consigné comme toujours, malgré les critiques pleureuses de Pierre Assouline) ... de même que pour un certain Patrick Hernandez qui, lui, thésaurise quelques 1500 euros/jour depuis une trentaine d'années.
Mais à la différence du dandy disco à la canne magique, Visage a cet intérêt d'avoir navigué un temps entre plusieurs mouvements (de) marginaux de l'époque: punk, coldwave, puis new wave, pétrifiant finalement son nom dans la grisaille des sons électroniques, froids, douloureux.
Mélancolie et désolation qui n'oublient pas de désespérer avec allure et subversion sexuelle (ne mettait pas du noir à ongles qui voulait sa place au soleil, à l'époque; pas de mini-poufs pseudo-rebelles telles que Avril Laviticole, à l'époque).
Mais je m'égare, encore et toujours ... les paroles, vite:


"Fade to Grey"

One man on a lonely platform
One case sitting by his side
Two eyes staring cold and silent
Show fear as he turns to hide
We fade to grey (fade to grey)
We fade to grey (fade to grey)

Un homme dans une gare isolée
Une valise à ses côtés
Deux yeux fixes et froids
Montrent de la peur lorsqu'il se tourne pour se cacher

Sens la pluie comme un été anglais
Entends les notes d'une chanson lointaine
Sortant de derrière un poster
Espérant que la vie ne fût si longue.

Feel the rain like an English summer
Hear the notes from a distant song
Stepping out from a back drop poster
Wishing life wouldn't be so long

We fade to grey (fade to grey)
We fade to grey (fade to grey)


Pas mal arrangée, cette sorte d'entrecroisement de strophes anglaises et françaises. Voire même originale, après comparaison.
Petit pet dans la soie, bis: Cioran a écrit dans "Histoire et Utopie" que les pessimistes trouvent du bonheur à se complaire dans leur malheur (à quelques écarts de mots près). Ce morceau est l'incarnation même d'un tel aphorisme: on trouve du réconfort à mettre du style dans la tristesse, au point de s'en réjouir mais sans trop le dire. Le contradictoire a ses apparences et, donc, ses limites. Ce qui me rappelle au bon souvenir du problème philosophique n°1, sur lequel il faudra bientôt revenir. Beall attend toujours qu'on vienne le chercher ...


F&H

Human League: "Don't You Want Me Baby"

Publié le 06/01/2008 à 12:00 par schangels
Human League: "Don't You Want Me Baby"
Sorti fin 1981, dans les mêmes eaux que le glacial "Fade to Grey" de Visage, le morceau dont les paroles suivent est resté 13 semaines dans les charts et 5 semaines n°1.
Pas étonnant: la classe très glamour des protagonistes (Philip Oakey, Joanne Catherall, Susan Ann Sulley) n'a pas dû laisser indifférente à l'époque, sans parler de la jolie blondinette Susan en piste dès le second couplet du clip ...

Pour les amoureux de la new wave du début des années 80 (traduction des paroles en bleu) ... "toute une époque" à laquelle je n'ai pas pris part par les souvenirs. Trop jeune, ce qui ne m'empêche pas d'apprécier quelques trente années plus tard cette histoire d'amour perdue par le succès facile. Presque une parabole annonciatrice des années paillettes et argent facile qui sévirent durant ma tendre et prime jeunesse ... tellement Human. Puis vint la moins gaie décennie 90 et son cortège de désillusions sarcastiques. Nous y reviendrons bien assez tôt; restons embués dans nos rêves de petits enfants insouciants, pour le moment.


Human League: Dont' You Want Me Baby

You were working as a waitress in a cocktail bar
Tu travaillais comme serveuse dans un bar à cocktails
When I met you
Lorsque je t'ai rencontrée
I picked you out, I shook you up and turned you around
Je t'ai repérée, je t'ai bouleversée et t'ai renversée
Turned you into someone new
Transformée en quelqu'un de nouveau
Now five years later on you've got the world at your feet
Cinq ans sont passés tu as désormais le monde à tes pieds
Success has been so easy for you
Le succès a été facile pour toi
But don't forget it's me who put you where you are now
Mais n'oublie pas que c'est moi qui t'ai mis là où tu es
And I can put you back down too
Et peux t'en retirer aussi

Don't, don't you want me
Quoi, tu ne veux pas de moi
You know I can't believe it when I hear that you won't see me
Tu sais que je ne peux pas le croire lorsque j'entends dire que tu ne me verras pas
Don't, don't you want me
Quoi, tu ne veux pas de moi
You know I don't believe you when you say that you don't need me
Tu sais que je ne te crois pas lorsque tu dis que tu n'a pas besoin de moi
It's much too late to find
Il est bien trop tard pour trouver
You think you've changed your mind
Tu penses avoir changé d'avis
You'd better change it back or we will both be sorry
Tu ferais mieux de te raviser ou nous serons deux à le regretter
Don't you want me baby, Don't you want me oh
Ne veux-tu pas de moi, bébé, ne veux-tu pas de moi, oh
Don't you want me baby, Don't you want me oh
Ne veux-tu pas de moi, bébé, ne veux-tu pas de moi, oh

I was working as a waitress in a cocktail bar
Je travaillais comme serveuse dans un bar à cocktails
That much is true
Jusque là c'est vrai
But even then I knew I'd find a much better place
Mais déjà alors je savais que je trouverais une meilleure place
Either with or without you
Que ce soit avec ou sans toi
The five years we have had have been such good times
Les cinq années que nous avons vécues ont été de bons moments
I still love you
Je t'aime encore
But now I think it's time I lived my life on my own
Mais je pense qu'il est temps désormais de vivre ma propre vie
I guess it's just what I must do
Je suppose que c'est juste ce que je dois faire

Don't, don't you want me
Quoi, tu ne veux pas de moi
You know I can't believe it when I hear that you won't see me
Tu sais que je ne peux pas de croire lorsque j'entends dire que tu ne me verras pas
Don't, don't you want me
Quoi, tu ne veux pas de moi
You know I don't believe you when you say that you don't need me
Tu sais que je ne te crois pas lorsque tu dis que tu n'as pas besoin de moi
It's much too late to find
Il est bien trop tard pour trouver
You think you've changed your mind
Tu penses avoir changé d'avis
You'd better change it back or we will both be sorry
Tu ferais mieux de te raviser ou nous serons deux à le regretter

Don't you want me baby, Don't you want me oh
Ne veux-tu pas de moi, bébé, ne veux pas de moi, oh
Don't you want me baby, Don't you want me oh
Ne veux-tu pas de moi, bébé, ne veux pas de moi, oh
...............................................................................
Don't you want me baby, Don't you want me oh
Don't you want me baby, Don't you want me oh
Don't you want me baby, Don't you want me oh
Don't you want me baby, Don't you want me oh
Don't you want me baby, Don't you want me oh
Don't you want me baby, Don't you want me oh


Quel message tirer de ce morceau de gloire? Que le succès monte trop vite à la tête des jeunes filles modestes et qu'il leur faut raison garder? Que l'amour est un bien précieux qu'il faut savoir protéger contre les tentations futiles? Ou au contraire, qu'il faut réaliser ses rêves par tous les moyens ne dépassant pas toutefois les limites de la bienséance, et que l'initiative est la première des vertus à l'aube de l'ère Reagan?
Rien de tout cela, sans doute: juste une tranche d'histoire d'amour perdue, comme les anglophones savent si bien les dépeindre sans chercher à imposer aucune morale officielle par devant. Suivez mon regard de "frog eater" ...

Pour en savoir plus sur l'origine de ce morceau, voir l'adresse suivante:
http://en.wikipedia.org/wiki/Don't_You_Want_Me


F&H

Hymne à la vie (donc) à la mort

Publié le 06/01/2008 à 12:00 par schangels
Hymne à la vie (donc) à la mort
La vie est synonyme de mouvement; le repos est bon pour les morts. Or si le danger implique la mort, ne faut-il pas vivre sans danger? Raisonnement implacable en modus tollens: si A => B, alors ~B => ~A, où A est le danger et B sert à la vie.
Oui mais voila: la logique suppose que l'on accepte ses prémisses avant d'adopter la conclusion, et les jeux ne sont faits ici que pour qui assimile la vie à l'absence de mort. Mais répète après moi, sophiste endimanché: Tha-Na-Tos. Quand les contraires s'attirent, la morale se bouche le nez et les prémisses en prennent un coup. Dont acte ...

A tous ceux qui apprécient les courses de dératés et l'odeur du bitume surchauffé, je dédie cet hymne à la vie dangereuse et aux conséquences assumées qui s'en suivent. Débilité sans nom? N'insultez pas trop vite Feu Ayrton qui, toute sa carrière durant, n'a cessé d'aimer la vie sans se soucier davantage de ses points-retraite; on peut avoir le goût du sublime morbide sans détester l'existence, et ce devrait être une évidence pour qui ne confond pas vivre et survivre, quantité et qualité, longueur et densité ...
Je n'ai aucune attirance personnelle pour l'huile Motul et les vrombissements de moteurs qui détruisent les tympans. Mais je connais certains amateurs de la course des côtes d'Abreschviller parmi les visiteurs de ce billet et qui y trouveront leur compte. Qu'ils viennent donc expliquer leur adulation de la vitesse et de la force motorisée; ils en savent bien plus que moi à ce sujet et bien plus que certains prêts à les réduire à l'absurde sans même les avoir écoutés.
Pétons dans la soie quelques secondes, voulez-vous: le futurisme n'a-t-il pas servi de caution intellectuelle au mouvement et à l'action par-delà les raisons de se mouvoir et d'agir, quitte à oublier la classique opposition entre les prémisses de mort et de vie qu'elle dépasse? Nouvelle illustration éclatante du Aufhebung de la logique hégélienne, diront certains que bien peu comprendront. Idéologie amorale donc dangereuse sous roche, dira-t-on sinon et non sans raison. Mais des raisons existent de préférer la voie contraire, donc patience avant la censure.
Autre question pour les mordus d'itération:
Est-il si irresponsable d'être responsable de son irresponsabilité?

En attendant des réponses à ce problème philosophique pas peu sérieux (raison vs. action? simplification!), je lâche cette bombe à retardement du Sepultura nouvelle version: "Sepulnation".
Avis aux sceptiques: écoutez donc avant de railler la voix lourde et rauque du successeur de Cavalera. La puissance d'ensemble et la construction soignée des arrangements méritent que l'on s'arrête deux secondes sans réduire le tout à un produit de cro-magnons insensibles, sous le prétexte dissimulé et infondé que sensibilité=douceur. Question d'expression, rien de plus.

Vidéo Youtube



Obrigado pour eux, même s'ils s'en cognent ...
"Viva la Muerte", comme dit un autre. Ou "Long Live Death", selon que le souvenir du Caudillo vous indiffère ou vous écorche les oreilles. Joli oxymore à méditer pour mieux le surmonter, dans tous les cas.


F&H

Truthmakers III: Le Retour du Jedai

Publié le 06/01/2008 à 12:00 par schangels
Truthmakers III: Le Retour du Jedai
Résumé de l'épisode précédent:
Aristote-Yoda pris en étau entre sa logique de la bivalence et sa métaphysique de l'indéterminisme des futurs contingents, le vieil homme a décidé de lâcher du lest, dit-on, abandonnant la bivalence sans sacrifier le tiers exclu pour autant. Mais les opposants au tiers exclu ont réduit au silence la parade non-vérifonctionnelle selon laquelle il serait possible de maintenir (pV~p) sans p ni ~p.
Face à l'impossibilité de rendre l'espoir au vieux sage, Bourne-Skywalker a repris le flambeau et porté un coup sérieux aux Forces Anti-Exclusives (les forces noires, pour rappel) en modifiant les propriétés de la négation: il suffit que la négation d'une proposition indéterminée soit considérée comme vraie, et la victoire sera assurée pour les Forces Exclusives dont Yodaristote est le garant fébrile.
Mais les forces noires ont répliqué par un schangels-mercenaire, dont l'attitude est comparable à celle distante de van Fraassen-Solo mais au service du camp opposé. Le grief porte sur le sens à donner à l'évaluation de Bourne-Skywalker, taxée de confusion dissimulée entre la valeur de vérité d'une proposition et celle de son assertion. Si ~1/2=1 mélange sans permission la valeur d'une proposition indéterminée et celle d'une dénégation correcte, le dernier baroud d'honneur des forces blanches se termine en eau du boudin, gloire à l'étoile noire et au masqué asthmatique ... fin de l'histoire.
Fin de l'histoire? Non.
Car Yodaristote a suscité des vocations, malgré l'oppression forcenée de l'intuitionniste Luitzen Egbertus Jan Brouwer (= l'Empereur!!!), et d'autres tentent encore de défendre le flambeau du tiers exclu après lui; après Bourne, un autre Jedai british est intervenu fin décembre sur les terres du Reasoner avec la ferme intention de détruire les bases de ma propre critique. Un travail de DCA futuriste qui paie? D'abord l'article, le commentaire de ma pomme viendra ensuite.

Référence: Mark Jago, "Bourne's Negation: No Equivocation", The Reasoner 2(1), 2008, p. 7


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Bourne et la Négation: Pas de Confusion
par Mark Jago

Bourne (2004: "Future contingents, non-contradiction, and the law of excluded middle muddle", Analysis 64(2), 122–8) s'est prononcé en faveur d'une logique trivalente, en vertu de laquelle les négations de propositions indéterminées sont vraies plutôt qu'indéterminées. Mais Schang (2007: "Truth and truthmakers: A reply to Bourne’s negation", The Reasoner 1(8), 5–6) prétend avoir relevé une confusion dans l'argument de Bourne, "entre deux sens distincts de la vérité (...) le premier concerne les vérifacteurs (...) tandis que le second concerne les porteurs de vérité" (Schang: 5). Je ne vois rien de tel.
Schang déclare qu'il y a une "différence bien marquée entre deux sens distincts des valeurs de vérité, selon qu'elles portent sur des états de choses ou des énoncés qui les expriment" (Schang: 5). Mais les valeurs de vérité ne portent ni sur des états de choses, ni sur des énoncés. Elles ne portent pas sur quoi que ce soit: elles sont plutôt les valeurs que prennent les porteurs de vérité, selon que le porteur de vérité en question a un vérifacteur ou non. Un vérifacteur, tel l'état de choses concret du fait pour Gordon d'avoir des problèmes, n'est pas le genre de choses qui peut être vrai (si l'on laisse de côté la théorie d'identité de la vérité). En réalité, la proposition que Gordon a des difficultés est rendue vraie par cet état de choses; il constitue le vérifacteur de la proposition.
En conséquence, la déclaration de Schang selon laquelle "la matrice [de Bourne] produit une confusion entre deux sortes de 'vérité', c'est-à-dire être vrai et dire la vérité" (Schang: 5) est infondée. Bourne expose son argumentation à un endroit en termes de dire, par exemple, "dire que ce n'est pas le cas que p revient manifestement à dire quelque chose de vrai" (2004: 124) mais c'est simplement là une façon d'exprimer l'idée que si p est évalué 1/2, alors la proposition que p n'est pas le cas, i.e.: ~p, est vraie. L'idée de Bourne a rapport aux conditions dans lesquelles les propositions niées sont vraies; elle n'a aucun rapport avec "le fait de dire la vérité".
Bourne n'expose pas son argumentation en termes de vérifacteurs, mais elle pourrait être formulée comme suit. Une proposition est vraie si et seulement si elle a un vérifacteur (de façon déterminée). La négation a la propriété suivante: p est vraie (de façon déterminée) si et seulement si p n'est pas vraie (de façon déterminée), c'est-à-dire si et seulement si p n'a pas un vérifacteur (de façon déterminée). Donc si p est évalué avec une valeur autre que 1, alors ce n'est pas le cas qu'elle a (de façon déterminée) un vérifacteur (il se peut qu'elle n'en ait pas une de façon déterminée, ou il se peut qu'il n'y ait pas de fait déterminé dans un sens ou dans l'autre), auquel cas ~p est évalué avec 1. Cette ligne d'argumentation peut rencontrer des résistances, et ce n'est pas mon intention de la défendre ici; mon but est simplement de montrer qu'elle ne produit pas la confusion déclarée par Schang.

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Jago-Jedai a-t-il dissipé les derniers doutes instillés par le mercenaire des Forces Anti-Exclusives que je suis?
Précisons: mon mot d'ordre n'a pas tant été de porter le coup final au tiers exclu que de rejeter tout discours qui ne me semble pas conforme à la métaphysique du vénérable Yodaristote. Peut-on parler de vérité d'une proposition négative en l'absence de faits, ou de quelle sorte de "fait" parle Jago-Jedai lorsqu'il soutient la valuation de Bourne-Skywalker?
Réponse dans le prochain épisode. Un épisode qui suit dans la chronologie de mes billets mais précède dans l'ordre des idées, tout comme la série que je pastiche depuis plusieurs jours... Titre du prochain épisode: "Truthmakers IV: La Menace Fantôme". Rapport aux conditions d'assignation de vérité que revendique Yodaristote et que les jeunes Jedais précités semblent avoir perdu de vue dans leur argumentation.
A moins que le combat ds jeunes n'ait plus rien du sens indiqué au départ par leur maître, auquel cas la métaphysique qui sous-tend leurs valuation n'est pas la même et doit être mise au claire.

Qu'en pense Chad? Littéralement rien à foutre, bien trop occupé à gagner le respect de ses subalternes et l'affection des caissières:

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F&H

Philosophie poétique?

Publié le 05/01/2008 à 12:00 par schangels
Philosophie poétique?
(Photo ci-dessus: ceci n'est pas une instance de Pierre Bellemare; c'est que les Erscheinungen sont souvent trompeuses)

Une annonce vient de tomber sur un site de jobs et conférences philosophiques. Elle concerne la poésie comme mode d'exposition en philosophie.
Peut-on inclure cette forme d'expression en philosophie? Evidemment oui, évidemment non:

Evidemment oui,
Pour qui ne limite pas la discipline à une affaire d'argumentation rationnelle déterminée par un ensemble de règles bien définies. Carnap considérait la métaphysique comme une "mauvaise poésie" qu'il fallait dépasser, au sens radical d'éliminer (cf. R. Carnap: "Überwindung der Metaphysik durch logische Analyse der Sprache", Erkenntnis 2 (1931-1932); mais il y a sans doute là une mauvaise foi de scientiste ou un manque cruel de charité (et je ne parle pas de la chrétienne, ici). On parle après tout d'une philosophie de la littérature ou de ceux qui, déçus par les règles rationnelles du discours, prétendent trouver des voies plus efficaces dans la poésie et les aphorismes. Toute "idée" ne serait pas dicible, mais cela ne signifierait pas qu'il faille la taire; il s'agirait plutôt de lui trouver une autre forme d'expression que l'enchaînement logique dont nous avons hérité de la philosophie occidentale.

Evidemment non,
Pour qui considère que "tout ce qui se conçoit bien s'énonce clairement" (ndr: obligation d'écouter un album de jazz en boucle pour ceux ignorent l'auteur de cette formule) et que toute idée mal exposée ne mérite pas d'entrer dans le giron des arguments proprement philosophiques. Qui peut dire s'il a vraiment compris Heidegger ou Nietzsche, je veux dire: sur la base de quelles règles de compréhension dans leur discours? Tout n'est peut-être pas réductible à un mode d'emploi récursivement énumérable d'énoncés protocolaires; mais il reste un trou béant entre la confusion dans la clarté et la clarté dans la confusion, et rien ne montre que la confusion dans un texte philosophique doive dissimuler autre chose que du vide intégral. Suspicion comparable à celle du néophyte devant une croûte potentielle, et que les spécialistes intronisés ont beau jeu d'étouffer vite fait bien fait en termes de manque d'expérience. L'expérience de quoi? Le problème demeure ...

... qui est de savoir s'il existe d'autres formes d'argumentation ou, à la rigueur, d'autres modes de pensée (kézako?) que l'argumentation basée sur des règles élémentaires logiques, et peu importe laquelle (tant qu'il y en a au moins une pour diriger nos pensées et ne pas laisser dire n'importe quoi). Logique et analogie ont servi de pain quotidien aux dialogues clairs et d'autant plus puissants de Socrate ... à moins que tout esprit de système ne soit que l'expression d'un manque de probité, et que la capacité à se taper des volumes entiers de Hegel, Heidegger ou Deleuze ne soient réservés qu'à une minorité d'esprits éclairés.
On en revient au fameux problème du Ménon de Platon: de même que la vertu, peut-on dire que la philosophie s'enseigne au sens d'une poursuite de la vérité, et sommes-nous tous également appareillés pour suivre la route? Les démocrates contre les aristocrates, les élitistes contre les élitaires (merci, Jack) ... ce choix revêt plus d'enjeu dans ses conséquences a posteriori que dans ses raisons a priori.

En bref: voici l'annonce made in England


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Forum for European Philosophy
Centre for Literature and Philosophy, University of Sussex

PHILOSOPHICAL POETS
A Free One-Day Conference
Saturday 9 February 2008
10:00 am - 5:00 pm
Chichester Lecture Theatre
University of Sussex

Professor Angela Livingstone, University of Essex
BORIS PASTERNAK: WHAT IS ART IF NOT PHILOSOPHY IN A STATE OF ECSTASY?
Professor Joe Friggieri, University of Malta
MONTALE'S METAPHYSICS
Hilary Lawson
THE POETIC STRATEGY
Professor Simon Critchley, New School for Social Research
A FEW POEMS BY FERNANDO PESSOA, ONE BY WALLACE STEVENS AND A BRIEF SKETCH
OF A POETIC ONTOLOGY
Professor Ulrich Schoedlbauer, Fern University Hagen
APPROACHES TO PHILOSOPHICAL POETRY
Dr. Nicholas Bunnin University of Oxford, Chair
PANEL DISCUSSION & QUESTIONS

PHILOSOPHICAL POETS draws inspiration from Three Philosophical Poets, the 1910
volume in which George Santayana discussed Lucretius, Dante and Goethe. Our presentations and panel discussion on modern poets will explore different ways
that poets can be philosophical poets, that poetry can be seen as philosophy
and that philosophical and poetic analysis can be related in understanding the
works of the featured poets. We shall have readings of some of the poems we
discuss in English and the original language.

Further information about the Forum for European Philosophy can be found on the
website: www.philosophy-forum.org. Further information about the Centre for
Literature and Philosophy can be found on the website www.sussex.ac.uk/clp/.
Conference details are posted at these websites.

To book a place, contact: Katerina Deligiorgi

Messages to the list are archived at http://listserv.liv.ac.uk/archives/philos-l.html.
Prolonged discussions should be moved to chora: enrol via
http://listserv.liv.ac.uk/archives/chora.html.
Other philosophical resources on the Web can be found at http://www.liv.ac.uk/pal.

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Le débat sur le mode d'expression de la philosophie me rappelle un morceau mémorable de Deleuze extrait de son abécédaire: un commentaire pour le moins cinglant sur Wittgenstein:

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Mon avis sur la "chose", indépendamment de ce que Deleuze a pu dire par ailleurs et que j'ignore totalement: c'est là une caricature ridicule de Ludwig assimilé au positivisme logique du Cercle de Vienne. Cercle que sa probité lui a toujours interdit de rejoindre, en vertu de son principe paradoxal consistant à ne jamais admettre la vérité de "propositions philosophiques" (dépourvues de sens, en vertu de la bipolarité du Tractatus; on pourra revenir sur ce sujet pour qui le souhaite via les commentaires)
Le commentaire que j'ai moi-même laissé sur le site You Tube m'avait donné droit à des réponses pas piquées des hannetons de la part de deleuziens patentés.
A vous de "jouer".


F&H

Gallagher & Cie

Publié le 05/01/2008 à 12:00 par schangels
Gallagher & Cie
"La Perfide Albion, toujours nous le mettra dans le fion".
Pardonnez la crudité de la formule, mais elle s'impose à moi lorsque je me rappelle la condition musicale de la France actuelle face à la resplendissante créativité de nos voisins d'Outre-Channel. Si la culture (autre notion qui me fait servir mon revolver virtuel lorsque je l'entends débité à tort et à travers) est le signe de la vitalité d'un pays, alors merci pour eux qui se portent très bien. Pardonnez si je ne suis pas d'humeur à cocoricoter sur un fumier qui me sert de trône laxatif et que j'appelle l'exception culturelle. Elle me fait une si belle jambe, celle-là ...
Passons plutôt à la britpop, ce qui nous fera des vacances l'espace d'un billet.
Courte, mais bonne parenthèse en l'honneur des deux frangins nonchalants, insultants, insouciants et non moins touchants (au sens de décapant, s'entend; et sûrement pas de larmoyant, comme d'autres que vous devez sans doute déjà deviner):
- le chanteur Liam, de son vrai prénom William John Paul (né le 21 septembre 1972 à Burnage, banlieue de Manchester);
- le guitariste Noël, né le 29 mai 1967 dans la même ville mythique.
Je m'associe au plaisir de beaucoup d'autres par le biais de mon petit préféré: "Go Let It Out", tiré du quatrième album "Standing on the Shoulder of Giants".
Les deux a(l)colytes donnent l'impression de se détester, mais cela ajoute encore à la postérité du groupe.

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Ville mythique, pour le moins: comment expliquer la pléthore de petits génies minimalistes issus de l'Angleterre industrielle? Appelez-moi le jour où la France produira un équivalent de la Factory et nous trouvera une contrepartie tricolore à: Joy Division, les Buzzcocks, Durutti Column, New Order (of course), les Happy Mondays ... et je ne cite que les cas mancuniens, ici. On passera Kasabian, Kill the Young, Blur et tout le bon garage (semi-pop) rock qui sent bon la pinte, les fish&chips et la désinvolture si distinguée dont les Britishs ont su faire leur marque de fabrique.
Et nous, dans tout ça: Sanseverino, Cali, Benabar, Olivia Ruiz, et ... et merde, tiens.

Question polémique: le génie serait-il sorti des rues sans la crise industrielle, le chômage de masse, le tatchérisme et la crise de civilisation? En d'autres termes: aurait-on pu accumuler autant de bonheur musical sans malheur existentiel? Hegel is still alive ...

Petit concentré d'anglitude dont je ne me lasserai pas de sitôt: "Please find enclosed my fucking finger in your nose", so to say. Hou wheee, come what may ...


Happy Mondays: "24 Hour Party People" (le film éponyme vaut son détour)

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Joy Division: "Transmission" (film biographique sorti récemment: "Control")

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Un petit crochet amusé par le ska et les fabuleux pinteurs de Madness: ce classique dont vous connaissez tous le titre.

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Un dernier crochet complice du côté des ex-ennemis n°1 d'Oasis: Blur pour les mobs branchés vs. Oasis pour les prolos de ManCity? Faites comme chez vous, on en profite.

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Je m'arrêterai là, pour l'instant.
Les Anglais ont décidément quelque chose dans le son et la tête que nous ne serons jamais foutus d'assimiler. Question de culture? Il y a de quoi sortir son révolver de dépit. Patrick Eudeline ne devrait pas dire ni penser le contraire, me semblera-t-il.
La recette: moins de moraline, plus de peptine. Moins de beaux sentiments, plus de bons ressentiments. La fête dans les têtes, quoi.
C'était bien la peine de relancer Charles VII pour entendre du Calogéro et De Palmas à longueur de temps, exception culturelle oblige. Shit again, tiens ...

Rock&roll-mobs!!!


F&H

Ni dédit, ni à dire

Publié le 05/01/2008 à 12:00 par schangels
Ni dédit, ni à dire
Il y a des formules qui feraient mieux de ne jamais sortir de la bouche malfaisante de leurs malheureux auteurs, le plus souvent anonymes et c'est tant mieux pour leur matricule.
Les bonnes citations ne doivent pas cacher les moins, bien moins bonnes dont on se coltine la répétition à longueur de journée.
Première exemple de psittacisme dont Britney Spears (joli minois, toutefois) ou Nikos Alagias doivent sans doute se réclamer:

"Be yourself"

J'utilise la version anglaise pour mieux insister sur l'indigence de la formule; car c'est devenu un procédé commode et courant que de formuler en anglais (tellement "cool" et "dans la vibe", donc je "kiffe grave ma race" rien qu'en l'écoutant) ce qui friserait sinon le ridicule dans notre Muttersprache.
Qui n'a pas reçu un jour damné de sa vie cette fameuse recommandation existentielle destinée à ne pas modifier sa "nature", et son comportement "naturel" en présence de la personne convoitée? Le mieux est l'ennemi du bien: voila une formule bien plus adéquate en la circonstance et que l'on doit officiellement à la sagesse populaire.
Mais non: il s'agit de rester tel que l'on est ... or qui est capable de vraiment savoir ce qu'il est? La nature humaine n'est peut-être qu'une fiction permanente, et qui a lu un peu de Rousseau a entendu parler d'une autre notion plus ... existentielle: la perfectibilité, c'est-à-dire la capacité de tout être humain à devenir autre que ce qu'il est en l'état.
La génétique et, surtout, la force de l'habitude peuvent bien nous prêter quelques dispositions durables dans notre caractère, mais rien de substantiel au point d'en devenir notre "nature".
"L'existence précède l'essence", cela vous dit forcément quelque chose ou plutôt quelqu'un (quoique les deux se valent, vu la trogne de l'auteur en question)?! Ce serait tant mieux, vu l'inflation galopante qui sévit actuellement. Double sens, ici: l'essence augmente aussi bien dans les barils que dans les bars à "speed-dating", et le but du jeu est de toujours surenchérir sur les produits dans les deux cas de figure.
A toutes les statues du commandeur qui recommandent de ne rien changer et d'être tel que l'on est, je demande donc de fermer le claque-merde ou, mieux, de se demander si leur formule à l'emporte-pièce a seulement un sens.
Je ne vois que celui-ci: pour plaire à la personne convoitée, la meilleure des attitudes consiste à ne pas vouloir en faire trop sous peine de déraper. Ou à ne pas emprunter une attitude inhabituelle si l'on n'en mesure pas les conséquences attendues. Trop plein de ton dans la musique ou trop peu de suite dans les idées nuisent à l'emploi, pour résumer.
Le proverbe populaire ci-dessus est donc bien plus approprié pour la cause, et je ne manquerai pas de revenir sur la justesse de cette "sagesse populaire" dans de prochains billets. Histoire de montrer que la doxa snobée par les pédants est loin d'être aussi irréfléchie et versatile que l'on s'ingénie souvent à le dire (à défaut de le penser vraiment, c'est-à-dire avec de bonnes raisons à l'appui).

"Sois ce que tu deviens", ou "deviens ce que tu es"?
Les deux, mon capitaine: je ne baigne jamais deux fois dans la même humeur, ou pas exactement du moins ...
Parce qu'il fallait dire ce qui est à dédire. Dont acte.
Avis aux lecteurs probables de ce billet: n'hésitez pas à m'envoyer vos propres suggestions de formules vaseuses toutes faites; elles seront clouées au pilori, comme il se doit et pour des raisons d'oeuvre de salubrité publique.
Amen

Le meilleur moyen de découvrir ce que l'on est vraiment, c'est-à-dire: ce que l'on est en mesure de ne plus être par la suite, est souvent de rester seul pour faire le point et ne pas trop se frotter aux jeux de société: trop de pression tue les bonnes impressions ... tout ceci pour placer tant bien que mal "We Stand Alone", un de mes morceaux favoris de Covenant (électro scandinave).

Vidéo Youtube




F&H