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schangels
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Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
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25.12.2007
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Problème philosophique n°6

Publié le 01/01/2008 à 12:00 par schangels
Problème philosophique n°6
Un nouveau problème philosophique; d'actualité celui-ci, vu la frénésie qui accompagne actuellement le jeu du poker:

Y a-t-il une logique du menteur?

J'avais cru comprendre qu'une logique du mensonge avait été construite il n'y a pas si longtemps, à l'occasion d'un colloque international ESSLLI réunissant logiciens, linguistes et informaticiens. En 2005 mais, depuis, je n'ai rien revu de tel et ne suis même pas sûr que le mensonge puisse être traité comme une constante logique. Si tel était le cas, le bluffeur ne pourrait-il pas être mis à découvert par une sorte d'algorithme, un ensemble d'opérations récursives capables de réduire sa stratégie à un ensemble d'opérations ou règles de conséquence élémentaires?
Petite précision: le mensonge s'oppose à la sincérité, une des caractéristiques principales de l'assertion. Or ce genre d'acte de discours accompagne l'état psychologique de croyance, mais on ne trouvera rien dans une logique illocutoire qui risque d'apporter de l'eau au moulin. Hormis les quelques normes comportementales qui président à la réussite d'un acte de discours, peut-on caractériser le comportement du menteur, ou est-il possible de deviner ses intentions dans une situation de jeu?
Prenez le cas de Napoléon à Austerlitz: malin comme un singe, son bluff a consisté a faire croire qu'il ne pouvait pas prendre de risques étant donné la supposée infériorité numérique de ses troupes. Koutouzov en a inféré que ses troupes passeraient par les flancs et n'oseraient jamais attaquer la coalition anglo-austro-russe de face. Mauvais choix ... le plus grand bluff de l'Empereur a donc été de prendre un risque énorme tout en laissant ses adversaires suivre à tort une sorte de maxime d'utilité espérée: moins de risques, moins de pertes. Napoléon n'a-t-il pas "joué son tapis" (all in, franglais oblige) ce 2 décembre 1805?

Plus généralement, le problème de la logique du menteur est que le protagoniste peut pousser jusqu'au vice de mentir parce qu'il ne ment pas: il peut surprendre l'adversaire en violant la règle tacite selon laquelle l'objectif est de duper son ennemi. Il ne suffit évidemment pas d'inférer la vérité du contraire de ce que le bluffeur dit pour comprendre sa logique: interprétation par trop simpliste, car le bluff est bien plus complexe qu'une simple règle de conséquence de type: B*p |- ~p (où "B*" symboliserait le bluff et "~" la négation).
Mais si ne pas duper est une autre façon subtile de duper, peut-on encore tirer des règles de conséquences claires et distinctes pour caractériser le principe du bluff?
"La plus grande ruse du diable, c'est d'avoir fait croire au monde qu'il n'existe pas" (citation de Verbal Kint dans "Usual Suspects") ... Quelles conditions de succès peut-on associer à un possible opérateur de bluff, qui apparaît comme une sorte de dual de l'opérateur d'assertion?
Des indices peuvent et sont sans doute déjà présents chez les Bataves: dans la théorie des jeux, les opérateurs d'annonce et la sémantique des mondes multi-agents de l'école de logique de Van Benthem. Cela dit, la perversité du bluffeur tient en ceci que l'annonce n'est jamais récursivement réductible à un ensemble de règles d'énonciation ou annonce publique. L'annonce est plus utile pour construire une logique du tarot, semble-t-il, puisqu'il ne s'agit pas de duper l'adversaire mais de combiner des actions entre plusieurs agents au sein d'un ensemble d'informations partielles.

Moralité: la logique du bluffeur ne consiste-t-elle pas précisément à déjouer toute réduction logique que ce soit, sans quoi son art pourrait être mis à mal par le premier programmateur venu? Le problème posé ne m'est pas peu familier, puisqu'il met aux prises deux façons de faire et comprendre la discipline logique en général: comme un ensemble prescriptif de règles à suivre, ou comme un ensemble descriptif de règles susceptibles d'être enfreintes. Si A |- B est l'archétype du schéma logique, que représentent A et B dans une hypothétique logique du menteur, et dans quelle mesure B s'ensuit de A dans toute situation?

A tous ceux susceptibles de m'éclairer sur ce point, qu'ils soient les bienvenus et n'hésitent pas à laisser leurs commentaires! Il serait sans doute intéressant de mélanger logique d'assertion, logique épistémique, théorie des jeux et/ou sémantique multi-agents pour ce faire, mais je n'ai pas suffisamment d'expérience en matière de poker pour préciser davantage.

En attendant vos réponses et précisions, je profite de l'occasion pour rappeler au bon souvenir de quelques morceaux sur le thème des couleurs des cartes à jouer:
Pour commencer, le morceau d'anthologie de Lenny la Grossklasse et sa troupe de sangliers sudistes: "Ace of Spades" (= l'as de pique)

Vidéo Youtube



Pour continuer, une boîte en forme de coeur des Nirvana ("Heart Shaped Box"):

Vidéo Youtube



Pour finir, et en beauté, un passage magistral des "Joueurs" ("Rounders" pour la version originale) où Mike (Matt Damon) affronte Teddy KGB (John Malkovich). En VO, pour profiter de l'accent spoutnik de Malkovich machouillant ses biscuits:

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F&H

Ode à la logique modale

Publié le 01/01/2008 à 12:00 par schangels
Ode à la logique modale
A la demande de Cédric qui avait deviné avant-hier l'auteur de la première citation, concernant la contestation et le capital, je me suis plié à sa requête et vous propose donc ces quelques vers en décasyllabes (deux pentasyllabes pour chaque vers), tout à l'honneur de la logique modale et d'une de ses lettres fétiches, j'ai nommé: la lettre K. "K" comme Kripke, KT45, KK-thesis ... les habitués du genre savent de quoi je parle ici.
Pour les autres, tentez de saisir le sens dissimulé tant que bien mal derrière ces lignes composées par un Petit Körper Sain.
Puisque les vers sont assez courts, je n'ai pas su faire dans la pertinence intégrale: bien qu'écrit à l'adresse de Kripke, sorte de Tortue Géniale autiste perdue dans un monde possible dont lui seul doit connaître les conditions d'accessibilité, vous ne trouverez pas d'expressions telles que "nécessaire a priori", "transitivité", "désignation rigide" ou "essentialisme" dans le poème ci-dessous. C'est que je ne suis en rien un poète, alors: merci d'avance pour votre indulgence face à une production on ne peut plus ... contingente.
Quoi de plus normal que de rappeler au souvenir du vieux Saül par un exercice de métrique: n'est-ce pas à lui que l'on doit l'idée selon laquelle la longueur d'un bâton d'un mètre donnerait une affirmation nécessaire a posteriori? Cf. sa "Logique des Noms Propres", pour les intéressés.
Boîte-boîte-diamant-nabla en force!!!

Et puisque notre logicien modal baigne allègrement entre deux rêves éveillés, je glisse entre deux strophes ce morceau mémorable des Tears for Fears, "Mad World", arrangé au piano par Gary Jules pour un film qui mérite le détour: "Donnie Darko".

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Autiste, ô Possible
Kripke parti loin, sur Krypton au moins,
Kinés impuissants, face au vieux dément,
Kierkegaard en miettes, loin de nos emplettes,
Kantien clopinant, apodictiquant.

KT4 en lice, opérateurs bis,
Kaputt dans les fêtes, bouillon dans la tête,
Kilos de structures, itérations pures,
Königsberg en berne, respect vieille baderne.

KK-thesis règne, dans les mondes je baigne,
Kaléïdoscope, perdu dans les scopes,
Knowledge dans le box, info ou intox,
Kennedy au temple, Nixon sert d'exemple.

Kino pris en cible, fictions accessibles,
Karl Marx à l'appel, contrefactuel,
Kun à leur insu, ah s'ils avaient su,
Keitel chez un dieu, j'ai nommé Kripke.


Le principe du gage en échange de bonnes réponses aux citations tient toujours.
Merci à Cédric de ne pas avoir fait dans le graveleux et de m'avoir mis au défi d'un poème plutôt que de délicats exercices olympiques de dessous la ceinture. Avis aux autres, je suis d'attaque!

Pour la comparaison avec la reprise ci-dessus de Gary Jules, les Tears for Fears méritent bien leur pré carré ci-dessous.

Vidéo Youtube



Laquelle des deux versions préférez-vous? Je craque littéralement devant la danse si conceptuelle de Roland Orzabal. Avis aux camarades nancéiens: qui saura reproduire un si beau rituel rythmique pour notre prochaine soirée à thème (après "vins&fromages", quid de "minimalisme artistique&Bayley's")?!!!

F&H

Béruriers Noirs: Deux Clowns

Publié le 01/01/2008 à 12:00 par schangels
Béruriers Noirs: Deux Clowns
Dans la foulée du premier Béru: les paroles du second sur ma liste.


Deux Clowns
Ricco était un clown qui vivait dans un cirque
Sa tête de fripouille faisait rire les enfants
Son sourire maquillé de gugusse ambulante
De tournée en tournée il pleuvait les applaudissements
Il jouait avec ses mains comme un petit magicien
Pourquoi donc un matin il a joué un peu trop loin ?

Oui, il s'est pendu sous le grand chapiteau
Un concombre dans le cul, son corps nu flottant très haut
Le visage peint en rouge et les godasses au pied
Ricco était un clown maintenant pour l'éternité
Sous le grand chapiteau tous pleuraient en silence
Et le soir les marmots rigolaient bien en cadence !

Ouais!!!!

Zeppo l'autre clown qui vivait dans le même cirque
Sa tête de grand fou faisait rire les enfants
Ricco était le gugusse et Zeppo le clown blanc
Mais depuis qu'il n'était plus ce n'était plus comme avant
Et Ricco était mort et Zeppo devint grave
Bientôt son visage blanc n'amusait plus les enfants!

Et Zippo devint fou sous le grand chapiteau
Il plongea dans la foule avec ses yeux en couteau
Il tua son premier gosse et s'enfuit dans la forêt
Il mangeait des écorces, tous les gosse le cherchaient
De Ricco la fripouille à Zeppo le clown blanc
Combien y-a-t'il de clowns qui sont devenus déments ?


F&H

Béruriers Noirs: Salut à Toi

Publié le 01/01/2008 à 12:00 par schangels
Béruriers Noirs: Salut à Toi
Pour qui souhaiterait en savoir plus sur les morceaux distillés au compte-(grosses)gouttes dans ce blog: il ne me semble pas inutile d'ajouter les paroles à la musique.
A réciter les soirs où l'inspiration vous manque et qu'il s'agit de réanimer l'ambiance ... les paroles des autres morceaux ne tarderont pas (Cure, Electric Six, etc). Le service après-vente n'ira pas jusqu'à vous proposer une traduction des textes anglais. Pas pour l'instant, en tout cas.
Et bonnes récitations à venir!


Salut à toi
Salut à toi ô mon frère
Salut à toi peuple khmer
Salut à toi l'Algérien
Salut à toi le Tunisien
Salut à toi Bangladesh
Salut à toi peuple grec
Salut à toi petit Indien
Salut à toi punk iranien

Salut à toi rebelle afghan
Salut à toi le dissident
Salut à toi le Chilien
Salut à toi le p'tit Malien
Salut à toi le Mohican
Salut à toi peuple gitan
Salut à toi l'Ethiopien
Salut à toi le tchadien

Salut à vous les Partisans
Salut à toi "cholie all'mante"
Salut à toi le Vietnamien
Salut à toi le Cambodgien
Salut à toi le Japonais
Salut à toi l'Thaïlandais
Salut à toi le Laotien
Salut à toi le Coréen

Salut à toi le Polonais
Salut à toi l'Irlandais
Salut à toi l'Européen
Salut à toi le Mongolien
Salut à toi le Hollandais
Salut à toi le Portugais
Salut à toi le Mexicain
Salut à toi le marocain

Salut à toi le Libanais
Salut à toi l'Pakistanais
Salut à toi le Philippin
Salut à toi l'Jamaïcain
Salut à toi le Guyanais
Salut à toi le Togolais
Salut à toi le Guinéen
Salut à toi le Guadeloupéen

Salut à toi le Congolais
Salut à toi le Sénégalais
Salut à toi l'Afro-cubain
Salut à toi l'Porto-ricain
Salut à toi la Haute Volta
Salut à toi le Nigéria
Salut à toi le Gaboni
Salut à toi le vieux chtimi

Salut à toi Che Guevara
Salut aux comités d'soldats
Salut à tous les hommes libres
Salut à tous les apatrides
Salut à toi la Bertaga
Salut aussi à la Banda
Salut à toi punk anarchiste
Salut à toi skin communiste

Salut à toi le Libéria
Salut à toi le Sri Lanka
Salut à toi le sandiniste
Salut à toi l'unijambiste
Salut l'mouv'ment des Jeunes Arabes
Salut à toi Guatemala
Salut l'P4 du contingent
Salut à toi le Shotokan

Salut à toi peuple Kanak
Salut à toi l'tchécoslovaque
Salut à tous les p'tits dragons
Salut à toi qui est keupon
Salut à toi jeune Malgache
Salut à toi le peuple basque
Salut à toi qu'est au violon
Salut à toi et mort aux cons

Salut à toi le Yougoslave
Salut à toi le voyou slave
Salut à toi le Salvador
Salut à toi le Molodoï
Salut à toi le Chinois
Salut à toi le Zaïrois
Salut à toi l'Espagnol
Salut à toi le Ravachol

Salut à toi le Hongrois
Salut à toi l'iroquois
Salut aussi à tous les gosses
Des îles Maudites jusqu'à l'Ecosse
Salut à vous tous les zazous
Salut à la jeune garde rouge
Salut à toi le peuple corse
Salut aux filles du Crazy Horse

Salut à toi la vache qui rit
Salut à Laurel et Hardy
Salut à toi peuple nomade
Salut à tous les "camawades"
Salut à toutes les mères qui gueulent
Salut aussi à Yul Brunner
Salut à toi l'handicapé
Salut Jeunesse du monde entier

Salut à toi le dromadaire
Salut à toi Tonton Albert
Salut à toi qu'est à la masse
Salut aussi à Fantomas
Salut à toi Roger des près
Salut à toi l'endimanché
Salut à tous les paysans
Salut aussi à Rantanplan


F&H

Soyons marxistes (tendance Groucho): pour une réSolution permanente

Publié le 31/12/2007 à 12:00 par schangels
Soyons marxistes (tendance Groucho): pour une réSolution permanente
A tous ceux pour qui le réveillon n'est qu'une gigantesque mascarade synonyme de dictature de la bonne humeur, de déclarations de voeux insignifiants, de petits fours indigestes et de champagne acidifié qui reste sur l'estomac tout le mois de janvier: je dirais qu'ils sont pris du syndrôme Collier de Barbe, extrêmement dangereux parce que fourbe et souvent dissimulé derrière de bons sentiments mortifères. Je m'explique par quelques symptômes susceptibles de révéler ce mal, lequel a largement rongé l'hexagone et depuis longtemps déjà. Si tu es prof de français altermondialiste du secondaire, militant du SGEN-PUF, amateur de Gitanes maïs tous les 8 heures moins 10 du matin avant le premier cours des 4e techno et opposant absolu de la "télévision-boîte à cons" (hormis Arte et la Cinq entre 15 et 18h le dimanche), prends garde à toi ... et va te raser plutôt que de raser les autres de ta moraline à l'odeur de sueur de dessous de bras. C'est l'ancien pion de collège qui parle, ici. Et si par malheur tu avais une bonne raison de nous imposer ta tristesse de circonstance, alors viens parler peu mais bien sur ce blog ou tais-toi à jamais, parce que le temps presse pour tout le monde ...

Message à tous ceux qui se cachent derrière ces arguments de rabat-joie castrateur, les soirs de réjouissances officielles: arrêtez donc de bouder le plaisir des autres et de prendre le parti inverse d'une fête dont vous rêveriez de jouir au tréfonds de vous-mêmes. Sans quoi vous ne prendriez pas autant de soin à en déconstruire le caractère mercantile à tout bout de champ. En vérité je vous le dis: trop coincés vous êtes et trop peu vous assumez votre pauvre condition bien en dessous de vos aspirations débordantes de perfectibilité et d'amour du prochain qui ne se pointe toujours pas tel que vous le voudriez ... toutes ces frustrations qui vous bouffent de l'intérieur, vous vous ingéniez à le cacher par une mauvaise foi d'élitiste bouché du sphincter. J'en ai fini avec mon analyse phénoménologique. Parenthèse: (Je conseille à ce propos l'analyse par Sartre de la logique de l'antisémitisme français, dans ses "Réflexions sur la question juive" qui stupéfient par leur subtilité et précision dans les répliques et contre-répliques de l'anti-déiciste. Parenthèse fermée)

Pour tous les autres qui aiment l'impro et savent faire preuve de suffisamment d'humilité pour dévoiler leur côté paillard les soirs de ripaille: n'oubliez pas pour autant que la Saint Sylvestre est avant tout la fête des commerçants, et que chaque jour que le Logos fait peut être le prétexte à une grosse mascarade improvisée. Pour que chaque jour soit une fête en puissance, haut les coeurs! Et bons éclatements de la rate à vous tous, pour cette nouvelle année haute en tensions géostragétiques. Pas grave, Israël a appris à se protéger. Pas vrai, les rabbins?!

Allez, musique: COIN COIIIIIINNNNN!!!!

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C'est lourd? Certes, mais c'est bon lorsque pris avec modération et 13e degré. Avertissement: aucun animal n'a été maltraité dans ce clip, sinon quelque peu bousculé par un faux amateur du Talmud

Pour ceux que les sons électroniques house attirent davantage, rien de mieux que de fêter une nouvelle boucherie de 365 jours par ce morceau dynamisant de Vitalic:

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Et bonne digestion pour qui a su en profiter!

F&H
2007 ... 8, ça suffit.

Citation du jour: qui a dit ... (9)

Publié le 31/12/2007 à 12:00 par schangels
Citation du jour: qui a dit ... (9)
Qui a dit:

"N'écoute pas ce que je dis, regarde ce que je fais"

Indice: homme d'idées ...

... plutôt que d'action, paradoxalement. L'homme (autre indice) n'était pas encore sensible à l'idée selon laquelle on agit selon par ce que l'on dit.
J.L. Austin n'était pas encore né à l'époque de cette formule, il est vrai (un indice, encore). Cette citation est un avis de méfiance face à tous les actes de discours prometteurs de lendemains qui chantent, notamment. Dédicace à tous les donneurs de leçons et vantards en tous genres. Une incitation générale à se fier davantage aux actes plutôts qu'aux mots: lorsque l'on passe au second niveau de discours et que le locuteur s'interroge sur les attributions de croyance de l'interlocuteur à sa propre personne ... ce n'est plus du dialogue de salon de coiffure, mais un travail de bluff digne du poker.

Une illustration rapide de cette mise en abîme à l'intérieur du discours: Human League et son célèbre "Don't you Want me Baby". Rien à voir avec les actes de discours, mais le réalisateur joue sur la frontière souvent floue entre fiction et réalité (dédicace en passant à l'excellent "ExistenZ" de Cronenberg, avec Jude Law). Et puis ce morceau me plaît, ce qui fait d'une pierre deux coups:

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F&H

Liberticide, j'écris ton

Publié le 31/12/2007 à 12:00 par schangels
Liberticide, j'écris ton
Ce soir à minuit pétante, les dernières cigarettes seront écrasées dans les cendriers publics ... liberté de bien faire, ou liberticide patenté?
Le sacro-saint débat sur la liberté et ses dérives licencieuses n'a pas fini d'alimenter les feuilles de chou de France et du Benelux.
Pour ou contre: petit tour d'horizon de quelques arguments rivaux, sachant que je ne vois que des avantages personnels à ne plus supporter les fumées épaisses des fonds de bar.

POUR L'INTERDICTION:
- meilleure santé publique
- moins de dépenses de la sécurité sociale pour les frais d'opérations du cancer de la gorge, de la bouche, etc.
- économies substantielles des ménages (le pouvoir d'achat obsède bien Mr et Mme Toulemonde, non?)
- meilleure hygiène dans les restaurants ("dis-moi, connard, ça t'étoufferait d'éteindre ton gros havana qui pue?")

CONTRE L'INTERDICTION:
- défense du plaisir de la bouche (une bonne Marlboro avec un bon petit noir, c'est tout de même le petit bon dieu en culotte de velour)
- protection de la corporation buraliste (que vont devenir les PMU enfumés du matin au soir? les clients vont finir par se voir en parlant, attention ...)
- perte substantielle pour les caisses de l'Etat (80% et des cendres de taxes sur chaque paquet, ça ne disparaît pas sans douleur fiscale)
- la classe, McFly! (qui peut imaginer James Dean, André Malraux, Sartre ou Clint Eastwood alias "blondin" sans le mégot au bec? autres temps plus mortifères, autres moeurs moins dirigistes)
- liberté, liberté chérie!!!

C'est ce dernier argument qu'il convient de mettre en lumière, au milieu des arguments ... fumeux: la liberté consiste-t-elle à décider de ses actions selon sa propre volonté?
Entre volonté et désir, il y a une marge et le philosophard professionnel connaît bien la chanson; si la volonté signifie la conformité de l'intention aux normes de la raison, alors je ne peux pas "vouloir" à proprement parler la défense du tabac en zone publique si les conséquences du tabagisme sont néfastes pour la communauté.
Si vouloir = vouloir le bien de soi et de tous, alors autant interdire:
- l'alcool (même le Bayley's? Aïe)
- les céréales et barres chocolatées pour les gamins, productrices d'obésité qui, je le rappelle, sera bientôt le souci de santé publique n°1 en France (pleins de Fat Boy Slims au pays du cassoulet, on s'y retrouve)
- la télé-dépendance: à bas les soirées bière-cacahuètes pour les mecs, à bas les après-midi "Derrick&Le Renard" pour les mère-grand, à bas TF1 pour les ménagères standards;
- le manque de sport: jogging, vélo et tennis pour tout le monde au moins 3 fois par semaine,
etc, etc.

De deux choses l'une:
- soit l'on veut le bien de la majorité, et l'on oublie notre lyrisme démocratique à deux sous (le "peuple a toujours raison", dit le député; tu m'étonnes, c'est grâce à lui qu'il vit aux frais de la Grande Catin) pour instaurer une technocratie à la Gattaca; un comité de spécialistes de la santé et hygiène mentale décide de ce qui est bien et mal pour tous et dans l'intérêt commun; que demande le peuple?
- soit l'on maintient le droit de ce peuple à disposer de lui-même, et on lui reconnaît le droit de se tromper au point de lui mettre un objet de mort entre les doigts; il existe déjà les volants à cet égard, alors pourquoi ne pas laisser à l'homme le droit suprême d'user de son libre-arbitre?

OK pour laisser aux autres le droit de se tromper, et Rousseau ne disait pas autre chose à son Emile lorsqu'il s'agit de lui donner les bases d'une bonne éducation. Quitte à en payer les conséquences soi-même, et soi seul: plus de couverture sociale pour les cancéreux de la clope, et même combat pour les skieurs hors-piste dont les lubies de frimeur boutonneux coûtent bonbon en déplacement d'hélicoptères? Meuh non! Nous, Français, sommes fondamentalement chrétiens et humanistes et, en cela, jamais nous ne laisserons mourir un congénère à nos côtés. Mais que celui-ci réflechisse un tant soit peu aux conséquences néfastes de ses actes avant d'agir. "Mort aux vaches"? Soit, mais alors démerde-toi si la gorge te gratouille un soir plus que de raison. Et tu seras un homme, mon fils ...

"Liberté", "licence", "libre-arbitre", "licence", "intérêt", "volonté", "désir", "bien commun" ... on n'a pas fini de tripoter ces concepts à partir de demain. Fort heureusement pour l'Etat et la santé publique: le citoyen français a cela de commode qu'il ouvre toujours grande sa gueule avant de la refermer souvent très vite. Qui a dit "Les Français sont des veaux"? Un non-fumeur, je crois ...

"Liberté chérie, j'écris ton nom" ... même si je ne sais pas vraiment ce que tu signifies.

F&H

Citation: qui a dit ... (8)

Publié le 31/12/2007 à 12:00 par schangels
Citation: qui a dit ... (8)
Qui a dit:

''L'amitié, ça ne se dit pas''

Indice: pas un philosophe, du tout.

Ceux qui ont eu l'occasion de jeter le coup d'oeil sur ma thèse connaissent la réponse, puisque j'ai utilisé cette citation en guise de mot de Remerciements au pluriel ("je remercie toute l'équipe, sans laquelle je ne serais rien, etc...")

Ca ne se dit pas, non, sous-entendu que les déclarations d'amitié cachent souvent, sinon toujours, des intentions mal avisées de la part de leur auteur. Pourquoi le dire, si la personne aimée constate suffisamment vos témoignages d'amitié à chaque occasion de la manifester? Sans être aussi radical, l'auteur de cette formule à laquelle je souscris pleinement voulait sans doute dire que la meilleure preuve d'amitié (et pas la seule, donc) est celle qui se montre dans les actes et ne s'étale pas dans le but calculé de faire tomber la larmichette.
Serait-on ici en présence d'un aveu d'anti-performatif (cf. Problème de philosophie n°5)? Ou ne s'agit-il ici que d'une simple question de pudeur dans notre comportement social? Les deux, mon général: la signification d'un acte performatif n'est pas indépendante de ses effets perlocutoires, donc qui déclare son amitié n'ignore pas les conséquences qu'une telle déclaration peut avoir sur son interlocuteur et sur lui-même.
J'ai déjà eu l'occasion d'échauffer sur ce sujet la bile de l'ex- d'un ami, laquelle m'avait reproché de ne pas lui faire de compliments sur sa cuisine après une bonne soirée. Il est vrai que j'avais plus insisté sur son état bien imbibé de fin de soirée, ce qui n'est pas toujours très délicat à l'égard d'une femme ... mais de là à la complimenter sur commande ou, tout au moins, à recevoir une leçon de savoir-vivre mondain: je dis "fuck", et en toute an-amitié.

Parenthèse: (y a-t-il un juste milieu entre l'amitié et l'inimitié, hormis l'indifférence? Ne ressentir ni l'une ni l'autre pour une personne = ? Si quelqu'un me trouve ce milieu neutre, tel le gris entre le noir et le blanc, j'exécuterai un voeu en son nom. C'est dit, donc ce sera fait.)

Pour revenir à la citation ci-dessus, je reconnais que nous ne sommes pas ici en face d'un anti-performatif au sens strict (s'il y a): la plupart de nos actes de discours s'accompagnent d'une condition minimale de sincérité pour être réussis, fort heureusement et sans quoi toute communication serait synonyme de piège à cons; disons plutôt que nombre des déclarations d'amitié, d'amour, de gentillesse et autre paix dans le monde sont rarement, voire jamais accomplies sans quelque arrière-pensée initiale.
Et puisque l'on parle d'amitié, cela me donne une occasion idéale pour glisser un petit Rammstein de derrière les fagots: "Du hast", dont le clip évoque l'amitié virile toujours plus forte que les sourds complots de la vile femelle fiéleuse. Tout un programme; mais on ne brise pas le Stahl aussi facilement, Fraulein ... NNNEEEIIINNN!!!

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Pour ceux qui n'aiment pas les riffs germaniques bien lourds, vous pourrez toujours passer votre chemin; c'était ça où ''Les copains d'abord'' de Brassens, mais ce dernier ne risque pas de trouver place dans ce blog sinon après quelques retouches façon Perusse (cf. Blagounettes).

Tout ceci me fait penser à une autre citation plus générale, concernant la relation entre les mots et les actes ...

F&H

"Truthmakers": expliquons, avant de répliquer

Publié le 30/12/2007 à 12:00 par schangels
"Truthmakers": expliquons, avant de répliquer
Photo: Platon à gauche, Aristote à droite
Thème: opposition ontologique entre l'unité de l'être selon Platon et la pluralité des modes d'être dans les catégories d'Aristote
Dialogue:
Platon - Tu veux mon doigt?!
Aristote - Non, les cinq ...

Au début de ce mois de décembre pas encore achevé, j'ai soumis un petit article polémique (au sens intello du terme) paru dans un périodique électronique de philosophie anglophone: The Reasoner.
Le sujet concernait les "truthmakers" et la table de vérité proposée par un jeune philosophe anglais, Craig Bourne, en vue de résoudre un vieux problème de logique philosophique bien connu des amateurs du genre.

Problème: à la question de savoir si Aristote considérait le principe du tiers exclu comme une loi logique universellement valable, l'interprétation moderne (de type Lukasiewicz, autre philosophe et logicien polonais du siècle dernier, mort à Dublin en 1956) dit que le Stagirite défendait l'universalité du principe de bivalence et non celle du tiers exclu. J'ai déjà parlé de la bivalence dans ce blog: voir le problème de philosophie n°2 et la "thèse de réduction" de Suszko.
Le principe du tiers exclu est une "loi" logique selon laquelle toute proposition (phrase susceptible d'être considérée comme vraie ou fausse) ou sa négation est vraie. S'il est faux que ma mère est mon père, alors il est vrai que ma mère n'est pas mon père; s'il est vrai qu'il fait froid dehors, alors il est faux qu'il ne fait pas froid dehors, etc. C'était là le thème central de mon mémoire de maîtrise, en passant. Or Aristote a remarqué dans le chapitre 9 d'un de ses ouvrages de logique, "De l'Interprétation" (Peri Hermeneia, pour les hellénistes), que certaines propositions semblent échapper à la juridiction du tiers exclu: celles portant sur des événements futurs et contingents, telles que "une bataille navale aura lieu demain". Si j'évalue cette proposition aujourd'hui et avant que la bataille n'ait lieu, elle n'est pas encore vraie; mais je ne peux pas affirmer non plus que sa négation est vraie, parce que l'événement en question est encore indéterminé.
Moralité: soit l'on maintient la validité du tiers exclu, et l'on tombe dans le déterminisme; soit l'on opte pour l'indéterminisme et le tiers exclu n'est plus une loi logique universellement valable.
Certains philosophes et/ou logiciens ont tenté d'échapper à ce dilemme étriqué, tels Günther Patzig ou Susan Haack. Un problème d'évaluation des propositions complexes, pour le premier; une ambiguïté sur la portée de l'opérateur de nécessité, pour la seconde; sans parler du duo Kneale&Kneale, selon lesquels l'équivoque repose sur une confusion entre les concepts centraux en philosophie du langage de "proposition" et d'"énoncé" ... j'éclaircirai tout cela pour qui le souhaitera par la suite.

Et moi, dans tout ça? J'ai tenté de montrer dans ledit article que la suggestion faite par Craig Bourne reposait sur une équivoque entre deux acceptions du concept de vérité:
- Craig dit que s'il n'est pas vrai (pour l'instant, en tout cas) qu'une bataille navale aura lieu demain, alors il est vrai de dire que ce n'est pas (pour l'instant) le cas que la bataille aura lieu demain
- là où Lukasiewicz attribuait une troisième valeur de vérité indéterminée "1/2" entre le vrai "1" et le faux "0" et considérait que la négation de l'indétermination est toujours elle-même indéterminée: non-"1/2" = "1/2", Craig rebondit et prétend au contraire que le fait de nier un énoncé indéterminé revient à dire quelque chose de vrai: il est vrai de dire que l'énoncé en question n'est pas vrai, dans la mesure où "ne pas être vrai" n'équivaut pas à "être faux" (sans quoi on retomberait dans l'option déterministe ou bivalente: soit c'est vrai, soit c'est faux).
- Craig admet donc une négation non normale pour rétablir la validité universelle du tiers exclu: nier la valeur "1/2" ne donne pas toujours "1/2" puisque l'on obtient la vérité "1", ici.

Tout le monde suit encore, ou tout le monde s'est déjà barré sur un site cochon?
Peut-être qu'un accompagnement musical en fond sonore vous réveillera. Un bon "Flashback" de Laurent Garnier, pour son atmosphère à la fois feutrée et détendue:

Vidéo Youtube



Je reprends. Craig a donc commis selon moi une confusion des genres en confondant "être vrai" et "dire la vérité": ce n'est pas parce qu'il est vrai de dire qu'une proposition n'est pas vrai que cette proposition est vraie. On joue en quelque sorte sur deux niveaux de discours: la proposition "une bataille navale aura lieu demain" n'est pas vraie au moment où je l'énonce, et elle n'est pas fausse non plus; donc il est vrai que cette proposition n'est pas vraie, dit Craig.
Conclusion: la négation d'une proposition portant sur un événement indéterminé est vraie. On a donc rétabli la validité du tiers exclu, puisqu'il suffit qu'un des deux termes de l'alternative soit vrai pour que le tout le soit également.

Tout est bien qui finit bien? Enfin la preuve que multivalence et tiers exclu peuvent faire bon ménage, à condition d'interpréter autrement la négation logique?

Non! Je dis "halte là": ce n'est pas la négation de la proposition qui est vraie, mais la négation de son assertion, ce qui n'est pas la même chose. Si j'énonce une proposition, je la présente sous le mode de l'affirmation et, en ce sens, je l'asserte parce que je prétends à sa vérité. Pour insister sur la différence entre une proposition et son assertion, j'en suis donc arrivé au thème des "truthmakers", c'est-à-dire ce que la philosophie du langage francophone a rendu par l'expression de "vérifacteurs": ce qui rend vrai une proposition, ou la "chose" qui nous permet d'attribuer la valeur "vrai" à une proposition. Si c'est un fait, et c'est ainsi qu'Aristote envisageait la chose, il faut qu'à une proposition correspond un fait qu'elle exprime pour que l'on soit en droit de qualifier cette proposition de "vraie". Or ce n'est pas le cas avec les événements indéterminés, n'en déplaise à Craig; c'est pourquoi j'ai prétendu que ce qui est vrai n'est pas la négation de la proposition de départ, mais sa dénégation ou négation illocutoire: "je n'affirme pas qu'une bataille navale aura lieu demain", par opposition à la négation propositionnelle ou négation locutoire: "une bataille navale n'aura pas lieu demain".

Conclusion (provisoirement) finale: l'astuce de Craig pour rétablir la validité universelle du tiers exclu ne marche qu'à condition de mélanger les deux types de négation, c'est-à-dire deux niveaux de discours distincts. J'ai formalisé le tout à la façon de la logique des assertions de Bochvar, logicien russe qui avait proposé une table de vérité trivalente et deux négations, externe (illocutoire) et interne (locutoire), dans les années 30-40.

Voila pour l'instant, sachant qu'il sera toujours possible d'attaquer mon approche par un flanc ou un autre. C'est ce qui fait à la fois la richesse et le commerce de la philosophie analytique moderne, après tout.
Je viens de recevoir ce soir le nouveau numéro de The Reasoner avec en prime une réponse critique à mon argumentation par Mark Jago, un jeune philosophe de Nottingham. Je vais donc m'empresser d'en lire le contenu et, tant qu'à faire, de défendre mon bout de gras si convaincu je ne suis pas.
Pour la référence de mon article et celle de mon répliquant, voir l'adresse suivante:

http://www.thereasoner.org/

Vous trouverez mon article dans le vol. 1, n°8 (décembre 2007); la réponse est, évidemment, dans le numéro suivant: vol. 2, n°1.

Excellent ce Laurent Garnier, pas vrai? Pas faux non plus, si vous m'avez bien suivi ...

F&H

Problème philosophique n°5

Publié le 30/12/2007 à 12:00 par schangels
Problème philosophique n°5
Accumulons les problèmes, en attendant de possibles solutions.

Problème n°4: Y a-t-il des verbes anti-performatifs?

Par "performatif", Austin avait désigné dans son fameux "Quand dire c'est faire" (How To do Things with Words) de 1962 l'ensemble des verbes dont l'énonciation produit une action sur l'environnement du locuteur.
Exemple: la promesse, la déclaration de mariage, la menace de mort, le conseil, la recommandation, etc. sont des actes de discours définis en triples termes d'action (aspect illocutoire) produit par le contenu propositionnel (aspect locutoire) et de son effet sur l'interlocuteur (aspect perlocutoire).
Quant aux "anti-performatifs", ils désigneraient un ensemble de verbes dont l'énonciation produirait un effet contraire au but recherché. Il est peu probable que de tels verbes existent, dans la mesure où le langage a pour but de produire des actes de communication et non de mettre des bâtons dans ses propres roues ...
Cela dit, certaines formules semblent anti-performatives à défaut de leur seul verbe principal. Le cas du cogito semble en être: l'affirmation "Je n'existe pas" n'a-t-elle pas un effet contraire au contenu propositionnel de l'affirmation, si elle force l'interlocuteur à en conclure l'existence de son locuteur? En ce sens, ce n'est pas le verbe mais la forme négative d'un énoncé qui tient de l'anti-performatif.
Autre exemple possible d'énonciation anti-performative: les déclarations d'amour, ou d'amitié. Mon approche est peut-être austère, mais elle consiste à se demander si toute déclaration de ce genre n'est pas contraire aux intentions de leur locuteur. Les vraies attentions aimantes ne se font-elles pas dans le silence, et le sentiment passe-t-il par des actes de discours? Voire ... de même pour les énoncés tels que ''je suis humble''. Le propre de la personne humble n'est-elle pas de ne pas l'affirmer explicitement, auquel cas elle ne l'est plus vraiment?
En somme, les anti-performatifs (s'il y a) correspondraient davantage à des formes négatives ou des contextes particuliers que des verbes principaux, comme ce peut être le cas pour les performatifs.

Référence sur le caractère anti-performatif du cogito cartésien:
Hintikka, J.: "Cogito ergo sum: inférence ou performance?", Philosophie 6, pp. 21-51; traduit par P. Le Quellec-Wolff de J. Hintikka: Knowledge and the Known (Historical Perspectives in Epistemology), pp. 98-122. Imprimé également in "Cogito ergo sum: inference or performance?", Philosophical Review 71(1962), pp. 3-32

Pour stimuler la réflexion sur ce point, voici un morceau dont l'action est le prototype de l'action à direction d'ajustement ... nulle. Prodigy: "Voodoo People" (remix de Pendulum)

Vidéo Youtube



Je dois la découverte de ce morceau survitaminé au blogueur et écrivain Doriane Purple dont la plume, la musique et les images ne vous laisseront pas indifférent. Son adresse:
http://dorianepurple.hautetfort.com/

F&H