Créer un blog Présentation

Nom du blog :
schangels
Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
25.12.2007
Dernière mise à jour :
17.05.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· blagounettes (9)
· cinéma (57)
· citation (98)
· divers (187)
· karaokons (32)
· musique (55)
· philosophie (218)
· politique (40)
· sport (30)
· tops 5 (22)

Navigation

Accueil
Livre d'or schangels
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Citation du jour: qui a dit ...
· Citation du jour: qui a dit ... (12)
· Après BHL, Pierre Desproges
· Visage: "Fade to Grey"
· Petite Cure, en attendant ...
· Entre actes ...
· Coups de pub: suite et non-fin
· Ma langue au Katz? Pas encore!
· Cage à goûts-goûts
· Human League: "Don't You Want Me Baby"

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

Tabernacle
14.05.2008
kekoidonhou
14.05.2008
kekoidonhou
14.05.2008
qui ?
13.05.2008
TonChifreDeMedLà
04.05.2008
PuréCéClips
04.05.2008
Pas2Post
01.05.2008
philosophie
01.05.2008
Dé-laborisons en groupe, certes
01.05.2008
*** Bon 1Er Mai à Toutes et Tous ***
01.05.2008
Futur immédiat
29.04.2008
???
28.04.2008
bonjour
20.04.2008
V.F., please!
11.04.2008
foot
10.04.2008
bonjour
09.04.2008
foot et bières
31.03.2008
Du foot et de la cervelle
31.03.2008
Du foot et de la cervelle
31.03.2008
Qui a dit
26.03.2008
RSS

Blogs 5 à découvrir :

· toutlesipods
· cooperationmangasnet
· itachiboss
· titelive
· zeliasblog
· mamiegifs
· monblogsonorsonar29
· aubesludi
· carocmmc
· poetic

L'existentialisme est un anti-humanisme

Posté le 06.03.2008 par schangels
A la vie, donc à la mort. Pour un flirt avec la fin mais sans jamais dépasser la frontière inévitable (le suicide) ... Ambiance:

Image ou texte alternatif



Fight Club. Un "simple" film à consommer comme une future clope consumée ... une simple vidéo louée anonymement entre "Mon curé chez les nudistes" et "Les Bronzés 3", un samedi soir parmi tant d'autres soirées pizza-soda qui font roter puis digérer le tout dans une transe béate de futur padré gestionnaire ... non, c'est bien plus; mais on fait comme si c'était autant que le reste. L'habitude de niveler la valeur des bijoux parmi la masse de contrefaçons interchangeables.
Petit coup de saignée pour rappeler à l'ordre ... ou au désordre vertueux, bien plutôt.

Le décor du film, inspiré du roman de Charles Michael "Chuck" Palahniuk et produit par le réalisateur David Fincher: Jack (Edward Norton), employé pour une boîte d'assurance-accident, souffre d'insomnie chronique et ne supporte que moyennement sa petite vie rangée comme un caleçon savamment plié entre deux paires de chaussettes. Pourquoi ranger, et pourquoi se le demander? Le tort d'avoir pris conscience de ce jeu de dupes permanent et de chercher une issue salutaire à son rythme de vie machinal. Capitonné dans un studio hi-tech post-moderne de type IKEA, pour commencer; jusqu'au jour où son appartement flambe et le laisse seul face à lui-même. La cause de l'incendie? Tyler Durden, comme on l'apprendra dans la suite du déroulement. Vendeur de savons et spécialiste du dynamitage artisanal, la philosophie (au sens noble, non frelaté du terme) de celui qu'incarne Brad Pitt et qui incarne la voix intérieure de Jack se résume par ces concentrés de mise en condition nihiliste; pour ainsi dire:

Image ou texte alternatif



Tyler Durden, la "petite" conscience très intérieure faite chef de meute au fur et à mesure de la chute brutale et du retour à la vérité vraie: nous baignons dans des illusions et des produits factices qui nous enveloppent d'une dignité apparente.
"Les choses que tu possèdes finissent par te posséder": plus facile à dire qu'à croire, à comprendre ou à tolérer. On peut croire sans comprendre, on peut comprendre sans tolérer, mais on ne peut tolérer sans les deux premiers. La scène de la soude fera basculer le personnage principal de l'autre côté du miroir aux alouettes.
Autre version du même message puriste: "j'ai, donc je suis", ou la fausse affirmation ironique d'un Goldman mercantile non pas mais humaniste tout de même. Ou l'art de croire à la dignité de l'homme même lorsqu'il n'a plus rien parce qu'il estime être encore et toujours quelque chose. Dit-on. Au-delà de l'être et l'avoir? L'anti-humanisme, ou la dignité morbide et active de l'homme qui sait qu'il n'est rien et s'abandonne en conséquence à condition de toucher le fond. Le cynisme du courageux qui assume sa déchéance et dit merde à celui qui le condamne. Respecter qui, protéger quoi et au nom de quoi? Bonne question qui peut faire mouche et surtout mal, mais pas d'inquiétude: billet sans conséquence et qui ne s'autodétruira pas dans les cinq prochaines secondes de votre lecture.

Nihilisme, primitivisme, fascisme, anti-consumérisme, cynisme, machisme ... les qualificatifs en "isme" de mes deux oreilles sourdes ne manqueront pas pour tenter de circonscrire la portée du roman et du film qui en a été tiré; et dont on oubliera la scène punk-romantique finale, où Marla la déjantée lubrique retrouvera son marquis de Sade refoulé moderne pour assister à la destruction des Tours Jumelles. Prémonitoire? Très peu importe, puisque le cinéma a ce défaut d'enjoliver pour ne pas trop effrayer qui les spectateurs qui les maisons de production dépendantes des investisseurs adeptes de la consommation. Retenons du moins la bande son finale et la bonne question sans réponse attendue des Pixies: "Where is my Mind":

Image ou texte alternatif



Quand la hyène se mord la queue, elle continue d'avancer en spirale. Mais elle avance, encore et toujours. Debord l'avait dit, parmi d'autres pisseurs de violons: le Léviathan absorbe tout jusqu'à ses propres contradictions internes. Fight Club l'a illustré, aussi bien par le scénario enflammé que par les pompes à incendie qui l'ont accompagné et qui s'appelle l'industrie du cinéma. L'art de transformer la dynamite en savon, pour le coup.

Comme si l'homme descendait du singe sans savoir où aller une fois les pieds posés à terre; nettoyer le terrain au napalm avant de retomber parmi les lianes. Fight Club, ou la transition du singe apprivoisé et descendu de son arbre aux "singes de l'espace".

Quatre passages pris au hasard, éloquents parce qu'ils incarnent ce que j'ai tenté de comprendre dans cette pierre grisâtre:
- la scène de la rencontre entre Jack et sa conscience refoulée, Tyler Durden; un numéro de cynisme exemplaire sur l'ami à usage unique des relations de travail et le conditionnement des citoyens policés, jusqu'au détail près de visages apaisés dans les brochures d'avertissement en cas d'incendie.
- la scène de l'ex-étudiant en biologie, réduit à un sous-appartement misérable et que Tyler va menacer de mort s'il ne reprend pas ses ambitions de vétérinaire en main. Le plus beau jour d'une vie est sans doute celui où l'on frôle la mort. Parole de samouraï déchu. Apprendre à apprécier ce qui devient banal sous le poids des habitudes
- la scène chimique de la soude sur la main: exercice d'application par Tyler avec son moi de surface, Jack, qui doit apprendre à toucher le fond et assumer tout comme Marla sa condition d'être perdu pour mesurer à quel point il est libre; libre de faire quoi, et pour quoi ... pas de réponse, pas même dans la recherche d'une dignité confisquée. Anti-humanisme, un terme qui sonne bien et résumerait assez bien ce besoin d'action désorientée sans but mais sans fard
- le projet K.O. (Chaos?): provoquer les bagarres, libérer les autres de leur retenue civilisée; des exercices d'entraînement pratique à la provocation, à la violence gratuite (pas de but, donc pourquoi se le reprocher) et à la destruction des deux illusions régulatrices de l'homme civilisé: commisération, empathie.

La violence comme expression de la liberté illimitée de faire et défaire ce qui nous entoure, et nous-mêmes par la même occasion. Pas de sens, juste des directions prises au hasard. Se fixer un but, peu importe lequel ... n'importe lequel? Le goût de la vie, à condition de la risquer. A condition, aussi et surtout, d'être persuadé que les déguisements quotidiens n'ont strictement aucune valeur et constituent une perte de temps irréparable.
La bonne cause: celle de servir l'absence de cause, ou celle de détruire les causes illusoires quotidiennes. Servir La cause: la cause perdue, en connaissance de cause. Le nihilisme. Quitte à se lancer dans un gang paramilitaire destructeur, anti-social, voire auto-destructeur? Les limites d'un film sont de transformer en caricature dérisoire ce qui renie d'abord la facilité et ose affronter des questions angoissantes. Mais un film a ses limites, toujours.
Qui osera souffrir pour ressentir la vie, qui osera abandonner ses biens pour trouver son propre salut? Pas encore.

Mais plutôt que de saisir par soi-même ce que des dialogues apporteront bien mieux et sur un plateau, observons le contenu du plateau et faites-vous votre propre idée sur la saveur du produit. J'ai déjà la mienne, et je reviendrai plus tard sur la leçon de ce document sur pellicule. Citons à tout va, donc ...



"Il y a un adage qui dit qu'on fait toujours du mal à ce qu'on aime; mais il oublie de dire qu'on aime ceux qui nous font du mal."
On fait aux autres ce que l'on aime qu'ils nous fassent, malgré les apparences impérieuses du contraire.

"Marla: la petite écorchure qu'on a sur le palais et qui ne peut cicatriser que si on cesse de la lécher; mais on ne peut pas."

"- Quand les gens croient qu'on est mourrant, ils écoutent vraiment ce qu'on leur dit au lieu de ...
- ... t'attendre que ce soit leur tour de parler."

"Si on se réveille à une heure différente dans un endroit différent, pourrait-on se réveiller dans la peau d'une personne différente?"

"La capote, c'est le soulier de ver de notre génération: on l'enfile quand on rencontre une inconnue, on danse toute la nuit, et puis on la balance; la capote, j'veux dire, pas l'inconnue ..."

"Il suffit pas de se mettre une plume au cul pour avoir l'air d'un coq."

"Nos pères étaient nos images de Dieu; si nos pères nous ont abandonnés, qu'est-ce que tu en déduis à propos de Dieu? Tu dois admettre qu'il est possible que Dieu ne t'aime pas du tout. Il ne t'a jamais voulu; en toute probabilité, Il te déteste, et ce n'est pas ce qui peut t'arriver de pire. On n'a pas besoin de Lui; on n'en a rien à foutre de la damnation et de sa foutue rédemption. On est les enfants non désirés de Dieu, très bien."

"C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut."

"Je vois une génération entière qui travaille à des pompes à essence, qui fait le service dans des restos, esclave d'un petit chef d'un bureau. La pub nous fait courir après des voitures et des fringues; on fait des boulots qu'on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien. On est les enfants oubliés de l'Histoire, mes amis: on n'a pas de but ni de vraie place; on n'a pas de Grande Guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle; notre Grande Dépression, c'est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu'un jour on serait tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rock stars; mais c'est faux. Et nous apprenons lentement cette vérité: on en a vraiment, vraiment plein le cul."

"Faculté d'ignorer totalement ce qui est sans importance"

"Vous n'êtes pas votre travail; vous n'êtes pas votre compte en banque, vous n'êtes pas votre voiture; vous n'êtes pas votre portefeuille, ni votre putain de treillis; vous êtes la merde de ce monde prête à servir à tout."

"J'avais envie de loger une balle entre les deux yeux de tous les pandas qui n'étaient pas foutus de baiser pour sauver leur espèce; j'avais envie d'ouvrir les vannes de dégazage de tous les pétroliers et de polluer toutes ces plages françaises que je ne verrai jamais; j'avais envie de tout salir d'une fumée bien noire."

"Je suis le sentiment de rejet exacerbé de Jack."

"- T'étais où, là, Schizoboy?
- J'avais envie de détruire quelque chose de beau."

"Oublie ce que tu crois savoir. Arrête de tout chercher à contrôler, lâche-toi."

(Après l'accident de voiture volontaire) "Nom de Dieu! On a frôlé la vie, là!"

"Dans le monde tel que je le vois, on chassera des élans dans les forêts humides et rocailleuses qui entoureront les ruines des Rockfeller Center;
On portera des vêtements de cuir qui dureront la vie entière; on escaladera les immenses lianes qui envelopperont la Tour Sears;
Et quand on baissera les yeux, on verra de minuscules silhouettes en train de piler du maïs ou de faire sécher de fines tranches de gibier sur l'aire de repos déserte d'une superbe autoroute abandonnée."



Pétons ensemble, ô mes frères: le propre de l'homme civil est de fixer des limites à son libre-arbitre, quitte à les inventer de toute pièce. Kant parler de contradiction interne pour distinguer la bonne action de l'ivresse ... il y a des arguments logiques qui, parfois, pourraient ressembler à des prétextes savants maquillés de cohérence. Mais patience dans l'urgence des réponses existentielles: le Prussien a su développer, ne cherchons pas non plus l'autodafé sous le seul prétexte que Tyler sait se montrer convaincant sans rédiger une Critique de la Raison Pure. Technique de la Déraison Pratique, en échange et sans démonstration de cohérence à l'appui. D'où la plus grande respectabilité du philosophe réel allemand sur le personnage de fiction américain. Certes.
La philosophie: ou l'art de n'admettre que ce qui est démontré, quitte à inventer les prémisses.
Sinon? Quitte à assumer les coups salutaires, reste à supporter la douleur. Une affaire de pratique, en partie, mais ne sera pas philosophe qui veut en ce sens bien saignant du terme.


F&H

Citation du jour: qui a dit (17) ...

Posté le 01.03.2008 par schangels
Qui a dit:

"Vouloir être dans le vent, c'est une ambition de feuille morte"

Indice: oeuf à la ... tard

J'ai entendu cette formule parlante lors d'une cérémonie de mariage, un jour où un vieux camarade pongiste passait bague au doigt à sa si douce, charmante et patiente complice d'infirmière. Qu'il doit être doux de se faire changer, à l'aube des 3e et 4e âge. Pas de chance, messieurs, elle s'occupe des baveux mais tendance nourrisson. Il restera le fantasme pour vous émoustiller ...
Que ne ferait-on pas pour enrober un rituel social de quelques formules spirituelles qui feront cogiter deux-trois secondes un ou deux enfants de choeur en retard. N'empêche: la formule vaut d'être retenue pour ce qu'elle dit sur les soucieux de leur image et du qu'en dira-t-on: ils sont déjà morts à vouloir être les plus beaux vivants, toujours dans les yeux des autres. Pas simple de rester vivace et de ne pas céder à la tentation des odeurs d'automne, non plus.

Question: comment gagner en profondeur ce que l'on perdra peut-être ou n'a jamais obtenu en longueur, comprenez: en apparence agréablement longiligne?
Réponse: les livres, la curiosité, le courage, la peur (pas l'un sans l'autre), le doute ...

Chacun cherchera midi à sa porte. Un réconfort pour les coquets et coquettes adeptes de la mortitude: midi peut arriver plus vite ou plus tard si l'on joue avec le temps institué et que l'on manipule les aiguilles de l'horloge. Mais qui joue avec les aiguilles fait donc dans la contrefaçon et néglige la véritable cadence du Grand Horloger. S'il y a.
Un peu de douceur, en attendant d'y voir plus clair et de régler le compte au tas de feuilles de mortes par un grand coup de pelle.
Si nous sommes des billes qui dévalons une grande piste grisâtre sans savoir ni d'où, ni vers où, ni comment, il reste le plaisir des couleurs et l'euphorie du mouvement. Comme toujours, et c'est tant mieux:

Image ou texte alternatif



Les rêveurs sont bénis. Sans oublier toutefois que la beauté n'est pas tant dans la bille que dans l'oeil du spectateur bileux qui sait apprécier pour sa peine la trêve des balles de confiseurs. Nous voilà sauvés.


F&H

Dans l'aire du temps

Posté le 28.02.2008 par schangels
Une histoire si simple parce qu'elle est celle de tout le monde, au su ou à leur insu.
La rencontre d'une indomptée et d'un serviteur volontaire. L'une appelle l'autre et l'autre trouve toujours des raisons pour rester chez lui, bien ''à sa place''. Saura-t-elle le convaincre, et pourquoi? Ou plutôt: pour quoi, à supposer que la question ait son sens, une direction.
Une histoire qui remonte à Mathusalem, un cadre classique et un style d'écriture très classique. Une issue classique?

Il y a des jours où les mots arrêtent de jouer et prennent les choses au sérieux. Les choses: la vie, le jour, pourquoi, comment ... des questions que l'on apprendra à dire insolubles pour se conforter du manque de réponse.
Puis l'on repart dans nos affaires quotidiennes, concentré sur nos sujets et conscients de la place prise. "Des maillons dans une grande chaîne", diront les esprits chagrins ou pas rassurés pour autant. "Et alors?", répondront les mailles du filet dont ils ont accepté l'emprise. A défaut de faire mieux, faute de savoir ce qui le sera, pourquoi ne pas accepter cette place dans laquelle on trouvera ses aises, ses propres plis et sa place bientôt propre. Trop propre pour certain(e)s.


Le titre: "La fille aux semelles de vent".

Le pitch: un cordonnier, Job, producteur des meilleures semelles de son quartier et très apprécié pour son travail. Tout le monde apprécie sa contribution à la cité, et le petit quotidien paraît plus vivable avec lui. Il change sa vie, au rythme des autres et qu'il a fait sien:

Image ou texte alternatif



Quelle vie? La sienne, ou celle des autres? Les autres en seront-ils sauvés?
Le réconfort quotidien du travail bien accompli se voit perturbé lorsque Job reçoit la visite de Ezéchiel, la "fille aux semelles de vent" dont les requêtes font toujours sourire les autres marchands de chaussure parce qu'ils savent sa demande impossible. "Mais voyons, les semelles de vent n'existent pas ... tu es folle, ou tu te moques?" Aucun des deux, elle en est certaine mais ils ne savent pas ou ne veulent pas le savoir. Les certitudes ont la vie publique plus dure que toutes ces connaissances bien construites, quoique très faillibles. Trop bien à l'aise dans leurs carnets de commande et leurs catégories en vente pour ne pas devoir se soucier de ce que leur savoir-faire ne pourra jamais atteindre. Job a compris, mais il ne sait pas se décider car il cherche la raison, l'ultime et la bonne. Doit-il renvoyer Ezéchiel à ses quinze mètres et fermer boutique avant chacun de ses passages perturbateurs? Ou au contraire, doit-il satisfaire sa demande et trouver un moyen de fabriquer ces fameuses semelles de vent, quitte à dépenser fortune pour la combler et perdre son affaire? Le jeu en vaudra la chandelle ou pas. Une histoire qui est celle de tous.


Les formules ne manqueront pas pour croquer cette histoire si commune et si peu banale à la fois: "Chacun cherche son chat", "chaque pot a son couvercle". Car tout le monde cherche quelque chose ("everybody's looking for something"), mais c'est ce quelque chose qui reste à trouver ... à supposer que l'on trouve autre chose que son ombre ... la vie se fait de déconvenues passagères, ces odeurs fortes et presque insoutenables que les abstractions auront tôt fait de dissiper dans un coton de chloroforme verbal. Eurythmics en a fait état, je crois:


Image ou texte alternatif



Il y a des pays et des continents que l'on traverse comme sa propre chambre; sans rien y trouver de plus, sans se trouver soi-même. La quête du Graal pour qui osera boire le calice en parabole et jusqu'à la lie. Pas donné à tout le monde, mais tout le monde peut s'y adonner. Une question de courage?


***********************************************************************

Ezéchiel
Te voilà bien concentré sur ton bel ouvrage, mon gentil Job. J'ai apprécié le confort de tes dernières ballerines, j'ai couru dans tous les sens et mes petons n'ont jamais trouvé à y redire. Je dois te remercier pour ce que tu m'as donné. Accepteras-tu mes mots doux?

Job
Comme tu y vas en grandes formules! Ce n'est que mon travail, après tout, tu m'as payé pour ça et j'ai aimé le faire. J'y ai autant gagné que tu y as pris du plaisir, sais-tu. Alors ne me remercie pas, c'est un cadeau bien trop précieux et je ne mérite pas tant d'égard.

Ezéchiel
Pourquoi refuses-tu la main que je t'offre? Je te suis reconnaissant, et je suis prêt à revenir pour profiter de ton art. Car tu m'as offert ce que peu de gens ont su m'apporter dans ta ville: de beaux ouvrages, et utiles qui plus est puisqu'ils ont couvert mes pieds et suivi mes périples.
Ecoute-moi. Voilà plusieurs années que ta vie se déroule ici, dans notre ville du Monde où tu as retrouvé le goût des choses et l'affection de tes proches. Et je les comprends, car tu les sers et j'y ai trouvé moi-même mon compte. Mais je sais que tu veux plus et que tu perds ton temps, ici.

Job
Perdre mon temps? Je gagne petitement, mais sûrement, et je n'ai pas le goût des aventures sans lendemain. Comment peux-tu affirmer de telles choses, que sais-tu au juste de moi? Ne prends pas ombrage à mes questions abruptes: je ne suis qu'un potier, et l'on me paye pour donne autre choses que des caresses verbales. Dis-moi au juste ce que tu lis dans mes yeux, et je te répondrai avec autant de sincérité que me le permettent et ma place et mes affaires.

Ezéchiel
Tu te mens à toi-même, mon gentil potier. Tu parles d'affaires florissantes et de richesses retrouvées, toi dont les affaires du passé avaient tant promis avant de s'écrouler par la faute d'un mauvais entourage. Mais l'histoire ancienne appartient au passé, et je n'y reviendrai pas. Tu crois avoir pris une revanche sur la vie, mais c'est de cette vie que tu te détournes désormais. Puisses-tu seulement me comprendre, mon petit Job.

Job
Je crains que non, car tu parles en énigmes et c'est à des oreilles de simple artisan que tu t'adresses. Dis-moi ce que tu as sur le coeur, et je te dirai ce qu'il m'est permis de te dire sans te décevoir. Car je n'ai pas le droit de te décevoir, et tout commerçant n'en dirait pas moins que moi à cet instant. Parle, je t'écoute.

Ezéchiel
Je vais parler, consciente aussi que tu m'as déjà comprise sans que ma bouche ait besoin d'en prononcer les mots. Le fond de ma pensée, il est celui-ci: je t'aperçois depuis quelques jours, l'air concentré sur tes ouvrages et le geste précis dans tes détails. J'ai aimé te regarder, et j'ai tiré profit de ton savoir. Mais ton savoir te retient ici, alors que le vrai monde t'attend derrière nos frontières. Tu vis dans le Monde, car le hasard a voulu que notre cité s'appelle ce qu'elle n'est pas et ne sera jamais. Toutes les estampilles que tu marques pour signer tes ouvrages ne seront jamais qu'une pâle imitation de la réalité: écrire "Le Monde" au bas de tes souliers ne t'apportera jamais le vrai monde sur un plateau, et je t'en prie: n'écris plus mais cours, quitte tes affaires et va-t-en avec moi. Derrière ces limites qui nous retiennent sans raison véritable, hormis les mauvaises que l'on fonde sur le prétexte de l'habitude. Tu me comprends, je le sais et l'ai vu.

Job
Qu'as-tu à offrir qui puisse me détourner de mon travail, ma bonne Ezéchiel? Je ne sais pas de quoi tu parles et ne sait qu'une chose: j'aime mon travail et j'apprécie à le faire, chaque jour qui passe et que je passe à créer pour moi, pour les autres. Je n'ai pas d'autre projet que de donner des choses belles et bonnes à qui m'en rendra quelques pièces en échange pour entretenir mon échoppe, remplir mon estomac et satisfaire celle qui voudra me rejoindre pour le reste de la vie. Pourquoi ne pas admettre que la grandeur de mes jours est à la mesure de ce que j'y vois? Car mes yeux seuls jugent de ce que je vois, et c'est pour avoir ouvert trop grand mes prunelles autrefois que je me les suis brûlées au point d'en souffrir. Tu me reproches de stagner là et de ne pas sentir la vie ailleurs. Toujours ailleurs, car ton métier est d'être aventurière et de ne jamais t'arrêter quelque part. Je suis un sédentaire, tu es une nomade. Tu as tes raisons pour partir, j'ai mes raisons pour rester. Puisses-tu me comprendre pour que je ne te déçoive pas, puisses-tu m'écouter pour que tu ne m'en veuilles pas.

Ezéchiel
Je m'en voudrais de ne pas te parler après t'avoir entendu, Job. Car je sais ce que tu es et j'en ai tant vu avant toi. Des commerçants, secrétaires de service et avocats concentrés à ce point sur leurs tâches qu'ils en oublient d'être des hommes. Car tu sais ce qu'est l'homme, et ce n'est pas cette boutique superbe qui saura te contenter. Tu as les yeux levés plus loin que ces esclaves involontaires, tellement sûrs de leur sort qu'il ne leur viendra pas même à l'esprit le souvenir des limites leur cité. Et ce n'est pas tout: tu sais ce que j'attends de toi, et je réitère ma requête.

Job
Les semelles de vent, une fois encore? Mais que pourrais-je vraiment te dire que les autres cordonniers, et que pourrais-je t'apporter de plus qu'un refus bien malheureux? C'est que je n'ai aucune idée de ce que peut être une semelle de vent, et tu ne peux me demander de fabriquer du vide. Ecoute-moi, car je te prends au mot et ne ferai pas comme ces autres qui se moquent. Sûrs que ta question n'a pas de sens et que tu es soit simple folle, soit simple provocatrice. Je comprends le sens de ta demande, mais j'en connais pas l'issue. As-tu déjà vu ou entendu la trajectoire d'une flèche sans direction et vide de sens? Je crois que tes semelles n'existent pas plus loin qu'en toi, ma chère visiteuse insatisfaite. Tu en as assez dit, et j'ai déjà de quoi te répondre.

Ezéchiel
Tu auras toujours des réponses à toutes mes avances, je n'en doute pas mais doute de ce que tu gagnes à répondre ainsi. Attends donc avant de parler, je t'en prie. C'est que ma visite n'est pas gratuite et je demande toute ton attention. Je crois que tu n'es pas comme ces autres commerçants, et je veux t'offrir le bien le plus précieux qu'il soit donné à un habitant de notre cité: celui de la quitter. Tu sais que ton avenir est au loin, mais tu te forces à prétexter toutes les raisons du contraire. Mes semelles ont du vent, c'est pour mieux emmener vers ce que tu seras, là haut et plus loin qu'entre tes quatre murs de brique. Isolants, certes; trop.

Job
Je ne prétexte pas, je trouve et j'aurai bien à t'en dire. Mais je ne veux pas t'interrompre.

Ezéchiel
Je serai toujours ta préposée, et jamais je ne te forcerai contre ta volonté. Mais je parle en ton nom, parce que tu n'oses pas le faire toi-même et que je me sens prête à le faire pour toi. J'ai vu une chose, mon Job, à chacun de tes regards portés sur la minutie de tes gestes: tu laisses glisser des regards vers l'horizon, toi qui habites au bout de la ville et habites si près des limites dont tu te défies. Regarderais-tu au-delà si tu ne voulais pas t'y rendre?

Job
Simple curiosité, mais n'y vois pas malice. J'aime ma cité et ne tiens pas à la quitter. J'y ai mes amis, mes clients et ma famille. Mes ambitions et mon passé, mes plaisirs et mes souvenirs. Pourquoi quitter ce qui m'a fait pour un horizon dont je ne sais rien? Je dois finir mon ouvrage, Ezéchiel. Tes semelles de vent ne te quittent pas, et t'elles appellent encore vers d'autres lieux inconnus.

Ezéchiel
C'est vrai, et je te demande d'y aller avec moi. Je t'ai choisi, Job.

Job
Moi? Mais je ne veux pas cesser mon affaire, ma boutique, ma vie! Je t'ai déjà expliqué ce qu'il y avait à dire. Le reste n'est que poésie de fainéants, alors ne me force pas à répéter ce que j'ai dit. Je ne veux pas te décevoir avec de fausses réponses nouvelles. Je crois avoir tout dit.

Ezéchiel
Tu as dit ce que ta peur te commande de prononcer. Mais j'ai d'autres projets pour toi, d'autres ambitions pour nous. Viens avec moi, je t'en conjure. Oublie cette affaire dont tous sauront vite se passer et que chacun aura oublié bien assez vite. Des choses superflues ne doivent pas te cacher l'essentiel, Job. Je viens te les rappeler.

Job
Ces choses superflues dont tu parles avec autant de légèreté, Ezéchiel, c'est ma vie. Elle vaut ce qu'elle est, une collection de détails insignifiants pour les uns et utiles les autres. Mais je n'ai pas de réponses à ton désir d'absolu, alors ne m'en veux pas si mes ambitions n'ont pas les dimensions des tiennes. Tu veux courir le monde, je ne demande qu'un parterre où m'asseoir et travailler. Nous n'avons pas les mêmes idées, je ne suis pas les mêmes ordres. Tu es le cheval, je suis la bride. Tu veux toujours plus, je veux juste un peu. Faut-il toujours changer pour se sentir vivre, faut-il ne jamais s'arrêter pour profiter du voyage? Mon paysage me plaît, j'y resterai tant que les couleurs me plaîront et m'apporteront ces petites douceurs qui font mon bonheur. Tu veux le paradis, je réclame juste un petit jardin, de quoi nourrir ma famille et maintenir ma subsistance. Ne me prends pas pour un mesquin: j'ai appris à me contenter de peu pour ne pas regretter les excès. Le peu que j'ai construis, j'essaie d'en tracer les plans et j'aime à croire que je serai toujours mon propre architecte.


Image ou texte alternatif




Ezéchiel
Tu parles de regrets, toi qui n'essaies jamais de peur de perdre. Tu ne gagneras pas si tu ne joues pas.

Job
J'ai appris à me passer de ces jeux dangereux, dont l'issue n'est même pas certaine et le gain peut-être dérisoire. Qu'y a-t-il derrière notre cité, le sais-tu? As-tu seulement une idée de ce que tu peux perdre, toi qui ne penses qu'à ce que tu espères gagner? L'espérance est bonne pour les riches et les chanceux. J'ai consrtruit une affaire, je me suis refait une santé et j'ai dû apprendre à préserver mes efforts pour être où je suis désormais. Je ne perdrai pas tout pour un pari insensé, celui que tu appelles ''liberté''.

Ezéchiel
Insensé, dis-tu. Je te parle de liberté, tu réponds en raisons. Je te parle de nouvelles portes à dépasser, tu me réponds en heures de fermeture de ton minuscule magasin. Sois ambitieux pour toi-même, mon agneau, car personne ne le sera pour toi. Tu parles de proches auxquels tu tiens et qui tiennent à toi. N'est-ce pas eux qui te tiennent et te font rester ici de peur qu'ils ne te regrettent? Ils t'aimeraient s'ils acceptaient ton destin, ils ne t'aiment pas s'ils s'en tiennent au leur.

Job
De quel ''destin'' me parles-tu: en ai-je un, en as-tu la moindre notion? Ecoute: je n'ai pas de plan tout tracé qu'un être m'aurait imposé, seulement des prévisions très modestes mais dont les effets contribuent à ma santé. Je sais bien qu'elle te paraît chétive et scrutée au compte-gouttes, mais c'est la mienne et je la conserve dans des proportions qui me regardent. Pas de grandeur? Non, mais pas de décadence non plus et le temps fut assez long à reconstruire pour ne pas tout détruire au premier caprice venu. Ma première faillite m'avait fait mal, tu sais.

Ezéchiel
Certainement, mais qui ne souffre pas n'a jamais affronté le danger qu'on appelle la vie. Tu me trouves sotte, moi et ma soif de liberté? Je te trouve sot, toi et tes peurs de phobique introverti au point d'en oublier le monde qui t'entoure. Tu pleures comme on crie lorsqu'il y a plus de peur que de mal, mais tu le sais. Tu es comme le nourrisson, tout juste sorti du ventre et qui hurle sous les effets d'une lumière du jour aveuglante et nouvelle. Tu te plains d'un inconnu que tu ne connais pas. Allons, Job, combien de temps tourneras-tu le dos à ce qui te tend les bras? A celle qui t'offre l'occasion? Viens avec moi, et oublie ces affaires qui te retiennent comme les fers retiennent le pied.

Job
J'ai pris goût à ces fers, vois-tu; car on s'habitue à ce que l'on nous force de porter, et la nature a été suffisamment bien faite pour que nous cessions de nous plaindre à ce qui nous suit selon l'ordre des choses. Je sais que ces ordres te semblent ridicules et qu'ils ne tiennent en rien de la nécessité. Mais tout le monde n'est pas toi, Ezéchiel, et les hasards du quotidien ont bien tôt fait de paraître nécessaires lorsqu'on les vit en permanence. Comme une seconde peau qui fait de vous un homme civil, plutôt qu'un homme libre. Tu y trouveras matière à partir; alors pars. J'y trouverais matière à rester, car j'ai appris à me satisfaire du peu que l'on me donne.

Ezéchiel
Tu ne peux pas croire à ces mots, tu ne peux croire à ce que tu sais faux.

Job
Ne parle pas de vérité et de fausseté lorsque la liberté est en jeu. Rien de plus fou que cette course vers l'inconnu dont tu me vantes les mérites d'une existence entière. Je t'ai pris en affection, toi et tes affres dont les habitants du coin ont pris l'habitude de se gausser. Ne leur en veux, pas, Ezéchiel: ils n'ont pas ton champ de vision, et j'ai le regard assez oblique pour comprendre et leurs courtes vues et tes grandes visions d'avenir. Je n'accuserai pas et comprendrai tout le monde, car telles seront les choses s'il faut des passionnés vers le bref départ et des tempérés pour le long séjour. Tu ne sais rien de ce que j'attends, et j'ai trop à perdre pour te suivre. Ne m'en veux, chacun fait sa route et pour peu que l'on décide sûrement de nos itinéraires. Sais-tu seulement pourquoi tu cries, sais-je seulement pourquoi je murmure? Les choses se font ainsi et nous croyons en être les auteurs. Je le crois très peu et m'en tiens au peu qui me reste, Ezéchiel: ce magasin, ces affaires, ces ouvrages que j'ai du plaisir à concevoir et dont les sourires qu'ils apportent font mon bonheur.

Ezéchiel
Le chat de gouttière trouve son bonheur dans la moindre écuelle qu'il lape. Tu te prends pour l'animal de la ferme, mon pauvre Job? Je sais que tu es plus, mais prends garde à ne pas finir par prendre tes discours pour des réalités. Car tu te sers de tes prétextes civils comme de boucliers ou d'une armure. Enlève cet attirail et suis-moi, nous verrons où les chemins nous amèneront mais nous irons, et c'est là le plus doux des projets que je puisse t'offrir. Lâche cet ouvrage, pose ce pinceau et arrête ta machine, Job. Il est temps de vivre, maintenant.

Job
Je ne suis pas tes formules, je ne comprends pas ton empressement. Je ne sais plus quoi te répondre pour te convaincre, car j'ai déjà tout dit. Le peu que j'ai est à moi, et ce que je perdrai ne sera plus à moi. Que serai-je si je n'ai de nouveau plus rien? Sais-tu pourquoi nous sommes dans cette cité, et pas dans une autre? Sais-tu pourquoi les vents ont décidé de ne pas nous en éloigner et de nous maintenir dans ses limites? Nous ne savons rien, ma pauvre, et je le suis autant que toi. J'aurai plus à perdre qu'à gagner à te suivre, et ta liberté ne me dit rien qui vaille. Te servira-t-elle, où te conduira-t-elle? Que feras-tu d'elle lorsque de nouveaux chemins seront découverts par tes soins, que de nouvelles cités pousseront et que tes amis observeront ta réussite aventureuse, jaloux de ton sort et bien enferrés dans leurs propres limites? Je serai heureux pour toi, Ezéchiel, mais je te laisse ce privilège des riches à venir, ma belle; c'est que mon gain de départ fut trop durement acquis pour être dilapidé si vite. Tu me répondras que je ne vois que pertes là où tu ne vois que des profits? Je vois la partie vide d'un verre dont seul la plénitude t'obsède. C'est tout ce que nous savons, et je ne peux pas aller contre ce qui décide pour moi.

Ezéchiel
Lâche. Tu es un lâche.

Job
J'attendais ce coup de ta part, mais je ne l'esquiverai pas. Je ne crois pas que la lâcheté me retienne ici, Ezéchiel. Car le lâche refuse ce qu'il sait être bien, et j'aurais bien du mal à refuser un bien dont j'ignore tout faute d'être quoi que ce soit. Tu ne sais rien de ce qui t'attends, et je devrais te louer pour ton départ vers un lieu peut-être sans le sol? Je ne suis pas lâche, tu es téméraire. On ne gagne rien à traverser les routes sans craindre les brigands. J'ai appris à protéger ma petite existence, parce que je trouve du confort à y préserver mes instant privilégiés. Ils sont ce qu'ils sont, mais je les aime et j'ai oublié les fruits trop sucrés qu'on me promettait autrefois.

Ezéchiel
Tu as oublié ce qui faisait de toi un vivant, et le commerce a fait de toi un esclave. Tu crois gagner avec les autres lorsque ce sont les autres qui gagnent de toi. Mais j'en ai assez de dire ce que tu sais déjà. Je ne peux plus attendre, Job, car la route m'appelle et le souffle est là. Viens, je t'en prie.

Job
Je ne peux pas renier ce que je t'ai concédé moi-même. J'accepte les fers car je n'en souffre plus, j'oublie ton idée de liberté pour ne plus en souffrir. Veux-tu de moi pour contempler, veux-tu de moi pour endurer? Tes grands yeux pleins de promesse ne semblent requérir l'attention de personne d'autre que toi-même, Ezéchiel, car le chemin sera le même avec ou sans moi. Est-ce un protecteur qu'il te faut en cas de danger? Est-ce une couverture que tu réclameras en cas de tempête? Je n'ose affirmer ces mauvaises intentions qui feraient de toi un bien triste complice. Car tu as le coeur pur, je le vois bien à tes yeux et l'entend à ta voix.

Ezéchiel
Ne jette pas sur moi ces reproches imbéciles, ceux qui viennent salir les rêves que je te propose. Je n'ai que de belles intentions pour toii, Job, et je ne t'appelle pas pour partager ma perte qui en deviendrait moins douloureuse. Je t'appelle pour partager ce grand bond avec toi.

Job
A quoi bon ce grand bon, et pourquoi partir san motif à l'appel? Car de motif tu n'as pas et n'en aura jamais, voilà une moindre chose que tu sais. Pourquoi déguerpir sans vouloir s'arrêter, pourquoi ces courses folles sans raison de ne pas t'arrêter? J'ai des raisons à garder mes fers que tu n'as pal à vouloir être libre. Ta liberté a l'air d'une coquille vide, et je préfère la saveur mon pain dur à la douceur de tes nuages vides. Tu n'as rien à me proposer, sinon une aventure qui puisse me changer. Je ne veux pas changer ce qui en moi me suffit. Je ne souffrirai pas de rester ce que je suis sans regrets. Car on ne souffre pas de ce que l'on ne ne regrette pas, et l'on ne regrette pas ce que l'on ne veut pas. Tu n'a pas ma carrière, je n'ai pas tes pulsions. J'ai appris à brider l'animal que tu fouettes.

Ezéchiel
Tu n'auras jamais les réponses si tu restes ici, tu le sais. Je t'appelle pour aller ailleurs, voir ce que tu seras encore. C'est toi que tu découvriras hors de notre cité. Je te parle d'un autre lieu, mais l'endroit ne sera que prétexte. Peut-être n'y aura-t-il rien, me dis-tu? Il y aura toi et moi, ce qui fera toute l'affaire. Mais je n'ai pas à creuser plus loin ce que tu as déjà compris et refuses simplement de rappeler à ta mémoire vive. Ou ce qu'il en reste, si tu poursuis ta carrière corsetée et qui finira par t'étouffer.

Job
J'ai vu d'autres cités, j'ai produit bien des chaussures et, c'est vrai, je n'ai vu que des murs et des mines satisfaites. J'ai conscience que ton offre n'est pas courante, et que les plus grands voyages ne sont pas toujours les plus salutaires. On peut faire le tour du monde pour échapper à son ombre, c'est entendu. Tu cherches des réponses, et tu me crois en mesure de te les donner. Mes semelles et ton vent feraient-ils l'affaire? Mais sache cette chose dont je n'aurais jamais à me vanter: il y a des questions que j'ai appris à ne plus me poser. Car c'est peut-être là que nos voies se séparent, Ezéchiel: tu cherches des réponses, je ne fais que poser des questions; tu ne penses qu'agir, je ne sais que le dire. Ainsi en sera-t-il jusqu'à la fin, peut-être: j'entretiens ma petite vertu lorsque tu cherches le bien suprême. Je ne sais pas de quoi tu parles, et je ne suivrai pas des voies illusoires lorsque ma douce voix m'appelle pourtant à les suivre. Tu suis tes propres peurs, je le crois; et c'est pour avoir peur de ne pas en faire assez que tu feras toujours trop, Ezéchiel. Je ne te retiens donc pas, mais te demande de songer à ce que tu fais. Car tu n'es pas une simple cliente, et tu dis que je ne suis pas ton simple cordonnier de passage. Je n'en sais rien, je ne suis qu'un fabricant de courses perdues et ne sait rien faire rien d'autre. Tu me parles de chevauchées éperdues? Ce n'est pas dans mon registre, je ne fais que ce que je sais.


Image ou texte alternatif




Ezéchiel
Je ne peux pas rester plus longtemps à te voir te retenir contre toi-même. Tu parles de petites vertus, je te promets le plus grand bien. Tu ne veux pas entendre, ou tu as mal à tes tendres oreilles. Je m'arrête. Car il se fait tard et la nuit va tomber. Tu vas rentrer dans ta chaumière et retourner à tes lumières artificielles. Je te promets l'éclat naturel, et tu me dis qu'il n'existe sans doute pas. Tes doutes te retiennent ici, Job, et tu regretteras toujours les choix que tu n'auras pas fait. L'oubli comme remède, est-ce bien ce que tu me dis? Pas à moi, mon artisan, j'ai vu ton regard bien conscient partir au loin. Aurais-tu la mémoire si courte que tu oublierais ce que tu viens même d'apercevoir lors de tes ouvrages? Ces regards furtifs que tu portes bien, ils t'empêchent d'oublier ce que tu persistes à décliner. Mais il se fait tard, je l'ai dit. Alors viens avec moi, sans la peur ni l'oubli.

(Elle poursuivit son chemin vers les frontières du Monde, espérant qu'il la suivrait pour la vraie vie)

Ezéchiel
Si seulement il savait ce que nous pourrions faire et voir, l'un et l'autre ... s'il savait vraiment ce que sont mes semelles de vent. Il le sait, mais se force à ne pas le croire. Je le convaincrai.

(Il reprit son travail, espérant qu'elle reviendrait acheter plus tard ses ouvrages)
Job
Si seulement elle savait combien je désire la suivre, mais ne trouve pas la force de tout quitter ... elle marchera, et marchera encore. Et peut-être aura-t-elle besoin de mes services lorsque ses dernières ballerines auront trop servi? Produire pour elle, sans quitter ma boutique ou la maintenir à distance. Oui! Mais non. Mais je veux là ce que jamais elle n'acceptera. Ele se fiche de mon étalage, je l'ai lu dans son regard distant lorsque tous les passants s'arrêtent et font lèche-vitrine. Mais elle? Rien. Juste ses semelles de vent, jamais rien d'autre. Mauvaise idée ...


***********************************************************************


Elle avait parlé pour se faire écouter, il avait parlé pour mieux s'écouter ... deux histoires qui se croisent sans avoir une claire idée de la suite.
Qui choisit sa place, ici-bàs? Qui a raison de la choisir ou de s'y tenir, une fois trouvée? Il y a des destins qui s'inventent et n'existent pas sans la mauvaise volonté de leurs auteurs fatalistes. Il y a des histoires fortuites qui illuminent le jour mais dont on ne saura peut-être jamais ce qu'elles valent sans les yeux de spectateurs pour les contempler.

Je ne sais rien faire d'autre à l'histoire du potier et de l'aventurière; je n'en connais pas non plus la fin. Donc je n'y changerai rien. Juré, signé? Signes du temps, l'avis est lancé à l'adresse des visiteurs de ce blog:
- si vous souhaitez que Job ferme sa boutique et parte découvrir le bout du Monde, tapez ''décision''
- si vous souhaitez que chacun suive sa propre histoire et ne garde de l'histoire qu'un joli rendez-vous manqué, tapez ''indécision''
- si vous n'avez rien à dire qui change le cours des choses à qui que ce soit, posez votre combiné et tapez plutôt sur votre propre tête pour que la pulpe ne reste pas trop en bas.
Que trouvera Ezéchiel derrière les limites de la cité, et que doit comprendre Job par ces "limites" tantôt réelles tantôt symboliques? Un ravin ou le paradis, la mort ou la grande vie.


Image ou texte alternatif




"Tu y trouveras ce que tu oseras voir": réponse probable d'une fille unique aux semelles de vent. Apprendre à voler dans le vide, sans véritable air pur sinon celui du coeur. Pour qui aura l'envergure et les bons poumons:


Image ou texte alternatif




Une histoire comme tant d'autres, mais qui résume toutes les autres.
Vous y trouverez votre compte ou pas, selon la nourriture que vous attendrez de voir tomber dans vos gamelles.
Je vois trois sortes de nourritures:
- les nourritures terrestres, bonnes pour tout le monde
- les nourritures intellectuelles, bonnes pour tout le monde et pour moi
- les nourritures spirituelles, bonnes pour tout le monde, pour moi, et pour elle
Qui saura ouvrir la bouche assez grand pour goûter jusqu'à la troisième sorte? Pas une question de savoir, sans doute.



NiF,NiH (une fois n'est pas coutume)

Sectarisme(s)

Posté le 26.02.2008 par schangels
Laissons ma chère Lorraine mosellane en paix (cf. le billet ''Et-pis-phénomènes''), et revenons à des affaires plus parisiennes (têtes d'antiennes).
Parmi les quelques émissions dont l'ambition serait de traiter des "grands" faits d'actualité, la Cinq se distingue à l'accoutumée même si elle ne fera jamais mieux qu'un bon livre bien argumenté, loin des obligations d'horaires et de gesticulation minimale pour ne pas endormir le téléspectateur le plus souvent affalé sur son canapé d'après-déjeuner, pas tout à fait repu et la gorge encore pâteuse du dernier munster englouti avec bobonne et les deux mioches.
Tout ce blabla pour en venir à mon sujet phénoménal, au sens premier et donc mineur du terme: les sectes, traitées de quelques noms dans l'émission dominicale de Paul Amar, "Revu et Corrigé", mais avec suffisamment de tempérance pour ne pas être ceux d'oiseaux habituels.
J'en viendrai à cette ambiguïté souvent rebattue pour faire dans le subversif petit bras mais toujours bonne à rappeler, concernant la distinction entre une condition nécessaire et une condition suffisante. Y a-t-il des conditions suffisantes pour définir une secte, et comment riposter en cas de condamnation du genre?

Rappel de base:
- si A est une condition nécessaire pour B, c'est que B ne peut pas être vraie sans que A le soit également. A est donc vraie chaque fois que B est vrai, ce qui donne la forme conditionnelle de forme B => A;
- si A est une condition suffisante pour B, c'est que B sera vraie chaque fois que A l'est également mais que B peut aussi être vraie sans que A le soit. On a donc la forme conditionnelle inverse de la précédente, soit A => B.
- si A est une condition nécessaire et suffisante pour B, cela équivaut à la conjonction des deux formes conditionnelles ci-dessus et représente une équivalence de type A = B: A et B sont vrais tous les deux et faux tous les deux.

Toute cette mayonnaise symbolique afin d'en venir au cas des sectes. Pourquoi ces critères A et B et de telles relations en particulier; jusqu'où les appliquer? :
Application: l'une des baudruches de principe de l'émission (diversité ou parité oblige, peut-être) a proposé deux critères élémentaires pour la définition d'une secte, la première étant l'activité spirituelle à but lucratif et la seconde la tendance à troubler l'ordre public. Non seulement le consensus est encore à démontrer sur ces deux points, mais on peut déjà constater le flou artistique qui enveloppe ces deux critères de définition.
Primo, le but lucratif suppose une intention préalable des accusés et doit être établi sur des évidences dans lesquelles le spéculatif prime sur le spirituel. Pas si évident.
Secundo, on parle de disposition, tendance ou propension à troubler l'ordre public et non de troubles avérés. D'où une seconde couche de procès d'intention en puissance derrière l'imputation du mot "secte" à toute association d'aspiration spirituelle. Pas clair, donc et quel que soit le compte du banque du gourou attitré.

Mais admettons un moment que l'argent et le trouble suffisent à définir le jeu d'une secte. Une autre implication plus intéressante des critères concerne l'extension du domaine de la lutte et de la chasse aux sorcières à d'autres institutions censées plus respectables mais pas moins spéculatives (financièrement parlant) et troublantes: la télévision, les jeux vidéos, le sport de masse, le cinéma ... Star Academy ne crée-t-il pas des colonnes de djeun's plus soucieux de passer sous une caméra et de thésaurisations rapides sans effort que d'épanouissement par le travail quel qu'il soit? Playstation, XBox & Compagnie ne produisent-ils pas des cohortes de troglodytes livides détachés du corps social et incapables d'aligner deux phrases bien construites à force de concentrer tous leurs efforts sur un joypad et un écran hypnotiseur? Et je sais de quoi je cause, pour avoir dépensé tous mes subsides d'adolescent dans des cassettes de plates-formes et autres kill'em up pour bileux congénitaux.
Procès extensif, sans doute trop extensif lorsque les institutions et le commerce décident eux-même de ce qui est susceptible de troubler l'ordre ou de le laisser en paix. Sûr qu'un adorateur de Second Life ne risque pas de jeter le pavé sur le CRS par temps de manifs dont il ne sera pas. Les uns tentent de transformer le monde extérieur lorsque les autres ont assez à faire déjà avec leur intérieur.
Mais la télévision? L'ambiance de psychose, la peur du lendemain qui déchante, l'abrutissement des petites têtes à longueur d'émissions givrantes ... pas de risque d'atomisation des gentils citoyens en vue, pas de perte d'esprit civique à court terme, sinon dès maintenant? Troubler l'ordre public = causer des actions pas salutaires pour le groupe, plutôt que de ne pas causer des actions salutaires pour les autres. Simple différence dans la place de la négation, mais grandes conséquences quant à ce qu'il faut réprimander ou laisser en paix dans notre ontologie sociale fait maison.

On supposera que ces questions trouvent des réponses sans preuves véritables à l'appui, même si le principe veut que tout canard boîteux ait droit à une démonstration argumentée de ce qui l'incrimine. Comment accuser les sectes par les deux critères ci-dessus sans provoquer ainsi un vaste procès en règle de tout ce qui peut abrutir, lobotomiser et, donc, affaiblir les "esprits" raisonneurs? Wittgenstein aurait parlé de "ressemblances familiales" pour expliquer le vice dans la procédure, lorsqu'il s'agit de définir un concept flou et de ne pas tomber dans la piège de l'énumération précise de critères explicites.
De deux choses l'une: soit l'on suit cette voie pour les sectes, et il y aura davantage à nettoyer du côté des institutions laïques que religieuses; soit l'on maintient que seules quelques associations bien visées posent problème, auquel cas personne n'est vraiment capable d'en saisir la raison mais peut le faire comprendre aux administrés.
Bien, pas bien? Pas clair, surtout. Question de méthode qui reste à trouver. Debray a bien proposé la médiologie, comme méthode d'interprétation analytique des images au sein des médias et de certaines procédures récurrentes pour appâter le citoyen-modèle. La cause est noble, le procédé sociologique plus contestable mais la tentative vaut d'être rappelée ici (cf. les Cahiers de Médiologie, notamment).
Je n'aurais pas de grand conseil à donner à toutes les âmes perdues que le hasard amènera sur ce blog sinon les trois suivants.

Et de 1: apprécier ce qui suit comme un moyen de s'épanouir sans prétention mais avec délectation. Kasabian, bis, et le fier ''Lost Soul Forever'' à qui de droit:

Image ou texte alternatif



Et de 2: celui de lire, écrire et compter par eux-mêmes et se méfier un tant soit peu des modèles théoriques trop efficaces pour être réfutables. Les solutions les plus puissantes ne sont pas toujours les meilleures, loin s'en faut et faute de méthode acceptable pour obtenir réponse à tout. C'est après avoir vu des camarades se faire tuer lors de manifestations politiques qu'un philosophe des sciences (Karl Popper) a décidé de ne jamais accepter la vérité d'une affirmation sans l'avoir bien soupesée au départ et garanti ses applications contrôlées et limitées sur notre "raison" (= sur toutes les procédures susceptibles de créer et de la croyance et de la vérité).
En bref: moins une théorie peut être fausse dans ses affirmations, plus elle doit suscier la méfiance et la bienveillance de la part d'une communauté scientifique en place. On sait que la censure n'est jamais très loin des arguments d'autorité, mais que les sectarisés doutent des solutions irréfutables et leur quête de sens ne s'en portera pas plus mal.
Au moins une chose que la philosophie universitaire m'a donné l'occasion d'infuser avec le temps: démontrer en procédant du simple vers le complexe et, surtout, discuter des modèles d'arrière-plan que l'on utilise à chaque explication de la moindre phrase quotidienne. Deux modèles théoriques peuvent être incompatibles et expliquer la même chose; au choix. Un modèle peut être unique et tout expliquer. A la poubelle.
A se demander si ce n'est pas plus l'explication ou le chemin parcouru qui compte plus que la solution et l'arrivée. Morphéus n'en doute pas, et moi non plus.

Et de 3: se fendre une fois la gueule avec ce sketch mémorable des Inconnus, sorte de reportage régional façon FR3 d'époque avec des commentaires aussi maladroits que copiés-collés. Pas facile de singer nos travers quotidiens, d'où le grand mérite qui leur revient. Rien que pour vous, la promesse d'un ''Nouvel Age réminiscient''!

Image ou texte alternatif



En bref (si je puis dire): il y a des accusations que l'on justifie par des cache-misère mais dont personne ne se plaindra de la sentence. Une bonne conclusion mal démontrée est-elle préférable à une mauvaise conclusion bien démontrée? Peut-on défendre des certitudes sans preuve et, si non, mais que fait au juste la justice? Je ne sais ni, mais je m'en passe.
Amen, qui ne porte pas à conséquence et laisse donc ma société en paix. Il y a des silences, passivités ou incivilités souvent plus troublants et plus dangereuses à long terme que des paroles, activités et civilités bien concrètes. Là est peut-être le couac, et j'en connais une qui ne me contredira pas sur ce sujet du silence complice.

F&H (surtout H)

Confusion? Sanction!

Posté le 25.02.2008 par schangels
La braise est passée pas loin de mon cuir chevelu, la semaine dernière. La "faute" à Sijavéssu, savant compromis des Alpes Maritimes entre Amélie Poulain et Tombraider.
Voilà ce qu'il en coûte de toucher au sacré sans vergogne ... une destruction massive de l'aiglonne en cas de force majeure, ou du moins l'a-t-elle pensé sur l'instant.
Parce que ce blog n'est pas seulement un sac à patates conceptuelles mais aussi un lieu de vie pour tous, la MJC ouvre ses portes à l'une des visiteuses majeures de l'endroit et courbe l'échine. Et plutôt deux fois qu'une devant la violence du coup porté.
La cible: moi, qui ai osé croquer la ville de Nice en termes de gériatrie et Sijavéssu en termes de gentille fille. Double erreur compte triple, et ça pique encore ...
La réaction ne s'est pas faite attendre de la part de l'être visé et qui vise bien. C'est que la chère bloggeuse en question avait parlé sur son site des tramways bondés de la ville du 06, des cartes Vermeille et de l'obligation catégorique de céder la place aux cheveux blancs sous peine d'oeil de la mort. Et tutti quanti, mais sous couvert d'un hymne complice aux travers d'une cité qu'elle aime par-dessus tout. Pas compris la nuance. "Et là, c'est le drame; à partir de là, tout s'enchaîne".

On ne touche donc pas le coeur meurtri d'une bloggeuse sans s'en prendre plein la face en retour. Sous le prétexte d'une ambiguïté sémantique, j'avais fait remarqué à l'aiglonne qu'elle était trop "gentille" pour que du fiel bien gluant ou de la méchanceté gratuite puisse transparaître dans ses commentaires.
Cruelle erreur d'user d'un terme éminemment confondant et souvent condescendant: gentille = brave fille sympathique mais limitée? Pas mon intention, mais la suite de la confusion donna cette sanction sans appel. Je vous laisse lire le message on ne peut plus explicite, d'autant méritoire qu'il me remet à ma place comme je ne saurais jamais le faire moi-même. Qui était tout petit tout chétif, à la dernière ligne de ce brûlot ultra-incendiaire? Devinez ... mais lisez d'abord cette scorie encore brûlante; le style d'écorché et l'intensité d'arrière-plan qui s'en dégagent valent bien plus que tout mon amour-propre:


***********************************************************************

Pourquoi je devrais être "violente & méchante"? Parce que si on secoue pas, la pulpe elle reste en bas? No pb de ce côté tout va mais merci... Pas besoin de passer en mode enfoiré pour se faire comprendre et/ou entendre... C'est du grand n'importe quoi là... T'as rien capté... Mes p'tits vieux, j'les kiffe !! Ils me gavent parfois, mais c'est les miens et ils me font marrer, et quand ils viennent m'apostropher ça me plait ok... ça ne me viendrait pas à l’idée de partir en live dans une critique offensante totalement gratos à l’égard d’un être humain quel qu’il soit… tu m’as pris pour qui toi? Sache que j’ai un tel respect de l’Homme que si tu en avais connaissance t’aurais une petite idée de l’infini… à partir de là, ta logorrhée "leçon" d’esthétisme verbal relookée Tarantino razmoket’, n'est que pur délire qui ne rassure que toi… je ne t’ai pas attendu pour dire ce que j’ai à dire quand ça doit l’être de manière franche, et rien dans mon post ne t’autorise à balancer que c’est convenu…
En plus, tu ramènes ta fraise sans même savoir de quoi tu parles… Nice ville gériatrique avec un pôle universitaire et 75 établissements scolaires (Metz 23 Nancy 33)… logique…  des clubs sportifs de mieux en mieux classés dans les championnats… logique aussi… sans parler des autres structures ni des chiffres concernant la population… ah mais c’est vrai que tout ça ne faisait pas partie de ta visite guidée Place Masséna, jusqu’à l’hôtel où tu as du pioncer, mais bien sur le personnel se déplaçait en déambulateur doré à l’or fin 24 carats… c’est bien connu voyons… mes films, au lieu d’en dire nawak t’aurais mieux fait de les regarder attentivement, au moins tu aurais le minimum requis pour pas trop passer pour un idiot sur un sujet que tu maitrises carrément pas…
Tu la joues quoi? Pseudo fielleux et cyanuré au miel? C’est dans l’air du tps ça… la nouvelle mode des pseudo penseurs qui se la pètent rebelles à 2 cts soit disant corrosifs et bien sentis… quedal !! Tu me fais gentiment sourire… T’es total à l’ouest là… pas besoin ni envie de sortir des saloperies pour satisfaire je ne sais quelle frustration névrotique ou pseudo-spirituelle… Je SAIS,  PEUX et TIENS à m’exprimer dans la considération de l’autre, et si pour ça je dois rester une "gentille fille" soit !! Mais, t’es mignon t’en fais pas un élément négatif… parce que ton procès de moralité de derrière les fagots, il est carrément contre-productif, gratos, sans intérêt et mal venu… bref, à part te masturber le bulbe avec un coton d’éther, là t’as pas fait grand yok… tâches donc de faire passer tes humeurs de façon humoristique au lieu de déglutir ton p’tit lait mal digérer et on verra si l’exercice est si aisé…
Enfin pour terminer, parce que celle là je ne pouvais pas la rater, le coup du crachat pas très concurrentiel  ça me rappelle furieusement un concours exclusivement masculin (et pour cause) qui consiste à se mettre en rang et à pisser le plus loin possible… tu étais toujours le dernier c’est ça ? Mais c’est pas grave tu sais… tu as surement d’autres qualités…  
A présent, si tu tiens vraiment à me voir désagréable, no pb, prochaine fois que suis nrv, j'viens dans ta bal... Et on en reparle... Parce que là suis calme, si si promis, et donc surement trop gentille…
 
***********************************************************************

Une ratatouille grenat qui dégouline sous les coups de bec de l'aiglonne, etc. ... mauvaise prose sans inspiration honnête, ce post; preuve que ma rhétorique mielleuse me colle encore aux basques et qu'il y a moins de sincérité dans mon discours ampoulé que dans son cri de rage vif et précis. Je m'incline, elle fut de loin la plus forte sur ce coup de torchon.
Comme quoi il y a des distorsions de sens et des erreurs d'intention qui peuvent aller loin et faire mouche. Je fus la mouche écrasée, pour l'occase. Elle fut la tapette géante, pour le moins.
Quelle musique assortir à cette destruction de ma pomme encore écrabouillée sous talon aiguille ... j'en vois bien une, qui ne fera pas rêver plus loin que le bout du nez mais aura au moins le mérite d'être de circonstance. Pas besoin de préciser qui est qui, dans les noms d'oiseaux à suivre:

Image ou texte alternatif



Plutôt vieilli, bien trop léger face au sirocco niçois et pas en phase avec l'objet de ma discorde; mais l'idée principale est là, partie tout droit dans ma face réduite en miettes ... pour qui aurait suivi "Les Poupées Russes" sur France 2 hier soir: rappelez-vous la scène où Audrey Tautou (Martine l'altermondialiste) découpe en fines tranches de carpaccio le pauvre Romain Duris (Xavier) coupable d'avoir raillé les intentions pures de la jeune idéaliste. Du petit bois, des lamelles grillées, de la ventilation façon puzzle. J'en souris maintenant et j'en bredouillai sur le coup, perdu devant la confusion des mots et le quiproquo aux allures de 3e guerre mondiale messino-niçoise.
L'addition, s'il vous plaît ... pitié, quelqu'un. Chat ébouillanté craint l'acide, et c'est moi qui vous le dit.
Et dire que la tempête n'ose pas diffuser son souffle en public ... qui m'a fait le "plaisir" de me narrer ses quatre vérités en privé. Voilà qui méritait d'être diffusé et apprécié pour sa sincérité brûlante. Le ton et la musique. J'ai besoin de vacances, moi. Peut-être pas sur la Côte d'Azur; paraît que le Nord est joli ces derniers temps ... ne change rien, il y a des coups qui se méritent et qui feront du bien.

F&H







Et-pis-phénomène

Posté le 24.02.2008 par schangels
"Epiphénomène": phénomène secondaire, lié à un autre dont il découle.
"Et-pis-phénomène": chose insignifiante dont la nécessité d'être énoncée est mise en doute par l'interlocuteur ("et pis, alors?")
Exemple ...

J'ose caser sous la rubrique "Politique" ce qui confine au pathétique ... dans l'air du temps, en même temps.
La dernière pitrerie électorale me vient tout droit(e) de ma propre cité chérie: Metz et sa fière Place d'Armes, où l'une des candidates n'a pas trouvé mieux que lancer un nouveau gadget pour marquer sa campagne d'une empreinte indé(lé)bile.

La personne en cause: Marie-Jo Zimmermann, députée estampillée UMP et Présidente de la Délégation aux Droits des Femmes et à l'Egalité des Chances. Car oui: même les femmes peuvent participer aux délires collectifs, et tout le monde a sa chance pour la mairie de Metz. Suffit d'y mettre les formes (pas d'attaque personnelle, ici). Une cause noble à laquelle notre M-J locale associe une casserolle de circonstance
... L'objet du crime: un ballon dirigeable de 5m d'envergure, tout jaune paré (couleur de trahison par dessous la ceinture?) et qui l'accompagnera à chacune de ses empoignades si amicales lors des meetings de quartiers.

Laissons de côté la couleur de l'étiquette politique en question, je vous prie, et contentons-nous de méditer quelques secondes. Mais pas plus non plus, car je sais le temps de n'importe quel badaud plus précieux que ça et même celui d'une victime d'Alzheimer. Quel est le rôle de ce gadget, sinon de marquer les esprits d'un joujou joli et gentil qui procède par répétition? Telle la réplique publicitaire facile à retenir ou la marque de lessive passée en boucles sur les chaînes publiques, Marie-Jo nous installe enfin dans le 20e siècle de la politique américaine et ne manquera pas d'y ajouter les cotillons, majorettes de service couleur grenat et le feu sacré du Graoully aux fesses ...
... à quoi bon ces dépenses ludiques, sinon celui de retenir l'attention par un procédé aussi simple qu'insignifiant? Plus digne que de montrer ses fesses en public ou, telle la Cicciolina à ses heures de gloire remplie d'allégresse (et du reste), de parader dans un verre de champagne taille géante pour s'y faire peloter allègrement par tous les électeurs convaincus de ses deux arguments de poids. On comprendra également que la candidate de notre cru n'a pas les moyens d'attirer la foule sur ce registre, non plus. Mais à force de faire digression sur les principes et d'égarer les esprits par des divertissements aussi inutiles pour le fond que très utile sur la forme, la différence entre un gros cul défoncé et un ballon de fonceuse se fait plus mince. Grossièretés de circonstance.

Quel slogan associer à ce magnifique instrument de com'Eddie: "Gros comme un ballon, et plus jaune qu'un citron, c'est la Zimmermann"? Sais pas, je propose.
Non pas qu'il faille tirer sur les ambulances, ruer dans les brancards, casser trois pattes à un canard, ou autres ritournelles à l'emporte-pièces (mais pas au paradis); mais l'événement présenté ce matin dans le tire-jus du coin (Le Républicain Lorrain) était assez hilarant d'insignifiance pour que la chose fût signalée ici. Des fois que l'on fasse mieux, ailleurs en France d'ici les deux semaines à venir ...

Pompidou avait introduit la campagne à l'américaine et le 4e pouvoir dans notre hexagone, il y a plus de trente années de cela. L'onde s'étend donc doucement, mais sûrement et jusqu'à ma bonne ville de Metz. Que les socialistes mesquins et bas du front (pléonasme du militant qui se respecte? facile) ne se satisfassent pas trop vite de la chose: leur candidat Dominique Gros n'ignore pas plus le jeu de la communication, que j'ai déjà vu arriver devant les portes du Stade St Symphorien bon pied bon oeil, le style du candide calculé et la bicyclette à la main. Comme pour mieux marquer sa fibre écolo et son goût du vélo. Tout cela rime avec charlot, et m'en contenterai pour la peine.
"C'est de bonne guerre", dira le militant à qui on ne la fait plus. "C'est très con et ça coûte des sous", dira le donneur de leçons misanthrope à qui on ne la fait toujours pas.

Epiphénomène, donc. Mais un peu moins déjà, s'il me donne le prétexte à passer ce sublime album de Led Zeppelin. A commencer par son morceau introductif très à-propos, "Communication Breakdown":

Image ou texte alternatif



Ce fameux album du volume I dont la couverture représente le dirigeable Hindenburg lors de son explosion en plein vol. Notez que, de Hindenburg à Zimmermann, la gutturale ne varie pas à la syllabe près et nous laisse entre deux appellations germanisantes. Même langue, même destin? Attention, Marie-Jo, si je puis me permettre l'injonction de fortune: gare à ce que ta communication ne parte pas en fumée derrière les flammes d'un dirigeable couleur coquelicot.
Allez Marie-Jo? Certes, mais où ... plutôt que de voter pour ta bannière presque étoilée (pas possible de toute façon; suis pas Messin), permets-moi de prendre congé et te quitter pour des auspices plus favorables et moins compromettants. "Babe I gonna leave you", si je puis me permettre de nouveau la familiarité avec la future maire(sse) potentielle de Metz la Belle. Et pour cause, que voici:

Image ou texte alternatif



Qu'il est facile de railler les publicités de rigueur comme on tire sur des ambulances nécessaires. Mea maxima culpa, même si tout contribue à mon péché rhétorique.
Viendra peut-être le jour où la gestion d'une cité sera elle-même remise en cause, où les politicards bouderont les électeurs facétieux et proclameront la grève générale de la cause commune. C'est alors que nous remonterons à nos arbres de départ et méditerons avec Aron et Freund (Julien) sur la raison de tout ce bastringue procédural.
Qu'en disent les fous?


F&H


Citation du jour: qui a dit (16)

Posté le 23.02.2008 par schangels
Qui a dit:

"Je suis un père qui aime son fils, donc je n'ai pas à lui demander de faire ou je n'ai pas à lui interdire de faire. Chaque parent doit soutenir ses enfants mais les laisser décider ce qu'ils doivent faire."

Indice, chez vous: "Reason is Treason"

Pas d'une grande éloquence, ni d'une cohérence exemplaire; mais la formule est assez savoureuse pour la déposer sur ce blog, d'autant plus lorsque vous en connaîtrez l'auteur.
Une leçon d'amour filial pour tous les parents de tueurs en série, dictateurs en puissance et violeurs récidivistes? Laissez vivre, donc laissez faire ... on n'en sortira pas grandi, il suffit de vérifier par la taille de la personne citée. Toute la nuance est dans le "doit", comme toujours avec ces notions dont le sens reste à géométrie très, très variable.
Je profite de la photo ci-dessus pour diffuser quelques bandes d'un film raté: "Assassin(s)" (1997), dont j'ai aimé les prises de vue intimistes de l'auteur Kassovitz mais dont la morale générale tirait un peu trop sur la corde sociologique. Reste quoi qu'il en soit ce passage techno de Carter Burwell, "Total Eclipse", sombre et tonitruant:

Image ou texte alternatif



"La télévision est la cause structurale d'une violence diffuse où chaque maillon est la victime non-responsable d'un stress collectif, etc." C'est pas moi, c'est "on", pour résumer. Une bonne idée de départ mais mal aboutie, faute de réflexion suffisante sur un thème relancé plus tard par Bourdieu (cf. son ouvrage "Sur la télévision") puis Michael Moore ("Bowling for Columbine"). Sans résultats plus probants, semble-t-il.

Mais jusqu'où ira-t-il (rapport à l'auteur de la citation ci-dessus)? Pas au Panthéon, en tout cas, ni même au Père Lachaise. Manque de talent pour ce faire.

F&H

Collapse? Ouais, ma gueule!

Posté le 23.02.2008 par schangels
(Description de la bulle ci-dessus, pour les myopes ou fatigués de la veille: "Fogiel, l'incroyable talent ... t'en connais beaucoup qui arrivent à couper la parole de ceux qui l'ont pas encore prise?")

Un de mes amis philosophards et globe trotter patenté, Alexandre Costa-Leite (do Brasil; cf. le billet de l'année dernière: "Coups de Pub: ça continue"), a pour habitude de mélanger ses expériences quotidiennes au vocabulaire logique dans lequel il baigne pour sa future carrière modale. Un exemple: "collapse", anglicisme technique synonyme de réduction triviale d'un concept à un autre.
Il y a ainsi un phénomène possible de "collapse" en logique épistémique, lorsque les propriétés du concept de savoir propositionnel (symbole: Kp, où "p" est une proposition quelconque de type "x est y") sont telles qu'il devient logiquement équivalent au concept normalement plus faible de croyance (symbole: Bp). On écrira alors que Kp = Bp, ce qui veut dire que l'un équivaut logiquement à l'autre et que la différence de signification entre les deux n'a plus lieu d'être. Pas gravissime pour autant, lorsque les logiciens-philosophes prétendent que la connaissance ou savoir ("knowledge" uniforme dans la langue de Shakespeare) n'est rien de plus qu'une croyance justifiée. Plus de critère de vérité pour faire passerelle entre B et K, par conséquent. Pourquoi pas.
Il y a d'autres cas de "collapses" plus sérieux en logique philosophique lorsque, autre exemple, le concept de nécessité (symbole: Np) se retrouve assimilé au concept d'actualité ou simple réalité (symbole: p) sous le coup d'une approche déterministe des événements futurs. Il en ressort une équivalence due à la relation d'inférence déjà établie Np => p (si p est nécessairement vraie, alors p est vraie tout court) et à sa converse déterministe nouvellement établie, p => Np (si p est vraie, alors elle l'est nécessairement). Donc Np = p. Collapse plus grave, mais aussi plus simple à surmonter pour qui n'admet pas la position déterministe de départ. Aristote s'y opposa fameusement; la série des truthmakers n'est pas finie et attend son prochain épisode, par ailleurs ...

Je propose ici une autre forme de collapse potentiel, plus informelle mais aussi et surtout plus d'actualité: la réduction équivalente de l'impertinence à la non-pertinence, relativement au concept central et tant revendiqué de pertinence. Cet exemple d'assimilation réductrice m'intéresse d'autant plus qu'elle concerne la théorie des oppositions de l'ami niçois Alessio et qu'elle me semble au goût du jour médiatique.
Quelle chaîne, quelle radio actuelle ne tente pas d'appâter le spectateur et auditeur potentiel en termes de "talks" impertinents, décapants, croustifondants et autres hyperboles censées apporter un souffle nouveau dans le PAF et sur les pifs?
J't'en fous! Souffle issu tout droit de leur bombe à étron, lorsque les animateurs se la jouent détendu et lucide au point de mélanger information de rigueur et sarcasme très bon ton. Un exemple? Au moins: "L'Edition Spéciale", tous les jours à partir de 12h40 sur Canal+. Que j'ai arrêté d'entr'apercevoir le jour où j'ai compris que cynisme BCBG et sarcasmes médiatiques seraient le lot commun des quatre animateurs en place. Entre un Wizman à la mine aussi endormie que le présentateur attitré des mags de nazes, mais pas moins censés représenter le journalisme informatif et "décalé" (ben voyons), seul Samuel Etienne surnage à mon goût, qui présente déjà "N'ayons pas peur des mots" sur I-Télé depuis plusieurs années. Un principe de débat présumé sans concession mais qui s'épuise avec l'usure du temps, d'autant plus lorsque l'Orléanais de service et omniprésent Philippe Tesson monopolise la parole pour accumuler ses proférations aussi tremblantes que très souvent insignifiantes. Un dernier exemple d'impertinence de mes fesses aurait été le talk-show proposé (ou plutôt déposé, comme une crotte de chien au pied d'un bouleau de trottoir municipal) bien autrefois, il y a plus de dix ans par Florence Belkacem sur TF1. Une tentative pitoyable d'interview provocante de politiciens qui a transformé les débats en gesticulations vides de sens et préfiguré les coupes-gorges actuels comme Olivier Fogiel. Ou l'art de ne pas laisser en placer une sous prétexte qu'il faille rompre avec la langue de bois. Langue de bois, langue de vipère: même combat perdu d'avance, mais qui a tout au moins pour mérite illusoire d'inciter à éteindre le poste pour rouvrir davantage nos livres de bibliothèque. Un instant de supputation, tout juste.

Bilan: il n'y a qu'une distance si mince entre impertinence et non-pertinence que je tendrais à assimiler ici le contraire au contradictoire. Explication: si le concept de "pertinence" est pris pour point de départ, alors la théorie des oppositions issue d'Aristote (puis figurée par Boèce au 5e siècle après Jean-Claude) nous dira que l'"impertinence" est son contraire et la "non-pertinence" sa contradictoire. Pourquoi? Parce que: deux propositions mutuellement contraires ne peuvent pas être vraies toutes les deux mais peuvent être fausses ensemble. Pas possible d'être pertinent et impertinent? Tu m'étonnes, et je m'en suis expliqué ci-dessus. Puis parce que: deux propositions sont mutuellement contradictoires lorsque la vérité de l'une implique la fausseté de l'autre et inversement. Pas de distinction ici, me semble-t-il: on est pertinent ou on ne l'est pas, malgré les fausses prétentions du ... contraire.
Un billet entier sera consacré sous peu à ce magnifique instrument logique qu'est la théorie des oppositions. Pour qui s'y intéresse, n'hésitez pas à parcourir la page personnelle de l'ami philosophard Alessio Moretti (déjà indiquée dans un billet précédent: "Coups de Pub: suite et non-fin").

L'impertinence est à l'information ce que la merde est au savon. Requisit d'autant plus détestable que les premiers à se plaindre de la peoplisation actuelle de la scène politique sont aussi les premiers à enfoncer leurs mains dans le caca pour se plaindre ensuite de l'odeur. Fond de commerce puant dont ils se dédisent. Mauvais travail!

"Mauvais travail": hé-hé ... dédicace spéciale au titi rappeur parisien MC Jean Gab'1, rapport à son compte-rendu salé suite à son agression de "chelâ" par sept gugusses de la MafiaK1 (je découvre l'appellation avec vous, notez bien):

Image ou texte alternatif



Un exemple de pertinence impertinente, pour le coup et qui surmonte l'opposition logique de départ. "Continue l'impro"! Impayable compositeur mitrailleur que cet Audiard moderne ...

Un seul animateur surnage d'après moi par sa pertinence et au milieu de tous ces requins edentés: Yves Calvi, animateur de cet excellent "C dans l'Air" sur France 5 où des spécialistes de tous poils argumentent posément et sans se soucier de l'audience qui en découlera. Un luxe que je me paie autant que possible, quitte à jouer sur le décalage anti-Reichmann et le discours convenu pro-chaînes d'intellos. Mais il faut savoir ce que l'on veut, aussi et quand même. Ce gentil Reichmann et son abominable émission quotidienne pour adhérents parvenus du Lumpenproletariat: "Pour 5000 euros: Combien de Français en caleçon n'ont qu'une couille?", etc. Je t'en pose, des questions sur ton tarin tordu? "Attention à la Marche"? Attention à la Une, et plutôt dix fois qu'une.

F&H

La France a peur

Posté le 23.02.2008 par schangels
Peur de qui? Peur de quoi?
Des représailles, peut-être. Objet du billet: "Les Français boudent la bière".

En effet: d'après une source locale issue d'instituts de sondages plus ou moins fiables (par définition), la consommation de bière en France aurait diminué de 3,5% l'an dernier, soit une diminution équivalente à 20 millions d'hectolitres.
Non content de baisser le coude, notre pays devrait poursuivre cet assèchement général des gosiers pour 2008 avec une baisse estimée entre 4 et 5% de la consommation actuelle.
Mais que se passe-t-il? La faute sans doute aux mesures anti-tabac appliquées depuis janvier 2008, disent les autorités compétentes presque sûres de leur fait et que l'on ne serait pas moins. Il est vrai que l'interdiction de bouffées de tabac après un verre qui vous excite les papilles a de quoi dissuader les coudes les plus solidement vissés aux comptoirs.
Un seule solution: locale, et cela vaut pour tous les lecteurs de ce billet. Non pas que je sois un grand spécialiste buveur devant l'éternel, d'autant qu'un de mes amis fameux d'entre tous: le Baron von Hupt Lui-même, s'est légèrement détourné du houblon qui tache pas pour se tourner vers des affaires oenologiques plus délicates mais qui tachent plus. L'affaire ne le concerne pas au premier titre, cela dit, puisque nul besoin de comptoir pour poser son coude; la table de son domicile lui suffit largement, aux côtés de sa complice de femme chérie néo-maternelle.
Que fera le p'tit Louis face à cette situation négative du houblon en France? Je ne sais ni; mais j'en connais un qui devra reprendre son rythme des cinq Picons par soirée au "Point Bar". Petit interlude publicitaire de rigueur, au nom de ce bar sympathique installé au coeur de la vieille ville nancéienne et où j'ai pris pour habitude relative de me remplir la petite panse d'Amer-Bière délicieusement sucré et corsé.
Bilan du sondage: une diminution due à la diminution des clients, ou à la diminution de leur consommation individuelle? Qu'importe, le pays est en danger et doit se relever ... quitte à tomber d'ivresse à l'heure de fermeture.
"Le Picon, c'est bon". Pas terrible, mais tellement vrai.
Et c'est pourquoi j'intime l'ordre à tous les adorateurs de houblon de passer par ce délicat instant de lyrisme malté ci-dessous:

Image ou texte alternatif



La joie passe souvent par l'ivresse, afin d'oublier les difficultés d'un quotidien d'autant plus difficile lorsqu'il se nappe d'angoisses incontrôlables. La bière au service de l'inhibition provisoire. Une mission de salut public, donc et malgré les déboires qu'il peut provoquer après coups.
Aux armes, collègues laborantins: prochaine virée nocturne de rigueur. Au nom de la France, tout de même, et parce que nous saurons agir en patriotes lorsque la cause se veut commune.
Tourtel? No pasaran!!!


F&H

Citation du jour: qui a dit ... (15)

Posté le 23.02.2008 par schangels
Note:
Comme quoi on ferait mieux de ne pas entrer dans le fichier source lorsqu'on y pige rien en programmation même sommaire; rapport aux deux publicités qui s'introduisent sournoisement depuis mon billet précédent. Encore que les motifs sont bien choisis: contrôle de l'audition pour mémés au beau milieu de pistes musicales ... autre coïncidence qui, décidément, a planté ses sardines sur ce blog.

Mais venons-en à l'essentiel, avant d'aller se pieuter et rehausser le ratio de mes billets/jour. Qui a dit:

"Je ne suis pas encore né. Je suis encore en plein effort. J'espère ne jamais être satisfait."

Indice, chez vous: "vas-y, Jo'!"

J'aurais aimé ressembler à cette personne, s'il fallait ressembler à quelqu'un d'autre que soi-même. Non content d'être admirable à plusieurs égards, cette personne dont je ne laisserai pas deviner le sexe a dit des choses dont j'ai apprécié autant la musique que le ton: qu'elle se construit souvent des images personnelles avant de jouer (mais de quoi? mystère), que la respiration et l'air sont des cadeaux précieux dont on ne mesure pas la saveur. Ajouté à une attitude très réservée et une gueule d'ange ... la personne rôdait déjà, pas loin de ce même billet mais je n'en dirai pas plus.
Dernière note: prière à l'aiglonne de ne pas cracher le morceau, à qui j'avais déjà cité ce passage de choix dans un entretien passé. Merci!

Second indice? La photo ci-dessus, par un rapport intermédiaire qui fait ... "mush".

Un dernier indice? Soyons fous, histoire de ne pas négliger la contribution sonore du billet. "I Wanna Be a Dog", des Stooges (1979). Le rapport? Fusionnel:

Image ou texte alternatif



Rrrrhhh!!! Comprenne qui fulmine.
J'avais découvert cette bombe sonore au détour d'une scène de "Arnaques, Crimes et Botanique" de Guy "Rules" Ritchie, lorsque le personnage principal Eddy sort du ring de boxe où sa partie de poker l'a fait perdre cinq cent mille livres et le condamne à de sales moments à venir. Un superbe moment de ciné où le gaillard trimbale sa mince carcasse déchue au milieu de la rue, jusqu'à tomber sur son nouveau responsable des créances et dont l'ultimatum lui donne la gerbe. Un de mes parfaits instants sur pellicule.


F&H
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus