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Nom du blog :
schangels
Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
25.12.2007
Dernière mise à jour :
17.05.2008
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Coup de coeur, coup de pub

Posté le 22.02.2008 par schangels
"3 journées sans billet, retard à rattraper". Dont actes au pluriel et en série, pas plus tard que maintenant.

Il y a des principes plus "naturels" que d'autres et auxquels on se plie jusqu'à courber l'échine: témoin, le principe de maximisation de l'utilité espérée, en vertu duquel lees agents rationnels que nous sommes tant bien que mal calculerions toujours ou très souvent nos comportements sur la base d'un savant rapport coût/profit. Le tout expliqué selon un modèle théorique qui requiert la prise en compte concomitante de nos croyances, désirs et actions.
Selon un principe voisin de la "résiduation", je devine la croyance d'un agent sur la base de ses désirs et des actions qu'il entreprend pour les satisfaire, etc, etc.
Je m'arrête là, de peur qu'un phénomène d'épilepsie se produise au-delà de mon écran et derrière le vôtre.

Pourquoi ce lourd introductif? Pour en venir à ce qui m'a conduit tout droit à la Fédération Nationale d'Achats, samedi soir: la nouvelle fraîche et rafraîchissante selon laquelle mon salaire se verrait augmenté, après une réévaluation de mon contrat considéré jusque là pour moitié de la solde. Un changement substantiel qui appelle à acheter la substance. On n'est peut-être pas seulement ce que l'on a, dixit Goldman en temps de verve turgescente; mais on devient aussi et surtout suivant ce que l'on possède, livres et albums tous confondus et au nom des bons services rendus par la culture de masse.
Un changement substantiel, déblaterais-je plus haut. Car on est peu de substance, selon le principe du "on" collectif qui dissimule un cas très personnel. J'ai donc craqué devant le stand des CD à prix cassés, quoique pas autant que je l'aurais souhaité puisque la réduction des 4 au prix de 20 euros n'était réservée qu'aux heureux possesseurs de la carte des amis à Essel et Théret. Merci tout de même au chantage commercial sous l'effet des piratages en ligne. Et tant pis pour les 8 euros perdus entre le stand et la caisse, donc ...
Partant de l'idée selon laquelle rien n'est mieux gagné qu'une journée remplie de cafés serrés, de pages bien remplies et de vibrations sonores, j'ai donc agi avec le désir de dépenser mon blé revu à la hausse pour de la musique bénie, en vertu de ma croyance selon laquelle une journée rythmée est une journée gagnée.

Au choix:

- les Buzzcocks ("Flat-Pack Philosophy", 2006)
Groupe estampillé punk de la génération Factory des années 70-80, ces Mancuniens sont revenus à l'assaut coloré et bien moins revendicateur que leur "big brother" de Strummer; avec des histoires simples faites de rencarts ratés, de beuveries entre potos ou de dilemme blondes-brunes. Pas d'autre prétention que de raconter leur quotidien et de m'y mettre l'essentiel de leur importance, ce qui me plaît. L'album lui-même: pas encore écouté en entier, mais l'ensemble partiel paraît assez british pour me séduire

- Kasabian (1er album: "Kasabian", 2004)
Depuis le temps que j'écoutais en boucle leurs morceaux via Radioblog (que je conseille au plus grand nombre si celui-ci ne connaît pas la chose; actuellement en travaux sur Google, mais une perle pour de futures rencontres musicales toujours inattendues), il me fallait posséder ce trésor de voix plaintives enveloppées dans des sons mi-rock mi-électros. Un régal, j'en redemande et ils redonneront sans faute

- Vitalic (1er album: "OK Cowboy", 2005)
De son vrai nom Pascal Arbez, son pseudo est inspiré du prénom russe Vitaly ou Vitali; car monsieur le Dijonnais a étudié et étudie le russe, comme d'autres ... j'ai découvert par je ne sais plus quel heureux hasard son très atmosphérique "Poney Part (Part 1)", ou peut-être lors d'une ballade en série au milieu des pistes de Radioblog. Un excellent instrument en ligne pour découvrir ou redécouvrir une pléthore de styles musicaux. Il y eut une vie avant la toile, mais oui ... vous accrocherez ou non aux instruments, aux rythmes et aux sons employés par le très créatif électronicien en chef. Moi oui, et du début à la presque fin du CD.
Pour rappel, voir les deux billets précédents made with Vitalic: "Ca rigole déjà moins: projet postdoctoral", et "Soyons marxistes (tendance Groucho): pour une réSolution permanente".
Mes préférés: Poney Part 1, pour sûr, mais aussi un "My Friend Dario" qui me rappelle à sa façon un petit quelque chose des Benny Benassi. La voix, avant tout. La cadence synthétique, peut-être aussi.

- The Killers (1er album: "Hot Fuss", 2005)
Une voix porteuse, un son de guitare, une basse charmeuse, une ambiance feutrée. Je laisse la parole et la place au premier morceau, qui en dit toujours plus que tous mes longs discours bourrés de subordonnées. Subordonnons, précisément et en l'honneur du "Jenny Was a Friend of Mine". Appréciez l'introduction de la guitare et l'enchaînement de la basse; du velours:

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A quoi servent les pépettes mensuelles, si ce n'est améliorer notre quotidien de suiveurs civilisés? Autant soigner le style dans le port de nos chaînes; en attendant la libération, quelle qu'elle soit et d'où qu'elle vienne.
Merci à tous ces messieurs (pas dames, pour l'occasion) de me l'offrir en interne, pour le moins. Et certainement pas pour le pire.

F&H

Ca ne s'invente pas ...

Posté le 19.02.2008 par schangels
Question: quel est ce sport de cons où un Secrétin (Jacques, de son prénom) joue sur des tables Cornilleau?
Réponse: le ping pong, le tennis de table, ou encore le ping pour les intimes qui kiffent leur vibe.
Petite dédicace à cette activité frustrante réservée aux non-cardiaques, dont je me délecte tant bien que mal quelques dimanches par mois et qui ont déjà entamé dix huit années synaptiques de ma vie.
L'occasion de placer un jeu de mots qui ne s'invente pas, et vous laisser entre les mains expertes d'un prodige de la petite balle en celluloïd (4,2g, pour qui s'y intéresse). Chut, le maître dispense (cacahuètes, pralines virevoltantes et amortis chirurgicaux en tous genres):

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'Simplement" monstrueux. Respect, davantage pour le jeu que ses joueurs du dimanche ...

Encore un peu pour la route? Sans problème. Concentré germanique de Boll, en passant par le Biélorusse Samsonov et le maître incontesté du moment, le Chinois et écoeurant de facilité Wanq Liqin:

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Ce qui me rappelle au souvenir de mes deux semaines chinoises d'août 2007, lorsque la chaîne officielle CCTV concluait son antenne par des hymnes patriotiques de régiments fièrement alignés devant des séries d'ogives nucléaires. Tous les soirs. Véridique. Preuve s'il en fallait que la Chine est loin, très loin des soucis d'Al Gore et de nos Grenelle(s) de l'environnement ... euh, vive le sport?!

F&H

Epiphénoménalisons, en force

Posté le 19.02.2008 par schangels
L'homme corruptible au temps et au reste s'élève rarement, sinon jamais à la hauteur du nouvel Homme majuscule qu'on lui promet. Lénine et, surtout, Guevara en savent quelque chose, à supposer qu'ils aient jamais cru à leurs propres effets d'annonce d'un Homo Nuovo bien terrestre, mais pour plus tard. Loin des folies collectives, certains ont proposé un repli sur soi, tel le stoïcien déçu par la décadence de sa Grèce vaincue et décidé à trouver les réponses dans son for intérieur. Mais l'Homme intérieur libéré selon Leary n'a pas échappé à la règle des promesses qui déchantent. Témoignage en pellicules, dans ce billet ...

Alain Robe-Grillet est mort, hier. Epiphénomène? Au choix, pour peu que je connaisse sur le style et le procédé de cette Nouvelle Littérature impersonnelle. L'exemple "Ouvrez" de Nathalie Sarraute m'a si peu parlé que je parlerai ici d'un autre épiphénomène, mais et aussi et surtout du concept pris pour lui-même lorsqu'on le prend au sérieux.
Tempête sous nos crânes par temps trop feutré pour en valoir la peine ...

Quiconque a vu ce dont je vais parler ici ne pourra plus jamais regarder un impotent psycho-moteur volontaire du même oeil. De ridicule en public, le drogué passe au rang un héros très privé lorsque la raison finale de sa déchéance sociale devient très, très explicable et ce pour des raisons bien plus transcendantes que l'immanent souci de réussir en société. Oublions les aphorismes pompeux qui fustigent la moindre apologie de la drogue ou, selon un contraire aussi réducteur, promettent une évasion d'un quotidien trop méchant pour être accepté pour de bon. Pourquoi ce billet, i.e. pour-quoi? Mise en bouche ...

Un Johnny fait bien d'en cacher un autre, lorsque le premier (Depp) accumule les perles déjantées et le second accumule les daubes faisandées (Halliday). Et tandis que le second se rapproche toujours plus et bien malgré plus d'une incarnation de Bozzo le Clown version Afflelou, le second s'est fait le disciple de l'apôtre version journalisme gonzo, à l'occasion d'un bijou spectral nommé "Las Vegas Parano" (Fear and Loathing, pour les puristes V.O.). Paris Première m'a fait le plaisir de rediffuser hier soir ce film que je cherchais à enregistrer depuis des lustres. C'est fait, c'est grand, et je n'ai pas fini de découvrir les moindres détails de recoins de ce film basé sur la narration ultra-subjective d'un junkee en fin de règle beatnik. Lorsque le champ de la perception prend des allures d'infinité horizontale, Monsieur Optic 2000 se la ferme bien gentiment et règle sa monture entre imposés sur le revenu aussi fortunés que peu inspirés. Contrairement à d'autres, la preuve dans ce qui suit ...

Plantons le décor: des traversées d'autoroutes désertes éveillées par des attaques de chauve-souris imaginaires; des pélerinages hôteliers sous l'emprise de mescaline et une transformation permanente de motifs tapissés en lierres rampantes; un Raoul Duke de principe, journaliste censé couvrir la campagne électorale de Nixon en 1972 et qui passe d'une course moto à une chambre d'hôtel dévastée sans jamais oublier sa prise de déliriums quotidiens. Porte-cigarette pour Raoul, chemises tropicales pour son ventripotent avocat et présumé polynésien Dr Gonzo ... le tout réalisé par un créateur on ne pouvait mieux adapté pour la cause que l'ex-Python Terry Gilliam (Brazil, L'Armée des 12 Singes, Les Aventures du Baron de Münchausen ... excusez du grand peu).
Peu importe l'intrigue de fortune et la "logique" de l'action, dont on se contrefout puisque l'extérieur n'est qu'un prétexte décoratif aux aventures mouvantes du très intériorisé Raoul. Une aventure homérique tendance fin des illusions collectives de l'après-guerre, où les promesses irénistes de paix mondialisée et de manifs anti-Vietnam sont vite supplantées en ces débuts de seventeens par un repli sur soi très cynique et presque hellénistique. En un mot: fermons le rideau des illusions collectives, mais gardons de Monterey les produits de circonstance et tirons du LSD le moyen de trouver un salut tout intérieur. A chacun son aventure iréniste, histoire de trouver non pas l'harmonie intérieure mais les réponses en soi-même. Une épopée très méritoire malgré ses allures de décadence pitoyable, pour le tout-venant externe peu informé sur la vraie motivation de la chose interne.
Le passage qui suit, loin des scènes à pisser de rire lors des montées d'acides et de leurs effets paralysants sur le jeu psycho-moteur, résume à lui seul et avec quelle éloquence la douloureuse transition d'une décade à une autre et d'une promesse spirituelle à des désillusions très physiquement senties:

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Peut-on mieux se découvrir par le biais des illusions perceptibles, alors que la réalité du
sain d'esprit nous berce déjà de tromperies sur notre environnement quotidien? Il faudra lire et méditer plus sur le principe du gonzo journalism, avant d'en dire trop ou d'en tirer des conclusions trop hâtives. Sans oublier le travail psycho-analytique de l'apôtre numéro un du LSD en son temps, le susmentionné Timothy Leary et son fameux slogan: "Turn on, tune in, drop out" (= viens, mets-toi dans le coup, décroche). A supposer que l'individu soit assez solide pour décrocher à plein et tirer profit de cette Ligue de la Découverte Spirituelle. Ce que Thompson a contesté, dans l'extrait du film ci-dessus.
Tiré du roman éponyme (V.O. speaking) de Hunter Stockton Thompson, je vois dans cette oeuvre l'intérêt de montrer l'environnement d'un gaillard tel que lui-même le conçoit et le déforme au gré de ses montées acidifiées. Une idée très voisine des interprétations schizophrènes de David Lynch, au sens où Lost Highway aurait ceci de commun avec LVP que le spectateur doit apprendre à oublier l'image 3D euclidienne pour deviner l'imagerie n-D propre à Raoul.
L'auteur a assumé ses déboires (c'est le Mot, majuscule) de journaliste en quête de sens multiples, jusqu'à subir les calins de quelques tendres des Hell's Angels; rapport à de sinistres mais réglementaires droits d'auteurs suite à son ouvrage complice de 1966 (Hell's Angels: A Strange and Terrible Saga). Au point de finir l'aventure intérieure à son propre compte et de se faire sauter définitvement le caisson en 2005. Fin d'une histoire qui en vaut tant d'autres, moins créatrices mais plus longues sur le calendrier.
Peut-on remplir toutefois ce billet sans en retenir quelques images délirantes à mouiller le devant du pantalon? Non! Dont acte, où Gonzo passe en revue les réjouissances à venir de Raoul après une prise excessive d'adrénochrome puis d'épiphyse:

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Rien de moins dans ce film qu'une expérience intime sur la perception et le déréglement des sens sous emprise des drogues. L'initiative n'a pas attendu Thompson pour être entreprise, cela doit aller sans le dire: Baudelaire avait parlé de Vin et de Haschich, à son époque très mouvementée baignant entre conservatisme monarchique et libéralisme républicain; j'insisterai plus encore sur l'expérience de Ernst Jünger dans son Approches, drogues et ivresses, où l'écrivain et philosophe aussi peu enferré dans ses certitudes que deferré par ses congénères bas du front a tenté de décrire ses expériences intérieures sous de nombreuses substances absorbées: thé, vin, bière, puis haschich, opium, cocaïne ... qui veut juger du monde et de sa prétendue réalité ne peut se priver d'un travail sur lui-même, au risque de choquer ou, bien mieux, de casser les images toutes faites concernant les auteurs et leurs bords politiques. C'est que Jünger n'en avait pas de tout fait et savait bien dépasser le stade du qu'en dira-t-on des sérails. Mais voilà que je m'égare dans d'autres considérations qui, elles, mériteront leur billet futur et sans mescaline aucune. L'aventure intérieure demande une dose de courage pour quiconque mesure les conséquences du voyage: le LSD ou l'éther ne sont pas sans effet sur le budget vital de leurs amateurs; mais Thompson en a pris le risque comme beaucoup d'autres de son époque, à la différence près qu'il a fait de l'expérience un champ d'expérimentation littéraire et un prétexte au concubinage entre sens publics et représentations privées. Gottlob est de retour ici, quitte à ce que Thompson dénie sa distinction analytique entre ce que nous disons et ce que nous ressentons. La littérature du gonzo fut-elle capable de surmonter l'obstacle des sens et de verbaliser ces impressions très intimes? A vous de le dire et d'en lire, Thompson inclus et Jünger non exclu.

Et ce n'est pas fini: prochaine sortie d'une autre adaptation de Thompson sur grand écran, une fois encore avec Depp et del Toro pour acteurs principaux. Le titre: The Rum Diary, autre application du "gonzo journalism" où le personnage part couvrir un reportage écrit dans le Porto Rico des années 50. Entre crise nationaliste, castrisme ambiant et déperditions alcooliques sous l'effet de cannes à sucre trop frappées trop souvent ... tiré du premier roman de Thompson, voilà une histoire que je risque pas de rater à sa prochaine sortie.
Et dire que l'on se gargarise toujours et encore sur des dérives présidentielles et des affaires de petites nouilles à Neuilly, ici (bien) bas et jusque dans les blogs trop actualistes pour sentir le Vrai. Comme s'il n'y avait rien de mieux à faire, à dire ou goûter tout près d'ici, à deux pas de chez nous tous ... épiphénomènes, dérisoires lorsqu'ils sont publics et délirants lorsqu'ils sont privés ... Merci encore pour cette tranche d'amoralités qui nous rappellent au souvenir d'une question passionnante, angoissante et stimulante: pour-quoi sommes-nous là? Il y a des réponses qui se construisent à renfort de produits évanescents et d'évasions mentales, quitte à choquer le tout-venant et ennuyer le voisin. De Jünger à Thompson, le thème a fait son chemin tortueux et me fait dire quela nature humaine est bien faite: car il y aura toujours des esprits suffisamment fous pour forcer les limites du concevable et d'autres, suffisamment conservateurs pour s'en plaindre et financer par là-même la machine pharmaceutique à coups d'impositions et de cotisations sur leur propre travail. La vie est bien faite: certains jouissent de ce que les autres endurent. Dont on sortira grandis pour autant que les fêtards s'interrogent un tant soit peu sur les raisons et finalités de leurs propres orgies existentielles. Ce que fit Thompson et la new wage generation; ce que Jünger le très original, à sa façon d'ancien combattant national-bolchévique trop curieux pour se cantonner dans des tiroirs d'où l'on a voulu l'y maintenir. Si pratique, pour maintenir un consensus atalantiste très établi autour de vainqueurs qui écrivent l'Histoire avec leurs propres plumes. Mais je m'égare, ici ... n'est-ce pas le propre du gonzo journalism, cela dit ... viendra le jour où je produirai sous mescaline à l'arôme de Bailey's ...
Il y a des épiphénomènes qui gagnent à être connus, d'autres à être oubliés. De mescalinus non disputandem et gustibem, ou quelque chose dans le genre. Ce qui sera déjà beaucoup fait, pour qui saura en conter les effets par la suite. Lorsque l'aventure intérieure prend des saveurs chimiques qui font de nouveau honneur à Johnny, premier du nom.

F&H

Kommen Sie in Frieden!

Posté le 17.02.2008 par schangels
Par cette belle journée dominicale pleine de bleu dans le ciel, d'oisillons béquetant les boules de graisse après une disette glaçante et de familles vététisées, le casque de tortue ninja customisé et vissé sur la tetê, je ne peux que vous souhaiter la paix intérieure et l'harmonie non-préétablie parmi les vôtres ...
... c'est que les dernières heures de ce blog ont été chaudes, voire cramoisies en termes de réponses et contre-réponses proches de l'incendie cérébral, bon gré et surtout mal gré. Pacifions les débats, je vous prie, quittons les qu'en dira-t-on terre-à-terre et la recherche très intéressée d'humiliation verbale à distance. Le jour du Saigneur n'est-il pas tout indiqué pour ce fer? Alors ja, je vous le dis avec la sincérité la plus haute de mon mètre 78 dont l'équilibre dépend avant tout et surtout de la solidité du sol: aimons-nous dans le mouvement, l'action et la dynamique des fluides vidés de leurs substances moralines trop lourdes à porter pour vivre en bon voisinage, i.e. décomplexé.
Quittons le terre-à-terre pour mon terre-à-ciel, à défaut de faire mieux et par temps de ciel bleu (bis). Dédicace à toutes celles et ceux qui, comme moi, se retrouveront dans ces images baignant de soleil rouge et de saine folie faussement meurtrière. Le manga, ou l'art d'exhiber ses pulsions refoulées le temps d'un cartoon clownesque. Ein bisschen Frieden (= un peu de paix) ne fera de mal à personne, encore moins lorsqu'elle nous berce de riffs aux airs confondants de rafales à toute berzingue. Vorwärts, Rammstein:

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Le principe du carnaval s'étiole et, d'un règlement de compte annuel entre dominants et dominés, se transforme en tristounette Fest à Opa digne des iodleries bavaroises pour retraités trop tranquillement conservés dans la bière ignifugeante; les moeurs s'indiffèrent, les actes perdent de leur sens (à l'Innosense les mains pleines, certes, mais de quoi) ... pourquoi donc se priver pour compenser l'ennui et, pire, pactiser en sous-main avec les méchants écriveurs pleins de fiel à retordre?
Luttons avec les Rammeurs de Stein, pour un Welt plus pétaradant de balles à blanc et désopilant de billets francs.
En bref: bon dimanche, jungs!!!

F&H

Jour de fête?!

Posté le 14.02.2008 par schangels
Le 14 février est effectivement jour de fête: la fête pour l'une, si l'autre ne l'oublie pas; une sacrée fête pour l'autre, si par malheur il l'oublie ou, pire, la dénie. Je m'explique, même si vous avez déjà compris l'essentiel de la suite.
J'ai déjà écrit plus tôt sur le sujet: cf. mon billet "Aimez-vous les uns (dans) les autres" ... mais je ne peux m'empêcher de consacrer un billet en ce jour de Saint Valentin. Pas tant pour consacrer mon temps à l'amour qu'à ce que l'on peut en faire en termes de fleuristeries et d'intentions altruistes.
Quel individu mâle peut décemment ne pas inviter ce soir sa dulcinée à un restaurant dont l'entrée ne descendra pas au dessous de la vingtaine d'euros? Car il s'agit bien d'euros et plutôt deux fois qu'une, lorsque le calin se paie une fois par an au prix fort et pour des raisons mixtes: fête des fleuristes, fête des bijoutiers, fête des serveurs (en termes de pourliches). Quel mal à cela? "Détournement commercial d'un principe sacré", diront les pisse-vinaigres et autres radins moralistes. Non pas qu'ils aient tout à fait tort, mais il y a certaines vérités qu'il vaut mieux glisser discrètement sous le tapis et c'est précisément là que je veux arriver: la signification non-littérale d'un grand nombre de nos actes de discours, parmi lesquels ceux proférés en période valentinoise.

Qui peut sereinement dire ce soir "pas de restaurant, chéri, ce n'est qu'une fête commerciale et notre amour ne peut être rabaissé à cette mascarade" sans être condamné à une semaine minimale de bouderie de la part de sa conjointe qui n'en pensera pas moins? C'est que des intentions sont souvent (euphémisme de bon aloi, ici) prêtées aux locuteurs derrière leurs discours, et pas parmi les meilleures: quiconque profère ce genre de morale anti-commerciale ne peut pas être disculpé de radinerie. Et pour cause: une même action peut être produite à partir d'intentions différentes et pour plusieurs raisons. Je n'entrerai pas dans ces subtiles distinctions analytiques entre action, raison et intention, et me contenterai de remarquer que l'intention de ne pas aller au restaurant ce soir n'est pas logiquement incompatible avec la raison de garder tous ses sousous dans la popoche.
Or, et je finirai par ceci, la femme attend de son homme qu'aucun de ses actions valentinoises ne soit logiquement compatible avec quelque mauvaise raison parmi lesquelles elle trouvera la radinerie, voire le désamour ...
En somme: les fleuristes ont tout à gagner ce soir, sans oublier les bijoutiers, parce que les raisons d'une saint Valentin, aussi douteuses soient-elles quant à leur pureté, condamnent le mâle à les accepter pour faire montre de bonnes intentions. Un acte sacrificiel, somme toute. Autrement dit, l'homme est obligé ce soir et de collaborer à cette parade commerciale pour montrer ses bonnes intentions envers sa dulcinée, et quiconque refuse de participer à cet attrape-nigaud annuel ne pourra pas nier de mauvaises intentions. Saint Valentin, Toussaint et Noël: même combat dont on ne peut se dispenser sans être deux fois plus suspect, et à raison. Le coq peut toujours prétendre le contraire, en vain: le sacrifice du porte-feuille au nom de l'amour plus fort que toutes les fins de mois difficiles aura raison (bonne ou mauvaise) de lui, qu'il le veuille ou non.

La rose aura beau sentir le billet de banque, ce soir, elle sera présente partout et au nom d'un rituel qui vaut toujours mieux somme toute que l'obligation de se couper un doigt par an au nom de sa mie ... Les roses seront souvent de pierre, ce soir, et c'est tant mieux: l'occasion pour moi de placer enfin un de mes morceaux préférés des Stone Roses, "Driving South" (je préfère la version non-live; mais autant choisir un clip animé plutôt que son contraire). Action!

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Il y a des choses qu'on pense, souvent à raison, mais qu'il vaut mieux ne pas dire afin de ne pas éveiller de mauvais soupçons. Nous voilà sortis grandis de cet exemple d'attribution d'intentions douteuses en terrain illocutoire, rapport au jeu des significations non-littérales dans nos actes de discours quotidiens. Amoureux ou pas, gare à vos mots ...


F&H

Compliqué? La preuve

Posté le 10.02.2008 par schangels
Puisque la foule en délire demande des détails sur le contenu de mon périple tout frais de Paname, je vais m'essayer à un résumé plus ou moins condensé des interventions de vendredi après-midi.

Le décor: l'Université Paris-Diderot, Paris 7 pour les intimes, par un temps bien ensoleillé et sec comme j'aime le sentir dans ma bonne Lorraine et ... mais je m'égare et la militante dissidente ne va pas aimer. Allons au fait, donc.

Première conférence: Dag Prawitz, de l'Université de Stockholm. Intitulé du sujet: "The validity of inference". Problème posé: comment garantir qu'une inférence est valide, c'est-à-dire qu'elle est menée correctement depuis sa ou ses prémisses jusqu'à sa conclusion et préserve la vérité de l'un à l'autre? Précision: Prawitz appartient à l'école de Stockholm ou suédoise, de tendance intuitionniste ou plutôt constructive et dont les réquisits pour décrire le processus d'une preuve sont plus contraignants que ceux des logiciens ou mathématiciens que l'on appelle "classiques".
Avant que tout le monde ne tombe dans le ravin de mes explications, je précise que le classique est à l'intuitionniste ce que le classicisme est à l'expressionnisme dans les beaux-arts. Ou à peu de choses près: les premiers recherchent la simplicité, l'harmonie et l'efficacité dans la conduite des travaux, tandis que les seconds veulent que la structure d'ensemble prenne en compte les conditions de travail de l'architecte, que celui-ci soit affairé à la construction d'une preuve ou d'un bâtiment.
"Et la vérité, dans tout ça?", me direz-vous naïvement et, donc, à juste titre? Prawitz ne conteste pas la validité de certaines inférences classiques, il admet à dire (vrai) la grande majorité d'entre elles. Alors pourquoi venir à Paris tailler le bout de gras sur des pécadilles ... c'est que la notion de vérité en jeu dépend plus ou moins du sujet constructeur, chez les partisans dont Prawitz est un membre attitré.
... prenons une inférence et sa forme générale, de type: A, donc B. Pour économiser le temps, l'encre ou les touches du clavier, on réduit ceci symboliquement sous la forme: A |- B, ou le "|-" s'appelle "turnstile" (ou "tourniquet") et représente la transformation d'une formule de départ en une formule d'arrivée qui est sa conclusion. Or classiques et intuitionnistes ne s'entendent pas tout à fait sur l'ensemble des valeurs de B partant de A. Exemples hyper-connu dans le milieu et sans cesse rebattus depuis le mathématicien pionnier de l'intuitionnisme, Luitzen Egbertus Jan Brouwer: le principe du tiers exclu, la réduction par l'absurde qui en découle, puis d'autres discussions fondamentales sur le rôle de l'axiome du choix dans le calcul des preuves dans un contexte d'informations de longueur indéfinie voire infinie. On en revient à Aristote et sa discussion centrale sur la nature de l'infini (réel? potentiel?) ...
... question de Prawitz: que doit-il se passer lorsque l'on passe de A à B, afin que la transformation lors de l'inférence soit considérée comme valable? Précision: l'inférence est l'ensemble de l'opération effectuée par celui qui prouve que B résulte de A, ou que de A il s'ensuit B. Retour à la case Lewis Carroll et son Paradoxe de la Tortue. Je parle bien ici du Carroll d'Alice au Pays des Merveilles car, pour ceux qui ne le savent pas, Charles Dodgson de son vrai nom était passionné de mathématiques et de logique. L'intéressé écrivit dans la revue "Mind" ce très fameux paradoxe dans lequel la tortue demande au lapin ce qui permet d'obtenir la conclusion dans un Modus Ponens. Référence: "What the Tortoise Said to Achilles, Mind 4, n°14 (April 1895), pp. 278-280. Désolé pour les barbarismes de circonstances ... Modus Ponens = si j'ai A, alors j'ai B; or j'ai A; donc j'ai B. Opération si simple qu'on se demande presque pour quelle raison la discuter. La tortue insiste: comment parviens-je de A à B, ici? Le lapin: si tu as A, et si tu sais que de A tu peux déduire B, alors tu sais que tu as B. La tortue: certes; mais comment sais-tu lorsque de A tu peux déduire B. Le lapin, légèrement gonflé par l'animal à carapace persistante: si tu sais que de A tu peux déduire B, alors si tu sais que tu as A et que de A tu peux déduire B, alors ... total: régression à l'infini, c'est-à-dire une chaîne sans fin d'étapes intermédiaires pour passer du simple A au simple B. Symboliquement, l'ensemble de la procédure apparemment si simple donne à peu près ceci:


A
--- (Inférence niveau 1)
B

A, A|-B (Inférence niveau 2)
----------
B

A, A|-B, (A,(A|-B))|- B (Inférence niveau 3)
--------------------------
B

............ ...............

A, A ... (A|-B)n (Inférence niveau n)
------------------
B


Pour des précisions sur Carroll et sa discussion sur l'inférence distincte du conditionnel, voir l'ami philosophard Amirouche Moktefi puisque celui-ci est devenu un spécialiste de l'oeuvre logique de Lewis Carroll (cf. billet précédent parmi mes "Coup de pub").

Conscient de la difficulté, Prawitz prétend qu'une reconstruction ou, plutôt, une reformulation symbolique du processus de la preuve doit être effectuée afin d'expliquer dans les détails les conditions dans lesquelles le passage de A à B est effectivement garanti. On obtient une logique dans laquelle le sujet qui opère a sa place au sein du symbolisme, contrairement à la logique classique ou non-constructive dans laquelle la construction ne se montre pas elle-même dans le symbolisme.
Clair? Un sujet assez subtil, qui demande plus de finesse et d'esprit que dans ce billet (désolé) et dont la problématique a été nettement traitée dans le Tractatus Logico-Philosophicus de Wittgenstein. Pour celui-ci: certaines choses se montrent et ne se disent pas, parmi nos opérations permanentes de la pensée. Traduction: impossible pour lui de décrire ce qui se passe lors d'une opération déductive, preuve ou inférence. La chose se fait, et c'est la reproduction inlassable de la même dérivation qui donne à l'ensemble de l'inférence sa certitude et sa garantie.
Transition intéressante puisque c'est de la certitude de ce qui rend une inférence vraie que le second conférencier a parlé après Prawitz. Mon big boss du moment, sur lequel je revendrai avec son accord très tacite.

Mais revenons et terminons avec Prawitz: le Suédois propose donc une autre symbolisation, un autre langage logique plus fourni afin de "montrer" les étapes de construction d'une preuve. Une relation R de forme R(P,I) s'effectue entre une personne P qui prouve et une inférence I à prouver; plus précisément, l'inférence réalisée par P consiste à effectuer une opération "Phi" (pas de lettre grecque dispo ici, on fera avec les abréviations) qui fait passer d'une première étape de la preuve G1 à une n-ième étape Gn: l'opération d'une inférence correspond donc au schéma général de forme Phi(G1,Gn), et le rôle du constructiviste est de mettre à jour toutes les caractéristiques qui, dans cette opération, garantissent la validité de l'ensemble. Ne rien laisser au hasard et entrer dans les détails, donc. Complications supposées nécessaires pour expliquer la véritable nature d'une connaissance mathématique, à l'opposé des classiques plus soucieux de simplicité dans les formes. Dans les beaux-arts comme dans les preuves formelles, s'entend.

Pour conclure, Prawitz propose un ensemble de règles de déduction naturelle, c'est-à-dire des symbolismes formels dans lesquels une preuve est détaillée sous ses multiples facettes, selon le A de départ et le B attendu à l'arrivée. D'autres scandinaves le suivent sur cette voie, parmi lesquels Per Martin-Löf et Göran Sundholm.
Ma question, avant de retourner dans mes bulles internes: qu'apprend-on réellement de plus lorsque l'on passe par la méthode constructiviste, et a-t-on besoin de ces détails supplémentaires pour saisir l'essentiel d'une preuve logique ou mathématique (la différence m'échappe encore et toujours dans ses détails)? Les constructivistes proposent d'autres manières de définir le passage de A à (AouB), le passage de (AetB) à A ... mais y gagne-t-on réellement en compréhension du processus de preuve? C'est là que le bât blesse, selon que l'on répond oui ou non à cette question méthodologique. En gros: pourquoi se fouler et compliquer la tâche si seul le résultat compte, c'est-à-dire le passage d'un point à un autre quel que soit le chemin emprunté?
C'est un problème qu'on dira "philosophique": est-il plus important de connaître le chemin menant de A à B, ou d'arpenter ce chemin par soi-même et dans des conditions qu'il faut prendre en compte afin de comprendre B? Morphéus, quand tu nous tiens, le ciné n'est plus très loin des spéculos ... mieux: le choix dans le chemin traversé pour aller de A à B peut-il modifier la nature de B? On aurait tendance à dire que non, puisqu'il très possible d'arriver à un même endroit par deux chemins distincts. Mais l'analogie a des vertus limitées: peut-on comparer des lieux spatio-temporels A et B à des arguments de preuve?

Je m'arrête là, insuffisamment instruit que je suis sur les travaux de Prawitz mais suffisamment intéressé pour avoir troué la tête de la militante dissidente à ce stade du billet. Du moins le crois-je. J'ai mes propres réticences face à l'approche constructiviste, concernant l'intérêt véritable de ces complications symboliques ou le rôle épistémologique qu'il prétend tenir pour ce qui est de mieux expliquer la nature d'une preuve en termes d'inférence (une preuve faite par quelqu'un sans qui preuve il n'y a pas). Mais il y a réticence et résistance, et sans doute ma résistance n'est-elle rien de plus que ce que Bachelard appelait un "obstacle épistémologique": une incapacité à comprendre la façon dont un autre fonctionne dans son raisonnement en raison de présupposés divergents et inaperçus. J'ai tenté de les mettre à jour dans une section de ma thèse, mais j'y reviens en vitesse plus bas.
Frege a dit que ce n'est pas le promeneur qui fait le chemin, car celui-ci existerait encore et déjà si le promeneur était resté chez lui boire une bière et mater Téléfoot. C'est ce qu'il a voulu faire comprendre à peu de choses près. C'est là une intuition profondément enracinée en nous mais que tout un courant réduit à un jeu de tiroirs rejetter sous l'appellation d'antiréalisme: l'idée selon laquelle la réalité est dépendante de ceux qui l'appréhendent sous quelque manière que ce soit (l'observation pour les preuves informelles de la vérité d'un fait, la démonstration pour le versant formel de cette vérité).
Je n'ai rien à redire contre ce fossé réalisme vs. antiréalisme; j'ai eu plus à dire dans la seconde partie de ma thèse, concernant les moyens proposés par les constructivites afin de donner une meilleure explication de la preuve: qu'est-ce que ce "Phi" dont on a parlé tout à l'heure, sinon un autre symbole que l'opérateur K de Hintikka mais dont les effets seraient les mêmes? Je m'explique: K signifie "je sais", donc le rôle essentiel de l'agent dans la conduite de la preuve dépend d'un agent dont la présence était manifesté dans la logique épistémique de Hintikka, autre scandinave (mais finlandais et non constructiviste, pour sa part). Peut-on remplacer Phi par K, et même le tourniquet "|-" par ce même K? Dans ce cas, quelle différence substantielle entre le formalisme des constructivistes et la logique modale, cette extension de la logique classique dans laquelle sont introduits de nouveaux opérateurs? Je ne saisis pas bien la fécondité et l'apport essentiel du formalisme constructiviste, face à la logique modale et ses constructions de type Kripke plus simples ... affaire à suivre, et pour plusieurs années parce que le sujet est si profond qu'il vaut la peine de prendre le casque de spéléo et s'engouffrer dans ces problèmes vite complexifiés. J'en connais d'autres qui parlent de faisabilité ou de limitations des ressources déductives pour décrire le champ des preuves garanties ou pas. Mais ces partisans de l'affaiblissement des logiques en vue de leur meilleure explication étaient absents pour des raisons de principe, ou plutôt de concurrence universitaire. Pas convaincu du rôle explicatif des logiques substructurelles dans la description de la preuve et des procédures déductives, mais c'est une autre histoire trop longue pour être revue en détail ici.

Passons aux souvenirs plus personnels d'une fin de rédaction de thèse, au cours desquels j'achevai la journée stressante par des tours de Pépinière (parc nancéien) et m'endormai comme une masse essoufflée plein de Korn à l'oreille. Des bons moments de stress et d'incertitude enrobés par de gros riffs salvateurs et purificateurs. Car le métal me sert de catharsis par temps de pensées brumeuses. Pour la bonne peine, voici le morceau que j'écoutai en boucle afin de poursuivre mes pseudo-méditations modales et constructivistes mêleées. "Twisted Transistor", dont le clip sans intérêt m'a donné une raison valable de préférer une autre adaptation:

Image ou texte alternatif



Première piste d'un album qui, nouvelle coïncidence du genre, p
ortait comme titre "See You on the Other Side" et faisait référence au miroir à deux faces d'Alice au pays des merveilles. Comme quoi la tortue de Lewis Carroll et son Alice ont fait équipe bon grè mal gré durant ma fin de rédaction universitaire. Hasard? Avouez qu'il se passe des choses bizarres par ici.
Prochain billet possible: sur la controverse méthodologique entre Dedekind et Kronecker concernant la conduite d'une preuve. Même combat mais en termes différents et sur des thèmes plus mathématiques. J'hésite à m'aventurer sur ce terrain qui m'est très mal connu. Mais la dissidente niçoise en jugera ... heureuse?!!!


F&H

Voir Paris et rentrer

Posté le 08.02.2008 par schangels
Quelques futilités déposées ce matin, alors que je bulle encore dans la chambre surchauffée d'un hôtel de bon ton près de la gare de l'Est. De passage dans la capitale pour deux conférences majeures après une petite mineure, hier matin, des amis qui se reconnaîtront m'ont fait le plaisir de visiter quelques coins et recoins parisiens dont je n'aurais pas pu soupçonner l'existence, sinon par hypothèse charitable.

Après une conférence très moyenne, donc ("qu'est-ce que la logique? une théorie des inférences nécessaires. Quel est le sens de "nécessaire"? Eh bien voilà une question ma foi bien intéressante qui, par ailleurs, me conduit à ... bla-bla, et j'en passe des pas meilleures), j'ai vu Paris d'un angle bien plus intéressant que celui auxquels sont condamnés les touristes estudiantins pressés par le temps, à savoir bouches de métros qui sentent la pisse et boulevards hausmanniens dont on ne voit pas la fin des murs grisâtres colossaux. Souvenir colossal d'un préfet dont les lignes droites servaient de plus court chemin pour mater les séditieux et les empêcher de se cacher parmi les ruelles étroites du vieux Paris disparu ... ou presque, puisque j'en ai eu un bref mais bon aperçu hier après-midi.
Dans l'ordre: passage devant le Panthéon et ses grands hommes tous secs de l'intérieur; diversion dans des rues presque villageoises en direction de Montmartre: la Butte-aux-Cailles et son église de style romano-byzantin (après consultation), puis une ascension des fameuses marches du mont des martyrs (= Montmartre) pour une vue sublime du Paris nocturne. A ma gauche: un petit concert semi-improvisé à la guitare folk, sur des airs de Jim Morrison et des marches qui conduisent au Sacré Coeur; à ma droite: une Tour Eiffel illuminée de ses petites perles blanches clignotantes ... lorsque les lumières du soir s'imposent et font oublier les odeurs de la journée.
Tout ceci pour attendre cet après-midi deux conférences de deux conférenciers de haute facture sur des thèmes philosophico-mathématiques de haut vol. La recherche a du bon lorsqu'elle fait voir du pays, c'est bien le moins que je puisse dire.

Paris-Village(s) vaut bien un Metz, je n'en disconviens pas plus que tous ceux pour qui la question ne se pose même pas. En attendant un passage de principe sur Paris 7 et ses murs grisâtres, ses boulevards interminables et ses bouches de métro qui puent ... Voir Paris, et rentrer sur Nancy dans la soirée, avant un petit pélerinage de circonstance demin matin sur ma belle petite Messine, en compagnie de deux amis polonais toujours émerveillés devant le spectacle de la Cathédrale Saint-Etienne et sa place d'Armes. Rien de romano-byzantin, là-haut; rien que du très gothique, d'autant plus depuis que le portail monstrueusement néo-classique de Blondel a été heureusement remplacé par une architecture néo-gothique bien plus conforme à l'ensemble après l'annexion du conflit franco-prussien.
Comme quoi Paris est toujours l'occasion d'en revenir et de se replonger dans les particularités de son propre secteur. Merci aux deux amis couplés pour leur visite du coin de la capitale, qui se reconnaîtront puisque l'argument masculin de ladite paire vient souvent sur ce blog afin d'augmenter le nombre des visiteurs. En attendant leur visite de l'ancienne capitale austrasienne, terminons par une scène de circonstance, parisienne:

Image ou texte alternatif



Fin de ma traversée parisienne en fin de journée. Retour à la case Lorraine et son style bien moins romano-byzantin. Comme quoi il aura été possible de placer ce mot composé trois fois dans un seul billet. N'est pas inspiré qui veut quand il veut, surtout dans une chambre d'hôtel surchauffée en pleine période de bullage interne.


F&H

Supercalifragilistique

Posté le 06.02.2008 par schangels
On aura beau tous finir dans le même trou ontologique; on peut bien faire montre de bonne volonté et dissimuler de bonnes intentions derrière des productions lamentables ... il reste que certaines choses énervent toujours assez pour en faire perdre le sang-froid et le sens de la mesure. Faisons avec.

Rien de tel qu'une bonne mauvaise humeur pour sortir de la torpeur. Je n'aurai donc tenu ma main gauche en jachère qu'une petite journée silencieuse; la "faute" à cet autre Triboulet des Temps Modernes, côté rive gauche.
Pipi au lit ai-je failli faire hier matin ... non pas de peur ou d'excitation, mais de rire. Cali, ou la tête de saule pleureur au service d'une émotion d'écorchés du cortex: quand ''étreinte'' fait bien de rimer avec ''étron'' par le début. Le gentil militant des forces vives chante à la résistance dans son dernier chapelet de fonds de commerce et appelle à la révolte contre le parvenu présidentialisé. ''Ô le méchant président'', qui vend des centrales aux anciens mauvais élèves de la classe mondiale. Une première? Nain de nain, trop cultivé pour comprendre le sens de ''Rainbow Warrior'' et trop fin pour flairer le mot compte triple avec ''francisque''. Mieux vaut faire en sous-main que sous les yeux de toute la presse? Faire en catimini comme on passe les grosses commissions, à l'abri des regards indiscrets? Jolie morale de la mauvaise action en sourdine, moins mauvaise lorsqu'elle est dissimulée!
Comparaison non avenue entre l'ancien de Jarnac et le nouveau de Neuilly, suis-je bête: le gentil blogosphéreux a renié comme tant d'autres de son camp de laiteux concentrés la mémoire du Vieux, victime d'un de ces coups de Jarnac post-mortem: celui d'être dépossédé de son génie machiavélique pour céder la place à une gentille musiquette rosâtre. "Aimez-vous les uns les autres", nom d'un petit bonhomme aux cheveux gras travaillés. Et ta soeur, qui bat le beur pour mieux en tirer la crème par temps d'élections.
Cali pleure l'état de la France et plaint les générations futures. Tant mieux pour son producteur et son impresario. Tant pis pour le reste, dont je suis. Il y en a qui font voter les morts; Cali la pleurniche innove et fait voter les foetus. Respect à ce dernier rempart de la civilisation qui se respecte d'autant plus qu'il prend son nombril pour l'humanité. A quand un bouclier humain de la rue Solférino aux Champs Elysées? Dieu que l'on rigole jaunâtre en terre hexagonale.
Message à l'excité dégoulinant d'amour veau et de tendresse collante au point de laisser des traces sur les robes blanches de sa sainte nitouche pleine de fausse virginité: résiste celui qui subit une pression sur sa personne ou dont on attente à la vie, pour incompatibilité d'opinions ou d'humeurs. Ce qui revient souvent au même, et d'autant plus chez toi -permets-moi le tutoiement, t'es si sympa, voire cool- où le sentiment déborde à ce point que la joie incarne dans tes concerts de saltimbanques proprets ce que l'incontinence est au petit vieux de la maison de retraite des Lilas. Tes épanchements de souci de l'autre m'énervent à un point que j'en viendrais presque à plaider pour une misanthropie de salut public. De la contradiction naît la résistance, précisément, s'il s'agit de penser autrement et de ne pas enfoncer les portes ouvertes. On ne peut pas aimer tout le monde et tout le monde ne plaît pas à son voisin ... tu aimerais que le contraire soit vrai et je serais prêt à te démontrer qu'il n'y a rien de moins vrai.
Anti-performatif: plus on dit qu'on aime et moins on aime ... je le répète après un billet précédent (cf. Problème philosophique n°4). Rien de plus méprisable que ces débordements d'amour aussi mal maîtrisés que le caca par un sphincter usé.
Non pas que je cultive un faible pour les Rollex au poignet, les yachts à Bolloré et les gémissements de pin-up reconvertie un temps à la guitare sèche. C'est plutôt qu'à choisir entre le méchant décomplexé et le gentil complexant, mon choix porte sur la peste plutôt que le choléra. Le méchant ne donne pas de leçons ingrates, lui, qui profite de ce qu'il prend et n'a pas honte de ce qu'il donne faute d'avoir à donner.
Garde donc tes leçons de savoir-vivre pour tes groupies intermittentes, pleure sur ta voisine qui ne veut pas de toi et lâche la prise du politique si convenu qu'il parle à mon cul en raison d'une tête trop malade. Foutu lever matinal sur une nouvelle aussi consternante qu'insignifiante.
Voilà que mon fiel a fini son travail d'interaction réciproque. Je peux donc oublier les rots du gentil troubadour participatif et m'en retourner vers des souvenirs sonores bien plus salutaires. Passage du rose au rouge, de la gauche à l'extrême-gauche ...
... Les Thugs: non pas que j'apprécie beaucoup plus le gauchisme moralin; mais l'énergie était là, dans les mains brûlantes de ce groupe angevin tristement splitté. De bien bonnes mains surchauffées, de préférence à une gueule d'ange enfariné. Peu importe d'où le vent vient, tant qu'il sait rafraîchir la nuque. Le son plus que les paroles, l'impression plus que le sens souvent bien décevant et dont on se passe d'autant plus lorsqu'il éructe d'une face de cucul la praline.

Je conclurai en rappelant au souvenir pas trop ancien de mon billet sur le socialisme à quarante ans; dédicace au Cali quadra(dé)génaire. Je rappellerai aussi que la Jeanne d'Arc pleine de bravitude ne fait pas encore la pluie et le beau temps au pays de la rose et que d'autres cadres savent mettre de l'eau bien plus subtile dans une piquette de rigueur pour militants de base: je reconnais autrement plus de mérite aux Védrine et Moscovici qu'à l'illuminée du Poitou.
Finissons cette pantalonnade par une bonne note finale des Thugs: ''Allez les Filles'':

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Bien d'accord sur le mot d'ordre, même s'il a de quoi sentir le convenu en période de parité de principe; dédicace à mes deux muses numériques de Nice et de Montréal, que je remercie pour leurs interventions qui pétaradantes qui cogitantes. Merci pour ta colle d'hier, Geneviève; pas encore trouvé la suite logique du videur, mais je ne dirai pas plus mon dernier mot ici que pour la logique directionnelle de Rogowski. Suis mon regard!
''C'est quand le bonheur?'' Et ta soeur, bis ... J'ai bien une idée sur la réponse, mais on la devine assez pour qu'elle se passe d'être dite. Réponse qui rêve tout bas de certains voeux de silence par matins de réveil difficile. La faute au paillasson larmoyant. Peut-on demander à une paillasse d'essuyer ses propres larmes?

F&H




Que faire? Que ne pas faire?

Posté le 03.02.2008 par schangels
Photo: ce n'est pas le grand-père d'Eric Gerets, malgré les apparences

Non seulement je n'ai pas eu le temps d'écrire un bon gros billet bien senti ce week-end, mais il semble que le temps me manquera tout autant la semaine à venir.
Sans compter que des amis visiteurs aussi intempestifs qu'impétueux m'ont fait à plusieurs reprises le reproche tout amical d'écrire trop de billets en trop peu de temps pour tirer profit de précédents vite dépassés.
Comprends pas vraiment votre logique, chers visiteurs: pourquoi devoir suivre un rythme de croisière alors que vous avez tout loisir d'aller et venir entre les anciens et nouveaux billets?
De plus et pour finir, il vous reste encore de nombreuses citations à deviner, de nombreux problèmes philosophiques à creuser et l'ensemble des clips étalés à classer selon vos préférences ...

... vous roupillez, vous autres!!! Permettez-moi donc de faire la grève des billets pendant un temps, suffisamment raisonnable pour ne pas constituer une balle dans le pied et ne pas me couper l'herbe sous ce même pied rougi (par la balle, suivez un peu ...).

Pas de musique, pas de citation? Plus de blog?
Si, certes, mais avec la condition renforcée que vous autres soyez plus participatifs, plus interactifs, bref: plus actifs et moins passifs afin de ne pas me donner l'impression de pisser 3 fois sur 4 dans un violon.
Pour punition, je vous laisse avec un document consternant, peut-être incompréhensible pour le commun des mortels dont je suis mais qui a le moindre mérite de contenir une petite perle dynamitée de Pavement: "Serpentine Pad".

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Rien de plus à dire. A vous de faire un peu plus, nom d'un chien. Pis y a du foot à la télé; autre raison de vous envoyer sur les roses. Là.
Et merde, c'est plus fort que moi ...
... question du jour: pourquoi ai-je choisi la photo ci-dessus pour illustrer ce billet?
Stop.

F&H

Me-ssi Me-ssin, Me-ssi Me-ssin, Meee-ssssiii!!

Posté le 02.02.2008 par schangels
L'événement est trop rare ces temps derniers pour ne pas être soulevé et porté jusque sur les toits de la cathédrale Notre Dame.
Hier soir en 16e de finale de la Coupe de France, mon club adoré de toujours, j'ai nommé le FC Metz, a retrouvé ses belles couleurs grenat sur le terrain voisin de la Meinau en corrigeant le RC Strasbourg par un joli 3-0 qui rappellera d'autres souvenirs à d'autres supporters.
Et de quelle manière! Un premier but chanceux, je ne le contesterai pas. Mais aussi et surtout de la gnaque, une bonne circulation du ballon, toujours (ou presque) deux joueurs messins sur le porteur du ballon alsako pour finir avec un dernier but de toute, vraiment, de toute beauté. Quelle classe, ce jeune Miralem Pjanic. 17 printemps seulement, pour rappeler tout le mérite de ce vaillant luxembourgo-bosniaque débarqué de par chez nous à l'âge de 14 ans. Raison de plus pour être écoeuré de le prévoir déjà sur d'autres berges que la Seille d'ici 6 mois, à peine. 4 ans au centre de formation, tout ça pour quel résultat en équipe une?
Oublions ces déboires permanents et revenons sur une bien belle soirée qui, faut-il l'espérer, en appellera d'autres d'ici le mois de mai et la fin des haricots. Une dernière fois pour la route: la promenade de Miralem en surface adverse.

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J'en connais qui ont dû s'étouffer avec leurs bretzels, du côté de la Petite France. Notre bas du "rhin" a bien secoué côté Place d'Armes, merci pour nous. Pour une fois. Ne fanfaronnons pas pour autant, car le bilan est trop désastreux pour jouer aux amnésiques optimistes.
Bon vent aux deux voisins nancéiens et strasbourgeois, côté Ligue 1; quant à "nous", le vent ne pourra être que contraire et souffler vers une Ligue 2 déjà promise, mais il saura nous rafraîchir pour plus tard. On ne devient pas supporter d'une équipe selon les hauts et les bas ou les jeux financiers d'actionnaires intéressés; on l'est ou on ne l'est pas. L'avantage des petites équipes qui se rassemblent à coups de sandwichs Steinhoff ou de crêpes lorientaises en tout anonymat, mais avec le sentiment d'avoir quelque chose à porter sur le coeur. Un dragon de la Seille pour ma pomme, quel que soit le sens du vent.
"Ma Lo-rrai-ne est Gre-nat, et elle le res-te-raaaaaaa"

F&H
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