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schangels Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne. Catégorie : Blog Loisirs Date de création :
25.12.2007 Dernière mise à jour :
03.07.2008
"Celui qui n’est pas socialiste à vingt ans n’a pas de cœur ; celui qui est socialiste à quarante n’a pas de tête"
Indice: Remarquable, Talentueux
Mine de rien, cette formule m'a servi de note de bas de page dans le cadre de ma thèse sur les modalités épistémiques, en rapport avec le paradoxe de Moore. Le problème est celui de savoir s'il est possible de prononcer ce genre de sentence à l'âge de 20 ans ...
Qui n'a pas entendu ses parents lui sermonner durant son enfance: ''Tu ne le sais pas encore, mais on fait ça pour ton bien". Un enfant peut-il admettre la vérité d'une telle affirmation, c'est-à-dire, la vérité de ce que son âge lui empêche de comprendre?
C'est exactement le problème auxquels sont confrontés les gnomes de chaque génération:
- soit l'on suit les conseils des plus anciens pour ne pas se tromper, auquel cas on ne fait rien et l'on accumule les frustrations;
- soit l'on agit selon sa propre volonté, quitte à en payer le prix, et l'on fait ce qui constituera plus tard une "erreur de jeunesse".
La rationalité est présente derrière ce cas de conscience que nous avons tous traversé un jour, une semaine, des mois durant: pourquoi ne pas commettre une erreur si celle-ci ne peut pas être considérée comme telle à une certaine époque de notre existence?
Un article a été écrit il n'y a pas si longtemps, sur ce problème des contraintes diachroniques de la rationalité (à chaque époque ses propres critères, pour faire vite)
Référence:
Luc Bovens'' 'P and I will believe that not-P' '': diachronic constraints on rational belief”, Mind 104, pp. 737-60.
Le rapport avec le paradoxe de Moore consiste à se demander si un énoncé tel que ''Je partirai bientôt en Chine, mais je ne le sais pas encore'' est cohérent ou absurde. Hintikka, Searle, Wittgenstein, Heal & Cie se sont tous échauffés les méninges face à ce paradoxe lancé par G. E. Moore, et dont un intérêt logique était de montrer qu'un énoncé peut être absurde sans être contradictoire.
L'analyse en termes d'actes illocutoires est utile ici, puisqu'elle montre bien le caractère ''self-defeating'' (= "contraire au but recherché", je n'ai pas de meilleure traduction) de certains énoncés tels que ''Il pleut, mais je ne le crois pas'', ''Pyongyang est la capitale de la Corée du Nord, mais je ne le sais pas'', etc.): la négation de la croyance ou du savoir est contraire à une composante essentielle de l'acte d'affirmation qui est un assertif, à savoir: la condition de sincérité, qui exige que le locuteur croie à ce qu'il dit.
Pour montrer la complexité de nos tournures de langage quotidiennes face à cette explication abrupte, le texte de Bovens a voulu tenir compte de la temporalité dans l'analyse là où d'autres ont insisté davantage sur le type de pronom personnel employé (l'absurdé des énoncés disparaît si l'on remplace la 1ère personne par la 3e, par exemple).
Pour finir par le commencement, Bovens cherche ainsi à montrer qu'un jeune idéaliste de 20 ans peut affirmer qu'un socialiste de 40 ans n'a pas de tête sans réduire ses propres opinions à l'absurde: tant qu'il a 20 ans, il est en droit de se bercer d'illusions et d'en avoir conscience. Comme quoi l'analyse logique du langage peut contribuer à adoucir la colère des adultes face aux revendications souvent naïves des jeunes irénistes en culotte déchirée.
Etonnant, non? Je n'ai jamais suivi cette approche tolérante de la rationalité, personnellement, puisqu'il m'a toujours paru stupide de suivre une voie qui me paraîssait vouée à devenir tôt ou tard simpliste voire infantile. "Pourquoi ne pas gagner du temps en pensant dès l'âge de 20 ans ce qui sera crédité à 40?" Réponse: parce qu'il faut que jeunesse se fasse, diantre! Ne pas chercher à grandir trop vite? Mauvaise pioche ...
Serait-il encore temps de rattraper le temps perdu? Et comment! Dont acte, avec ce superbe hymne au n'importe quoi des Electric Six. Attention ... DANNNGGEERR DAANNNGGEERRRR
Une sur les 2...
Posté par Sijavéssu le 20.01.2008
je pense à Clémenceau pour celle ci... la 2ème que tu m'as donnée, je ne la trouve pas sur ton blogo, est-ce tout simplement parce qu'elle n'y est pas? pour info, je crois que c'est Malraux...
Une sur les 2...
Posté par Sijavéssu le 20.01.2008
je pense à Clémenceau pour celle ci... la 2ème que tu m'as donnée, je ne la trouve pas sur ton blogo, est-ce tout simplement parce qu'elle n'y est pas? pour info, je crois que c'est Malraux...
Une sur les 2...
Posté par Sijavéssu le 20.01.2008
je pense à Clémenceau pour celle ci... la 2ème que tu m'as donnée, je ne la trouve pas sur ton blogo, est-ce tout simplement parce qu'elle n'y est pas? pour info, je crois que c'est Malraux...
Oups !!
Posté par Sijavéssu le 20.01.2008
cette modération avec le code là bouuuh... je croyais que j'avais mal recopié le code, alors j'ai recommencé plusieurs fois, résultat boom des doublons...
désolée...
Bien essayé
Posté par schangels le 20.01.2008
Sijavéssu n'a pas su, pour le coup: ce n'est pas Clémenceau qui a prononcé ces paroles mesurées sur la conviction de gauche. Trop mesurées pour lui, me semble-t-il ... Mais tu n'es pas tombée loin, du tout. Encore un petit effort, une seconde tentative, et tu auras le droit à poser ton gage comme Cédric l'avait fait pour avoir découvert la citation de Coluche. Indice supplémentaire: du même bord ... Tu as vu juste pour la seconde citation, en revanche: c'est bien Malraux qui a parlé du désir d'aller au ciel. Je l'ai cité quelque part dans le blog, je ne sais plus où. 1 bonne réponse sur 2, donc; le gage est proche ...
Sijavéssu a bien fait de venir, quoi qu'il en soit. Faites-en autant, vous les autres!
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