Dans la foulée des ligueurs humains, tellement humains, corrigeons le travail de tout à l'heure et précisons que les paroles suivantes de Visage ne datent pas de 1981, mais de 1980. Seul et unique tube de ce groupe londonien formé en 1978 par Steve Strange (allez sur Wikipédia: tout y est consigné comme toujours, malgré les critiques pleureuses de Pierre Assouline) ... de même que pour un certain Patrick Hernandez qui, lui, thésaurise quelques 1500 euros/jour depuis une trentaine d'années.
Mais à la différence du dandy disco à la canne magique, Visage a cet intérêt d'avoir navigué un temps entre plusieurs mouvements (de) marginaux de l'époque: punk, coldwave, puis new wave, pétrifiant finalement son nom dans la grisaille des sons électroniques, froids, douloureux.
Mélancolie et désolation qui n'oublient pas de désespérer avec allure et subversion sexuelle (ne mettait pas du noir à ongles qui voulait sa place au soleil, à l'époque; pas de mini-poufs pseudo-rebelles telles que Avril Laviticole, à l'époque).
Mais je m'égare, encore et toujours ... les paroles, vite:
"Fade to Grey"
One man on a lonely platform
One case sitting by his side
Two eyes staring cold and silent
Show fear as he turns to hide
We fade to grey (fade to grey)
We fade to grey (fade to grey)
Un homme dans une gare isolée
Une valise à ses côtés
Deux yeux fixes et froids
Montrent de la peur lorsqu'il se tourne pour se cacher
Sens la pluie comme un été anglais
Entends les notes d'une chanson lointaine
Sortant de derrière un poster
Espérant que la vie ne fût si longue.
Feel the rain like an English summer
Hear the notes from a distant song
Stepping out from a back drop poster
Wishing life wouldn't be so long
We fade to grey (fade to grey)
We fade to grey (fade to grey)
Pas mal arrangée, cette sorte d'entrecroisement de strophes anglaises et françaises. Voire même originale, après comparaison.
Petit pet dans la soie, bis: Cioran a écrit dans "Histoire et Utopie" que les pessimistes trouvent du bonheur à se complaire dans leur malheur (à quelques écarts de mots près). Ce morceau est l'incarnation même d'un tel aphorisme: on trouve du réconfort à mettre du style dans la tristesse, au point de s'en réjouir mais sans trop le dire. Le contradictoire a ses apparences et, donc, ses limites. Ce qui me rappelle au bon souvenir du problème philosophique n°1, sur lequel il faudra bientôt revenir. Beall attend toujours qu'on vienne le chercher ...
F&H
ton résumé est l'exacte retranscription verbale de ma pensée... me permets tu de faire un lien via mon blog stp? je viens d'utiliser ce titre dans une vidéo et on m'a demandé qui en était l'interprète... je fais donc un petit topo sur le groupe...
Bienvenue à Sijavéssu, nouveau p@ss@ager apparemment convaincu par ma description de l'ambiance grisâtre de "Fade to Grey". Conviction toute provisoire, rien d'autre qu'un croisement de représentations (dédicace à Gottlob der Grösste)ou d'impressions plus ou moins ressemblantes (sans l'être tout fait: pas d'identité des représentations, au pays de Gottlob).
Sans doute que d'autres s'y retrouveront, tous ces "Jeseraipavenu" qui passent par ce blog sans s'y arrêter pour laisser un petit souvenir écrit. Peur de révéler son adresse personnelle, schangels = paria dont on mate les billets dans le plus prudent des anonymats? On est peu de choses, certes.
A la demande du passager communiant, je laisse quoi qu'il en soit cette adresse à votre connaissance et avant d'aller y jeter l'oeil (le bon):
Deux indications valent mieux qu'une.
A en croire l'intéressé, il y en a encore qui ne connaissent pas le nom de "Visage". Voila qui mériterait un soufflet dans la face, mais restons courtois et enveloppons-nous encore une fois de cette grisaille douceâtre. Un petit clic, toujours et encore: "One man in a lone-ly plate-form"...
Excellent commentaire sur ce titre de légende... Mais je trouve que le grain de sel de Google et sa publicité mercantile sur un tel billet est la cerise sur le gâteau...