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Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne. Catégorie : Blog Loisirs Date de création :
25.12.2007 Dernière mise à jour :
03.07.2008
"Mes relations? Un tiers mondains, deux tiers mondistes"
Indice, chez vous: Niels0F
Il n'y a souvent qu'un pas entre mondanités et tiers monde, d'autant plus lorsque l'on passe par la case des Restos du Coeur. La cantine des laissés pour compte et sans comptes, susceptible de relancer la carrière d'un artiste dépassé ou aspiré par un vide d'inspiration sidéral.
Non pas que l'on ne puisse pas faire d'une pierre deux coups: relancer ses ventes de disques et la production de soupes réchauffantes pour SDF en mal de chaleur; mais l'amalgame est ainsi qu'il reste difficile d'être totalement admiratif devant la procédure globale. Tant mieux s'il faut écouter de la soupe pour financer de la soupe, tant qu'elle finit là où il faut. Mais jamais n'aurai-je sans doute le "courage" d'acheter un de ces albums gnangnans ou Goldman passe à Cabrel qui relance sur Calégero avant de conclure par Cali qui saute sur Ruiz. Je préférerais tant payer mon tribut national et faire patte blanche devant une juste imposition, comme le voulait la IVe République ... cette chère quatrième hyperinstable dont la Constitution prévoyait néanmoins un devoir d'assistance publique pour mendiants, clochards et SDF selon votre humeur taxinomique.
Une pièce ou deux représente si peu dans un jour, tandis que la multiplication du peu débouche parfois sur du beaucoup; et peu importe si le clochard (mon terme à moi) en use pour se caler la panse ou se remplir le gosier. Je serai toujours mal placé pour donner la leçon de morale, car le petit bourgeois locataire a ceci de pratique qu'il vit moyennement sans rien trop devoir à personne. Qu'il se dispense donc d'en imposer aux autres. A votre bon coeur messieurs dames ou, faute de mieux: à votre bon sens.
On fait comme on peut pour être un tant soi peu différent, le temps d'une vie; il y en a qiu se brûlent le dard et meurent très vite, puis d'autres qui misent sur la durée et s'emmerdent très tôt. Je situerai la troisième qui suit entre les deux: une sorte d'incarnation moderne des leçons de prudence et de morale doucereuse selon Horace, interprétée par une grande sauterelle qui me plaît autant par le physique que par ses mots d'esprit légers et pertinents. Sans jamais frapper fort ni faire mal, puisque l'intéressée se donne un rôle de défenseur de la classe moyenne progressiste adaptée à son milieu ambiant et respectueuse de la loi du milieu.
Je veux parler ici de Zazie: un grand bout de femme qui me plaît mais dont je n'achèterais pas les albums pour autant, car faut pas pousser pépé dans les orties. Pas assez de riffs, pour le moins, pas assez de rythmiques samplées et pas assez de distorsions musicales pour ne laisser place qu'à des accompagnements en instruments à vent et pianio de salon. Trop de voix, trop peu de sons. Pas pour moi, ce style rattaché au style variété. Je retiendrai cela dit quelques titres accrocheurs: "Tout le monde", "Des rails" et le "Rodéo" que voici, où j'ai apprécié les contre-temps de la boîte à rythme. Un détail de l'accompagnement, mais auquel j'attache le plus d'importance au final.
La morale est très convenue: les mâles flambeurs sont des salauds qui ne respectent pas l'intégrité morale et physique de la gent féminine + la drogue c'est pas bien et ça tue à petit feu. Qui a dit qu'harmonie et longueur allaient de soi ici-bas. Bref ...
Là n'est pas l'essentiel, que je situerai plutôt dans l'art consommé par la chanteuse de sauter d'une rime à un jeu de mots en toute légèreté. J'applaudis, en toute discrétion.
Ce n'est pas toujours dans le chant anglophone et les sonorités de son de cave que l'on trouve de quoi se remplir les oreilles. Il aura été dit que la grande pensionnaire des Enfoirés me tape souvent dans l'oeil. L'exception qui confirme la règle, en somme: tout antisémite a son Juif, tout anticlérical a son curé ... tout anti-mouches à merde à sa sauterelle, dira-t-on pour ce billet dont la principale revendication serait l'imposition sur les ménages moyens pour le droit à l'assistance publique. De quel droit, et à quel titre: pourquoi payer pour des clodos qui n'en fichent pas une rame, pourquoi débourser pour des assistés qui refusent sciemment de retourner au travail ... Argument choquant, mais pas totalement invalide et c'est là que la bonne conscience devrait prendre congé pour régler ses comptes une fois pour toutes. Il y a des cas trop désespérés pour remonter la pente seul, mais il y en d'autres aussi qui ne demandent que la paix sauvage et une bonne soupe par temps froid. Pas de règles, pas de tout fainéant et de tout martyre. Pas plus qu'il n'y a de législation parfaite, de toute façon. Qu'importe: tout le monde accordera qu'il y a des morts de froid difficiles à justifier par le goût du travail et la civilisation de l'effort. La vertu peut bien s'accorder deux-trois écarts et gérer quelques contradictions au nom de ceux qui la récusent. On est humanistes, ou on ne l'est pas humanistes. Nous aimons nos prochains? Alors montrons-le monnaie sonnante et trébuchante. Une assistance financée, des repas offerts par les soins de l'Etat ponctionnaire et des consciences qui se soulagent sans avoir à supporter les bras dessus bras dessous de chanteurs désengageants. Que la solidarité fasse son boulot dans la discrétion des feuilles d'impôt, sans chichi et sans prime-times sur TF1; ou qu'elle ferme sa gueule pour de bon et que l'on cesse de prendre la France pour ce qu'elle n'est pas. Tapez 1 ou 2, selon vos affinités électives; le mien est signé puis cacheté stampel en main, la tête de Marianne en haut à droite plutôt que la face de Cali en bas à gauche. Question de méthode et de cohérence, somme toute.
Pour un service de salubrité publique, enfin: supprimer les albums sans goût d'artistes sans inspiration. Enfin moi c'que j'en dis: que peu n'importe le flacon que lorsqu'il y a l'ivresse. Pas dans ce pudding télévisuel chanté par des comiques au coeur sensible mais à la voix de routier fumeur de Gitanes maïs.
La reconnaissance du ventre devrait avoir ses limites artistiques, non? Pour que l'on en sorte grandis plutôt que grossis.