Publié le 02/07/2008 à 12:00 par schangels
Comme un goût de Tokay dans la bouche, après un tel final.
Derniers jeux de mots pourris, en guise de cérémonie de clôture pas funèbre du tout ... dont celui-ci: les toqués du
toque n'auront pas compté pour du toc. Traduction: les amoureux du beau jeu à terre en auront eu pour leurs mirettes lors de cet Euro 2008 qui a fait honneur aux meilleurs. Justice, on en sort grandi, le meilleur a gagné ... que demande le peuple du ballon rond? Des défenses un peu plus solides auraient renforcé l'idée d'une attaque non seulement supérieure mais talentueuse. Il y a des années bissextiles d'après-Euro 2004 où le spectateur doit savoir ne pas bouder son plaisir. Même les Grecs le concéderont s'ils aiment plus les moyens que la fin. Au pays des philosophes, tout de même ... finissons donc avec un court résumé de cette finale enjouée (du luxe, ou presque), avant de replier les gaules et fermer boutique côté football. Partie remise, à coup sûr.
La fête à Ibiza? La plus germanique des cités espagnoles a dû sentir l'avis mitigé lors des trois coups de sifflets finaux de ce dimanche 29 juin, partagée entre une colonie de Schulz retraités bedonnants et une cohorte d'
afficionados autochtones plus ou moins assermentés à la cause espagnole. Encore que le drapeau compte moins que les provinces, dans ce pays fédéral. Catalans et Basques ne le contesteront pas. Mais voila: la victoire de la
Seleccion est suffisamment historique et ses protagonistes suffisamment disseminés dans tout le pays pour ne pas ne pas saluer le mérite de cette génération de gamins doués. Surdoués? Le but astucieux de Torres vaut son pesant de chorizo, mais on en attendra un peu plus pour justifier l'appellation renforcée.
Historique, et même plus: à force de décevoir, qui croyait encore à une victoire finale de l'Espagne dans un tournoi final? Le jeu des probabilités et autres détails statistiques a dû tourner en faveur d'une équipe qu'un principe de rotation devait finir par couronner un jour ... mais pas seulement, car la victoire attendue depuis 44 longues années (une éternité franquiste) s'est construite avec le talent et la manière. Loin d'une certaine finale de 2004, où le jeu d'échec avait chloroformé la compétition dans son ensemble, primé l'enjeu sur le jeu et la défense sur l'attaque. 2008, où l'opposée parfaite du tournoi précédent.
A retenir pour le futur épitaphe du néo-ex-sélectionneur de la
Roja, Luis Arragones: "J'ai pris une sélection, je laisse une équipe". Bien lui en a pris, et de quelle manière! Raul à la maison, la sempiternelle querelle entre Madrilènes et Barcelonais à la poubelle ... la victoire à la clef. Relation de cause à effet ou pas, la victoire est là, brillante, nette et sans bavure.
"Gott ist tot", disait le moustachu diffamé ... "Bundeswehr ist tot", diront les pigistes déçus de Kicker & Cie.
L'effet Blitzkrieg s'est transformé en coup d'épée dans l'eau, côté allemand, tandis que sa défense a confirmé des faiblesses qu'elle n'a pas pu compenser par son attaque. Le résumé d'un Euro où les attaques ont dominé les défenses adverses, et ce fut tant mieux.
L'Espagne est la vainqueur idéal et attitré de ce tournoi: 12 buts marqués pour seulement 3 encaissés, 5 victoires en 6 matchs, invaincue durant la compétition: rien à dire,
nada. Sinon merci pour ce jeu vif, au sol et tout en jeux de passes redoublées, ce fameux
toque sud-américain qui fait le bonheur des spectateurs et sert d'anti-thèse savoureuse au vieux "kid & rush" anglais où un certain Fernando Torres officie. La seconde technique a fait son temps parmi les meilleures équipes de la Première League, aussi. Muchos Gracias, et viva Espana. Par exemple, ou pour l'exemple.
Allemagne-Espagne: 0-1 (Fernando Torres 33e)
Die Bundeswehr ist tot
Un premier duel à l'avantage des Allemands: le duel de la feuille de match où Ballack figurera tant bien que mal, contrairement à une absence bruyante du pétillant et non moins efficace David Villa. Une belle histoire pour ce joueur du FC Valence, victime avec son club d'une saison médiocre qu'il aura terminée en trombe. Ou presque, selon l'issue du match de ce soir qu'il regardera de son banc. Une synthèse du match en quelques étapes majeures:
- une tête fougueuse de Fernando Torres sur le poteau, avec le mérite de battre le grand Mertesäcker dans les airs
- but de Torres, plein d'astuce et qui grille la pâle couverture du ballon de Lahm pour piquer le ballon en bout de course et l'envoyer par-dessus Lehmann dans le petit filet gauche opposé. La grande classe made in New England (
kick & rush is dead, man), où les courses vigoureuses ne sont jamais perdues d'avance. La preuve, et un soir de finale svp.
- des occases en or où l'Espagne abuse du jeu esthétique et collectif ...
On dit des perles manquées qu'elles se transforment le plus souvent en feuilles de matchs bouffées; pas cette fois-ci, qui a infirmé par ailleurs le vieux théorème un peu éculé de Lineker. L'Allemagne fut en finale, certes, mais l'Allemagne n'a donc s gagné. A croire que ce théorème très empirique a pris des rides depuis le milieu des années 90. Son énoncé devrait être modifié: le football est un sport qui se joue avec 22 joueurs et à la fin, c'est l'Allemagne qui ... est finaliste. Gagnante ou pas, la validité joue désormais bien des tours.
- une attention spéciale du bourreau italien des quarts: Cesc Fabregas, auteur de trois passes décisives dans les deux derniers matchs, dont une le soir décisif.
- les deux périodes allemandes: le premier quart d'heure, où l'Espagne attend avant de mijoter son jeu au sol fait de patience et de technique pas à la portée du premier dribbleur venu; les dix minutes suivant le changement judicieux du milieu défensif Hitzlsperger par la pointe Kuranyi, lequel apporta du sang neuf à la
Mannschaft et porta une pression certaine sur la défense espagnole. Ce qu'elle n'avait que très peu pu faire jusque là. Une frappe de Ballack a consacré ces efforts: petit filet frôlé, sans plus. Point barre.
La victoire espagnole est incontestable, son mérite aussi. Les grincheux et pointilleux (souvent les mêmes) pourront trouver à redire sur la qualité de l'adversaire: est-ce le vainqueur qui a bien joué, ou le vaincu qui a mal joué? Les deux, mon général (pour être franco de porc ... ultime et dernière vanne pourrie, juré). Qu'importe: la morale est plus que sauve, l'équipe la plus joueuse et la plus talentueuse a été récompensée ... presque trop beau pour être vrai, et d'autant plus après le calvaire portugais d'un Euro 2004 où la raison avait bâillonné le talent. On respire, enfin. Mais c'est fini, déjà.
Toutes les bonnes choses ont toujours une fin, football inclus. Un bon bilan global de synthèse: quand le jeu prime sur l'enjeu et l'attaque sur la défense, que demande le peuple? Une chanson, certes; que voici, avec une incarnation bien involontaire du nouveau chant des supporters signée les White Stripes et leur "Seven Army Nation"; et pas la minable resucée d'un usurpateur techno-dance de mes ouilles dont quelque promoteur véreux voudrait faire le tube de l'été qui vient:
Le duo White-White sait-il seulement que son morceau interplanétaire est devenu le rythme le plus chantonné par tous les supporters de cette planète? Au pays des Pistons, le
soccer vaut des clopinettes. Ironie du sort, mais qui valait bien son interlude musical pour cet ultime billet estampillé "Euro 2008".
Quel bilan pour cet Euro: la victoire de l'attaque sur la défense. Autant dire celle du corps sur l'esprit, voire celle de la passion sur la raison, comme aux plus belles heures du football à la Rémoise? Ce serait là faire injure au saoir-faire espagnol côté balles courtes à terre et jeu de redoublements sur les ailes. Une véritable victoire de l'intelligence, où la beauté du football est-elle incompatible avec une intelligence synonyme de
catenaccio déprimant? Pourvu que ça dure, quoi qu'il en sera.
Terminus. Bonnes vacances à la majorité, par la même occasion ... retour sur Terre après les monts alpins et leurs ballons ronds couleur Prim'holstein. Und danke noch für alles ... Quoi de prévu pour le 3 juillet, déjà? Retour sur Terre, pour le moins.
F&H
Publié le 29/06/2008 à 12:00 par schangels
Ou le passage de lumière éclatante à éclipse de lune en quelques jours. Le retour de l'inconstance russe, ou le signe général d'un tournoi dans lequel aucune équipe n'aligne deux bonnes prestations d'affilée? A retenir au soir du dénouement. Demain déjà; la fin d'une grosse parenthèse football dans ce blog et le retour prévisible à un rythme plus casanier de maréchal sur son bâton.
Ouverture d'anecdote. Deux formules chocs de l'ami Titi, d'entrée de jeu, où Mr Roland fait noter tout d'abord que "le ballon tourne dès le début"; sarcasme de mauvaise foi de ma part, puisque le journaliste d'investigation entendait par là que le ballon circule rondement entre les joueurs de champ comme après chaque premier coup de sifflet de l'arbitre. Plus de sarcasme justifié et moins de mauvaise foi, concernant la seconde formule: "peut-être le dernier match d'Aragones, ce soir; à moins que l'Espagne n'aille en finale". Considération lumineuse, attendu qu'il reste nécessairement un ou deux matchs à jouer à un demi-finaliste de l'Euro.
Qu'il est bon de revenir parfois aux fondamentaux ... sans exagérer sur la dose, non plus. Pas grave, tant que le duo jojo Roland-Leboeuf remplit de rôle de commentaire détendu et ne la joue pas lèche-botte anatomiste version Larqué de service. Sans parler de l'historien de choc Christian Jeanpierre et sa "sélection ottomane". De quoi faire retourner le père de la république laïque turque Mustapha Kemal dans la tombe de son mausolée. Larqué-Jeanpierre, ou l'art d'étaler sa culture d'anexorique telle la confiture sur le pain en temps de pénurie. Anecdote fermée.
Espagne-Russie: 3-0 (Xavi 50e, Güiza 73e, Silva 82e)
Soirée paella
Place au match, si prometteur entre deux équipes dont la confrontation était attendue comme le reflet-miroir d'un Italie-Espagne précédent. Une soirée caviar en perspective, malgré une ambiance générale refroidie pour deux raisons distinctes: des trombes de pluie sous un orage pétaradant, comme au soir le plus humide d'un ancien Suisse-Turquie diluvien; une sortie prématurée du meilleur buteur Villa, remplacé par un autre feu-follet Fabregas mais dont le départ précoce à la 33e minute ternissait quelque peu la suite de l'événement.
Une soirée paella à la sortie, menée par un trio dominant Xavi-Sergio Ramos-Iniesta bien plus discret dans le duel précédent face à l'Italie. Comme quoi la loi d'alternance des équipes en général s'applique aussi aux joueurs en particulier: les prestations des joueurs se suivent sans se ressembler; témoin le contraste saisissant entre les quarts et les demis d'un Arshavin. Le jour et la nuit, du dimanche au jeudi. La loi ne vaut pas pour une Espagne condamnée au régime pain sec contre l'Italie; les prestations ne pouvaient donc pas être pires mais seulement meilleures.
L'action russe du match, au singulier: une frappe enroulée de Pavlyuchenko, que Casillas détourne avec maestria suite à une envolée pour photographes. Fin du programme pour le portier héroïque de dimanche soir, plus rien d'autre en vue jusqu'au terme d'une rencontre où la Russie aura enduré ce qu'elle avait fait subire aux Hollandais. Un non-match russe, pour lequel bien des explications pourront être servies sur un plateau de fruits de mer (noire, c'est noire): inconstance slave, baisse de régime ou contrecoup d'un quart haletant (tout le contraire du match de l'Espagne), loi des anti-séries (des matchs qui se suivent sans se ressembler tout l'Euro durant) ... une déception dans tous les cas, à l'image de chacune des équipes d'une compétition dans laquelle seuls les Pays Bas auront aligné plus d'un bon match d'affilée. Avant de disparaître comme on le sait face à l'anti-héros du soir.
Le meilleur symbole d'une demi-finale ratée: le déclin d'Arshavin, décrété "ballondorable" pendant quelques jours et retourné dans l'ombre de son anonymat passé en l'espace d'un non-match complet. Lequel s'est consolé lors d'une troisième mi-temps bien arrosée et agrémentée de poupées russes gonflées au silicone (si besoin est); un détail de paparazzi qui vaudrait son scandale national si le joueur-fêtard était Français. On est loin de ce cas de figure, aussi loin que peuvent l'être des supporters russes assez heureux d'un retour au premier plan de leurs représentants pour ne pas s'arrêter sur ces détails de la vie. Le Russe sait s'amuser et noyer son chagrin dans la vodka ou les filles faciles. Cliché (photo) fermé, retour au gazon. Vert.
Les grandes promesses d'un quart ne sont pas les splendides confirmation d'une demi. La loi des alternances s'est vérifiée à la surprise générale, donc. Malgré un décor planté qui donnait un avantage plus que léger à la sélection de Hiddink.
La Russie avait un sérieux contentieux à régler avec sa rivale d'un second soir. Explosé 4-1, lors d'un premier match de poule où les Russes avaient sombré dans la seconde période malgré des actions déjà brillantes, la surprise de la cuvée 2008 n'aura pas fait mieux dans cette demi-finale qui avait de quoi laisser de bons souvenirs à la
Roja. Explication: le seul trophée obtenu pat l'Espagne remonte à 1964, où l'équipe avait remporté 2-1 sa finale contre une certaine ... URSS. Domination confirmée jeudi soir, et même plus. Vengeance des Russes? Que non. Résultat sans appel, presque contre toute attente. 7-1 en deux confrontations, n'en jetez plus pour une Russie devenue l'ombre d'elle-même en l'espace de quatre jours. Pourquoi, comment ... les coupables seront désignés plus tard, mais la bonne surprise russe du Zenith de Saint Petersbourg ne s'est donc pas reproduite à l'échelle internationale.
Le magicien Hiddink trouve encore ses limites aux stades des demi-finales: stoppé à ce même niveau de la Coupe du Monde 2002, durant son mercenariat sud-coréen, Gu-Guus ne verra sans doute pas sa statue remplacer les anciens dieux séculaires de l'Empire soviétique. Après la grandeur du quart, la décadence d'un demi et d'une équipe entière, incapable de reproduire les phases en triangle ou débordements accélérés qui avaient fait mouche face aux Pays Bas. Deux non-matchs face à la même équipe. Le magicien n'a pas fait le poids face au vieux druide crypto-celtique Aragones, dont le commandement des troupes cessera ainsi sur une finale attendue depuis des lustres. L'effet d'une loi des séries dont d'autres lois probabilités sonnaient la fin (la poisse a ses limites, pour résumer); l'effet catalyseur d'une non-sélection tonitruante du vieillissant leader des
Merengue: Raul, dont l'absence donnait enfin l'occasion à l'Espagne de ne plus vivre sur le compte polluant de joueurs-clefs toujours barcelonais ou madrilènes? La guerre des deux clans majeurs n'a pas eu lieu cette fois-ci, dans une sélection dont la jeunesse florissante vient de Liverpool, Valence ou Majorque? A croire qu'une décentralisation des sources d'inspiration donne enfin les résultats attendus pour une nation toujours aussi favorite que décevante. Les temps changent. Bonne pioche, de la part d'un Aragones que l'affaire Raul aurait voué aux gémonies en cas d'échec renouvelé. 44 ans après, le sort sera peut-être enfin conjuré dimanche soir et le mythe de l'éternelle déception espagnole enfin maté par de jeunes talents ni barcelonais, ni madrilènes. Ou presque.
Une belle aventure de jeunes talents s'est arrêtée jeudi soir. De belles promesses tuées dans l'oeuf, mais supposons que l'histoire d'Arshavin & Cie n'en est qu'à ses débuts et jouera son deuxième acte lors du Mondial sud-africain. La route est longue, mais elle semble assez droite pour augurer du meilleur à venir. Pas de mise à mort à venir pour les protégés du sorcier globe-trotter. "On the road again", destination 2010? Gageons, et écoutons. Pas le bon vieux tube de Bernard Lavilliers, malgré la perche tendue ci-dessus. Plutôt un appel au renouveau du football post-soviétique et à un sursaut d'orgueil lors de la prochaine compétition internationale. A commencer par un
réveil collectif, après une telle torpeur d'atrophiés par temps pluvieux. Dédicace aux Montréalais d'Arcade Fire et leur "Wake Up" qui tombe à point nommé (quoique après la pluie):
Dernier rendez-vous de cet Euro, demain soir (sortez vos mouchoirs).
Allemagne-Espagne? Une finale qui rime avec champagne, qui sent tout sauf le bagne et transpire la gagne.
Quelle prédiction sublime pour dimanche soir, dernier soir du tournoi version 2008? Une victoire de l'Allemagne, ne serait-ce que parce que la Mannschaft n'a jamais fait deux mauvais matchs d'affilée depuis début juin. Mais le cas des deux matchs consécutifs contre la Croatie et l'Autriche peut laisser désirer toutefois quant à ce genre de prédiction. Ma pièce sur l'Allemagne, donc. Mal parti pour eux, en conséquence et conformément à une loi des mauvaises séries que j'honore depuis le commencement de la compétition. Pas heureux au jeu de la pièce bien placée. Avec des raisons, certes, mais jamais celles que j'avance en vue de prévisions foireuses.
L'Allemagne gagnante, je dis. Donc l'Espagne gagnera, si je le dis. Imprévisible, ce tournoi, mais pour le bien du plus grand nombre. Tant pis pour ma poche.
F&H
Publié le 26/06/2008 à 12:00 par schangels
(Photo: Gary Lineker, théoricien confirmé du football)
Cet Allemagne-Turquie a tout d'un france-Algérie, sauf peut-être et sans doute le niveau de jeu qu'il pouvait proposer hier soir. Encore que le résultat ne fût pas sublime, mais toujours plus intéressant que son homologue en termes de sociologie du travail. Pas de débordements non plus ni de provocations entre deux équipes dont l'une constitue le plus gros réservoir d'immigrés extra-européens en terre allemande. Pas de sifflements des hymnes pour autant, pas de casses à la sortie ni de revendications politiques à la mord moi le noeud. Un autre contentieux politique aussi, entre une Turquie pro-atlantiste et une Allemagne qui ne s'est jamais installée en terre d'Anatolie. Que pouvait-on attendre alors du match en lui-même, loin de ces affaires de coulisses pour journalistes en mal de sensations nauséeuses? Du jeu au-delà de l'enjeu, certes; mais comment reproduire un quatrième miracle après trois rencontres de l'impossible? Les raisons de douter et d'espérer quant à l'issue de cette demi-finale, en commençant par le doute.
Point négatif: un doute de type sceptique, que l'on entend si souvent autour de soi en termes paradoxaux de "y a plus de saison". Tant mieux pour un spectacle qui se nourrit d'imprévisions, alors? Que non, lorsque "y a plus de saison" sous-entend que les joueurs se suivent et se ressemblent de plus en plus ... "y a plus de saison": on le savait par le réchauffement climatique, on le sait donc aussi par le rapprochement footballistique. Les joueurs se connaissent toujours d'autant mieux depuis que l'arrêt Bosman et les circulaires européennes sur le droit du travail réunissent les meilleurs étrangers dispatchés sur les mêmes pelouses des meilleurs championnats. Altintop est un des leaders de l'équipe turque? Certes. Mais il a aussi et surtout vécu toute sa jeunesse en Allemagne et doit la carrière qu'il connaît à la détection nationale de son pays d'accueil. Premier indice douteux sur une rencontre entre personnes qui se connaissent. Pas trop, si possible et au nom d'un jeu qui se nourrit d'effets de surprises et d'ignorances partielles quant aux plans de l'adversaire.
Point positif: plus de respect entre les joueurs lors des matchs supposés sulfureux; moins de méfiance vis-à-vis d'un autre devenu souvent coéquipier dans les championnats nationaux.
Point négatif: moins de surprise lors des confrontations internationales, des joueurs plus prévisibles parce que forcément mieux connus de leurs adversaires devenus coéquipiers le reste de l'année; des matchs souvent pourris à la sortie, comme ces indigents France-Italie ou Italie-Espagne.
Heureusement que la globalisation du foot n'a pas encore touché la totalité des nations de ce tournoi version 2008. A commencer par la Russie et la Turquie, dont les équipes composées avant tout de joueurs du cru donnent un sens aiguisé du jeu d'équipe bien plus ludique qu'une somme de talents individuels incapable de produire un tout consistant. Comprenne qui voudra, Domenech exclu (cela va de soi). Mais les belles histoires de petit poucet trouvent leur fin lorsque les vieilles lois d'airain du sport reprennent leurs droits: à commencer par la réalisme, plus deux-trois lois quasi-mathématiques qui synthétisent la rencontre d'hier. Pas grandiose, mais prolifique.
Allemagne-Turquie: 3-2 (Schweinsteiger 26e, Klose 79e, Lahm 90e; Boral 22e, Sentürk 86e)
L'inconsistance du ballon rond
En termes probabilistes, l'inconsistance = l'incohérence (dire une chose et son contraire, pour aller vite), a la vie moins dure: telle un huguenot réfugié en terre de tolérance, il est plus simple d'admettre le fameux paradoxe de l'imprévisible dont je rabats la toute-puissance depuis que les Turcs font des leurs dans ce tournoi. Pour rappel: les résultats de ces diables de croissants rouges sont d'autant plus imprévisibles qu'ils deviennent prévisibles dès lors que l'on s'attend à tout. Pas facile de raisonner sur ses pronostics dans une telle situation; sauf si l'on part de l'hypothèse plus tolérante selon laquelle rien ne peut être affirmé en ce qui concerne les résultats de cette surprenante équipe: tout est possible, aussi bien leur défaite que leur triomphe. Posture qui fait une belle jambe au bookmaker, dans la mesure où elle le rend parfaitement incapable de prendre la moindre décision catégorique sur l'issue d'un match potentiellement juteux. Trêve d'adverbes et de phrases à rallonge: cette Turquie est imprévisible, et cela ne dérange pas le tolérant qui se fout du foot et regarde "Louis la Brocante" dans son divan de non-beauf.
Ceci pour en arriver à cela: on s'attendait à tout de cette équipe turque; donc elle a perdu, conformément à ce Paradoxe de l'Imprévisible que je mets en majuscule avant d'y consacrer un futur billet plus posé.
Le match d'hier: une décevante Mannschaft, qui trop décompressée trop fatiguée par le match précédent; une méritante équipe de Turquie, qui trop décimée trop limitée. Mai aussi, et surtout: le retour du réalisme allemand (« deutsche Realismus », pour les amateurs de douceurs allitérantes).
Les Turcs ont beau avoir la tête dure selon la formule consacrée, celle-ci a fini par se baisser et de quelle manière: la leur, pour ainsi dire. Démonstration en trois temps pour résumer cette partie aux trois ruptures de faisceau: théorème, contre-preuve, et satisfiabilité.
Une histoire de théorème, pour commencer.
Celui de Lineker, passé à la postérité et selon lequel « le football est un sport qui se joue à 22 joueurs et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne »; la preuve hier encore, malgré une légère éclipse de lune que les Allemands ont connue depuis quelques années en dehors des Coupes du Monde ... la formule a été vérifiée contre les Turcs, quoique dans la douleur et cette douleur confirme d'autant plus la capacité de leurs adversaires du soir à renverser les situations à leur avantage. L'équipe de Terim a mieux joué que celle de Löw: duels remportés sur les ailes, notamment l'aile droite constamment occupée par Kazim et complétée par les pénétrations du premier buteur Boral; un milieu allemand incapable de lancer des offensives face à un bloc turc modèle toile: on écarte en possession du ballon, puis on se rétracte à deux-trois joueurs sur le porteur de ballon adverse. Résulat: l'Allemagne a marqué à trois reprises chaque fois que la toile s'est détendue sans faire l'effort de rétraction. Trois sanctions sans appel, ou presque puisque les Turcs ont collé au score tout le match durant.
Une histoire de contre-preuve, ensuite.
Loin des prévisions les plus alarmistes pour une équipe turque décimée et presque sur la jante, celle-ci a montré qu'une bonne occupation du terrain et un usage économique dans les marquages individuels suffirait pour inquiéter une Allemagne dont les rendements tiennent plus jusqu'ici de la dent de scie que du rouleau-compresseur. Pologne: bien; Croatie: pas bien; Autriche: moyen; Portugal: très bien. Turquie? Moyen, à nouveau et malgré les trois buts qui jurent avec la manière.
Une histoire de satisfiabilité, enfin.
Corrolaire des deux points précédents, la Mannschaft a de quoi satisfaire ses supporters puisqu'elle est capable de vaincre sans la manière. Tant mieux pour des Turcs, dont le comportement lors du tournoi reste aussi mystérieux que salutaire. Pas de génie dans cette équipe, mais de la volonté et de bons coups de poker de la part d'un entraîneur dont ls changements opérés contre la Suisse et les Tchèques se sont avérés on ne peut plus payants. Tant mieux pour l'Allemagne, qui ne gagnera pas les coeurs de l'Europe spectatrice mais peut à nouveau s'attendre à voir son nom dans le palmarès des nations puissantes du football européen. A se demander si cette équipe a connu un calvaire plus de deux années d'affilées, entre 1994 et 2006. Les pointillés de leurs défaites sont bien maigres, comparés aux traits continus de leurs triomphes récurrents. Ouh que c'est beau ... ouh que c'est vrai, aussi et surtout.
En résumé d'un match, pollué par trois interruptions dues à l'orage viennois et aux interludes d'un Téléfoot porté sur l'équipe de France. Autant mettre Vidéo Gag, qui aurait fait ton sur ton. Egarement facile et populiste, oublions ... en résumé, donc: un jeu de chassé-croisé entre une Turquie tout d'abord joueuse et une Allemagne ensuite réaliste, quoique sans génie éclairant et sans méthode probante pour la suite des événements. Le dernier, l'ultime.
Puis un nouveau moment de grâce orientale dans cet Euro assez irrationnel: un nouveau but du combattant du désespoir numéro 1, Semir Sentürk, dont l'ultime réalisation face à un Lehmann aussi mauvais esprit que mauvais joueur et mauvais tout court a relancé le mythe déjà bien consommé d'une Turquie spécialistes des retours du néant. A se demander non plus si la Turquie allait égaliser avec le troisième but de Lahm, mais quand elle le ferait ... une défaite finale, sans les images à la clef mais qui aura maintenu un suspense haletant et permanent jusqu'au coup de sifflet de final de chaque rencontre turque. Un jeu de nerfs et de dupes qui a pris donc fin hier soir, mais un jeu de combattants que les amateurs de surprise ne sont pas prêts d'oublier. Si loin de la triste et rachitique surprise de l'Euro 2004, synonyme de constipation offensive et de jeux d'échecs tristes à mourir.
Satisfiabilité: pas une large victoire teutonne, mais un baroud d'honneur de la sélection "ottomane". Je me Gauss(e): ottomane = dixit le débilo-commentateur Christian Jeanpierre qui a visiblement raté un épisode de l'histoire turque; qu'il passe de bonnes nuit, loin des sinistres souvenirs d'une triste équipe « gauloise » ...
Satisfiabilité: ça passe pour l'Allemagne, mais sans gloire et par une petite porte qui n'a rien d'une démonstration de force éclatante. Ca passe quand même, comme aux plus jours du théorème de Lineker. CQFD.
Conclusion finale: la demi-finale d'hier constitue une sorte de victoire ... à la turque! Y a plus de saison, mais on apprécie bien plus ce genre d'inversion des donnes que le déréglement infligé par l'arrêt Bosman. La victoire à la turque après celle de Pyrrhus, ou l'art de déjouer les pronostics les plus raisonnables dans les dernières minutes. Un synonyme du fameux coup de théâtre passé d'un terrain de jeu à un autre, des planches à la pelouse.
3 rupture de faisceau, 5 buts au total ... mais une victoire trop floue pour se sentir rassurée en attendant l'Espagne de Villa ou la Russie de Arshavin. Question de chiffres? Soit; un prétexte à rappeler les 99 ballons aériens de Nena, made in Deutschland:
Au revoir la Turquie, bonjour le retour aux conclusions raisonnables? Rien de moins sûr avec la confrontation de ce soir. Deux équipes offensives + deux défenses plutôt rassurantes = un blocage du ballon dans le milieu de terrain? L'avantage des deux sélections du soir est qu'une chose au moins est prévisible avec elles: le cauchemar du dernier Espagne-Italie ne pourra pas se reproduire. Une impossibilité dont on peut se réjouir et que l'on doit à l'esprit résolument offensif de ces deux équipes. Le jeu, toujours le jeu malgré l'enjeu. Prévision au beau fixe, mais sait-on jamais ... dédicace d'un souvenir turc à peine efficacé. Espérons-le, faute de mieux.
F&H
Publié le 23/06/2008 à 12:00 par schangels
Le football était aux abonnés absents, lors de ce dernier quart de finale qui ne sortira jamais des annales anatomiques d'un football tristement défensif. Un match emblématique de l'Euro 2004 et qui s'était visiblement trompé d'année bissextile. Pas si grave au final, puisque le vainqueur promet plus pour l'avenir que son vaincu du soir. Beaucoup de promesses initiales dans ce duo doublement latin et pas si courant que ça. Pour un résultat conforme aux réputations des uns et des autres: beaucoup de bruit de rien, que de la frime, que de la gueule. Retour sur un match au niveau de jeu aussi insupportable que l'odeur actuelle des rues de Naples.
Italie-Espagne: 0-0 (Espagne vainqueur aux TAB: 2-4)
Vamos a la playa
Attention, image trompeuse ci-dessus: l'insupportable amateur de pirouettes, cabrioles et coups de pute dans le dos, j'ai nommé: Vega, n'était visiblement pas de sortie hier soir et n'avait pas de maillot rouge sur les épaules. Pour les anciens inconditionnels du jeu Street Fighter, je rappelle que cet homme à couettes au masque de fer était un des combattants de ce célèbre jeu de baston repris plus tard au cinéma, avec notamment Feu Raul Julia (Mr Adams) pour camper le personnage du boss-ultime-de la-mort-qui-tue Mister Bison et l'inimitable Jean-Claude Van Damme, dans le rôle adapté d'un Guile devenu le Colonel William F. de la FORPRONU (un gentil, donc). Tout ce long étalage pour en arriver à un constat du soir: l'Espagne aurait bien eu besoin besoin d'un guerrier tel que Vega, histoire d'imposer sa griffe sur ce match d'ours aux ongles rongés jusqu'au sang.
Gattuso et Pirlo dans les tribunes: excusez du trop-plein aux entournures et du trop-vide créé au sein d'une Squadra, orpheline à la fois de son créateur et de son nettoyeur de service. Comment digérer ce double défaut avec les "forces" en présence? Réponse: un bloc compact autour du milieu tourné avant tout vers la défensive, puis un signe attendu de la
Madone sur un malentendu de Luca Toni. Canonnier de service dans son Bayern et toujours bredouille dans cette compétition à l'orée d'un duel chaud comme la braise. Croyait-on, du moins.
Retour sur une récente confrontation entre les deux équipes: Villa avait offert la victoire à la Roja un mois plus tôt, dans un premier Espagne-Italie conclu sur un petit score de 1-0 mais qui n'aura finalement pas à souffrir de la comparaison avec ce quart de finale de la peur. La quinzaine de litres d'huile d'olive produite par les équipes en présence ne devant contribuer ni à l'adhérence au sol, ni à l'adhésion de supporters écrasés par la torpeur. Oh
Madre dio, quel triste match sans
corones de part et d'autre ... pour résumer l'ensemble.
Citons un peu, en attendant: "Tel s'est fait enterrer à cent ans, qui mourut dès sa naissance; il eut gagné d'aller au tombeau dès sa jeunesse, s'il eût vécu du moins jusqu'à ce temps-là", disait Rousseau dans son
Emile (sans Images, à l'époque). Même sentence pour la punition visuelle d'hier soir: l'arbitre eut gagné à décider que la partie commençât (subjonctif, svp) par la séance des tirs aux buts; l'Italie eut gagné ainsi du temps pour rentrer a la casa dès avant les premiers coups de sifflet, si elle eût de bonnes raisons du moins de rester sur le territoire suisse jusque là ... Même pas sûr, pour qui consent malgré lui à se rappeler les vilaines prestations précédentes d'une Nazionale au jeu en berne. Pénible confirmation hier soir, où la capitale de Coucouland avait un nom tout indiqué pour accueillir ce match funeste.
Un match de foot, ce dimanche soir? Une sieste dominicale, plutôt. Encore que celle-ci repose, tandis que celle-là a assommé ... indigent, désolant, consternant, repoussant, énervant ... les hyperboles s'imposent d'autant plus lorsque les goûts deviennent délicats et les palais difficiles. Difficile en effet de passer de cavier à pâté Olida, après un Russie-Pays Bas classé cinq étoiles qui jure comme pas possible avec le taudis une étoile proposé ce dimanche soir. Rien, ou si peu à dire concernant des phases de jeu limitées à un bouchon d'autoroute sur le milieu de terrain. Six joueurs espagnols autour du rond central, sept Italiens regroupés autour de leur surface de réparation ... n'en jetez plus, la messe est dite. Vive la laïcité.
No future, au-delà des poules; jamais. Statistiques à l'appui, poussant le vice de forme jusqu'à un fatal verdict des dates.
Une statistique intéressante prévoyait de nouveau le pire pour la sélection ibérique.
22 juin 1986: défaite de l'Espagne en quarts du Mondial mexicain contre la Belgique, après les tirs aux buts (tiens, tiens!);
22 juin 1996: défaite de l'Espagne en quarts de finale de l'Euro anglais comme l'équipe hôte, après les tirs aux buts (tiens, tiens!!);
22 juin 2002: défaite de l'Espagne en quarts de finale du Mondial asiatique contre la Corée du Nord, après les tirs aux buts (tiens, tiens!!!)
3 défaites d'affilée des Epagneuls ... jamais 3 sans 4? Si j'étais supporteur espagnol et amateur de statistiques, je sentirai donc on ne peut plus mal une affaire bien mal engagée côté coïncidences numériques. Incroyable, cette régularité fatale constatée dans les dates des rencontres, les scores et le stade de la compétition.
22 juin 2008: défaite de l'Espagne en quarts de finale de l'Euro suisse contre l'Italie .. aux tirs de but?
Bien essayé, mais le sort semble enfin conjuré. Jamais 2 sans 3 pour les Turcs, mais pas de jamais 3 sans 4 pour les Espagnols et c'est vraiment tant mieux pour tout le monde. Ou presque, evidamente.
Une malédiction conjurée au final, mais de quelle manière: une confrontation ibère-natique (ça sent la fin de tournoi) entre Iker la marmotte espagnole, terrée dans son trou jusqu'à un duel final contre son adversaire Gigi la Musaraigne.
Une malédiction italienne confirmée, après une action anodine qui rappelait un cas plus ancien du Mondial 1994. Voir plus loin pour la corrélation fatale. Et salutaire, aussi. Pas de vengeance ni de rancoeur franchouillarde en vue, dans ce qui suit; à la poubelle les équipes tristounettes sans envie ni idées, parmi lesquelles les champions et vice-champions du monde et pour le plus grand bonheur d'une compétition résolument tournée vers l'offensive. Vainqueur va enfin rimer avec joueur ...
Est-ce un complexe d'infériorité chronique, une méforme de ses attaquants, ou un art consommé de l'Italie à faire déjouer ses adversaires qui est à l'origine de ce match bon à fourrer dans mes annales les plus obscures? L'enjeu sur le jeu, la défense sur l'attaque, l'eau sur le feu ... qu'importe la formule tant que l'impression d'ennui longue durée se dégage des lignes à venir. Quelques actions à décrire pour la forme, sans plus d'entrain ...
Une première action dangereuse "dès" la 37e minute, un premier but quasiment fait mais une frappe espagnole qui frôle d'un rien le poteau gauche abandonné d'un Buffon pas doué au point d'avoir trouvé la formule d'ubiquité.
Action litigieuse où Silva se fait marcher sur le bout de la semelle par Zambrotta: info et penalty mérité, ou intox et carton de réprimande justifié?
Puis vint toutefois l'action manga du match, le moment paranormal pour qui veut y voir un signe de l'histoire qui bégaye. Comme aux plus belles années de "Olive & Tom", une belle frappe fusante de Senna des vingt mètres fut repoussée tout d'abord par Buffon avant de lui échapper ensuite des gants, puis de glisser tout doucement vers et sur le poteau droit. Aucun danger manifeste, sinon le souvenir d'un accroc similaire que Pagliuca avait connu lors de la finale du Mondial 1994. Le match avait terminé sur un terne 0-0 et une défaite des Azzuri aux tirs aux buts. Même anecdote, même issue du match? On est "bien" parti pour, dans une soirée qui constitue le reflet-miroir de sa devancière.
A noter à la rigueur une action tiède de la Nazionale, suite à un centre italien du droit que De Rossi était prêt à reprendre par bonheur mais que Luca Toni eut la mauvaise idée de reprendr à la renverse sur sa trajectoire ... une occasion = la plus grosse occasion unique d'une Nazionale digne de l'époque du
catenaccio. Pas de quoi grimper sur le divan du salon, même pour qui a accroché le poster d'Umberto Tozzi juste derrière. Puis plus rien, encore et toujours. L'arbitre siffle la fin d'une première heure et demie aussi réjouissante qu'une comédie italienne des années 70. Comprenne qui voudra.
Prolongations. Les premières bonnes intentions sont espagnoles, à commencer par un trafic pas catholique dans la surface puis un boulet de canon qui rasa le poteau droit de Buffon. Une frappe de baby-foot, mais pas de cassette à la sortie et toujours ce nul qui colle aux semelles puis les paupières.
Une tête parfaite, un coup de boule puissant de di Natale à la Zidane; superbe geste, pareil à celui que le génie Marseillais avait adressé au ballon avant que Buffon ne la dégage d'une incroyable claquette et que Zizou n'en fasse autant sur le thorax d'un certain Materazzi. Même claquette impeccable de Casillas à la sortie, mais pas de coup de boule consécutif de di Natale sur un joueur espagnol.
Seule réjouissance de ce match? Le duel à venir entre deux gardiens de classe mondiale pour la séance prévisible des tirs aux buts. Casillas vs. Buffon, ou l'équivalent d'un Thomas Price vs. Ed Warner pour les fins connaisseurs de mangas surréalistes.
La séance de penalty. Enfin! Le syndrôme Pagliuca (voir plus haut) se dessine et se confirmera, si l'Italie perd à ce énième jeu de dés qui devient sa spécialité des phases finales. Ce sera bien le cas, et les dieux du football ne s'en plaindront pas. Parole de Français, ou pas.
Dans l'ordre des moments charnière: De Rossi victime classique d'un manque d'élan sur son tir et dont le tir ne surprend pas Casillas; tir pourri du pichichi Guïza, en plein centre du but; tir pourri de di Natale, qui décentre à peine un tir presque à ras de terre. Du velours pour un Casillas présent quand il le faut. Après quarante de disette et 24 ans de finale attendue, c'est dire si son rôle pèse lourd sur ses épaules. Présent, le Merengue. Puis vint le tir salvateur du bon canonnier Cesc Fabregas, qui qualifie enfin l'Espagne au bout d'une nuit sans fond et nous promet autre chose que ce pitoyable non-match en vue des demi-finales.
Une bonne occasion pour les Russes de prendre leur revanche sur le premier match de poule, entre autres.
L'Espagne a réglé provisoirement ses problèmes de complexe, même si le non-jeu proposé hier soir n'a pas de quoi la mettre en confiance avant un demi-finale chaud bouillant contre la Russie. Le carton 4-1 du premier tour est déjà loin, d'autant plus loin qu'il avait été administré à des joueurs russes alors privés de leur stratège offensif Arshavin. Une autre paire de manche à venir, donc, mais une promesse de rencontre à la hauteur des espérances placées dans ces deux équipes. C'est déjà ça.
Bonsoir tristesse; bonjour les vacances et tongs de sortie avant l'heure. Au moins ce match déplorable nous aura-t-il donné une raison de choisir un interlude musical à point nommé: un bon "Vamos a la Playa" du groupe Righeira, qui pourrait donner quelques idées de vacances balnéaires à des joueurs italiens bouillus foutus. Toni en tête.
Pareil choix musical s'imposait d'autant plus que Righeira était un groupe ... italien, illustration de la vague disco-pop vert-blanc-rouge du début des années 80. L'occasion pour des Italiens de faire honneur à la langue de Cervantès, à défaut d'avoir fait honneur à leur football.
Il faut être deux pour faire un bon match, diront et ont déjà dit certains; l'élimination de l'Italie constitue quoi qu'il en soit une sérieuse épine enlevée au pied de compétiteurs espagnols autrement plus inspirés et inspirants d'ici jeudi. L'Italie fait déjouer, la Russie fait jouer. C'est déjà ça, et même beaucoup. D'avance, merci.
A la casa, les champions du monde. Et peut-être rencontreront-ils leurs vices-collègues bleus sur la route des vacances, doigts de pieds en éventail et portables SFR éteints. Déjà ça.
F&H
Publié le 22/06/2008 à 12:00 par schangels
Et une surprise supplémentaire, une!
Aucun des favoris des trois premiers quarts de finale n'a su passer le tour et confirmer ce que l'on attendait de lui. Le Portugal? Victime de sa muraille en papier et d'une Allemagne retrouvée. La Croatie? Victime d'une déconcentration cruelle et d'un coup du sort aux allures divinatoires. Les Pays Bas? Victimes peut-être d'une suffisance quasi-congénitale et d'un adversaire que l'on n'attendait pas à pareille fête. Ou presque, à en croire quelques commentateurs dont le nom de Hiddink inspirait bien des paris audacieux. Mais pas seulement: jamais la Russie n'a eu dans ses rangs de talents aussi prometteurs, jeunes et nombreux depuis bien des années.
Des décennies, même, puisque jamais la Russie post-soviétique n'a été capable de dépasser le premier tour d'une grande compétition depuis l'éclatement de l'URSS et l'apparition fantoche de la Communauté des Etats Indépendants. 1994: éliminé au premier tour malgré un dernier baroud d'honneur fracassant contre un Cameroun en fin de cycle. 6-1, puis passent leur chemin. 1998: même tarif. Et j'en passe des statistiques intermédiaires aussi peu reluisantes ...
Le match d'hier soir était l'occasion pour de jeunes Russes de venger une défaite d'aînés sortis d'un autre temps, d'un autre régime politique. 1988, ou la fameuse finale Hollande-URSS d'un Euro entré dans les annales par un second but d'anthologie de van Basten (cf. un billet précédent: "Tableau noir (c'est noir?)"). Adieu l'ère Dassaev-Belanov-Blokhine et ses ballons d'or anti-capitalisés, adieu les exploits d'un pays à taille d'empire et pour une bonne décennie d'inflation glorieuse. Rien, strictement rien dans le palmarès du football russe depuis l'arrivée d'Eltsine, la transition de Lebed et le règne souverain de Poutine. A croire que la Russie ne pouvait confier son amour-propre qu'aux prodiges d'une génération de tenniswomen cosmopolites, aussi belles qu'américanisées et performantes (si l'on excepte côté performance le mirage Kournikova et ses relations troubles avec l'argent facile, les photos de mode et la mafia locale). Gangrénée par une économie-passoire et des financements plutôt opaques, la Fédération de football pouvait-elle compter sur une autre arme que la délocalisation de ses prodiges et un retour sur non-investissement lors des phases finales? Rien de ce côté, contrairement à une équipe de France qui doit finalement beaucoup à l'arrêt Bosman et son principe de libre circulation des travailleurs en zone communautaire, malgré une paupérisation corrélative de son championnat national (soirées-déprime à tendance suicidaire, les samedis soirs à 17h15 sur Canal+) ...
Ajoutez à cela un effritement de la sélection suite à l'effritement du territoire russe, suite à l'indépendance d'une Ukraine qui profitait de l'occasion pour constituer une jeune et solide équipe de techniciens; vous obtenez une conjoncture morose où Shevshenko & Cie volent la vedette à une voisine muette à laquelle le sélectionneur ukrainien Oleg Blokhine avait tant donné à l'époque de la République Fédérale: ballon d'or, champion d'Europe avec le Dinamo de Kiev, et titulaire incontestable de l'ancienne équipe des soviets estampillée "CCCP". Jusqu'à un hiver 2007, où le gaz s'est remis en marche sur le fil du rasoir avant de confirmer sa bonne marche dans un surprenant printemps de l'UEFA 2008 puis de tourner plein pot un premier soir d'été. Un 21 juin: hier soir; si près, si prometteur. Retour sur un événement sportif triplement historique.
Peu sont ceux encore intéressés par la coupe de l'UEFA et le nom de son vainqueur annuel. Le Zenith de Saint Petersbourg en guise de cru 2008, avec son Arshavin prometteur et son sponsor officiel Gazprom bien utile pour maintenir des troupes à l'abri de la tentation d'agents occidentaux. Et si le soleil devait se relever à l'Est, aidé dans son nouvel éclat par un profitable argent trouble? Chelsea en profite bien depuis des années, alors pourquoi en priver son sol national? La preuve sur le terrain; brillante, elle aussi.
Pays Bas-Russie 1-3 (Pavlyuchenko 57e, Torbinskiy 112e, Arshavin 117e; van Nistelrooy 86e)
Plein gaz!
Un soir historique à trois titres, donc:
- première qualification de la Russie pour les demi-finales d'un tournoi international de football, depuis l'éclatement de l'emîre soviétique
- première et dernière défaite inattendue (ou presque, bis) des ogres hollandais dans une compétition qui leur semblait déjà promise, à les voir aussi doués, audacieux et chanceux (jamais l'un sans l'autre, les Turcs en savent quelque chose)
- troisième réussite du sorcier Guus Hiddink avec une sélection nationale, dont la nationalité initiale est toujours bonne à rappeler après le match d'hier contre des Hollandais: hollandaise ...
La première mi-temps n'a pas offert un moment unique de l'histoire du football, à vrai dire: même impression générale que dans le match entre la Croatie et la Turquie, où les deux équipes s'observaient en chiens de faïence avant de lancer quelques fusées sur les ailes. Rien de plus côté hollandais, que ni la réussite ni le talent n'aura éclaboussé dans ce match des désillusions. Hormis Snejder et ses courses solitaires terminées chaque fois en tirs trop écrasés et non-cadrés, on n'a pas vu les cadres à pareille dé-fête depuis le début des festivités oranje: ni Kuyt, ni van Nistelrooy, ni van Persie n'ont su prendre à défaut une équipe russe bien organisée en première période, sérieuse dans sa défense et capable d'inquiéter sérieusement n'importe quelle défense adverse avec ses fusées latérales: Arshavin, Pavlyuchenko, et surtout un Kolodin des grands soirs. Lequel Kolodin nous rappelait presque au souvenir menaçant d'un Boulganine période guerre froide, menaçant le monde entier par ses fusées répréhensives. Même combat pour Kolodin, lequel nous gratifiait de missiles Strelets et BM-25 à quelques vingt mètres du but de van der Sar et à deux reprises. Des patates comme on en a peu vu jusqu'ici, à l'exclusion de la jolie Kartoffel de Ballack contre l'Autriche mais à la différence près que les engins envoyés hier soir l'étaient en pleine phase de jeu non-arrêtée. Plus dur de cadrer et trouver la bonne position de tir; d'autant plus de mérite pour un Kolodin dont les bonnes intentions devaient se confirmer plus tard pour son équipe entière.
La seconde mi-temps allait montrer, aussi et surtout, que les deux équipes tenaient bien à tuer le match chacune à leur façon, quoique uniforme: l'attaque, toujours l'attaque appuyée par des milieux offensifs mais que la défense ne se découvre pour autant. Assez de talents devant pour laisser tranquille derrière. Et ce qui devait se confirmer se confirma, alors que les Russes multipliaient les appels sur l'aile gauche. Un bon centre en retrait finissait dans les pieds d'un Pavlyuchenko, dont le plat du pied en pleine course suffisait à prendre à contre-pied le géant pas vert van der Sar. Troisième but pour le joueur du Zenith depuis le début du tournoi; un club au nom bien choisi jusqu'ici, mais sait-on jamais avec ces Hollandais capables de marquer en si peu de temps ...
... le scénario catastrophe croate semblait se reproduire à la 88e minute, où van Nistelrooy reprenait de la tête un bon centre en profondeur qui passait devant le nez de la défense russe et terminait sa course dans les filets côté droit. Honneur soit fait aux lancées récurrentes de Snejder sur le flanc gauche, qui auront donc fini par payer avec un centre en profondeur repris par "Ruuuddd" ... van Nistelrooy; ou le modèle typique de l'attaquant transparent un match entier avant de sortir de sa tannière au moment fatidique. Encore un coup de poignard du Merengue, au moment le plus opportun. Car il était temps, à l'image de cette supportrice batave sur qui les projecteurs se braquaient avant le centre et dont la mine aussi concentrée que constersée en disait long quant à l'état de santé de sa sélection chérie: blafarde, empruntée et visiblement coincée aux entournures une heure et demi durant, moins cette minute providentielle qui relançait plus que des espoirs côté van Basten. Comment imaginer que la Russie ne soit pas démoralisée, dépitée et défaite par avance avec ce but de dernière minute (ou presque)? Le fatalisme russe n'a pas fait effet, pourtant; la "faute" peut-être à ce Raspoutine du football, Guus Hiddink, que le but semblait laisser de marbre malgré le coup derrière la tête qu'il aurait dû représenter. Fin du temps réglémentaire, puis début des prolongations pour la seconde soirée consécutive. Les Russes avaient de quoi s'en mordre les doigts: tant d'occasions chaudes pour si peu de réussite; un van der Sar toujours à l'affût malgré la vivacité d'attaquants blancs en panne dans la finition; des missiles relancés d'un Kolodin au pied droit de fer ... rien n'y a fait, sans que les jeux soient faits pour autant devant autant d'inefficacité et malgré tant de talents individuels. Au service d'un collectif fluide qui se connaît (7 ou 8/11 des joueurs de champ issus de la même équipe du Zenith) et trouve des solutions sans aucun problème. Les prolongations à venir, malgré tout.
Et la lumière vint des deux
komsomols nouvelle vague: Arshavin et Pavlyoutchenko. Peu importait au final une action litigieuse conclue par un penalty non sifflé sur Zyrkhov ... peu impoertait au final la guigne systématique après une dizaine d'actions, signe classique d'un sort qui semblait scellé avant la demi-heure pour une équipe incapable d'attraper le wagon lorsqu'il lui était promis. La différence se fit par cet étincelant Arshavin, toujours à son zenith dans les deux sens du terme et capable de répondre à une équation bien compliquée pour Français et Italiens: comment lober un van der Sar? Réponse: en l'attirant hors de son but avant de centrer au poteau opposé; malin, mais aussi et surtout efficace. Pris de cours, le gardien ne pouvait pas empêcher Torbinskiy de pousser le ballon au fond des bus et d'une piquette astucieuse. 2-1 pour les Russes, contre toute attente des habitués de la malchance fatale. Le mérite et le talent ont fait parler la poudre, hier soir, tandis que les missiles à répétition de Kaladin auraient bien mérité de trouver le cadre afin d'entrer dans le Panthéon des éclairs de génie du football. Le ballon de volley nouvelle mode aidant, j'avoue ne jamais avoir vu de baramines aussi pures et violentes de ma vie de spectateur assidu. Dommage, mais l'essentiel n'était pas là car la Russie sut tuer le match en profitant de derniers contres de l'espoir côté Oranje: une récupération du joyau Arshavin côté droit devait propulser un ballon entre les jambes de van der Sar, auquel personne ne pouvait conseiller jusqu'ici d'acheter du grillage et qui devait s'incliner devant le brio et la jeunesse. Plein gaz, à double titre et pour le grand bonheur d'un pays peu habitués aux exploits du ballon rond depuis vingt ans. L'amour du beau jeu et de la jeunesse audacieuse inciteraient à souhaiter leur victoire finale, histoire de devancer leurs illustres héros des années 80 et entrer dans la grande Histoire du palmarès des vainqueurs.
Et pourquoi pas, désormais? Inutile de répéter le fameux Paradoxe de l'Imprévisible, appliqué depuis une semaine dans mes pronostics foireux et susceptible de contrarier les issues de matchs les plus attendues. Prudence, donc, mais il y a quelque chose dans cette Russie qui plaide en sa faveur bien au-delà de ses "voisines" de la Grèce et de la Turquie: de la Grèce, parce que la vainqueur de l'édition 2004 n'avait vraiment, vraiment pas le don du ballon rond et le goût prononcé de l'offensive affiché hier soir par la Russie; de la Turquie, parce que la providence qui semble toucher les protégés de Fatih Terim s'avère bien plus fragile que le jeu produit par les enfants du sorcier Rasp-Hiddink-outine. En deux mots:
- 2004 fut défensif, faute de condition physique parmi les meilleurs attaquants du tournoi; la coupe finit entre les mains d'une équipe au savoir-faire défensif évident, bien que consternant pour le spectateur moyen.
- 2008 est offensif, grâce à des équipes dont les meilleurs attaquants ont suivi une bonne préparation physique à peine émoussée par les championnats nationaux; la coupe pourrait bien finir entre les mains d'une équipe au savoir-faire offensif évident et d'autant plus réjouissant pour le spectateur évident.
A moins qu'Allah ne se décide d'elle-même et à exister pour de bon et à nous imposer un futur triomphe turc aussi imprévu qu'imprévisible ... attendons un peu, avant de virer dans l'irrationnel.
L'histoire russe a quelque chose de l'histoire turque, cela dit. Sortie dans la douleur de sa poule D éliminatoire avec 24 points au total, soit cinq de moins que le leader croate et un petit plus que l'Angleterre, il est toujours bon de rappeler pour la postérité (?) que la dernière journée du 21 novembre 2007 aurait pu sourire à la rivale anglaise: une victoire à domicile contre la Croatie aurait offert le ticket final à la perfide Albion; mais le petit frère slave eut la bonne idée debattre les Anglais sur leur terrain (3-2) tandis que la grande soeur russe battait difficilement Andorre sur le moindre écart de 1 à 0. Un match décisif dans laquel Arshavin devait être expulsé, suite à un contre Andorrin que le petit génie actuel stoppait d'un tirage de maillot tant utile pour le sort final. Un petit anti-jeu aux énormes conséquences hier soir. A ne pas oublier, si d'aventure le périple post-soviétique devait se conclure sur la plus haute marche du podium dimanche prochain. Avec la Turquie en guise de vice-championne d'Europe? Plus difficile à croire, quand on voit l'hécatombe côté infirmerie et suspensions de joueurs; mais difficile à ne pas croire également, quand on voit de quelle panade les Turcs se sont systématiquement sortis jusqu'ici.
Une seconde histoire de ouf après celle du vendredi soir. Le talent en plus, aussi et surtout. Triomphe surprenant, pour qui mise davantage sur le pétrole que sur le gaz. Cela mérite bien un kleine Lied en l'honneur de la ville éternelle, au son des gutturales de Lindemann et des roulements de Tatu. Dure et cruelle, donc sensuelle. Promesse de nuits blanches sur fond de souvenirs rouges et noirs.
Mockba!
**************
Moskau
Это песня о самом прекрасном городе в мире. Москва!
(Eto pyeshnya o samom prekrasnom gorodye v mnrye. Moskva!)
This song is about the most beautiful city in the world. Moscow!
Diese Stadt ist eine Dirne
This city is a prostitute
Hat rote Flecken auf der Stirn
She has red spots on her forehead
Ihre Zähne sind aus Gold
Her teeth are made of gold
Sie ist fett und doch so hold
She's fat and yet so lovely
Ihr Mund fällt mir zu Tale
Her mouth falls to my valley
Wenn ich sie dafür bezahle
When I pay her for it
Sie zieht sich aus doch nur für Geld
She takes off her clothes but only for money
Die Stadt die mich in Atem hält
The city that keeps me in suspense
Refrain
Moskau
Moscow
Раз, два, три!
(Raz, dva, trii!)
One, two, three!
Moskau
Moscow
Посмотри!
(Posmotrii!)
Look!
Пионеры там идут,
(Piionyer tam iidut)
Pioneers are going there,
песни Ленину поют.
(Pyesnii Leniinu poyut)
singing songs to Lenin.
Sie ist alt und trotzdem schön
She is old and nevertheless beautiful
Ich kann ihr nicht widerstehen
I can't resist her
не могу устоять
(Nye mogu ustoyat)
I can resist
Pudert sich die alte Haut
She powders her old skin
Hat sich die Brüste neu gebaut
and has gotten her breasts rebuilt
построила вновь
(Postroiila vnov)
rebuilt
Sie macht mich geil ich leide Qualen
She makes me horny I suffer torment
Sie tanzt für mich ich muss bezahlen
She dances for me I have to pay
я должен платить
(Ya dolzhyen platiit)
I have to pay
Sie schläft mit mir doch nur für Geld
She sleeps with me but only for money
Ist doch die schönste Stadt der Welt
It's still the most beautiful city in the world
Refrain
Moskau
Moscow
Раз, два, три!
(Raz, dva, trii!)
One, two, three!
Moskau
Moscow
Посмотри!
(Posmotrii!)
Look!
Пионеры там идут,
(Piionyer tam iidut)
Pioneers are going there,
песни Ленину поют.
(Pyesnii Leniinu poyut)
singing songs to Lenin.
Ich sehe was, was du nicht siehst
I see what, what you do not see
когда ты ночью крепко спишь
(Kogda t nochyu kryepko spiish)
(if you close your eyes)
Wenn du in der Nacht einschlafen bist
When you sleep at night
Ich sehe was, was du nicht siehst
I see what, what you do not see
когда ты предо мной лежишь
(Kogda t pryedo mnoy lezhiish)
(if you knelt down before me)
Wenn du vor mir niederliegst
When you lay before me
Ich sehe was, was du nicht siehst
I see what, what you do not see
когда со мною говоришь
(Kogda so mnoyu govoriish)
(if you me with the mouth affect)
Wenn du mit mir redest
When you speak with me
Ich sehe was, das siehst du nie
I see what, you never see
Раз, два, три!
(Raz, dva, trii!)
One, two, three!
Refrain
Moskau
Moscow
Раз, два, три!
(Raz, dva, trii!)
One, two, three!
Moskau
Moscow
Посмотри!
(Posmotrii!)
Look!
Пионеры там идут,
(Piionyer tam iidut)
Pioneers are going there,
песни Ленину поют.
(Pyesnii Leniinu poyut)
singing songs to Lenin.
Москва!
(Moskva!)
Moskow!
**************
Mais jusqu'où n'iront-ils pas? Au-delà de leurs frontières immenses, si l'on croit au pouvoir de la finance russe sur des joueurs du terroir aussi bien payés là-bas qu'ici. Une promesse de vent qui tourne ou de puissance qui bascule d'Ouest en Est, le temps d'un match où la Russie a rappelé son existence au monde du football. Fin du fatalisme? C'est bien parti, en tout cas.
Aucun des favoris n'est sorti, donc. 4 sur 4 négatif = 0 pointé à venir?
Il ne reste plus qu'à attendre le dernier quart de ce soir. Attendre un sulfureux un Italie-Espagne sans Gattuso et dont, espérons-le, l'issue ne sera pas aussi tristement fatale qu'à l'accoutumée. Suivez mon regard, direction la Costa del Sol. Olé!
F&H
Publié le 21/06/2008 à 12:00 par schangels

A moins d'être un gros nul en géographie, chacun sait (ou presque) que Bulgarie et Turquie se côtoient dans la région sud des Balkans, le long de la Mer Noire. Or la belle histoire que les uns ont connue semble se répéter chez les autres: revenus de nulle part après une terrible frappe de Kostadinov à la 92e minute de jeu, la Bulgarie chippait la seconde place du groupe éliminatoire à la France et privait la bande à Papin-Cantona d'un Mondial Américain qu'ils voulaient voir mais qu'ils n'eurent donc pas. Revenus de nulle part, donc, la Bulgarie fera tout sauf figuration en terre promise, au point de se qualifier pour les demi-finales et de ne perdre que 2-1 face à une Italie plus tard malheureuse. Un conte de féés que la France finira par reproduire à son avantage, cette fois-ci, un certain 2 juillet 2000 où Wiltord égalisait pour une France revenue elle aussi de nulle part. Une autre histoire ... Idéal pour lancer un petit Gérard Blanc de derrière les fagots, en guise d'interlude musical ... pas encore, pour plus tard (le public n'est pas prêt).
Un conte de fées similaire semble s'écrire avec la Turquie, en effet. Ne pas oublier notamment que la Turquie doit sa qualification pour cette phase finale à deux derniers matchs remportés dans le douleur, dont un obtenu en Norvège (2-1) face à un adversaire concurrent pour le ticket suisse-autrichien. Longtemps derrière cette Norvège et un leader grec déjà oublié, un premier miracle miniature s'était produit avant le tour du groupe A. Il s'est prolongé avec une quasi-insolence contre la Suisse et la République Tchèque. Deux victoires à l'arrachée, deux petits miracles faits maison. Jamais deux sans trois, au tour de la Croatie? Après tout ...
... mon pronostic en faveur de la Croatie: 2-1, ne peut que favoriser les Turcs par avance et porter la guigne sur l'équipe à damiers. Bien à l'insu de mon plein gré. Mais la loi des paradoxes est telle que l'imprévisible le restera lors même que la surprise sera prévue. Un air de paradoxe logique qui profite jusqu'ici à la Turquie et m'a déjà condamné à perdre quelques euros dans mes paris trop probables pour être vrais.
Conclusion synthétique avant un retour sur le match: l'imprévisible a maintenu sa loi d'airain hier soir, mais d'une manière telle qu'elle échappe à toute ruse de la raison. Explication.
Croatie-Turquie: 1-1 (Klasnic 119e; Sentürk 121e) (1-3 aux TAB)
Forts comme des Turcs ... mentalement
Mentalement, mais "sans plus". Car le match n'a pas montré sur le terrain ce que les stars d'hier ont donné à voir; et malgré tout, il aura apporté bien plus de retournements de situation incroyables rien qu'en l'espace de deux ultimes minutes dans un match trop crispé pour se débrider. La foi a primé sur la raison du jeu. Retour sur un énième moment de grâce pour des Turcs devenus maîtres en matière de capitalisation de la confiance. Qui les arrêtera en si bon chemin, sinon la volonté suprême Allah? Oups, pas de fâcherie avec le fantôme laïc d'Atatürk. Retour sur un match de oufs, plutôt.
Sont-ce mes oreilles abîmées par des écouteurs trop souvent vissés, ou le supporter slave dégage une voix rauque et grave qui le distingue de l'Européen occidental? Qu'ils soient Russes ou Croates, la langue slave est peut-être telle que ses sonorités forcent la gorge du locuteur a chercher loin le son produit dans le fond de sa gorge et à jusqu'à l'estomac. Explication phonologique parmi d'autres; toujours est-il que le résultat est impressionnant et dégage une puissance virile prompte à exhorter le joueur de champ. Modric en tête, nouvelle perle d'un football en quête de gloire nouvelle 10 ans pile après un brillant Mondial français. Les cartes ont changé entre-temps, mais la nouvelle composition peut voir venir ...
La Croatie avait Suker, Boban et Boksic dans son attaque; elle a désormais Olic, le miraculé de la médecine Ivan Klasnic (greffé d'un rein de sa mère puis de son père) et le naturalisé d'origine brésilienne Eduardo, cassé en deux avec son Arsenal et privé d'Euro; le milieu de Tottenham Modric, aussi frêle que doué et déjà surnommé le "Cruijff des Balkans"; c'est dire ...
Hormis un coup-franc turc à l'entrée de la surface croate, le jeu va à sens unique et les rouges subissent les assauts des bleus. Pas de siège turc dans l'Ersnt-Happel Stadion de Vienne, pour l'instant: au contraire, les joueurs de Terim subissent et laissent passer l'orage à damiers.
La foudre n'est pas passée loin de leur tête, en tout cas: une énorme occasion croate partie du flanc gauche, avec un Modric à la baguette qui récupère une passe à travers le premier rideau défensif et conclut sa course par une diagonale en profondeur impressionnante de précision; le ballon file devant les deux défenseurs axiaux pour terminer sur le pied gauche d'un Olic malheureux: un tir catapulté dans son élan et à bout portant sur la tranversale, avant qu'un autre attaquant malheureux n'envoie la balle au-dessus de la barre sur un coup de tête pas évident. Modric a de quoi arracher le gazon les genoux à terre et maugréer une poisse qui sent souvent le pâté à la longue. Et pourtant: le gardien croate Pletikosa est au chômage technique depuis un début de rencontré largement dominé par son équipe créatrive, tandis que Rustu a fort à faire pour sa première pige dans cet Euro.
Les longs centres destinés à passer les lignes n'ont pas grand intérêt, sinon à perdre des ballons que les Croates s'ingénient à garder au sol et à transmettre par ses joueurs latéraux. Quelques actions presque dangereuses pour les Turcs et notamment sur un deux contre deux, où Nihat n'était pas loin de récupérer une balle en profondeur et défier en un contre un un portier croate jusque là bien peinard. Le match se relantit par la suite, comme si chaque équipe guettait la moindre faille adverse sans se presse outre mesure. Un rythme bien différent de la cadence infernale contemplée la veille, un match de ceux qui se finissent souvent par des nuls synonymes de prolongation. La mi-temps ne viendra pas contredire cette impression générale, tandis que la Croatie a peut-être le souvenir frais de sa transversale dans un coin de sa tête collective. Deux blocs neutralisés, rien d'autre à dire jusque là. Mi-temps, donc, laquelle conclut des dernières minutes inspides où les deux équipes semblent paralysées par l'enjeu du match. Retour sur Terre après un explosif combat des chefs. Allemands et Portugais n'auraient-ils pas craint ce que leurs successeurs moins capés semblent redouter désormais: la défaite, le coup de Jarnac sur un contre foudroyant? C'est pourtant une constante de cet Euro que de privilégier l'attaque pour mieux défendre; il faut croire que l'esprit offensif est l'apanage des équipes sûres de leurs forces. Pas de confiance manifeste jusqu'ici, chez les Croates comme chez les Turcs. Attendons.
La seconde mi-temps n'est pas du match précédent contre les Tchèques, où les Turcs avaient rejoint la pelouse le couteau entre les dents et la ferme intention d'assiéger la défense adverse. Autre combat dans les cinq premières minutes: . L'occasion ratée d'Olic semble avoir pétrifié le groupe croate, incapable de retrouver des brèches dans la défense et des occasions de tirer sur un Rustu passé à son tour au chômage technique.
Une grosse action de Olic, encore lui, mais un jeu toujours bouclé où le spectre de l'enjeu prime de nouveau sur le jeu. Dommage que personne ne fasse confiance à la manière et préfère la reculade aux avancéessur le flanc. Il reste du temps pour s'y mettre et se vider l'esprit, cela dit.
Un coup franc légèrement excentré sur la gauche dans les 25 mètres, bien enroulé dans la lunette droite par Budan mais que Rustu détourne d'une claquette impeccable. Pas encore cuit, le suppléant de 35 ans. Puis un contre, toujours croate. Lancé derrière la ligne médiane et qui débouche sur une cravate peu reluisante d'un défenseur turc, parti sur la trajectoire de course d'un bolide adverse à une quinzaine de mètres du porteur du ballon. Pas joli, mais utile. Une dernière frappe ratée de Olic et un coup-franc au rebond dangeureux ne changeront rien au score et n'empêcheront pas la première prolongation d'avoir lieu. Bilan statistique: une transversale et quelques cinq tirs cadrés côté croate; aucun tir cadré, aucune action notable côté turc. Le choc des titans n'aura pas eu lieu jusque là. Un Modric d'abord inspiré puis esseulé, face à un Nihat transparent et dont le flair en surface compense le maigre abattage physique. Hold-up türkish en vue, quand on sait le malheur qui s'abat souvent sur les besogneux infortunés. D'autant que l'apanage des attaquants de pointe performants est de savoir se faire oublier avant d'en placer une spéciale.
Première information avant les demis, quoi qu'il en soit: l'adversaire de l'Allemagne sera sans doute moins frais; pas un cadeau face à une Mannschaft modèle Audi TT et qui carbure au super. De source récente tout au moins, et à supposer que la suite soit du même tonneau. Mais les matchs qui se suivent ... on connaît la suite.
Prolongations. Quelle équipe va craquer la première et subir la crampe fatale? La Croatie, d'emblée. Un physique d'ensemble qui rappelle leur premier match pitoyable contre l'Autriche; tout à l'inverse de Turcs encore frais, à qui les faiblesses provisoires de l'adversaire permettent de trouver des solutions en profondeur et tirer à portée de la surface de réparation. Une première banderille de Tunçay qui rase le poteau gauche. Première menace rouge depuis l'intégralité du match, quasiment.
Puis vint la seconde mi-temps de la prolongation, avec ses deux dernières minutes de folie pour la postérité:
- une percée sur la droite envoie Modric à proximité de la surface de Rustu; le gardien sort en direction du ballon, et bien mal le lui prend puisque Modric protège son ballon, centre en pivot et dépose le ballon sur la tête d'un Klasnic promis à devenir le héros miraculé de son pays. 1-0 pour la Croatie à deux minutes de la fin, tandis que Billic est en plein délire et se voit parti pour faire le tour de la ville de Vienne. Trop tôt, car il est écrit que les Turcs ne lâcheront jamais rien du début des poules à la fin de leur tournoi
- alors même qu'un ultime contre croate ratait de peu le KO debout sur un hors-jeu fautif des deux attaquants de pointe, une ultime+1 attaque turque dans l'axe empêche Billic d'obtenir son remplacement et de casser un rythme de jeu promis à sa cause. Que non. Au tour de l'habitué des causes perdues de faire la sienne: une jolie patate désespérée de Semih Sentürk le buteur prodigue, qui passe entre plusieurs jambes croates pour finir dans la lucarne gauche de Pletikosa.
Buteur providentiel contre les Suisses, ce Sentürk sent les bons coups et permet à sa nation d'espèrer encore accéder à des demi-finales d'Euro pour la première fin de son histoire. Un doublé après le coup du Mondial de 2002? Les dimensions moins grandes de l'Europe n'empêchent pas ce tournoi d'avoir plus de prestige, pour autant: le mérite de la Turquie n'en serait que plus grand s'il se sort d'une situation aussi compromise une minute plus tôt. Un truc de géant.
Les tirs aux buts, prévisibles il y a cinq minutes et contre toute attente deux minutes plus tôt. Un sacré scénario auquel les Turcs nous auront habitué depuis le début de leur histoire européenne. Peut-on survivre à ce jeu de roulette russe, face à des Turcs crédités d'un nombre mirobolant de 0 action franche durant l'intégralité du match mais capable de revenir de nulle part malgré tout? Le plomb est dans les semelles croates, tandis que les Turcs continuent de remplir leur album 2008 d'anecdotes surréalistes: victoire dans les arrêts de jeu contre les Suisses; victoire insensée contre les Tchèques, avec un coup de main bien involontaire du portier Cech. La transcendance a choisi son camp, si elle existe; ce n'est pas la chrétienté qui s'en vantera ni n'en fera toute une histoire. Terim et ses potes se chargent du script jusqu'ici. On connaît déjà le titre du film: "Fatih Terim ne renonce jamais", comme aux plus beaux jours des nanars spaghettis sauce western convertis hier soir en Köfte sauce yaourt.
Et la belle histoire d'Anatolie ne fait que prendre de la consistance, après un premier tir raté du petit prodige balkan Modric. Ca sent la malédiction, côté damier.
Des images nobles, pour finir: un entraîneur déchu qui rend hommage à son bouillant homologue vainqueur; des supporters croates qui continuent de chanter et tendre les mains en l'honneur de leurs protégés, malgré la défaite ... on peut tout pardonner à ses protégés, lorsque la manière n'a pas manqué. Promis aux uns, puis gagné au final par les autres, ce quart de finale laissera un souvenir impérissable pour les amateurs de sensations fortes. Après 118 minutes de calme pas loin d'être plat, la sauce a fini par prendre et confirmer la rôle d'outsider idéal de la Turquie. Qui s'intègre, s'intègre avec talent et volonté dans un tournoi européen qui n'a cessé de lui tourner le dos depuis le départ des festivités. Triomphe d'une volonté de fer et d'une hargne salutaire dès que la maison brûle. Chapeau, quoi qu'il en soit.
Grosse parenthèse en l'honneur des perdants du soir. L'image de gamins perdus sur le terrain et hurlant de tristesse, puis un entraîneur paternel parti à leur rencontre pour les consoler comme il pouvait ... ce fut beau comme un hymne croate. Mon préféré dans ce tournoi, aussi bien pour son entrain puissant que pour ses paroles charmeuses.
Un hymne national, composé par Antun Mihanovic en 1835 et mis en musique par Josip Runjanin en 1846, l'ensemble fut finalisé par Lichtenegger en 1891 et joué pour la première fois la même année sous le titre "Lijepa nasa" (=
Notre belle). Pas d'arrogance, d'appel à l'hémoglobine ou de supériorité déclarée dans ce texte; juste un cri d'amour qui justifie bien la main posée sur les coeurs:
Souvenir d'un match du Mondial 2006, où le duo Modric-Olic ne figurait pas encore et où les connaisseurs reconnaîtront la présence de l'ex-attaquant Monégasque Dado Prso (avé le katogan). Seules les deux premières strophes sont chantées avant les matchs.
*****************
Lijepa nasa
Lijepa Nasa Domovino,
Qu'elle est belle notre patrie !
Oj junacka zemljo mila,
Féconde mère de héros,
Stare slave djedovino,
A jamais sois fière et chérie,
Da bi vazda sretna bila!
Antique legs de leurs travaux.
Mila, kano si nam slavna,
Notre amour égal à ta gloire,
Mila si nam ti jedina,
Notre amour est seul tout à toi.
Mila kuda si nam ravna,
Nous aimons tes plaines de moire,
Mila kuda si planina!
Tes montagnes au port de roi.
Teci Savo, Dravo teci,
Roule ô Save: tes flots rapides,
Nit ti, Dunav, silu gubi!
Et toi, Danube, hâte ton cours,
Sinje more, svijetu reci,
Azur, à tes rives splendides,
Da svoj narod Hrvat ljubi!
Du Croate dis les amours.
Dok mu njive sunce grije,
Tant qu’au soleil luiront tes plaines,
Dok mu hrasce bura vije,
Patrie, et que sur tes hauteurs
Dok mu mrtve grobak krije,
La foudre ébranlera nos chênes,
Dok mu zivo srce bije
Jusqu’à la tombe, à toi nos cœurs!
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Cette équipe est jeune et promet encore pour un avenir proche, à commencer par un Mondial 2010 où elle devra faire mieux que son simple acte de présence du cas précédent.
Une jeunesse qui mérité d'être connue sur les terrains, côté joueurs et aussi côté supporters ... ci-joint l'hymne populaire favori des supporters croates, tendance rapisante (mondialisation oblige?) mais dont le refrain a ce quelque chose de fédérateur et péremptoire qui vous en impose ... sans parler des images de fond (et surtout de forme) ... jolie, si jolie la Croatie:
Pour l'anecdote, et pour montrer le gouffre abyssal qui sépare l'ambiance entre les Fédération française et croate: un tube rock FM diffusé actuellement sur les ondes croates, de source probante. Avec coach Slaven Bilic à la guitare, s'il vous plaît. Bilic a beau être connu en France pour un mauvais geste simulateur qui a coûté une finale de coupe du Monde à notre "Président" Laurent Blanc, son parcours durant cet Euro et l'engoument qu'il a manifesté au côté de ses joueurs sont tout à son honneur. Le clip de son tube, donc:
Grand amateur de hard rock, le morceau ne laissera certes pas un souvenir impérissable mais illustre bien la symbiose créée entre un jeune entraîneur et ses jeunes poulins. Du sang neuf et de l'ambiance made in Hrvastka ne peuvent pas faire de mal, surtout de par chez nous. Une toute autre ambiance que nos encroûtés du dimanche, aussi compétents que fussent certains d'entre nous. Dans l'ordre: Houiller, Jacquet, Lemerre, Santini, Domenech ... de quoi se marrer si on les réunit tous pour une sauterie d'après-match, n'est-il pas. Non bien sûr; seul le truculent Platoche a tiré quelque peu son épingle du jeu. Ca sent le vermoulu dans la Fédération à Ubu, en résumé ... à bientôt, les Croates, dont le vivier sanguin reviendra sans doute très vite aux yeux du monde.
Parenthèse fermée; provisoirement, je l'espère ...
Le paradoxe de l'imprévisible ne fait que se confirmer après ce match: ma pièce placée sur la Croatie devait forcément tourner en faveur de la Turquie, conformément à la guigne qui me colle aux basques depuis le match d'ouverture. Mais puisque une guigne prévue n'est plus imprévisible, il fallait que la Croatie soit sur le point de se qualifier pour confirmer un bon pronostic que je n'attendais plus. Et c'est au moment où je m'attendais finalement à un pronostic à demi favorable que la Turquie devait entrer en jeu pour déjouer ce que tous les spectateurs prévoyaient à une minute de la fin. Une histoire de fou, un paradoxe total où la moindre de mes croyances provisoires est mise à défaut par les événements.
C'est donc fait: la Turquie sera demi-finaliste d'un Euro pour la première fois de son histoire assez anecdotique de ce point de vue. Place maintenant à la "voisine" allemande et sa vaste concentration d'immigrés turcs. Voilà qui promet dans les rues industrielles. Une chose est sûre: que rien n'est sûr avec ces Turcs tant que le sort semble s'acharner contre elle.
Qui oserait dire ce soir que le sort de ce match est déjà scellé, quand on voit avec quelle insolente facilité les Turcs savent se sortir des situations les plus inextricables? Mieux vaut ne plus rien croire, désirer ou penser pour qui veut voir son équipe fétiche sortir du lot et se qualifier pour la finale. En attendant ... double kebab frite "avec tout" + tournée de Raki pour tout le monde. Un scénario prévisible dans les innombrables commerces du genre de France ou d'Allemagne. Une prévision qui, elle, est prévisible et se confirmera à coup sûr dans les faits. Une telle victoire ne peut que se fêter, en attendant un retour de fraîcheur et une Allemagne qui devra forcément se modifier. La Turquie n'est plus à un miracle près. Elle sera privée de son rempart créatif Tunçay, mais est-elle encore à cela près? Prochain titre du billet pour les demis: "Jamais 3 sans 4"? A quoi bon vouloir prévoir l'imprévisible, vous dirais-je. J'ai retenu la leçon: croire à l'énième surprise turque est le meilleur atout pour une victoire allemande; y croire sans sincérité sera une menace pour la Mannschaft. On vire à l'irrationnel, dans cet Euro qui vire à l'eau de rouge. Ou au rationnel incompréhensible, ce qui ne change pas grand-chose. Un truc de fou, point.
F&H
Publié le 21/06/2008 à 12:00 par schangels
Ouch: du lourd pour commencer, dès le titre.
Nouvelle dédicace à l'ami Grimault: je tiens à m'excuser d'avance pour tous nos amis rwandais, bosniaques, arméniens et autres victimes de déplacements de populations douloureuses. Mais la plume a ses caprices que le coeur n'a pas, et bla-bla-bla. Pardon au cas où pour le titre-choc, donc; mais la formule s'avère adéquate pour évoquer le cas de figure hollandais: l'ambiance est au beau fixe côté Batave, or cela est loin d'avoir toujours été le cas. Victoire ou pas à la clef, là n'était même pas la question.
Explication.
Depuis sa promotion au poste de sélectionneur d'une équipe dont la mentalité était jusque là bien à l'image du pays: individualiste et fermement attachée à jouir de ses droits privés, van Basten a fait du nettoyage et débarrassé le plancher orange de plusieurs joueurs-cadres scindés en deux clans erratiques: les joueurs Noirs, issus de l'ex-Guyane hollandaise, ou Surinam; les joueurs blancs, issus du terroir depuis plus longue date. Problèmes de xénophobie tenace chez les footeux hollandais? La colère conduit souvent aux arguments les plus blessants, sans plus; qu'importe, mais Marco semble avoir trouvé une solution qui ne plaira pas aux
afficionados de la mixité.
Pas si lointaine que ça, l'époque où van der Sar plaçait un crochet droit à l'un de ses coéquipiers "de couleur" au sortir d'un huitième de Coupe du Monde 98 pourtant remporté. Même prise en flagrante dissension, la Hollande savait se hisser toutefois jusqu'aux quarts ou demis. On ne peut pas en dire autant d'une équipe de France où le courant ne semble pas avoir passé entre quelques jeunes loups (Benzema, Nasri) et vieux grognards (Thuram, Makélélé). Le conflit peut être salvateur s'il permet d'éclairer les esprits. Eclairer quoi, chez nous? Pas de polémique. Retour sur le cas batave.
Le purgeur-sélectionneur n'y a pas été de main morte dans le choix des congédiés: Overmars, les frères de Boer, Cocu et Zenden, d'un côté; Kluivert, Melchiot, Edgard "Haffleloo" Davids, puis Seedorf qui renonce à la sélection parce que brouillé avec le sélectionneur. Départs mi-blancs mi-noirs, mais un remplacement par de jeunes blondins qui font de l'actuelle équipe néerlandaise un groupe bien plus soudé que lors des sorties précédentes.
On est loin de l'ambiance black-blanc-beur à la Française, dans ce groupe de surdoués où la victoire ne s'obtiendra manifestement pas sur fond idéologique de creuset réussi. Faut-il être pragmatique pour avoir la paix, et la fin justifie-t-elle les moyens? Des questions issues d'un pays des Lumières où la brillance du passé jure avec l'odeur rance du présent.
La Hollande gagne et a la côte, après avoir lavé son linge sale en privé rendu public et réglé d'un problème multi-ethnique qui le rongeait en profondeur. Pas de morale finale à l'eau de rose, mais une probable victoire finale à la Heineken d'Oranje. La France n'a pas ce problème, mais elle a perdu et l'a eu dans le cul; pas plus que la Suisse et ses quelques étrangers d'origine africaine et turque, mais elle a perdu. Réponse pragmatique pour des effets très efficaces jusqu'ici. Comme quoi l'ambiance interne est une condition indispensable à la réussite d'un groupe. Cohésion ethnique ou pas, le résultat est là. Le Hollandais serait-il raciste, méchants les blan-blancs? Un problème de fortes têtes qui s'évalue sans doute dans les deux sens. A moins que le mal ne vienne d'individus égotistes plus que d'un taux de mélanine trop ostentatoire pour ne pas faire l'injuste différence. Un problème vieux comme le monde de Durkheim.
Tout n'est pas noir ou blanc non plus, quand on cherche le fin mot au milieu des affaires d'amour propres.Ce n'est pas un problème ethnique qui oppose l'entraîneur van Basten à sa perle madrilène Ruud van Nistelrooy, en froid depuis plusieurs années au point que le dernier avait refusé de porter le maillot orange pour ces raisons de discorde. Bonne idée d'être revenu, même si l'ambiance est toujours au laid fixe entre les deux personnages. Quand la raison de l'Etat l'emporte sur les affinités électives, la Hollande met ses querelles entre parenthèses et en profite pour corriger, voire se défouler sur ses adversaires afin de mieux faire passer la pilule. On peut faire du nettoyage ou mettre la poussière sur le tapis, en attendant de soulever le trophée final.
Et la musique, dans tout ça? Un gentil "Black or White" de Michael Jackson eut été de bon ton pour détendre l'atmosphère et décréter la promesse d'un monde meilleur ... pas la peine si c'est pour finir comme lui: dans la grisaille la plus complète et décadente. Parce que l'Europe entière regarde ce florissant Royaume d'Orange (rendez-vous ce soir!), et parce que le morceau à venir aurait de quoi détendre l'atmosphère (malgré les apparences premières du clip): un petit "Somebody's Watching Me" devrait faire l'affaire et rappeler quelques vieux souvenirs des années 80 à certains. Le tout chanté par Rockwell (aucun lien avec Norman), fils du créateur de la Motown Berry Gordy (ça aide) et dont le tube de 1984 avait été accompagné sur les refrains par Michael et Jermaine Jackson. "Hiii-hiii!":
Quoi qu'il en soit, cette guerre permante des clans de couleur apparaît comme un cas sociologique intéressant et rappelle que le football est un sport d'hommes comme les autres (ou presque), forts de leurs faiblesses et de leurs méfiances culturelles. Pour ainsi dire, en attendant le triomphe d'une équipe parmi les meilleures dresseuses de ballon rond. Noir
et blanc, celui-là. Sophisme?
F&H
Publié le 20/06/2008 à 12:00 par schangels
Trop la
Topklasse, les gars!
La Rochefoucauld disait des philosophes qu'ils savent guérir des maux passés et des maux futurs, mais jamais des maux présents. Idem pour les économistes: on dit d'eux qu'ils savent expliquer les crises du passé et de l'avenir sans jamais prévoir les crises du présent. Il en ira de même dans ce qui suit, concernant l'issue d'un match somme toute prévisible
a posteriori mais dont ma pomme n'avait pas soupçonné l'issue prolifique. Plus facile d'analyser après coup, à défaut de faire mieux. Encore un pronostic foiré; une quasi-tradition depuis un début de tournoi aux scores décidément insaisissables. Pas pour tous, enfin je me comprends. Une constante, toutefois: un premier but doublé d'un arbitrage au silence contestable sur la poussette évidente de Ballack. Mais que font les juges de touche, sinon tendre le bras? Une habitude ténace dans cet Euro, entre des hors-jeux qui ne le sont pas et des fautes dans la surface qui ne sont pas sifflées. A quand une victoire majeure, nette et sans bavure? L'arbitrage n'est pas le grand vainqueur de la compétition, loin s'en faut en tout cas. Mais ne minorons pas le mérite allemand à venir.
Quand le Ronaldo dort, les Allemands dansent ... sans le maladroit plombé Mario Gomez, laissé pour de bonnes raisons sur le banc de touche. Un choix logique de Löw, qui ne prenait pas de grands risques sur ce coup et que le résultat d'hier soir n'a fait que justifier. La logique a encore été inversée, dans ce quart de finale promis d'abord aux plus talentueux. Mais il y a talent et talent: talent individuel et savoir-faire collectif. J'avais parié sur la primauté du premier genre; c'est le second qui a fait parler la poudre. A trois reprises, excusez du peu. Illusions optiques, peut-être aussi: qui aurait pu prévoir une petite défense portugaise à peine entamée dans ses matchs de poule, sinon contre une petite Suisse dont la victoire sur des coiffeurs ne voulait rien dire ni ne risquait d'inquiéter une équipe sûre d'elle. Et pourtant ... un match à valeur de reflet-miroir, aussi bien pour une Allemagne revogirée que pour un Portugal rendu transparent. Qui eut pu le prévoir vraiment, si l'on excepte la clique des Schulz et autres Jürgen acquis à la cause germanique? Note pour plus tard: on ne peut bien jauger une équipe que si tous ses postes ont été mis à l'épreuve, défense incluse. Incarnation des équipes par trop dominatrices, le Portugal a fait illusion pour avoir brillé par ses attaquants tandis que sa défense et le gardien roupillaient sur un bâton de maréchal. Réveil douloureux sur fond de manifeste du réalisme à l'allemande. Le théorème de Lineker aurait-il repris des airs de validité récurrente? Si l'on excepte le yaourt bulgare de 1994 et deux Euros ratés consécutifs en 2000 et 2004, le palmarès allemand impressionne même lorsque son effectif n'a rien de flamboyant. Témoin un titre de vice-champion du monde en 2002, pour des raisons de fraîcheur physique cependant moins méritoires que cette année.
Ne pas trop s'emballer pour autant, ne pas reconstruire de nouveaux systèmes du monde après chaque rencontre provisoire. La vérité d'un match n'est pas nécessairement celle du suivant ... les truismes ont la vie belle dans cet Euro. Le décor est planté en tout cas, tandis que le drapeau de la
Bündnis prend ses aises sur la table des grands. Combien de temps? A chaque jour sa logique générale, semble-t-il ...
Allemagne-Portugal: 3-2 (Schweinsteiger 22e, Klose 26e, Ballack 61e; Nuno Gomes 40e, Postiga 87e)
Forts comme un Löw(e)
Un match kolossal, une jeune garde de fer, un pressing sans faille, des phases de jeu dignes de la Playstation ... rien à dire, ou presque. Pour qui n'a pas fait d'allemand au collège, il est bon de savoir que "Löw" est la forme contractée de "Löwe", qui signifie "lion" et dont coach Joachim n'a pas usurpé le titre en l'état actuel des choses. Son équipe a retrouvé assurément une
Weltklasse perdue de vue depuis une bonne décennie, malgré un palmarès intermédiaire quelque peu trompe-l'oeil et face à un Portugal vite dépassé, trahi par une défense-gruyère qu'un esthétique Cristiano Ronaldo avait su faire oublier jusqu'ici. Pas tous les jours un simple match de poule, non plus. Une sortie prématurée, tout de même. La
Topklasse Löwe, donc, dont le style à la fois branché et détendu jure avec la rigueur des clichés germaniques et rappelle quelque part le regretté Falco de la pop allemande version 70-80. Souvenir, souvenir, avec un bon vieux "Herr Kommissar" dont j'avais gardé quelques bribes de souvenirs brouillés depuis une vingtaine d'années:
"
Alles klar, Herr Ronaldo? Par ici la sortie, ce soir c'est nous qu'on frime et sans le gel sur la
Kopf. Gute Nacht, Jungs ...".
L'Allemagne ou l'histoire d'une équipe au parcours provisoire dents de scie, passée en une semaine du régime bretzel & boulettes de viande à celui de Red Bull & patate dures ... passée de lumière à ombre d'elle-même puis redevenue lumineuse, l'Allemagne montre d'emblée qu'elle ne va pas subir le jeu comme elle s'est vue contrainte de le faire sept jours plus tôt. La défense: double rideau épais où l'attaquant adverse ne passe pas ballon au pied. Le milieu: des services de Ballack et Hitzlsperger vers de bons relais sur les flancs gauche et droit. Ca court, ça passe précis, ça tire. Impression bien différente de celle laissée les deux matchs précédents. Jeu de dupe de Löw, qui a fait mettre le pied sur la pédale entre-temps pour mieux relancer la machine le soir des quarts? Le jour et la nuit entre l'Autriche et le Portugal, quoi qu'il en soit.
Puis ça marque: un but d'arrache-pied signé Schweinsteiger, après un rapide une-deux côté gauche qui finit par un centre-tir repris en glissade du poète de service. Viré face aux Croates, le blondin a bien récupéré et le fait sentir.
1-0. La "poiche" pour le Pouwtougââl? A peine encaissé un premier but que Joao Mutinho écrase son pied sur le ballon en mouvement et en subit le contrecoup dans son genou. Pas de seconde guigne post-Ribery, ce soir: le milieu revient et récupère. Fausse alerte rouge pour les artistes, même si les Allemands ont la bonne idée de concilier puissance physique et vitesse d'éxecution. On s'attendait à voir cette seconde qualité chez l'adversaire; que non. Les Allemands trustent tous les mérites jusqu'ici, et même plus ... un second but signé Klose, sur un coup de pied arrêté dont l'ex-star du Werder est toujours gourmand mais qui profite surtout d'une défense aux abonnés absents. Pas de rigueur portugaise: l'Allemand en tire avantage et signe un 2-0 plutôt inattendu.
2-0! Les matchs se suivent et ne ressemblent pas, de toute apparence. Encore un pronostic pourri de ma part, mais sait-on jamais avec ces génies dribbleurs. Sortie de Mutinho, finalement et pour un changement forcé qui en rappelle d'autres plus macabres du mardi soir.
Mais le talent offensif plus fort que la défense: une virée sur la droite met Lehmann en évidence mais dévie le ballon sur Nuno Gomes qui, enfin, plante son premier but dans un but vidé de son gardien parti dans une grosse vadrouille pas drôle.
2-1: scénario intéressant et inédit dans ce tournoi pour les deux forces en présence. L'Allemagne va-t-elle tenir le score et résister à la confiance retrouvée d'un adversaire qui ne manque pas de talent sous les semelles? Le Portugal n'est pas habitué à courir après le score, cependant. Paramètre mental à ne pas négliger, alors que la mi-temps approche et que les Fridolins se sentent forcément pris en tenaille entre un souci de conserver l'avantage et une envie de le creuser. Cristiano Ronaldo commence à faire des siennes et à perforer la muraille défensive par le flanc gauche, avant de décocher une frappe enroulée qui longe le poteau droit opposé. Mi-temps sifflée. Les Allemands peuvent souffler et reconstruire pour la suite une stratégie sur mesure anti-talents des surfaces. 15 minutes de repos = 15 minutes de sursis? Ca promet pour la suite.
Que voici. Une première série de poussées portugaises qui ne donnent rien d'autre que des transformations de pénalités, tandis que les toutous de service Larqué-Jeanpierre continuent de chercher la caresse sur la tête d'un maître Arsène qu'ils questionnent poliment. "Hein, Arsène?", "N'est-ce pas, Arsène?", "Qu'en pensez-vous, Arsène?" Mais piquez-les donc, les deux blaireaux d'un mauvais duo Bouffon & Paillasson! Et tandis que l'autorité faite homme-Wenger distille ses leçons de football à deux nos chienchiens serviles, le Portugal continue de chercher la faille. L'Allemagne attend, elle n'attaque plus. Comment tenir aussi longtemps sans planter de banderilles de protection? Puis surgit Ballack: nouveau coup de pied arrêté en diagonale, nouvelle déroute d'une défense portugaise dont le coupable direct est poussé dans le dos par le buteur de sortie. Pas très chrétien, mais diablement efficace et qui permet à des Allemands jusqu'alors prudents de faire le break.
3-1. Gros score, déjà, mais pas dans le sens prévu par une majorité de spectateurs dont je fais partie. J'imagine à cet instant l'ami Uwe gesticuler devant le poste, la bière joyeuse à la main pour fêter l'événement avec ses Bruder sur des airs de Humpapa. Le Portugal, un genou et demi à terre. Quelle réaction, pour des joueurs condamnés à rejouer le mythe de Sisyphe? Difficile de récupérer après avoir flirté l'égalisation. D'autant plus lorsque le ballon circule très bien côté adversaire et jure par rapport à la poussive Mannschaft défaite 2-1 par les Croates. Un autre visage, une autre condition physique, des intentions toutes autres ce soir. La glorieuse incertitude du sport, dira-t-on une fois encore.
Plus que vingt minutes à jouer. Encore jouable? Au bijou mancunien de se montrer pour justifier sa réputation, si possible. Pas d'action de génie à son crédit, face à une défense en ligne aussi mobile que bien regroupée et qui ne laisse que des miettes de tirs trop écrasés à un adversaire bien mal barré. Une leçon de vocabulaire, aussi: être en place ne veut pas dire être dans la place mais signifie que le défenseur s'adapte à la circulation du jeu. Les pieds portugais sont plombés, pas encore remis de l'écart creusé. Ils frôlent la gangraine sur un missile signé Podolski, d'une frappe des 20 mètres que l'on sentait venir et qui frôlera un poteau droit délaissé par son portier. Un éclair de beauté passé par loin.
Mais le suspens aura le dent dure, jusqu'au bout. Joli travail de Nani sur le flanc gauche, qui met trois adversaires dans le vent vers l'intérieur avant de déposer une cerise sur la tête de Postiga.
3-2: second retour des Lusitaniens dans le rétroviseur allemand. Trop tard, trop loin. Les Portugais savent garder le ballon au pied, sans trop savoir quoi en faire et faute de trouver une faille dans la toile d'acier germanique. Un sacré travail de couverture défensive que l'Allemagne n'avait pas illustrée à pareil niveau depuis longtemps. 1996, pas moins. Jeune et disciplinée: du velours en peau de porc.
Fertig: un 3-2 final qui fait plaisir à voir au compteur et montre de nouveau les illusions créées par des équipes offensives comme le Portugal. S'il ne suffit pas de savoir défendre, il ne faut pas le négliger pour autant et ajouter une bonne DCA aux artilleurs de service. Une anti-France, pour ainsi dire: obnubilée par un jeu défensif et attachée avant tout à ne pas perdre plutôt qu'à gagner, la défaite ne pouvait finalement que sanctionner un supposé point fort en pleine décadence.
Conclusion: l'équipe championne d'Europe 2008 devra savoir défendre sans oublier d'attaquer. Le beurre et l'argent du beurre? L'avantage des équipes encore en présence est de privilégier le jeu sur le résultat, l'attaque sur la défense. Gage de sécurité pour des spectateurs souvent lassés de stratégies craintives, plus recroquevillées et restreintes à de maigres contres qu'à une récupération d'un milieu offensif en soutien des pointes. 2, si possible et pour éviter un seul attaquant esseulé. La Russie? Pavlyoutchenko, Arshavin. La Hollande? Citer les buteurs potentiels serait trop fastidieux ... l'Italie? Une des seules équipes susceptibles de casseer le jeu pour privilégier son jeu de défense. Brûlons des cierges et prions pour que Fernando Torres confirme ses bonnes dispositions.
Il est dit que cet Euro sera à l'honneur des attaquants, quoi qu'il en soit. Enfin, et sans que les tactiques intelligentes soient négligées pour ce faire. Le milieu prend de la consistance et lorgne vers les attaquants latéraux. Une jolie ère de jeu qui nous est promise jusqu'ici, côté tableau noir des bons jours qui scorent. Pourvu que ça dure.
Reste plus qu'à attendre la suite des réjouissances pour l'Allemagne, le moral forcément gonflé à bloc après une victoire contre l'un des grandissimes favoris du tournoi. Suivant!
Turquie ou Croatie? Une décision incompréhensible de l'UEFA a voulu que deux équipes issues des mêmes poules puissent se retrouver dès le stade des demi-finales.
Croatie? On attendait un France-Italie; on aura droit peut-être à une seconde revanche permise ses Allemands contre des Croates bourreaux à deux reprises. La première fois en 1998, sur un 3-0 cinglant qui sonnait le glas d'une génération Bierhof championne d'Europe 96; la seconde fois il y a de cela une semaine, lors d'un second match de poule qui semblait montrer les limites du jeu allemand face à des adversaires plus rapides et vivaces que sa lourde artillerie. On sait ce qu'il est advenu entre-temps, Autriche et Portugal digérés consommés.
Turquie? Un original Allemagne-Turquie aurait des allures de France-Algérie, niveau de jeu exclu. Les kebabs berlinois vont tourner à plein si cette rencontre est la bonne, quand on sait que les Turcs sont les premiers immigrés extra-européens sur le sol allemand. Un événement peut-être terni par six absents côté turc, parmi lesquels un créateur Emre toujours convalescent et un défenseur Servet-tolier essentiel jusqu'ici mais grillé pour ce quart. La miraculée du premier tour ne devrait pas entamer son quart à armes égales, donc. Une petite pièce sur la Croatie, en conséquence; un avantage pour la Turquie en conséquence, pour qui a suivi la justesse de mes pronostics depuis le début du tournoi.
Une semi-surprise allemande, mais une surprise tout de même. Le problème des paradoxes est de toujours glisser entre des raisonnements aussi subtils soient-ils: prévoyez l'imprévisible et c'est le prévisible qui arrivera, précisément parce qu'il ne devait pas arriver ... Que dire alors de la Hollande et son football-champagne, maintenant que le favori portugais a brouté l'herbe de Bâle et relancé la glorieuse incertitude du sport? Au moins ceci: la défense orange a montré des faiblesses face aux Bleus, et la victoire écrasante ne doit pas oublier que ces Pays Bas ne vainquent que s'ils sont capables de marquer. On attend le premier adversaire capable de dresser une muraille et lancer des banderilles susceptibles de surprendre de jeunes défenseurs bataves peu aguérris à la grande compétition. L'occasion rêvée pour les Russes? Peu de monde les attendait en quarts, très peu de monde les attendra en demis. A moins de passer par-dessus le rouleau compresseur des Oranje; mais la vivacité des deux aigles bicéphales de pointe (voir le billet précédent) ne devrait pas s'ajouter à une défense tous risques. Tant qu'il y aura des passoires en face de van Nistelrooy & Cie, la Hollande vaincra et passera les tours sans trop de mal. Mais sait-on jamais désormais: la vérité d'un soir n'est pas ... on connaît la suite, confirmée ce soir encore par une Mannschaft impeccable. Carrée, disciplinée, Black&Decker. Un retour de la Grossdeutschland sur l'échiquier européen, donc mondial?
A ta santé, Uwe. Il me reste toujours le Picon et le Bailey's pour oublier les déboires de la bleusaille, de mon côté. Combien de spectateurs pour assister à l'opération de la cheville de Ribery? Arte et CuisineTV devraient se disputer les droits de diffusion. Que du bonheur. "Prosit", Mann!
F&H
Publié le 19/06/2008 à 12:00 par schangels
La gueule de bois cocardière n'empêche pas de garder la paupière ouverte pour mater les matchs restants de la compétition. Car le meilleur est à venir et dès ce soir, où le Portugal affrontera l'Allemagne. Mon pronostic personnel: 3-1 pour les Lusitaniens. Les matchs se suivent et se ressemblent ou pas, peu importe: l'expérience récente d'une gross
Panzerdivision tombée sur un os croate m'a convaincue d'une chose: que la
Mannschaft est bonne lorsqu'elle impose son impact physique mais souffre lorsqu'elle affronte des adversaires vifs capables de monopoliser le ballon. Ce fut le cas de la Croatie; ce devrait être encore plus le cas du Portugal. Nous verrons.
Informations du côté de l'infirmerie, en attendant: Ribery devrait accuser le coup d'un arrachement d'un ligament du dessus de sa cheville gauche. Un moindre mal, semble-t-il.
Retour sur les matchs d'un soir semi-surprenant, triomphes d'une Russie et d'une Espagne où l'une retrouve enfin la patate et l'autre la maintient.
Suède-Russie: 0-2 (Pavlyoutchenko 24e, Arshavin 50e)
Impériale
La Russie? Un amalgame de talents bruts, toujours attendus mais jamais capables d'être à l'heure lorsque le train passe ... trop de laisser-aller en général, trop d'indiscipline à la sortie. Serait-ce l'effet de primes sorties de poches d'oligarques; serait-ce l'éclosion d'un vivier de jeunes surdoués; serait-ce la confirmation de bons résultats européens pour son club-phare actuel, le Zenith (bien nommé, pour le coup); toujours est-il que la Russie a enfin été au rendez-vous des grands soirs et trouvé le moyen de sortir de sa poule. L'aigle bicéphale russe a deux noms: Pavlyoutchenko et Arshavin, souvent cités en exemple offensif mais pour qui tout restait à faire afin de justifier les espoirs placés en eux. Confirmation devant la Suède.
La Suède? Habituée à sortir des poules sans trop d'encombre, nous n'aurons pourtant pas le plaisir de mater les supportrices suédois dans des tribunes des quarts de finale où s'entasseront leurs bourreaux du soir. Triste soupir. Encore que les supportrices russes n'aient que peu à envier à leurs voisines d'un soir (jusqu'à la moitié de la trentaine).
La Suède? Quelques souvenirs linguistiques d'une option suédois en 2e année de philo, dont la question classique:
Varifrån komer du? Traduisez: "d'où viens-tu?" Réponse dans mon contexte: d'un pays plombé par le spectacle désastreux de trois rencontre mi-nauséeuses mi-poisseuses. Tout le contraire de Russes qui entament la partie pied au plancher et sans le moindre chewing-gum collé aux semelles. La preuve d'entrée, tout en puissance ...
... avec une splendide frappe en volée de Zhyrkov qui pénètre le cuir avant de raser le poteau droit; les Russes dominent, conscients de leur tâche loin d'être insurmontable et de la prime qui attend chacun d'eux s'ils se qualifient pour les quarts de finale. 7 millions d'euros promis au total, pour information d'une équipe mercenaire de sa propre Nation. Evidemment.
Et ce qui devait arriver arriva: un bon centre retrait suite à un dédoublement sur l'aile droite, pour une finition qui qualifie provisoirement la bande à Gu-Guus. De bonnes constructions, de bonnes intentions ... ça joue et ça paie, face à une opposition suédoise trop timorée pour ne pas finir par le payer. Et les supporters russes de partir sur des cris de victoire et autres hurlements impériaux dignes d'une grande époque révolue. Le retour des techniciens slaves sur la plus grande scène internationale, l'espace d'un Euro où elle n'a plus brillé depuis 1988? La Russie va-t-elle enfin franchir le cap des poules, elle qui n'a jamais plus réussi un tournoi final depuis sa période soviétique et l'URSS des Belanov, Dassaev, Blokhine (aujourd'hui sélectionneur de l'Ukraine) et compagniskoff? Rien n'est signé, la preuve avec une bonne tête sur la transversale de l'inusable Henrik Larsson. Toujours présent et pesant à 37 ans et tout son allant, malgré des compères bien trop timides pour revenir au score et reprendre le cours de son destin à court terme. Un match qui promet d'emblée, garni de gestes propres et techniques, de jeux à passes rapides et de grands boulevards en milieu de terrain. Un scénario idéal pour les dévoreurs d'espace. Du velours pour le téléspectateur moyen. Je signe. Et confirme après une autre action brûlante des Russes qui finit par une belle frappe enroulée sur la transversale. Gare aux équipes qui ne savent pas tuer les matches; parole d'Autrichiens et de Français, en souvenir respectif et déjà lointain de gros quarts d'heure (le seul de la compétition, à vrai dire) stériles face aux Polonais et aux Hollandais.
La preuve dès le début de seconde mi-temps: une nouvelle action collective impeccable entre Pavlyoutchenko et Arshavin, lequel conclut l'ensemble d'une frappe en bout de course qui double le score: 2-0 pour la Russie, ça sent bon la nostalgie des grands soirs côté Russkoff! Face à des Scandinaves trop discrets pour pouvoir égaliser et retrouver leur place de favori dans ce groupe D, le duo d'attaquants russe confirme les espoirs placés en eux par principe et de fait. Russie et Turquie: même terminaison et même progrès d'ensemble, avec un Zenith de Saint Petersbourg championne de la petite coupe UEFA et un Fenerbahce quart de finaliste de la grosse coupe aux grandes oreilles de la Champion's League. Dont actes sur le terrain, pour une semi-surprise de la part de Russes jamais présents aux grands rendez-vous jusqu'ici. Le vent tourne, dirait-on. D'Ouest en Est, pour le moment.
Le coach Lagerbäck doit agir vite et injecter du sang neuf tant qu'il en est encore temps: entrée du Lyonnais Kim Karlström pour épauler un Ljungberg obligé d'agir et sévir mais en pure perte, tandis que Super Zlatan semble subir le contre-coup de son mauvais coup du second match. Moins présent jusque-là, encore qu'il soit bien connu pour se faire oublier avant de réapparaître à point nommé en chapardeur des surfaces. Le temps presse, toutefois, et la star ne doit pas tant briller pour lui-même que récurrer au nom des siens pour une dernière demi-heure de match à couteaux tirés. Les Russes laissent venir et se reposent sur de fragiles lauriers dont ils pourraient sucer jusqu'aux nervures, si la mauvaise habitude de tomber dans des travers inconstants venait à les reprendre. Pas encore, et même loin de là, puisque les Suédois se ruent vers l'attaque au risque de laisser des boulevards en contre. Mais rien n'y fait et les jeux en sont faits: les rôles sont inversés, entre des Russes cuits contre l'Espagne et pétants de santé hier soir; tout le contraire de Suédois toujours à la traîne dans les replacements trop lents face aux échanges Russes pour espérer quoi que ce soit à la sortie. Les plus frais ont gagné; vive les plus frais et le retour probable de la Russie au premier plan délaissé délaissé depuis longtemps; mais je me répète faute d'actions suffisantes pour meubler plus longtemps. Sinon une nouvelle transversale et plusieurs ruades solitaires qui manifestent toutefois un certain manque de réalisme, voire un manque de réalisme certain chez les jeunes attaquants russes pas aussi expérimentés qu'affûtés. Pas grave, l'essentiel était fait depuis longtemps. La biscotte Wasa a fait son terme et n'a pas nourri ses hommes.
Hej då (='au revoir") la Suède, victime inhabituelle d'un jeu de chaise musicale septentrional où les Russes ont fini par volé le bon rôle à un adversaire pourtant habitué à sortir de ses poules. Pas cette fois, après un nul mémorable lors de l'Euro précédent et contre des voisins Danois censés pactiser pour éliminer l'Italie dans un soi-disant complot scandinave.
La surprenante jeunesse russe a donc fait des siennes; Guus Hiddink aussi, déjà auréolé d'une incroyable quatrième place avec sa sélection sud-coréene de 2002 et sans doute fêté à Moscou pour cette sortie de poule presque historique. Des lustres que les Russes n'avaient pas été à pareille fête; un gros спасибо ("spacibo"=merci) à Guus le sorcier Hollandais, magnificateur en chef d'équipes en devenir.
La fête à Mockba, où le jus de goyave a dû couler à flot hier soir; la victoire et l'occasion de clamer sa fierté nationale, comme lors de ces séries de "hourras" collectifs déclenchées hier soir par les supporters. Dédicace à tous les partisans des droits de l'homme, de la démocratie participative et des Bisounours: ce court mais intense extrait de puissance collective par une garde non plus rouge mais toujours impériale. Ambiance, colossale:
Impression de rouleau compresseur prêt à tout écraser, ajoutée à des grondements du tonnerre en accompagnement. Ca calme son dissident politique, mon bon monsieur.
Parenthèse casuistique: puissance et gloire, le tout sans détour sans regard? "Ouhhhh" ... j'en imagine déjà protester et préparer les procès d'intention. Problème de conscience mondiale: peut-on encore cautionner de telles démonstrations de force ci-dessus, orchestrées qui plus est par un vilain Poutine-qu'il-est-tout-méchant? Car oui, peut-on tolérer l'intolérable à l'aube entamée du XXIe siècle, et le football n'a-t-il pas pour mission véritable de rapprocher les peuples plutôt de les opposer? Et caetera, et caetera, et j'en passe des meilleures pour la forme. Soit. A l'attention des pacifistes meurtris et choqués, donc: je m'adapte. Dédicace à l'ami sportif Dominique Grimault et ses excuses systématiques du soir: "à tous les citoyens du monde, à tous les disciples de Francis Lalanne, à tous les fans des Bisounours: je m'excuse pour ce soudain interlude bourré virilité martiale et d'intentions peu pacifiques, etc."
Pour eux, mais pas seulement: cette version comique de l'hymne version soviet suprême, sans vouloir relancer un éternel débat à la Fédorovski concernant les intentions peu catholiques (normal) d'un vieil empire rouge sécularisé et pas très phytophage:
Des fois que ce blog serait lu par des policiers de l'ordre juste ... on n'est jamais trop prudent. Parenthèse fermée.
Pour les curieux du culte: la traduction d'un hymne composé en 1944 (chant de l'Internationale, auparavant) par Alexandre Vassilievitch Aleksandrov, dont les paroles furent écrites par Sergeï Mikhalkov avant d'être vidées par le même auteur de leur substance marxiste-léniniste et fédéraliste.
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Rossia — sviachtchennaïa nacha derjava,
Russie, notre puissance sacrée,
Rossia — lioubimaïa nacha strana.
Russie, notre pays bien-aimé.
Mogoutchaïa volia, velikaïa slava —
Forte volonté, grande gloire
Tvoïo dostoïan'é na vse vremena!
Sont ton héritage à jamais!
Refrain:
Slavsia, Otietchestvo nache svobodnoïe,
Sois glorieuse, notre libre Patrie,
Bratskikh narodov soïouz vekovoï,
Alliance éternelle de peuples frères!
Predkami dannaïa moudrost' narodnaïa!
Sagesse de nos ancêtres!
Slavsia, strana! My gordimsia toboï!
Sois glorieux, notre pays! Nous sommes fiers de toi!
Ot ioujnykh moreï do poliarnogo kraïa
Des mers du sud au cercle polaire
Raskinoulis' nachi lesa i polia.
S'épanouissent nos forêts et nos champs.
Odna ty na svete! Odna ty takaïa —
Tu es seule sur la terre! Tu es unique!
Khranimaïa Bogom rodnaïa zemlia!
Terre natale gardée par Dieu.
Refrain
Chiroki prostor dlia metchty i dlya jizni
Espaces étendus pour les rêves et la vie
Gryadouchtchie nam otkryvaïout goda.
Nous ouvrent l'avenir.
Nam silou daïot nacha vernost' Ottchizne.
Notre fidélité à la Patrie nous rend forts.
Tak bylo, tak est' i tak boudiet vsegda!
Ce fut ainsi, c'est ainsi, et ce sera toujours ainsi!
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Pour les plus nostalgiques de l'époque Dassaev-Belanov-Blokhine, ou pour les inconditionnés du trotskisme-léninisme: les paroles de l'hymne période soviétique, avec les signes diacritiques de la langue russe en option et quelques images transcendantes en supplément:
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Sojuz nerušimyj respublik svobodnyh
L'Union indestructible des républiques libres
Splotila naveki Velikaja Rus'.
A été réunie pour toujours par la Grande Russie.
Da zdravstvuet sozdannyj volej narodov,
Que vive, fruit de la volonté des peuples,
Edinyj, mogučij Sovetskij Sojuz!
L'unie, la puissante, Union Soviétique!
Refrain
Slav'sja Otečestvo naše svobodnoe,
Sois glorieuse, notre libre Patrie,
Družby narodov nadëžnyj oplot!
Sûr rempart de l'amitié des peuples!
Partija Lenina - sila narodnaja,
Le parti de Lénine, force du peuple,
Nas k toržestvu kommunizma vedët!
Nous conduit au triomphe du communisme!
Skvoz' grozy sijalo nam solnce svobody,
[i]À travers les orages rayonnait le soleil de la liberté,
I Lenin velikyj nam put' ozaril:
Et le grand Lénine a éclairé notre voie:
Na pravoe delo on podnjal narody,
Il a élevé le peuple vers la juste voie,
Na trud i na podvigi nas vdohnovil!
Et nous a inspiré le travail et les exploits!
Refrain
Slav'sja Otečestvo naše svobodnoe,
Sois glorieuse, notre libre Patrie,
Družby narodov nadëžnyj oplot!
Sûr rempart de l'amitié des peuples!
Partija Lenina - sila narodnaja,
Le parti de Lénine, force du peuple,
Nas k toržestvu kommunizma vedët!
Nous conduit au triomphe du communisme!
V pobede bessmertnyh idej kommunizma
Vers la victoire des idées immortelles du communisme
My vidim grjaduščee našej strany.
Nous voyons l'avenir de notre pays.
I Krasnomu znameni slavnoj Otčizny
Et à l'étendard rouge de notre glorieuse Patrie,
My budem vsegda bezzavetno verny.
Nous serons toujours infailliblement fidèles.
Refrain:
Slav'sja Otečestvo naše svobodnoe,
Sois glorieuse, notre libre Patrie,
Družby narodov nadëžnyj oplot!
Sûr rempart de l'amitié des peuples!
Partija Lenina - sila narodnaja,
Le parti de Lénine, force du peuple,
Nas k toržestvu kommunizma vedët!
Nous conduit au triomphe du communisme!
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Tak tak, Wiki!
Le Russe a cela de pratique qu'il va droit au but; football et politique, même combat. Le Russe a le mérite d'être franc et clair dans ses intentions. On comprend mieux le lien cérébral qui lie un totalitarisme à un autre, à la lecture de ces paroles à valeur de pacte sacré d'un peuple assermenté. On comprend mieux également la méfiance prolongée d'un petit peuple polonais toujours méfiant entre ses deux voisins écrasants, à supposer que les paroles d'un hymne sachent incarner la mentalité d'un groupe ... ce qui est loin d'être cas côté Europe occidentale. Changer les peuples, ou changer les hymnes? Pas de polémique.
Retour sur Terre. Retour au match d'hier. Anecdote aussi croustillante qu'un pain grillé Krisprolls: les Russes du Batave magique joueront les quarts contre ... la Hollande natale du sorcier de service, autrefois entraîneur d'un PSV Eindhoven dont l'Olympique Lyonnais a gardé un souvenir amer depuis une triste série de tirs aux buts perdus lors d'un quart de final de la Ligue des Champions. Quarts de finale, Hiddink, Hollande, Kim Karlström et l'OL ... le monde est petit et l'histoire bégaye. Ou presque, hormis la réussite d'une équipe de Russie qui rappell au bon souvenir de l'Union Soviétique et augure peut-être d'un avenir plus souriant pour ces caresseurs de ballon rond. A condition de mater ses tendances à l'usure et la déconcentration à long terme. Gare à la correction orange si Guus ne sert pas les boulons. D'ici là, honneur à des vainqueurs attendus depuis longtemps et enfin arrivés à bon port. Pour combien de temps? Quelques jours à savourer avant d'être dévorés par l'ogre du moment, peut-être.
Espagne-Grèce: 2-1 (De La Red 61e, Güiza 88e; Charisteas 42e)
Quand on veut, on veut
Une formule digne de ne jamais sortir de mes annales, mais une formule qui n'en est pas moins vraie lorsque l'on observe la réussite méritée de l'armada espagnole. L'Espagne? Elle joue et gagne, avec ou sans coiffeurs (dédicace à la coupe Vivelle fixation ultra-forte de Villa); mieux encore qu'une certaine équipe de France de l'Euro 2000 où le onze bleu savait gagner sans forcer. La défaite du dernier match depoule contre les ... Hollandais ne devait sa raison qu'à la volonté français bien calculée de ne pas quitter le sol de Bruges pour les quarts de finale et éviter ainsi une transhumance trop fatigante. Autres temps, autres moeurs d'une équipe à qui tout souriait. Second soupir. Passons.
La Grèce? Championne d'Europe en titre, rappelons-le (oui, c'est difficile à comprendre mais c'est comme ça), ses adversaires ont réduit ses tristes lauriers en un réjouissant feu de paille. Quant au match d'hier soir, il a "commencé" par un certain déjà-vu qui tue ...
... une vieille rengaine pour commencer, donc, bien connue des spectateurs rescapés de 2004: tête de Charisteas pour une ouverture du score de la Grèce. Comme quoi les enfants à Otto ne rentreront pas Fanny de leur voyage touristique. Plus facile de transpercer la défense adverse face à une Espagne remaniée en profondeur pour ménager les cadres et tout de même moins talentueuse que son ancienne cousine du Royaume d'Orange. Petite enfilade à la grecque chez les Habsbourg? Une rengaine déprimante de l'Euro précédente mais qui a fait feu de paille face à des Espagnols toujours aussi joueurs et sûrs de leurs forces.
Sanction en deux temps: De La Red tout d'abord et d'une patate rageuse dans la lunette, mélange de Red Bull énergétique et de vista sanguine qui cire toutefois les bancs de touche lorsque les grands minets Fernando Torres et Villa sont titulaires de service; puis un dernier but de Güiza (le
Pichichi espagnol) à deux minutes de la fin, d'une tête facile face à un George Cloonos orphelin d'une défense à la ramasse. Fin de cycle grec, pour de bon. Un but avant le gong, comme à l'accoutumée d'un tournoi où de nombreux buts se marquent en fin de match et invalident comme par manie les trois quarts de mes pronostics encore corrects jusqu'à ces foutues minutes fatales. "Malheureux au jeu" ... et caetera.
Muchas gracias, les Epagneuls; rendez-vous en quarts face à une Italie bien capable de vous renvoyer à vos vieilles habitudes de favorites trop tôt décevantes. Espérons que non, cette fois-ci.
Un gros
ευχαριστώ (="merci" grec, prononcez "efharisto") à vous, ô lointaine descendance de fils de Zeus dépourvue du moindre éclair de génie: votre 0 pointé permet à la France de ne pas finir bonne dernière du tournoi, même si la différence de buts est plus déficitaire côté Coupet que côté Clooney (surnom du gardien grec, Nikopoladis). Au plaisir de vous revoir, mais avec un autre système de jeu. Par pitié, merci pour nous.
Qui veut sa ration de Poutine? Les Québecois comprendront ...
F&H
Publié le 18/06/2008 à 12:00 par schangels
(de gauche à droite: Sarkozy, Escalettes, Domenech?)
Le Grand Corps n'est plus Malade: il est mort, et l'on attend encore le passage de l'équarisseur. Et quel équarisseur, qui empaille la bestiole foutue plutôt que d'en débarrasser la route vers un Mondial 2010 criblé de points d'interrogations. Mort, Domenech? Non! Car la nature française résiste encore et toujours à l'envahisseur du sens commun. Exception culturelle qui nous les échauffe et réchauffe contre toute attente le dépositaire d'un vieux corps mortifié. Oui, le responsable de la bête à plat aurait été réanimé par on sait quel prodige administratif: le contrat de travail et ses histoires d'indemnités. Entre autres choses pas propres, pas claires. Confiance renouvellée, passe encore, encore que non. Mais à quel titre? Une histoire de jeux de mots qui finit mal en général et finit par troubler les esprits au point de rebondir du diable vauvert. Un bon bordel grammatical, donc ...
Dicton du jour: "Quand les langues de vipère sont contre-productives, les contre-producteurs passent entre les gouttes". Comprenez: quand certains propos de journalistes débordent, la victime en profite pour apitoyer sur son sort. Bravo, pour un coup de maître à deux qui suit une demande en mariage. Langues de vipères vs. langue de boeuf: choisissez votre camp, même si rien ne bouge.
Après le coq et le lion, dans la série d'un bestiaire pour animaux blessés à mort: le veau.
Après le coup du 18 Brumaire et un fameux appel du 18 juin: le rateau d'un 18 juin nouvelle version, tendance chevaliers déchus de la légion du déshonneur (ou presque). Toujours une question de 8 dans l'Histoire plus ou moins grande, vous l'aurez noté ... Rateau, au sens d'un pied de nez monumental que notre président du foutébôl français vient de nous adresser par antennes radio interposées. Rateau au sens de foutage de gueule officiel, pour aller vite.
"Qui aime le foot me suive", écrivait Henry par SMS dans sa pub made in SFR ... ironique, voire sardonique après coup. Téléphonie 2002, téléphonie 2008: même combat pour un sponsor dont le produit de vente file le cancer des pieds avant celui des oreilles.
"Qui aime le foutre le suive", renchérira Jean-Pierre Escalettes en signe de bras d'honneur, voire de doigt d'honneur à une France gueule de bois? Car tandis que l'on espérait quelque papinade sur le terrain hier soir, voilà-t-y pas que l'appareil d'Etat nous offre une raffarinade en guise d'aspirine du matin. Explication de texte.
Après les Raffarinades, une Escalettade au ton très gaullien. Seul contre vents et marées, le changement oui, la chienlit non ...
Oui, mais voilà: pas de changement prévu par le président de la FFF au sortir de cet Euro désastreux en tous points. Psychologie incluse, à en croire l'impopularité répandue de Domenech parmi la presse, les habitants locaux de son quartier suisse, et surtout certains joueurs des 23 retenus déchus.
Raffarin et Escalette, même combat. "Chirac? Un nouveau Pétain pour la France", raillait Coluche à propos d'un futur embrasseur de crâne chauve durant sa période gaullo-souverainiste. "Escalettes? Un nouveau Raffarin pour la France", dirons-nous après cette parade creuse d'un lendemain de cuite sur RTL. Réponse du gaillard aux annonces de départ de Domenech, voyage de noces ou pas à la clef:
"On ne gouverne pas avec les médias ou l'opinion publique". C'est beau, là dis donc. Et ce qui commençait mal devant se terminer en eau de boudin: "Il y a des contrats dans la vie. Un homme responsable est tenu de les respecter (...) Raymond Domenech est actuellement sélectionneur, il a un contrat jusqu'en 2010, et une mission: conduire l'équipe de France à la Coupe du monde 2010", a déclaré le président de la FFF sur RTL.
Comme pour couper court d'entrée à toutes les inévitables spéculations de sortie de route. Une réaction de patron, dirait-on. Cette bonne blague ...
Le devoir avant le droit? La raison plutôt que la déraison? Le poivre plutôt que le sel? Et mon cul plutôt que du poulet?! Argument en bois d'un président qui fait parler le devoir de poursuivre pour mieux faire taire le droit de tout arrêter. Poursuivre quoi: un scénario catastrophe, une ambiance de guerre froide entre un staff et une presse, un coaching défectueux et des décisions douteuses ... sûr que la France entière attendait ce serment de fidélité plutôt que le lynchage public. Pas de flaque de sang en prévision, mais pour quelle raison véritable? Un cache-misère que ce discours aux accents gaulliens, donc. Explication du prétendu maintien de l'entraîneur à son poste:
- hypothèse n°1: éviter un poilu à gratter
Un trompe-l'oreille qui respire d'autant plus l'honnêteté qu'il permettra à la Fédération de maintenir son pion de service et d'éviter un Deschamps peu habitué au sérail pour apparatchiks obéissants et autres béni-oui-oui du genre. Car la marionnette des Guignols connaît la maison France, pour l'avoir conduite jusqu'au plus haut sommet; mais il n'a ni le CV de sous-qualifié ni le silence confortable d'un Pierre Mankowski, qui est au football ce que sont à l'éducation les pédagogos d'IUFM ou anciens profs ratés reconvertis en proviseurs sans poigne pour la bonne paye;
- hypothèse n°2: éviter un gros chèque à gratter
Un calcul d'épicier qui évitera à la Fédération de payer les indemnités d'un entraîneur sous contrat jusqu'à 2010; le bon goût voudrait que Raymond démissionne de son plein gré, mais la liste du mauvais goût accumulée depuis le début du tournoi ne devrait pas perdre le fil jusqu'au 3 juillet ...
Maintenir Domenech pour éviter Deschamps? Fort probable, mais c'est à se demander comment le prolongement d'un contrat si fumeux va être reçu par les 60 millions de sélectionneurs que nous sommes. Pas bien dans l'immédiat, en attendant peut-être que l'esprit français se manifeste comme à l'accoutumée et commence par gueuler avant de retourner dans sa bulle douillette.
Un joli foutage de gueule calculé que cette réponse de sourd d'Escalettes aux accents tristement gaulliens. Un accent similaire à celui d'un Pompidou et consorts durant la crise de mai 1968, face à une population que le gouvernement ne comprenait pas ni n'eut voulu comprendre par ailleurs. Tout juste quelques réformes pour apaiser des meutes maoïstes et éviter toute bavure policière qui aurait entraîné la chute du gouvernement en place. Quelques remaniements et réformes du même accabit, du côté de Domenech et consorts Mankowski-Martini? Un rajeunissement de la défense qui plaira à tous, faute de mieux. Un moindre avantage de notre poivre-et-sel d'entraîneur: la poisse accumulée pendant cet Euro pour compenser un coaching frileux et souvent erroné (Gomis + Boumsong + Malouda = même pas la tête à Raymond, pour l'instant) et sauver sa place au nom des apparences. Dans le doute, certains s'abstiennent ... sage décision de mes deux et qui promet bien des sourires sceptiques durant les futures conférences de presse des matchs amicaux. Comment rabibocher une opinion publique avec un entraîneur arrogant, faussement intello et parfois méprisant? Des victoires, certes. Gageons que celles-ci n'apaiseront pas les esprits un poil chauvins, si elles s'obtiennent sans la manière et répètent la vieille antienne ultra-défensive d'un bloc tenu de ne pas encaisser plutôt que de marquer.
On prend le même, et on recommence. Pourquoi changer un entraîneur qui perd. Etc, etc. Retour aux chapes de plomb dans la maison France. Retour à un rythme de croisière qui pue le conservatisme rance. Des points positifs pour ce début d'ère pas nouvelle? Je passe. Demandez donc à Thiriez, digne successeur d'un Joseph Goebbels, d'un Tarek Aziz ou de ces autres Ministres de la Désinformation toujours convaincus de la victoire finale en pleine période de débandade.
Comme des envies de nihilisme destructeur, devant autant de jeux de dupes qui sentent la daube. Entre un Escalettes lyrique et un Domenech sarcastique, sûr que la communication de la Fédération française est aussi limpide que les règles du jeu d'un délectable "Simple comme Bonjour" des Inconnus:
Les PC avaient leurs Politburos; la FFF a sa tour d'ivoire. Serment de fidélité jusqu'en 2010? Tu m'exaspères, Jean-Pierre. Et vive le sport, quand même. Couleur orange, tendance fashion qui nous va si bien.
F&H