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schangels
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Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
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25.12.2007
Dernière mise à jour :
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Fictions pulpeuses ...

Fictions pulpeuses ...

Posté le 05.04.2008 par schangels
... ou presque, tout juste assez pour faire un "bon" jeu de mots et noter la parenté frappante entre Tarantino et ce qui suit.
AVIS à tous ceux qui n'ont pas encore vu le film "J'ai toujours rêvé d'être un gangster" et souhaitent le voir bientôt: sautez ce billet, allez voir ailleurs.

Pour les autres: je profite d'une bouffée d'air pour tenter une sorte d'appel d'air pur, vers un "autre" cinéma français. Pour peu que j'en connaisse en amateur superprofane, j'ai eu ce plaisir de mater mercredi dernier le dernier film de Benchetrit et ne le regrette pas. En gros: un mélange de paumés au milieu d'un univers de bitume triste à mourir, le long d'autoroutes insignifiantes et de chantiers toujours en construction. Des âmes errantes au milieu de ce désert gris, qui tentent de braquer ce qu'ils peuvent avec la volonté neurasthénique qui leur reste. Une atmosphère lunaire, donc étouffante et jouée par des martiens. Ambiance ...
Des histoires, un filmage, des acteurs, des pieds de nez.
L'histoire, ou plutôt les histoires: un chassé-croisé à distance entre plusieurs histoires de braqueurs ratés pour qui la vie est l'occasion de se remuer un tant soit peu, mais sans violence ni méchanceté aucune. Edouard Baer se prend un poteau introductif, les kidnappeurs se gavent de cornflakes devant le spectacle amusant de patineurs casse-gueule, Bashung et Arno règlent leur contentieux en diplomates fatigués, puis la bande à Rochefort constate avec effroi le temps qui passe (à noter la présence de l'italien Venantino Venantini, l'homme de main de Lino Ventura dans les Tontons Flingueurs) et tentent un dernier braquage qui termine en eau de boudin hilarante. Hilarante mais triste et tendre, comme l'ensemble de ce film à sketch dont le clin d'oeil au Pulp Fiction de Tarantino est évident.
Autant je m'étais emmerdé comme un rat mort devant ce grand film yankee dont on me promettait tant ... autant je me suis régalé devant ces fictions franciliennes qui remuent la pulpe tout en douceur. Pas de violence gratuite dans ce film, malgré le titre annonciateur du contraire; pas de leçon de morale ou de mission humanitaire, contrairement à une quasi-tradition française qui assume le rôle messianique que d'aucuns attribuent encore à notre pays.
Enfin: un film français qui produit des acteurs attachants et sans déchirures psycho-dramatiques dégoulinantes à tout bout de champ, le tout agrémenté de quelques scènes savoureuses ou le réalisateur s'amuse entre du cinéma muet (cf. la scène du braquage de la future serveuse, dans la scène 2) et des images fixes dans le style du documentaire policier (cf. la scène de la barrière d'autoroute, dans l'Epilogue).
Enfin des gueules qui ne l'ouvrent pas pour rien dire ou presque rien, le tout enrobé d'un dialogue minimaliste mais qui sait tirer le jus maximal des acteurs à chacune de leur intervention. Comme si la parole de la serveuse Mouglalis avait du poids bien senti, comme si l'annonce de Baer qui va pisser en attendant que la même serveuse lui prête attention avait des airs de paradoxe abyssal.
A croire que ce réalisateur cultive l'art de faire simple, ce qui est sans doute très compliqué derrière une caméra.
Et puis: ce choix sublimant du noir et blanc. Pour rappeler aux vieilles heures glorieuses des titis braqueurs parisiens du père Audiard? Ou plus simplement, pour donner à ces histoires des allures historiques qui rappellent les films des temps de guerre mondiale et leur donnent un air magnifié, plus sollennel? J'ai toujours cette même impression, que les images en noir et blanc présentent un autre monde plus valeureux que celui banal de notre monde moderne trop plein de couleurs ... impression mi-tragique mi-dramatique donnée par ces "couleurs" binaires et tristes, sans doute.
Pour les détails techniques de ce film: demandez à la spécialiste du genre, Sijavéssu (cf. Mes Blog Préférés). Juste un coup de coeur, ici, parmi tant d'autres qui ont déjà vu et apprécié ce morceau de choix.
Les acteurs ont du style, de la présence, des dialogues au compte-goutte, des voix de mi-écorchés mi-fatigués ... un régal sur pellicules. Autant s'en remettre une tranche, avant de revenir au quotidien multichrome:

Image ou texte alternatif



Qui a dit que Drew Barrymore n'était pas le nom idéal pour un cheese burger? Ca ne veut rien dire, et ça en dit beaucoup pour cette raison précise.
Bref, du bon cinéma très suggestif. Merci Samuel (si je puis me permettre). Pour un réalisteur dont le père était serrurier, on peut dire qu'il a trouvé la clef ...

Et tant que l'on parle cinéma, je profite de l'occasion pour faire un double hommage: un premier à Edouard Baer, de bon ton puisqu'il est un des gangsters majeurs (donc très mineurs) du film que je cause ici bas et dont l'apparition furtive dans un autre monument a fait mouche (sur ma face, tout au moins). Extrait choisi et de choix:

Image ou texte alternatif



Extrait du film "Les Clefs de Bagnole" de Laurent Baffie, gigantesque bide du cinéma français mais qui reste à mes yeux une jolie déclaration d'amour au cinéma et à ses techniques drôlatiques. La preuve? Ce début de film où Baffie tente de convaincre les meilleurs réalisateurs français pour subventionner son projet. Un régal, telle la mousse de Capuccino autour des lèvres:

Image ou texte alternatif



Moralité: allez donc voir Mouglalis, Baer & Cie, sans oublier un petit détour par la première location de vidéos venue. Une pizza + un Baffie et un Russo: la tête à Toto. Promis, juré ... Car "le cinéma est une grande famille", hé hé ...


F & (bonne) H


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bonjour
Posté par rimesoudeprime le 20.04.2008
petite visite.
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