Au pays des contrefactuels, les Français sont rois.
"Et si Ribéry n'avait pas dû sortir dès l'entame du match", "Et si les Bleus avaient accepté le jeu contre la Roumanie", "et si Domenech avait rajeuni la défense de ses 23 (22, au final)" ... un vieil ami pongiste excelle dans cet exercice où les événements sont mis entre parenthèses et réduits en relations causales, tant bien que mal. Car de causes nécessaires on ne trouve jamais vraiment, entre un fait actuel et une raison possible. Traduction: rien ne sert de gloser sur les dispositions initiales d'un match; il n'y a pas d'explication élémentaire au résultat final. Discours typiquement domenechien qui nie en conséquence la raison d'être du journalisme sportif. Réponse laconique du stratège: "Les bonnes tactiques sont celles qui font gagner", a-t-on pris l'habitude de penser en France depuis l'ère Jacquet. Une ère victorieuse mais défensive, lassive ...
... et chanceuse! Autre contrefactuel qui rafraîchira la mémoire des plus chauvins, peut-être: et si Roberto Baggio avait réussi sa reprise de volée pendant les prolongations du quart de finale 98 contre la France, à la suite d'une difficile reprise d'un ballon venant de derrière et qui devait frôler le poteau d'un Barthez pris à contre-pied? Les conséquences auraient eu l'effet d'un nez de Cléopâtre allongé ou d'un Rubicon franchi par César: pas de victoire aux tirs aux buts, pas de victoire finale, pas de bourrage de crâne médiatique ... black-blanc-beurre = bla-bla-bla ...
... enfin sortis de cette chape de plomb qui plombait autant les esprits que les paupières et les actions de jeu, le réveil est douloureux et rappelle au bon souvenir d'un sport où il s'agit de vaincre avec la manière, parfois aussi. La Hollande est là pour nous montrer une autre façon de jouer, typique d'un football champagne que la France a perdue de vue depuis l'ère Platini 1976-1986, somme toute.
Non: un bon match n'est pas simplement un match gagné, et c'est la moindre note positive d'un Euro raté-plié-bouillu-foutu que de sortir enfin de ce marasme tactique devenu une quasi-idéologie parmi les DTN. A ne pas jouer sur le terrain, les Bleus se sont pris les pieds dans le tapis. Boum. Bien fait? Pas pour tous, car certains ne méritaient pas une déroute aussi cruelle. Oublions les contrefactuels et revenons aux faits dont les journalistes s'amuseront à trouver les causes les plus probantes. C'est leur métier, après tout. Après 1998 et la revanche du sélectionneur sur les journalistes, 2008 et la future revanche des journalistes sur le sélectionneux. Tirs de snipers en prévision. Pour plus tard. Le "match" d'hier, d'abord.
Voilà un événement sportif que Sarkozy ne pourra pas exploiter en guise de cache-misère. Une histoire de ton sur ton, en l'occurrence. La poisse macabre qui colle aux semelles de notre hyperprésident continue de coller à l'ensemble du pays et s'étend à son équipe du football. Noir, c'est noir. On ferme, pour cause d'inventaire qui s'impose.
Quand Benzema rime avec Bérézina, Abidal avec abyssal ou Coupet avec couperet, il n'y a qu'à attendre la fin douloureuse d'une histoire tragi-comique en trois actes manqués. Tragique par les blessures des meilleurs joueurs français; comique par un jeu de cache-cache aux allures de guerre froide entre la presse et Domenech. Un temps pourri, des matchs pourris ... tous pourris! Ambiance.
Pas de Vieira, après une rocambolesque partie de poker menteur entre des journalistes transformés en paparazzi et un groupe France recroquevillé dans son camp d'entraînement comme dans un bunker impénétrable. Le comble du ridicule est atteint lorsque Domenech demande à la police locale de prendre les noms des resquilleurs en quête de scoops pour la composition du match. Mais où va-t-on? Vers l'aéroport de Roissy, souhaitent espérer des habitants du coin expaspérés par le tintouin créé par notre Raymond nationalisé et lassés par une équipe de France bonne dernière dans la côte de popularité des seize équipes en présence.
Groupe C (comme Catastrophique, Cataclysmique, Cataplasme, Cramé, Calzone, Chianti)
France-Italie: 0-1 (Pirlo 26e, de Rossi 62e)
La vita e marcia
La lutte finale? La poisse initiale, aussi et surtout.
Drame de départ: grosse entorse du genou gauche de Ribery, qui en aura pour des mois de récupération et a déjà grillé son début de saison avec le Bayern ... et l'équipe de France, déjà orpheline de son meilleur joueur en vue des éliminatoires du Mondial 2010. Exit LE Ribéry dont tout le monde attendait des merveilles, foutu au bout de huit minutes de jeu. Après Frei, le talent français disparaît à la façon d'un Zidane 2002.
Enorme signe avant-coureur d'une fin des haricots déjà bien entamée avant ce triste accident. Le Bavarois d'infortune ne méritait pas ça, encore moins que Frei. Remplacé par un Nasri jusqu'ici timoré et tellement moins percutant que son prédecesseur ... que faire, que dire? Attendre la fin et se battre entre-temps, à la rigueur. Le moral dans les souliers dès le début de match: la mort assurée, quitte à ce que la Roumanie gagne son autre match et confirme pour de bon une fin furieusement annoncée. Le bon arrêt de Coupet-Makélélé sur la tête de Panucci augure mal la suite des événements, forcément triste ...
Exercice de style: comment relier les lignes de défense et d'attaque sans un Ribéry passe-partout, tandis que Nasri n'a pas sa vitesse? On voit Henry souvent à la récupération dans le camp français. Autre mauvais signe pour les occasions de Benzema et consorts, malgré un travail correct de Clerc sur l'aile droite en relais offensif. Avec une Italie pas brillante, sait-on jamais si une action bleu foncé pourrait faire la différence sur un détail, comme toujours ...
La suite: la catastrophe finale, un scénario qui ne pouvait pas être pire: penalty à la 24e, faute d'Abidal sur Toni et carton rouge à la sortie. Plus de Ribéry, plus d'Abidal pas bon le premier match et absent le second ... une équipe de France composée de fantômes, qui sur le terrain qui à l'infirmerie. Noir, c'est très noir; que faire, sinon croire en Dieu après une bonne lucarne de Pirlo? Pire que la poisse, une odeur de Bérézina malgré les remplacements de compensation. Sortie de ... Nasri, qui n'aura joué qu'un quart d'heure et remplacé par le défenseur ... Boumsong. Reculer pour mieux sauter? Bétonner pour moins pleurer, bien plutôt. Plus qu'un changement permis au bout de 25 minutes de jeu; n'en jetez plus, le coupe-gorge est plein de sang bleu. Eviter la honte, quitte à ne plus espérer de fière victoire? Le chauvinisme cocardier d'un duo Roland-Leboeuf aux commentaires du match. Ca ne sent plus le roussi, la maison brûle depuis trop longtemps; ça sent l'excrément déjecté après six jours de constipation ...
Puis une ribambelles d'actiond brûlantes pour un Toni pas en réussite, jusque là; comme une impression de mise à mort pour une bête blessée en sursis. Un joli coup franc de Grosso, décidément inspiré contre les Français lors des grands événements, à ras de terre et qui touche le poteau mais ne suffit pas pour sortir un tel match de sa torpeur générale.
1-0 à la pause. Un moindre mal, pour le moins, où les montées de groupe italiennes ont répondu à de fréquentes montes de Clerc côté droit. Pas deux sérieux prétendants au trophée sur le terrain, quoi qu'il en soit. Des fautes qui s'accumulent, un arbitre qui siffle à moitié. Difficile de ne pas tomber dans des excuses faciles avec ce Lubos Michel, mais le mal est fait et vient d'ailleurs. La pire mi-temps que la France ait connu depuis longtemps, Hollande incluse. Vivement la seconde?
Seconde mi-temps.
Quelques banderilles de Henry, honorables mais synonymes d'impuissance collective. Benzema court après le ballon, sans trop savoir quoi en faire lorsqu'il l'obtient. Quant à l'Italie, elle mène mais ne domine même plus malgré un scénario idéal pour elle. Frileuse, cette Squadra qui ne transpire pas la confiance.
Que dire du second but sur un coup-franc signé de Rossi mais dévié entre-temps par un pied français, celui du ... buteur Thierry Henry? Qu'il confirme la poisse monumentale tombée ce soir sur une équipe française déjà pas en verve et désormais maudite pour de bon. Double dicton du soir: la chance sourit aux audacieux, la malchance punit les frileux. Y aurait-il un (bon) Dieu pour condamner un Domenech mal vu et pas aimé en terre de Suisse? Du début à la fin, cet Euro aura été une catastrophe à échelle industrielle pire encore que la déroute précédente du Mondial 2002. Chose qui paraissait impossible il y a une semaine mais est devenue réalité: après Lemerre, Domenech parmi les entraîneurs maudits.
Encore une vingtaine de minutes à supporter ce spectacle de désolation sur herbe, tandis que les Italiens peuvent se ballader sur la pelouse l'esprit libéré. Le résultat sans la manière, le moins que l'on puisse dire. La mauvaise foi cocardière monte au nez, elle déborde chez nos commentateurs écoeurés de M6 mais ne résiste pas à l'abattement général. "A la maison! A la maison!", chantent des tifosi moqueurs sur un air d'"Allez les Bleus!". De bonne guerre? Dur ... Je n'aime pas les Français lorsqu'ils vainquent le verbe plus fort que celui des autres; je n'aime pas lorsque la France se fait piétiner comme une bête blessée à abattre. L'a-t-on cherché? Pas la blessure de Ribéry en tout cas, alors que les comptes commencent à se faire et qu'il reste pourtant plus d'un quart de "jeu" ...
... entrée d'Anelka? On en dira tant, c'est-à-dire si peu. RAS de plus, normal. Sinon une belle frappe enroulée de Benzema que Buffon détournait avec classe, encore et toujours. Le tir principal d'une soirée à chasser très vite des esprits de patriotes, fut-ce par lobotomie de principe. La formule du soir signée Thierry Roland: "Si la France avait joué comme ça contre l'Italie, elle n'aurait pas fini à 0-0". Contrefactuel en bois bouffé par les termites: certes elle n'aurait pas, mais elle n'a pas non plusn et c'est ce qui sera reproché pour toujours à cette époque morte par manque d'audace. Un problème de riches: le cholestérol ou l'arrêt du coeur faute de l'exercer assez. Quand donc ce match de bourreaux et suppliciés finira-t-il ... coup de sifflet final, enfin, tandis que les Pays Bas ont confirmé leur bon état d'esprit et remporté leur troisième victoire d'affilée. La classe, dans un entrefilet anecdotique qui suit.
Pays Bas-Roumanie: 2-0 (Huntelaar 54e, van Persie 87e)
Ce qu'ils méritent
Des passes, des têtes, des buts, des drôles de gutturales enroulées et des supportrices magnifiques qui dandinent leur joli corps dans des tribunes toujours aussi colorées ... youpi, vive la Hollande-l'autre-pays-des-meules-d'orange. Point final, merci les gars, au revoir et à très bientôt contre la Russie ou la Suède. On le saura demain. Ciao les Roumains, fallait pas rêver non plus et à plus tard. Rendez-vous lors des poules éliminatoires pour le Mondial 2010. Deux futurs matchs entre victimes d'un groupe de la mort qui aura déchiré notre race déchue pour de bon. Plus d'excuses.
Il n'y aura donc pas de second France-Espagne en quarts de finale de cet Euro 2008. Pas besoin d'espérer un miracle après le résultat fabuleux et inattendu quart homonyme de 2006: au tour de l'Italie de montrer les limites d'une Espagne, jusque là toujours décevante en sortie de poule. Sans l'espérer pour autant, au nom du jeu.
Le futur perfide Domenech l'avait-il vu dans ses astres? Au bon signe prévu hier a succédé une succession de mauvais signes comme rarement les probabilités le permettent en si peu de temps. A commencer par un bus de la délégation française qui devait rater un virage sur le chemin du stade et se payer deux voitures à la sortie. Premier accident de parcours avant le pire des accidents pour le milieu français, pour ainsi dire ...
Quand c'est écrit, c'est écrit (dira le sage en quête de prétexte modérateur): on serre les dents et on passe la pommade ensuite pour supporter la douleur du bas du dos et les cloques qui brûlent. Aucune pommade à attendre de la part de nos journalistes sportifs nationaux, tant l'ambiance tendue et arrogante entre Domenech et les questionneurs a placé d'entrée la côté de l'équipe de France en dessous du niveau de la mer. Désamour total, malgré un combat valeureux des Bleus en ce soir de tourmente exponentielle. Déroute totale, malgré des promesses à venir sur le papier et une tradition rassurante de la défense. Des mythes sont tombés en huit jours, des têtes vont tomber aussi. La faute à pas de chance, ce mardi maudit? Pas seulement, car la poisse ne doit pas oublier tous les autres défauts accumulés sans que la fortune n'ait son mot à dire avant hier soir. Ca sent le dépôt de bilan pour le petit sourcilleux amateur de théâtre; gageons qu'il ne tardera pas à rejoindre notre gentil président de la LNF Frédéric Thiriez sur les planches. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil? Tout va très bien, monsieur de sa Marquise (alias la sémillante Estelle Denis)? Pas vraiment, mais sait-on jamais avec les astres ... dédicace à un amateur d'astrologie pour qui le glas a sans doute sonné un soir de match de merde. A cause de lui et malgré lui. Itinéraire d'un méchant gâteux ...
Les Bleus auront joué avec le feu dès le début des hostilités, entamées par un nul censé suffire pour la suite; ils auront fini brulé au troisième degré. Adieu la Suisse, bonjour l'Afrique du Sud ou plutôt ses matchs de qualification préalables. Avec une équipe à reconstruire, notamment en défense, et une ambition à retrouver dans un autre état d'esprit. Cette équipe de France vieillissante aura fini son chemin à la manière de l'Allemagne de 1998: une fin de règne en forme de débandade, en espérant que la pente ne sera pas aussi longue à remonter. Qui a connu la traversée du désert 1986-1992 et l'ère post-Platini ne peut pas souhaiter une seconde promenade au milieu des oasis. J'ai donné dans ma jeunesse éhontée; je ne le souhaiterai pas pour la jeunesse actuelle, encore qu'elle saura peut-être s'en détourner plus vite faute d'esprit cocardier en fin de série. Lui aussi. Un dépôt de bilan que ce dernier match de poule faisandée, décidément.
D'ici là? Des réglements de compte à OK Coral en perspective. La France s'est fait détester de tous et surtout des résidents suisses, durant un séjour de stars exigeantes qu'aucune de ses prestations n'aura su justifier. Ni l'hôtel quatre étoiles de Vevey, ni le train grand luxe destiné à ménager des joueurs en quête de fraîcheur, ni la réquisition de la moitié de l'armée suisse pour protéger un camp d'entraînement des nombreux regards indiscrets. Détestés par toute la Suisse hier; moqués par toute l'Europe dès demain. Bon bilan. S'il aurait su, ils seraient pas venus ... autre contrefactuel en bois mais qui pend à la bouche de tous les supporters en ce sombre soir de dégringolade finale.
Et Titi Roland de finir sur une note bien à l'image du reste: un clin d'oeil à Thierry Gilardi, mort foudroyé par un infarctus il y a deux mois et qiu n'aura pas l'occasion de nuancer le désastre de ce naufrage bleu. Une dernière phrase morbide pour un Euro mortel dans un groupe de la mort pour nécrophages. Stoppons-là, oublions ces Bleus aussi malchanceux que nauséux et pensons au meilleur à venir: le challenge de l'offensive prometteur entre Hollandais, Portugais et Espagnols. Puisse l'une de ces trois armadas finir à la plus haute marche. Ca va flinguer, en terre tricolore ... à commencer par la bande à Ménès, pas du genre à tirer sur les ambulances mais pas du genre non plus à protéger Domenech d'une taloche qu'il aura semble-t-il tout fait pour ramasser en peine face.
Mais le meilleur est à venir dans cette fin de match irréaliste devenant surréaliste avec l'interview d'un sélectionneur déjà déchu: le scoop du soir, nettement hors-jeu ...
... Domenech de demander sa jolie compagne Estelle Denis en mariage! Mais où sommes-nous? Avant de s'excuser d'une seule chose, et pas vraiment la meilleure: de ne pas avoir prévenu son équipe que cet Euro raté servait avant tout à préparer 2008 ... par pitié, ne dis rien et laisse passer l'orage avant que la foudre ne te crame pour de bon. Comment oser, alors que ce sont ces même vieux devenus indésirables qui avaient sauvé la maison France sur la route du Mondial 2006 et tandis que les jeunes d'alors (pauvre Mavouba de l'époque) se trouvaient infoutus de marquer un but durant les éliminatoires?! Encore une erreur de com' pour un sélectionneur aussi lessivé qu'une teinture de cheveux qu'il n'a pas (la teinture, pas les cheveux).
Une déclaration d'amour en direct, à la sortie de ce match pourri fini (rime avec Flamini, tiens tiens)? Un futur mariage avec Pierre Ménès en guise de témoin, soyons fous. Les jolis sentiments en guise de bouclier trop humain ou de gilet pare-billets doux de journalistes revanchards, peut-être ou sans doute. On tire d'autant moins sur l'ambulances lorsque la croix bleue se transforme en gros coeur rose molletonné. Beurk, cette soirée télé qui mêle série noire et série rose.
Retour aux choses sérieuses, ou graves: ne pas manquer L'Equipe, demain matin.
Bilan de l'Euro.
Un fiasco qui dépasse la débâcle de 2002 en nombre de déconvenues; la France dernière de sa poule et seule éliminée des poules parmi les équipes favorites, avec un effroyable bilan pire que l'Autriche côté comptabilité: "bonne" dernière de la compétition avec une différence de buts de –5, contre un moindre – 2 pour les
kleine Poucet du tournoi (on est donc peu de choses, malgré la différence de standing entre les deux poules respectives); absente des quarts pour la première fois depuis 1992, soit une petite éternité alors que l'ère 1998 n'était pas encore engagée et faisait sans doute ses ultimes adieux hier soir. Clap de fin pour une histoire à l'eau de rose qui aura duré dix ans, sur fond de perfusions intermédiaires.
Prospective en vue de futures éliminatoires à ne pas manquer, pour des raisons de bon goût.
Y a-t-il un après-Zidane, dont l'absence se solde finalement toujours par des déconvenues depuis 1995? Y a-t-il des créateurs dans cette équipe, voire un patron à venir? Platini avant-hier et Zidane hier; un maître à jouer dans les deux cas et sans lequel tout était toujours dépourvu. A quand une équipe de France capable de vaincre sans un génie des surfaces et sur un collectif de type batave? Un renouveau est à attendre avant toute chose du côté de la défense, premier des chantiers d'un futur entraîneur attendu. Qui pour successeur: Deschamps? Blanc? Tigana? Luis Fernandez? Guy Roux? Naân, j'déconne sur la fin ... Deschamps présumé idéal pour faire le lien entre la génération d'hier et la génération de demain, mais avec le sérieux inconvénient de ne pas faire partie des cadres et autres apparatchiks de la FFF. Réunion du Politburo cocorico prévue pour le 3 juillet. D'ici là ... qui est mort verra de ses yeux morts; après cet Euro pas encore fini, tout de même. Loin de là, car le meilleur est encore à venir sur fond de couleurs rouge-orange. Le bleu ne durera pas, faut-il espérer pour des raisons de rancoeur tenace et d'amour du jeu. On retiendra ce dernier argument, pour la grosse peine.
Résumé final, avant la mise en bière:
- bravo Buffon, dont le penalty arrête face à Mutu lors du second match aura été on ne plus décisif pour son équipe bénie des dieux, elles
-un gros gâchis global, depuis un premier match où le joker fut trop tôt grillé contre la Roumanie; de bonnes réactions et un gros quart d'heure offensif dans le second, malgré la râclée de sortie; puis un scénario invraisemblable dans le troisième et un effet boule de neige qui n'a fait qu'accélérer une fin de cycle promise par le sort;
- un seul être vous manque, et tout est dépourvu. Le mal chronique d'une équipe de France qui ne peut vaincre sans jouer avec une individualité d'exception en son sein. Fontaine, Platini, Zidane, Ribéry ... la France n'est pas une hydre, tout sauf une hydre et c'est là son immense talon d'Achille déjà constaté en 2002.
- un match de merde, comme rarement il aura été donné à un supporter français d'en supporter un depuis belle lurette et sans que le score ait à se mêler à l'affaire;
- l'esprit français n'est pas mort: tant qu'il y aura des Ménès et des Solo sur 100%Foot, on pourra soigner nos bleus à l'âme à défaut de convaincre des Bleus officiels et repartir au front la larme à l'oeil. La bonne, celle-ci, celle du rire.
Un match pourri de chez pourri, certes de chez certes. Sachons toutefois tirer une compote du fruit pourri: la vie reste belle pour qui sait y mettre du sien et aller de l'avant. Dédicace au futur sélectionneur. La convalescence prendra du temps chez certains, pour qui la vie sera aussi merveilleuse et gaie que pour Black et son "Wonderful Life" de circonstance.
Et vive la France éternelle, si l'on y met du sien; et mort aux vaches ... suisses, ou pas.
F&H