Publié le 24/02/2008 à 12:00 par schangels
"Epiphénomène": phénomène secondaire, lié à un autre dont il découle.
"Et-pis-phénomène": chose insignifiante dont la nécessité d'être énoncée est mise en doute par l'interlocuteur ("et pis, alors?")
Exemple ...
J'ose caser sous la rubrique "Politique" ce qui confine au pathétique ... dans l'air du temps, en même temps.
La dernière pitrerie électorale me vient tout droit(e) de ma propre cité chérie: Metz et sa fière Place d'Armes, où l'une des candidates n'a pas trouvé mieux que lancer un nouveau gadget pour marquer sa campagne d'une empreinte indé(lé)bile.
La personne en cause: Marie-Jo Zimmermann, députée estampillée UMP et Présidente de la Délégation aux Droits des Femmes et à l'Egalité des Chances. Car oui: même les femmes peuvent participer aux délires collectifs, et tout le monde a sa chance pour la mairie de Metz. Suffit d'y mettre les formes (pas d'attaque personnelle, ici). Une cause noble à laquelle notre M-J locale associe une casserolle de circonstance
... L'objet du crime: un ballon dirigeable de 5m d'envergure, tout jaune paré (couleur de trahison par dessous la ceinture?) et qui l'accompagnera à chacune de ses empoignades si amicales lors des meetings de quartiers.
Laissons de côté la couleur de l'étiquette politique en question, je vous prie, et contentons-nous de méditer quelques secondes. Mais pas plus non plus, car je sais le temps de n'importe quel badaud plus précieux que ça et même celui d'une victime d'Alzheimer. Quel est le rôle de ce gadget, sinon de marquer les esprits d'un joujou joli et gentil qui procède par répétition? Telle la réplique publicitaire facile à retenir ou la marque de lessive passée en boucles sur les chaînes publiques, Marie-Jo nous installe enfin dans le 20e siècle de la politique américaine et ne manquera pas d'y ajouter les cotillons, majorettes de service couleur grenat et le feu sacré du Graoully aux fesses ...
... à quoi bon ces dépenses ludiques, sinon celui de retenir l'attention par un procédé aussi simple qu'insignifiant? Plus digne que de montrer ses fesses en public ou, telle la Cicciolina à ses heures de gloire remplie d'allégresse (et du reste), de parader dans un verre de champagne taille géante pour s'y faire peloter allègrement par tous les électeurs convaincus de ses deux arguments de poids. On comprendra également que la candidate de notre cru n'a pas les moyens d'attirer la foule sur ce registre, non plus. Mais à force de faire digression sur les principes et d'égarer les esprits par des divertissements aussi inutiles pour le fond que très utile sur la forme, la différence entre un gros cul défoncé et un ballon de fonceuse se fait plus mince. Grossièretés de circonstance.
Quel slogan associer à ce magnifique instrument de com'Eddie: "Gros comme un ballon, et plus jaune qu'un citron, c'est la Zimmermann"? Sais pas, je propose.
Non pas qu'il faille tirer sur les ambulances, ruer dans les brancards, casser trois pattes à un canard, ou autres ritournelles à l'emporte-pièces (mais pas au paradis); mais l'événement présenté ce matin dans le tire-jus du coin (
Le Républicain Lorrain) était assez hilarant d'insignifiance pour que la chose fût signalée ici. Des fois que l'on fasse mieux, ailleurs en France d'ici les deux semaines à venir ...
Pompidou avait introduit la campagne à l'américaine et le 4e pouvoir dans notre hexagone, il y a plus de trente années de cela. L'onde s'étend donc doucement, mais sûrement et jusqu'à ma bonne ville de Metz. Que les socialistes mesquins et bas du front (pléonasme du militant qui se respecte? facile) ne se satisfassent pas trop vite de la chose: leur candidat Dominique Gros n'ignore pas plus le jeu de la communication, que j'ai déjà vu arriver devant les portes du Stade St Symphorien bon pied bon oeil, le style du candide calculé et la bicyclette à la main. Comme pour mieux marquer sa fibre écolo et son goût du vélo. Tout cela rime avec charlot, et m'en contenterai pour la peine.
"C'est de bonne guerre", dira le militant à qui on ne la fait plus. "C'est très con et ça coûte des sous", dira le donneur de leçons misanthrope à qui on ne la fait toujours pas.
Epiphénomène, donc. Mais un peu moins déjà, s'il me donne le prétexte à passer ce sublime album de Led Zeppelin. A commencer par son morceau introductif très à-propos, "Communication Breakdown":
Ce fameux album du volume I dont la couverture représente le dirigeable Hindenburg lors de son explosion en plein vol. Notez que, de Hindenburg à Zimmermann, la gutturale ne varie pas à la syllabe près et nous laisse entre deux appellations germanisantes. Même langue, même destin? Attention, Marie-Jo, si je puis me permettre l'injonction de fortune: gare à ce que ta communication ne parte pas en fumée derrière les flammes d'un dirigeable couleur coquelicot.
Allez Marie-Jo? Certes, mais où ... plutôt que de voter pour ta bannière presque étoilée (pas possible de toute façon; suis pas Messin), permets-moi de prendre congé et te quitter pour des auspices plus favorables et moins compromettants. "Babe I gonna leave you", si je puis me permettre de nouveau la familiarité avec la future maire(sse) potentielle de Metz la Belle. Et pour cause, que voici:
Qu'il est facile de railler les publicités de rigueur comme on tire sur des ambulances nécessaires.
Mea maxima culpa, même si tout contribue à mon péché rhétorique.
Viendra peut-être le jour où la gestion d'une cité sera elle-même remise en cause, où les politicards bouderont les électeurs facétieux et proclameront la grève générale de la cause commune. C'est alors que nous remonterons à nos arbres de départ et méditerons avec Aron et Freund (Julien) sur la raison de tout ce bastringue procédural.
Qu'en disent les fous?
F&H
Publié le 23/02/2008 à 12:00 par schangels
Qui a dit:
"Je suis un père qui aime son fils, donc je n'ai pas à lui demander de faire ou je n'ai pas à lui interdire de faire. Chaque parent doit soutenir ses enfants mais les laisser décider ce qu'ils doivent faire."
Indice, chez vous: "Reason is Treason"
Pas d'une grande éloquence, ni d'une cohérence exemplaire; mais la formule est assez savoureuse pour la déposer sur ce blog, d'autant plus lorsque vous en connaîtrez l'auteur.
Une leçon d'amour filial pour tous les parents de tueurs en série, dictateurs en puissance et violeurs récidivistes? Laissez vivre, donc laissez faire ... on n'en sortira pas grandi, il suffit de vérifier par la taille de la personne citée. Toute la nuance est dans le "doit", comme toujours avec ces notions dont le sens reste à géométrie très, très variable.
Je profite de la photo ci-dessus pour diffuser quelques bandes d'un film raté: "Assassin(s)" (1997), dont j'ai aimé les prises de vue intimistes de l'auteur Kassovitz mais dont la morale générale tirait un peu trop sur la corde sociologique. Reste quoi qu'il en soit ce passage techno de Carter Burwell, "Total Eclipse", sombre et tonitruant:
"La télévision est la cause structurale d'une violence diffuse où chaque maillon est la victime non-responsable d'un stress collectif, etc." C'est pas moi, c'est "on", pour résumer. Une bonne idée de départ mais mal aboutie, faute de réflexion suffisante sur un thème relancé plus tard par Bourdieu (cf. son ouvrage "Sur la télévision") puis Michael Moore ("Bowling for Columbine"). Sans résultats plus probants, semble-t-il.
Mais jusqu'où ira-t-il (rapport à l'auteur de la citation ci-dessus)? Pas au Panthéon, en tout cas, ni même au Père Lachaise. Manque de talent pour ce faire.
F&H
Publié le 23/02/2008 à 12:00 par schangels
(Description de la bulle ci-dessus, pour les myopes ou fatigués de la veille: "Fogiel, l'incroyable talent ... t'en connais beaucoup qui arrivent à couper la parole de ceux qui l'ont pas encore prise?")
Un de mes amis philosophards et globe trotter patenté, Alexandre Costa-Leite (do Brasil; cf. le billet de l'année dernière: "Coups de Pub: ça continue"), a pour habitude de mélanger ses expériences quotidiennes au vocabulaire logique dans lequel il baigne pour sa future carrière modale. Un exemple: "collapse", anglicisme technique synonyme de réduction triviale d'un concept à un autre.
Il y a ainsi un phénomène possible de "collapse" en logique épistémique, lorsque les propriétés du concept de
savoir propositionnel (symbole: Kp, où "p" est une proposition quelconque de type "x est y") sont telles qu'il devient logiquement équivalent au concept normalement plus faible de
croyance (symbole: Bp). On écrira alors que Kp = Bp, ce qui veut dire que l'un équivaut logiquement à l'autre et que la différence de signification entre les deux n'a plus lieu d'être. Pas gravissime pour autant, lorsque les logiciens-philosophes prétendent que la connaissance ou savoir ("knowledge" uniforme dans la langue de Shakespeare) n'est rien de plus qu'une croyance justifiée. Plus de critère de
vérité pour faire passerelle entre B et K, par conséquent. Pourquoi pas.
Il y a d'autres cas de "collapses" plus sérieux en logique philosophique lorsque, autre exemple, le concept de
nécessité (symbole: Np) se retrouve assimilé au concept d'
actualité ou simple réalité (symbole: p) sous le coup d'une approche déterministe des événements futurs. Il en ressort une équivalence due à la relation d'inférence déjà établie Np => p (si p est nécessairement vraie, alors p est vraie tout court) et à sa converse déterministe nouvellement établie, p => Np (si p est vraie, alors elle l'est nécessairement). Donc Np = p. Collapse plus grave, mais aussi plus simple à surmonter pour qui n'admet pas la position déterministe de départ. Aristote s'y opposa fameusement; la série des truthmakers n'est pas finie et attend son prochain épisode, par ailleurs ...
Je propose ici une autre forme de collapse potentiel, plus informelle mais aussi et surtout plus d'actualité: la réduction équivalente de l'
impertinence à la
non-pertinence, relativement au concept central et tant revendiqué de
pertinence. Cet exemple d'assimilation réductrice m'intéresse d'autant plus qu'elle concerne la
théorie des oppositions de l'ami niçois Alessio et qu'elle me semble au goût du jour médiatique.
Quelle chaîne, quelle radio actuelle ne tente pas d'appâter le spectateur et auditeur potentiel en termes de "talks" impertinents, décapants, croustifondants et autres hyperboles censées apporter un souffle nouveau dans le PAF et sur les pifs?
J't'en fous! Souffle issu tout droit de leur bombe à étron, lorsque les animateurs se la jouent détendu et lucide au point de mélanger information de rigueur et sarcasme très bon ton. Un exemple? Au moins: "L'Edition Spéciale", tous les jours à partir de 12h40 sur Canal+. Que j'ai arrêté d'entr'apercevoir le jour où j'ai compris que cynisme BCBG et sarcasmes médiatiques seraient le lot commun des quatre animateurs en place. Entre un Wizman à la mine aussi endormie que le présentateur attitré des mags de nazes, mais pas moins censés représenter le journalisme informatif et "décalé" (ben voyons), seul Samuel Etienne surnage à mon goût, qui présente déjà "N'ayons pas peur des mots" sur I-Télé depuis plusieurs années. Un principe de débat présumé sans concession mais qui s'épuise avec l'usure du temps, d'autant plus lorsque l'Orléanais de service et omniprésent Philippe Tesson monopolise la parole pour accumuler ses proférations aussi tremblantes que très souvent insignifiantes. Un dernier exemple d'impertinence de mes fesses aurait été le talk-show proposé (ou plutôt déposé, comme une crotte de chien au pied d'un bouleau de trottoir municipal) bien autrefois, il y a plus de dix ans par Florence Belkacem sur TF1. Une tentative pitoyable d'interview provocante de politiciens qui a transformé les débats en gesticulations vides de sens et préfiguré les coupes-gorges actuels comme Olivier Fogiel. Ou l'art de ne pas laisser en placer une sous prétexte qu'il faille rompre avec la langue de bois. Langue de bois, langue de vipère: même combat perdu d'avance, mais qui a tout au moins pour mérite illusoire d'inciter à éteindre le poste pour rouvrir davantage nos livres de bibliothèque. Un instant de supputation, tout juste.
Bilan: il n'y a qu'une distance si mince entre impertinence et non-pertinence que je tendrais à assimiler ici le contraire au contradictoire. Explication: si le concept de "pertinence" est pris pour point de départ, alors la théorie des oppositions issue d'Aristote (puis figurée par Boèce au 5e siècle après Jean-Claude) nous dira que l'"impertinence" est son contraire et la "non-pertinence" sa contradictoire. Pourquoi? Parce que: deux propositions mutuellement
contraires ne peuvent pas être
vraies toutes les deux mais peuvent être
fausses ensemble. Pas possible d'être pertinent et impertinent? Tu m'étonnes, et je m'en suis expliqué ci-dessus. Puis parce que: deux propositions sont mutuellement
contradictoires lorsque la
vérité de l'une implique la
fausseté de l'autre et inversement. Pas de distinction ici, me semble-t-il: on est pertinent ou on ne l'est pas, malgré les fausses prétentions du ... contraire.
Un billet entier sera consacré sous peu à ce magnifique instrument logique qu'est la théorie des oppositions. Pour qui s'y intéresse, n'hésitez pas à parcourir la page personnelle de l'ami philosophard Alessio Moretti (déjà indiquée dans un billet précédent: "Coups de Pub: suite et non-fin").
L'impertinence est à l'information ce que la merde est au savon. Requisit d'autant plus détestable que les premiers à se plaindre de la peoplisation actuelle de la scène politique sont aussi les premiers à enfoncer leurs mains dans le caca pour se plaindre ensuite de l'odeur. Fond de commerce puant dont ils se dédisent. Mauvais travail!
"Mauvais travail": hé-hé ... dédicace spéciale au titi rappeur parisien MC Jean Gab'1, rapport à son compte-rendu salé suite à son agression de "chelâ" par sept gugusses de la MafiaK1 (je découvre l'appellation avec vous, notez bien):
Un exemple de pertinence impertinente, pour le coup et qui surmonte l'opposition logique de départ. "Continue l'impro"! Impayable compositeur mitrailleur que cet Audiard moderne ...
Un seul animateur surnage d'après moi par sa pertinence et au milieu de tous ces requins edentés: Yves Calvi, animateur de cet excellent "C dans l'Air" sur France 5 où des spécialistes de tous poils argumentent posément et sans se soucier de l'audience qui en découlera. Un luxe que je me paie autant que possible, quitte à jouer sur le décalage anti-Reichmann et le discours convenu pro-chaînes d'intellos. Mais il faut savoir ce que l'on veut, aussi et quand même. Ce gentil Reichmann et son abominable émission quotidienne pour adhérents parvenus du Lumpenproletariat: "Pour 5000 euros: Combien de Français en caleçon n'ont qu'une couille?", etc. Je t'en pose, des questions sur ton tarin tordu? "Attention à la Marche"? Attention à la Une, et plutôt dix fois qu'une.
F&H
Publié le 23/02/2008 à 12:00 par schangels
Peur de qui? Peur de quoi?
Des représailles, peut-être. Objet du billet: "Les Français boudent la bière".
En effet: d'après une source locale issue d'instituts de sondages plus ou moins fiables (par définition), la consommation de bière en France aurait diminué de 3,5% l'an dernier, soit une diminution équivalente à 20 millions d'hectolitres.
Non content de baisser le coude, notre pays devrait poursuivre cet assèchement général des gosiers pour 2008 avec une baisse estimée entre 4 et 5% de la consommation actuelle.
Mais que se passe-t-il? La faute sans doute aux mesures anti-tabac appliquées depuis janvier 2008, disent les autorités compétentes presque sûres de leur fait et que l'on ne serait pas moins. Il est vrai que l'interdiction de bouffées de tabac après un verre qui vous excite les papilles a de quoi dissuader les coudes les plus solidement vissés aux comptoirs.
Un seule solution: locale, et cela vaut pour tous les lecteurs de ce billet. Non pas que je sois un grand spécialiste buveur devant l'éternel, d'autant qu'un de mes amis fameux d'entre tous: le Baron von Hupt Lui-même, s'est légèrement détourné du houblon qui tache pas pour se tourner vers des affaires oenologiques plus délicates mais qui tachent plus. L'affaire ne le concerne pas au premier titre, cela dit, puisque nul besoin de comptoir pour poser son coude; la table de son domicile lui suffit largement, aux côtés de sa complice de femme chérie néo-maternelle.
Que fera le p'tit Louis face à cette situation négative du houblon en France? Je ne sais ni; mais j'en connais un qui devra reprendre son rythme des cinq Picons par soirée au "Point Bar". Petit interlude publicitaire de rigueur, au nom de ce bar sympathique installé au coeur de la vieille ville nancéienne et où j'ai pris pour habitude relative de me remplir la petite panse d'Amer-Bière délicieusement sucré et corsé.
Bilan du sondage: une diminution due à la diminution des clients, ou à la diminution de leur consommation individuelle? Qu'importe, le pays est en danger et doit se relever ... quitte à tomber d'ivresse à l'heure de fermeture.
"Le Picon, c'est bon". Pas terrible, mais tellement vrai.
Et c'est pourquoi j'intime l'ordre à tous les adorateurs de houblon de passer par ce délicat instant de lyrisme malté ci-dessous:
La joie passe souvent par l'ivresse, afin d'oublier les difficultés d'un quotidien d'autant plus difficile lorsqu'il se nappe d'angoisses incontrôlables. La bière au service de l'inhibition provisoire. Une mission de salut public, donc et malgré les déboires qu'il peut provoquer après coups.
Aux armes, collègues laborantins: prochaine virée nocturne de rigueur. Au nom de la France, tout de même, et parce que nous saurons agir en patriotes lorsque la cause se veut commune.
Tourtel?
No pasaran!!!
F&H
Publié le 23/02/2008 à 12:00 par schangels
Note:
Comme quoi on ferait mieux de ne pas entrer dans le fichier source lorsqu'on y pige rien en programmation même sommaire; rapport aux deux publicités qui s'introduisent sournoisement depuis mon billet précédent. Encore que les motifs sont bien choisis: contrôle de l'audition pour mémés au beau milieu de pistes musicales ... autre coïncidence qui, décidément, a planté ses sardines sur ce blog.
Mais venons-en à l'essentiel, avant d'aller se pieuter et rehausser le ratio de mes billets/jour. Qui a dit:
"Je ne suis pas encore né. Je suis encore en plein effort. J'espère ne jamais être satisfait."
Indice, chez vous: "vas-y, Jo'!"
J'aurais aimé ressembler à cette personne, s'il fallait ressembler à quelqu'un d'autre que soi-même. Non content d'être admirable à plusieurs égards, cette personne dont je ne laisserai pas deviner le sexe a dit des choses dont j'ai apprécié autant la musique que le ton: qu'elle se construit souvent des images personnelles avant de jouer (mais de quoi? mystère), que la respiration et l'air sont des cadeaux précieux dont on ne mesure pas la saveur. Ajouté à une attitude très réservée et une gueule d'ange ... la personne rôdait déjà, pas loin de ce même billet mais je n'en dirai pas plus.
Dernière note: prière à l'aiglonne de ne pas cracher le morceau, à qui j'avais déjà cité ce passage de choix dans un entretien passé. Merci!
Second indice? La photo ci-dessus, par un rapport intermédiaire qui fait ... "mush".
Un dernier indice? Soyons fous, histoire de ne pas négliger la contribution sonore du billet. "I Wanna Be a Dog", des Stooges (1979). Le rapport? Fusionnel:
Rrrrhhh!!! Comprenne qui fulmine.
J'avais découvert cette bombe sonore au détour d'une scène de "Arnaques, Crimes et Botanique" de Guy "Rules" Ritchie, lorsque le personnage principal Eddy sort du ring de boxe où sa partie de poker l'a fait perdre cinq cent mille livres et le condamne à de sales moments à venir. Un superbe moment de ciné où le gaillard trimbale sa mince carcasse déchue au milieu de la rue, jusqu'à tomber sur son nouveau responsable des créances et dont l'ultimatum lui donne la gerbe. Un de mes parfaits instants sur pellicule.
F&H
Publié le 22/02/2008 à 12:00 par schangels
"3 journées sans billet, retard à rattraper". Dont actes au pluriel et en série, pas plus tard que maintenant.
Il y a des principes plus "naturels" que d'autres et auxquels on se plie jusqu'à courber l'échine: témoin, le principe de
maximisation de l'utilité espérée, en vertu duquel lees agents rationnels que nous sommes tant bien que mal calculerions toujours ou très souvent nos comportements sur la base d'un savant rapport coût/profit. Le tout expliqué selon un modèle théorique qui requiert la prise en compte concomitante de nos croyances, désirs et actions.
Selon un principe voisin de la "résiduation", je devine la croyance d'un agent sur la base de ses désirs et des actions qu'il entreprend pour les satisfaire, etc, etc.
Je m'arrête là, de peur qu'un phénomène d'épilepsie se produise au-delà de mon écran et derrière le vôtre.
Pourquoi ce lourd introductif? Pour en venir à ce qui m'a conduit tout droit à la Fédération Nationale d'Achats, samedi soir: la nouvelle fraîche et rafraîchissante selon laquelle mon salaire se verrait augmenté, après une réévaluation de mon contrat considéré jusque là pour moitié de la solde. Un changement substantiel qui appelle à acheter la substance. On n'
est peut-être pas seulement ce que l'on
a, dixit Goldman en temps de verve turgescente; mais on
devient aussi et surtout suivant ce que l'on possède, livres et albums tous confondus et au nom des bons services rendus par la culture de masse.
Un changement substantiel, déblaterais-je plus haut. Car on est peu de substance, selon le principe du "on" collectif qui dissimule un cas très personnel. J'ai donc craqué devant le stand des CD à prix cassés, quoique pas autant que je l'aurais souhaité puisque la réduction des 4 au prix de 20 euros n'était réservée qu'aux heureux possesseurs de la carte des amis à Essel et Théret. Merci tout de même au chantage commercial sous l'effet des piratages en ligne. Et tant pis pour les 8 euros perdus entre le stand et la caisse, donc ...
Partant de l'idée selon laquelle rien n'est mieux gagné qu'une journée remplie de cafés serrés, de pages bien remplies et de vibrations sonores, j'ai donc
agi avec le
désir de dépenser mon blé revu à la hausse pour de la musique bénie, en vertu de ma
croyance selon laquelle une journée rythmée est une journée gagnée.
Au choix:
- les Buzzcocks ("Flat-Pack Philosophy", 2006)
Groupe estampillé punk de la génération Factory des années 70-80, ces Mancuniens sont revenus à l'assaut coloré et bien moins revendicateur que leur "big brother" de Strummer; avec des histoires simples faites de rencarts ratés, de beuveries entre potos ou de dilemme blondes-brunes. Pas d'autre prétention que de raconter leur quotidien et de m'y mettre l'essentiel de leur importance, ce qui me plaît. L'album lui-même: pas encore écouté en entier, mais l'ensemble partiel paraît assez british pour me séduire
- Kasabian (1er album: "Kasabian", 2004)
Depuis le temps que j'écoutais en boucle leurs morceaux via Radioblog (que je conseille au plus grand nombre si celui-ci ne connaît pas la chose; actuellement en travaux sur Google, mais une perle pour de futures rencontres musicales toujours inattendues), il me fallait posséder ce trésor de voix plaintives enveloppées dans des sons mi-rock mi-électros. Un régal, j'en redemande et ils redonneront sans faute
- Vitalic (1er album: "OK Cowboy", 2005)
De son vrai nom Pascal Arbez, son pseudo est inspiré du prénom russe Vitaly ou Vitali; car monsieur le Dijonnais a étudié et étudie le russe, comme d'autres ... j'ai découvert par je ne sais plus quel heureux hasard son très atmosphérique "Poney Part (Part 1)", ou peut-être lors d'une ballade en série au milieu des pistes de Radioblog. Un excellent instrument en ligne pour découvrir ou redécouvrir une pléthore de styles musicaux. Il y eut une vie avant la toile, mais oui ... vous accrocherez ou non aux instruments, aux rythmes et aux sons employés par le très créatif électronicien en chef. Moi oui, et du début à la presque fin du CD.
Pour rappel, voir les deux billets précédents made with Vitalic: "Ca rigole déjà moins: projet postdoctoral", et "Soyons marxistes (tendance Groucho): pour une réSolution permanente".
Mes préférés: Poney Part 1, pour sûr, mais aussi un "My Friend Dario" qui me rappelle à sa façon un petit quelque chose des Benny Benassi. La voix, avant tout. La cadence synthétique, peut-être aussi.
- The Killers (1er album: "Hot Fuss", 2005)
Une voix porteuse, un son de guitare, une basse charmeuse, une ambiance feutrée. Je laisse la parole et la place au premier morceau, qui en dit toujours plus que tous mes longs discours bourrés de subordonnées. Subordonnons, précisément et en l'honneur du "Jenny Was a Friend of Mine". Appréciez l'introduction de la guitare et l'enchaînement de la basse; du velours:
A quoi servent les pépettes mensuelles, si ce n'est améliorer notre quotidien de suiveurs civilisés? Autant soigner le style dans le port de nos chaînes; en attendant la libération, quelle qu'elle soit et d'où qu'elle vienne.
Merci à tous ces messieurs (pas dames, pour l'occasion) de me l'offrir en interne, pour le moins. Et certainement pas pour le pire.
F&H
Publié le 19/02/2008 à 12:00 par schangels
Question: quel est ce sport de
cons où un Se
crétin (Jacques, de son prénom) joue sur des tables
Cornilleau?
Réponse: le ping pong, le tennis de table, ou encore le ping pour les intimes qui kiffent leur vibe.
Petite dédicace à cette activité frustrante réservée aux non-cardiaques, dont je me délecte tant bien que mal quelques dimanches par mois et qui ont déjà entamé dix huit années synaptiques de ma vie.
L'occasion de placer un jeu de mots qui ne s'invente pas, et vous laisser entre les mains expertes d'un prodige de la petite balle en celluloïd (4,2g, pour qui s'y intéresse). Chut, le maître dispense (cacahuètes, pralines virevoltantes et amortis chirurgicaux en tous genres):
'Simplement" monstrueux. Respect, davantage pour le jeu que ses joueurs du dimanche ...
Encore un peu pour la route? Sans problème. Concentré germanique de Boll, en passant par le Biélorusse Samsonov et le maître incontesté du moment, le Chinois et écoeurant de facilité Wanq Liqin:
Ce qui me rappelle au souvenir de mes deux semaines chinoises d'août 2007, lorsque la chaîne officielle CCTV concluait son antenne par des hymnes patriotiques de régiments fièrement alignés devant des séries d'ogives nucléaires. Tous les soirs. Véridique. Preuve s'il en fallait que la Chine est loin, très loin des soucis d'Al Gore et de nos Grenelle(s) de l'environnement ... euh, vive le sport?!
F&H
Publié le 19/02/2008 à 12:00 par schangels
L'homme corruptible au temps et au reste s'élève rarement, sinon jamais à la hauteur du nouvel Homme majuscule qu'on lui promet. Lénine et, surtout, Guevara en savent quelque chose, à supposer qu'ils aient jamais cru à leurs propres effets d'annonce d'un
Homo Nuovo bien terrestre, mais pour plus tard. Loin des folies collectives, certains ont proposé un repli sur soi, tel le stoïcien déçu par la décadence de sa Grèce vaincue et décidé à trouver les réponses dans son for intérieur. Mais l'Homme intérieur libéré selon Leary n'a pas échappé à la règle des promesses qui déchantent. Témoignage en pellicules, dans ce billet ...
Alain Robe-Grillet est mort, hier. Epiphénomène? Au choix, pour peu que je connaisse sur le style et le procédé de cette Nouvelle Littérature impersonnelle. L'exemple "Ouvrez" de Nathalie Sarraute m'a si peu parlé que je parlerai ici d'un autre épiphénomène, mais et aussi et surtout du concept pris pour lui-même lorsqu'on le prend au sérieux.
Tempête sous nos crânes par temps trop feutré pour en valoir la peine ...
Quiconque a vu ce dont je vais parler ici ne pourra plus jamais regarder un impotent psycho-moteur volontaire du même oeil. De ridicule en public, le drogué passe au rang un héros très privé lorsque la raison finale de sa déchéance sociale devient très, très explicable et ce pour des raisons bien plus transcendantes que l'immanent souci de réussir en société. Oublions les aphorismes pompeux qui fustigent la moindre apologie de la drogue ou, selon un contraire aussi réducteur, promettent une évasion d'un quotidien trop méchant pour être accepté pour de bon. Pourquoi ce billet, i.e. pour-quoi? Mise en bouche ...
Un Johnny fait bien d'en cacher un autre, lorsque le premier (Depp) accumule les perles déjantées et le second accumule les daubes faisandées (Halliday). Et tandis que le second se rapproche toujours plus et bien malgré plus d'une incarnation de Bozzo le Clown version Afflelou, le second s'est fait le disciple de l'apôtre version journalisme gonzo, à l'occasion d'un bijou spectral nommé "Las Vegas Parano" (
Fear and Loathing, pour les puristes V.O.). Paris Première m'a fait le plaisir de rediffuser hier soir ce film que je cherchais à enregistrer depuis des lustres. C'est fait, c'est grand, et je n'ai pas fini de découvrir les moindres détails de recoins de ce film basé sur la narration ultra-subjective d'un junkee en fin de règle beatnik. Lorsque le champ de la perception prend des allures d'infinité horizontale, Monsieur Optic 2000 se la ferme bien gentiment et règle sa monture entre imposés sur le revenu aussi fortunés que peu inspirés. Contrairement à d'autres, la preuve dans ce qui suit ...
Plantons le décor: des traversées d'autoroutes désertes éveillées par des attaques de chauve-souris imaginaires; des pélerinages hôteliers sous l'emprise de mescaline et une transformation permanente de motifs tapissés en lierres rampantes; un Raoul Duke de principe, journaliste censé couvrir la campagne électorale de Nixon en 1972 et qui passe d'une course moto à une chambre d'hôtel dévastée sans jamais oublier sa prise de déliriums quotidiens. Porte-cigarette pour Raoul, chemises tropicales pour son ventripotent avocat et présumé polynésien Dr Gonzo ... le tout réalisé par un créateur on ne pouvait mieux adapté pour la cause que l'ex-Python Terry Gilliam (
Brazil,
L'Armée des 12 Singes,
Les Aventures du Baron de Münchausen ... excusez du grand peu).
Peu importe l'intrigue de fortune et la "logique" de l'action, dont on se contrefout puisque l'extérieur n'est qu'un prétexte décoratif aux aventures mouvantes du très intériorisé Raoul. Une aventure homérique tendance fin des illusions collectives de l'après-guerre, où les promesses irénistes de paix mondialisée et de manifs anti-Vietnam sont vite supplantées en ces débuts de
seventeens par un repli sur soi très cynique et presque hellénistique. En un mot: fermons le rideau des illusions collectives, mais gardons de Monterey les produits de circonstance et tirons du LSD le moyen de trouver un salut tout intérieur. A chacun son aventure iréniste, histoire de trouver non pas l'harmonie intérieure mais les réponses en soi-même. Une épopée très méritoire malgré ses allures de décadence pitoyable, pour le tout-venant externe peu informé sur la vraie motivation de la chose interne.
Le passage qui suit, loin des scènes à pisser de rire lors des montées d'acides et de leurs effets paralysants sur le jeu psycho-moteur, résume à lui seul et avec quelle éloquence la douloureuse transition d'une décade à une autre et d'une promesse spirituelle à des désillusions très physiquement senties:
Peut-on mieux se découvrir par le biais des illusions perceptibles, alors que la réalité du
sain d'esprit nous berce déjà de tromperies sur notre environnement quotidien? Il faudra lire et méditer plus sur le principe du
gonzo journalism, avant d'en dire trop ou d'en tirer des conclusions trop hâtives. Sans oublier le travail psycho-analytique de l'apôtre numéro un du LSD en son temps, le susmentionné Timothy Leary et son fameux slogan: "Turn on, tune in, drop out" (= viens, mets-toi dans le coup, décroche). A supposer que l'individu soit assez solide pour décrocher à plein et tirer profit de cette Ligue de la Découverte Spirituelle. Ce que Thompson a contesté, dans l'extrait du film ci-dessus.
Tiré du roman éponyme (V.O.
speaking) de Hunter Stockton Thompson, je vois dans cette oeuvre l'intérêt de montrer l'environnement d'un gaillard tel que lui-même le conçoit et le déforme au gré de ses montées acidifiées. Une idée très voisine des interprétations schizophrènes de David Lynch, au sens où
Lost Highway aurait ceci de commun avec LVP que le spectateur doit apprendre à oublier l'image 3D euclidienne pour deviner l'imagerie n-D propre à Raoul.
L'auteur a assumé ses déboires (c'est le Mot, majuscule) de journaliste en quête de sens multiples, jusqu'à subir les calins de quelques tendres des Hell's Angels; rapport à de sinistres mais réglementaires droits d'auteurs suite à son ouvrage complice de 1966 (
Hell's Angels: A Strange and Terrible Saga). Au point de finir l'aventure intérieure à son propre compte et de se faire sauter définitvement le caisson en 2005. Fin d'une histoire qui en vaut tant d'autres, moins créatrices mais plus longues sur le calendrier.
Peut-on remplir toutefois ce billet sans en retenir quelques images délirantes à mouiller le devant du pantalon? Non! Dont acte, où Gonzo passe en revue les réjouissances à venir de Raoul après une prise excessive d'adrénochrome puis d'épiphyse:
Rien de moins dans ce film qu'une expérience intime sur la perception et le déréglement des sens sous emprise des drogues. L'initiative n'a pas attendu Thompson pour être entreprise, cela doit aller sans le dire: Baudelaire avait parlé de Vin et de Haschich, à son époque très mouvementée baignant entre conservatisme monarchique et libéralisme républicain; j'insisterai plus encore sur l'expérience de Ernst Jünger dans son
Approches, drogues et ivresses, où l'écrivain et philosophe aussi peu enferré dans ses certitudes que deferré par ses congénères bas du front a tenté de décrire ses expériences intérieures sous de nombreuses substances absorbées: thé, vin, bière, puis haschich, opium, cocaïne ... qui veut juger du monde et de sa prétendue réalité ne peut se priver d'un travail sur lui-même, au risque de choquer ou, bien mieux, de casser les images toutes faites concernant les auteurs et leurs bords politiques. C'est que Jünger n'en avait pas de tout fait et savait bien dépasser le stade du qu'en dira-t-on des sérails. Mais voilà que je m'égare dans d'autres considérations qui, elles, mériteront leur billet futur et sans mescaline aucune. L'aventure intérieure demande une dose de courage pour quiconque mesure les conséquences du voyage: le LSD ou l'éther ne sont pas sans effet sur le budget vital de leurs amateurs; mais Thompson en a pris le risque comme beaucoup d'autres de son époque, à la différence près qu'il a fait de l'expérience un champ d'expérimentation littéraire et un prétexte au concubinage entre sens publics et représentations privées. Gottlob est de retour ici, quitte à ce que Thompson dénie sa distinction analytique entre ce que nous disons et ce que nous ressentons. La littérature du gonzo fut-elle capable de surmonter l'obstacle des sens et de verbaliser ces impressions très intimes? A vous de le dire et d'en lire, Thompson inclus et Jünger non exclu.
Et ce n'est pas fini: prochaine sortie d'une autre adaptation de Thompson sur grand écran, une fois encore avec Depp et del Toro pour acteurs principaux. Le titre:
The Rum Diary, autre application du "gonzo journalism" où le personnage part couvrir un reportage écrit dans le Porto Rico des années 50. Entre crise nationaliste, castrisme ambiant et déperditions alcooliques sous l'effet de cannes à sucre trop frappées trop souvent ... tiré du premier roman de Thompson, voilà une histoire que je risque pas de rater à sa prochaine sortie.
Et dire que l'on se gargarise toujours et encore sur des dérives présidentielles et des affaires de petites nouilles à Neuilly, ici (bien) bas et jusque dans les blogs trop actualistes pour sentir le Vrai. Comme s'il n'y avait rien de mieux à faire, à dire ou goûter tout près d'ici, à deux pas de chez nous tous ... épiphénomènes, dérisoires lorsqu'ils sont publics et délirants lorsqu'ils sont privés ... Merci encore pour cette tranche d'amoralités qui nous rappellent au souvenir d'une question passionnante, angoissante et stimulante: pour-quoi sommes-nous là? Il y a des réponses qui se construisent à renfort de produits évanescents et d'évasions mentales, quitte à choquer le tout-venant et ennuyer le voisin. De Jünger à Thompson, le thème a fait son chemin tortueux et me fait dire quela nature humaine est bien faite: car il y aura toujours des esprits suffisamment fous pour forcer les limites du concevable et d'autres, suffisamment conservateurs pour s'en plaindre et financer par là-même la machine pharmaceutique à coups d'impositions et de cotisations sur leur propre travail. La vie est bien faite: certains jouissent de ce que les autres endurent. Dont on sortira grandis pour autant que les fêtards s'interrogent un tant soit peu sur les raisons et finalités de leurs propres orgies existentielles. Ce que fit Thompson et la new wage generation; ce que Jünger le très original, à sa façon d'ancien combattant national-bolchévique trop curieux pour se cantonner dans des tiroirs d'où l'on a voulu l'y maintenir. Si pratique, pour maintenir un consensus atalantiste très établi autour de vainqueurs qui écrivent l'Histoire avec leurs propres plumes. Mais je m'égare, ici ... n'est-ce pas le propre du
gonzo journalism, cela dit ... viendra le jour où je produirai sous mescaline à l'arôme de Bailey's ...
Il y a des épiphénomènes qui gagnent à être connus, d'autres à être oubliés.
De mescalinus non disputandem et gustibem, ou quelque chose dans le genre. Ce qui sera déjà beaucoup fait, pour qui saura en conter les effets par la suite. Lorsque l'aventure intérieure prend des saveurs chimiques qui font de nouveau honneur à Johnny, premier du nom.
F&H
Publié le 17/02/2008 à 12:00 par schangels
Par cette belle journée dominicale pleine de bleu dans le ciel, d'oisillons béquetant les boules de graisse après une disette glaçante et de familles vététisées, le casque de tortue ninja customisé et vissé sur la tetê, je ne peux que vous souhaiter la paix intérieure et l'harmonie non-préétablie parmi les vôtres ...
... c'est que les dernières heures de ce blog ont été chaudes, voire cramoisies en termes de réponses et contre-réponses proches de l'incendie cérébral, bon gré et surtout mal gré. Pacifions les débats, je vous prie, quittons les qu'en dira-t-on terre-à-terre et la recherche très intéressée d'humiliation verbale à distance. Le jour du Saigneur n'est-il pas tout indiqué pour ce fer? Alors
ja, je vous le dis avec la sincérité la plus haute de mon mètre 78 dont l'équilibre dépend avant tout et surtout de la solidité du sol: aimons-nous dans le mouvement, l'action et la dynamique des fluides vidés de leurs substances moralines trop lourdes à porter pour vivre en bon voisinage, i.e. décomplexé.
Quittons le terre-à-terre pour mon terre-à-ciel, à défaut de faire mieux et par temps de ciel bleu (bis). Dédicace à toutes celles et ceux qui, comme moi, se retrouveront dans ces images baignant de soleil rouge et de saine folie faussement meurtrière. Le manga, ou l'art d'exhiber ses pulsions refoulées le temps d'un cartoon clownesque.
Ein bisschen Frieden (= un peu de paix) ne fera de mal à personne, encore moins lorsqu'elle nous berce de riffs aux airs confondants de rafales à toute berzingue.
Vorwärts, Rammstein:
Le principe du carnaval s'étiole et, d'un règlement de compte annuel entre dominants et dominés, se transforme en tristounette
Fest à
Opa digne des iodleries bavaroises pour retraités trop tranquillement conservés dans la bière ignifugeante; les moeurs s'indiffèrent, les actes perdent de leur sens (à l'Innosense les mains pleines, certes, mais de quoi) ... pourquoi donc se priver pour compenser l'ennui et, pire, pactiser en sous-main avec les méchants écriveurs pleins de fiel à retordre?
Luttons avec les
Rammeurs de
Stein, pour un
Welt plus pétaradant de balles à blanc et désopilant de billets francs.
En bref: bon dimanche,
jungs!!!
F&H
Publié le 14/02/2008 à 12:00 par schangels
Le 14 février est effectivement jour de fête: la fête pour l'une, si l'autre ne l'oublie pas; une sacrée fête pour l'autre, si par malheur il l'oublie ou, pire, la dénie. Je m'explique, même si vous avez déjà compris l'essentiel de la suite.
J'ai déjà écrit plus tôt sur le sujet: cf. mon billet "Aimez-vous les uns (dans) les autres" ... mais je ne peux m'empêcher de consacrer un billet en ce jour de Saint Valentin. Pas tant pour consacrer mon temps à l'amour qu'à ce que l'on peut en faire en termes de fleuristeries et d'intentions altruistes.
Quel individu mâle peut décemment ne pas inviter ce soir sa dulcinée à un restaurant dont l'entrée ne descendra pas au dessous de la vingtaine d'euros? Car il s'agit bien d'euros et plutôt deux fois qu'une, lorsque le calin se paie une fois par an au prix fort et pour des raisons mixtes: fête des fleuristes, fête des bijoutiers, fête des serveurs (en termes de pourliches). Quel mal à cela? "Détournement commercial d'un principe sacré", diront les pisse-vinaigres et autres radins moralistes. Non pas qu'ils aient tout à fait tort, mais il y a certaines vérités qu'il vaut mieux glisser discrètement sous le tapis et c'est précisément là que je veux arriver: la signification non-littérale d'un grand nombre de nos actes de discours, parmi lesquels ceux proférés en période valentinoise.
Qui peut sereinement dire ce soir "pas de restaurant, chéri, ce n'est qu'une fête commerciale et notre amour ne peut être rabaissé à cette mascarade" sans être condamné à une semaine minimale de bouderie de la part de sa conjointe qui n'en pensera pas moins? C'est que des intentions sont souvent (euphémisme de bon aloi, ici) prêtées aux locuteurs derrière leurs discours, et pas parmi les meilleures: quiconque profère ce genre de morale anti-commerciale ne peut pas être disculpé de radinerie. Et pour cause: une même
action peut être produite à partir d'
intentions différentes et pour plusieurs
raisons. Je n'entrerai pas dans ces subtiles distinctions analytiques entre action, raison et intention, et me contenterai de remarquer que l'intention de ne pas aller au restaurant ce soir n'est pas logiquement incompatible avec la raison de garder tous ses sousous dans la popoche.
Or, et je finirai par ceci, la femme attend de son homme qu'aucun de ses actions valentinoises ne soit logiquement compatible avec quelque mauvaise raison parmi lesquelles elle trouvera la radinerie, voire le désamour ...
En somme: les fleuristes ont tout à gagner ce soir, sans oublier les bijoutiers, parce que les raisons d'une saint Valentin, aussi douteuses soient-elles quant à leur pureté, condamnent le mâle à les accepter pour faire montre de bonnes intentions. Un acte sacrificiel, somme toute. Autrement dit, l'homme est obligé ce soir et de collaborer à cette parade commerciale pour montrer ses bonnes intentions envers sa dulcinée, et quiconque refuse de participer à cet attrape-nigaud annuel ne pourra pas nier de mauvaises intentions. Saint Valentin, Toussaint et Noël: même combat dont on ne peut se dispenser sans être deux fois plus suspect, et à
raison. Le coq peut toujours prétendre le contraire, en vain: le sacrifice du porte-feuille au nom de l'amour plus fort que toutes les fins de mois difficiles aura raison (bonne ou mauvaise) de lui, qu'il le veuille ou non.
La rose aura beau sentir le billet de banque, ce soir, elle sera présente partout et au nom d'un rituel qui vaut toujours mieux somme toute que l'obligation de se couper un doigt par an au nom de sa mie ... Les
roses seront souvent de
pierre, ce soir, et c'est tant mieux: l'occasion pour moi de placer enfin un de mes morceaux préférés des
Stone Roses, "Driving South" (je préfère la version non-live; mais autant choisir un clip animé plutôt que son contraire). Action!
Il y a des choses qu'on pense, souvent à raison, mais qu'il vaut mieux ne pas dire afin de ne pas éveiller de mauvais soupçons. Nous voilà sortis grandis de cet exemple d'attribution d'intentions douteuses en terrain illocutoire, rapport au jeu des significations non-littérales dans nos actes de discours quotidiens. Amoureux ou pas, gare à vos mots ...
F&H