Nom du blog :
schangels Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne. Catégorie : Blog Loisirs Date de création :
25.12.2007 Dernière mise à jour :
17.05.2008
De quoi est fait le futur, ou mieux: où se situe le futur par rapport au présent et au passé? La logique voudrait qu'on la situât après tout le reste, et peut-être a-t-elle raison malgré de forts soupçons posés depuis Einstein et la mécanique relativiste par l'interdépendance de l'espace et du temps. Mais ce n'est pas dans ces eaux arides (?) que ce billet veut s'immerger. Il s'agit plutôt de revenir sur un exemple de mixture sublime entre temps réel et temps vécu et que le cinéma américain sait nous donner par à-coups.
Je ne peux m'empêcher de coucher quelques idées imprécises, alors même que je viens de mater pour une seconde fois de ma vie ce moment (imprécis par excellence) qu'est "Donnie Darko" ... sans doute une impression partiale, quelques accointances toutes personnelles avec Drew Barrymore (productrice de ce film, svp; loin de son rôle débile dans les Trois Pas Drôles de Poufiasses).
Un concentré de tendresse, d'inquiétude et de réflexions métaphysiques sur le rapport entre le temps, l'avenir et la conscience.
Je n'arrive pas à trouver la "logique" de ce film, pris en tenaille entre deux interprétations distinctes: toute l'intrigue de ce film n'est que le produit d'une imagination et d'un temps vécu d'une conscience, celle de Donnie; ou le retour final vers le début de l'histoire (la chute du moteur à réaction dans le chambre de Donnie) fut-elle la volonté d'un Donnie maître des couloirs du temps? Après tout, le réalisateur fait remonter le calendrier des 28 derniers jours de Donnie avant la fin du monde, tandis qu'un moteur à réaction lâche dans le ciel et signe la fin de la mère et la petite soeur de Donnie ... jusqu'à ce qu'il décide de modifier l'ordre des choses et de préférer sa propre fin à celle des autres? Donnie, sauveur du monde? Mais depuis quand aurait-il ce don, et quel rapport temporel entre le crash du moteur et l'ordre des événements? Difficile de comprendre les choses lorsque la succession des événements part en sucette complète.
De deux choses l'une: soit le héros a découvert le moyen de remonter le temps pour sauver sa Gretschen tout juste écrasée par un "anonyme" de la fiesta improvisée chez lui; soit l'ensemble des événements accumulés pendant le film n'a jamais occupé un autre monde que celui de l'imaginaire très privé de Donnie. Mais des raisons de suivre une voie ou l'autre sont apparues entre-temps: comment Donnie a-t-il pu rencontrer son ami imaginaire, Frank le Lapin (alias: le jeune artiste dessinateur qui a écrasé Gretschen vers la fin du film), et le découvrir blessé à son oeil avant même de lui tirer dans l'orbite? Un jeu d'avant et d'après auquel le cinéma SF nous a habitué depuis belle lurette, mais le hic vient ici de la nature des faits passés, présents et futurs dans ce film de mon anthologie. Pure invention d'un seul esprit qui rêve cette histoire complexe juste avant sa mort? Pourquoi Donnie finit-il son existence hilare sur son lit, heureux pour quelle raison? Comment expliquer que le moteur à réaction qui tua Donnie provienne de l'avion dont sa mère et sa petite soeur étaient les passagers, de retour du concours de danse? Gretschen n'a-t-elle jamais connu son prétendu amoureux schizo-parano, et les troubles mentaux de Donnie sont-ils la véritable raison de ce jeu métaphysique sur la nature du temps et la prédestination des événements par un fluide incolore que Grand-Mère la Mort aurait intuitionnée dans sa jeunesse religieuse?
Ce film pose bien des questions pour lesquelles je ne vois qu'une réponse approximative: qu'il est impossible d'expliquer la nature de l'ensemble des événements, entre produit d'une imagination ou action sur le temps physique d'un être surhumain et capable de jouer avec le temps. Chaque scène peut admettre les deux interprétations du film, entre transformation du temps réel et création du temps vécu de la conscience. Saurait-on comment cela s'est-il produit que l'on n'en saurait pas plus sur le pourquoi du déroulement: ce film a-t-il un sens, hormis sinon de tourner la logique newtonienne du spectateur en bourrique?
Ce film mérite d'être vu et revu ne serait-ce que pour trouver réponse à ces questions. Et pour d'autres thèmes abordés tout au long et qui jurent avec l'Amérique actuelle:
- la thérapie de la peur et son gourou de Patrick Swayze: peur vs. amour, ou une lutte des contraires ironique étant donné le rôle de la menace de l'Autre dans l'effort de guerre américain via les chaînes Fox, CBS, CNN. Quand on sait le lien causal entre la parano de la violence aux Etats-Unis et la politique sécuritaire du gouvernement, le pouvoir de l'amour sur la peur version 1988 fait donc tache et tâche avec le jeu de la peur mondiale version 2001. Son discours manichéen mériterait d'ailleurs d'être revu de plus près et plus au sérieux, malgré la condamnation en règle à laquelle le vouent à la fois Donnie et sa pédophilie criminelle
- sur la prédestination des événements, et le "plan directeur" incarné par les fluides incolores qui dirigent chaque individu: le prof de physique et boyfriend de Barrymore n'a pas tort de rétorquer à Donnie qu'admettre la détermination consciente des faits suppose que l'on puisse y contrevenir, sans plus de suite dans ces idées, hélàs;
- quel message global du film: un trou dans l'espace-temps véritable, ou ce fameux trou de vers n'est-il rien d'autre qu'une sorte de "couloir de la mort" synonyme de temps vécu (pas celui qui intéressait le physicien Stephen Hawking, donc) et analogue aux 21 grammes perdus par chaque homme juste avant sa mort?
- Donnie est apparemment l'assassin de Frank, l'artiste dessinateur tué d'une balle dans l'oeil lors de l'avant-dernière scène; cela veut-il dire que Donnie vit la fin de sa vie à rebours et que cette scène précède dans le "temps réel" toutes celles où le Lapin apparaît avec son oeil déchiqueté par la balle du révolver?
Conclusion: Donnie a-t-il bel et bien remonté un couloir du temps par ce fameux "trou de verre", afin de sauver la vie de Gretschen? Ou toute l'histoire n'est-elle que le produit de son imagination hyper-accélérée, à l'instant immédiat et intermédiaire entre sa vie et sa mort?
Quand est le futur? Après le présent, par définition, mais on sait ce que les physiciens répondront quant à la version pétrifiée à tort des moments du temps?
Autre question pas si débile: Où est le futur?
Certains ont évoqué la possibilité de "plis" dans le temps, c'est-à-dire de moments futurs retrouvés dans le passé et similaires à des cas de "déjà vu"; d'autres prétendent plus scientifiquement que le voyage dans le temps exigerait un appareil capable de se déplacer plus vite que la lumière. Et quand bien même: en quoi aller plus vite que la lumière permettrait-il de modifier l'écoulement "normal" du temps, voire de le "remonter" afin de revenir à des moments déjà vécus? Vécus par qui, d'ailleurs, à supposer que le temps réel ne soit qu'une illusion collective? Difficile à croire, car le bon sens reste coriace. Tout de même ...
Le temps réel et le temps vécu s'opposent ou s'entremêlent pour nous donner des films aussi pleins de vie (et de mort, donc de vie) que ce Donnie Darko dont j'ai déjà laissé un souvenir de la musique inoubliable ailleurs dans ce blog (cf. Gary Jules: "Mad World").
Pour la peine, Donnie Darko a lancé à sa manière une réflexion émouvante sur les règles du temps et la place de l'avenir et du passé dans notre conscience collective. Où est-il, ce futur, sinon devant nous et toujours là où on ne l'a pas encore vécu? Pour la caution musicale, je me contenterai d'un retour amusé sur les imaginations futuristes dont l'époque optimiste de l'après-guerre était féconde. Une époque où le progrès et la production ne devaient pas avoir de limite pour contribuer au bonheur futur de l'Humanité. Un retour amusé, version Mudhoney. Mais "Where is the Future"?
La tragédie est d'autant plus belle lorsque l'on croit pouvoir faire exception à sa règle ... sans doute parce que les causes perdues sont les plus belles à défendre. Donnie en est l'exemple, à l'image d'une Amérique que les Franchouillards savent toujours railler de leur haute exception culturelle mais qu'ils s'avèrent incapables d'égaler en matière de réflexions existentielles autres que pleurnichardes ou nombrilistes. Une discussion sur le sens du film est disponible à cette adresse: http://www.linternaute.com/sortir/cinema/film/dossier/films-incomprehensibles/4.shtml
Merci, Richard Kelly (26 ans à la sortie de"Donnie", en 2001, excusez du peu).
... ou presque, tout juste assez pour faire un "bon" jeu de mots et noter la parenté frappante entre Tarantino et ce qui suit.
AVIS à tous ceux qui n'ont pas encore vu le film "J'ai toujours rêvé d'être un gangster" et souhaitent le voir bientôt: sautez ce billet, allez voir ailleurs.
Pour les autres: je profite d'une bouffée d'air pour tenter une sorte d'appel d'air pur, vers un "autre" cinéma français. Pour peu que j'en connaisse en amateur superprofane, j'ai eu ce plaisir de mater mercredi dernier le dernier film de Benchetrit et ne le regrette pas. En gros: un mélange de paumés au milieu d'un univers de bitume triste à mourir, le long d'autoroutes insignifiantes et de chantiers toujours en construction. Des âmes errantes au milieu de ce désert gris, qui tentent de braquer ce qu'ils peuvent avec la volonté neurasthénique qui leur reste. Une atmosphère lunaire, donc étouffante et jouée par des martiens. Ambiance ...
Des histoires, un filmage, des acteurs, des pieds de nez.
L'histoire, ou plutôt les histoires: un chassé-croisé à distance entre plusieurs histoires de braqueurs ratés pour qui la vie est l'occasion de se remuer un tant soit peu, mais sans violence ni méchanceté aucune. Edouard Baer se prend un poteau introductif, les kidnappeurs se gavent de cornflakes devant le spectacle amusant de patineurs casse-gueule, Bashung et Arno règlent leur contentieux en diplomates fatigués, puis la bande à Rochefort constate avec effroi le temps qui passe (à noter la présence de l'italien Venantino Venantini, l'homme de main de Lino Ventura dans les Tontons Flingueurs) et tentent un dernier braquage qui termine en eau de boudin hilarante. Hilarante mais triste et tendre, comme l'ensemble de ce film à sketch dont le clin d'oeil au Pulp Fiction de Tarantino est évident.
Autant je m'étais emmerdé comme un rat mort devant ce grand film yankee dont on me promettait tant ... autant je me suis régalé devant ces fictions franciliennes qui remuent la pulpe tout en douceur. Pas de violence gratuite dans ce film, malgré le titre annonciateur du contraire; pas de leçon de morale ou de mission humanitaire, contrairement à une quasi-tradition française qui assume le rôle messianique que d'aucuns attribuent encore à notre pays.
Enfin: un film français qui produit des acteurs attachants et sans déchirures psycho-dramatiques dégoulinantes à tout bout de champ, le tout agrémenté de quelques scènes savoureuses ou le réalisateur s'amuse entre du cinéma muet (cf. la scène du braquage de la future serveuse, dans la scène 2) et des images fixes dans le style du documentaire policier (cf. la scène de la barrière d'autoroute, dans l'Epilogue).
Enfin des gueules qui ne l'ouvrent pas pour rien dire ou presque rien, le tout enrobé d'un dialogue minimaliste mais qui sait tirer le jus maximal des acteurs à chacune de leur intervention. Comme si la parole de la serveuse Mouglalis avait du poids bien senti, comme si l'annonce de Baer qui va pisser en attendant que la même serveuse lui prête attention avait des airs de paradoxe abyssal.
A croire que ce réalisateur cultive l'art de faire simple, ce qui est sans doute très compliqué derrière une caméra.
Et puis: ce choix sublimant du noir et blanc. Pour rappeler aux vieilles heures glorieuses des titis braqueurs parisiens du père Audiard? Ou plus simplement, pour donner à ces histoires des allures historiques qui rappellent les films des temps de guerre mondiale et leur donnent un air magnifié, plus sollennel? J'ai toujours cette même impression, que les images en noir et blanc présentent un autre monde plus valeureux que celui banal de notre monde moderne trop plein de couleurs ... impression mi-tragique mi-dramatique donnée par ces "couleurs" binaires et tristes, sans doute.
Pour les détails techniques de ce film: demandez à la spécialiste du genre, Sijavéssu (cf. Mes Blog Préférés). Juste un coup de coeur, ici, parmi tant d'autres qui ont déjà vu et apprécié ce morceau de choix.
Les acteurs ont du style, de la présence, des dialogues au compte-goutte, des voix de mi-écorchés mi-fatigués ... un régal sur pellicules. Autant s'en remettre une tranche, avant de revenir au quotidien multichrome:
Qui a dit que Drew Barrymore n'était pas le nom idéal pour un cheese burger? Ca ne veut rien dire, et ça en dit beaucoup pour cette raison précise.
Bref, du bon cinéma très suggestif. Merci Samuel (si je puis me permettre). Pour un réalisteur dont le père était serrurier, on peut dire qu'il a trouvé la clef ...
Et tant que l'on parle cinéma, je profite de l'occasion pour faire un double hommage: un premier à Edouard Baer, de bon ton puisqu'il est un des gangsters majeurs (donc très mineurs) du film que je cause ici bas et dont l'apparition furtive dans un autre monument a fait mouche (sur ma face, tout au moins). Extrait choisi et de choix:
Extrait du film "Les Clefs de Bagnole" de Laurent Baffie, gigantesque bide du cinéma français mais qui reste à mes yeux une jolie déclaration d'amour au cinéma et à ses techniques drôlatiques. La preuve? Ce début de film où Baffie tente de convaincre les meilleurs réalisateurs français pour subventionner son projet. Un régal, telle la mousse de Capuccino autour des lèvres:
Moralité: allez donc voir Mouglalis, Baer & Cie, sans oublier un petit détour par la première location de vidéos venue. Une pizza + un Baffie et un Russo: la tête à Toto. Promis, juré ... Car "le cinéma est une grande famille", hé hé ...
A la vie, donc à la mort. Pour un flirt avec la fin mais sans jamais dépasser la frontière inévitable (le suicide) ... Ambiance:
Fight Club. Un "simple" film à consommer comme une future clope consumée ... une simple vidéo louée anonymement entre "Mon curé chez les nudistes" et "Les Bronzés 3", un samedi soir parmi tant d'autres soirées pizza-soda qui font roter puis digérer le tout dans une transe béate de futur padré gestionnaire ... non, c'est bien plus; mais on fait comme si c'était autant que le reste. L'habitude de niveler la valeur des bijoux parmi la masse de contrefaçons interchangeables.
Petit coup de saignée pour rappeler à l'ordre ... ou au désordre vertueux, bien plutôt.
Le décor du film, inspiré du roman de Charles Michael "Chuck" Palahniuk et produit par le réalisateur David Fincher: Jack (Edward Norton), employé pour une boîte d'assurance-accident, souffre d'insomnie chronique et ne supporte que moyennement sa petite vie rangée comme un caleçon savamment plié entre deux paires de chaussettes. Pourquoi ranger, et pourquoi se le demander? Le tort d'avoir pris conscience de ce jeu de dupes permanent et de chercher une issue salutaire à son rythme de vie machinal. Capitonné dans un studio hi-tech post-moderne de type IKEA, pour commencer; jusqu'au jour où son appartement flambe et le laisse seul face à lui-même. La cause de l'incendie? Tyler Durden, comme on l'apprendra dans la suite du déroulement. Vendeur de savons et spécialiste du dynamitage artisanal, la philosophie (au sens noble, non frelaté du terme) de celui qu'incarne Brad Pitt et qui incarne la voix intérieure de Jack se résume par ces concentrés de mise en condition nihiliste; pour ainsi dire:
Tyler Durden, la "petite" conscience très intérieure faite chef de meute au fur et à mesure de la chute brutale et du retour à la vérité vraie: nous baignons dans des illusions et des produits factices qui nous enveloppent d'une dignité apparente.
"Les choses que tu possèdes finissent par te posséder": plus facile à dire qu'à croire, à comprendre ou à tolérer. On peut croire sans comprendre, on peut comprendre sans tolérer, mais on ne peut tolérer sans les deux premiers. La scène de la soude fera basculer le personnage principal de l'autre côté du miroir aux alouettes.
Autre version du même message puriste: "j'ai, donc je suis", ou la fausse affirmation ironique d'un Goldman mercantile non pas mais humaniste tout de même. Ou l'art de croire à la dignité de l'homme même lorsqu'il n'a plus rien parce qu'il estime être encore et toujours quelque chose. Dit-on. Au-delà de l'être et l'avoir? L'anti-humanisme, ou la dignité morbide et active de l'homme qui sait qu'il n'est rien et s'abandonne en conséquence à condition de toucher le fond. Le cynisme du courageux qui assume sa déchéance et dit merde à celui qui le condamne. Respecter qui, protéger quoi et au nom de quoi? Bonne question qui peut faire mouche et surtout mal, mais pas d'inquiétude: billet sans conséquence et qui ne s'autodétruira pas dans les cinq prochaines secondes de votre lecture.
Nihilisme, primitivisme, fascisme, anti-consumérisme, cynisme, machisme ... les qualificatifs en "isme" de mes deux oreilles sourdes ne manqueront pas pour tenter de circonscrire la portée du roman et du film qui en a été tiré; et dont on oubliera la scène punk-romantique finale, où Marla la déjantée lubrique retrouvera son marquis de Sade refoulé moderne pour assister à la destruction des Tours Jumelles. Prémonitoire? Très peu importe, puisque le cinéma a ce défaut d'enjoliver pour ne pas trop effrayer qui les spectateurs qui les maisons de production dépendantes des investisseurs adeptes de la consommation. Retenons du moins la bande son finale et la bonne question sans réponse attendue des Pixies: "Where is my Mind":
Quand la hyène se mord la queue, elle continue d'avancer en spirale. Mais elle avance, encore et toujours. Debord l'avait dit, parmi d'autres pisseurs de violons: le Léviathan absorbe tout jusqu'à ses propres contradictions internes. Fight Club l'a illustré, aussi bien par le scénario enflammé que par les pompes à incendie qui l'ont accompagné et qui s'appelle l'industrie du cinéma. L'art de transformer la dynamite en savon, pour le coup.
Comme si l'homme descendait du singe sans savoir où aller une fois les pieds posés à terre; nettoyer le terrain au napalm avant de retomber parmi les lianes. Fight Club, ou la transition du singe apprivoisé et descendu de son arbre aux "singes de l'espace".
Quatre passages pris au hasard, éloquents parce qu'ils incarnent ce que j'ai tenté de comprendre dans cette pierre grisâtre:
- la scène de la rencontre entre Jack et sa conscience refoulée, Tyler Durden; un numéro de cynisme exemplaire sur l'ami à usage unique des relations de travail et le conditionnement des citoyens policés, jusqu'au détail près de visages apaisés dans les brochures d'avertissement en cas d'incendie.
- la scène de l'ex-étudiant en biologie, réduit à un sous-appartement misérable et que Tyler va menacer de mort s'il ne reprend pas ses ambitions de vétérinaire en main. Le plus beau jour d'une vie est sans doute celui où l'on frôle la mort. Parole de samouraï déchu. Apprendre à apprécier ce qui devient banal sous le poids des habitudes
- la scène chimique de la soude sur la main: exercice d'application par Tyler avec son moi de surface, Jack, qui doit apprendre à toucher le fond et assumer tout comme Marla sa condition d'être perdu pour mesurer à quel point il est libre; libre de faire quoi, et pour quoi ... pas de réponse, pas même dans la recherche d'une dignité confisquée. Anti-humanisme, un terme qui sonne bien et résumerait assez bien ce besoin d'action désorientée sans but mais sans fard
- le projet K.O. (Chaos?): provoquer les bagarres, libérer les autres de leur retenue civilisée; des exercices d'entraînement pratique à la provocation, à la violence gratuite (pas de but, donc pourquoi se le reprocher) et à la destruction des deux illusions régulatrices de l'homme civilisé: commisération, empathie.
La violence comme expression de la liberté illimitée de faire et défaire ce qui nous entoure, et nous-mêmes par la même occasion. Pas de sens, juste des directions prises au hasard. Se fixer un but, peu importe lequel ... n'importe lequel? Le goût de la vie, à condition de la risquer. A condition, aussi et surtout, d'être persuadé que les déguisements quotidiens n'ont strictement aucune valeur et constituent une perte de temps irréparable.
La bonne cause: celle de servir l'absence de cause, ou celle de détruire les causes illusoires quotidiennes. Servir La cause: la cause perdue, en connaissance de cause. Le nihilisme. Quitte à se lancer dans un gang paramilitaire destructeur, anti-social, voire auto-destructeur? Les limites d'un film sont de transformer en caricature dérisoire ce qui renie d'abord la facilité et ose affronter des questions angoissantes. Mais un film a ses limites, toujours.
Qui osera souffrir pour ressentir la vie, qui osera abandonner ses biens pour trouver son propre salut? Pas encore.
Mais plutôt que de saisir par soi-même ce que des dialogues apporteront bien mieux et sur un plateau, observons le contenu du plateau et faites-vous votre propre idée sur la saveur du produit. J'ai déjà la mienne, et je reviendrai plus tard sur la leçon de ce document sur pellicule. Citons à tout va, donc ...
"Il y a un adage qui dit qu'on fait toujours du mal à ce qu'on aime; mais il oublie de dire qu'on aime ceux qui nous font du mal."
On fait aux autres ce que l'on aime qu'ils nous fassent, malgré les apparences impérieuses du contraire.
"Marla: la petite écorchure qu'on a sur le palais et qui ne peut cicatriser que si on cesse de la lécher; mais on ne peut pas."
"- Quand les gens croient qu'on est mourrant, ils écoutent vraiment ce qu'on leur dit au lieu de ...
- ... t'attendre que ce soit leur tour de parler."
"Si on se réveille à une heure différente dans un endroit différent, pourrait-on se réveiller dans la peau d'une personne différente?"
"La capote, c'est le soulier de ver de notre génération: on l'enfile quand on rencontre une inconnue, on danse toute la nuit, et puis on la balance; la capote, j'veux dire, pas l'inconnue ..."
"Il suffit pas de se mettre une plume au cul pour avoir l'air d'un coq."
"Nos pères étaient nos images de Dieu; si nos pères nous ont abandonnés, qu'est-ce que tu en déduis à propos de Dieu? Tu dois admettre qu'il est possible que Dieu ne t'aime pas du tout. Il ne t'a jamais voulu; en toute probabilité, Il te déteste, et ce n'est pas ce qui peut t'arriver de pire. On n'a pas besoin de Lui; on n'en a rien à foutre de la damnation et de sa foutue rédemption. On est les enfants non désirés de Dieu, très bien."
"C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut."
"Je vois une génération entière qui travaille à des pompes à essence, qui fait le service dans des restos, esclave d'un petit chef d'un bureau. La pub nous fait courir après des voitures et des fringues; on fait des boulots qu'on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien. On est les enfants oubliés de l'Histoire, mes amis: on n'a pas de but ni de vraie place; on n'a pas de Grande Guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle; notre Grande Dépression, c'est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu'un jour on serait tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rock stars; mais c'est faux. Et nous apprenons lentement cette vérité: on en a vraiment, vraiment plein le cul."
"Faculté d'ignorer totalement ce qui est sans importance"
"Vous n'êtes pas votre travail; vous n'êtes pas votre compte en banque, vous n'êtes pas votre voiture; vous n'êtes pas votre portefeuille, ni votre putain de treillis; vous êtes la merde de ce monde prête à servir à tout."
"J'avais envie de loger une balle entre les deux yeux de tous les pandas qui n'étaient pas foutus de baiser pour sauver leur espèce; j'avais envie d'ouvrir les vannes de dégazage de tous les pétroliers et de polluer toutes ces plages françaises que je ne verrai jamais; j'avais envie de tout salir d'une fumée bien noire."
"Je suis le sentiment de rejet exacerbé de Jack."
"- T'étais où, là, Schizoboy?
- J'avais envie de détruire quelque chose de beau."
"Oublie ce que tu crois savoir. Arrête de tout chercher à contrôler, lâche-toi."
(Après l'accident de voiture volontaire) "Nom de Dieu! On a frôlé la vie, là!"
"Dans le monde tel que je le vois, on chassera des élans dans les forêts humides et rocailleuses qui entoureront les ruines des Rockfeller Center;
On portera des vêtements de cuir qui dureront la vie entière; on escaladera les immenses lianes qui envelopperont la Tour Sears;
Et quand on baissera les yeux, on verra de minuscules silhouettes en train de piler du maïs ou de faire sécher de fines tranches de gibier sur l'aire de repos déserte d'une superbe autoroute abandonnée."
Pétons ensemble, ô mes frères: le propre de l'homme civil est de fixer des limites à son libre-arbitre, quitte à les inventer de toute pièce. Kant parler de contradiction interne pour distinguer la bonne action de l'ivresse ... il y a des arguments logiques qui, parfois, pourraient ressembler à des prétextes savants maquillés de cohérence. Mais patience dans l'urgence des réponses existentielles: le Prussien a su développer, ne cherchons pas non plus l'autodafé sous le seul prétexte que Tyler sait se montrer convaincant sans rédiger une Critique de la Raison Pure. Technique de la Déraison Pratique, en échange et sans démonstration de cohérence à l'appui. D'où la plus grande respectabilité du philosophe réel allemand sur le personnage de fiction américain. Certes.
La philosophie: ou l'art de n'admettre que ce qui est démontré, quitte à inventer les prémisses.
Sinon? Quitte à assumer les coups salutaires, reste à supporter la douleur. Une affaire de pratique, en partie, mais ne sera pas philosophe qui veut en ce sens bien saignant du terme.
L'homme corruptible au temps et au reste s'élève rarement, sinon jamais à la hauteur du nouvel Homme majuscule qu'on lui promet. Lénine et, surtout, Guevara en savent quelque chose, à supposer qu'ils aient jamais cru à leurs propres effets d'annonce d'un Homo Nuovo bien terrestre, mais pour plus tard. Loin des folies collectives, certains ont proposé un repli sur soi, tel le stoïcien déçu par la décadence de sa Grèce vaincue et décidé à trouver les réponses dans son for intérieur. Mais l'Homme intérieur libéré selon Leary n'a pas échappé à la règle des promesses qui déchantent. Témoignage en pellicules, dans ce billet ...
Alain Robe-Grillet est mort, hier. Epiphénomène? Au choix, pour peu que je connaisse sur le style et le procédé de cette Nouvelle Littérature impersonnelle. L'exemple "Ouvrez" de Nathalie Sarraute m'a si peu parlé que je parlerai ici d'un autre épiphénomène, mais et aussi et surtout du concept pris pour lui-même lorsqu'on le prend au sérieux.
Tempête sous nos crânes par temps trop feutré pour en valoir la peine ...
Quiconque a vu ce dont je vais parler ici ne pourra plus jamais regarder un impotent psycho-moteur volontaire du même oeil. De ridicule en public, le drogué passe au rang un héros très privé lorsque la raison finale de sa déchéance sociale devient très, très explicable et ce pour des raisons bien plus transcendantes que l'immanent souci de réussir en société. Oublions les aphorismes pompeux qui fustigent la moindre apologie de la drogue ou, selon un contraire aussi réducteur, promettent une évasion d'un quotidien trop méchant pour être accepté pour de bon. Pourquoi ce billet, i.e. pour-quoi? Mise en bouche ...
Un Johnny fait bien d'en cacher un autre, lorsque le premier (Depp) accumule les perles déjantées et le second accumule les daubes faisandées (Halliday). Et tandis que le second se rapproche toujours plus et bien malgré plus d'une incarnation de Bozzo le Clown version Afflelou, le second s'est fait le disciple de l'apôtre version journalisme gonzo, à l'occasion d'un bijou spectral nommé "Las Vegas Parano" (Fear and Loathing, pour les puristes V.O.). Paris Première m'a fait le plaisir de rediffuser hier soir ce film que je cherchais à enregistrer depuis des lustres. C'est fait, c'est grand, et je n'ai pas fini de découvrir les moindres détails de recoins de ce film basé sur la narration ultra-subjective d'un junkee en fin de règle beatnik. Lorsque le champ de la perception prend des allures d'infinité horizontale, Monsieur Optic 2000 se la ferme bien gentiment et règle sa monture entre imposés sur le revenu aussi fortunés que peu inspirés. Contrairement à d'autres, la preuve dans ce qui suit ...
Plantons le décor: des traversées d'autoroutes désertes éveillées par des attaques de chauve-souris imaginaires; des pélerinages hôteliers sous l'emprise de mescaline et une transformation permanente de motifs tapissés en lierres rampantes; un Raoul Duke de principe, journaliste censé couvrir la campagne électorale de Nixon en 1972 et qui passe d'une course moto à une chambre d'hôtel dévastée sans jamais oublier sa prise de déliriums quotidiens. Porte-cigarette pour Raoul, chemises tropicales pour son ventripotent avocat et présumé polynésien Dr Gonzo ... le tout réalisé par un créateur on ne pouvait mieux adapté pour la cause que l'ex-Python Terry Gilliam (Brazil, L'Armée des 12 Singes, Les Aventures du Baron de Münchausen ... excusez du grand peu).
Peu importe l'intrigue de fortune et la "logique" de l'action, dont on se contrefout puisque l'extérieur n'est qu'un prétexte décoratif aux aventures mouvantes du très intériorisé Raoul. Une aventure homérique tendance fin des illusions collectives de l'après-guerre, où les promesses irénistes de paix mondialisée et de manifs anti-Vietnam sont vite supplantées en ces débuts de seventeens par un repli sur soi très cynique et presque hellénistique. En un mot: fermons le rideau des illusions collectives, mais gardons de Monterey les produits de circonstance et tirons du LSD le moyen de trouver un salut tout intérieur. A chacun son aventure iréniste, histoire de trouver non pas l'harmonie intérieure mais les réponses en soi-même. Une épopée très méritoire malgré ses allures de décadence pitoyable, pour le tout-venant externe peu informé sur la vraie motivation de la chose interne.
Le passage qui suit, loin des scènes à pisser de rire lors des montées d'acides et de leurs effets paralysants sur le jeu psycho-moteur, résume à lui seul et avec quelle éloquence la douloureuse transition d'une décade à une autre et d'une promesse spirituelle à des désillusions très physiquement senties:
Peut-on mieux se découvrir par le biais des illusions perceptibles, alors que la réalité du
sain d'esprit nous berce déjà de tromperies sur notre environnement quotidien? Il faudra lire et méditer plus sur le principe du gonzo journalism, avant d'en dire trop ou d'en tirer des conclusions trop hâtives. Sans oublier le travail psycho-analytique de l'apôtre numéro un du LSD en son temps, le susmentionné Timothy Leary et son fameux slogan: "Turn on, tune in, drop out" (= viens, mets-toi dans le coup, décroche). A supposer que l'individu soit assez solide pour décrocher à plein et tirer profit de cette Ligue de la Découverte Spirituelle. Ce que Thompson a contesté, dans l'extrait du film ci-dessus.
Tiré du roman éponyme (V.O. speaking) de Hunter Stockton Thompson, je vois dans cette oeuvre l'intérêt de montrer l'environnement d'un gaillard tel que lui-même le conçoit et le déforme au gré de ses montées acidifiées. Une idée très voisine des interprétations schizophrènes de David Lynch, au sens où Lost Highway aurait ceci de commun avec LVP que le spectateur doit apprendre à oublier l'image 3D euclidienne pour deviner l'imagerie n-D propre à Raoul.
L'auteur a assumé ses déboires (c'est le Mot, majuscule) de journaliste en quête de sens multiples, jusqu'à subir les calins de quelques tendres des Hell's Angels; rapport à de sinistres mais réglementaires droits d'auteurs suite à son ouvrage complice de 1966 (Hell's Angels: A Strange and Terrible Saga). Au point de finir l'aventure intérieure à son propre compte et de se faire sauter définitvement le caisson en 2005. Fin d'une histoire qui en vaut tant d'autres, moins créatrices mais plus longues sur le calendrier.
Peut-on remplir toutefois ce billet sans en retenir quelques images délirantes à mouiller le devant du pantalon? Non! Dont acte, où Gonzo passe en revue les réjouissances à venir de Raoul après une prise excessive d'adrénochrome puis d'épiphyse:
Rien de moins dans ce film qu'une expérience intime sur la perception et le déréglement des sens sous emprise des drogues. L'initiative n'a pas attendu Thompson pour être entreprise, cela doit aller sans le dire: Baudelaire avait parlé de Vin et de Haschich, à son époque très mouvementée baignant entre conservatisme monarchique et libéralisme républicain; j'insisterai plus encore sur l'expérience de Ernst Jünger dans son Approches, drogues et ivresses, où l'écrivain et philosophe aussi peu enferré dans ses certitudes que deferré par ses congénères bas du front a tenté de décrire ses expériences intérieures sous de nombreuses substances absorbées: thé, vin, bière, puis haschich, opium, cocaïne ... qui veut juger du monde et de sa prétendue réalité ne peut se priver d'un travail sur lui-même, au risque de choquer ou, bien mieux, de casser les images toutes faites concernant les auteurs et leurs bords politiques. C'est que Jünger n'en avait pas de tout fait et savait bien dépasser le stade du qu'en dira-t-on des sérails. Mais voilà que je m'égare dans d'autres considérations qui, elles, mériteront leur billet futur et sans mescaline aucune. L'aventure intérieure demande une dose de courage pour quiconque mesure les conséquences du voyage: le LSD ou l'éther ne sont pas sans effet sur le budget vital de leurs amateurs; mais Thompson en a pris le risque comme beaucoup d'autres de son époque, à la différence près qu'il a fait de l'expérience un champ d'expérimentation littéraire et un prétexte au concubinage entre sens publics et représentations privées. Gottlob est de retour ici, quitte à ce que Thompson dénie sa distinction analytique entre ce que nous disons et ce que nous ressentons. La littérature du gonzo fut-elle capable de surmonter l'obstacle des sens et de verbaliser ces impressions très intimes? A vous de le dire et d'en lire, Thompson inclus et Jünger non exclu.
Et ce n'est pas fini: prochaine sortie d'une autre adaptation de Thompson sur grand écran, une fois encore avec Depp et del Toro pour acteurs principaux. Le titre: The Rum Diary, autre application du "gonzo journalism" où le personnage part couvrir un reportage écrit dans le Porto Rico des années 50. Entre crise nationaliste, castrisme ambiant et déperditions alcooliques sous l'effet de cannes à sucre trop frappées trop souvent ... tiré du premier roman de Thompson, voilà une histoire que je risque pas de rater à sa prochaine sortie.
Et dire que l'on se gargarise toujours et encore sur des dérives présidentielles et des affaires de petites nouilles à Neuilly, ici (bien) bas et jusque dans les blogs trop actualistes pour sentir le Vrai. Comme s'il n'y avait rien de mieux à faire, à dire ou goûter tout près d'ici, à deux pas de chez nous tous ... épiphénomènes, dérisoires lorsqu'ils sont publics et délirants lorsqu'ils sont privés ... Merci encore pour cette tranche d'amoralités qui nous rappellent au souvenir d'une question passionnante, angoissante et stimulante: pour-quoi sommes-nous là? Il y a des réponses qui se construisent à renfort de produits évanescents et d'évasions mentales, quitte à choquer le tout-venant et ennuyer le voisin. De Jünger à Thompson, le thème a fait son chemin tortueux et me fait dire quela nature humaine est bien faite: car il y aura toujours des esprits suffisamment fous pour forcer les limites du concevable et d'autres, suffisamment conservateurs pour s'en plaindre et financer par là-même la machine pharmaceutique à coups d'impositions et de cotisations sur leur propre travail. La vie est bien faite: certains jouissent de ce que les autres endurent. Dont on sortira grandis pour autant que les fêtards s'interrogent un tant soit peu sur les raisons et finalités de leurs propres orgies existentielles. Ce que fit Thompson et la new wage generation; ce que Jünger le très original, à sa façon d'ancien combattant national-bolchévique trop curieux pour se cantonner dans des tiroirs d'où l'on a voulu l'y maintenir. Si pratique, pour maintenir un consensus atalantiste très établi autour de vainqueurs qui écrivent l'Histoire avec leurs propres plumes. Mais je m'égare, ici ... n'est-ce pas le propre du gonzo journalism, cela dit ... viendra le jour où je produirai sous mescaline à l'arôme de Bailey's ...
Il y a des épiphénomènes qui gagnent à être connus, d'autres à être oubliés. De mescalinus non disputandem et gustibem, ou quelque chose dans le genre. Ce qui sera déjà beaucoup fait, pour qui saura en conter les effets par la suite. Lorsque l'aventure intérieure prend des saveurs chimiques qui font de nouveau honneur à Johnny, premier du nom.
Honneur soit rendu à un film passé inaperçu en France: ''Les Clés de Bagnole'', de Laurent Baffie (2003).
Derrière ce faux navet se cache un vrai petit hommage au cinéma et à ses effets comiques, entre autres ... sans jamais en avoir l'air.
Baffie sait raisonner avec et sur l'absurde, ce qui est loin d'être donné à tout le monde et qui lui fait honneur ... mais ne le disons pas trop fort, ce serait contre-productif.
De l'action, une scène d'amour, de la zoologie et un running gag ... respect, messieurs Baffie&Russo!
Honneur à ce monument de la gouaille English version 2000.
Les répliques accrochent, les personnages en imposent, c'est violent et dérisoire à la fois ...
... Guy rules!!!
Audiard est mort de par chez nous ... Bernie Bonvoisin a bien tenté de ranimer la flamme il y a une dizaine d'années ("les Démons de Jésus"); sans suite probante.
L'esprit reviendra avec la lettre, et viendra le jour où le cinéma français troquera mouchoirs et stétoscopes contre des saillies bien saignantes!!!
Que cela soit dit, et accompli ...................
Dans la langue de Ch'expire, certes ... les amateurs de ce film feront leur propre traduction rétrospective, et puis voila.
Pour finir en beauté la soirée du Vieux Padre avant de se pieuter: quelques rêves de strike, de Russe blanc et de jolie guerrière déjantée nommée Julian Moore. Hommage au Duc ("the Dude", Jeff Bridges), le plus grand des losers:
Allez, au schloff.
A +, vous qui n'êtes pas encore là ...