Nom du blog :
schangels Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne. Catégorie : Blog Loisirs Date de création :
25.12.2007 Dernière mise à jour :
17.05.2008
(La photo: un T-Shirt provocant parce que pertinent, sur l'interprétation d'une même formule par les différentes religions du monde. La phrase: "Shit happens". Une perle trouvée dans un magasin du vieux Montréal, où l'on sait rire grave et sans ambages)
Qui a dit:
"On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui"
Indice: avisé et sans visée
Pauvre jeu de mot final mais qui consacre le retour du Québecois provisoirement exilé sur ses terres fertiles de Lorraine. Pour d'autres billets fertiles en vue, si possible, et à commencer par cette formule d'autant plus remarquable qu'elle me semble très vraie et si prompte à démonter les barrières les plus coriaces du politiquement correct.
L'auteur ne manquait pas de casser ces interdits de bon ton, et ce avec d'autant plus de droit qu'il n'a jamais joui de privilèges personnels sinon celui de cultiver le talent de la plume (avec de l'encre, celle-là).
D'autant plus vraie, disais-je, que l'effet perlocutoire (pouêt-pouêt) discours choquant dépend davantage de l'intention discursive du locuteur que du contenu propositionnel de son discours. En d'autres termes, plus simples et moins barbarisants: le scandale d'une parole dépend non seulement de son contenu mais aussi, et peut-être surtout, de la personne qui les prononce. On ne rit pas de la Shoah avec un ancien de la Waffen SS; on ne rit pas des fonctionnaires fainéants avec un partisan de Madelin, etc. En bref, la citation ci-dessous mériterait d'être apprise en boucle dans toutes les écoles de France et placardée, sinon taggée sur tous les murs fissurés des petites ruelles discrètes de nos villes et villages. Histoire de rappeler que le bon goût ou la signification d'une parole est avant tout l'effet d'une interaction à trois places entre un locuteur, un interlocuteur et un thème qui les relie.
La preuve en images, vestige d'une époque où l'on savait se pisser dessus avec des sujets graves. Cas numéro un, celui d'Albert Dupontel et son dégénéré de Bob:
J'avais pensé d'abord au sketch Hitachi des Nuls, avec un Alain Chabat déguisé en Hitler nostalgique de sa grande période d'invasion barbare. Introuvable, dommage.
Cas numéro deux, et pas des moindres, celui de Pierre Desproges (sous-titré). Impensable aujourd'hui, ce genre de discours acidulé:
Moralité: il est permis de se moquer tant que l'intention du moqueur n'est pas maligne. D'où des procès d'intention série contre qui n'obtient pas ce droit. C'est si simple à comprendre et à admettre que l'on se demandera encore et toujours ce qui nous empêche de le retenir et nous oblige à relancer sans arrêt le thème du droit de rire de tout. Sinon pour combler les heures creuses de l'emPAFfé de "service" public, ou pour permettre aux quelques pistonnés du même emPAFfé de service de prétendre faire rire sans choquer personne mais avec la fausse intention de le faire parce que, tout de même, tout comique qui semble se respecter prétend "déranger" son voisin, ou plutôt sa voisine lorsqu'elle a dans les 80 piges et sent le conservatisme auvergnat depuis sa plus dure enfance.
Dédicace aux Dubosc, Axelle Lafont ou Cyril Hanouna, coquilles vides et dont le talent attribué tient à montrer son cul ou gloser sur son bulbe ou sa touffe devant des téléspectateurs repus et revenus de tout, ou à jouer sur une fausse auto-dérision savamment calculée. Sûr que jouer sur les mots et nos maux n'est pas donné à qui n'est pas suffisamment instruit pour la peine. Tout à l'inverse de l'auteur de cette citation, que vous aurez sans doute deviné à force de fréquenter ce blog.
Pas étonnant, si?
"Vouloir être dans le vent, c'est une ambition de feuille morte"
Indice: oeuf à la ... tard
J'ai entendu cette formule parlante lors d'une cérémonie de mariage, un jour où un vieux camarade pongiste passait bague au doigt à sa si douce, charmante et patiente complice d'infirmière. Qu'il doit être doux de se faire changer, à l'aube des 3e et 4e âge. Pas de chance, messieurs, elle s'occupe des baveux mais tendance nourrisson. Il restera le fantasme pour vous émoustiller ...
Que ne ferait-on pas pour enrober un rituel social de quelques formules spirituelles qui feront cogiter deux-trois secondes un ou deux enfants de choeur en retard. N'empêche: la formule vaut d'être retenue pour ce qu'elle dit sur les soucieux de leur image et du qu'en dira-t-on: ils sont déjà morts à vouloir être les plus beaux vivants, toujours dans les yeux des autres. Pas simple de rester vivace et de ne pas céder à la tentation des odeurs d'automne, non plus.
Question: comment gagner en profondeur ce que l'on perdra peut-être ou n'a jamais obtenu en longueur, comprenez: en apparence agréablement longiligne?
Réponse: les livres, la curiosité, le courage, la peur (pas l'un sans l'autre), le doute ...
Chacun cherchera midi à sa porte. Un réconfort pour les coquets et coquettes adeptes de la mortitude: midi peut arriver plus vite ou plus tard si l'on joue avec le temps institué et que l'on manipule les aiguilles de l'horloge. Mais qui joue avec les aiguilles fait donc dans la contrefaçon et néglige la véritable cadence du Grand Horloger. S'il y a.
Un peu de douceur, en attendant d'y voir plus clair et de régler le compte au tas de feuilles de mortes par un grand coup de pelle.
Si nous sommes des billes qui dévalons une grande piste grisâtre sans savoir ni d'où, ni vers où, ni comment, il reste le plaisir des couleurs et l'euphorie du mouvement. Comme toujours, et c'est tant mieux:
Les rêveurs sont bénis. Sans oublier toutefois que la beauté n'est pas tant dans la bille que dans l'oeil du spectateur bileux qui sait apprécier pour sa peine la trêve des balles de confiseurs. Nous voilà sauvés.
"Je suis un père qui aime son fils, donc je n'ai pas à lui demander de faire ou je n'ai pas à lui interdire de faire. Chaque parent doit soutenir ses enfants mais les laisser décider ce qu'ils doivent faire."
Indice, chez vous: "Reason is Treason"
Pas d'une grande éloquence, ni d'une cohérence exemplaire; mais la formule est assez savoureuse pour la déposer sur ce blog, d'autant plus lorsque vous en connaîtrez l'auteur.
Une leçon d'amour filial pour tous les parents de tueurs en série, dictateurs en puissance et violeurs récidivistes? Laissez vivre, donc laissez faire ... on n'en sortira pas grandi, il suffit de vérifier par la taille de la personne citée. Toute la nuance est dans le "doit", comme toujours avec ces notions dont le sens reste à géométrie très, très variable.
Je profite de la photo ci-dessus pour diffuser quelques bandes d'un film raté: "Assassin(s)" (1997), dont j'ai aimé les prises de vue intimistes de l'auteur Kassovitz mais dont la morale générale tirait un peu trop sur la corde sociologique. Reste quoi qu'il en soit ce passage techno de Carter Burwell, "Total Eclipse", sombre et tonitruant:
"La télévision est la cause structurale d'une violence diffuse où chaque maillon est la victime non-responsable d'un stress collectif, etc." C'est pas moi, c'est "on", pour résumer. Une bonne idée de départ mais mal aboutie, faute de réflexion suffisante sur un thème relancé plus tard par Bourdieu (cf. son ouvrage "Sur la télévision") puis Michael Moore ("Bowling for Columbine"). Sans résultats plus probants, semble-t-il.
Mais jusqu'où ira-t-il (rapport à l'auteur de la citation ci-dessus)? Pas au Panthéon, en tout cas, ni même au Père Lachaise. Manque de talent pour ce faire.
Note:
Comme quoi on ferait mieux de ne pas entrer dans le fichier source lorsqu'on y pige rien en programmation même sommaire; rapport aux deux publicités qui s'introduisent sournoisement depuis mon billet précédent. Encore que les motifs sont bien choisis: contrôle de l'audition pour mémés au beau milieu de pistes musicales ... autre coïncidence qui, décidément, a planté ses sardines sur ce blog.
Mais venons-en à l'essentiel, avant d'aller se pieuter et rehausser le ratio de mes billets/jour. Qui a dit:
"Je ne suis pas encore né. Je suis encore en plein effort. J'espère ne jamais être satisfait."
Indice, chez vous: "vas-y, Jo'!"
J'aurais aimé ressembler à cette personne, s'il fallait ressembler à quelqu'un d'autre que soi-même. Non content d'être admirable à plusieurs égards, cette personne dont je ne laisserai pas deviner le sexe a dit des choses dont j'ai apprécié autant la musique que le ton: qu'elle se construit souvent des images personnelles avant de jouer (mais de quoi? mystère), que la respiration et l'air sont des cadeaux précieux dont on ne mesure pas la saveur. Ajouté à une attitude très réservée et une gueule d'ange ... la personne rôdait déjà, pas loin de ce même billet mais je n'en dirai pas plus.
Dernière note: prière à l'aiglonne de ne pas cracher le morceau, à qui j'avais déjà cité ce passage de choix dans un entretien passé. Merci!
Second indice? La photo ci-dessus, par un rapport intermédiaire qui fait ... "mush".
Un dernier indice? Soyons fous, histoire de ne pas négliger la contribution sonore du billet. "I Wanna Be a Dog", des Stooges (1979). Le rapport? Fusionnel:
Rrrrhhh!!! Comprenne qui fulmine.
J'avais découvert cette bombe sonore au détour d'une scène de "Arnaques, Crimes et Botanique" de Guy "Rules" Ritchie, lorsque le personnage principal Eddy sort du ring de boxe où sa partie de poker l'a fait perdre cinq cent mille livres et le condamne à de sales moments à venir. Un superbe moment de ciné où le gaillard trimbale sa mince carcasse déchue au milieu de la rue, jusqu'à tomber sur son nouveau responsable des créances et dont l'ultimatum lui donne la gerbe. Un de mes parfaits instants sur pellicule.
"Mes relations? Un tiers mondains, deux tiers mondistes"
Indice, chez vous: Niels0F
Il n'y a souvent qu'un pas entre mondanités et tiers monde, d'autant plus lorsque l'on passe par la case des Restos du Coeur. La cantine des laissés pour compte et sans comptes, susceptible de relancer la carrière d'un artiste dépassé ou aspiré par un vide d'inspiration sidéral.
Non pas que l'on ne puisse pas faire d'une pierre deux coups: relancer ses ventes de disques et la production de soupes réchauffantes pour SDF en mal de chaleur; mais l'amalgame est ainsi qu'il reste difficile d'être totalement admiratif devant la procédure globale. Tant mieux s'il faut écouter de la soupe pour financer de la soupe, tant qu'elle finit là où il faut. Mais jamais n'aurai-je sans doute le "courage" d'acheter un de ces albums gnangnans ou Goldman passe à Cabrel qui relance sur Calégero avant de conclure par Cali qui saute sur Ruiz. Je préférerais tant payer mon tribut national et faire patte blanche devant une juste imposition, comme le voulait la IVe République ... cette chère quatrième hyperinstable dont la Constitution prévoyait néanmoins un devoir d'assistance publique pour mendiants, clochards et SDF selon votre humeur taxinomique.
Une pièce ou deux représente si peu dans un jour, tandis que la multiplication du peu débouche parfois sur du beaucoup; et peu importe si le clochard (mon terme à moi) en use pour se caler la panse ou se remplir le gosier. Je serai toujours mal placé pour donner la leçon de morale, car le petit bourgeois locataire a ceci de pratique qu'il vit moyennement sans rien trop devoir à personne. Qu'il se dispense donc d'en imposer aux autres. A votre bon coeur messieurs dames ou, faute de mieux: à votre bon sens.
On fait comme on peut pour être un tant soi peu différent, le temps d'une vie; il y en a qiu se brûlent le dard et meurent très vite, puis d'autres qui misent sur la durée et s'emmerdent très tôt. Je situerai la troisième qui suit entre les deux: une sorte d'incarnation moderne des leçons de prudence et de morale doucereuse selon Horace, interprétée par une grande sauterelle qui me plaît autant par le physique que par ses mots d'esprit légers et pertinents. Sans jamais frapper fort ni faire mal, puisque l'intéressée se donne un rôle de défenseur de la classe moyenne progressiste adaptée à son milieu ambiant et respectueuse de la loi du milieu.
Je veux parler ici de Zazie: un grand bout de femme qui me plaît mais dont je n'achèterais pas les albums pour autant, car faut pas pousser pépé dans les orties. Pas assez de riffs, pour le moins, pas assez de rythmiques samplées et pas assez de distorsions musicales pour ne laisser place qu'à des accompagnements en instruments à vent et pianio de salon. Trop de voix, trop peu de sons. Pas pour moi, ce style rattaché au style variété. Je retiendrai cela dit quelques titres accrocheurs: "Tout le monde", "Des rails" et le "Rodéo" que voici, où j'ai apprécié les contre-temps de la boîte à rythme. Un détail de l'accompagnement, mais auquel j'attache le plus d'importance au final.
La morale est très convenue: les mâles flambeurs sont des salauds qui ne respectent pas l'intégrité morale et physique de la gent féminine + la drogue c'est pas bien et ça tue à petit feu. Qui a dit qu'harmonie et longueur allaient de soi ici-bas. Bref ...
Là n'est pas l'essentiel, que je situerai plutôt dans l'art consommé par la chanteuse de sauter d'une rime à un jeu de mots en toute légèreté. J'applaudis, en toute discrétion.
Ce n'est pas toujours dans le chant anglophone et les sonorités de son de cave que l'on trouve de quoi se remplir les oreilles. Il aura été dit que la grande pensionnaire des Enfoirés me tape souvent dans l'oeil. L'exception qui confirme la règle, en somme: tout antisémite a son Juif, tout anticlérical a son curé ... tout anti-mouches à merde à sa sauterelle, dira-t-on pour ce billet dont la principale revendication serait l'imposition sur les ménages moyens pour le droit à l'assistance publique. De quel droit, et à quel titre: pourquoi payer pour des clodos qui n'en fichent pas une rame, pourquoi débourser pour des assistés qui refusent sciemment de retourner au travail ... Argument choquant, mais pas totalement invalide et c'est là que la bonne conscience devrait prendre congé pour régler ses comptes une fois pour toutes. Il y a des cas trop désespérés pour remonter la pente seul, mais il y en d'autres aussi qui ne demandent que la paix sauvage et une bonne soupe par temps froid. Pas de règles, pas de tout fainéant et de tout martyre. Pas plus qu'il n'y a de législation parfaite, de toute façon. Qu'importe: tout le monde accordera qu'il y a des morts de froid difficiles à justifier par le goût du travail et la civilisation de l'effort. La vertu peut bien s'accorder deux-trois écarts et gérer quelques contradictions au nom de ceux qui la récusent. On est humanistes, ou on ne l'est pas humanistes. Nous aimons nos prochains? Alors montrons-le monnaie sonnante et trébuchante. Une assistance financée, des repas offerts par les soins de l'Etat ponctionnaire et des consciences qui se soulagent sans avoir à supporter les bras dessus bras dessous de chanteurs désengageants. Que la solidarité fasse son boulot dans la discrétion des feuilles d'impôt, sans chichi et sans prime-times sur TF1; ou qu'elle ferme sa gueule pour de bon et que l'on cesse de prendre la France pour ce qu'elle n'est pas. Tapez 1 ou 2, selon vos affinités électives; le mien est signé puis cacheté stampel en main, la tête de Marianne en haut à droite plutôt que la face de Cali en bas à gauche. Question de méthode et de cohérence, somme toute.
Pour un service de salubrité publique, enfin: supprimer les albums sans goût d'artistes sans inspiration. Enfin moi c'que j'en dis: que peu n'importe le flacon que lorsqu'il y a l'ivresse. Pas dans ce pudding télévisuel chanté par des comiques au coeur sensible mais à la voix de routier fumeur de Gitanes maïs.
La reconnaissance du ventre devrait avoir ses limites artistiques, non? Pour que l'on en sorte grandis plutôt que grossis.
''Le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme; le syndicalisme, c'est le contraire''
Indice, chez vous: je ne sais ni ...
Cette formule est d'autant plus remarquable lorsque l'on cogite quelques secondes sur l'origine de la chatouille. Je ne vais pas refaire le sketch des Guignols sur l'audition d'Alain de Greff devant un CSA médusé par une blague sur l'enculage des moutons par Michael Kael. Encore que je vais procéder comme tel, histoire de comprendre ce qui suscite l'excitation des zygomatiques dans cette formule.
Pourquoi est-elle drôle? Parce qu'elle surprend, comme la plupart des blagues; mais aussi et surtout parce qu'elle détend en étonnant. Etonnement = protreptique, chez Aristote, c'est-à-dire l'art d'étonner le locuteur et de lui donner l'envie d'en savoir plus sur un problème. Le problème, ici, c'est celui de comprendre ce qui rend cette formule absurde et donc hilarante.
Mon avis: qu'à la différence de la surenchère qui finit par ne plus faire rire personne, témoin le trop-plein de n'importe quoi étalé par les Robins des Bois il y a quelques années de cela sur Canal +, cette citation cultive l'art de produire de l'absurde ou du paradoxal dans un contexte d'abord très sérieux. Qui baigne dans le 12e degré du début à la fin de son sketch ne fait rire que sa mère ou son neveu neuneu, et le mérite revient aux grands comiques de glisser subrepticement d'un degré à un autre pour être d'abord pris au sérieux avant de partir en sucette: De Funès, Jean Yanne, Dupontel ... qui continuent de simuler le 1er degré lorsque tout le monde les interprète au 12e. Pas donné à tout le monde de maintenir l'impression du contraire. C'est là le fameux principe du décalage entre les degrés de signification (littérale pour le comique, non-littérale pour le spectateur) dans nos actes de langage, comme l'avait bafouillé la marionnette d'Alain De Greff: le contraste produit n'est pas prévu par le spectateur et le fait rire. Pour ceux qui ont oublié la scène mythique en question, petite cure de rappel afin de ne pas mourir bête:
Pause: le paradoxe du menteur ou d'Epiménide le Crétois, le paradoxe du barbier de Russell, le paradoxe de Moore ne font pas franchement pisser de rire, sauf les Quakers ou Mormons tant habitués à une vie de chien qu'un rien amuse.
Reprise: la différence vient de ce que l'absurde de la formule ci-dessus porte autant sur la conclusion que sur celui qui la prononce, et faire du second degré suppose que le locuteur joue avec la signification littérale des mots pour bluffer son interlocuteur; rien de tel en philosophie. Epiménide n'est pas ridicule lorsqu'il prononce sa fameuse phrase paradoxale ''cet énoncé est faux'', qui est donc vrai s'il est faux et faux s'il est vrai. Aucun risque de coulante devant un tel paradoxe littéralement littéral. Une grande amie (qui se reconnaîtra, je suppose) a un jour félicité mon frère l'écrivain pour sa ''verge'' ... avec l'intention de parler de la verve de sa plume, mais le quiproquo avait de quoi la faire rougir. Conclusion: ce qu'elle a dit était ridicule et porta sur sa personne; elle eut honte; rire.
Pourquoi l'auteur de la citation ci-dessus serait-il ridicule s'il la prononçait au premier degré? Parce qu'il obtiendrait évidemment l'effet contraire (c'est le mot) de ce qu'il cherche à obtenir ou faire comprendre sur sa caisse en bois en pleine harangue militante: le syndicaliste n'est pas un libérateur s'il représente le contraire de l'homme exploitant l'homme, et c'est pour ne pas maîtriser les règles d'opposition conceptuelle qu'il fait pitié à entendre puisqu'il ne risque pas de convaincre un seul et ses auditeurs.
Explication. Le contraire de l'exploitation, c'est la libération; mais là n'est pas le problème. Le contraire de l''exploitation de l'homme par la femme, c'est l'exploitation de la femme par l'homme. Donc le contraire revient à inverser les termes d'une relation à deux places, où les deux arguments sont reliés par une relation d'exploitation; les deux arguments sont un seul et même ici, l'homme symbolisé par ''h'', et l'on obtient donc la formule logique E(h,h) pour symboliser l'exploitation de l'homme par l'homme. Plus clair, mais vraiment pas plus drôle et sans doute triste à mourir pour certains lecteurs déjà retournés à un site de bricolage. Il y a des blagues qu'il vaut mieux ne pas expliquer pour ne pas casser l'ambiance.
Je continue pour les autres, toutefois: comment inverser le couple (h,h) sans retomber sur le couple (h,h) de départ? Pas possible, donc le tribun est ridicule parce qu'il cherchait à faire effet par une formule choc et qu'il se prend les concepts dans le tapis de la contrariété. Si le syndicaliste est aussi pourri que le capitaliste ennemi, alors pourquoi militer sur une caisse en bois plus longtemps? En effet, et l'auteur de la citation que je vous soumets ici n'en pensait pas moins sur la logique du jeu de dupes syndical entre des ouvriers de base qui cotisent et des chefs de cellule qui encaissent.
Sûr que la citation fait beaucoup moins rire après les deux paragraphes ratiocinants qui précèdent; mais ils m'ont servi à introduire un thème qui me tient à coeur et que j'aborderais dans un très prochain billet: la théorie des oppositions, et l'étude des relations d'incompatibilité parmi une pléthore de concepts quotidiens. Pas si simple de définir clairement la signification du concept de contrariété, souvent confondu avec celui de contradiction. La contradiction de E(h,h) n'est pas E(h,h) mais la négation de E(h,h), c'est-à-dire l'idée que l'homme n'exploite pas l'homme. Plus rien de ridicule, ici, mais plus rien de drôle non plus si l'on conseille au piteux tribun de remplacer ''le contraire'' final par ''la contradictoire''.
C'est ce genre de distinctions entre plusieurs formes d'opposition qu'Aristote a introduites au sein de sa compilation logique, l'Organon et en particulier son Peri Hermeneais (De l'Interpretation, pour les francophones). C'est ce genre d'oppositions que le philo-gicien Robert Blanché a retrouvées dans un grand nombre de champs lexicaux: pas simplement les quantités, comme chez Aristote, mais aussi les couleurs, les relations de grandeur, les modalités, les connecteurs logiques, autant dire: aussi bien des prédicats que des opérateurs, des verbes que des noms, des propositions entières ou des termes généraux. Pour résumer: deux choses sont contraires si elles ne peuvent pas être vraies en même temps mais peuvent être fausses ensemble: ce ne pouvait pas être le cas de l'exploitation de l'homme par l'homme, vu que son prétendu contraire est tout aussi vrai que lui. Donc "l'exploitation de l'homme par l'homme" n'a pas de contraire. Donc humour.
Jusqu'où peut-on enrégimenter le discours ordinaire et expliquer ce qui peut être ou ne pas être vrai en même temps? C'est la question que mon camarade philosophard Alessio Moretti (a.k.a. ''Vertices de Nice'') s'est posé dans sa thèse en prochaine gestation finale (voir le billet ''Coups de pub: ça continue''), avec en prime un vaste arsenal logico-mathématique qui fait passer le travail d'Aristote pour simple goutte d'eau dans la mer. Chapeau, moussaillon. Gros plan sur ton boulot pour très bientôt.
N'oubliez pas de rire entre deux échauffements cérébraux; on dénature les choses à force de vouloir les analyser et les comprendre en profondeur; je l'avais dit dans le billet suivant, je l'ai démontré dans celui-ci. ''Désolé'', comme disait l'autre tête de turc des Guignols à l'époque où leurs auteurs ne se prenaient pas encore au sérieux.
S'il y a bien un concept galvaudé de nos jours et depuis un bout de temps, outre celui de "fasciste", c'est celui pas plus reluisant de "raciste". Kézako, au juste? Une moindre distinction s'imposerait entre racisme et xénophobie, ne serait-ce que pour distinguer quelques nuances derrière ce qui les assemble. Car une chose assemble l'ensemble, me semble-t-il: le souci de la différence, disons-le tout net: le différentialisme, ce qui fait plus sérieux voire universitaire.
Permettez-moi de pérorer quelques lignes avant d'entrer dans le vif du sujet: j'entends par racisme cette attitude qui consiste à maintenir une différence dans le but de préserver sa propre dignité, sous-entendu que fricoter avec une autre "race" ne peut que vous avilir. L'anti-raciste dira "gagnant-gagnant" lorsqu'on lui parle de mixité; le raciste dira "gagnant-perdant", lui perdant et le sous-être gagnant; il reste une autre catégorie qui parle de "perdant-perdant" et que l'on pourrait ranger sous le label des "racialistes" de la Nouvelle Droite. Mais j'y reviendrai plus tard.
Idée de supériorité de soi par rapport à l'autre, indispensable au raciste qui se respecte comme il peut. Parce que j'entrevois aussi et surtout dans le raciste une réaction de crainte réflexe et d'incompréhension, un faux complexe de supériorité qui cache en vérité un sentiment de complexé inférieur mal assumé. Lisez le psychanalyste Adler, vous acquiescerez ou pas. Tout le monde s'accorde au moins sur l'idée de racisme comme peur de l'autre et de l'inconnu, Céline Dion et Lara Fabian inclus. Mais allons plus loin: d'où vient cette peur, et pourquoi cette crainte de se mêler à celui que l'on considère "autre" parce qu'il est noir lorsque l'on est blanc, et inversement? Parce que l'on craint de perdre quelque chose de précieux à son contact, à tort ou à raison et il est trop facile de prêcher sur le tort afin de clore le débat avant même qu'il ne soit sérieusement ouvert. Mais quel est l'objet de la perte: la beauté du trait dolycocéphale, les coutumes de mes ancêtres qui ne peuvent convenir à l'"autre"... Il y a sans doute autant de réactions physiques que sociales dans le processus du racisme, et derrière les symptômes de tous les jours se cachent des intentions loin d'être évidentes. Sartre avait très bien croqué l'antisémite et sa logique victimaire; j'en avais parlé ailleurs, dans un billet précédent. Mais reprenons la plume-canif ...
Qui a dit:
''Le comble du racisme, c'est de tringler ce qui reboute''?
Indice, chez vous: Zivaudiard
J'imagine déjà certaines mines déconfites devant la formule rugueuse, mais celle-ci a l'avantage de parler vrai et de contenir des idées qui méritent d'être creusées, quitte à se baigner dans des eaux troubles. Car le trouble et le comportement déviant constituent les pathologies les plus intéressantes, telle l'inconsistance en logique, et qui ne suit pas cet avis n'appréciera que moyennement les lignes de ce blog dont une des vocations se veut de normaliser l'anormal ou, mieux, de rendre l'inacceptable plus acceptable. Certains en ont déjà fait l'expérience, et je les remercie encore de me l'avoir fait comprendre par le clavier.
Mais revenons à nos moutons reboutants: que veut dire cette citation? Qu'il n'y a pas plus raciste que celui qui se tape l'objet de son dégoût? Pas un signe de charité chrétienne, voire musulmane, ou d'effort pour dépasser ses propres phobies sociales, tout au contraire? Non: tringler n'est pas faire l'amour mais violenter et réduire le conjoint d'un soir à une bête de somme. Un moyen somme toutes d'avilir davantage l'autre abhorré et d'en faire un esclave le temps d'une partie de jambes en l'air où il ne s'agit pas de partager mais d'en imposer, voire de passer ses fantasmes les plus délétères sur le dos de la personne et ceci au sens propre lorsque l'être violenté est une femme. Le maître des terres coloniales qui se tapait la jolie créole selon son bon vouloir; le ziva caïd qui se tape la petit pouf' blonde au teint bien blanc les soirs de sortie en boîte, avant de l'exposer comme un trophée de chasse devant les yeux de ses potes verdâtres de jalousie ... les cas de rapports de force socio-ethniques, défi de faciès oblige, passent par ce genre de stratagème machiavélique, bien qu'une once de douceur ou d'affection puisse venir s'y mêler à force de promiscuité du dominant et de sa dominée. On pourrait en dire autant pour qui se souvient encore de Pierpoljak et sa subite conversion à l'esprit de la ganja jamaïcaine; or qui aura découvert l'auteur de la citation ci-dessus saura ce que l'intéressé pense de ces conversions de la dernière heure.
Les apparences restent donc souvent trompeuses, et les images les plus prometteuses cachent souvent des intentions parmi les plus dégueulasses. ''Mais on est en démocratie, quoi-j'veux dire, et j'suis libre avec mon corps!'' Certes. Et peu m'importe au fond, tant que mon Audiard moderne continue de sévir par la plume. Au sens propre, j'veux dire.
Des clichés en veux-tu en voila, dans un sens comme dans l'autre. Laissons les portes ouvertes où elles sont et passons du côté graveleux parce qu'il me fait rire et ne mange pas de pain, ou presque:
Question: comment expliquer les symptômes apparents de ce boulanger de base? Plus intéressant de savoir pourquoi il éructe que de s'en plaindre. Dédicace aux moralistes qui parlent si bien de devoir-être sans s'interroger plus avant sur les autres "êtres". Ne faut-il pas savoir tolérer l'intolérant? Car tolérer ne signifie pas toujours admettre mais tout au moins comprendre sans excuser par avance. Panum et circonstances ...
"L'adoration des pouvoirs est une des tentations permanentes des hommes, et cela pour une raison simple: il est insupportable d'obéir sans se donner une justification quasi-métaphysique"
Indice, chez vous: ennemi de classe supérieure
A l'heure où une ex-pinup devenue chanteuse aphone troque sa Lancia pour une C6 présidentielle, il est temps de rappeler au souvenir d'une époque où l'homme politique trônait, dominait et en imposait. Autres temps, autres moeurs, certes, d'autant que la circulation intense des informations en ligne, le jeu des médias "impertinents" (entendez le plus souvent: non-pertinents) et la suspicion ambiante des citoyens a diminué la distance entre personnes morales et personnes physiques. Il n'y a d'ailleurs plus vraiment de personne morale qui tienne et le temps se donne au mélange des genres ou ruptures diverses, au train où vont les médias et nos ministres passant pour starlettes d'occasion sur les couvertures de nos journeaux d"information". Que veulent les Français en politique, sinon plus de sousous dans la popoche?
Le portrait idéal de nos volontaires généraux tient plutôt du contorsionnisme mental:
Simplicité, mais grandeur. Proximité, mais distance ... Beurre et argent du beurre, pour ainsi dire.
Petit rappel de l'un des nombreux paradoxes du Français moyen; pour ceux qui, comme moi, se sont délectés devant le spectable du "Président" de Henri Verneuil (1961) où Jean Gabin campait le rôle d'Emile Beaufort, un Président du Conseil de la IVe à mi-chemin entre Clémenceau et de Gaulle.
Pendant que Beaufort citait quelques lignes de ses futurs mémoires à sa secrétaire, le dialoguiste Audiard nous servait ce paradoxe bien Français et plus généralement latin: celui de vouloir remettre à un homme le pouvoir politique tout en lui "contestant le droit d'en user".
Par ces temps d'hyperprésidence qui courent et courent encore sans s'arrêter à aucun stop, il est toujours bon de rappeler la contradiction flagrante que bien des électeurs manifestent tous les jours:
- on veut des politiques plus proches de nos soucis "quotidiens", plus "humains" aussi
et
- on veut des politiques à stature, charismatiques et dignes de la fonction qu'ils doivent habiter
Difficile de faire les courses au marché du coin et faire encore figure de personne morale après coup ... mais si la chose n'étonne personne. Il paraît que les personnalités complexes voire contradictoires sont signes de richesse. Il y a aussi des chambres au trésor qui ressemblent plus à un souk qu'à Fort Knox, ou "il y a aussi des poissons volants qui ne constituent pas la majorité du genre". Autant vous servir la version originale de cette formule qui fait mouche, pour de jouissifs "règlements de compte à OK Bourbon":
Ce n'est là que du cinéma, bien sûr. Dresser un homme seul face à une meute corrompue, c'est aussi une façon de caresser le citoyen-spectateur dans le sens du poil et le bercer d'héroïsmes irréels plutôt que de l'éveiller aux jeux diplomatiques quotidiens. Il serait plus courageux ou plus pertinent de montrer l'élu du peuple tel qu'il est ou tel qu'il doit être pour conserver son siège, quitte à faire moins d'entrées ou à ranger la verve d'Audiard au placard des idées surfaites. Tout de même ...
Il est loin, le temps sans étranges lucarnes où un président pouvait prendre des décisions contre la volonté du peuple et dans son intérêt; lequel interêt reste à jauger, mais l'on s'essuiera dessus pour l'instant. De Gaulle, souvent; Mitterrand parfois, et sa décision surprenante de ne pas soutenir la peine de mort avant les élections de 1981. Courage politique, ou dernier coup de bluff payant? Des hommes publics quoi qu'il en soit, pas des marionnettes soucieuses de toujours caresser dans le sens du poil ou d'embrasser des crânes chauves de gardien de fauteballe. Autres temps.
Il y a des formules qui feraient mieux de ne jamais sortir de la bouche malfaisante de leurs malheureux auteurs, le plus souvent anonymes et c'est tant mieux pour leur matricule.
Les bonnes citations ne doivent pas cacher les moins, bien moins bonnes dont on se coltine la répétition à longueur de journée.
Première exemple de psittacisme dont Britney Spears (joli minois, toutefois) ou Nikos Alagias doivent sans doute se réclamer:
"Be yourself"
J'utilise la version anglaise pour mieux insister sur l'indigence de la formule; car c'est devenu un procédé commode et courant que de formuler en anglais (tellement "cool" et "dans la vibe", donc je "kiffe grave ma race" rien qu'en l'écoutant) ce qui friserait sinon le ridicule dans notre Muttersprache.
Qui n'a pas reçu un jour damné de sa vie cette fameuse recommandation existentielle destinée à ne pas modifier sa "nature", et son comportement "naturel" en présence de la personne convoitée? Le mieux est l'ennemi du bien: voila une formule bien plus adéquate en la circonstance et que l'on doit officiellement à la sagesse populaire.
Mais non: il s'agit de rester tel que l'on est ... or qui est capable de vraiment savoir ce qu'il est? La nature humaine n'est peut-être qu'une fiction permanente, et qui a lu un peu de Rousseau a entendu parler d'une autre notion plus ... existentielle: la perfectibilité, c'est-à-dire la capacité de tout être humain à devenir autre que ce qu'il est en l'état.
La génétique et, surtout, la force de l'habitude peuvent bien nous prêter quelques dispositions durables dans notre caractère, mais rien de substantiel au point d'en devenir notre "nature".
"L'existence précède l'essence", cela vous dit forcément quelque chose ou plutôt quelqu'un (quoique les deux se valent, vu la trogne de l'auteur en question)?! Ce serait tant mieux, vu l'inflation galopante qui sévit actuellement. Double sens, ici: l'essence augmente aussi bien dans les barils que dans les bars à "speed-dating", et le but du jeu est de toujours surenchérir sur les produits dans les deux cas de figure.
A toutes les statues du commandeur qui recommandent de ne rien changer et d'être tel que l'on est, je demande donc de fermer le claque-merde ou, mieux, de se demander si leur formule à l'emporte-pièce a seulement un sens.
Je ne vois que celui-ci: pour plaire à la personne convoitée, la meilleure des attitudes consiste à ne pas vouloir en faire trop sous peine de déraper. Ou à ne pas emprunter une attitude inhabituelle si l'on n'en mesure pas les conséquences attendues. Trop plein de ton dans la musique ou trop peu de suite dans les idées nuisent à l'emploi, pour résumer.
Le proverbe populaire ci-dessus est donc bien plus approprié pour la cause, et je ne manquerai pas de revenir sur la justesse de cette "sagesse populaire" dans de prochains billets. Histoire de montrer que la doxa snobée par les pédants est loin d'être aussi irréfléchie et versatile que l'on s'ingénie souvent à le dire (à défaut de le penser vraiment, c'est-à-dire avec de bonnes raisons à l'appui).
"Sois ce que tu deviens", ou "deviens ce que tu es"?
Les deux, mon capitaine: je ne baigne jamais deux fois dans la même humeur, ou pas exactement du moins ...
Parce qu'il fallait dire ce qui est à dédire. Dont acte.
Avis aux lecteurs probables de ce billet: n'hésitez pas à m'envoyer vos propres suggestions de formules vaseuses toutes faites; elles seront clouées au pilori, comme il se doit et pour des raisons d'oeuvre de salubrité publique.
Amen
Le meilleur moyen de découvrir ce que l'on est vraiment, c'est-à-dire: ce que l'on est en mesure de ne plus être par la suite, est souvent de rester seul pour faire le point et ne pas trop se frotter aux jeux de société: trop de pression tue les bonnes impressions ... tout ceci pour placer tant bien que mal "We Stand Alone", un de mes morceaux favoris de Covenant (électro scandinave).
A l'heure où les épiceries ferment boutique pour laisser place aux hypermarchés, où Schumpeter a relanché la Machine à Baffes pour un siècle au moins et où l'"on" cherche à obtenir toujours mieux toujours plus loin et dans tous les domaines: salaire, sexe, spiritualité de mes deux, etc. (pleins de directions en tête, aucun sens en vue), ce n'est pas peu de le (re)dire ...