Créer un blog Présentation

Nom du blog :
schangels
Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
25.12.2007
Dernière mise à jour :
03.07.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· blagounettes (17)
· cinéma (60)
· citation (104)
· divers (188)
· karaokons (32)
· musique (59)
· philosophie (218)
· politique (40)
· sport (211)
· tops 5 (22)

Navigation

Accueil
Livre d'or schangels
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Citation du jour: qui a dit ...
· Citation du jour: qui a dit ... (12)
· Après BHL, Pierre Desproges
· Visage: "Fade to Grey"
· Petite Cure, en attendant ...
· Entre actes ...
· Coups de pub: suite et non-fin
· Ma langue au Katz? Pas encore!
· Cage à goûts-goûts
· Human League: "Don't You Want Me Baby"

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

La théodyssée d'Ömer
24.06.2008
demande
19.06.2008
Cool Play
15.06.2008
Bring Logic!
13.06.2008
Merci pour eux ! : )
13.06.2008
Lasciate mi gueu-laaaa-reee
10.06.2008
Et Panucci alors??
10.06.2008
Saluation
10.06.2008
Saluation
10.06.2008
sit'estoutsec...
07.06.2008
bonjour
02.06.2008
Coldplay / Violet Hill
22.05.2008
devine qui a encore gagné ce soir?
21.05.2008
cétropabusélà
21.05.2008
Tabernacle
14.05.2008
kekoidonhou
14.05.2008
kekoidonhou
14.05.2008
qui ?
13.05.2008
TonChifreDeMedLà
04.05.2008
PuréCéClips
04.05.2008
RSS

Blogs à découvrir :

· toutlesipods
· cooperationmangasnet
· itachiboss
· titelive
· zeliasblog
· mamiegifs
· monblogsonorsonar29
· aubesludi
· carocmmc
· poetic

divers

Supercalifragilistique

Posté le 06.02.2008 par schangels
On aura beau tous finir dans le même trou ontologique; on peut bien faire montre de bonne volonté et dissimuler de bonnes intentions derrière des productions lamentables ... il reste que certaines choses énervent toujours assez pour en faire perdre le sang-froid et le sens de la mesure. Faisons avec.

Rien de tel qu'une bonne mauvaise humeur pour sortir de la torpeur. Je n'aurai donc tenu ma main gauche en jachère qu'une petite journée silencieuse; la "faute" à cet autre Triboulet des Temps Modernes, côté rive gauche.
Pipi au lit ai-je failli faire hier matin ... non pas de peur ou d'excitation, mais de rire. Cali, ou la tête de saule pleureur au service d'une émotion d'écorchés du cortex: quand ''étreinte'' fait bien de rimer avec ''étron'' par le début. Le gentil militant des forces vives chante à la résistance dans son dernier chapelet de fonds de commerce et appelle à la révolte contre le parvenu présidentialisé. ''Ô le méchant président'', qui vend des centrales aux anciens mauvais élèves de la classe mondiale. Une première? Nain de nain, trop cultivé pour comprendre le sens de ''Rainbow Warrior'' et trop fin pour flairer le mot compte triple avec ''francisque''. Mieux vaut faire en sous-main que sous les yeux de toute la presse? Faire en catimini comme on passe les grosses commissions, à l'abri des regards indiscrets? Jolie morale de la mauvaise action en sourdine, moins mauvaise lorsqu'elle est dissimulée!
Comparaison non avenue entre l'ancien de Jarnac et le nouveau de Neuilly, suis-je bête: le gentil blogosphéreux a renié comme tant d'autres de son camp de laiteux concentrés la mémoire du Vieux, victime d'un de ces coups de Jarnac post-mortem: celui d'être dépossédé de son génie machiavélique pour céder la place à une gentille musiquette rosâtre. "Aimez-vous les uns les autres", nom d'un petit bonhomme aux cheveux gras travaillés. Et ta soeur, qui bat le beur pour mieux en tirer la crème par temps d'élections.
Cali pleure l'état de la France et plaint les générations futures. Tant mieux pour son producteur et son impresario. Tant pis pour le reste, dont je suis. Il y en a qui font voter les morts; Cali la pleurniche innove et fait voter les foetus. Respect à ce dernier rempart de la civilisation qui se respecte d'autant plus qu'il prend son nombril pour l'humanité. A quand un bouclier humain de la rue Solférino aux Champs Elysées? Dieu que l'on rigole jaunâtre en terre hexagonale.
Message à l'excité dégoulinant d'amour veau et de tendresse collante au point de laisser des traces sur les robes blanches de sa sainte nitouche pleine de fausse virginité: résiste celui qui subit une pression sur sa personne ou dont on attente à la vie, pour incompatibilité d'opinions ou d'humeurs. Ce qui revient souvent au même, et d'autant plus chez toi -permets-moi le tutoiement, t'es si sympa, voire cool- où le sentiment déborde à ce point que la joie incarne dans tes concerts de saltimbanques proprets ce que l'incontinence est au petit vieux de la maison de retraite des Lilas. Tes épanchements de souci de l'autre m'énervent à un point que j'en viendrais presque à plaider pour une misanthropie de salut public. De la contradiction naît la résistance, précisément, s'il s'agit de penser autrement et de ne pas enfoncer les portes ouvertes. On ne peut pas aimer tout le monde et tout le monde ne plaît pas à son voisin ... tu aimerais que le contraire soit vrai et je serais prêt à te démontrer qu'il n'y a rien de moins vrai.
Anti-performatif: plus on dit qu'on aime et moins on aime ... je le répète après un billet précédent (cf. Problème philosophique n°4). Rien de plus méprisable que ces débordements d'amour aussi mal maîtrisés que le caca par un sphincter usé.
Non pas que je cultive un faible pour les Rollex au poignet, les yachts à Bolloré et les gémissements de pin-up reconvertie un temps à la guitare sèche. C'est plutôt qu'à choisir entre le méchant décomplexé et le gentil complexant, mon choix porte sur la peste plutôt que le choléra. Le méchant ne donne pas de leçons ingrates, lui, qui profite de ce qu'il prend et n'a pas honte de ce qu'il donne faute d'avoir à donner.
Garde donc tes leçons de savoir-vivre pour tes groupies intermittentes, pleure sur ta voisine qui ne veut pas de toi et lâche la prise du politique si convenu qu'il parle à mon cul en raison d'une tête trop malade. Foutu lever matinal sur une nouvelle aussi consternante qu'insignifiante.
Voilà que mon fiel a fini son travail d'interaction réciproque. Je peux donc oublier les rots du gentil troubadour participatif et m'en retourner vers des souvenirs sonores bien plus salutaires. Passage du rose au rouge, de la gauche à l'extrême-gauche ...
... Les Thugs: non pas que j'apprécie beaucoup plus le gauchisme moralin; mais l'énergie était là, dans les mains brûlantes de ce groupe angevin tristement splitté. De bien bonnes mains surchauffées, de préférence à une gueule d'ange enfariné. Peu importe d'où le vent vient, tant qu'il sait rafraîchir la nuque. Le son plus que les paroles, l'impression plus que le sens souvent bien décevant et dont on se passe d'autant plus lorsqu'il éructe d'une face de cucul la praline.

Je conclurai en rappelant au souvenir pas trop ancien de mon billet sur le socialisme à quarante ans; dédicace au Cali quadra(dé)génaire. Je rappellerai aussi que la Jeanne d'Arc pleine de bravitude ne fait pas encore la pluie et le beau temps au pays de la rose et que d'autres cadres savent mettre de l'eau bien plus subtile dans une piquette de rigueur pour militants de base: je reconnais autrement plus de mérite aux Védrine et Moscovici qu'à l'illuminée du Poitou.
Finissons cette pantalonnade par une bonne note finale des Thugs: ''Allez les Filles'':

Image ou texte alternatif



Bien d'accord sur le mot d'ordre, même s'il a de quoi sentir le convenu en période de parité de principe; dédicace à mes deux muses numériques de Nice et de Montréal, que je remercie pour leurs interventions qui pétaradantes qui cogitantes. Merci pour ta colle d'hier, Geneviève; pas encore trouvé la suite logique du videur, mais je ne dirai pas plus mon dernier mot ici que pour la logique directionnelle de Rogowski. Suis mon regard!
''C'est quand le bonheur?'' Et ta soeur, bis ... J'ai bien une idée sur la réponse, mais on la devine assez pour qu'elle se passe d'être dite. Réponse qui rêve tout bas de certains voeux de silence par matins de réveil difficile. La faute au paillasson larmoyant. Peut-on demander à une paillasse d'essuyer ses propres larmes?

F&H







--

Que faire? Que ne pas faire?

Posté le 03.02.2008 par schangels
Photo: ce n'est pas le grand-père d'Eric Gerets, malgré les apparences

Non seulement je n'ai pas eu le temps d'écrire un bon gros billet bien senti ce week-end, mais il semble que le temps me manquera tout autant la semaine à venir.
Sans compter que des amis visiteurs aussi intempestifs qu'impétueux m'ont fait à plusieurs reprises le reproche tout amical d'écrire trop de billets en trop peu de temps pour tirer profit de précédents vite dépassés.
Comprends pas vraiment votre logique, chers visiteurs: pourquoi devoir suivre un rythme de croisière alors que vous avez tout loisir d'aller et venir entre les anciens et nouveaux billets?
De plus et pour finir, il vous reste encore de nombreuses citations à deviner, de nombreux problèmes philosophiques à creuser et l'ensemble des clips étalés à classer selon vos préférences ...

... vous roupillez, vous autres!!! Permettez-moi donc de faire la grève des billets pendant un temps, suffisamment raisonnable pour ne pas constituer une balle dans le pied et ne pas me couper l'herbe sous ce même pied rougi (par la balle, suivez un peu ...).

Pas de musique, pas de citation? Plus de blog?
Si, certes, mais avec la condition renforcée que vous autres soyez plus participatifs, plus interactifs, bref: plus actifs et moins passifs afin de ne pas me donner l'impression de pisser 3 fois sur 4 dans un violon.
Pour punition, je vous laisse avec un document consternant, peut-être incompréhensible pour le commun des mortels dont je suis mais qui a le moindre mérite de contenir une petite perle dynamitée de Pavement: "Serpentine Pad".

Image ou texte alternatif



Rien de plus à dire. A vous de faire un peu plus, nom d'un chien. Pis y a du foot à la télé; autre raison de vous envoyer sur les roses. Là.
Et merde, c'est plus fort que moi ...
... question du jour: pourquoi ai-je choisi la photo ci-dessus pour illustrer ce billet?
Stop.

F&H

Car le temps passe ...

Posté le 01.02.2008 par schangels
Une colle pour les connaisseurs et historiens de la région (lorraine, s'entend):
A quelle famille appartient cet emblème sur la photo ci-dessus?
Dédicace au temps qui passe et au souci de bien faire entre-temps, probablement ...
A supposer que ce que nous faisons ici-bas résonne pour l'éternité, pour reprendre les termes de Maximus.
"Seize the day", "profite de l'instant présent", "cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie" ... le présent pris en sandwich entre un passé révolu et un futur dévolu. Que dois-je faire maintenant pour m'excuser d'hier et me préparer à demain?
Il est pénible de se rappeler aux mauvais souvenirs de ce que avons eu le tort de faire ou ne pas faire; il est pénible de se rappeler au devoir de ce que nous aurons à faire ou ne pas faire. Il est préférable de songer à ce que nous faisons, maintenant et sans spéculer sur l'avenir ni le passé. Question d'économie de moyens, rien de plus. Question d'avancer plus vite que la flèche de Zénon, aussi et surtout.
Parce que le temps file en proportion de l'âge de nos neurones; parce que le temps présent donne souvent envie de passer directement à l'avenir ou de retourner loin dans le passé; parce que ce genre de réflexions conduisent rarement à des résultats probants; parce que le souci de vivre le moment présent revient plus souvent à griller celui-ci qu'à en profiter vraiment ... et parce que je cherche depuis longtemps un moyen de passer ce morceau qui me restitue chaque fois la patate (pas ensembliste, celle-là) dans son intégralité, je dis: musique.

Image ou texte alternatif



Il n'y a qu'un pas, du doigt tendu à la faucheuse; du moins lorsque l'on en assume les conséquences, ce qui est loin d'être le cas de tous les rebelles saeziens de 15 à 22 ans. Que le feu vive en nous, plutôt que dans les poubelles. Histoire de gagner une moindre bataille dans notre guerre déjà perdue contre le temps qui passe. Ouuuhhhh ...


F&H

Souriez, vous êtes filmés

Posté le 31.01.2008 par schangels
Simple annonce concise et brève (possible, ici?) entre deux mails administratifs.

Pour les Lorrains câblés sur France 3: annonce ce soir d'un reportage sur les Archives Poincaré, un laboratoire de recherche en histoire des sciences et philosophie dont je ne donnerai pas davantage les coordonnées puisque:
- telle n'est pas la mission de ce blog
- tel ne serait sans doute pas le souhait de son directeur que de voir la serviette mêlée au torchon
- te...le...vi...sionnnnn ... rules ... the ... na...tionnnnnn!!!

Image ou texte alternatif



Le reportage passera donc tout à l'heure (dans un quart d'heure, à vrai dire et c'est pas peu dire que c'est pas trop tôt pour le dire) lors du décrochage régional quotidien de Soir 3, sans doute entre 18h55 et 19h.
Vous y apercevrez les big boss du labo, tandis que je sirotais peinard un café crème juste à côté afin de faire mieux passer le Glaireux et les 5 Picon de la veille. C'est que la journée en question méritait d'être arrosée en beauté, rapport à l'événement qui l'avait couronné à partir de 17h. Je déblatère par énigme, certes, mais c'est pour mieux ne pas éveiller les esprits qui s'en cognent et rappeler au souvenir d'une époque où la télé prétendait encore remuer les neurones, éveiller les consciences ou instruire les bonnes gens dont nous sommes. Un autre temps, voire un temps X si l'on en juge par les temps qui courent.
Mais voila que je m'égare encore, tel le cow boy joliment moustachu des frères Coen et ... l'annonce est passée, en interne archivé comme en externe bloggé.
Pour les retardataires intéressés: l'interview sera disponible en ligne demain. Pour les lecteurs de l'Est Répu: voir aujourd'hui page 2 ("Evénement"; tu m'étonnes)
Ce qu'on ne ferait pas pour prétexter la diffusion d'un bon Daft Punk, tout de même ...


F&H

Entre actes ...

Posté le 28.01.2008 par schangels
Impossible de glisser aujourd'hui un billet consistant et de bonne portée. Trop d'obligations administratives à satisfaire, de coups de fil à passer, de documents à transmettre, de courriers à remplir ... de neurones à user en perte certes utile mais usante.
Comme j'ai besoin de ma dose d'interrogations quotidienne et ma banderille musicale de principe, je ferai coup double mais en coup en vent.
Une devinette, pour commencer. Je l'ai déjà posée à mon entourage proche et affectionné, donc merci à eux de ne pas vendre la mèche s'ils se reconnaissent. Pour les autres, donc ...

Mais qu'est-ce donc, mhh?
C'est meilleur que Dieu.
C'est pire que le diable.
Les pauvres en ont.
Les riches en manquent.
...

Un jambon à l'os virtuel pour celui qui trouve, mais surtout un gage comme à l'accoutumée. A vous de jouer.

Un indice? Disons que les Dire Straits en parlèrent dans un de leurs morceaux phares.
Autre indice? Le personnage en photo ci-dessus aurait refusé aussi bien d'en parler que d'en parler ainsi. Question de principe.

Une banderille, pour finir. Je ne sais pas comment introduire ou lier ce qui suit à une thématique de ce blog, mais une seule chose est sûre: j'ai écouté et regardé les images de ce morceau en boucle pendant des mois, perplexe devant les traits humains saisissants du petit bonhomme en action, dans le clip "Evil" qui suit de Interpol. Toujours ce rythme saccadé et ce mélange de basses-guitare qui donne un son à la fois agressif et reposant. Une contradiction qui fait du bien à mes oreilles, en tout cas.
Un bon mélange de rock répétitif et de voix hautes qui rappellent en vrac celle des Doors, de Joy Division et de Divine Comedy.

Image ou texte alternatif



Il était temps que je dépose une vague ondulatoire de ce groupe, dont j'avais écouté le morceau qui précède en boucle lors d'une descente universitaire à Aix-en-Provence. Si je dis: camembert, essuie-glaces, Cassis, calanques et "tu bluffes, Marconi", les anciens protagonistes de ce voyage de conférenciers comprendront le rapport ...


F&H

Une seule virgule vous manque ...

Posté le 27.01.2008 par schangels
L'agnostique que je suis (par la faiblesse des choses) a une note à vous soumettre, concernant la religion chrétienne et ses textes. A prendre ou à laisser, selon votre degré de bigotterie que j'imagine très faible, mais là ne sera pas le problème.
Dans le Sermon sur la Montagne de l'Evangile selon Saint Matthieu (5.3), on aperçoit cette phrase qui a de quoi donner du pain sur la planche aux exégètes chrétiens:

"Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux"

Loin de moi l'idée de vouloir promouvoir une religion sur une autre, mais seulement d'illustrer l'ambiguïté typique des textes sacrés.
Je vois au moins deux manières d'interpréter cette seule et même phrase, sans compter les autres où l'on parle d'un Dieu secoureur des esprits fragiles face au(x) malin(s). Tout dépend de la virgule implicite à placer dans la phrase principale. Ainsi:

(1) heureux, les pauvres en esprit
(2) heureux les pauvres, en esprit

Dans le cas (1), les pauvres en esprit sont heureux; dans le cas (2), les pauvres sont heureux en esprit. La différence n'est donc pas mince selon la place de la virgule: soit il faut être simple d'esprit pour être heureux, soit il faut être pauvre pour être intelligent. Toute proportion gardée bien sûr sur la signification propre du fait d'être pauvre en esprit, mais je schématise pour la cause. Aucun rapport entre les deux formules, donc, sinon un seul et même contenu de départ.
Comment choisir, sinon en recoupant dans les autres psaumes et recherchant une cohérence globale entre les différents textes. Quand on dit qu'il y a à boire et à manger dans les textes sacrés, c'est que leurs auteurs ont à ce point joué sur les sous-entendus, les paraboles et la polysémie que tout le monde finit par y trouver son propre compte. Le philosophe Lessing ne m'aurait pas contredit s'il était là, dont l'analyse de la Bible parlait de plusieurs niveaux de discours selon l'intention de l'auteur et les capacités du lecteur. Il ne faut pas prendre une histoire biblique à la lettre: ce n'est pas parce que tel événement insensé ne s'est pas produit ou peut être dédramatisé par une explication scientifique que le sens originel du texte ne vaut plud tripette. Il faut être bien bas du front pour devenir athée sous le seul prétexte que l'histoire est à dormir debout. Elle fait surtout dormir ceux qui ne la comprennent ou ne veulent pas la comprendre, mais Dieu ne fait pas la quête Lui-même et d'autant moins s'Il n'existe pas. Et peu importe, devrais-je répéter pour ceux qui ont encore le billet du "volontarisme doxastique" en tête. Mais je m'arrête là, conscient que la distinction analytique entre la portée d'un quantificateur ou d'un opérateur modal n'est pas née d'hier et se confirme jusque dans les textes du Testament.
Chaque pot a son couvercle, chaque texte a son interprète ... herméneutique, quand tu nous tiens ... la charité part voir ailleurs si elle y est.
Malheureux, les riches en esprit? C'est vrai que le bulbe est souvent douloureux lorsqu'il chauffe trop souvent et en quantité déraisonnable. Qui n'a pas entendu parler des ailes brûlées d'Icare, à force de vouloir satisfaire ses ambitions de toucher le soleil et de ne pas tenir compte des propriétés physico-chimiques de la cire. Descartes savait, lui (cf. seconde méditation métaphysique) ... Voila une bonne occasion de passer un morceau de circonstance et d'honorer ceux qui m'ont épaulé pendant l'âge ingrat de l'adolescence sévèrement pubaire, à cette époque où tout se brouille et se termine toujours en séances intensives de Biactol. Je veux parler d'Iron Maiden et de son "Flight of Icarus". Mais parce que ce morceau n'est pas mon favori et que les compagnons de Dickinson ont été mis à l'honneur par le cinéma français, j'opterai plutôt pour ce coup de coeur en direction de Bernie Bonvoisin et ses impressionnants "Démons de Jésus". Ecoutez et vous comprendrez le rapport avec la Vierge de Fer, à défaut de cirage antique:

Image ou texte alternatif



"La vengeance est un plat qui se mange froid", a chanté Lio et insinué le texte sacré bien avant la mangeuse de bananes crémeuses. Mais Bernie a d'autres vérités bien senties en tête, entre un air de Mesrine et une cause anti-sociale à défendre. RIP pour plus tard.

Mais je ne terminerai pas sans finir sur un extrait bien plus en phase avec le thème si religieux de la course à la vérité et de ses conséquencees néfastes pour l'esprit humain. Faut-il apprendre l'humilité et rester dans l'ignorance pour vivre heureux? Il est vrai que bon nombre des vérités font très souvent mal à entendre, et je pense ici à ce personnage mathématicien dont les recherches mathématiques auront eu "raison" de sa personne. Pour qui n'a jamais entendu parler du film "Pi", un essai noir et blanc de Daren Aronofsky (1998). En voici la présentation, doublée d'un accompagnement trip-hop qui vaut le détour:

Image ou texte alternatif



Une ode structuraliste sur la maîtrise du monde en équations numériques et sur le prix à payer des quêtes menées à tout prix.
Le mieux est l'ennemi du bien, expression qui ne cesse décidément de revenir sur ce blog. On fait avec ce que l'on a, mais tout l'art consiste bien plutôt à comprendre ce que l'on ne peut avoir. Le sens d'une vie patauge entre ces deux modalités imprécises. Pas le temps de détailler, entre deux passing shots de Tsonga et un match de ping-pong à préparer.
Bien plus pauvre en esprit, certes, mais le sport a des conditions d'usage telles que l'intellect fait mieux de reste à l'écart lorsqu'il s'agit de gagner. Une autre vérité sur le sport qui me fera repasser par la case Hegel. Un billet qui se fait attendre, mais pour la cause ...


F&H

Aimons-nous les uns (dans) les autres (?)

Posté le 26.01.2008 par schangels
J'ai eu le grand plaisir de retrouver hier soir un vieil ami Brasilien perdu de vue mais que la fortune a placé de nouveau sur mon chemin, ou peut-être l'inverse. Voila qui m'a donné l'occasion de taper une bonne bouteille de Bayley's avec lui et un pongiste de ses camarades passé entre-temps. Sa blonde était partie plus tôt pour une soirée entre copines ou autres, tant et si bien que nous nous retrouvions autour d'un nectar crémeux et des discussions de mâles plein la bouche. Rien de très graveleux, car le camarade Brasilien a de la distinction et sans avoir besoin d'en rajouter.

Et puisque l'ami meusien me rappelle à ces si bons souvenirs musicaux que j'ai insérés dans ma mémoire entre une tranchée des Baïonnettes et un jeu éléctronique portatif à piles plates, je profite de l'occasion pour lâcher le très fameux "Big In Japan" d'Alphaville (1983). Numéro 1 dans plusieurs pays à l'époque et, surtout, l'un des premiers 45 tours que moi et mon frère écoutions en boucle sans discontinuer, assis en chien de fusil dans le petit salon et les imageries cérébrales en action. Synthés Bontempi et batterie samplée: vorwärts toute!

Image ou texte alternatif



Mais avant de nous lancer sur une thématique des pays de l'Est et de la situation géopolitique des anciens satellites soviétiques ... ou plutôt sur un comparatif esthétique des filles slaves ... définitivement, oui ... le hasard de la discussion m'avait fait lire la liste indéfinie de sa filmothèque où je trouvai notamment le titre d'"Eyes Wide Shut". Indifférent je reste à la beauté frigorifiante de la blonde Kidman, mais cela n'enlève rien à l'intérêt du problème que ce film avait soulevé à sa sortie (1999). Ambiance ...
La Saint Valentin approche, tant mieux ... pour les serveurs et leurs pourboires, tout au moins. En l'honneur de ce soir improvisé où il faudra raquer plus pour obtenir plus, je pose cette question fameuse dont je ne me lasse décidément pas. Merci à son auteur en noir de l'avoir posé:
Préféreriez-vous que votre conjoint couche avec un autre en pensant à vous, ou qu'il couche avec vous en pensant à un autre?
Pas simple de répondre, même si une tendance naturelle pousserait notamment les hommes à répondre par la seconde formule: vive la viande, et tant pis si notre AOC d'un soir ou plus a la tête ailleurs pendant qu'elle y passe ... réaction pleine de testostérone à laquelle les femmes s'opposeraient en choisissant la première option: plus cérébrales dans leur jouissance, les femmes, moins matérielles et plus calines, les femmes ... vrai, faux? Je ne sais toujours ni, sinon que cette bien bonne question pose le problème de la relation souvent conflictuelle et compromettante (double sens) entre sexe et amour dans un couple.
Je vous laisserai relire un ancien billet sur les aventures d'Eros en terre post-moderne, un peu étourdi par toutes ces vapeurs polluantes où fric, confort matériel et souci de performance des muqueuses viennent se mélanger à de simples clins d'oeil et de jolis regards furtifs de départ.
Comment aimer celui ou celle que l'on désire, comment désirer celle ou celui que l'on aime?
Les sentiments sont comme les fleurs, dira le poète sur sa colline cent fois balisée par l'IGN du coin: leurs couleurs s'estompent avec le temps. Mais notons que la feuillle d'automne ne manque pas de charme et réveille les sens par ses odeurs aigres lors des vents de septembre. Les couples savent prendre des allures charmantes et complices qui remplacent aisément les parties de jambes en l'air des premiers temps de mise en chauffe de la turbine amoureuse. Ou quelque chose dans le genre, tant que la réunion grégaire n'est pas due à la triste peur d'être seul ou la honte du qu'en dira-t-on si ma solitude prend des airs de repoussoir angoissant.
Comme a dit l'autre boudin rouge, bien placée pour le dire: "à 20 ans, tu choisis; à 30 ans, tu es choisie; à 40 ans, t'as plus le choix" ... d'autant plus que le choix se fait d'autant plus rare lorsque l'on insiste d'autant plus à gagner la partie grégaire par quelque moyen que ce soit.
Il y a des coups de foudre ou des rencontres inopinées (pas de mauvais jeu de mots, non vraiment) qui se font par le plus grand des hasards et auxquels on attribue de la magie par ce qu'ils ont eu d'improvisé, précisément.
A vous maintenant de trouver l'alchimie idéale entre baisodrome et osmose complémentaire des phases lunaires et terrestres ...
... le serveur n'en a cure, qui n'aura pas la poche moins remplie ce 14 février que tous les autres. Heureux garçon de restaurant qui retrouvera plus tard sa poupée en sucre d'orge, après que les autres se soient gavés avec son assistance et au nom d'une Eros menacée d'obésité. Y a des régimes de faveur qui se perdent en rites expiatoires; mais ne défonçons pas de nouveau les portes ouvertes. Toujours pas de mauvais jeu de mot, non vraiment.


F&H

Rappelle-toi, c'est un ordre!

Posté le 21.01.2008 par schangels
Comme chaque année depuis trois ou quatre, j'ai enregistré l'Année du Zapping de Canal + et suivi ainsi la rétrospective de 2007. Où l'on montrait entre autres quelques jeunes Allemands interrogés sur la Nuit de Cristal. "Was denn"? Quatre ou cinq d'entre eux regardaient le questionneur le regard effaré, comme si cette question n'était pas à leur portée ou ne pouvait pas l'être. Trop jeunes, pas assez branchés sur l'histoire ...
Faut-il s'en plaindre ou se sentir consterné par une telle ignorance? Personnellement: non, bien que je ne les en félicite pas pour autant. Je les plaindrais pour des raisons d'instruction lacunaire et non de moralité; que cela soit clairement dit d'emblée. Pourquoi beaucoup s'en plaindront-ils au nom des bons sentiments? Car tel était l'effet attendu de l'extrait du Zapping: laisser l'événement édifiant parler de lui-même, sans besoin de commentaires pour préciser le côté scandaleux de la chose. Au contraire: parlons-en de ce scandale supposé "évident", et plutôt deux fois qu'une.
Raison de la consternation réflexe: le sacro-saint devoir de mémoire auquel nous a habitué le désastre de la Seconde Guerre Mondiale. Pour que jamais plus cela ne se reproduise, pour que le mal cesse et que le bien l'emporte; je caricature à peine, même si la démarche est honorable.
Je pose la question, à vous de me répondre si l'envie vous prend de participer au débat moral: qui n'a pas appuyé sur le champignon après avoir vu des images de grands accidentés de la route? Qui n'a pas décapsulé d'autres cannettes après avoir ramassé une biture de premier choix? L'ordre d'idées est le même que celui du devoir de mémoire: il y a en nous une certaine tendance (une tendance certaine, dirais-je même) à faire preuve d'une saine amnésie pour oublier les traumatismes mémoriels et mieux supporter le temps présent. Je ne plagierai pas Nietzsche qui, selon quelques bribes de mémoire hérités de mon année de terminale, aurait fait de l'oubli la condition même de l'existence prolongée contre le besoin fréquent d'arrêter la machine à coup de timbale dans le buffet. Il faut oublier la douleur pour supporter l'idée d'y retourner chaque journée que Logos fait, s'il y a. Mais se rappeler du pire est nécessaire pour préparer le meilleur ou, tout du moins, pour éviter que ce pire ne se reproduise, dit-on. Vraiment?
J'ai vu des images de corps sans graisse, des monticules de cadavres aux yeux vidés d'humanité et perdus dans le vide, des charniers où des kilos de squelettes s'amoncelaient sous le poids d'un tractopèle. Des images cauchemardesques au sens propre, pour un gamin de huit ans plus habitué aux lapins de Disney qu'aux destructions d'un Bloc 27. Faut-il connaître Auschwitz pour éviter l'inhumanité et faire preuve d'un humanisme de bon aloi? Faut-il traumatiser toute une jeunesse de primaires et secondaires pour préparer des lendemains qui chantent et supprimer toute trace de perversité potentielle en eux? Un mal nécessaire, dira-t-on. En attendant que l'odeur ne s'ajoute à la vue et pénètre les écrans pour ajouter le pestilentiel au monstreux. Nous y viendrons, au nom d'une humanité consciente de sa perversité potentielle. Quitte à faire de celle-ci une traumatisée du bulbe paralysée à chacune de ses actions à venir, mais cela ne semble pas effrayer la majorité.
Je ne vois pourtant aucune différence entre ces images de souffrance à répétition et la méthode Ludovico d'"Orange Mécanique". Voulez-vous la fin de la violence et la sécurité dans vos quartiers: soit, alors déposez votre liberté d'agir en échange d'un comportement réglé sur mesure. Et la liberté de conscience ou le libre arbitre, dans tout ça? Hobbes est constamment considéré comme l'apologiste de l'autocratie et du primat des forces régaliennes: personne n'accepte à haute voix son histoire de loup pour l'homme, parce qu'elle revient à douter de la capacité de ce dernier à bien user de son libre arbitre dans l'intérêt du plus grand nombre. Et dans le même temps, personne ne se plaint de ces images abrutissantes et traumatisantes dont les autorités médiatiques nous repaissent si souvent, quoique moins souvent depuis que les relations israélo-palestiniennes s'apparentent un peu moins à une affaire de blanc contre noir et que la cause juive s'efface derrière d'autres drames plus pressants. Il n'empêche que j'ai appartenu à cette jeunesse censée préparer sa conscience contre toute velléité qui xénophobe, qui destructrice.
Mais d'où vient cet appétit de nuire, sinon dans ces images de violence dont on assène les jeunes en boucle, tous les jours et sur la majorité des chaînes de télé? J'invite à regarder "Bowling for Columbine" de Michael Moore, bien moins cucul la praline que le plus fameux mais moins subtil "Fahrenheit 9.11" et où le réalisateur tente de montrer l'effet pervers des images de violence sur le citoyen-téléspectateur.
Je ne crois pas que ma mère ait jamais voulu attenter à la vie de son voisin, sauf dans des proportions acceptables et pour soulager ses humeurs passagères. Une mauvaise pensée vite effacée permet de se délester quelque peu de la pesanteur du quotidien grégaire, sans laisser de traces palpables. Bien au contraire de ce que jeux vidéo à la "shoot'em up", mangas bourrés d'hémoglibine et séries remplies de bastons amorales peuvent provoquer sur des jeunes souvent incultes et destinés à servir de futurs citoyens moyens.
Je dis qu'un bon livre ou une bonne discussion ouverte vaudront toujours mieux qu'un matraquage traumatisant et mortifère. S'il faut faire dans le morbide pour défendre le droit à la vie, s'il faut faire peur pour apprendre à aimer l'homme ... le paradoxe me paraît assez évident pour que je m'arrête là et cesse le bavardage au profit des notes.
De musique, bien évidemment et pour un titre évocateur sur fond de matraquage psychologique. "Making Plans for Nigel", du groupe XTC (1979) et qui nous servira de bol d'air pur pour un billet pas folichon:

Image ou texte alternatif



Si nos éducateurs nationaux faisaient moins dans la fleur bleue et osaient révéler leurs propres contradictions internes aux enfants qu'ils sont censés instruire magistralement, trop magistralement, peut-être aurions-nous une chance de réfléchir un peu plus et de gloser un peu moins. Je ne suivrai donc pas un éminent philosophe français sur ce terrain minant du devoir de mémoire, pour ces raisons qui me sont propres et ne rendront peut-être pas assez justice aux siennes propres. Mais le procédé de traumatisation de masse et de pétrification des consciences adolescentes me paraît trop douteux pour la cause. Non, je ne tuerai pas en masse tant qu'un Etat ne m'en donne pas les moyens. Non, je n'ai pas dans l'idée de détruire un peuple entier avant que les médias ne m'en dissuadent. A-t-on été humain avant la télévision, a-t-on été humain avant la Shoah? Il me semble que oui, et la chose bien plus salutaire serait de s'interroger sur ce qui pousse certains à éliminer leurs congénères comme des cafards, plutôt que de nous en dissuader sans prendre connaissance de notre avis. A celle de Ricoeur, je préférerai donc la lecture de Arendt la juive. Dont les travaux sur le IIIe Reich ont eu le mérite presque insensé de prendre comme objet d'étude ce qui a provoqué la perte de nombre des siens.
"Devoir de mémoire"? Apprenons à bien agir de nous-mêmes plutôt que de ressasser les fautes des autres. Et ce qui vaut pour les Juifs vaut pour les esclaves noirs comme pour les Indiens d'Amérique. Sans oublier de nous demander ce qu'est le bien, ce qui ne sera pas une perte de temps.
On va jusqu'à verbaliser les grossiers personnages: plus de "sale bicot" sans sortir les billets de banque en échange d'une mauvaise conduite. A boire et à manger, dans cette fameuse loi Gayssot: je ne contesterai pas qu'une bonne part de nous-mêmes s'est formée à grands coups de bourrage de crâne malléable lors de notre prime jeunesse: fais pas ci, fais pas ça, sans que l'on y trouve quoi que ce soit à redire puisque notre civilité quotidienne tient souvent plus du chien de Pavlov que de l'Emile de Rousseau. A vomir également, dans cette loi de bonne conduite cosmopolite: pas sûr que verbaliser un xénophobe n'empire pas la situation et ne transforme pas le grossier personnage en frustré de l'intérieur. Il y a des cocottes qu'il vaut mieux aérer par intermittence, sous peine de la voir exploser par la suite; on établit aujourd'hui des rapports qu'il aurait été blasphématoire de faire plus tôt: témoin la relation de cause à effet entre un SOS Racisme tapageur des années 80 et un séisme de mes deux du 21 avril 2002, admise aujourd'hui et jusque dans les rangs idéalistes de la main jaune. La tolérance demande plus de patience et de retour sur soi que ne le permet l'impératif de concorde sociale, sans nul doute: n'est pas Gandhi qui veut, encore moins l'Etat s'il transforme le savoir-vivre en contredences dissuasives. Pavlov d'abord, Rousseau ensuite, ou l'art de méditer sur ce que l'on fait par réflexe. A croire que le devoir de mémoire mélange les deux sans faire dans la mesure.
Ni fier de ce que je suis, ni honteux de ce que les miens ont pu être. Simplement curieux de ce que nous serons, et je m'en contenterai sans traumatisme aucun. Parce qu'il y a des douleurs que l'on n'a pas méritées et que l'on peut éviter pour soi comme pour les autres, sans matraquage expiatoire et sans caméras à l'appui. Il y a des coups de matraque psychologique bien plus douloureux et sournois que les gourdins de CRS, parce qu'ils ne disent pas leur nom et ne laissent pas de trace apparente. Tout se passe à l'intérieur et ronge les consciences à peine formées en termes de remords, honte ou peur de soi. Bravo les artistes: quand le souci de l'autre se transforme en crainte de soi, la timbale dans le buffet n'est pas très loin et une pensée mortifère en remplace d'autres. Arrêtons ce supplice intérieur, de grâce.
Shalom, mein Bruder.


F&H

Plattitudes

Posté le 16.01.2008 par schangels
(Photo: cliquez dessus pour y voir plus clair.)

Il est un département que l'on appelle la Moselle, numéroté 57 ... et dont Nancy fut autrefois, avant que l'annexion prussienne de 1871 découpe la Lorraine historique en de nouvelles administrations qui républicaine, qui impériale.
Il est une région naturelle que l'on appelle la Moselle ... partagée entre des frontières politiques (France, Luxembourg, Allemagne) mais reliée par quelques communautés de langue et de population, parmi lesquelles le Platt et de lointaines origines Médiomatrices. Mobilité du travail et tectonique des plaques aidant, la seconde communauté n'est plus aussi visible et l'immigration ouvrière a apporté son lot de "Ritals" et "Polaks" aux bassins houiller et minier de la Fensch (secteur de Hayange), de l'Orne (secteur de Rombas-Gandrange-Moyeuvre), puis de la Moselle plus à l'Est et plus proche des territoires germaniques (Boulay-Carling-Forbach).
Certes, la Lorraine s'est fait entendre par sa sidérurgie et ses ouvriers dupés par l'homme à la rose, lorsqu'un vent de colère avait déferlé sur Paris courant 1982 et que les CRS avaient eu de quoi travailler du gourdin. Mais ma région ne rime pas avec terril, hauts-fourneaux et fumées d'usine. Lavilliers n'a pas fait le tour de la Lorraine, si loin de là avec ses travailleurs aux mains d'or de la "Fensch Vallée"; il n'a pas semblé apprécier le "Buffet de la gare de Metz", à en croire ses couplets mi-figue mi-raisin sur la mentalité des gens de mon coin à moi.
Mais peu importe ce qu'a dit ou pense le Stéphanois: gloire à lui pour sa ballade mortifère de 1989: "On the Road Again", et qu'il me permette de laisser quelques souvenirs encore présents de ma Moselle linguistique.
Celle de ma mère et de mon père: des petits commerces de la Place Saint Louis et de la chère rue Coffe Millet de ma non moins chère maman, où l'on parlait encore le dialecte germanique il n'y a pas si longtemps: je parle toujours du Platt, ici, dialecte de la région de Sarreguemines-Saint Avold et que le Hochdeutsch protestant n'a fait que reprendre plus au Nord; celle de mon père le Plappevillois, dont le père était né Allemand et n'a jamais cessé de taquiner la gutturale pour converser avec son frère (= mon oncle; soyez à ce que dis, Schweinehund!); celle d'un pays que bien des Français regardent avec l'oeil inquisiteur et que l'on a traité longtemps qui comme une victime de la barbarie germanique, qui comme la lie collabo de la France cocardière et éternelle.
Et moi, dans tout ça: nulle part. Ni nostalgique d'un temps que je n'ai pas connu, ni honteux d'une époque que je n'ai pas endurée. On ne tire pas sur les ambulances, dans ma famille, surtout lorsque l'épuration a vu des pauvres types se faire taillader au nom d'une souffrance nationale qu'il fallait bien soulager pour compenser avec de douteux hauts-fonctionnaires maintenus en l'Etat. Mon grand-père n'a pas crié "vive la France" lorsque Marianne a repris ses quartiers d'hôtel de ville et que le clairon a balancé sa purée patriote tous les 11 novembre et 8 mai. Mon grand-père n'était ni Français, ni Allemand; il était Lorrain, il était ce qu'il vivait et cela lui a bien suffi pour se faire aimer des siens.
Lorrain, entendez: Mosellan, lotharingien ou Médiomatrice ... ce billet s'adresse aux Leuques qui s'ignorent et aux moqueurs qui, sous prétexte d'avoir "été faits gagner la guerre", dégoulinent de fritzeries ou insultes en termes de casque en pointe pour mieux railler le frangin de l'Est. J'ai vu ma ville, je la vois encore; j'ai constaté ce qu'elle était puis devint en période d'occupation prussienne ... alors oui, gardez-la votre Lorraine romane et aimez-la comme il vous semble bon d'aimer sans détester les autres. La chose vous semble difficile, la dent est encore dure contre le voisin à gutturale qui se perd mais ne s'oublie pas toujours.

La preuve: je me suis égaré, le temps d'un billet d'humeur sur une improbable "mosellanité" qui n'est rien d'autre qu'une collection de souvenirs personnels. Et c'est tant mieux, car un prochain billet portera sur le passage des sentiments particuliers à l'homme en général. Ou comment tenir compte de sa Mutterpsrache sans perdre de vue ce que nous aurions pu être mais ne sommes pas ...
"Muttersprache", le mot est lâché. A destination de tous les Mosellans incrustés dans la glaise qui, comme moi, se retrouvent dans la majorité des conventions&expressions qui suivent:

Si tu es fier de tes 2 jours fériés de + que le reste de la France...
Si pour toi aussi les cours de religion étaient obligatoires au primaire...
Si tu dis de qqn qu'il a du 'schpeck'...
Si tu mets des déterminants devant les prénoms des gens...
Si tu 'spritzes' du lave-vitre pour laver tes carreaux ou du liquide lave-glace pour ton pare-brise...
Si tu sais ce que sont une 'rackia' et un 'racklo'...
Si au moins un de tes amis s'appelle Muller ou Schmidt...
Si pour toi le Luxembourg ou l'Allemagne c'est pas l'étranger parce que tu y vas toutes les semaines...
Si tu as déjà mangé des 'knepp'...
Si tu ne comprends pas pourquoi on te reproche de dire 'ui' et pas 'oui'...
Si tu fermes la lumière...
Si tu fais un 'flot' avec tes lacets ou sur les paquets cadeaux...
Si tu 'clanches' ta porte...
Si la seule piste de ski indoor de France est dans ton département...
Si tu as un 'katz' et pas un chat...
Si tu dis 'oyéééé' quand tu es surpris ou déçu...
Si tu demandes aux gens si 'ça geht's?'...
Si tu dis 'besch nexte mol'... (bon d'accord ça vous êtes pas tous obligés de connaître)Si tu prends tes outils dans le 'stahl'... (et ça c'est pas obligatoire non plus mais quand même c mieux de le dire)
Si toi aussi tu manges 'entre midi' et pas 'entre midi et 14h'...
Si tu aimes manger des 'Spritz'...
Si tu prends un 'Stück' et pas un morceau...
Si tu mets un 'stampel' et pas un tampon...
Si tu dis que quelqu'un est tout 'klatz' et pas qu'il est chauve...
Si tu es 'getz' et pas content...
Si tu demandes à qqn de sortir en disant 'Raus'...
Si tu manges des 'shneck' et pas des 'pains aux raisins'...
MAIS si pour toi UN 'schneck' et UNE 'schnek' c'est pas du tout pareil !!
Si tu bois un 'baron' et pas une pinte...
Si tu fumes des 'schmers' et pas des 'clopes'...
Si tu ne dis pas vite mais 'schnell!'...
Si tu fais de la 'boulibatsch' et pas de la gadoue...
Si tu prononces le T de 'vingt' parce que le 'vin' ça se boit c'est pas un nombre!...
Si tu 'ratches' avec tes potes...
Si tu as déjà dit qu'une personne est une 'quetsche'...
Si le saint nicolas venait dans ta salle de classe au primaire...
Si tu as de la 'schnudel' qui coule du nez...
Si tu avais peur du père fouettard...
Si pour toi les allemands sont des 'Spunz'...
Si quand ça pue tu dis que 'ça schmek'...
Si un sale jeune est un 'raoudi'...
Si tu dis que tu 'fais bleu' et pas que 'tu sèches les cours'...
Si tu dis 'comment qu'c'est?' et pas 'comment tu vas?'...
Si tu ne dis pas 'moineau' mais 'Spatz'...
Si tu bois du 'schnaps' et pas de 'l'eau de vie'...
Si tu sais ce que veut dire 'narreux'...
Si tu connais 'la reine de la Mirabelle' et 'les Fraises de Woippy'...
Si tu sais ce qu'est le PLATT...
Si tu bois un 'shlouk'...
Si tu demandes aux gens de fermer leur 'schness' ...
Si étant petit tu devais mettre tes 'schlapp' pour ne pas salir tes chaussettes...
Si tu as déjà mangé des sandwich chez 'Steinhoff'...
Si pour toi il commence à faire chaud à partir de 15°C...
Si tu as déjà allumé ton chauffage au mois de mai...
ALORS TU VIENS DE CE MERVEILLEUX DEPARTEMENT QU'ON APPELLE LA MOSELLE

Pas de fierté mal placée (à quel titre?). Rien que de l'affect, de l'affection pour ce qui constitue une partie de notre vie commune, en bons ou mauvais Mosellans que nous sommes ...
"We are what we are; that's the way it's going to be". Bien dit, Bob, comme quoi on peut parler du Platt et garder un oeil sur la Jamaïque. Particulier et universel, unissez-vous dans un prochain billet.

D'ici là, un petit détour du côté de la Tartan Army et l'hymne sportif de l'Ecosse: "Flower of Scotland", composé par les Corries dans les années 60 en l'honneur d'un temps ou le Picte avait bouté l'Anglois hors de ses terres ... à vous arracher les larmes et les tripes

Image ou texte alternatif



... bouté à tort, à raison? On s'en fout: le coeur est là, les larmes chaudes coulent pour réchauffer les coeurs et le gamin se sent proche des siens lorsque la pinte remue au gré des strophes collectives. Que des impressions, et au diable la géopologique moralinante dans ces circonstances. Irénistes et diplomates cadavériques: même combat. On ne pleure pas pour Marianne, que je sache. On pissa du sang par régiments entiers envoyés au casse-pipe. Qui sont les barbares, chers frères romans? Le voyou qui frappe et défend ses potos? L'iréniste qui aime l'humanité pour mieux se dispenser de serrer la main à son voisin? Ach Gott, laissons cela pour plus tard.

Ma Lorraine est gre-nat, et elle le res-te-ra! Dans mon coeur, et c'est bien suffisant tant qu'il marche.


F&H

Cochonnerie première

Posté le 16.01.2008 par schangels
Ceci est un philosophe.
Provocation?
Non. Anglophilie.

Si l'on en croit Quine et les amateurs de philosophie première (dont le premier n'était vraiment pas), la philosophie est en quête permanente de vérité et ne cesse de la chasser ... donc le philosophie chasse la vérité. Or vérité = "truth", pour le philosophe anglophone; donc le philosophe chasse la "truth". Donc le philosophe est un chasseur de truths ... le philosophe est un cochon.
Tiré par les cheveux? Certes: le philosophe tel que Quine l'envisageait chassait davantage le concept de vérité que des vérités sonnantes et trébuchantes; pragmatisme et montée sémantique obligent.
A noter que le cochon cache une véritable intelligence derrière une image faussée de gros dégueulasse sans éducation. Sorte de reflet miroir du citadin bien trop urbain pour être vrai. Comprenne qui voudra, si besoin est.

Braves bêtes, va. Et très bonnes en palette à la diable, qui plus est. Je parle des cochons, ici.
Je profite de l'occasion pour déposer la trace d'un groupe pour le moins marquant de ma fin d'adolescence: les Pink Floyd, pour un bon morceau animalier sur les "Pigs on the Wing". De bon ton, en la circonstance:

Image ou texte alternatif



Cochon qui rit, des on-dit s'en dédit. Philosophe, pour le moins!


F&H
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus