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Nom du blog :
schangels
Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
25.12.2007
Dernière mise à jour :
03.07.2008
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divers

All you love is need?

Posté le 15.01.2008 par schangels
"All you need is love", ont dit les Beatles.
Certes, mais pourquoi et comment? C'est une bonne habitude philosophique que de jouer avec les chiasmes pour attirer le lecteur hésitant; pour le meilleur et pour le pire. Je crois que la procédure s'impose ici, et pour de bonnes raisons liées à un sujet sacré. Commençons par de la musique: du Beatles, mais un autre morceau que celui indiqué ci-dessous (trop entendu, trop connu). Un bon "Dear Prudence", plutôt, de la période expérimentale du "White Album" qui m'a laissé les meilleurs impressions sur ce groupe jusqu'à présent:

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Ce n'est pas là un problème de philosophie répertorié officiellement sur ce blog, bien qu'il mérite notre détour à tous et plutôt deux fois qu'une: l'amour, sans majuscule mais sans tomber pour autant dans une basse affaire (ou une affaire basse, géographiquement parlant) de capotes usées.
Qu'est-ce que l'amour, ou qu'est-ce qui nous incite à ressentir cet "état mental"? Les termes sont mal choisis mais les effets ne sont pas moins étranges. Pour savoir ce qui distingue l'état amoureux de l'état d'excitation physiologique strictement réductible à un problème de production avancée de testostérone, je m'aventurerais à dire ceci:
L'amour est l'état mental dans lequel on ressent le besoin de quelqu'un d'autre, sous-entendu: où l'on ne se suffit plus à soi-même.
Le misanthrope flirte souvent avec le narcissique, puisqu'il se suffit à lui-même et partage une formidable aventure réflexive avec un moi aussi intérieur qu'extérieur. Non pas qu'il faille toujours en revenir à des classiques de philo pour comprendre la vie, et j'en sais quelque chose (c'est-à-dire peu): mais je retiendrai un passage du Banquet de Platon, dans lequel Socrate propose comme définition de l'amour le désir de ce que l'on n'a pas.

Désir: le mot est lâché. Cela veut-il dire que l'amour n'est rien d'autre qu'une forme exacerbée de désir? Car on ne désire pas un homme ou une femme comme on désire un Paris-Brest en période d'hypoglycémie, mais plus ou mieux encore.
Petite pause analytique.
Hypothèse 1: soit l'amour implique le désir sans lui être équivalent, et l'on dira que le second est une condition nécessaire mais non suffisante du premier:
(amour => désir) dans tous les cas, mais pas (désir => amour) dans tous les cas
Hypothèse 2: l'amour équivaut au désir, auquel cas le second est nécessaire et suffisant pour le premier:
(amour => désir) & (désir => amour), donc (amour = désir)
C'est l'hypothèse 1 à laquelle la majorité semble se conformer, par opposition aux casanovas ou don juans qui, pour leur part (la bonne), s'accrochent au wagon numéro 2 et ne voient rien d'autre dans l'amour qu'une affaire de désir.
Arrêtons-nous sur ces deux types de personnage, que l'on caricature en chauds lapins parce qu'ils ne réduisent pas le désir au simple état de condition de départ de l'amour. Le départ et la fin, bien plutôt. Fussent-ils à plaindre ou à envier dans leur approche des choses, toujours est-il qu'ils témoignent d'une parfaite cohérence dans leur comportement de supposés salauds en manque de probité. Objection, monsieur le commandeur pétrifié: pourquoi s'attacher à la promise une fois qu'elle a prêté serment, et comment l'amour ne s'effacerait-il pas après coup(s) s'il n'est et n'était rien d'autre que le désir alors consumé? Rien que de très logique chez ces messieurs volages et plus que cela, dès lors que l'amour ne réside pas dans la cible du tireur à l'arc mais dans la trajectoire de la flèche. Sans aucun mauvais jeu de mots ci-contre, d'autant plus que la métaphore du tir sera reprise pour expliquer autre chose dans un autre billet. Conclusion toute provisoire du marquis de Sade: si amour = désir, le second est non seulement nécesssaire mais suffisant pour avoir le premier.

Résultat des courses? Si l'amour n'existe plus lorsque le désir est consumé, puisqu'il est une forme de désir et rien de plus alors, autant dire que le sexe est ce qui permet au couple de perdurer plus que d'apparaître. A moins que le conjoint se découvre des talents de cuisinier, confident, homme de ménage ou réparateur de câble TV, mais la raison est plutôt légère. L'hypothèse est intéressante ici, puisqu'une certaine opinion commune pencherait plutôt à dire que le sexe provoque ou stimule l'amour mais ne fait que le précéder. ''Au commencement était la paire de fesses ou le petit cul moulé dans le jeans; puis vint l'amour véritable, ou chacun apprit à se connaître de l'intérieur''. Il se peut que la connaissance des tripes de l'Autre majuscule ne soit en vérité qu'une minuscule excuse pour dissimuler à sa conscience de fausses raisons de maintenir un couple sur une fine pellicule de glace. Il y a peut-être ici sophisme sous roche (auquel peuvent s'accrocher les moules, notez encore), puisque l'amour peut être une forme de désir sans être d'ordre sexuel. Et puisque deux désirs d'ordre différent peuvent ne pas être équivalents et, donc, ne pas être satisfaits simultanément, assimiler amour et désir ne fait pas du premier une simple affaire de baise. Que l'on doive désirer en amour pourrait s'expliquer par des motifs plus cérébraux, et c'est tant mieux pour les retraités que la nature laisse finalement taris.
La dernière solution et la plus rassurante, le choix de l'hypothèse 1, consisterait à croire que l'amour a besoin du désir comme catalyseur avant de s'envoler vers des sphères plus intelligibles, entendez: vers une relation moins matérielle et plus propice à l'osmose. Hormis des questions de convention sociale, de qu'en dira-t-on de mon galon, de phobie de la solitude ou de descendance à perpétuer dans les règles de l'art, on en serait à se demander ce qui distingue l'être aimé de l'ami fidèle ... sinon une paire de fesses ou un petit cul moulé dans le jeans. Retour à la case départ, si l'amour ne se conserve que par ce qui le cause tout d'abord tout en se faisant oublier ensuite. Soi-disant.
Amour, désir, peur d'être seul, envie de bonnes fins de mois ... osmose, découverte de sa moitié manquante, complémentarité d'egos incomplets ... besoin d'avoir besoin, envie d'avoir envie. Mieux vaut s'arrêter avant de revenir à Peter à Sloane. Mais la pierre est jetée dans vos faces et je vous invite à me la relancer. Car le jeu en vaut plutôt la chandelle s'il permet finalement de jeter Casanova aux oubliettes ou de le célébrer en visionnaire lucide.

Je me retrouve totalement dans cette définition toute provisoire: l'amour est doublement indissociable du malheur parce qu'il suscite le besoin d'être avec la personne aimée et qu'il nous révèle ce que nous ne pouvons offrir à nous-mêmes. Contorsionnistes inclus, même si la précision est inutile puisqu'il n'y a rien de sexuel dans tout ceci; simplement l'idée selon laquelle l'amour est un état idéal dans lequel deux personnes se complètent et s'apportent mutuellement ce dont l'autre a besoin. "Besoin de rien, envie de toi"? Contradiction dans les termes, chers Peter et Sloane. (Dieu vous garde, et nous préserve de vous rendre).
Moralité: chercher l'"âme soeur" prend tout son sens s'il signifie par là la partie complémentaire, supposée essentielle et indispensable afin de trouver un équilibre, une harmonie. Ne tombons pas dans l'ambiance zen à deux centimes d'euros pour autant: je parle d'harmonie pour celui ou celle qui, victime de ce sentiment d'insuffisance que je caractérise par l'amour, trouve une solution dans ce qui lui pose problème. La cristallisation n'est qu'un autre de ces phénomènes paradoxaux dans lesquels on se voit chercher ce qui risque de causer notre perte.
J'ai d'autant plus de compétence pour parler de ce sujet que je suis célibataire, pourriez-vous me dire si le fiel coule en vous comme la bière à Mutzig une fois de l'an. Mais je crois me retrouver assez bien dans cette interprétation de l'amour, s'il signifie à la fois le besoin d'un autre et la nécessité de vivre avec pour satisfaire un besoin inassouvi. Je ne parle toujours pas de sexe, ici, mais d'un besoin assez étrange qui me semble difficile à cerner. De quoi a-t-on besoin au juste chez cet autre, entre une paire de ce que vous voudrez (formule valable pour les deux sexes, notez bien) et une simple compagnie susceptible de briser le risque de monotonie suicidaire?
Grosse question pour une affaire bien courante.

En hommage à toutes celles qui n'ont pas encore trouvé le Leur(re) et cherchent toujours leur prince sans savoir au juste pourquoi ni comment ni où, je préfère laisser la place au spécialiste des embarras du coeur, j'ai nommé Monsieur Elie. Et merci pour Elles:

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On n'a qu'une vie, peut-être; il n'y a pas qu'une seule ligne droite à suivre, sans doute; on ne sait pas laquelle est la bonne, c'est certain. On n'est pas sortis de l'auberge, donc. Et c'est tant mieux.


F&H



--

Coup de pub au Goulu nancéien

Posté le 05.01.2008 par schangels
Il y a ceux qui mangent pour vivre, et ceux qui vivent pour manger. J'avoue me situer bien plus dans la première catégorie, contrairement au personnage qui suit ...
Petite escapade vers un homme au fourneau, j'ai nommé Pom Pom Pidou: cet énergumène sarcastique a pris pour principe de railler ma mosellanité ... si tant est que cette appellation administrative ait vraiment un sens. Disons plutôt que c'est le sud qui se moque du nord, le feu contre la glace, la guimauve contre la frangipane, le plomb contre le Stahl et ... jeux d'un grand enfant qui ne cassent pas trois pattes à un canard mais parfois mes couilles, lorsque le café crème du matin sent le Saint Marc de percolateur mal nettoyé.
Plus sérieusement, Pidou (je ne divulguerai pas son appellation officielle sans autorisation expresse de sa part) est un joyeux luron à la fourchette plus rapide que son ombre (pas difficile, en même temps) et au décapsulage de Coca Light aussi discret que devait l'être un déplacement de prince Stanislas sur parquet craquelant.
Notre ingénieur en chef a donc décidé de se lancer, lui aussi, dans les confessions de blogueur mais sur un tout autre sujet que les miens: la cuisine, la ripaille, la bonne bouffe ... associez-y l'ami Meintz et son oenologie spirituelle (cf. "Coup de pub à Le Baron"), vous trouverez de quoi organiser des soirées pour le moins raffinées et odorantes. J'en veux pour preuve une excellente soirée vins&fromages dont il fut récemment l'un des protagonistes; le parquet de notre Khmer non-rouge local doit s'en souvenir encore.
Moselle ou Meurthe et Moselle, jazz ou électro-punk, peinture ou ratures, bobo ou beauf? Ne choisissez pas, prenez donc les deux.
Ci-jointe l'adresse toute indiquée pour les papilles:

http://20six.fr/onsfaitunebouffe/

Aurai-je le droit un jour d'afficher la photo rebelle (Bernie lycéen) de l'intéressé sur ce billet? J'attendrai son autorisation expresse, une fois encore.
Salutation distincte, de la part d'un "beauf grenat".
"Ma Lo-rrai-n'est Gre-nat ... et ell-e res-te-ra"

En l'honneur de notre grand amateur de jazz à l'honneur, je ne peux terminer ici que sur quelques notes musicales que le traumatisé des années 80 saura apprécier. En commençant par le grand jet-setter laqué (façon J-L David) Sandy Marton, piano-guitariste injustement oublié de nos jours et qui a dû faire le bonheur auditif des golden boys de son adolescence abhorée. Rien que pour toi, Pidou. Savoure ...

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On terminera par une note plus personnelle, cela dit. Avec mon cher Jimmy Sommerville dont, petit à petit (c'est le mot), j'ai appris à apprécier la voix et le pas de danse. Le meilleur de Jimmy sera pour plus tard toutefois, dans un de mes crochets nostalgiques. On se contentera pour ainsi dire de ce superbe "Tomorrow":

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Le fait est que Pidou n'a vu dans les années 80 que frime, fric et insignifiance; je n'y ai vu que bon samples, bonne humeur et bonnes rythmiques primitives (rien de péjoratif dans ce qualificatif: j'aime le minimalisme et j'y reviendra dans un futur billet). Question de madeleines, périmées pour lui et délicieuses pour moi. La différence d'âge expliquant ceci, les sarcasmes n'empêchant pas cela. Et peut-être me ferais-je comprendre un jour ...
En attendant: "à table!"


F&H

Barbarismes

Posté le 04.01.2008 par schangels
Hobbes comme Sartre entre deux feuilles de chou (cf. "Après BHL, Pierre Desproges") n'ont cessé d'affirmer à leur façon cette vérité sociale, à défaut d'être nécessaire: l'enfer, c'est l'autre. Et l'autre, c'est le barbare ou celui qui ne partage pas nos propres pensées.
Frege comme Wittgenstein s'en retourneraient dans leurs tombeaux gavés d'épitaphes: l'autre est-il si différent, donc si dangereux de moi et indisposé à améliorer mon propre sort ici-bas?
C'est que l'on a toujours l'impression de perdre une partie de soi avec l'autre, et ce sentiment d'annexion partielle vaut autant pour les individus en rut que pour les peuples en lutte.
Tout ceci pour en arriver à cette scène grandiose: la rencontre entre la Rome civilisée et la Germanie barbare, refusant de laisser ses forêts aux mano de la plus puissante civilisation de l'époque (la scène se passe en 167 après Jean-Claude sous le règne de l'empereur-philosophe, Marc-Aurèle). Pétrifié alors sur mon strapontin quand le simple chef de tribu Germain s'en vint narguer Rome du haut de son rocher en guise de promontoire, tête de messager infortuné en main, j'étais en compagnie de deux poulettes dont une à forte, très forte poitrine (mais étonnamment cucul la praline pour son âge physique) et une autre indifférente à la scène mystifiante. J'ai frissonné d'admiration désemparée, à l'idée qu'un ou deux de mes chromosomes puisse venir de ces barbus du Nord ...

Action en VO, malheureusement (on ne peut dissocier nos sentiments de la Muttersprache qui les exprime):

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L'ordre contre le désordre, l'intelligence contre l'ignorance, le feu contre la glace ... "Le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie", a dit l'anthropologue Lévi-Strauss. Pas convaincu que ce genre d'appel à la tolérance serve jamais de guide dans nos actions, mais admettons: la tolérance a cela de confortable lorsqu'elle n'engage en rien le lecteur de salon.

Je ne peux résister à la tentation d'une autre lutte mortifère pour des idées communes:

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AOUUUUHHHHHH!!!
Une question de testostérone, rien de plus? Histoire de charrue et de boeufs inversés, comme toujours. Epoque révolue d'un temps où l'individu avait quelque chose à défendre. Pas facile de rêver encore, lorsque le sacré a rendu l'âme et souffert d'un traumatisme technologique à échelle continentale.
Pas glorieux d'assumer cette ère du vide où tout nous est ouvert, surtout le ridicule. Assumons la fin des grandes illusions dans nos sages petites vies ... attendons.


F&H

Billet sur l'Humeur

Posté le 04.01.2008 par schangels
La réponse à venir de Jago à ma contre-attaque contre les Forces Exclusives (pour ceux qui sont déjà largués, cf. "Truthmakers II: l'Attaque du Clone") m'a laissé songeur: pas en ce qui concerne le contenu de sa réponse, mais concernant le jeu d'objections-réponses-et-contre-objections auxquels se livrent sans cesse les ouailles de la communauté philosophique.
Pourquoi fait-on de la philosophie; je veux dire: pour quoi? On parle parfois de la recherche idéale d'une sorte de concorde intersubjective, point utopique revendiqué par Peirce et qu'on appelle plus simplement l'accord parfait. Ce point n'existe pas, dit-on, et tant mieux pour le commerce des éditeurs. Mais quand bien même: est-ce bien la concorde que les jouteurs de concepts recherchent avant tout et derrière eux?
Mais il s'agit souvent et sans doute de faire de l'épate en société, de pointer le cursus au tout-venant et draguer avec son bac+l'âge de mon grand-père sur des airs de "une bibliographie grosse et longue comme tu les aimes, bébé".
Il y a ceux qui vivent comme ils pensent, ceux qui pensent comme ils vivent ... et il y a tous les autres dont je suis, à l'exception d'aucun.

Laissons-nous bercer un instant par l'évocation d'une douce harmonie universelle:

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Pour d'autres plus sceptiques et, donc, plus corrosifs, qui dit philosophie dit avant dit logomachie; car "débat" rime avec aussi bien avec "ébats" que "combat", ne l'oublions pas.
Ne doutons pas non plus que, derrière la carapace de chaque débatteur à la mine contrôlée et aux lèvres pincées, se dissimule tant bien que mal un torrent d'insultes potentielles: qui n'a pas eu en face de lui un contradicteur devenu point de mire en l'espace de quelques secondes? La question est posée, et je doute bien que les réponses ne fuseront pas. Défense du capital social oblige.

Concluons en queue de poison avec cette toute autre image de la philosophie comme logomachie; précisant toutefois que la réflexion ne permet jamais à la colère bouillonnante de prendre par trop le dessus sur ses idées froides, au risque de tomber dans le ridicule (dédicace à tous les Thrasymaque de la Terre, ceux à qui la toge "costard-cravate" de rigueur peut servir de cache-misère universitaire). On en sort grandi, et c'est tant mieux. Ouvrons quelque peu les vannes, malgré tout:

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Soyons franc: la symptôme typique du causeur frustré n'est pas tant d'avoir tort que de confondre sans cesse "avoir tort" et "subir un tort". Une question d'interprétation des intentions d'autrui, toujours et encore.
Qui nous entoure: anges, ou démons?
"Ni l'un ni l'autre, mon colonel. Pour survivre à la guerre (des mots), il faut devenir la guerre (des mots)."
Merci, Sylvestre.


F&H

Coup de pub à Le Baron

Posté le 04.01.2008 par schangels
On ne plaisante pas, on s'assied et on écoute:
Je me permets d'introduire dans mon blog (manquerait plus que le contraire) une annonce dithyrambique du divin Baron, j'ai nommé François Huppertheim von Tréhémont.
Eminent fonctionnaire de France mais aussi, et surtout, vieux camarade de lycée et de faculté, François le Baron est un disciple pour ou malgré lui du sensualisme de Condillac: tout phénomène est réductible à l'activié fondamentale d'un sens particulier, en l'occurrence le goût. Car l'Ami, que dis-je, le "Grossfreund von Stahlortsmosel" (traduira qui voudra), est grand amateur de vin et a toujours su s'attirer de vieux compères qui n'en pensent pas moins, n'en pansent pas moins et, par conséquent, n'en dépensent pas moins pour la dive amphore.
Je me tais deux minutes et vous laisse le commentaire officiel du fier Baron. Notez bien l'annonce indiquée de l'autre ami Meintz, carrément passé professionnel dans les affaires oenologiques.
Voila qui tombe très bien: l'autre ami Pidou aura bientôt droit à sa dédicace particulière, pour un blog qu'il a créé tout juste hier et concerne la bonne bouffe.
Baron + Pidou = l'addition, s'il vous plaît?!

Place soit donc faite au Baron, dont le commentaire peut être aperçu ci-contre mais qui méritait un médaillon grandeur nature:


"Cher Fabien, tout d'abord merci et bravo pour ton blog. Un blog qu'il est bien pour le lire et l'écouter!!!
Cependant un thème reste trop peu exploité à mon goût... Le pif (pas le chien brun et jaune qui a bercé notre enfance) mais la divine boisson issue du pressage et de la fermentation du raisin (remarquez au passage la similitude du mot "raisin" avec le mot "raison"; étonnant non...).
En effet, si la voiture a besoin d'essence pour se mouvoir, il est fort connu (confère les bringues monumentales de Socrate qui n'hésitait à payer de sa personne pour terminer les barriques de vin qui avaient eu raison depuis longtemps de ses camarades de logos) que le philosophe tire sa verve sans fond (pas de contrepèterie ici...désolé) de l'absorption du divin nectar (hein Fabien? j'ai dit du vin, pas du pastis...)
C'est pourquoi, et avec la permission du taulier, je me permets de faire de la pub pour un ami à moi : Monsieur Stéphane MEINTZER. Le brave homme a eu l'idée lumineuse de se lancer dans le commerce du vin. J'invite donc les visiteurs de ce blog à rendre une petite visite sur le site suivant :

http://stores.ebay.fr/Ame-du-Vin

Fin de la pub.Merci.
Et si le philosophe se sert du vin, le matheux se servait en veinard de son pi pour l'appliquer au cas du rond (là, y'en a...)
Avis aux amateurs: le service public diffuse dimanche soir "Les tontons flingueurs"
Au plaisir Fabien
Le Baron."


La lettre et l'esprit ... voila qui est dit!
Dédicace pour ta pomme (du Calvados, je présume), toi le Baron qui écuma les bars(Be-Q) de blues et essuya quelques défaites nécessaires pour mieux apprécier ta victoire présente: le p'tit Louis et ta blonde Latiatia.
En attendant que la descendance se brûle les tympans avec Feu Steve Ray Vaughan (qui apparaît dans un des clips ci-dessus, cherchez bien), ci-joint un intervalle admiratif pour un groupe que je cherchais à caser ici depuis le début. A tous ceux qui, comme moi, ont un faible pour les semelles de vent et souhaitent voir ailleurs s'ils y sont, i.e. voir ce qu'ils sont encore lorsqu'ils y sont (je me comprends):

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Et parce que Lynyrd Skynyrd fonctionne comme les témoins de Jeovah, un dernier et sublime hommage au ciel bleu de leur Alabama natal.

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Parce que, oui, on peut avoir les semelles crottées de son sol natal et pleines d'appels au vent. La contradiction n'existe là que pour les pseudo-universalistes bas du front et donneurs de leçons.
Et puis non: parce que jamais deux sans trois, finissons par un hymne à l'existence faite de conseils bien sentis et bienveillants. On vous aime, les mamans, sans le dire trop souvent (because effet anti-performatif au tournant, cf. Problème Philosophique n°5):

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Gros racistes sudistes, les dit-on? On ne peut pas être foncièrement mauvais lorsque l'on produit ce genre de nectar ... respect.


F&H




Hérésie!

Posté le 02.01.2008 par schangels
Quand ''expérimentation chimique'' rime avec ''pathétique'': j'ai appris par une triste inadvertance et sur la toile que l'addition de Coca Cola au Bayley's (''Baileys''? 'Bailey's''?) produit une réaction chimique inattendue: une solidification du liquide divin. De l'avis d'experts en herbe, l'acidité du laxatif yankee aurait pour effet de cailler la crème du Bayley's; ceci expliquant cela ...
Mais quel cerveau détraqué a pu avoir l'idée sombre de gâcher un alcool aussi précieux? Un chimiste inconscient? Te mettrait du Biactol dans son Pschitt Fanta, moi ... Un Américain, sans doute, lesquels vont parfois jusqu'à mélanger de grands vins à des jus de fruit dans leurs restaurants. Une bande de barbares, pis c'est tout.
Je dirai même plus: hérétiques ...

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... malheureux perpétreurs (?!) du péché de bouche:

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Voila qui m'aura permis de placer à la fois un billet de mauvaise humeur et deux de mes banderilles préférées made in Nine Inch Nails: ''Heresy'', et ''Sin''.
Il fallait qu'un tel désastre soit dit, et entendu.

Pour plus de renseignements sur ce brevage infâme et réputé dangereux:
http://www.spacetim.com/cocktails/liste_eviter.html
mais que des étudiants chimistes dédramatisent par ailleurs:
http://forums.futura-sciences.com/thread130840.html


F&H

Soyons marxistes (tendance Groucho): pour une réSolution permanente

Posté le 31.12.2007 par schangels
A tous ceux pour qui le réveillon n'est qu'une gigantesque mascarade synonyme de dictature de la bonne humeur, de déclarations de voeux insignifiants, de petits fours indigestes et de champagne acidifié qui reste sur l'estomac tout le mois de janvier: je dirais qu'ils sont pris du syndrôme Collier de Barbe, extrêmement dangereux parce que fourbe et souvent dissimulé derrière de bons sentiments mortifères. Je m'explique par quelques symptômes susceptibles de révéler ce mal, lequel a largement rongé l'hexagone et depuis longtemps déjà. Si tu es prof de français altermondialiste du secondaire, militant du SGEN-PUF, amateur de Gitanes maïs tous les 8 heures moins 10 du matin avant le premier cours des 4e techno et opposant absolu de la "télévision-boîte à cons" (hormis Arte et la Cinq entre 15 et 18h le dimanche), prends garde à toi ... et va te raser plutôt que de raser les autres de ta moraline à l'odeur de sueur de dessous de bras. C'est l'ancien pion de collège qui parle, ici. Et si par malheur tu avais une bonne raison de nous imposer ta tristesse de circonstance, alors viens parler peu mais bien sur ce blog ou tais-toi à jamais, parce que le temps presse pour tout le monde ...

Message à tous ceux qui se cachent derrière ces arguments de rabat-joie castrateur, les soirs de réjouissances officielles: arrêtez donc de bouder le plaisir des autres et de prendre le parti inverse d'une fête dont vous rêveriez de jouir au tréfonds de vous-mêmes. Sans quoi vous ne prendriez pas autant de soin à en déconstruire le caractère mercantile à tout bout de champ. En vérité je vous le dis: trop coincés vous êtes et trop peu vous assumez votre pauvre condition bien en dessous de vos aspirations débordantes de perfectibilité et d'amour du prochain qui ne se pointe toujours pas tel que vous le voudriez ... toutes ces frustrations qui vous bouffent de l'intérieur, vous vous ingéniez à le cacher par une mauvaise foi d'élitiste bouché du sphincter. J'en ai fini avec mon analyse phénoménologique. Parenthèse: (Je conseille à ce propos l'analyse par Sartre de la logique de l'antisémitisme français, dans ses "Réflexions sur la question juive" qui stupéfient par leur subtilité et précision dans les répliques et contre-répliques de l'anti-déiciste. Parenthèse fermée)

Pour tous les autres qui aiment l'impro et savent faire preuve de suffisamment d'humilité pour dévoiler leur côté paillard les soirs de ripaille: n'oubliez pas pour autant que la Saint Sylvestre est avant tout la fête des commerçants, et que chaque jour que le Logos fait peut être le prétexte à une grosse mascarade improvisée. Pour que chaque jour soit une fête en puissance, haut les coeurs! Et bons éclatements de la rate à vous tous, pour cette nouvelle année haute en tensions géostragétiques. Pas grave, Israël a appris à se protéger. Pas vrai, les rabbins?!

Allez, musique: COIN COIIIIIINNNNN!!!!

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C'est lourd? Certes, mais c'est bon lorsque pris avec modération et 13e degré. Avertissement: aucun animal n'a été maltraité dans ce clip, sinon quelque peu bousculé par un faux amateur du Talmud

Pour ceux que les sons électroniques house attirent davantage, rien de mieux que de fêter une nouvelle boucherie de 365 jours par ce morceau dynamisant de Vitalic:

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Et bonne digestion pour qui a su en profiter!

F&H
2007 ... 8, ça suffit.

Ne riez pas, c'est un clown

Posté le 30.12.2007 par schangels
(Photo: oncle Peppo a besoin de toi)

Suite à la suggestion appréciable d'un internaute (Cédric, pour ne pas le nommer), ci-jointe l'adresse d'un groupement militant de clowns à poil dur connu sous le nom rassurant de C.R.S. (Clown à Responsabilités Sociales):

http://clownscrs.com/index.php?rub=2

Lisez donc la charte de ces fabuleux illusionnistes bien plus vrais que nature (ils trichent sur l'apparence de leur visage, pas sur le reste), où il est clairement expliqué que le clown ne se veut pas drôle mais apparaît tel qu'il est. Comme quoi la thématique récurrente de l'opposition être/apparaître et le problème de l'oubli de l'être montrent à quel point les clowns et Heidegger trahissent des inquiétudes similaires ... à la différence philosophique près que les clowns jouent des apparences pour mieux nous rappeler au souvenir, bon ou mauvais, de ce que nous sommes.
Autre question autrement subversive: pas mal de photos étalées sur ce site montrent les clowns associés au mouvement anti-CPE de l'année dernière. Alors: le clown est-il socialiste? C'est vrai qu'ils doivent trouver de qui s'inspirer avec Olivier Montebourg, autre clown bien malgré lui ...
Un grand merci à Cédric pour ce document estimable; lequel Cédric a trouvé par ailleurs l'auteur de la première citation (sur la contestation et le capital).
J'attends de recevoir son gage; en attendant de diffuser le portrait de l'heureux devineur, que les autres ne cessent pas de chercher la réponse!!!

F&H

Heidegger et les clowns

Posté le 27.12.2007 par schangels
Refermons la page de cette journée sur une note de poésie: une douceur d'écorché vif qui rappelle que nous sommes déjà condamnés et qu'il est bon d'en rire gravement. Buvons l'amertume et tirons-en le meilleur; ou devenons comptable.
Pour schématiser: "Le clown, c'est la conscience angoissée de notre condition d'être-pour-la-mort".
Cette formule aurait pu être de Heidegger, du moins aurait-il pu la cogiter du fond de son Bade Würtemberg. Les clowns m'ont toujours fait peur parce qu'ils manifestent ce qu'il y a de plus inquiétant dans les personnages pour enfants: côté projecteurs, leur sourire rassure et embellit le quotidien; côté coulisses, leur regard annonce la tragédie burlesque d'une vie souvent condamnée à être merdique et désorientée. Ils rient jaune de nos existences construites sur des jeux d'apparences, et nous les payons pour ça. Les clowns ont encore trop de coeur pour se contenter de faire de la vie une simple affaire de style; après tout, pourquoi seraient-ils tristes s'ils savaient se moquer de tout et surtout d'eux-mêmes? Ils ont de la morale et sont contaminés par la tristesse qui les entoure. Ils jouent avec les apparences mais le payent en retour une fois les projecteurs éteints.
Voilà comment je vois le clown: un moraliste excessivement conscient du malheur qui l'entoure et chargé d'y remédier tant bien que mal, voire bien malgré lui.
Allez, en piste les amuseurs désabusés ...

Deux images possibles du clown:
- le clown excessif, qui tente en vain d'échapper à son malheur (Les Béruriers Noirs, ''Deux Clowns")

Image ou texte alternatif



"Ricco était un clown ... qui faisait rire les enfants ... pourquoi donc un matin il a joué un peu trop loin?"

- le clown mélancolique, celui qui s'est fait une raison et accepte le jeu de dupe (Mirwais, ''Naïve Song'')

Image ou texte alternatif



Et bonne nuit, les înfînts!!!

F&MH

Bip, Bip!!! Rions un peu, en attendant

Posté le 26.12.2007 par schangels
Un chef d'oeuvre du cartoon absurde et bourré d'idées, donc monstrueusement drôle.
Bonne tranche:

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