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schangels
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Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
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25.12.2007
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Souviens-toi, le roque dernier ...

Publié le 11/09/2009 à 19:01 par schangels
Souviens-toi, le roque dernier ...
On dit que certains événements bouleversent à eux seuls l'Histoire majuscule du monde et les relations géopolitiques des grosses nations. L'événement du 11 septembre 2001 est de ceux-là, puisque l'on a parlé à tort à travers d'un "avant" et "après" 11 septembre.
La petite histoire dans la Grande, avant de revenir sur la Grande: mon souvenir personnel est celui d'un ex-pion de collège, gâté par le stress d'une tâche assez bien payée pour mon petit trognon de pomme pas exigeant et moins harassante que la plonge façon MacDo, mais qui a le don de vous bouffer de l'intérieur lorsque l'idée vous vient de viser le travail consciencieux et sans reproche. Nonobstant cette micro-histoire de la condition étudiante en début de 21e siècle, la fin de la permanence approchait et l'aiguille de la 2e heure après le repas non consommé passait au quart qu'un élève externe entrait dans la salle de permanence, la tête hagarde du bizuth spectateur de son premier cyclope féminin ... le temps d'écouter sa version des faits, puis de vérifier que le jeune pouce n'avait pris de stupéfiants avant la reprise des cours. Difficile de croire à son histoire de dingue: deux tours auraient explosé à New York, après une attaque terroriste. Pourtant pas l'heure des séries pétaradantes: l'après-déjeuner est plutôt réservé aux Derrick, Le Renard et autres vieux-métrages dédicacés aux gérontophiles en mal de sensations pour pacemakers.
Puis vint l'annonce officielle de l'événement mondial par les ondes radio ... des images en boucle, toujours les mêmes accompagnées de messianiques "Oh my God" et de tirages de conséquences à l'emporte-pièce par des journalistes toujours absorbés par l'événement. Bandes de pathos vidées de tout logos indépendant ...
Je me souviens aussi et surtout de la violence des propos de quelques collégiennes d'origine maghrébine tendance DJ FLN Kiffe Sa Race inavouée: "bien fait pour leur gueule, à ces bandes de juifs ...". Pas facile pour un blanc-bec collégien de comprendre la logique d'une telle phrase, quand il était question avant tout d'une explosion en terre américaine. Très facile de faire le rapprochement lorsque l'on est pion un tant soit peu averti des tensions géopolitiques entre Occident et Proche-Orient. Juifs = amis des Yankees = collaborateurs de la destruction massive du peuple palestinien. Syllogisme improbable pour des enfants dont la tête absorbante ne croit qu'aux probabilités qui renforcent l'ego collectif. La preuve par le terrain que la haine inter-ethnique n'est pas qu'une affaire de gros skin-heads à DocMartens, mais concerne aussi bien la descendance d'une génération "Touche pas à mon pote" dépositaire d'une amitié perdue entre sémites.

La Grande Histoire n'a pas tardé de reprendre les devants de la scène et de tirer quelques conclusions variables de ce séisme céleste: Huntington avait raison, le clash des civilisations est un fait avéré par l'irruption de la bande à Al Qaïda; ne généralisons pas, car Ben Laden n'est qu'une perversion radicale d'un Coran à lecture variable; l'Occident doit défendre ses valeurs et passer à l'offensive, s'il ne veut pas voir son héritage libéral sapé par un salafisme rampant; la violence serait la pire des réponses, car la violence engendre la violence et tant va à la cruche qu'à la fin elle se casse ... faites vos jeux, rien ne va plus. Néo-conservateurs versus démocrates modérés, faucons enragés versus colombes déplumées ... passons sur l'invasion yankee de 2003 et sa cohorte de conséquences diplomatiques désastreuses, sans parler de la petite histoire enfoncée par le séant de la Grande et qui concerne les affinités prouvées entre les intérêts financiers du clan Bush et les investissements du clan Ben Laden en terre US. Sans parler de la fameuse traque prétendue de Oussama et son collègue à deux roues motorisées, dont on se demande à bon droit ce qui pourrait empêcher une agence secrète renommée de retrouver la trace. Problème d'accès en terre montagneuse escarpée, du côté des collines afghanes truffées de snipers talibans? Soit, concédons.
Viendra peut-être le jour où nos amis les journaleux rangeront leurs mouchoirs et remplaceront la loi des faits (aïe, ça brûle) par l'analyse des raisons (faut pas jouer avec les allumettes). Viendra peut-être le jour où la dictature de l'émotion arrangeante cédera la place à l'explication géopolitique façon Ratzel, celle où chaque événement politique trouve sa raison dans un rapport de force complexe entre de petites nations riches en ressources et de grosses nations obligées de composer pour régner. Viendra peut-être le jour où Palestine ne rimera plus avec moraline. Viendra peut-être le jour où les médias ne joueront plus avec l'opinion publique comme avec un bilboquet dont tout l'art consister à renvoyer la boule dans son trou d'origine.

En attendant ce jour impossible où le "peuple" ne sera plus et laissera place à une armée d'individus conscients de leur tout petit rôle sur Terre, reste à savoir si le 11 septembre 2001 est à mettre sur le même rang que les autres dates phénoménales de l'Histoire du Monde: 473 après Jean-Claude, 1492, 1789 ... une première pour qui croyait la terre du Rêve Américain inviolable et presque sacrée. Le résultat d'une politique de gendarme du monde dont les effets devaient bien se faire sentir tôt ou tard, d'autant plus lorsque la cohorte adverse croit semble-t-il à une histoire de milliers de vierges promises après trépas salutaire. Difficile dans ces conditions de résister, d'autant plus lorsque la soi-disant Nation Arabe n'a pas les moyens d'offrir à sa population une éducation minimale digne de ce nom. Et d'autant plus lorsque l'armée américaine occupe des pays étrangers depuis l'opération "Tempête du Désert", soit une petite vingtaine d'années qui a de quoi toucher l'orgueil de civilisés pluri-millénaires.
En attendant mieux ailleurs, rions de cette anarchie organisée et rendons grâce séculaire à ce bon gros Dieudonné jamais avare de bons mots qui tachent. Dédicace à un sketch mémorable, en rapport à la "Fine Equipe du 11" partie pour corriger l'Amérique impie et envahir tous les zappings du monde:

Vidéo Youtube



Peu importe les grosses ficelles utilisées à quelques endroits; on retiendra le ton qui fait la musique et l'art de tourner un cas de 1er degré au 12e ... pour qui le veut, du moins. On dit de l'artiste qu'il vaut ce qu'il veut dire; on pourra dire également qu'il peut valoir ce qu'il aurait pu vouloir dire. Trouvez votre compte ou pas dans ce jeu de mots douteux pour les uns et savoureux pour les autres. Il n'y a pas meilleur que le Juif pour se moquer de lui-même. Savourons, en attendant d'autres chroniques du monde grave qui passe ...

Cultive ton jardin, Nicolas; et advienne que pourra. Inch' Allah (ou pas).


F&H

Le doigt dans le pot de moutarde extra-forte

Publié le 21/12/2008 à 12:00 par schangels
Le doigt dans le pot de moutarde extra-forte
A l'heure où les soi-disant "comités de vigilance" suscitent bien plus de castrations pathétiques que de saillies drôlatiques, posons-nous toujours et encore une question qui tue plus qu'on ne veut bien le dire: Peut-on rire de tout? Une version plus prosaïque mais plus parlante donnerait l'autre question suivante: faut-il voir le mal partout?

Grande et belle question, souvent posée mais jamais répondue; trop grande sans doute pour qu'on puisse assumer d'ailleurs la conséquence de sa réponse affirmative. Un simple exemple d'hier après-midi me fait dire que jamais plus un sketch de Desproges ne pourrait être accepté sur nos lucarnes très policées, et ce dans les deux sens du terme; Il n'y a bien que le renom et la gloriole posthume de Feu Roger pour défendre encore sa personne face à des paroles que bien peu sauraient accepter aujourd'hui.
Un exemple? Desproges sur Himmler: connu pour ses services de gardien de camps de vacance en Allemagne, avant de partr profiter quelque temps de l'air pur de la Hollande ... "car, après tout, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin". No comment, vous direz-vous au fond de vous. Glissez donc ces paroles dans la bouche d'un Le Pen, et vous obtenez l'ire collective d'associations anti-racistes prêtes à condamner pour de bon le gros méchant borgne pour son ironie complice. A raison? Pas à tort, en tout cas. Mais allons plus loin, je vous prie.

Je n'abrutirai pas "mon" auditoire à coups de tryptique qui tache, du genre: locutoire-illocutoire-perlocutoire, mais il s'agit pourtant bien de cela. La censure infligée à certains propos reposent plus ou moins sur un conflit ambigu entre l'intention d'un locuteur (effet illocutoire d'un acte de discours) et l'effet produit sur l'auditoire (effet perlocutoire). Le problème: savoir si cet effet était voulu ou non par le locuteur. A croire toutefois que ce problème n'en est plus un et que, de nos jours, la politique de censure consiste à condamner selon l'effet perlocutoire seul et indépendamment des intentions préalables. Autant prévenir plutôt que guérir, car des bonnes intentions l'enfer en est pavé. Voilà pour le plaidoyer en faveur de la censure, lequel n'est pas non plus si insensé que cela si l'on part du principe qu'il n'y a jamais de fumée sans feu.
Le sens d'un énoncé dépend-il de l'intention signifiante du locuteur? Question froide et insipide, certes et pardon d'emblée pour le frisson glauque; mais c'est cette question que d'aucuns (autre locution glauque et toute molle pour consorts mal intentionnés de la rhétorique impuissante) feraient bien de se poser et poser plus souvent lorsqu'il s'agit de distribuer les sentences aux compte-flaques.

Ma réponse personnelle, en attendant les vôtres: oui, la signification d'un énoncé dépend du locuteur dans la mesure où elle repose sur les conséquences attendues d'une parole et son effet sur l'auditoire. En d'autres termes bien pragmatistes (dédicace à Charles Sanders Peirce, en passant), la signification n'est pas tant dans le mot lui-même que dans ce que le locuteur attend de ces mots prononcés par la suite. Une parole à but destructeur, belliqueux ou pervers, et la sentence prend son sens à bras le corps pour la mater sous forme de censure.
Reste à distribuer ces sentences en bonne et due forme: on ne pouvait pas reprocher à Desproges d'être antisémite, lui qui ne cessa de jouer sur la corde sensible d'une mauvaise conscience nationale au passé indigeste à tête de Janus, avant d'inverser la donne et transformer sa mauvaise conscience en posture de coupable collectif ad vitam eternam. Ou presque. Traduction: si même l'intention du locuteur ne suffit pas pour admettre une parole bien sentie mais mal perçue par certains auditeurs susceptibles d'en être blessés, où commence et où s'arrête la censure. Un terme trop lourd de préjugés péjoratifs pour mériter sa place ici, cela dit; parlons plutôt de "correction publique", au sens où une parole publique est soumise à l'appréciation de l'établissement public qui les diffuse (télé et radio incluses). Où s'arrête et où commence la responsabilité privée des paroles d'une personne, et pourquoi telle parole doit prendre en compte l'ensemble des réactions possibles d'une communauté de locuteurs avant d'être autorisée? Certains passe-droits riment à l'inverse avec d'autres pisse-vinaigres transformés en bourreaux médiatiques ou numériques, pour le coup; un minimum d'à-propos ou de modération dans le goût du sang séché devrait ramener à la raison et limiter quelque peu les mauvaise intentions prêtées à certains comiques en quête d'inspection de nos travers ou tabous inaperçus. Mieux vaut parfois choquer par les mots avant de déraper par les actes, n'est-il pas? Une "bonne" insulte grasse et douteuse vaut parfois mieux pour soulager les rancoeurs personnelles et éviter ce fameux passage à l'acte que telle loi Gayssot prétendait éliminer par un polissage des consciences et un flicage des paroles. Freud n'en disait pas moins, lorsqu'il voyait dans les pensées meurtrières un moyen naturel de défouler des pulsions douteuses. Mais "j'ai pas tout lu Freud", non plus ...
La lettre avant l'esprit? A l'image de nos quinze dernières années publiques, marquées par le sceau de la mauvaise conscience et de la peur de froisser.

Mais le problème n'est pas encore résolu: les conséquences d'une parole sont-elles déterminées par le locuteur, ou par l'auditeur? Pour faire bref et synthétique, la signification d'un énoncé peut être vue d'au moins quatre façons mêlées:
- apect locutoire: la signification d'une formule (mot, énoncé, expression, etc.) est fixée par le langage public, elle est la même pour tous;
- aspect illocutoire 1: il faut savoir lire entre les lignes, et la signification d'une formule dépend parfois des sous-entendus introduits par un contexte de discours;
- aspect illocutoire 2 (le retour): non seulement il faut lire entre les lignes, mais il faut savoir deviner l'intention du locuteur parmi plusieurs envisageables;
- aspect perlocutoire: la signification d'une formule dépend de sa réception par les interlocuteurs, quelle que soit l'intention initiale du locuteur.

La censure silencieuse qui police notre opinion publique depuis quelque quinzaine d'années semble imposer à l'insu des autres la quatrième position: loin de laisser la responsabilité des paroles à son auteur et de laisser le jugement des formules lourdes de sens (= de conséquences, sous-entendus ou "implicatures", dixit les disciples du linguiste Grice) à l'appréciation de spectateurs adultes et responsables, elle décide ce qu'il faut dire ou ne pas dire pour le plus grand "bien" de tous. Entendez par là: selon ce qui garantit au mieux la concorde sociale. "D'aucuns" appelleraient cela du "paternalisme", mais n'est pas responsable qui veut ou peut. Bon sang, mais c'est bien sûr ...
C'est là que le bât blesse, aussi et toutefois: à croire que cette fameuse opinion publique, mallaxée par je-ne-sais quel martinet invisible collé au-dessus de nos fessiers, reçoit ses permissions de railler ou provoquer par des voies qui dépassent nos entendements de simples auditeurs béats devant leurs écrans déjecteurs d'images permanentes. Ceci sera acceptable, cela ne le sera pas; telle personne aura le droit de dire cela, telle autre pas. Et pour quelle(s) raison(s), au juste? Allez savoir (injonction de fortune).

Autre et dernier exemple frappant, qui m'a valu une crise de rire fou prolongé mais a bien moins fait rire d'autres collègues plus marqués par le prétendu amalgame en question que par le décalage des mots et des actes. Le coupable? Les Nuls. Mobile du crime? Un sketch intitulé "Prince Pédé, le héros du goûter", où la confusion s'installe "sournoisement" ou "dangereusement" entre les notions de pédérastie et de pédophilie. Les images, d'abord:

Vidéo Youtube



Vos impressions, ensuite. J'ai donné les miennes, ainsi que d'autres internautes dont vous pourrez apprécier les avis partagés sur la partie Commentaires de l'écran. Faut-il reprocher aux Nuls d'avoir assimilé pédérastie et pédophilie? Je le crois d'autant moins que Bruno Carrette était pédé ... pardon, homosexuel. Que ces notions puissent porter avec elles des connotations scientifiques issues d'une époque où la valse à circuit fermé était passible de prison pour déchéance morale, personne ne le contestera. Mais que chaque parole soit disséquée au point que l'on prête à Chabat & Cie des intentions malheureuses, je dis qu'il ne faut pas pousser mémé dans les orties à quatorze heures. Que reproche-t-on au juste à ce sketch: qu'il fasse un amalgame blessant pour une "communauté" minoritaire et victime de préjugés persistants que la censure publique a pour tâche de corriger via la censure? Réponse qui me paraît aussi disproportionnée que mal intentionnée en retour: comme si chaque mot employé devait prendre en compte l'ensemble des réactions possibles, indépendamment des intentions du locuteur seul. Un peu d'esprit et moins d'esprit de la lettre ne ferait peut-être pas de mal à cette majorité et laisserait respirer quelque peu une sacro-sainte "opinion publique" dont on se demande bien ce qui l'a piquée pour la rendre aussi sensible au moindre couac et irresponsable au moindre pet de travers.
Les Nuls, promoteurs des "casseurs de pédés"? Et vos soeurs, elles battent les beurs? Oups, parole mal intentionnée dépendante de ma volonté et qui pourrait choquer la communauté maghrébine de France ... les communautés: autre source d'aliénation qu'il s'agirait de casser pour de bon, pour le coup. Et mort aux vaches (si ça ne les blesse pas trop, non plus quand même)


F&H

Bit generation

Publié le 18/11/2008 à 12:00 par schangels
Bit generation
Qui a dit que la qualité d'un jeu vidéo est proportionnelle à la précision de son graphisme? Pas moi, en tout cas. Honneur aux gros pixels qui tachent, dans ce qui suit.

Au commencement était le bit, unité binaire de type 1-0 et génératrice de l'informatique; le mathématicien de génie Alan Turing l'avait imaginé tout d'abord par un simple jeu récursif de signes poinçonnés sur des bobines et dans un but très sérieux: celui de décrypter les messages codés de sous-marins allemands en pleine Seconde Guerre mondiale ... puis vinrent les années 70 et la tétrade des premières consoles de jeux vidéo, aussi discrètes qu'une cabine téléphonique dans la poche d"un garçonnet en culotte courte ... suivirent au milieu des années 80 les 8 bits révolutionnaires et le graphisme plus finement grainé de la compagnie japonaise Nintendo ... avant que les années 90 ne bouleversent ce joli monde de vides-et-autistes en puissance et nous fassent presque oublier l'existence du pixel.
Le pixel, cette unité élémentaire de chaque image vidéo et que les vieilles consoles américaines ne surent nous dissimuler: Atari 2600, Spectrum, Commodore 64 et autres Amstrad 1664 monochrome ... une histoire d'avant-guerre numérique mais qui sentait diablement l'excitation bon enfant de quelques synapses crâmées au-dessus d'un défoulement de "joysticks" plus qu'échaudés. Et blablabla: hymne à la bit génération bombardée de pixels géants et autres barbarismes informatiques fumeux mais dont les souvenirs des soirs de Noël sont gravés pour longtemps dans certaines mémoires pas toujours vives.
Ils le sont aussi et surtout chez de jeunes artistes créatifs originaires de Vevey: NotSoNoisy, dont un projet artistique nommé Game Over a eu pour but de reproduire des scènes de jeux vidéos anthologique à échelle humaine. Un résultat d'autant plus prodigieux qu'il suffisait d'y penser pour le faire ... ou presque, car la simplicité est sans nul doute la plus difficile des productions.
Fin des longs discours et début des réjouissances: voici les 4 jeux reproduits par ces petits génies en herbe grasse de cette Suisse au cortex dynamique. Pour de plus amples informations sur ce groupe d'artistes urbanophiles, tapes "notsonoisy" ou rendez-vous sur You Tube. Le nom du chef à la mèche: Guillaume Reymond.
Dans l'ordre d'apparition.

Tetris, du désormais célèbre Alexei Pazhitnov et d'autant plus lorsque l'on sait que les brevets de sa création divine lui sont passés sous le nez avant même qu'il puisse en profiter d'une once. Pazhitnov et Kalachnikov: même combat. Savourez le travail d'orfèvre:

Vidéo Youtube



Vous pouvez retrouver ce film sur le billet d'un "blogmaster" fraternel: tapez "Météluneté1staltwa" (tout un programme, au sens propre du terme).

Deuxième chef d'oeuvre en puissance: le bon vieux Space Invaders. Rien n'a été oublié, pas même la "musique" lancinante mais terriblement efficace ou les explosions de vaisseaux traduits sous forme de dédoublement furtif des personnages. Et j'en passe d'autres détails remarquables, faute de temps et de place pour ce faire:

Vidéo Youtube



Troisième gourmandise pour les yeux: Pong. Le plus vieux des jeux vidéos qui soit à ma connaissance et qui n'a pas demandé autant d'efforts côté garde-robe des acteurs. Sinon un joli travail dans les trajectoires diagonales. Plus rudimentaire, donc, mais un final aussi propre qu'un caniveau suisse:

Vidéo Youtube




Quatrième et dernière offrande, et pas des moindres: Pole Position, un jeu quelque peu moins connu que ses prédecesseurs mais dont la cerise sur le gâteau vient du jeu des éclairages pour les courses nocturnes. C'est beau, c'est précis, c'est vivant, c'est binaire ... c'est maintenant:

Vidéo Youtube




Fin des réjouissances, mais d'autres productions sont en cours. Probable que d'autres classiques à gros pixels géométriques viendront étoffer cette liste déjà admirable. Ou comment créer avec des moyens et des résultats on ne peut plus intelligibles. En voilà un art contemporain que je comprends d'emblée et dont je peux admirer sans freindre le mérite du travail de fond.
Quand la nostalgie des pouces défoncés à coups de clics maniaques rencontre le constructivisme binaire d'un groupe d'artistes façon INRC (avis aux amateurs de la logique opératoire de Piaget, qui comprendront la dédicace admirative) ... je m'incline bien bas et remercie encore "notre" ami public numéro 1 Guillaume pour ces quelques minutes d'évasion binaire.
Binaire, oui, mais jamais simpliste. Simple, et c'est bien autre chose.
Je pressens un Arkadoïd de dessous les fagots pour le prochain épisode du projet Game Over ...
Un mot: respect. Et vive la Suisse libre!!!


F&H




Ils sont venus chialer sur les tombes

Publié le 11/11/2008 à 12:00 par schangels
Ils sont venus chialer sur les tombes
Anecdote croustifondante, pour commencer: avant que l'UMP ne soit retenu comme appellation officielle du parti majoritaire, un député subtil avait eu l'idée profonde de trouver quelque nom plus fédérateur dans le style du parti espagnol d'Aznar. La proposition d'alors? Le "Parti Populaire Français", ou PPF. Les adorateurs de Jacques Doriot apprécieront le geste intellectuel, s'il y a ... ceci pour en venir à une opposition classique et on ne peut plus usitée entre raison et passion, instruction et éruction, analyse et dialyse ...

Armistice du 11 novembre. Comme un vieux souvenir enfoui au plus profond de ma jeunesse meusienne, lorsque l'ossuaire de Douaumont transperçait le toit d'une forêt lunaire et s'imposait dans le paysage de ma fenêtre de garçonnet. Comme une période morbide où l'odeur de rance s'échappait des citadelles et des forts retranchés du secteur. Comme une vague idée de la mort au sein d'une jeunesse pleine de vie. Beau comme du bon pain, certes ... mais le temps vient où la madeleine doit retourner sans son armoire et la raison prendre le pas sur l'émotion de gosse pétri d'impressions immédiates. A croire que notre président a la nostalgie facile; d'autant plus lorsqu'il s'agit de tirer les poils du cul pour susciter la valse des pleurnichards.

Le 11 novembre 2008: morne plaine de Douaumont, garnie de hauts-fonctionnaires au Kleenex facile et couronnée d'une allocution officielle par un président spécialiste du consensus utile. Chirac qui embrasse des crânes de gardien vainqueurs; Sarkozy qui embrasse la croupe de gardiens du temple vaincus. Simple nuance dans les termes.
Le discours: un hommage au courage et à l'humanité des poilus. Qui le contestera? Un souvenir d'une guerre monstrueuse où les gaillards explosaient sous les obus comme des fourmis sous la semelle d'un gamin aux jeux mortifères. Qui le contestera? Personne, et c'est là que le bât devrait nous blesser. Un message n'a de sens que lorsqu'il suscite l'accord des uns et le rejet des autres. Un message synonyme d'accord unanime est un truisme dépourvu de sens. Théorie de l'information vs. théorie de la conservation du pouvoir. Ou l'art de restreindre le premier objet pour conforter la second.
Qui reviendra en ce jour sur les origines de la guerre, fait peu glorieux de nations en constante rivalité et dont l'objectif des alliances fut d'en découdre une fois pour toutes. Empires dynastiques versus démocraties qui parlementent: joli décor de fond pour une issue tragique de l'Europe en déclin. Le début de la fin pour un continent trop gourmand. Le clou du chapeau, la cerise sur le gâteau? L'explication à odeur de croûte d'un commentateur de mes deux prétextant de la barbarie organisée et du processus d'habituation à la guerre totale afin de justifier la transition suivante vers la seconde guerre mondiale. Comme si rien d'autre que l'habitude du pire avait installé Hitler et consorts au pouvoir des nations vaincues ...

Mais qui a porté le nazisme au sommet d'une Allemagne exsangue, sinon la germanophobie démesurée d'un Clémenceau aujourd'hui porté au pinacle par une clique de laïcards fils de rad-socs et dont le sens du souvenir pétrifié manifeste une souplesse d'esprit digne de la biroute d'un vieillard paralytique? Clémenceau, ou le fameux "Père la Victoire" dont le souci constant fut de faire payer la défaite des voisins du dessus au prix le plus fort ... Clémenceau, ou le fossoyeur de l'idée européenne dont le chauvinisme exacerbé a suscité ce sentiment de vengeance au sein d'un peuple que le glorieux passé ne pouvait pas laisser insensible. Une grande nation ne peut pas ne pas avoir sa fierté; au vieux moustachu plein d'éloquence le tort bien assumé et impuni d'avoir poussé le bouchon du diktat trop loin et attisé des braises qu'un Briand ou un Stresemann tentèrent d'éteindre à leur façon de parlementaires dépassionnants ...

Quel message laisser aux enfants d'aujourd'hui? Point d'analyse historique, pas d'explication des fautes du passé; un simple amont de pleurnicheries dégoulinantes ou souffrance et commisération l'emportent par KO technique sur diagnostic et raison. On gémit, les yeux graves et les sourcils plissés comme la synapse peu usitée d'une Nadine Morano au garde-à vous. Et ça coule, et ça s'émeut (qui rime avec "meuh", notez bien), et ça re-lève les yeux au ciel ... et ça chiale sur des tombes de victimes d'une folie collective dont on se garde bien de revenir aux sources. Chirac, Sarkozy: même combat liquéfiant au nom d'une concorde facile et sans compromission, faute de compromis à établir entre des nez coulants.
J'irai bien chier sur vos futures tombes de hauts dignitaires pleins de bons sentiments les jours de commémorations à valeur aussi pathétique que stratégique ... le 11 novembre, ou un second show à la Guy Mocquet où bondieuseries écrasent tout sur des passages pour bigots improvisés. Processus simpliste et réducteur que de s'apitoyer sur une jambe gangrénée lorsque le remède se fit attendre, en vain ... entre processus simpliste et procession de simplets, seules quelques lettres séparent la pathologie navrée du pathos navrant. Voici pour le lyrisme de bon aloi, encore que ...
Et voilà que Sarkozy nous aura donc déjecté à nouveau une de ses purées lacrymales dont il a décidément le secret. Oh rien d'un billet anti-UMP; un gentil Delanoë en eût fait tout autant une affaire de jérémiades à l'eau rosâtre.

Le 11 novembre? Rien de tel qu'une commémoration consensuelle pour relancer le mythe de la concorde parfaite au sein d'une Nation dont on sait si bien oublier les méfaits d'autrefois. Je me souviens de "mon" ossuaire, par-delà ma fenêtre de gamin bouffé d'émotion par ces images surréalistes de champs lunaires travaillés par le canon de 15, ou de 12. Peu importe la taille, tant qu'il y a l'effet. Je me souviens de "mes" images de poilu, lorsque la guerre me paraissait une juste cause au nom d'un territoire à défendre comme la prunelle de "nos" yeux de citoyens modèles. Je me souviendrai de ce 11 novembre 2008, où l'émotion calculée d'un consensus béat rimait presque avec mes naïves croyances d'enfant inculte. Cultivons le souvenir, cultivons le mythe, cultivons la déférence ... foutue déférence qui rime trop bien avec indifférence pour ne pas être relevé par-delà les jeux d'émotions faciles. Ou l'art de noyer les raisons profondes dans les détails diffus. "Paul-Henri a 16 ans, qui nous parle avec émotion de son arrière-grand-père mort au front". Et sa soeur? Nos fronts à nous feraient bien de plisser davantage que de pleurer sur le souvenir de l'autre à tous.
Entre une pleureuse sicilienne lamentée devant le corps du défunt et le docteur attaché à expliquer la mort, je choisis le docteur. Traduction: entre les effets et la cause, je choisis la cause et me rappelle de cette phrase liminaire d'un historien anglais dont le nom ne me reviendra pas à l'esprit: "l'Histoire permet de connaître le passé pour mieux comprendre le présent". Injonction de fortune: allez comprendre! A condition de s'en donner les moyens et de ne pas remplacer nos pages de dictionnaire par des feuilles de mouchoir.

Télécratie, pathocratie, doxocratie ... peu importe le nom, tant qu'il y a les effets.
Une parole de Feu mon grand-père lorrain (ni français, ni allemand), pour en finir avec ces conneries sacramentales à valeur bassement politicarde: "pleurez bien, vous pisserez moins". Sûr que nos hauts-fonctionnaires ne seront pas tracassés par des problèmes de vessie, pour l'occasion.
Répétez après moi: Hil-fer-ding. Oublions cela, tout comme le reste.
J'irai enrober vos tombes de papier-cul Moltonel, quitte à chier dessus. Une besogne à double emploi, tout comme les commémorations à double intérêt. On est peu de choses. Ce 11 novembre est en la n-ième preuve.
Et quitte à jouer les homéopathes, ultime leçon d'éloquence pour qui sait si bien faire voter les morts:

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Les êtres que l'on n'oublie pas sont immortels. Avouez que le principe aurait l'avantage de faire des économies à un Etat pas trop en forme. Génération bling-bling et snif-snif, sans doute. Tant qu'il y a du coeur, il y a de l'espoir. Beau comme un album périmé de Lara Fabian, ce principe du coeur-éponge instauré à titre de "valeur" humaniste par un chef d'Etat en transe anti-rock and rollmops. Le Pic de la Mirandole et Erasme s'en retourneraient dans leurs tombes sur lesquelles aucune défécation ne viendra jamais se poser. Honneur à eux, les humanistes aux yeux secs.


F&H

"Voilà", point: enfer ...

Publié le 14/10/2008 à 12:00 par schangels
"Voilà", point: enfer ...
... et damnation pour cette maudite expression qui finira par dérober le grade de suffixe à force d'être éructée en masse du matin au soir, du tréfonds de nos chaumières jusqu'au trou sans fond des médias.
Qui n'a pas constaté sciemment ou pas que plus personne ne sait terminer une phrase sans dégueuler cet omniprésent "voilà" en point d'orgue? "C'est-à-dire que ... voilà", "Je crois que bon, c'est clair, voilà". A croire que la contagion de l'amnésie footballistique (= oublier que la langue française existe) a touché l'intégralité de la population francophone.

Autrefois, c'était le minimaliste "quoi" en point d'orgue désaccordé;
Hier, c'était le "tu sais", comme pour demander l'accréditation de l'interlocuteur sans se fouler;
Aujourd'hui? C'est donc cet annihilant et aliénant "voilà", dont l'effet inconscient est de prétendre à la vérité du discours sans rien justifier et se contenter d'une finition en eau de boudin sur fond d'affirmation péremptoire à deux sous trois quarts.

Foutue manie qui se répand comme l'huile sur le bitume ultra-sec. Foutue solution de facilité qui conduit à sacrifier le fond à l'informe, la méthode au piètre résultat, la raison à l'impatience. Au pays des fumistes, le bougon n'est pas roi.
Les mots deviendraient-ils inutiles au point d'être remplacés par une ambiance de fausse concorde oratoire? Simple constat de mauvaise d'humeur avant un France-Tunisie ou une douzaine d'apparatchiks regarderont Ben Arfa & Cie de l'oeil gauche tout en lorgnant sur "Desperate Housewives" via l'oeil droit. Avec une reconduction très intéressée de Raymond le Sourcilleux en point de mire sans couleurs ... inutile match amical pétri de faux amis, aussi inutile que cette satanée expression lobotomisante qui sert de prétexte à ce billet. Voilà, quoi ... genre "je dis rien mais tu me comprends, donc je kiffe notre race à mort".
Inutile de se justifier, tant qu'il y aura des fainéants du bulbe pour agréer sans se forcer? Sans doute. Un moindre mal, celui de profiter de l'occasion pour lâcher cette perle du Depeche Mode nouvelle vague: très électro-rock feutré et aussi sombre que la traversée poudreuse du chanteur durant ses années de doute. Un bien fou pour nos tympans vibrants que ce très utile "Useless" de la bande à Gahan, pour les adeptes de masculinité glamour et désabusée:

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"Voilà"? Ni dit, ni à dire.
Et voilà comment réveiller un blog mourrant le temps d'un coup de gueule. Vous avez dit "perfusion"?


F&H

Message on the Bottle

Publié le 19/09/2008 à 12:00 par schangels
Message on the Bottle
Quand les chercheurs trouvent ... une bonne raison d'arroser leurs trouvailles sans aucune retenue, en pleine cohérence avec leurs résultats décapants.

Une nouvelle anodine est passée aujourd'hui sur les ondes hertziennes françaises, entre une nouvelle pas neuve sur les élections yankees et une neuve nouvelle pas fraîche sur les déboires du gouvernement Rollex. Rien d'essentiel, contrairement à ces recherches fondamentales où la connaissance humaine avance à pas de fourmi. Mais à pas tout de même, loin des soubresauts où l'opinion publique réclame des réponses de suite et à peu de frais.
La nouvelle neuve? Un résultat détonnant de chercheurs grenoblois, concernant la relation non-causale entre alcoolémie et comportement alcoolémique. En quelques mots: la violence supposée "causée" par l'accumulation de substances osées (entendez: chargées de molécules d'ose) ne serait pas tant due à la réaction physiologique qu'à une réaction psychosomatique de l'individu pas toujours beurré, loin s'en faut.
Le lien en ligne: http://www.grenoble-universites.fr/1220363116466/0/fiche___actualite/&RH=

Explication: après un test effectué sur deux groupes de cobayes loin d'en souffrir, le principe des chercheurs consistait à faire ingurgiter deux boissons distinctes à l'insu des consommateurs.

Etape 1
Pour le groupe 1, du soda dont le goût normalement sucré était masqué par un parfum de whishy. Les chercheurs informent les agents du groupe 1 que leur boisson est du whisky, donc ces agents dupés croient à tort être emplis de whisky.
Pour le groupe 2, du whisky dont le goût normalement amer était masqué par un parfum de soda. Les chercheurs informent les agents du groupe 2 que leur boisson est du soda, donc ces agents dupés croient à tort être emplis de whisky.

Etape 2
Après plusieurs consommations répétées dans les mêmes conditions initiales ("ceteris paribus", comme le veut toute expérimentation scientifique qui se respecte), un énergumène s'introduit dans les groupes pour insulter ses membres, avec pour réaction attendue que les plus beurrés soient les plus échaudés.
Résultat? Inverse à celui attendu par les disciples matérialistes de l'alcoolémie strictement physiologique: la violence s'est produite du côté des agents 1, c'est-à-dire ceux qui croient à tort être emplis de whisky. Rien du côté des vrais consommateurs de whisky, et l'on assiste même à des cas de vomissement du côté des ingurgitateurs de petits bulles qui piquent sans alcool.

Conclusion scientifique, ou interprétation des faits?
Le cerveau tient un rôle essentiel dans le comportement des individus, que ce soit dans les sorties en boîte et lors des repas collectifs entre bandes de potes pas toujours adeptes de méditation transcendantale ...
Précaution d'usage, à l'intention de tous les coupeurs de cheveux invisibles en 4 exposant n (où n > 1) soucieux de casser l'ambiance: il ne s'agit pas de prétendre ici que tout alcool mauvais est indépendant de la consommation d'alcool ingurgitée au préalable; pas plus qu'il ne s'agit de prétendre que les vérités générales doivent être prises pour des cas de vérité universelle. "Il y a aussi des poissons volants", certes, "mais qui ne constituent pas la majorité du genre" ... voila qui devait être dit, afin d'insister sur le caractère simplement empirique et donc inductif ou falsifiable du résultat de nos fiers grenoblois. Traduction: crotte-zut-flûte aux pisse-vinaigre ou grincheux parés à objecter pour leur seul et médiocre compte, pour faire court.

Celui qui croit être saoûl a un comportement plus (question de propension, encore une fois) typique encore du bituré que l'arraché de service qui ne pense pas l'être, pour le dire en termes croisés. Autant dire aussi que si Y résulte de X, celui qui pense être X satisfait parfois Y mieux que celui qui est X mais croit ne pas l'être ... autant de reformulations inépuisables pour insister sur le rôle de la pensée (des croyances) dans le corps de l'agent qui pense. Ou ne pense pas, car l'agent réagit d'autant moins qu'il pense, d'après les résultats ci-dessus où l'alcool méchant peut exister même sans alcool.
Moralité? Le comportement des sorties de boîte tient plus souvent à un effet de désinhibition de l'agent enfin libéré de ses contraintes sociales quotidiennes, témoins ces gigantesques beuveries japonaises ou finlandaises le plus souvent pratiquées comme un rituel de dépressurisation à l'odeur de vomi. Et ce qui est vrai du trader maladif l'est tout autant de l'adolescent mélancolique. Mais contrairement à ces consommations préméditées d'alcool pur et dur, le CNRS semble nous prouver que les propriétés enivrantes de l'alcool ne sont pas essentielles au comportement violent, délirant ou simplement "anormal" du fêtard qui s'honore.
On en sort grandi? A condition que l'interprétation ci-dessus de l'expérimentation soit fiable à long terme; qu'aucun des agents du groupe 1 n'ait une propension personnelle à la violence, faute de quoi les liquides considérés n'auraient que peu de rapport avec les conclusions "imposées" ... faisons confiance aux expérimentateurs, dont le financement du travail a forcément satisfait par avance ce genre de précautions de principe.

La science avance, pour sûr ... depuis les recherches les plus abstraites jusqu'aux cas de figure les plus concrets. L'ivresse, phénomène psycho-somatique et comportement culturel synonyme de désinhibition légale destinée à libérer l'agent de son rôle prédéfini au sein d'un groupe social? Sans aucun doute, ou si peu. Les radars et autres moyens de réprimande policière ne se calmeront pas pour autant ni ne changeront la politique de sécurité routière générale, cela va de soi. Violent ou pas violent, la vitesse de réaction du conducteur beurré n'est évidemment pas en cause dans ce test révélateur des mystérieux glissements de terrain entre l'inné et l'acquis, la nature et la culture, le feu et la glace ... dans le whisky ou le Ricard, cela va de soi.

Instant d'ivresse spéculative dans ce monde où la recherche cherche plus qu'elle ne trouve ... à quand la preuve que les éléphants roses sont plus couramment perçus chez les zoophiles? Ou que le delirium tremens n'est pas tant le fait de ce que l'on boit que de celui qui boit?
La science, ou l'art de convaincre ceux qui ne demandent qu'à l'être. La musique, ou l'art de libérer ceux qui ne demandent qu'à s'évader. Comme quoi le message serait davantage sur l'étiquette que dans la bouteille? Qu'importe le flacon, tant qu'il y a l'ivresse ... vérité confirmée à double dose. Retour aux années 70, au nom de la dive bouteille:

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Sapere aude!!! (traduction matérialiste du criticisme kantien: "Prosit!")


F&H

Pensées calcaires

Publié le 19/08/2008 à 12:00 par schangels
Pensées calcaires
Rien à dire, ou si peu. Pour la forme, ou à titre statistique. Loin des riches informations disponibles du côté de la voisine bloggeuse de Nice, Métélunété1staltwa. Détour conseillé du côté de son portail, pour le coup.

Rien de bien précis à consigner depuis un bon bout de temps, ici-bas. Et pour cause(s): enfermement systématique au pays des abstractions logiques, en vue d'un futur Congrès de Philosophie Analytique à Cracovie. Pas étonnant si le manque d'air ambiant, la grisaillerie ambiante de mon triste ciel lorrain actuel et le doute sur des considérations inactuelles n'aident pas à l'inspiration vertueuse ... et bla bla, et couche-toi là pendant qu'une formule me traverse une synapse ...
Voila une petite pensée qui mérite bien sa place sur ce blog, bien qu'elle n'ait pas de paternité précise et ne soit que le produit injustement anecdotique d'un dialogue drôlatique d'une excellente série comique version Clinique en Délire: "Scrubs".
La formule, donc, sous une version plus généraliste:

Le comble de la femme contrariante: simuler le non-orgasme.

Idée on ne peut plus pénétrante, c'est le mot, qui a le mérite de surprendre en évoquant une situation absurde parce que conceptuellement impossible. Parole de sexe masculin, cela dit ... me trompé-je, et serait-il possible de commettre un non-acte?
Pas mieux pour l'instant, faute d'air pur renouvelé dans les narines et de temps suffisant pour consacrer le temps à autre chose que l'exposé de vendredi après-midi.
Direction la Pologne et Cracovie, donc: "ECAP6", nom anglophone du 6e Congrès Européen de Philosophie Analytique pour les amateurs ou curieux du genre. Une histoire d'oppositions logiques, de comparaison avec la notion de conséquence et de problème sur la signification de la "négation paraconsistante". Pas d'ombrelle sur un verre à cocktail pour ma pomme, donc; juste un mug rempli de café noirissime, une tripotée de cogitations embuées et quelques conférences de Michel Onfray délivrées tous les soirs de la semaine à 19h sur France Culture (ou "France Cu'", pour tous les pouêt-pouêts intimes qui se masturbent l'intellect passif devant leur miroir intérieur d'égoteries insignifiantes). Max Stirner sur la planche depuis hier soir, pour qui s'intéresse aux contre-philosophes libertariens. Pour le moins. Mon petit plaisir du soir: le bruit des déglutitions répétées d'Onfray dans son micro de conférencier. A chacun ses manies zarbis.

Un peu de musique, pour confirmer l'ambiance robotique actuelle. "Prototype", de Rex the Dog:

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Mais aussi et surtout: hommage sincère à Feu l'ex-Audioslave de groupe, je veux dire Soundgarden et son "4th of July" lourdement métallique. Mais toujours avec cette pointe de voix rock qui laisse un soupçon d'optimisme à l'ensemble:

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Tout pour aujourd'hui. Et pour demain, aussi, et les autres jours à venir.
Paroles de non-simulateur aux idées calcaires. C'est grave, docteur? Une petite calgonite passagère, ça passera ...
Pozdrawiam.


F&H

Nancy dernière

Publié le 01/05/2008 à 12:00 par schangels
Nancy dernière
Une fin de soirée occul(te), parmi d'autres.

Petite revue détaillée d'un moment passé hier soir aux côté de deux amis masculins, conclu au fond d'une salle branchée obscure dans un des cafés-boîtes de Nancy. "La Place", pour ne pas la nommer ni donner le nom de sa rue Stanislas où la trouver. Un phénomène classique chez moi et qui me donne l'impression de jouer l'extraterrestre effacé au milieu des humains émoustillés. Une impression de transparence et de néant existentiel pour qui sent ne rien pouvoir apporter à personne à cet instant, et surtout pas à lui-même. Un mauvais rôle inaccepté, vidé de toute substance et sans consistance à l'appui. Mais pourquoi me suis-je retrouvé dans cette boîte électro-house aux allures de boîte de sardine pailletée, sorte de lieu chébran où la jeunesse fêtarde se donne rendez-vous pour se gigoter sur des airs à qui on ne la fait pas et font balancer la tête d'arrière en avant comme une poule sur son pied à bascule mécanique? La musique: des mixtures indigestes ou pudding rythmiques où l'on mélange le Nutella aux cornichons. L'ambiance: une soirée célibataires ce mercredi soir, où les bras numérotés des volontaires servent à créer sur place des couples sur mesure. Bon Dieu que l'endroit me semble mal approprié pour ce que j'attendais de cette soirée joviale et rigolarde. Mais on ne discute pas des goûts et des couleurs lorsque l'on laisse les autres décider pour soi: on suit, et vogue la galère. Une putain de galère une heure et quelques durant, où le bar m'a servi d'accoudoir en attendant que je trouve une raison de rester sur place plus longtemps. Un genre de soirées où le son est si braillard et perçant qu'il est impossible de se parler sans se déchirer le larynx et nécessaire de raccourcir les phrases au point de ne plus rien dire.
Pourquoi parler, aussi et surtout? Un genre de soirée pour prédateurs où il ne s'agit pas de parler, mais de chasser le gibier en terre giboyante. Un gibier dans les deux sens du sexe officiel, puisque les filles lorgnent aussi bien et tout autant que les "mecs" à qui on ne la fait décidément pas. Une mascarade sacrée où chacun doit afficher sa coolitude et ne surtout pas faire grise mine pour espérer attraper un morceau de jambon sous un quelconque bas de cocagne. Un jeu de dupes où personne ne l'est d'emblée. Bizarre, trop bizarre.

Une bonne soirée pour bon nombre des protagonistes en place, à n'en pas douter; une atmosphère pas pesante mais un tantinet artificielle pour quiconque se sent comme un éléphant dans un magasin de porcelines ou un prolétaire chez des fins de race.
Une vodka orange; un regard par-ci par-là, pour passer le temps qui ne passe pas; une jeune proie à la chemise blanche décolletée ... puis me casse et moins vite fait qu'attendu, comme toujours dans les soirées où l'on finit par attendre une bonne surprise qui ne vient pas.
Toujours cette gêne lors des processions nocturnes où luxe, boucan et volupté s'emmêlent les pinceaux pour faire tomber les biffetons, descendre les braguettes pour les plus chanceux enivrés (ou pas) et jouer des apparences entre deux poulettes entreprenantes (mais jamais trop, stratégie oblige).
Se trémousser ou jouer la transe mystique devant les autres, ces inconnus avec lesquels je n'ai aucune envie de faire acte de connivence? Trop dur, trop fatigant de penser à rien au point d'entrer en communion avec toutes ces ouailles suintant la chaleur moîte, perlant la vapeur d'alcool fort surtaxé et secouant les billets de vingt euros devant le serveur-machine. Comme l'impression de se déshabiller en pleine salle de réunion ou de se tripoter le noeud en place publique. Encore qu'il y ait moins à perdre pour le tripoteur cynique et désengagé dans tout que pour le salarié stressé des bureaux encravatés.
Mais cela n'enlève rien à mes propres processions électroniques dont je raffole tant du côté des VNV Nation, Covenant ou Front 242 plus mécaniques que rythmiques et, surtout, tellement moins sensuels et décontractés dans leurs apparences de guerriers du son concentrés sur leur tâche rituelle. Le son, rien que le son et un retour de chacun sur soi-même.
En l'honneur de ce son déshumanisé dont je ne me lasse pas, un passage par le terrible "Standing" de VNV Nation (chair de poule à la 34e seconde):

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suivi de leur propre effet d'"Illusion", bien plus calme et tendre mais surtout emblématique de la femme qui court après une image qui la fait courir à sa perte personnelle. Une métaphore magnifique telle que j'interprète ce clip, de suite:

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Au nom de toutes ces filles magnifiques qui nous envoûtent de leurs parfums sucrés, maquillages aguichants et talons clinquants que les soirées comme celles d'hier soir me donnent à voir, le temps d'un passage furtif au pays des vivants qui s'oublient sans oublier de paraître pour d'autant mieux en jouir.
Trop dur pour moi, ce jeu des émotions calculées. Une mauvaise distribution des rôles, ou un rôle de bigot insupportable pour qui considère les boîtes comme un lieu de retrouvailles pour dragueurs et gueulards invétérés. Comme s'il était impossible de faire le bien sans être le bigot d'une église ou de faire le bon sans être le kéké d'une boîte. Impossible d'accepter ces jeux de rôles à valeur d'institutions étouffantes. Je passe. Un problème de ton sur un autre ton, rien de plus. Un épiphénomène: le poids d'une institution de la joie au contre-effet paralysant et dont nos vies sont pleines. Un moment de contrariété, un goût d'inachevé au milieu d'une fin de soirée insipide. Une erreur dans le programme, comique sinon pathétique. Je passe.

Note à benêt: C'était là le dernier de mes billets avant une interruption prolongée d'une dizaine de jours. La raison, très bonne au demeuré: déplacement au Canada pour cause de conférence à Québec sur le tryptique fatidique Langage, Pensée, Action. Puis une petite virée sur Montréal et un retour au bercail avec des souvenirs et photos sans photos-souvenirs pleins la besace. Traduction: à la revoyure!


F&H

Contre-labeurs

Publié le 01/05/2008 à 12:00 par schangels
Contre-labeurs
Hommage soit fait aujourd'hui, en ce jour de 1er mai où l'on éteint les machines et pose le marteau-piqueur pour se reposer en famille. Pour ma part: je prépare une conférence à venir pour le Canada, plus précisément Québec, avec Greg Restall, da Costa & Cie en guise de lectures sur la question de la négation et des actes d'acceptation et de rejet au sein des inférences logiques.
Serais-je donc en train de travailler en ce jour de farniente symbolique? Non, je ne travaille pas, pas du moins au sens où le mot "travail" devrait être pris pour restituer la symbolique première de ce jour férié couleur rouge métallique.
Le terme "travail" vient du latin "tripalium", qui signifie "trois pieux" et désignait un instrument de torture caractéristique d'un bon nombre de tâches laborieuses et harrassantes. C'est à ces victimes du travail à la chaîne, des labeurs interminables et de l'exploitation d'un temps jamais libre que je consacre ce billet modeste et associe ce jour de la Fête du Travail considéré comme libération provisoire des bras au service du reste: l'amour des siens, la cogitation synonyme de dignité à trouver ou retrouver loin du casse-tête quotidien des regroupements grégaires ... j'ai cette chance de ne pas avoir à m'user la paume des mains et à ne pas user ma santé à petit feu; j'ai cette chance d'être payé pour des tâches 'tectuelles qui n'ont pas vocation à me détruire mais, tout au contraire, à embellir et parfaire quelques-unes de mes préoccupations personnelles. Du gagnant-gagnant dont les victimes du travail au sens propre, roboratif et lobotomisant n'ont pas la chance de profiter, et j'en ai encore conscience.
Hommage aux gueules cassées, aux morts des grisous et des suicidés du stress, à tous ceux qu'une activité sans fin précise et synonyme de leur propre fin a finie par prendre pour de bon et retirée du domaine de l'humanité. Avec ou sans majuscule, peu importe.
Je n'aurai pas l'audace high-post-moderniste de marquer le coup par un tube envoûtant des Charlots ou de Henri Salvador; pas de "Merci, patron" ou de "Le travail, c'est la santé" pour consacrer la partie musicale de ce billet symbolique. D'autant moins que la seconde de ces évocations du travail comme labeur aliénant ne sut y répondre que par une lézardise typique du sudiste ventripotent, spécialiste du Ricard posé sur la bidoche entre deux parties de belote ou de pétanque et pour lesquels je cultive l'indifférence la plus manifeste. Les pêcheurs de l'Antiquité avaient su trouver d'autres passe-temps entre deux voyages en mer, loin de ces paresses débilitantes synonymes de "temps de cerveau humain disponible" proche de celui du spectateur moyen de "Attention à la Marche". J'opterai donc bien plutôt pour un tout autre souvenir sonore, celui de Killing Joke et d'un "Love like Blood" porté sur le mythe néo-réaliste du travailleur besogneux d'un temps révolu. De par chez nous, en tout cas:

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Quand certains partent spéculer sur la paraconsistance au Canada, d'autres n'ont d'autre recours que de passer des yaourts sur un tapis automatique ou de serrer des boulons dans des usines à la chaîne. J'ai conscience de cet écart, et cela ne changera rien à l'affaire.
Bonne fête à ceux qui en ont besoin. Point, sans faucille ni marteau reposés et remplacés depuis belle lurette par le clavier et la synapse.


F&H

"Isme" fétiche

Publié le 15/03/2008 à 12:00 par schangels
"Isme" fétiche
Les psychanalystes auront leur réponse au fond de nos souvenirs de frustrés ou dans un germe oedipien mal fermenté ...
... quoi qu'il en sera, voilà un "isme" auquel je souscris bon an mal an, loin de toutes ces autres doctrines à tiroir philosophiques parfois gonflantes et souvent ronflantes.
Rien de ronflant ici, puisque je veux parler du fétichisme et de cette tendance dite inconsciente à ressentir du plaisir pour certains instruments, ustensiles ou vêtements féminins. Y a-t-il des femmes fétichistes? Je n'en sais rien, et me contenterai de citer mon propre cas avant de trouver et lire d'autres convives de la génération SM.

Rien de bien violent dans mes chatouillements, cela dit: j'ai un faible prononcé pour les jupes en velours ou tweed gris, bas nylons brun-noir (pas noir, hein?!!), porte-jarretelles (un grand classique, certes), mais aussi et surtout: les talons aiguilles. Pourquoi faire état de ces instruments catalyseurs qui éveillent des pulsions bien agréables? Pour mettre un tant soit peu au clair ce qui suscite autant d'intérêt dans ces détails vestimentaires ... et pour relancer aussi ce blog, laissé en jachère depuis plus d'une semaine à force de tafferies accumulées.
L'illustration, avant une once d'explication: "These Things" du groupe de darkwave californien (quasi-oxymore?!) She Wants Revenge, très inspirant et très inspiré mais plutôt méconnu de notre côté de la France. Réparation d'une injustice somme toute triviale, où Shirley Manson joue de tout son sex-appeal pour maltraiter un "pauvre" Justin Warfield pris en otage par une bombe agressive:

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Je ne parlerais pas de beauté pour évoquer Shirley Manson, dont les yeux plutôt globuleux absorbent le reste du visage mais dont la sacrée présence (voire la présence sacrée) sur scène et la voix enchanteresse feraient d'elle une sorte de Lorelei version techno-pop.
Injustice réparée, donc; toute aussi "triviale" que ces détails accidentels dont les femmes savent user mais qui font souvent l'essentiel de leur charme un certain durant. Un détail, dit-on; le péteur de soie dira que Baudelaire voyait dans le maquillage et autres décoratifs superficiels le propre de la beauté féminine. Ne peut-on être belle sans jouer avec les artifices et faire primer le paraître sur l'être. Ouuuhh ... que des mots, derrière lesquels on trouvera peut-être le souci de la mise en forme et du déguisement censé magnifier un être somme toute normal et ordinaire. Vous avouerez que les seins en gants de toilette d'une nudiste filmée pendant ses courses à la recherche d'un beau poireau pour le déjeuner n'ont pas de quoi faire rêver ou fantasmer l'homme de base.

Un regard furtif, un sourire ou une voix peuvent faire chavirer, pas de doute à ce sujet; mais comment pourrais-je nier que le bruit résonnant d'un talon sur le sol me fait vibrer et trésaillir de plaisir, comme une chaire de poule provoquée par la présence et la prestence du personnage féminin. Rien que des détails, mais des détails qui comptent dans l'imaginaire exacerbé des rêveurs solitaires. Puis vient l'apprentissage de la vraie personne, celle qui se déchausse le soir puis redevient cet être somme toute normal mais dont l'un ou l'une ne saura se passer, talons aiguilles ou pas. Sans doute cet air d'inaccessible femme fatale dont l'imaginaire a besoin pour fonctionner; avant de revenir sur Terre et troquer le glamour pour une ère de compromissions plus civiles.
Le glamour, un privilège de femmes? Pas si l'on reconnaît à chaque individu une part double de masculinité et de féminité. Ce fut vrai pour Jimmy Sommerville, ce fut vrai pour Brett Anderson de Suede ... c'est vrai pour Pete Burns et son "You Spin Me Round" (1985), dont le jeu de coquetterie et d'androgynie amusante (notez le joli déhanchement avant le premier tour de refrain) mérite mon détour:

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Les bruits de botte pour les uns, les talons pour les autres ... et vous?


F&H