Créer un nouveau blog :

A propos de ce blog


Nom du blog :
schangels
Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
25.12.2007
Dernière mise à jour :
13.10.2009

RSS

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Blagounettes (3)
· Cinéma (9)
· Citation (23)
· Divers (40)
· Karaokons (7)
· Musique (11)
· Philosophie (41)
· Politique (9)
· Sport (33)
· Tops 5 (3)

Navigation

Accueil
Gérer mon blog
Créer un blog
Livre d'or schangels
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !

Articles les plus lus

· Coups de pub: suite et non-fin
· Dépôt de bilan
· Par-dessus Board
· Citation du jour: qui a dit ...
· L'existentialisme est un anti-humanisme

· Après BHL, Pierre Desproges
· Citation du jour: qui a dit ... (12)
· Human League: "Don't You Want Me Baby"
· Visage: "Fade to Grey"
· Entre actes ...
· Petite Cure, en attendant ...
· Citation du jour: qui a dit ... (7)
· Un Elephant qui accouche d'une souris?
· "Isme" fétiche
· Ma langue au Katz? Pas encore!

Voir plus 

Statistiques 189 articles


Derniers commentaires

genau! toutes mes félicitations à notre soldat inconnu du jour, ce n'était pas évident ... ...
(Voir la suite)
Par Alfred+Leturc, le 22.10.2009

frances bean cobain...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 22.10.2009

je ne crois pas que la vraie question soit là pour nous, fred: la majorité des opineurs dissimulent leurs souv...
(Voir la suite)
Par Dédé Bonrototo, le 29.06.2009

la vraie question est : l'etat et l'eglise sont-ils vraiment séparés ? quand on voit notre calendrier, franche...
(Voir la suite)
Par Fred, le 29.06.2009

le baron, alias "mon héros rhétorique du goûter (ou de l'apéro, plutôt)" ... difficile de ne pas être en phas...
(Voir la suite)
Par Oh+my+Guesde, le 20.04.2009

voilà qui est amusant, ce billet fort bien senti à peine publié, voilà mme royal qui remet ça en s'excusant po...
(Voir la suite)
Par Le baron, le 20.04.2009

réponse à yurtdisi: non, pas de version shakespearienne de ce blog. on se contente de prendre racine, par ici ...
(Voir la suite)
Par Bernard Pivot, le 25.02.2009

english y at-il une version de ce site ?http://http://w ww.desk-egitim.c om/.centerblog.n et...
(Voir la suite)
Par yurtdisi egitim, le 25.02.2009

coucou je passe sur ton blog te souhaiter une trés bonne soirée !!! bizzzz a bientot !!!!lien vers mon blog...
(Voir la suite)
Par topine, le 29.01.2009

très sympa ce blog ! pour vous détendre, je vous invite vers le site de l'humour philosophique : http://critec...
(Voir la suite)
Par HippoDemo, le 28.01.2009

c'est bien!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 22.01.2009

nein de nein! cela faisait des lustres que personne n'était passé sur ce billet version top 50 des années 20...
(Voir la suite)
Par Uhustic(k), le 16.01.2009

personnelement, ce n'est pas "poney part (part1) que je metterai uniquement mais c'est l'album dans son entièr...
(Voir la suite)
Par riwadanslalaine, le 16.01.2009

moi content de voir que la population nouvelle-vibe-qu i-roule kiffe trop sa race multicolore sur ma planète b...
(Voir la suite)
Par Johnny Binaire, le 13.01.2009

trop bien ta vidéo elle est cool refesen plein...
(Voir la suite)
Par vauthier laetitia, le 13.01.2009

RSS

Recherche

Blogs et sites préférés

· Météluneté1staltwa
· Alessio Moretti (page personnelle)
· On s'fait une bouffe?
· Doriane Purple


musique

das Gehirn in Ferien

Publié le 19/07/2009 à 11:46 par schangels
das Gehirn in Ferien
Quand neurones et synapses associés vont voir ailleurs si j'y serai (en Allemagne, notamment), il n'y a plus grand-chose à attendre d'un blog déjà bien atteint d'anorexie thématique. Pas de gesticulations psycho-métallurgiques, dans ce billet. Juste une question à deux sous dévalués, pour passer le temps sous un temps digne du mois d'avril pas drôle:

Qui est cette fille à l'air déjanté et à l'oeil perçant?
Indice, chez vous: "haricot".

Pas sûr que cette piste vous mène quelque part, mais c'est un peu voulu.
Le gagnant gagnera le droit de m'imposer un billet avec le thème de son choix. Avec en prime 5 concepts imposés que je devrai introduire pour la cause. Ce qu'il ne faut pas faire pour maintenir éveillé un public en pleine léthargie ...

En attendant la réponse du jour, très hypothétique, un peu de musique reposante sur fond d'équation: disco latino + rythme stacatto = la tête à Benito.

Vidéo Youtube



Benito, kezako? Dédicace neutre à l'ancien fier à bras pendu par les pieds au final. L'occasion de rappeler aussi (parce que personne ne le dit jamais) l'origine de ce pas-doux prénom frappé de censure historique: un hommage du géniteur socialiste à l'ancien président de la Républicaine mexicaine et indigène zapotèque, Benito Juarez.
Voici pour la touche culturelle façon Julien Lepers, avec les bulles de bicarbonate et sans le buzzer.

Wo ist mein Hamac?
Tschüss, jungs ...


F&H

Coup de coeur, coup de pub

Publié le 22/02/2008 à 12:00 par schangels
Coup de coeur, coup de pub
"3 journées sans billet, retard à rattraper". Dont actes au pluriel et en série, pas plus tard que maintenant.

Il y a des principes plus "naturels" que d'autres et auxquels on se plie jusqu'à courber l'échine: témoin, le principe de maximisation de l'utilité espérée, en vertu duquel lees agents rationnels que nous sommes tant bien que mal calculerions toujours ou très souvent nos comportements sur la base d'un savant rapport coût/profit. Le tout expliqué selon un modèle théorique qui requiert la prise en compte concomitante de nos croyances, désirs et actions.
Selon un principe voisin de la "résiduation", je devine la croyance d'un agent sur la base de ses désirs et des actions qu'il entreprend pour les satisfaire, etc, etc.
Je m'arrête là, de peur qu'un phénomène d'épilepsie se produise au-delà de mon écran et derrière le vôtre.

Pourquoi ce lourd introductif? Pour en venir à ce qui m'a conduit tout droit à la Fédération Nationale d'Achats, samedi soir: la nouvelle fraîche et rafraîchissante selon laquelle mon salaire se verrait augmenté, après une réévaluation de mon contrat considéré jusque là pour moitié de la solde. Un changement substantiel qui appelle à acheter la substance. On n'est peut-être pas seulement ce que l'on a, dixit Goldman en temps de verve turgescente; mais on devient aussi et surtout suivant ce que l'on possède, livres et albums tous confondus et au nom des bons services rendus par la culture de masse.
Un changement substantiel, déblaterais-je plus haut. Car on est peu de substance, selon le principe du "on" collectif qui dissimule un cas très personnel. J'ai donc craqué devant le stand des CD à prix cassés, quoique pas autant que je l'aurais souhaité puisque la réduction des 4 au prix de 20 euros n'était réservée qu'aux heureux possesseurs de la carte des amis à Essel et Théret. Merci tout de même au chantage commercial sous l'effet des piratages en ligne. Et tant pis pour les 8 euros perdus entre le stand et la caisse, donc ...
Partant de l'idée selon laquelle rien n'est mieux gagné qu'une journée remplie de cafés serrés, de pages bien remplies et de vibrations sonores, j'ai donc agi avec le désir de dépenser mon blé revu à la hausse pour de la musique bénie, en vertu de ma croyance selon laquelle une journée rythmée est une journée gagnée.

Au choix:

- les Buzzcocks ("Flat-Pack Philosophy", 2006)
Groupe estampillé punk de la génération Factory des années 70-80, ces Mancuniens sont revenus à l'assaut coloré et bien moins revendicateur que leur "big brother" de Strummer; avec des histoires simples faites de rencarts ratés, de beuveries entre potos ou de dilemme blondes-brunes. Pas d'autre prétention que de raconter leur quotidien et de m'y mettre l'essentiel de leur importance, ce qui me plaît. L'album lui-même: pas encore écouté en entier, mais l'ensemble partiel paraît assez british pour me séduire

- Kasabian (1er album: "Kasabian", 2004)
Depuis le temps que j'écoutais en boucle leurs morceaux via Radioblog (que je conseille au plus grand nombre si celui-ci ne connaît pas la chose; actuellement en travaux sur Google, mais une perle pour de futures rencontres musicales toujours inattendues), il me fallait posséder ce trésor de voix plaintives enveloppées dans des sons mi-rock mi-électros. Un régal, j'en redemande et ils redonneront sans faute

- Vitalic (1er album: "OK Cowboy", 2005)
De son vrai nom Pascal Arbez, son pseudo est inspiré du prénom russe Vitaly ou Vitali; car monsieur le Dijonnais a étudié et étudie le russe, comme d'autres ... j'ai découvert par je ne sais plus quel heureux hasard son très atmosphérique "Poney Part (Part 1)", ou peut-être lors d'une ballade en série au milieu des pistes de Radioblog. Un excellent instrument en ligne pour découvrir ou redécouvrir une pléthore de styles musicaux. Il y eut une vie avant la toile, mais oui ... vous accrocherez ou non aux instruments, aux rythmes et aux sons employés par le très créatif électronicien en chef. Moi oui, et du début à la presque fin du CD.
Pour rappel, voir les deux billets précédents made with Vitalic: "Ca rigole déjà moins: projet postdoctoral", et "Soyons marxistes (tendance Groucho): pour une réSolution permanente".
Mes préférés: Poney Part 1, pour sûr, mais aussi un "My Friend Dario" qui me rappelle à sa façon un petit quelque chose des Benny Benassi. La voix, avant tout. La cadence synthétique, peut-être aussi.

- The Killers (1er album: "Hot Fuss", 2005)
Une voix porteuse, un son de guitare, une basse charmeuse, une ambiance feutrée. Je laisse la parole et la place au premier morceau, qui en dit toujours plus que tous mes longs discours bourrés de subordonnées. Subordonnons, précisément et en l'honneur du "Jenny Was a Friend of Mine". Appréciez l'introduction de la guitare et l'enchaînement de la basse; du velours:

Vidéo Youtube



A quoi servent les pépettes mensuelles, si ce n'est améliorer notre quotidien de suiveurs civilisés? Autant soigner le style dans le port de nos chaînes; en attendant la libération, quelle qu'elle soit et d'où qu'elle vienne.
Merci à tous ces messieurs (pas dames, pour l'occasion) de me l'offrir en interne, pour le moins. Et certainement pas pour le pire.

F&H

Gageure

Publié le 25/01/2008 à 12:00 par schangels
Gageure
Chose promise, chose due: Sijavéssu m'a posé une colle pas si évidente hier soir, celle de trouver une "oeuvre audiovisuelle" qu'aucun autre visiteur de ce blog ne connaîtrait sinon moi. Ou presque, mais c'est à elle d'imposer et à moi de disposer en l'occurrence. Une règle de probabilité élémentaire voudrait que j'aie d'autant plus de chances de gagner qu'il y aura d'autant moins de passagers furtifs ici ... mais je préfère le trafic intense, quitte à perdre mon pari.
Je me lance: je pose que personne d'autre que moi n'a vu ni entendu le morceau "Cannon", du groupe de jeun's nommé "Self".

Vidéo Youtube



C'est la première fois que je mate ce clip, et j'avoue ne pas retrouver du tout les images que je m'étais faites de l'histoire racontée ici. Mon scénario imaginaire: un clown triste, baissant la tête devant son miroir ampoulé lorsque les coulisses se vident et le laissent seul avec ses désillusions; une rafale de vent à chaque intro d'un riff bien senti; un héros de bande dessinée aux yeux tendres, monté sur le dos d'une ogive et volant dans les airs avant que la bombe n'explose en confettis ... des images privées qui n'ont strictement rien à voir avec ce clip qui pue à plein nez le Sum 41 et la rage calculée de yankee faussement déchaîné par la mélodie. Merci tout de même pour leurs notes, j'en ai fait mon imagerie toute personnelle.
Sorti en 1995, j'ai écouté en boucle cet album alors que je débutais mes études de philo universitaire et que j'étais perdu entre le brouillard de l'ex-lycéen encore perdu dans ses multiples questions sans réponse et un futur pas plus clair que l'eau de la Seine. Mes oreilles ont croisé ce morceau en écoute libre à la Fnac, puis j'ai craqué et décidé d'acheter ce CD dont le mélange de riffs bien gras et de sons électroniques plus légers donnait une bonne impression d'équilibre fusionnel. J'ai apprécié sur cette piste le jeu d'aller-retour de la gratte électrique, l'accent mis sur les plaintives (traduction: les notes en bémol) et le jeu de sample en arrière-fond. Sans négliger la voix de jouvenceau du chanteur, dont le ton mi-candide mi-faussement rebelle colle si bien à la jeunesse française du tournant 18-20 ans. Un choix tout trouvé puisque j'étais alors planté sur mes 19 ans, indécidé entre la douceur des mélodies et la puissance des instruments. J'avais donc trouvé un bon compromis dans cet album coloré et sans prétention cosmo-socialo-politique aucune. Anglo-saxon, quoi.
Pour résumer. Le leader de ce groupe dont je n'aurai jamais rien entendu d'autre que ce qui suit a su mélanger des genres de rythmes assez variés, mais pas trop ... un court flirt avec le jazz sur la piste 9, sur laquelle je ne me suis donc pas apesanti vu qu'il n'y a presque rien de plus ennuyeux, insignifiant et insipide pour moi que la musique de jazz. J'ai bien des proches qui pensent absolument le contraire, mais cela reste pour moi une musique d'intello qui ne m'inspire rien d'autre que l'indifférence et l'ennui. Idem pour Joe Satriani, en passant: les riffs d'intro sont souvent accrocheurs, avant de se perdre dans un flot de partitions virtuoses qui tiennent plus de l'exercice de style que de l'émotion sonore.
Gagné, ou perdu? Quelqu'un a-t-il déjà entendu ce morceau, ou suis-je l'un des seuls à avoir décroché les écouteurs publics de la Fnac pour déguster ce morceau en privé?
A vous de me le dire ... qu'est-ce que le gage d'un gage perdu? A vous de me le dire aussi, dans le cas très improbable où je ne tiendrais pas celui-ci.


F&H

Cage à goûts-goûts

Publié le 24/01/2008 à 12:00 par schangels
Cage à goûts-goûts
Revenons à des choses plus simples, plus fuyantes mais d'autant plus agréables que l'impératif kantien à conditionalité itérative, et j'en passe des meilleures.
On dit souvent que l'on dénature les choses à force de les analyser et les recomposer par éléments irréductibles, et c'est ce que le scientifique de Cronenberg avant fini par comprendre dans "La Mouche": la chair n'est pas interprétable pour l'ordinateur, et peut-être est-ce ce genre d'informations ineffables qui nous empêche de mettre un mot, une idée ou une phrase sur nos sentiments les plus diffus. Essayons tout de même. Les madeleines ont cette propriété de perdre de leur goût lorsqu'elles sont partagées avec d'autres que soi-même, mais tant pis si cette conséquence psychanalytique (transfert de sensations internes?) altère le goût de la friandise.

Je dépose ici ce qu'il y a sans doute de plus succulent, de plus arômatisé et, donc, de moins digeste dans mes madeleines personnelles: un morceau qui fit fureur à sa sortie et tient plus aujourd'hui de la ringardise de mauvais goût que de la rêverie solitaire. C'est pourtant de rêveries que je suis pris, chaque fois que j'entends ce titre auquel j'associe des souvenirs sacrément intenses. Dans le désordre, faute de mieux: ma petite jeunesse aux alentours de 7-8 ans, le chemin de la Mazilière à Bras-sur-Meuse et les chemins sinueux qui conduisaient d'un lotissement banal à un ancien champ de bataille lunaire ... le passage de la vie de gosse à la mort des poilus, le tout sur 100 mètres de distance au fond de mon ancien village. Une époque insouciante qui me laisse rêveur mais ne me laisse pas moins une boule dans la gorge rien qu'à m'imaginer y retourner ... n'avez-vous jamais eu cette impression de nausée à l'idée de repartir (= régresser?) dans votre passé et d'y revivre tout ce qui, aujourd'hui, vous paraît dérisoire mais constituait le centre du monde à l'échelle de votre époque? Difficile à expliquer, mais je n'aimerais pas retourner dans la peau de l'être innocent = le gosse moyen que j'étais en ce temps-là. La peur de redevenir une proie facile et un être primitif ou mal constitué, comme tout enfant de bas âge qui se respecte en tant que tel?
Tant et si bien que cette madeleine pèse sur l'estomac et me donne d'autant plus l'impression d'être vivant qu'elle ne se digère pas. Que celui qui digère tout et ne craint rien s'inquiète pour son existence: elle risque de ressembler à un long tunnel froid et insignifiant. Je me trompe?
Mais lâchons plutôt le clip en question: le succès de Kajagoogoo intitulé "Too Sky" (1983), où certains reconnaîtront l'actrice dans le rôle de la serveuse supposée sexy: la championne de patins (à glace) et petite soeur de Matt Dillon dans "Prête à Tout", où Nicole Kidman campait une arriviste diabolique obnubilée par la gloire de la télévision. D'autres repéreront également le chanteur Limahl sous la coiffe punk et coloration jaune cocu, lequel Limahl interprétera par la suite le générique d'une "Histoire sans fin" ("Neverending Story", pour les puristes).
Peu importe cette digression, tant qu'elle ne me fait pas oublier mon petit mal d'estomac, si nécessaire pour me rappeler ce que le hasard (?) m'a fait être et ressentir autrefois. Nous avons tous ces impressions profondes en nous, quelques notes associées à un événement personnel et ce qu'il peut impliquer en termes de sensations psychosomatiques. J'ai tort? Je me confirme, pour le moins.

Vidéo Youtube



Note pour plus tard: la musique ne me fait jamais autant d'effet que lorsque les instruments principaux sont accompagnés de tons graves, de basses lointaines et de n'importe quel son qui puisse caresser les oreilles plutôt de les agresser de notes aiguës. Témoin ici la lourde basse qui rythme l'intro et joue sur la syncope; témoin aussi l'effet de la sirène lointaine au milieu du morceau et son appel à un infini inquiétant parce qu'inconnu, dont l'effet sur moi est identique à celui de la sirène dans "Psychobabble" d'Alan Parsons Project. Plein de mélancolie dans ce petit jeu anodin. Plus les accords sont bas et plaintifs, plus ça m'interpelle; toute proportion gardée sur la pseudo-loi des correspondances que j'échafaude ici entre les sons et leurs impressions sur la psyché.
J'ai bien d'autres souvenirs liés à cette époque pleine de sens pour moi bien qu'insignifiante pour tous les autres: l'ossuaire de Douaumont que je voyais depuis la fenêtre de ma chambre, les parties de foot solitaires sur un grand parc et face à une nationale qui cachait un cimetière militaire (la routine, en pays verdunois), les soirées froides et sèches où l'on rentrait d'école pour se remplir la panse d'une soupe de légumes rapeuse et trembler tous les mercredis soirs devant RTL Télévision et le spectacle rétrospectivement kitsch de "V: Les Envahisseurs" (lézards, toxines et Cie), le temps de ma première console de jeux Atari 2600 passée désormais au panthéon des archives semi-conductrices, les fins d'après-midi où j'attendais patiemment la version animée de Pac Man (générique de William Lemergie, excusez du peu) et ... Léguman, mon éternel héros hypervitaminé aux jambes en petits pois et à tête de citrouille. Comme quoi l'interprétation des faits peut changer du tout au rien en quelques années: impossible de ne pas avoir honte pour le réalisateur dans ce suit. Car non, je ne vous épargnerai pas ces quelques minutes de supplice télévisuel. Qui osera regarder cette bande jusqu'à son terme? Allez, du courage:

Vidéo Youtube



On est peu de choses, ou comment passer de héros à zéro en totale consternation. Et dire que son réalisateur Roland Topor n'a jamais eu à comparaître devant le TPI. Le Français a la mémoire courte, la preuve ...

Je ne sais pas si raconter des impressions intimes de ce genre peut en interpeller d'autres que moi-même. Mais il s'agit de voir si quelqu'un d'autre peut se retrouver dans ces représentations privées et y trouver un sens commun. Pour péter de nouveau dans la soie: ce serait là un moyen de mettre Frege en bémol et montrer qu'il existe une passerelle entre nos représentations privées et le sens public des mots de tous les jours.
J'ai tenté de décrire mes sensations ou impressions internes, ici. Effet secondaire, sans plus, car rien ne vaut de parler de la madeleine tant qu'on n'y a pas goûté soi-même.


F&H

New Beaaatttt!!!

Publié le 17/01/2008 à 12:00 par schangels
New Beaaatttt!!!
Puisque la journée fut chargée en charges administratives, vous remarquerez peut-être que je ne me serais pas foulé aujourd'hui sur ce blog.
Parce qu'un billet sur l'identité mérite mieux qu'un détour de quelques minutes et une pseudo-réflexion de 10 secondes, je me contenterai de ma madeleine du jour: un petit retour vers une mode musicale vite disparue, mais pas dans mes souvenir de pré-adolescent accro aux Petit Prince, graines de tournesol et dessins animés japonais novateurs pour l'époque.
Le morceau en question: One-O-One et son unique (ou presque) tube "Rock to the Beat".

Vidéo Youtube



Les connaisseurs remarqueront toujours et encore que les quelques paroles de ce titre ont été retouchées pour éviter un éloge à la substance stupéfiante ... "fantasy" remplaçant "ecstasy" et "new beat" prenant la place de "acid" ... deux expressions retouchées parmi trois existantes = 66% de politiquement correct. Pas mal comme moyenne.
Mais peu me chaut et peu m'importait à cette époque, 1988-9, où je ne connaissais même pas le mot "ecstasy" et si peu de tout le reste, d'ailleurs. Quand "innocence" rime avec "insouciance", la madeleine prend toute sa saveur.

ACCIIIDDD!!! Rien que pour rire et se souvenir d'une mode arrivée avec la house music, d'abord bon enfant puis pervertie par le style hautain et arrogant de la techno. A moins que ce ne soit là qu'une Vorstellung liée à ma transition d'ado passé douloureusement de stade pré-pubère à pubère ... Mauvais souvenirs d'époque = mauvaise appréciation de la techno? Possible, mais il n'y aura en tout cas jamais photo dans ma poche entre un vivifiant "The Sound of C" des Confetti's et un mortifiant "Pump Up the Jam" de Technotronic. Cette foutue rythmique en synthé d'arrière-plan, à vous décrocher la mâchoire d'insultes mal réparties d'un gosse de 13 ans ... autre temps (1 an de plus, cela dit), autres moeurs (de "regarde" la new beat à "m'as-tu vu" sur la techno).
Je crois avoir une raison "objective", c'est-à-dire une raison publique d'avoir détesté la techno du débutdes années 90: l'introduction de la rythmique soul parmi les sons électroniques, qui plus est moins sombres et signifiants (c'est mon avis) que ceux de la house ou de la new beat ... rien de plus saoûlant que la soul à mes oreilles, ceci expliquant certainement cela. La boucle est bouclée, peut-être.
La techno, ou comment tremper sa madeleine dans un pot de cornichons.


F&H

Extensionalisons la musique gay (je vous prie)

Publié le 10/01/2008 à 12:00 par schangels
Extensionalisons la musique gay (je vous prie)
Spinoza a dit que "la nature a horreur du vide", sans vraiment que je sache pourquoi; j'ajouterais que les habitudes sont comme les claques: certains feraient bien de se perdre pour éviter quelques abus de langage dont les conséquences ne sont pas minces en politique, anthropologie, économie ... en bref, tout ce qui peut être caractérisé en termes d'ensembles et d'éléments. A savoir: tout.
Au commencement était la patate. "T'sy aimes les psatates?" Tant qu'à parler de pommes de terre, autant passer de suite mon épisode favori des Têtes à Claque avant de passer à des choses plus sérieuses, j'ai nommé le "Willy Waller Two Thousand Six":

Vidéo Youtube



"C'est pas beautiful, lôôô?!!!"
Les patates plus sérieuses concernent la théorie des ensembles et ce que j'appellerai la philosophie du tiroir, c'est-à-dire cette manie de vouloir arranger les idées et concepts en catégories générales plus ou moins heureuses. Souvent moins, lorsque la boîte à outils se transforme discrètement en cage à lapins ... mais je vais m'expliquer.
Reprenons depuis le début: prenons un sac de billes. Le sac est l'ensemble, les billes sont les éléments. Pourquoi tel objet se trouve dans tel ensemble plutôt que dans un autre? La philosophie analytique ne cesse de venir et revenir à cette fameuse distinction de circonstance, celle entre "extension" et "intension". Question de charrues et de boeufs ou d'ordre dans la définition des deux notions ensemblistes: un ensemble se définit par extension lorsqu'il est défini par la somme des éléments qui le composent; un élément se définit par intension lorsqu'il est défini par l'attribut de l'ensemble auquel il appartient. Le sens choisi n'est pas conséquence sur l'interprétation des faits quotidiens, puisque certains parleront de propriétés essentielles lorsque d'autres se contenteront de voir des relations contingentes dans les événements du monde, les choses qui le composent et les propriétés qu'elles manifestent.
Il n'y a donc pas de vide dans le monde, au contraire: la chambre d'un adolescent est tout sauf une classe, où l'on trouvera souvent un slip usé sur le rebord de la chaise et des magazines douteux sous le lit. Mais toutes les mères, je veux dire, tous les spéculateurs ne sont pas les mêmes lorsqu'il s'agit de mettre de l'ordre dansla chambre et de ranger les objets dans des tiroirs. Il y a de bonnes raisons de ranger telle chose ici plutôt que là: sa couleur, sa fonction, son odeur ... une boîte à outil classe les objets selon leurs fonction utilitaire, une boîte de peinture selon la couleur de la gouache, etc. Mais la raison de mettre tel élément dans telle classe devient parfois plus ambiguë. Les philosophes à tendance matheuse ont trouvé quelques astuces pour éclairer les débats, ou plutôt pour montrer pourquoi il ne peut pas toujours être simple. Il y a des classes co-extensionnelles, c'est-à-dire des ensembles distincts qui ont exactement les mêmes éléments. Ces classes ne sont pas légion dans la vie courante, et le philosophe choisit d'habitude l'exemple un peu tiré par les nattes des créatures dotées d'un rein et dotées d'un coeur: dans les deux ensembles figurent les mêmes éléments, que l'on appelle les "humains". Pourquoi tout ce qui a un coeur a un rein? "Pourquoi pas?!", dira le sceptique nihiliste qui s'en bat l'oeil ... "comment le savoir?!", dédramatisera l'extensionaliste pour qui l'identité de deux classes ne s'explique mais se constate seulement.
"Mais où veut-il en venir avec ses patates", se diront peut-être les quelques lecteurs de ce billet? A ceci:
L'abus des classifications apparaît lorsque certains croient sciemment ou non à l'existence de classes nécessairement co-extensionnelles, autrement qualifiées de co-intensionnelles. Le logicien modal nous sort souvent les "mondes possibles" de son chapeau à lapins actualisés: si deux classes ou, synonyme ici, deux ensembles sont co-intensionnels, ce n'est pas seulement qu'ils contiennent les mêmes éléments dans ce monde, je veux dire le nôtre aujourd'hui; c'est aussi et surtout qu'ils contiennent les mêmes éléments aujourd'hui comme à l'époque de Spinoza et de n'importe quel tartampion amateur de patates douces. Co-intensionnel = co-extensionnel dans tous les mondes possibles quels qu'ils soient. Je me dis souvent que l'on n'a pas beaucoup avancé dans l'explication avec ce genre de manipulations mathématiques. Mais on ne gagne pas en explication ce que l'on gagne au moins en description: la définition d'un ensemble par intension en dit plus qu'une définition par extension parce qu'elle prétend qu'il n'est pas possible ou concevable pour certains éléments de ne pas appartenir à un certain ensemble. Pourquoi donc? Sais pas, mais c'est ainsi que fonctionnent une grande partie de nos "raisonnements" ou associations d'idées (= intersections de patates) sur les fonctionnaires, les juifs et les profs.
J'ai mes préjugés sur les profs, sans aller jusqu'à prétendre pour autant qu'il est dans la nature ou l'"essence" du prof de péter plus haut que son centre de gravité ou de dégouliner de fausse moraline vraiment égotiste en tant que tel ... un prof a statistiquement plus de probabilité d'être triste et chiant que gai et pertinent, et je m'arrête là pour la justification de mon préjugé en termes de propriétés contingentes quoique déterminées par des paramètres socio-économiques, voire socio-politiques.
Quant aux amateurs d'essentialisme ou de caractérisation des individus en termes d'attributs ou de propriétés intrinsèques, ils acquièscent à leur insu ou pas à une approche intensionnelle des ensembles, dont les éléments ne sont pas tels par hasard mais en vertu d'une relation qui causale, qui naturelle, qui connexe avec l'ensembles qui les contient. Transition ...
... et la musique gay, dans tout cela?! Je veux dire: y a-t-il carrément une musique gay, ou simplement une musique de gays? Une simple préposition entre les deux termes, mais une grande différence sur la signification des deux expressions. Deux classes peuvent s'intersecter sans raison précise: il y a des boulangers portugais comme il y a des poissons volants, "même si les derniers ne constituent pas la majorité du genre" (des poissons, s'entend). Deux classes peuvent aussi être disjointes par hasard et sans qu'il doive en être toujours ainsi: il n'y a pas de cyclistes noirs sur le Tour de France ni de grandes blondes platinées au Cameroun, mais on explique pas davantage par des raisons culturelles ou géo-climatiques qu'en termes d'essence ou de nature spécifique. Des petites beurs et de jolies noires entrent bien dans les gouvernements, preuve que certains ensembles se définissent foncièrement en termes extensionnels et sans plus.
Mais il y en a d'autres pour qui les intersections sont nécessaires et ne peuvent devenir disjoints: les juifs sont banquiers, les noirs aiment le blues, les communistes aiment Jean Ferrat ... sans quoi ils ne seraient pas ce qu'ils sont. Vraiment? Je ne tirerai pas sur les ambulances xénophobes parce que d'autres s'y sont employés bien avant moi et sans finesse ni pédagogie. Je dirais simplement que certaines classifications ensemblistes paraissent plus légères ou moins justifiées que d'autres, parmi lesquelles la supposée "musique gay". Car l'on met souvent davantage qu'une simple intersection contingente de musiciens et de gays derrière cette appellation: on suppose une classe spécifique et déterminée qui se distinguerait de toutes les autres pour certaines raisons, et pas par simple hasard de croisements de patates. Quelle différence entre la musique gay et la musique faite par des gays? On peut prévoir dans la première expression ceux qui pourront y entrer à l'avenir, parce qu'ils seront reconnaissables comme producteurs de sons ou d'un style qui spécifie la musique gay. Pure fiction arbitraire? Je le crois.

La maladie des "ismes" a contaminé depuis longtemps la philosophie et ses amateurs de tiroirs: il est plus facile de compartimenter des auteurs sous un concept de semi-libertarianisme modéré ou de panvitalisme anti-réaliste tendance nihiliste que de réfléchir posément sur l'auteur initial. Petite pique lancée ici contre cette foutue tendance de la philo analytique à faire entrer de force des auteurs dans des catégories comme on range chaussettes et calsons dans des tiroirs, entre autres. On m'objectera la vertu pédagogique de cette tendance en termes de schématisation commode, tout de même ... il y a des raccourcis qui peuvent être dangereux ou gâcher le paysage. Mais passons et revenons à des affaires plus musicales.

On parle souvent d'une musique gay comme on parle de la musique britpop, de la génération disco ou du death metal. Mais y a-t-il une musique gay? Une musique faite par des gays, homos, pédés, grandes folles ou tantouses ... choisissez le terme que vous voudrez et selon vos affinités.
Je doute qu'elle existe, et ce n'est pour être politiquement correct: on voudrait être condescendant avec ces victimes d'homophobes qu'on ne pourrait pas faire mieux, lorsque l'on affiche son progressisme par une appellation censée les protéger. Les protéger comme on protège les pandas en Chine ou les ours en Slovénie?
Puisque l'heure est à la cérémonie pompeuse du centenaire virtuel de Simone, je rappellerai qu'aucun scientifique n'a encore prouvé qu'il existe une essence, c'est-à-dire une mentalité spécifiquement gay et que les propriétés essentielles permettraient de distinguer des autres types musicaux, voire des autres individus d'une société. Parler d'une musique gay, c'est entrer dans une logique d'inférences ou être gay implique un style, un ensemble d'instruments, un message ou un rythme particulier.
Question: quelle identité artistique se dégage de personnages tels que Brett Anderson, Yukio Mishima, Henri de Montherlant et Freddy Mercury?
Aucune, apparemment, sinon qu'ils ont tenté d'affirmer une personnalité à travers la musique et l'écriture.

Conclusion: parler de musique gay revient à créer des ensembles apparemment factices dont l'identité des membres ne tient qu'à ceux qui veulent voir un homosexuel derrière (sans mauvais jeu de mots aucun) l'artiste en question. Mais de là à trouver à une relation de conséquence ou de cause à effet entre la tendance sexuelle et la créativité artistique comme une raison de faire intersecter les deux ensembles ... tout le monde a besoin de repères ou de modèles théoriques pour expliquer son environnement, ne serait-ce que pour se rassurer ou guider son action. Kuhn et ses fameux paradigmes ne me contrediront pas. Mais encore faut-il s'entendre sur les concepts à choisir pour expliquer les choses et justifier les croisements de patates ...
... quel rapport entre être noir et avoir le feu au corps sur la piste de danse; quel rapport entre être arabe et voler des mobylettes? Dans ce monde possible qui est le nôtre, certains ont la vue courte et refusent l'accessibilité à d'autres mondes. Schématisons: la droite réduit le monde réel au seul monde possible, tandis que la gauche néglige souvent le monde de référence pour se réfugier dans ses idéalités d'autres mondes possibles. Le raciste croit au destin des Patates et à la nécessaire connexion entre certaines intersections souvent dictées par des contingences sociales. Arabe = voleur menteur? Horreur du modèle à monde unique et pour le moins restreint. Peu sont ceux qui s'engageront encore sur ce terrain de l'essentialisme xénophobe voirer raciste, aujourd'hui miné par une large campagne pro-main jaune durant les années Mitterrand. Mais beaucoup le pensent certainement encore au fond d'eux, en toute rumination prudente.
Entre nature et culture, entre déterminisme ethnique et contingence sociale, faites vos jeux mais songez aux conséquences de vos classifications à l'emporte-pièce lorsqu'elles risquent de choquer ou caricaturer leurs cibles en termes de patates nécessairement croisées ou non.

Peu importe; quelle que soit l'intention, la raison ou intérêt de créer des communautés factices ou révisables selon les modes et modèles, parler d'une musique gay m'aura au moins donné l'occasion de lâcher quelques perles (métaphore, ici) de dessous mes fagots.

Tout d'abord, un souvenir de ma prime jeunesse avec le célèbre "Sometimes" (1986) de Erasure:

Vidéo Youtube



Puis un nouvel appel à Jimmy Sommerville, avant qu'il ne passe aux "Communards" et lorsqu'il officiait sous le titre de "Bronsky Beat" (dédicace à Léonid, je suppose). Pour ce tube qui me rappelle tant une époque verdunoise, un gentil cocker bien âgé et une tentative d'enrôlement sous les couleurs rouge et noir de la SA Verdun. Mais je suis le seul à me comprendre ici, tandis que vous reconnaîtrez tous ce si triste, mélancolique et bon "Smalltown Boy" de 1984:

Vidéo Youtube



Et pour finir, un crochet par Feu un groupe splitté en 2003 et dont le leader est à ce point féminin qu'il en serait presque sexy. Je parle de Suede et de son "Animal Nitrate" (1993), que je chantais à tue-tête sous mon casque de mobylette Peugeot 51SU non-kitté en pleine période de Première lycéenne:

Vidéo Youtube



Une propriété commune à ces trois artistes: l'exhibition (au sens d'être désinhibé), la féminité des mouvements peut-être ... mais cela n'a rien à voir avec le style musical ou l'esprit qui accompagne leur musique, et cela devait être dit.
Fiers ou pas fiers, les gays nous font de bons airs et il n'est pas besoin de sortir des drapeaux arcs-en-ciel pour en profiter.
Le barbare est celui croit à la barbarie, a dit Lévi-Strauss (pas un fabricant de jeans, mais je me répète ici) ... Lilian Thuram a dit un jour une chose plutôt sensée (comme quoi tout arrive, même en football): "Le racisme disparaîtra le jour où les gens ne me verront plus comme un noir", sous-entendu que l'on n'est pas ce que l'on est pour une question de taux de mélanine. Pas bête, non, mais pas pour demain ni aussi simple que cela. Pour plagier l'anthropologue, je dirai tout au moins que l'ensembliste est celui qui croit aux ensembles. Cela vaut pour le mathématicien comme pour le logicien intensionnel, le raciste, le xénophobe ou le botaniste. On a besoin de patates, tout le monde l'accordera. Reste à s'entendre sur la façon de les éplucher.


F&H

Hymne à la vie (donc) à la mort

Publié le 06/01/2008 à 12:00 par schangels
Hymne à la vie (donc) à la mort
La vie est synonyme de mouvement; le repos est bon pour les morts. Or si le danger implique la mort, ne faut-il pas vivre sans danger? Raisonnement implacable en modus tollens: si A => B, alors ~B => ~A, où A est le danger et B sert à la vie.
Oui mais voila: la logique suppose que l'on accepte ses prémisses avant d'adopter la conclusion, et les jeux ne sont faits ici que pour qui assimile la vie à l'absence de mort. Mais répète après moi, sophiste endimanché: Tha-Na-Tos. Quand les contraires s'attirent, la morale se bouche le nez et les prémisses en prennent un coup. Dont acte ...

A tous ceux qui apprécient les courses de dératés et l'odeur du bitume surchauffé, je dédie cet hymne à la vie dangereuse et aux conséquences assumées qui s'en suivent. Débilité sans nom? N'insultez pas trop vite Feu Ayrton qui, toute sa carrière durant, n'a cessé d'aimer la vie sans se soucier davantage de ses points-retraite; on peut avoir le goût du sublime morbide sans détester l'existence, et ce devrait être une évidence pour qui ne confond pas vivre et survivre, quantité et qualité, longueur et densité ...
Je n'ai aucune attirance personnelle pour l'huile Motul et les vrombissements de moteurs qui détruisent les tympans. Mais je connais certains amateurs de la course des côtes d'Abreschviller parmi les visiteurs de ce billet et qui y trouveront leur compte. Qu'ils viennent donc expliquer leur adulation de la vitesse et de la force motorisée; ils en savent bien plus que moi à ce sujet et bien plus que certains prêts à les réduire à l'absurde sans même les avoir écoutés.
Pétons dans la soie quelques secondes, voulez-vous: le futurisme n'a-t-il pas servi de caution intellectuelle au mouvement et à l'action par-delà les raisons de se mouvoir et d'agir, quitte à oublier la classique opposition entre les prémisses de mort et de vie qu'elle dépasse? Nouvelle illustration éclatante du Aufhebung de la logique hégélienne, diront certains que bien peu comprendront. Idéologie amorale donc dangereuse sous roche, dira-t-on sinon et non sans raison. Mais des raisons existent de préférer la voie contraire, donc patience avant la censure.
Autre question pour les mordus d'itération:
Est-il si irresponsable d'être responsable de son irresponsabilité?

En attendant des réponses à ce problème philosophique pas peu sérieux (raison vs. action? simplification!), je lâche cette bombe à retardement du Sepultura nouvelle version: "Sepulnation".
Avis aux sceptiques: écoutez donc avant de railler la voix lourde et rauque du successeur de Cavalera. La puissance d'ensemble et la construction soignée des arrangements méritent que l'on s'arrête deux secondes sans réduire le tout à un produit de cro-magnons insensibles, sous le prétexte dissimulé et infondé que sensibilité=douceur. Question d'expression, rien de plus.

Vidéo Youtube



Obrigado pour eux, même s'ils s'en cognent ...
"Viva la Muerte", comme dit un autre. Ou "Long Live Death", selon que le souvenir du Caudillo vous indiffère ou vous écorche les oreilles. Joli oxymore à méditer pour mieux le surmonter, dans tous les cas.


F&H

Gallagher & Cie

Publié le 05/01/2008 à 12:00 par schangels
Gallagher & Cie
"La Perfide Albion, toujours nous le mettra dans le fion".
Pardonnez la crudité de la formule, mais elle s'impose à moi lorsque je me rappelle la condition musicale de la France actuelle face à la resplendissante créativité de nos voisins d'Outre-Channel. Si la culture (autre notion qui me fait servir mon revolver virtuel lorsque je l'entends débité à tort et à travers) est le signe de la vitalité d'un pays, alors merci pour eux qui se portent très bien. Pardonnez si je ne suis pas d'humeur à cocoricoter sur un fumier qui me sert de trône laxatif et que j'appelle l'exception culturelle. Elle me fait une si belle jambe, celle-là ...
Passons plutôt à la britpop, ce qui nous fera des vacances l'espace d'un billet.
Courte, mais bonne parenthèse en l'honneur des deux frangins nonchalants, insultants, insouciants et non moins touchants (au sens de décapant, s'entend; et sûrement pas de larmoyant, comme d'autres que vous devez sans doute déjà deviner):
- le chanteur Liam, de son vrai prénom William John Paul (né le 21 septembre 1972 à Burnage, banlieue de Manchester);
- le guitariste Noël, né le 29 mai 1967 dans la même ville mythique.
Je m'associe au plaisir de beaucoup d'autres par le biais de mon petit préféré: "Go Let It Out", tiré du quatrième album "Standing on the Shoulder of Giants".
Les deux a(l)colytes donnent l'impression de se détester, mais cela ajoute encore à la postérité du groupe.

Vidéo Youtube



Ville mythique, pour le moins: comment expliquer la pléthore de petits génies minimalistes issus de l'Angleterre industrielle? Appelez-moi le jour où la France produira un équivalent de la Factory et nous trouvera une contrepartie tricolore à: Joy Division, les Buzzcocks, Durutti Column, New Order (of course), les Happy Mondays ... et je ne cite que les cas mancuniens, ici. On passera Kasabian, Kill the Young, Blur et tout le bon garage (semi-pop) rock qui sent bon la pinte, les fish&chips et la désinvolture si distinguée dont les Britishs ont su faire leur marque de fabrique.
Et nous, dans tout ça: Sanseverino, Cali, Benabar, Olivia Ruiz, et ... et merde, tiens.

Question polémique: le génie serait-il sorti des rues sans la crise industrielle, le chômage de masse, le tatchérisme et la crise de civilisation? En d'autres termes: aurait-on pu accumuler autant de bonheur musical sans malheur existentiel? Hegel is still alive ...

Petit concentré d'anglitude dont je ne me lasserai pas de sitôt: "Please find enclosed my fucking finger in your nose", so to say. Hou wheee, come what may ...


Happy Mondays: "24 Hour Party People" (le film éponyme vaut son détour)

Vidéo Youtube



Joy Division: "Transmission" (film biographique sorti récemment: "Control")

Vidéo Youtube



Un petit crochet amusé par le ska et les fabuleux pinteurs de Madness: ce classique dont vous connaissez tous le titre.

Vidéo Youtube



Un dernier crochet complice du côté des ex-ennemis n°1 d'Oasis: Blur pour les mobs branchés vs. Oasis pour les prolos de ManCity? Faites comme chez vous, on en profite.

Vidéo Youtube



Je m'arrêterai là, pour l'instant.
Les Anglais ont décidément quelque chose dans le son et la tête que nous ne serons jamais foutus d'assimiler. Question de culture? Il y a de quoi sortir son révolver de dépit. Patrick Eudeline ne devrait pas dire ni penser le contraire, me semblera-t-il.
La recette: moins de moraline, plus de peptine. Moins de beaux sentiments, plus de bons ressentiments. La fête dans les têtes, quoi.
C'était bien la peine de relancer Charles VII pour entendre du Calogéro et De Palmas à longueur de temps, exception culturelle oblige. Shit again, tiens ...

Rock&roll-mobs!!!


F&H

Qui n'a pas eu sa madeleine?

Publié le 04/01/2008 à 12:00 par schangels
Qui n'a pas eu sa madeleine?
Qui n'a pas eu sa madeleine ne peut savourer la nostalgie.
Loin de moi l'idée d'assimiler nostalgie et mélancolie, ou de ressasser de vieux souvenirs sous prétexte que c'eut été mieux avant ...
Juste l'occasion de glisser quelques impressions aigres-douces entre un billet de philo et un délire à la Pérusse: aigres, pour l'impression gênante que laisse toujours le souvenir de ce que nous avons été et ne serons plus jamais (ou un truc dans le genre); douces, parce que ces moments de musique associés pour toujours à un événement de notre jeunesse expliquent sans doute bien des choses sur notre caractère d'adulte.
"Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirai que tu es"...
Soit. Alors partons dans une sorte de psychanalyse larvée, avec pour première banderille un clip qui ne m'avait pas laissé indifférent. Vraiment pas ...

Vidéo Youtube



J'associe toujours et encore ce froid et efficace morceau à la visite en famille du Struthoff. Rien de plus gai que l'ambiance musicale ci-dessus, à laquelle j'associe encore ces quelques images gravées dans la mémoire: un gigantesque mur blanc (rapport à ma taille de l'époque) où figure la représentation noire et schématique d'une sorte d'homme universel; à l'intérieur du bâtiment, des tableaux où sont illustrés les conditions de "vie" des prisonniers; des toilettes colorées au milieu d'une salle sombre et humide ... pas de traumatisme à la sortie puisque, prime jeunesse aidant, je croyais visiter une caserne. "Les scènes de fouet sur les tableaux? Punition de rigueur pour bidasses désobéissants" ... L'ignorance a du bon, dans ces circonstances.
Tout ceci expliquant cela? M'en plains pas.

Les visiteurs peuvent me laisser volontiers leurs suggestions de bandes sons nostalgiques, avec en prime une description des souvenirs personnels qu'ils associent aux morceaux. Pas pour faire concurrence à la radio du même nom, dont le fond de commerce repose tous les soirs de 20h à 24h sur la catégorie des trentenaires de mon espèce; mais pour donner l'occasion de partager des souvenirs communs. Un patrimoine musical est à construire, donc, et je vous invite à en poser les premières pierres.
Pour les non-Lorrains: passer à l'occasion du côté de Commercy ou Liverdun, goûter aux succulentes madeleines dont ces deux villes se sont fait(s) les spécialistes.
"Fait", ou "faits", ci-dessus? Un billet s'impose sur les règles d'accord du participe passé pour les verbes réfléchis, sans parler des accords au pluriel pour les mots composés (cf. "aigres-douces", plus haut). Cultivons-nous dans la joie! Amen.


F&H

Manifeste contre un ourson

Publié le 30/12/2007 à 12:00 par schangels
Manifeste contre un ourson
Petite dédicace en l'honneur d'un rapeur sacrément bourlingueur ... MC Jean Gab'1.
Je n'aime pourtant pas le rap, ses Merco tape-à-l'oeil et sa mentalité arriviste à tout prix. Ce n'est pas mon monde, tout simplement; ce qui ne m'a pas empêché d'avoir l'oreille attirée par une sorte de titi black parisien.
Il a bourlingué, disais-je: maison de correction en Allemagne, trafics en tous genres (mauvais, s'entend), tentative d'enlèvement de Catherine Ringer en échange de rançon (!) ... l'homme aime jouer et régler ses comptes avec les mots. Ecoutez-le dans ses interviews télévisées, on croirait entendre un personnage tout droit sorti d'un Audiard version XXIe siècle. Le gaillard est violent et ne s'en cache pas ... pas du genre à disserter sur la factivité des verbes d'attitude, pour ainsi dire. Mais après tout, Hume n'aurait-il pas laissé entendre autrefois que la force de l'habitude est déterminante en tous genres? Dont acte, pour le moins.
MCJG'1 est en conflit ouvert avec pas mal de célébrités rapeuses de "notre" France black-blanc-beur, parmi lesquels Joey Star (déglingueur de singes et humaniste pas-tenté) et Booba. "Booba": un bouffon sans grelots dont la voix imite le rachitique du bulbe, ou bien? Je pose la question, c'est juste que ce type me fait plus tristement rire que frémir. Peut-on prendre au sérieux un supposé gangster dont le "staïl" frôle (voire baigne allègrement dans) la caricature? A Jeannot le soin de nous le dire ...
Ecoutez donc ce clip, vous comprendrez le rapport aux petits oursons et vous rappelerez en passant au bon souvenir des dessins animés de notre jeunesse (je m'adresse en priorité aux trentenaires, ici).

Dicton du jour: "le comble du racisme, c'est de tringler ce qui reboute".
La classe, Jeannot! Hommage du fromage blanc à un sculpturiste dont les répliques fusent aussi vite que les balles. En bref: "que du bonheur" (citation de F. Ribéry, j'ai mes sources)

Vidéo Youtube




F&H