Créer un blog Présentation

Nom du blog :
schangels
Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
25.12.2007
Dernière mise à jour :
17.05.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· blagounettes (9)
· cinéma (57)
· citation (98)
· divers (187)
· karaokons (32)
· musique (55)
· philosophie (218)
· politique (40)
· sport (30)
· tops 5 (22)

Navigation

Accueil
Livre d'or schangels
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Citation du jour: qui a dit ...
· Citation du jour: qui a dit ... (12)
· Après BHL, Pierre Desproges
· Visage: "Fade to Grey"
· Petite Cure, en attendant ...
· Entre actes ...
· Coups de pub: suite et non-fin
· Ma langue au Katz? Pas encore!
· Cage à goûts-goûts
· Human League: "Don't You Want Me Baby"

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

Tabernacle
14.05.2008
kekoidonhou
14.05.2008
kekoidonhou
14.05.2008
qui ?
13.05.2008
TonChifreDeMedLà
04.05.2008
PuréCéClips
04.05.2008
Pas2Post
01.05.2008
philosophie
01.05.2008
Dé-laborisons en groupe, certes
01.05.2008
*** Bon 1Er Mai à Toutes et Tous ***
01.05.2008
Futur immédiat
29.04.2008
???
28.04.2008
bonjour
20.04.2008
V.F., please!
11.04.2008
foot
10.04.2008
bonjour
09.04.2008
foot et bières
31.03.2008
Du foot et de la cervelle
31.03.2008
Du foot et de la cervelle
31.03.2008
Qui a dit
26.03.2008
RSS

Blogs 5 à découvrir :

· toutlesipods
· cooperationmangasnet
· itachiboss
· titelive
· zeliasblog
· mamiegifs
· monblogsonorsonar29
· aubesludi
· carocmmc
· poetic

politique

Misère du Symbolisme

Posté le 21.04.2008 par schangels
Il fut une époque, lointaine, où les traités politiques et philosophiques servaient à imaginer des mondes futurs bien gouvernés et régis par quelques idées bien agencées ... de Thomas More à Cabet en passant par Campanella, pour les utopistes; de Babeuf à Proudhon en passant par Marx, pour les communistes ... à gauche, toute. Sans faire injure aux théoriciens de droite, cela dit, parce que les idées ne sont pas l'apanage de la gauche, loin de là. Retranchez les affirmations lapidaires de toute prétention à l'universalité, et vous obtenez des jugements plus nuancés que l'ambiance kantienne des universaux analytico-transcendantalistes laisse de marbre. Et c'est tant mieux, nonobstant un contenu moins facile à décrypter mais moins simpliste à faire mener par le bout du nez ... mais je m'égare une fois encore, tel le vieux cowboy admirateur du Duc et qui ne peut s'empêcher de pérorer à chaque fin de ligne qui n'arrive pas.
Ceci pour en venir à un chiasme de bon ton, qui semble être la marque de fabrique de ce boboïde faussement gentillet: le maire kiss cool d'une capitale qui plie et finira par rompre, Bertrand Delanoë. Hier, Joseph Proudhon avait rédigé une "Philosophie de la Misère" à laquelle Marx avait vertement répondu par une "Misère de la Philosophie". Aujourd'hui, Mister Bobo J'ai Pas Mal à la Tetê (à force de tout miser sur le pathos, pour sûr) propose un nouveau Symbolisme de la Misère dans notre monde pas gentil: le Tibet et ses dissidents armés de courage comme incarnation de la liberté d'expression face à la machine de guerre chinoise. A quoi j'oserai répondre par une non moins verte (tendance Benamias, à la non-rigueur) Misère du Symbolisme. Mélanchon lui-même doute de la manoeuvre, mais pour des raisons de vieux laïcard poussiéreux qui reviennent à assimiler le bonze à l'imam. Ou l'art de mettre toute religion dans un seul et même sac, ce qui discrédite l'ensemble.

L'événement en question, qui n'est autre qu'un véritable non-événement pailleté: aujourd'hui, lundi 21 avril 2008, sa majestueuse sommité parisienne (tendance Paris Dernière, rapport à la pluie dont il est visiblement l'engence) a déclaré le Dalaï-Lama et Hu Jia citoyens d'honneur de la ville de Paris. S'il est une mission que le premier se devrait de remplir pour faire honneur à son tout frais titre d'honneur, c'est celle de sauver le PSG et jouer le même rôle de dynamiseur de vestiaire que Yannick Noah avant la finale de Coupe de l'UEFA remportée en 1996 ... autre temps, autre moeurs.
Misère du symbolisme, et plutôt trois fois qu'une:

- six ans jour pour jour après un pseudo-cataclysme du 1er tour des érections pestilentielles et son attendue marée noire dans une France déclarée pétainiste par quelques intellos en mal de concepts rigides,
- quatre mois avant de futurs Jeux Olympiques tout à la gloire d'un Empire oriental sur son 31 et trois ans après une défaite amère de la candidature de la ville de Paris aux JO de 2012 (aucun rapport, dira-t-on sans trop de mal, encore que),
- le même jour que celui où le comité national du Parti Socialiste (le sien, pour rappel) lance un grand aggiornamento ayant pour but de délester le programme commun de ses dernières scories marxistes du Congrès d'Epinay de 1971,

B.D. (à colorier de rire) déclare la guerre à la guerre et voue son amour pour la Paix Universelle ... amen.
C'est à une sorte de [pé] phonétique que je pense lorsque je constate ce genre de mascarades médiatiques ... quel intérêt dans ce genre de processions irénistes, et quelle est la valeur d'un acte dont les conséquences sont strictement sans aucun danger pour son protagoniste? Sinon celui de briller sous les feux de la rampe (à laquelle il pourra toujours se frotter pour (se) faire du bien à sa côte personnelle), je ne vois pas.
Il fut une époque où la fraîche République de France avait déclaré l'Américain Thomas Paine citoyen français par excellence en raison de sa lutte pour la cause du nouveau régime à vocation universelle. Il fut une époque où Hugo parlait de corps que l'on pouvait emprisonner mais de consciences malgré tout inviolables, alors que toute opposition au pouvoir en place entraînait quelques séjours de plusieurs années en prison. L'Auguste Blanqui en sait quelque chose, et je ne pense évidemment pas que les geôles chinoises diffusent Paris Première derrière leurs barreaux. Mais peu importe à notre Bertrand si gentil et si propret, qui ne risque pas de les fréquenter après un tel coup d'éclat façon Ultra Brite.

La morale de cet ensemble n'est pas de condamner aux oubliettes toute action prétendûment politique dès lors qu'elle n'est pas provocatrice ou risquée. La morale est simplement de remettre l'église au milieu du village, pardon: la mairie au milieu de la place ou le cerveau au milieu des affaires publiques, laïcisme oblige. Il y a les causes perdues, souvent nobles pour ce qu'elles ont de tragique mais de digne; puis il y a les causes d'autant plus indignes qu'elles sont imperdables et reviennent à lancer un référendum sur la paix dans le monde. Un peu de questions plus pesantes, je vous prie, crottes sous la semelle du monde oblige ... car que sommes-nous, nous les Français, sinon des coqs sans odorat et qui nous égosillons sur le purain de notre propre condition? Faut-il le rappeler pour y gagner en humilité.
Questions quizz, donc ... Qui sait quoi du Dalaï Lama? Qui a entendu parler de la sédition persistante des Ouïggours et des aspirations autonomistes globales des populations de confession musulmane à l'Ouest de la Chine? Qui se soucie de l'unité du pays et de son importance pour le Parti Communiste Chinois, pris entre trois eaux séditieuses des musulmans, des Tibétains et des Taïwanais? Qui s'est demandé le temps qu'il a fallu pour que l'Europe actuelle fasse sienne l'habeas corpus des Anglais, la philosophie des Lumières et le libéralisme politique, alors même que les discours behavioristes du clan Bush en territoire irakien (= "les Irakiens deviendront des démocrates si on les fait voter") sont réduits à l'absurde ici même?
Pas Bertrand, ou du moins fait-il tout son possible pour faire oublier ces détails qui constituent malgré lui le lot quotidien de l'Histoire du Monde. Ratzel est moins connu qu'Ingrid Bétancourt, certes. Et d'ailleurs, pourquoi faire du cas de cette dernière un cas d'ampleur désormais internationale, sans que jamais aucun commentaire ne soit fait dans nos journaux de nos deux sur la cause centrale du mouvement FARC? A croire que, décidément, le manichéisme béat a la dent dure. Tout l'art est de ne pas tomber pour autant dans le cynisme le plus indifférent en retour.

Aux socialistes de coeur (et surtout de raison) qui lisent ce billet: lisez Pascal Boniface, géopolitologue officiel directeur de l'IRIS et qui fut membre du PS avant d'en démissionner pour ses complaisances communautaristes; ou encore Hubert Védrine, bien plutôt que d'écouter ou, pire, de lire Delanoë et Royal: les uns pensent avec leur tête lorsque les autres pètent par leur cul, faute de mieux sans doute. N'a pas réfléchi sur l'alter avant d'ambitionner pour son seul ego qui veut, certes.
Laissons-nous aller à cette danse commune des lendemains qui chanteront, lorsque des fleurs pousseront sur le canon des chars et que la démocratie d'opinion finira par l'emporter pour de bon sur le vieil idéal des opinions démocratiques.
Rien de tel qu'une telle humeur moqueuse pour rappeler au souvenir d'une bien bonne chanson pop-ulaire: "Sowing the Seeds of Love" des Tears for Fears (1990), sortie quelques mois avant le début de la Guerre du Golfe et la fin des illusions de fin de l'Histoire à la Fukuyama.

Image ou texte alternatif



Et pour finir sur le même ton et la même époque, un non moins excellent souvenir utopiste de REM avec un "Shiny Happy People" aussi peu prophétique que le précédent:

Image ou texte alternatif



Peu importe l'issue, tant que le bon goût musical est là. Quant au bon goût politique des éclats médiatiques, c'est l'apanage de la Nouvelle Vague post-marxiste que de surfer sur sa vague. Delanoë à l'Elysée en 2012? Chouette, Metz aura droit à sa plage improvisée et ses artistes techno-branchouillards déversés tous les week-ends via le TGV Est.
Un dernier détail, qui sera le mien: lisez Badiou et son discours de l'avenir communiste dans "De quoi Sarkozy est-il le nom?" Il rappelle au souvenir des idées qui déterminent les actions, lorsque les caméras s'éteignent et que l'on remballe les sachets à cotillons et paillettes. Delanoë ou l'emblème moderne de la Florence décadente. Panem et Circenses ... et mon trident de gladiateur dans ton derrière, tu le sens? Patience ...


F&H

Blanc comme Néant

Posté le 24.03.2008 par schangels
A se demander à quoi sert un parti politique ... pour ceux intéressés par la politologie, ou science politique, quelques auteurs ont tenté de définir la chose et montrer qu'il n'est pas inutile de glisser le billet dans la fente le temps de soirées paillettes. Selon Julien Freund ou Raymond Aron, les partis politiques sont des groupements d'intérêt commun dont le but déclaré est de proposer un système d'organisation global de la vie en société. Les sujets traités sont à l'échelle du territoire à gérer, bien sûr, et la façon de gérer une voirie municipale n'est pas l'apanage de la droite ou de la gauche. Quelques trivialités de bon aloi, ici, avant de passer à d'autres trivialités pourtant passées sous silence. Et même pire: quelques trivialités érigées en nouveau mode de gouvernance. Ou lorsque mon cul devient un poulet fermier élevé au grain qui enraye la mécanique.
J'ai voté Bayrou lors du premier tour des élections 2007; non pas pour le personnage ou son programme, faute d'en avoir vraiment un. Simplement par impure stratégie de blocage des deux gros partis en place, PS et UMP en face-à-face de culs bénis réunis. Mon idée de base, à l'époque: voter pour Bayrou permettrait de perturber les résultats des deux partis principaux en présence, et d'éviter à la fois l'adoubement d'une pitoyable Jeanne d'Arc pleine de faux bons sentiments maternels ou le sacre d'un petit excité plus soucieux de son nombril que de l'avenir de son pays. Pas de jugements de facilité, s'il me plaît: il est d'autant plus aisé de railler le Petit parvenu aujourd'hui que son projet de relancer le pouvoir d'achat est un échec.
Mais là n'est pas mon problème, ni l'objet de ce billet: l'objet est plutôt celui de comprendre ce qui anime ce fieffé Modem sans fief. Que veut Bayrou et ses potes, à la fin, et comment veut-il y parvenir si tant est qu'il veuille autre chose que la chute de ses ex-amis de la droite républicarde?
La présence de Fifi les Grandes Oreilles au second tour aurait eu le moindre avantage d'éviter la dérive de la surenchère et le clivage des tendances qui droitières qui gauchères au final. Installer le centre pour la finale aurait ainsi permis de trouver un autre créneau principal que la sécurité dans les banlieues ou le SMIC à 1500 euros (mêmes bruts), c'est-à-dire: aurait évité de tomber dans les solutions de facilité démagogiques sans garantie et sans lendemains qui chantent. Sauf pour les croyants et militants de tous bords, ce qui revient au même.
Conclusion: j'ai voté blanc au second tour, incapable de choisir entre la Poitevine trop bonne pour être franche et le Neuilléen trop hyperactif pour être réfléchi. A quoi bon? A rien, sinon un geste de civisme gratuit pour les autres puisqu'il revient à pisser dans un violon. Peut-être finira-t-on par admettre que voter pour personne ne signifie pas voter pour rien. La chose aurait aidé pas mal d'électeurs du second tour de 2002, lorsqu'il s'agissait de simuler la pince à linges sur le nez afin d'éviter le retour de la dictature fasciste. Comme quoi les personnalités de la politique et du show-bizz ne prennent pas leurs électeurs pour des adultes responsables, sans quoi ce genre d'excès rhétorique n'aurait pas lieu d'être.
Que se passerait-il si le vote blanc devenait candidat fictif mais à part entière? Le FN n'aurait sans doute jamais rassemblé autant de votes contestataires sur son dos; un moindre soulagement pour tous ceux plus soucieux de l'image de la France dans le monde que de l'état d'âme d'un prolétariat laissé à l'abandon par la gauche socialiste boboïsée. La solution: le Modem? Ni gauche, ni droite, sans être nostalgique de l'OAS et tout en louant pour certains le souvenir d'un MRP oecuménique? Tu causes bas, François ... bas des pâquerettes et ras la moquette, lorsque tu prétends révolutionner les pratiques politiques par un discours du vide dysentérique. Union avec la gauche par-ci, alliance avec la droite par-là. Acceptable pour des élections municipales, lorsqu'un maire est élu et s'occupe de la gestion de la piscine du coin plus que de la question stratégique du Kosovo ou du Tibet. Mais après, je veux dire: plus loin que les villes et au niveau de l'Etat? Une gestion prudente, une réunion de personnes compétentes, dit-il sans préciser ce qu'il entend par ce terme on ne peut plus flou.
Flou: la marque de fabrique d'un parti orange aussi clair dans ses intentions que les oranges ukrainiennes il y a peu de cela. Rappelons au plus grand nombre que la politique consiste avant tout à proposer un système de gestion général d'une cité sur la base de principes moraux et économiques communs. La mondialisation et la fin des idéologies aidant, le discours se recentre toujours plus et le paysage politique français ressemble toujours plus à celui du Bundestag allemand. Certes: autant éviter la démagogie des solutions radicales et miser sur la prudence décisionnaire. Mais jusqu'à quel point: oublier les principes qui justifient la relance du pouvoir d'achat ou le soutien des capitaux des petites entreprises; oublier le rôle de l'immigration dans le monde du travail et la question de l'identité française, si tant est qu'elle soit autre chose qu'une sorte d'inconscient quotidien; oublier la mission que la France s'attribue dans le monde actuel et les relations qu'elle veut entretenir avec les principaux acteurs du monde actuel, des Yankees à la Chine en passant par le Proche-Orient? Rien de tous ces détails apparemment mineurs n'ont jamais été abordés par ce gentil suiveur giscardien et dépositaire de l'Europe unie de Schumann. Celui dont la maison-musée se trouve à quelques kilomètres de ma chère ville de Metz (Scy-Chazelles, pour être précis), passée à gauche depuis une huitaine de jours mais dont le séisme politique ne se justifie que par la désillusion générale des porte-feuilles et manigances politicardes ...
Tout ceci pour rappeler que quelques spéculateurs plus ou moins oubliés tels que Julien Freund ou Raymond Aron avaient fait de la politique une science dirigée vers un but bien défini; à croire que la fin du bloc soviétique et l'écroulement de la classe ouvrière en France a mis fin aux discours tranchés pour laisser place à un milieu mou timoré, plus lâche que prudent et plus indécis que jamais sur ses orientations premières.
A choisir entre rien et quelque chose de désagréable, j'avais fait mon choix au premier tour. Puis le choix du vote blanc au second, faute de trouver autre chose de plus crédible. Ce pays n'a pas de projet, pas d'envie, pas de courage. Sinon celui de renier 1968 dans les quartiers de rupin et de faire de la gauche une grosse guimauve pour bobos amateurs de peinture néo-cubiste. Il ne suffit pas d'être prétendûment compétent, sieur Bayrou: il s'agit de savoir quelle route prendre lorsqu'on est agile du volant. La compétence n'évite pas d'aller dans le mur lorsqu'aucun itinéraire bis n'existe à proximité. La raclée de la semaine dernière a montré tout au moins qu'il ne suffit plus de proposer "autre chose" et de prôner la troisième voie pour être entendu.
Troisième voie? De garage, certes, mais sans doute pas une troisième façon de penser l'économie, les institutions ou la géostratégie d'un pays. La véritable victoire d'un Modem mi-figue mi-raisin signerait la véritable victoire d'une pensée unique définitivement soumise au marché unique et à la loi du plus offrant sur le marché mondial. L'option d'un juste milieu social-démocrate ou, mieux, social-libéral est trop simple pour être vraie si elle veut concilier la compétition mercatique à la charité chrétienne. Pas évident que l'on trouve mieux d'ici loin, mais pas sûr non plus que se soumettre à un principe d'économie politique sans plus jamais le remettre en doute soit un signe de vitalité.
Et le vote blanc, dans tout ça? Il ne sert à rien, n'a rien de très respectable mais sert tout au moins de réponse claire et nette pour tous ceux soucieux de faire le geste électoral sans en attendre rien en retour. Pas certain que la prise en compte de ce vote lors des suffrages ait d'autre intérêt que celui d'éviter le vote des extrêmes, pour tous ceux gênés par la chose: le danger de ne voter pour personne risque d'avoir pour effet une relance du discours démagogique dans les partis majeurs et un jeu de la surenchère qui n'aura pas d'autre conséquence que celle que le compte du vote blanc devrait servir à éliminer: la déception, la colère, le dégoût.
Vote blanc ou pas, le vote sera nul tant que l'électeur n'aura pas ce qu'il obtient et, surtout, ne saura pas au fond pour quel résultat il vote Tartampion plutôt que Chepraleu.
Quand le gros comique disait entre deux sketchs gouailleurs que la démocratie revient à "causer toujours", il avait raison et la majorité le savait bien sans trop le prendre au sérieux. Quand Malraux disait que le véritable homme politique est celui qui sait prendre des décisions contre la volonté de son peuple et dans l'intérêt général, il avait raison et tous les gaullistes l'ont d'autant plus applaudi que c'était un temps où les Français faisaient encore confiance à leur chef incarné. Et maintenant? Qui aime le poker aime sans doute la politique actuelle, le discours pragmatique et la nouvelle gouvernance: une sorte de bluff dont le principe consiste à ne jamais trop promettre tout en caressant le sens du poil d'un électeur moyen prêt à suivre le premier G.O. venu. Gentil Organisateur de futurs lendemains qui chantent mais pas trop fort, si tant est qu'il existe. Tant que ça ne saignera pas et que le frigo ne sera pas totalement vide, tout ira pas trop mal. Merci pour nous.
Au final, pour quel parti se prononcer? Le parti d'en rire, en attendant mieux:

Image ou texte alternatif



Solution de facilité, celle de critiquer tout et de faire rien? Certes, mais je n'ai pas mieux à proposer que de constater mon indécision totale en matière de décision à prendre. Sinon celle d'oublier le principe de la gestion de la vie en commun et d'en venir à un libertarisme pour le meilleur et le pire. Mais responsable, tout au moins.

F&H

Et-pis-phénomène

Posté le 24.02.2008 par schangels
"Epiphénomène": phénomène secondaire, lié à un autre dont il découle.
"Et-pis-phénomène": chose insignifiante dont la nécessité d'être énoncée est mise en doute par l'interlocuteur ("et pis, alors?")
Exemple ...

J'ose caser sous la rubrique "Politique" ce qui confine au pathétique ... dans l'air du temps, en même temps.
La dernière pitrerie électorale me vient tout droit(e) de ma propre cité chérie: Metz et sa fière Place d'Armes, où l'une des candidates n'a pas trouvé mieux que lancer un nouveau gadget pour marquer sa campagne d'une empreinte indé(lé)bile.

La personne en cause: Marie-Jo Zimmermann, députée estampillée UMP et Présidente de la Délégation aux Droits des Femmes et à l'Egalité des Chances. Car oui: même les femmes peuvent participer aux délires collectifs, et tout le monde a sa chance pour la mairie de Metz. Suffit d'y mettre les formes (pas d'attaque personnelle, ici). Une cause noble à laquelle notre M-J locale associe une casserolle de circonstance
... L'objet du crime: un ballon dirigeable de 5m d'envergure, tout jaune paré (couleur de trahison par dessous la ceinture?) et qui l'accompagnera à chacune de ses empoignades si amicales lors des meetings de quartiers.

Laissons de côté la couleur de l'étiquette politique en question, je vous prie, et contentons-nous de méditer quelques secondes. Mais pas plus non plus, car je sais le temps de n'importe quel badaud plus précieux que ça et même celui d'une victime d'Alzheimer. Quel est le rôle de ce gadget, sinon de marquer les esprits d'un joujou joli et gentil qui procède par répétition? Telle la réplique publicitaire facile à retenir ou la marque de lessive passée en boucles sur les chaînes publiques, Marie-Jo nous installe enfin dans le 20e siècle de la politique américaine et ne manquera pas d'y ajouter les cotillons, majorettes de service couleur grenat et le feu sacré du Graoully aux fesses ...
... à quoi bon ces dépenses ludiques, sinon celui de retenir l'attention par un procédé aussi simple qu'insignifiant? Plus digne que de montrer ses fesses en public ou, telle la Cicciolina à ses heures de gloire remplie d'allégresse (et du reste), de parader dans un verre de champagne taille géante pour s'y faire peloter allègrement par tous les électeurs convaincus de ses deux arguments de poids. On comprendra également que la candidate de notre cru n'a pas les moyens d'attirer la foule sur ce registre, non plus. Mais à force de faire digression sur les principes et d'égarer les esprits par des divertissements aussi inutiles pour le fond que très utile sur la forme, la différence entre un gros cul défoncé et un ballon de fonceuse se fait plus mince. Grossièretés de circonstance.

Quel slogan associer à ce magnifique instrument de com'Eddie: "Gros comme un ballon, et plus jaune qu'un citron, c'est la Zimmermann"? Sais pas, je propose.
Non pas qu'il faille tirer sur les ambulances, ruer dans les brancards, casser trois pattes à un canard, ou autres ritournelles à l'emporte-pièces (mais pas au paradis); mais l'événement présenté ce matin dans le tire-jus du coin (Le Républicain Lorrain) était assez hilarant d'insignifiance pour que la chose fût signalée ici. Des fois que l'on fasse mieux, ailleurs en France d'ici les deux semaines à venir ...

Pompidou avait introduit la campagne à l'américaine et le 4e pouvoir dans notre hexagone, il y a plus de trente années de cela. L'onde s'étend donc doucement, mais sûrement et jusqu'à ma bonne ville de Metz. Que les socialistes mesquins et bas du front (pléonasme du militant qui se respecte? facile) ne se satisfassent pas trop vite de la chose: leur candidat Dominique Gros n'ignore pas plus le jeu de la communication, que j'ai déjà vu arriver devant les portes du Stade St Symphorien bon pied bon oeil, le style du candide calculé et la bicyclette à la main. Comme pour mieux marquer sa fibre écolo et son goût du vélo. Tout cela rime avec charlot, et m'en contenterai pour la peine.
"C'est de bonne guerre", dira le militant à qui on ne la fait plus. "C'est très con et ça coûte des sous", dira le donneur de leçons misanthrope à qui on ne la fait toujours pas.

Epiphénomène, donc. Mais un peu moins déjà, s'il me donne le prétexte à passer ce sublime album de Led Zeppelin. A commencer par son morceau introductif très à-propos, "Communication Breakdown":

Image ou texte alternatif



Ce fameux album du volume I dont la couverture représente le dirigeable Hindenburg lors de son explosion en plein vol. Notez que, de Hindenburg à Zimmermann, la gutturale ne varie pas à la syllabe près et nous laisse entre deux appellations germanisantes. Même langue, même destin? Attention, Marie-Jo, si je puis me permettre l'injonction de fortune: gare à ce que ta communication ne parte pas en fumée derrière les flammes d'un dirigeable couleur coquelicot.
Allez Marie-Jo? Certes, mais où ... plutôt que de voter pour ta bannière presque étoilée (pas possible de toute façon; suis pas Messin), permets-moi de prendre congé et te quitter pour des auspices plus favorables et moins compromettants. "Babe I gonna leave you", si je puis me permettre de nouveau la familiarité avec la future maire(sse) potentielle de Metz la Belle. Et pour cause, que voici:

Image ou texte alternatif



Qu'il est facile de railler les publicités de rigueur comme on tire sur des ambulances nécessaires. Mea maxima culpa, même si tout contribue à mon péché rhétorique.
Viendra peut-être le jour où la gestion d'une cité sera elle-même remise en cause, où les politicards bouderont les électeurs facétieux et proclameront la grève générale de la cause commune. C'est alors que nous remonterons à nos arbres de départ et méditerons avec Aron et Freund (Julien) sur la raison de tout ce bastringue procédural.
Qu'en disent les fous?


F&H


Vive le Roi?

Posté le 19.01.2008 par schangels
Il n'y a que deux jours de cela, j'ai pu constater à quel point la lucarne peut passer de consternante à remarquable lorsqu'elle y met du sien. Encore que le jugement d'appréciation ne tienne qu'à moi, mais c'est bien cela que l'on me permet de faire en démocratie. Démocratie, ou le pouvoir de causer toujours tant que les SMS tombent et rapportent aux chaînes si soucieuses de la doxa rentable. C'est de bonne guéguerre car, après tout, l'économie de marché n'est-elle pas le pire des systèmes économiques à l'exception, bien sûr, de tous les autres. Je m'arrêterai ici, faute de pouvoir comparer avec d'autres rapports de force que je n'ai pas encore ni n'aurai peut-être jamais l'occasion de tester.
Remarquable, disais-je, au sujet d'une émission pas trop tardive pour mes paupières et que France 3 diffuse en seconde partie de soirée, entre deux feuilles de chou de la jolie nièce de l'autre cireur de pompes professionnel. L'émission s'appelle "Ce soir ou jamais" et, franchement, j'ai apprécié le niveau de discussion auquel se sont mêlées plusieurs femmes féministes un mercredi soir, car il y a loin de la "femme féministe" au truisme. Bien plus qu'aux truies, mais c'est sans doute ici le porc de macho qui parle en moi; je renvoie toutefois à ma loi des propensions, cette tendance ni déterministe ni purement contingente mais qui expliquerait pourquoi les rombières poilues ont bien des raisons de défendre une cause lorsque la Nature leur interdit de pouvoir jouer sur l'autre tableau, celui des jeux de séduction moins cérébraux.
Que les amateurs de "faut pas généraliser", "c'est pas toujours le cas" et autres expressions soulageantes pour la conscience d'avance gênée se félicitent d'avance: les femmes présentes sur le plateau étaient non seulement subtiles dans leurs arguments mais séduisantes dans leurs traits de visage et leurs gestes d'analystes. Certes, je reste plus attiré par l'innocence sensuelle de la pouliche béate que par la voix pétaradante et péremptoire d'une Simone de Beauvoir au regard de Kalachnikov. Mais force est de constater que l'on peut être jolie sans être superficielle, et il ne suffit pas de le dire poliment pour le croire vraiment. J'ai regardé, j'ai constaté, j'ai acquiescé ... la femme qui devient telle et conquiert son autonomie, la féminité qui se construit et ne se donne pas pour rester menottée aux fourneaux ... rien que de très connu, mais c'est dans les détails apportés sur les réflexes machistes que l'émission a pris tout son intérêt. D'autant plus jubilatoire pour les neurones qu'elle a donné l'occasion de découper en fines tranches miss Sylviane Jospin-Agacinski, égérie féministe sur d'autres plateaux (Arte, une semaine plus tôt) et qui avait parlé d'une sensualité inhérente à la femme parce que disposée à porter l'enfant et, donc, à faire preuve de plus de douceur que le poilu viril. Si ce n'est pas là un discours déterministe contraire à la logique féministe ...
Encore que ... on pourrait défendre la femme de l'ex-trotskyste en parlant de propensions à la douceur plutôt que de détermination naturelle; mais le plateau de France 3 n'a pas fait cette distinction de principe, sans que cela n'enlève rien au mérite de son présentateur. Même combat le lendemain de l'émission: invitation du premier producteur des Pink Floyd pour la sortie de son livre sur l'ambiance hippie des années 60 et son influence sur les mentalités publiques.
Pink Floyd: très bien, ce qui me donne un prétexte pour diffuser le premier morceau connu du groupe de Syd Barrett (un nom prédestiné, pour le moins), avant que celui-ci ne parte en sucette et laisse la place encore chaude à Roger Waters. "Arnold Lane", de suite:

Image ou texte alternatif



Vestige d'une époque psychédélique où le principe était de n'en avoir aucun, afin de repousser les limites du convenu et d'ouvrir de nouvelles portes pour la conscience. Une bien autre époque. Excellente basse de fond avec son jeu de decrescendo, excellente voix déjantée et maîtrisée de Syd ... mais ce n'est pas le sujet du billet qui, je le rappelle, porte sur la démocratie et sa tendance à nous abrutir à coups de marteaux reposants. Surtout pour le cerveau. Voici un texte que Desproges avait présenté en mars 1986 et qui, si on l'ajoute au "cause toujours" de Coluche et à la société du spectacle de Debord, nous donne une image plutôt cohérente de notre jeu de dupes quotidien. Place.



La démocratie

Est-il en notre temps rien de plus odieux, rien de plus désespérant, de plus scandaleux que de ne pas croire en la démocratie? Et pourtant, pourtant ... moi-même, quand on me demande: ''Etes-vous démocrate?'', je me tâte. Attitude révélatrice dans la mesure où, face à la gravité de ce genre de question, la décence voudrait plutôt que l'on cessât de se tâter.
Un ami royaliste me faisait récemment remarquer que la démocratie était la pire des dictatures, parce qu'elle est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité. Eh oui, réflechissez-y une seconde, c'est pas idiot. Pensez-y avant de reprendre inconsidérément la Bastille. Alors qu'en monarchie, en monarchie absolue notamment, la loi du prince refuse cette attitude discriminatoire puisqu'elle est la même pour les pour et pour les contre. Vous me direz que cela ne justifie pas que l'on aille dépoussiérer les bâtards d'Orléans ou ou ramasser les débris de Bourbon pour les poser sur le trône de France avec la couronne au front, le sceptre à la main et la plume où vous voudrez, je ne sais pas faire les bouquets ...
Mais convenez avec moi que ce mépris constitutionnel des minorités qui caractérise les régimes démocratiques peut surprendre le penseur humaniste qui sommeille chez tout cochon régicide. D'autant plus que, paradoxe, les intellectuels démocrates les plus sincères n'ont souvent plus d'autre but, quand ils font partie de la majorité élue, que d'essayer à tout prix d'appartenir à une minorité. Dans le milieu dit ''artistique'', où le souci que j'ai de nourrir ma famille me pousse encore trop souvent à sucer des joues dans des cocktails suintant de faux amours, on rencontre des brassées de démocrates militants qui préféreraient crever plutôt que d'être douze à avoir compris le dernier Godard et qui méprisent suprêmement le troupeau de leurs électeurs qui se pressent aux belmonderies boulevardières. Parce que ça aussi, c'est la démocratie: la démocratie, c'est la victoire de Belmondo sur Fellini; c'est aussi l'obligation pour ceux qui n'aiment pas ça de subir à longueur d'antenne le football et les embrassades poilues de ces cro-magnons décérébrés qu'on a vu s'éclater de rire sur le charnier de leurs supporters. La démocratie, c'est aussi la loi du Top 50 et des mamas gloussantes reconverties en dondons tisanières. La démocratie, c'est quand Lubic, Mozart, René Char, Reiser ou les batailleurs de chez Polack, ou n'importe quoi d'autre qu'on puisse soupçonner même de loin d'intelligence est reporté à la minuit pour que la majorité puisse s'émerveiller dès 20h30 en rotant son fromage du soir sur le spectacle irréel d'un béat trentenaire figé dans un sourire définitif de figue éclatée, et offrant des automobiles clefs en main à des pauvresses arthritiques sans défense et dépourvues de permis de conduire.
Cela dit, en cherchant bien on finit par trouver au régime démocratique quelques avantages sur les seuls autres régimes qui lui font victorieusement concurrence dans le monde actuellement, ceux si semblables de la schlag en botte noire ou du goulag rouge étoilé. D'abord, dans l'un comme dans l'autre, au lieu de vous agacer tous les soirs entre les oreilles, je fermerais ma gueule en attendant la soupe dans ma cellule aseptisée. Et puis aussi dans l'un comme dans l'autre, chez les drapeaux rouges comme chez les chemises noires, les chefs eux-mêmes ont rarement le droit de sortir tout seul le soir pour aller au cinéma du coin bras dessus bras dessous avec la femme qu'ils aiment. Les chefs des drapeaux rouges et les chefs des chemises noires ne vont qu'au pas cinglant de leurs bottes guerrières, le torse pris dans un corset de fer à l'épreuve de l'amour et des balles. Ils vont, tragiques et le flingue sur le coeur; ils vont, métalliques et la peur au ventre vers les palais blindés où s'ordonnent leurs lois de glace. Ils marchent droit sous leurs casquettes, leurs yeux durs sous verres fumés, cernés de vingt gorilles pare-chocs qui surveillent les toits pour repérer la mort.
Mais la mort n'est pas pour les chefs des drapeaux rouges ni pour les chefs des chemises noires; la mort n'est pas aux fenêtres des rideaux de fer. Elle a trop peur ... La mort est sur Stockholm; elle signe d'un trait rouge sur la neige blanche son aveu d'impuissance à tuer la liberté des hommes qui vont au cinéma, bras dessus bras dessous, avec la femme qu'ils aiment jusqu'à ce que mort s'ensuive.



J'en connais personnellement qui se retrouvent dans ce texte et préféreraient une monarchie constitutionnelle à notre république démago, d'autant plus sujette à caution qu'elle permet à quelques-uns de vivre sur la contribution du plus grand nombre pendant plusieurs mandats, aux frais de la Grande Putain dont nous sommes tous les responsables en chef et ne rechignons pas à profiter souvent des gâteries. Pain et jeux à volonté, le temps du moins d'un billet glissé dans la fente.
J'en connais d'autres, dont moi-même, qui préfèrent parler des hommes plutôt que des régimes mais qui, l'effort n'est pas manifeste, lorgnent du côté des Bataves ou des Ibères pour constater combien la prise de la Bastille était plus une disposition historique qu'une nécessité de l'Histoire avec un grand "H". Nous sommes encore drogués de ce mythe unificateur que l'on fait passer en douceur à grands coups de mémoire collective. Laquelle a bon dos, mais nous y reviendrons ailleurs.
La démocratie a encore des années devant elle tant qu'elle nous donnera l'occasion de produire des esprits critiques et chagrins en son sein, tant qu'elle nous donnera l'occasion de réfléchir sur l'accord des participes passés selon la place du complément ... on ne fait que causer ici, mais ce n'est pas déjà pas rien et c'est tant mieux.
Le propre du démocrate n'est-il pas de vouloir devenir libre tout en se demandant s'il en est capable ou si cela a même un sens? Je vous laisse juges de Desproges, du temps qu'il fait et de la différence peu substantielle entre le droit d'être un homme qui en démocratie par le peuple, qui en monarchie pour le peuple. Peuple: autre totem qu'il faudrait apprendre à corriger également. Ce blog est là pour ça, après tout, d'autant que la loi des SMS payants ne risque pas de faire la loi entre ces lignes et vos écrans. Faire l'effort de commenter et discuter sans voitures promises clefs en main à l'appui: un geste de démocrate qui se respecte, ou bien?

Je profite de l'occasion pour envoyer un autre passage d'anthologie des Pink Floyd: "Goodbye Blue Sky", tiré de leur album le plus célèbre ("The Wall", 1982) et qui reflète l'argument le plus couramment utilisé en faveur du régime démocratique. Conclusions hâtives et amalgames grossiers à venir, mais je reste quoi qu'il en soit admiratif devant ce morceau morbide tiré de l'enfance sans père de Waters et qui m'avait bien tourneboulé la première fois:

Image ou texte alternatif



Face à ce gigantesque contre-hymne à la boucherie des guerres modernes, je répondrais simplement que la démocratie n'est pas un régime plus propice à défendre de la pire violence que les autres, monarchie en particulier. On risque moins de partir au casse-pipe avec une assemblée parlementaire que sous l'emprise d'un dictateur assoiffé de conquêtes, il est vrai; voter pour Briand était moins rentable pour les cimetières que voter pour Hitler, certes. Cela étant, la volonté de puissance et les conséquences catastrophiques des progrès techniques et industriels sont, elles, les véritables raisons de cette boucherie que l'Europe du vingtième siècle aura vécu comme le début de sa fin et que les démocraties n'auront pas su éviter, loin de là. La faute aux dictatures, qui ont commencé les premières? La faute surtout à la concentration progressive de moyens destructeurs jusqu'à la création de ce que le Président Eisenhower appellera le "Complexe Militaro-Industriel". Qui a lancé les armées de masse, l'endoctrinement des populations et la justification de "guerres pacificatrices" au nom de grands principes transcendantaux? Pas les monarchies et leurs Empires à têtes d'aigle menaçants, que je sache, mais bien plutôt les héritiers de notre Révolution Française et sa jolie Marianne aux joues roses, prêts à assumer les hectolitres de sang déversés en leur nom lorsqu'il s'agissait d'améliorer la nature humaine. Raisonnement de base: pourquoi ne pas éliminer des millions d'hommes imparfaits présents au nom de futurs hommes parfaits? Il y a des coups de martinet qui se méritent, il y a des épurations qui ne s'avouent pas mais qui s'expliquent dans le texte. Les amateurs contemporains de votes SMS ont ce moindre mérite involontaire de ne pas tirer de plans sur la comète, plus soucieux de sauver leur chanteur de soul favori que de s'interroger à risque sur le sort de l'espèce humaine. Ou l'avantage de ne pas s'instruire pour ne pas fomenter les pires idées, fautes d'idées généralistes à l'appui.
La socialisation des idées supérieures aux actes, voila ce que Waters a regretté rétrospectivement mais qu'il s'est contenté d'associer au Churchill de son enfance.
Assimiler la démocratie au moins pire des régimes est sans doute une erreur: une majorité qui se trompe est-elle préférable à une minorité qui vise juste? L'avantage du démocrate est de jouer sur le relativisme et de prétendre que "vox populi, vox dei". Soit ... mais qu'on ne vienne pas dire de la démocratie qu'elle est le meilleur rempart contre le nationalisme, comme le fit Mitterrand au début des années 90 pour justifier Maastricht d'un très sec "Le nationalisme, c'est la guerre". Ou l'art de conclure une démonstration inexistante par une lapalissade sur laquelle tout le monde s'accorde mais qui a peu à voir avec le sujet de départ. Je veux parler de la guerre comme castastrophe à laquelle toute politique qui se respecte doit chercher un moyen de se préserver. Mais lisez Carl Schmitt, si ce n'est pas là trop cher payer le prix d'une courte réflexion; et peut-être reviendrez-vous de ce postulat eudémoniste auquel nous sommes plus ou moins habitués et qui finit par faire le droit.
Pas plus la démocratie que la monarchie ne sont à jeter sans hésiter, d'après moi; je me contenterai seulement d'exclure la dictature pour ce qu'elle a d'atrophiant en termes de jeux cérébraux. Ce n'est pas la nature d'un régime qui donne le pire, mais ce que l'on en fait et ce que l'on peut en faire. Impossible de lever une armée de masse meurtrière à grande échelle sans concentration quasi-industrielle des pouvoirs; impossible de menacer quiconque d'une destruction de masse sans des moyens technologiques à l'appui. Plus un problème de nombre et de moyens qu'un problème de régime, donc. La quantité fait la qualité ou point trop n'en faut, pour ainsi dire.
Rousseau fit éloge de la république de Genève, on l'a moins entendu sur les conséquences d'une république hypercentralisée qu'il n'aura pas eu le temps de connaître. Un Chouan a moins de sang sur les mains qu'un sans-culotte, mais que ne tolérerait-on pas au nom de l'amélioration planifiée de l'espèce humaine et la libération des esprits par la conquête des territoires? "Mieux vaut le pouvoir de Tous que le pouvoir de l'Un?" Pas d'accord tant que l'Un garde la tête sur les épaules et ne joue pas au va-t-en-guerre suicidaire. Folie collective n'est pas incompatible avec assemblée représentative, après tout.
On n'en a pas fini avec les raisonnements simplistes de type démocratie=liberté=vie et autocratie=violence=mort. On n'a pas fini de tarir d'éloges le Clémenceau "Père la Victoire", que le proprette Françoise Giroux (féministe au rabais, parmi d'autres) avait couvert d'éloges dans un ouvrage de fortune. A quand un ouvrage sur Clémenceau le Père "Saignement à blanc des industries de la Sarre et de la Ruhr", vieux tribun mégalomane qui avait installé Adolf sur un plateau de fer à force d'accroître la frustration d'un peuple vaincu et humilié? Poursuivons ces rectifications en douceur, dans la limite de mes capacités de consommateur moyen.
Je terminerai sur deux expressions de notre bonne sagesse populaire, bien synthétiques à souhait:
- le mieux est l'ennemi du bien
- les bonnes intentions, l'enfer en est pavé.

Précision: si vous misez sur le pouvoir aux femmes comme rempart le plus sûr contre la tentation guerrière, c'est que vous n'avez rien compris à ce billet ou que vous portez une opinion contraire; auquel cas elle sera la bienvenue ici. A bon entendeur ...


F&H

Démocrate: toi-même!

Posté le 09.01.2008 par schangels
Pour résumer le billet à venir:
"Toute société a la démocratie qu'elle mérite", sous-entendu qu'il ne faut pas se plaindre de l'image que l'on reflète dans l'eau.

Pourquoi faut-il faire du qualificatif ''démocrate'' un terme mélioratif en soi, à supposer qu'il n'y ait pas notion plus vertueuse en politique? Je suis né et mourrai sans doute dans une démocratie, ce qui ne me donne donc pas les moyens d'en juger en connaissance de cause.
Et malgré tout, je laisse à votre réflexion deux citations trop connues pour figurer en première place parmi les autres de ce blog.

La première:
La démocratie est le pire de tous les régimes, à l'exception de tous les autres

Avantage de cette formule: elle joue sur la contradiction en prétendant qu'on peut à la fois le pire et le meilleur, ce qui nous ramène deux billets en arrière au sujet des oppositions contraires; et me donne l'occasion de préciser en quoi cette formule fait sens tout en jouant sur les interdits logiques: la démocratie n'est le pire des régimes, ou elle l'est à rigueur lorsque l'on omet les méfaits de tous les autres. Donc elle n'est pas le pire des régimes lorsque l'on tient compte de tous les autres. Donc elle est le pire et n'est pas le pire des régimes sous deux rapports différents, selon que l'on ignore les autres ou non. Donc il n'y pas de contradiction simultanée et sous le même rapport. Donc sophisme.

La seconde:
La dictature, c'est ''ferme ta gueule''; la démocratie, c'est ''cause toujours''.

Je ne ferai pas l'injure de rappeler l'auteur de cette citation toujours aussi digne d'un Guy Debord; je m'arrêterai au moins sur le sens qu'elle dissimule en termes de relation d'offre et de demande.
Explication: la démocratie est le résultat de l'expression du peuple qui décide de ses gouvernants et au nom de sa volonté générale. Voire, et plutôt deux fois qu'une. Qu'est-ce qu'une volonté "générale", sinon le primat de certaines volontés particulières sur les autres? Rousseau avait noté que la démocratie est d'autant mieux appliquée que le ratio représentants/représentés se rapproche de 1. Sûr qu'il est plus simple d'accorder les électeurs entre eux s'ils sont peu nombreux: l'agora antique et la Suisse actuelle ne nous feront pas dire le contraire. A bas le jacobinisme centralisateur, vive le fédéralisme des régions pour la Nouvelle Europe? Voire aussi, pour des raisons non plus politiques mais économiques. Solidarité ... nous y reviendrons.
Entre l'élitisme déprimé d'un Tocqueville (''tous des glands en acte'') et l'élitarisme déprimant d'un Jack Lang (''tous des génies en puissance''), je préférerai sans dandysme post-moderne aucun le cynisme des primeurs de Pierre Desproges. Loin de vouloir dépasser les apparences, baignant au contraire dans les jugements bien sentis parce que de surface, je n'ai pas trouvé mieux pour résumer la perennité de la démocratie depuis l'anneau de Gygès de Platon ou les hommes-loups de Hobbes.

Schématisons quelque peu:
- la droite punit ce que les gens font et feraient mieux de ne pas faire;
- la gauche bénit ce que les gens pourraient faire mais ne font pas;
- Desproges se moque de ce que les gens ne font pas et n'auraient pas les couilles de faire, lui le premier et peut-être moi le second.

Coluche + Desproges = un mélange de cynisme lucide sur l'offre et la demande économique appliquée en politique. Sans oublier toutefois que d'autres penseurs moins médiatiques se cachent derrière leurs formules passées elles à postérité, pour la bonne raison qu'elles sont vite éclipsées par les autres sketchs bien moins subversifs des deux comiques maîtrisés dans la lucarne.
La démocratie ou l'expression politique de la demande qui crée l'offre, témoins les élections récurrentes et les institutions qui veillent à la bonne application de leur fonctionnement? Et peut-être mon cul est-il du poulet: à en croire le sens inverse, force est de constater que médias, opinion publique de Monsieur Tout le Monde et sondages de questions préméditées sont à l'élection libre ce que la confiture Bonne Maman est au cochon qui rit. Il y en a qui croient agir sciemment lorsque la main invisible manipule leurs membres, des cerveaux jusqu'aux boules à papa. Le propre du malade mental est de se croire en bonne santé, sans quoi il ne serait pas malade. Géniale alternative que je laisse à disposition dans ce billet, entre ceux qui veulent changer les choses par inconscience et ceux qui ne font plus rien ou laissent tout passer par trop de conscience.
Mais il existe toujours des esprits critiques parce que polémiques avant tout; or le Léviathan étant si bien huilé et préparé à sa propre remise en cause, il a cet avantage de pouvoir ingérer jusqu'à ses propres contradictions: le comble de la démocratie est d'être le seul des régimes à laisser parier sur sa propre perte pour être d'autant mieux jugée par tous. Et vogue la galère s'il s'agit de parler sans entraves, quitte à pisser dans des violons ...
''Kékidi, p'tit con? Tu te plains de vivoter en démocratie, mais qu'aurais-tu espéré sous la guerre?!'', réplique typique de l'ancien combattant et qui ne mérite pas le mépris qu'on lui inflige de nos jours. Car j'y arrive, grand-père: loin de prétendre prôner la république enfin totale des esprits intégralement éclairés, je n'ai aucune idée précise de ce que peut être une lumière naturelle et m'en tiendrai à cette conclusion provisoire sur le régime de ma vie:
Entre la démocratie et la dictature, la tyrannie ou un quelconque totalitarisme dont les médias de nos jeunesses ont su nous écoeurer avant même que nous en ayons à en faire l'expérience, je choisis la démocratie comme presque tout le monde et toujours par défaut; tout en rappelant, j'insiste, que raisonnement par défaut et raisonnement défectueux ne sont pas synonymes.

Tout ce billet pour en arriver là: "je suis démocrate, j'aime la démocratie"? Question de nuances ou degrés dans les termes d'affection.
C'est juste que, entre le mépris souvent justifié des élites démocrates et la schlag toujours douloureuse des polices politiques, entre l'odeur de rance et l'odeur de mort, la raison se fait vite discrète, les courbatures se font vite sentir et le choix se fait donc d'autant plus vite parmi les (vieilles) peaux douces dont je suis. Je n'ai pas encore trouvé ''meilleure'' explication de ce qui perpétue la tradition démocratique en France, frigos remplis et force d'inertie à l'appui.
Que l'on rappelle le mérite des morts pour le droit à l'expression et le devoir de défendre un patrimoine politique, certes; encore faut-il entendre ce qui sort des clapets pour signer des deux mains en connaissance de cause. Progrès des temps modernes: on n'a plus tant envie de sortir de revolver en entendant le mot ''culture'' qu'en constatant notre état d'inculture. La faute à qui, sinon nous-mêmes et tout un chacun? Pas grave, tant qu'il est possible de faire du débat et donner écho pulic à nos expressions privées. Cause toujours, je te dis. Et peut-être un jour jugera-t-on le droit d'expression en termes de ses conséquences manifestes sur notre environnement quotidien. Mais le violon à l'odeur de pisse devrait encore avoir de beaux jours liquoreux devant lui.

Je reviendrai bientôt sur un sketche de Desproges et sa façon de voir la démocratie, pas très différente de ce que j'ai écrit ici puisque m'inspirant dans une large mesure.
On finira cette note douce-amère par un morceau choisi pour la cause: une bonne dose de ''Democracy'' par les Killing Joke.

''You have the choice, we have your voice'' (traduisez: quel choix? quelles voix!)

Image ou texte alternatif



On regrettera peut-être le style ampoulé du chanteur et l'ambiance un peu trop "1984" de l'ensemble, puisque les démocraties modernes ont cela de confondant qu'elles savent s'imposer sans paraître en avoir besoin. Les dictatures finissent toujours par tourner en révoltes justifiées; pas les démocraties, faute de justification aussi évidente à l'appui ... mais je retiendrai des K.J. la force dégagée par l'ensemble des instruments de musique, comme toujours et bien avant les paroles ou le chant.
Autre témoignage de cette remarquable formule de la sagesse populaire (le retour), selon laquelle c'est le ton qui fait la musique. On l'a dit, entre bouffis.

Mais il est temps de me taire: sur l'écran de télévision (qui "rules the nation") passe devant moi un hommage posthume à Simone de Beauvoir, d'autant plus à tarir d'éloges qu'elle n'emmerde plus personne depuis longtemps. ''L'expression existentielle du droit à la parité moderne''; une formule toute faite pour nos Ministres de la Culture ou Premier, tant qu'à ajouter du pipi dans la grande bassine vide qui occupe chacun de nos salons. ''Noir, c'est noir ...'', au moins une vérité logique (quoique) à laquelle je souscris, qui ne casse pas trois pattes à un CRS et ne cherche pas à faire du bruit pour rien. J'y souscris donc, en bon apolitique.


F&H

Dédicace à Olive

Posté le 25.12.2007 par schangels
Dédicace au donneur de leçons bourguignon. Ecoute donc Michel, ça rend humble ... car toi, tu l'es pas.

Image ou texte alternatif



F&H

Montebourg ... moi le mou

Posté le 25.12.2007 par schangels
(Photo: une belle tête de vainqueur)

Petite humeur en direction de nos politiques.
Parmi lesquels le plus péteux de ceux que je connaisse actuellement, et bien plus encore que le condescendant Copé: j'ai nommé, Olivier Montebourg, député rhéteur au discours vermoulu et qui doit sans doute se masturber sur les photos de Clémenceau et Jaurès ... j'exagère? l'erreur est dans l'excès? Permettez que je pratique l'homéopathie face à l'auto-proclamé "jeune lion" de Saône-et-Loire. J'en rugis de honte... portrait-robot:
Son discours sent la moraline laïcarde et la leçon républicaniste sortie tout droit d'un roman à l'eau (de) rose de Pagnol (sans l'accent, nous voila sauvés).
Quand l'apparence s'estompe et que la politique reprend le dessus, notre gentil iréniste bourguignon range les beaux discours et négocie en sous-main (normal, même pour lui?!!): notre parlementariste très 3e République mais fervent partisan de la 6e République (le neuf attire toujours les jeunes loups ou, lions, ou ... je ne sais plus avec ce mouton des champs bêlant) ne s'est pas embarrassé de scrupules pour s'inscrire au fan-club de la blogosphérique Ségolène Royale, quitte à oublier que celle-ci n'est pas dérangée par le turbo-capitalisme de l'Europe bruxelloise (eh, Olive, la Gauche Républicaine te dit encore quelque chose?!).
"C'est pourquoi je me permets d'intimer l'ordre à ce moraliste de campagne qu'il ferait bien de fermer son claque-merde." La realpolitic, ca s'assume. Certains le font très bien mais, oups, ils sont à droite. Cruel dilemme, Olive.
Aussi ridicule que tes discours pleins d'emphase empruntés et à l'odeur de naphtaline. notre photogénique Rachida Dati t'avait détruit sur RTL, un mercredi soir avant les élections; j'en avais presque eu du plaisir au volant ...
Tu n'es pas le pire, certes, mais tu es si loin des meilleurs orateurs de notre siècle précédent que tu ferais mieux de rester dans l'ombre et gérer ta commune, en bon épicier. Tout le monde a besoin d'un épicier dans son secteur, bien plus qu'un faux beau parleur.

Fin de l'humeur politique. Ce ne sont là que des impressions, mais le style fait l'homme et je n'aime pas celui de ce roquet zozotant. Voilà, c'est dit.
Ecoute André, jeune député pédant:
IL EST PLUS FACILE D'ACCORDER LES ELECTEURS SUR LEUR DESIR D'ALLER AU CIEL QUE DE LEUR DONNER LES MOYENS D'Y ALLER (allocution de Malraux pendant la campagne présidentielle de 1965, contre Mitterrand; la formule est toujours aussi d'actualité).

F&H

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus