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schangels
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Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
Catégorie :
Blog Loisirs
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25.12.2007
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13.10.2009

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Consanguins et or

Publié le 30/05/2009 à 19:50 par schangels
Consanguins et or
La photo: Franck Ribéry. Ex-messin de raison, ex-boulonnais de coeur. Content pour l'autre, indifférent pour l'un.


C'est donc signé pour un an de plus, dans le bas-étage des petits stades aux petits matchs ... non pas qu'ils soient tous grandioses et inoubliables à l'étage du dessus, loin s'en faut; mais la manne des droits TV ne fait jamais trop de mal aux petits clubs en mal de recettes les fins de mois.
Note: pas un mot polémique du journaleux de service Sébastien Vuillaume, correspondant sportif du FC Metz pour notre canard boîteux local du Républicain Lorrain. Pas un mot sur les histoires bancales d'impayés de fin de mois, pas un mot sur la sorte de lutte des classes de riches installée dans les vestiaires grenats depuis quelque temps, semble-t-il ... connivence, ou ignorance? Incompétence ou complicité de silence, c'est selon.
Mais le mal n'est pas là, en ce lendemain de dernière journée où le Grand Est a pris un sale coup de gnaule frelatée dans la musette. Ni Metz, ni Strasbourg n'auront retrouvé leur place attitrée après un an de purgatoire liquéfiant. La cause? Une autre sorte de connivence venue du Nord, après que les Sang-et-Or du RC Lens aient laissé échapper trois points lors de l'avant-dernière journée. Trois points pour qui? Pour les voisins Boulonnais, pardi! Un joli service rendu à ce petit port nordiste, un petit miracle offert par le gros lensois au petit voisin de Bouligne-sur-Mer.
De la peu gracieuse accusation de débilité consanguine à la copulation nordiste fertilisante, il n'y a finalement que l'espace d'une saison ... de la banderole insultante des Boulogne Boys à la montée incroyable des boys de Boulogne, il n'y a qu'une centaine de kilomètres de distance.
Comme quoi les petits arrangements entre amis ne font jamais de mal aux amis; parole de Ch'tis. Le Grand Nord qui pavoise, avec pas moins de quatre clubs en Ligue 1 version 2009-2010 (Lille, Lens, Valenciennes, et Boulogne-sur-Mer). Le Grand Est qui compte ses deux plaies ... Comme quoi l'ancien pacte germano-autrichien du Mondial 82 a repris des couleurs vives près de la mer du Nord, en cette fin de saison où bien des gros bras ont été dé-boulonnés. Mais qui pour s'en indigner, sinon le président du RC Strasbourg écoeuré par ce petit jeu de dupes de la dernière heure?
Pas de doute que l'Alsace-Lorraine aura bien joué avec le feu au point de cramer leur saison, que le coup de pelle derrière la nuque ne sera pas venu d'une autre paluche que de la leur ... mais tout de même ... rageant pour le Grand Est, autre région victime d'un effet Ch'ti qui aurait la bonne idée de se faire plus discret à l'avenir. Merci pour nous, les grands du petit Est où seul le club au chardon surnagera parmi l'élite l'année prochaine. Voire Sochaux, mais on ne parle décidément plus du même Est si ce besoin est.
Qui donc lavera l'Alsace de cet affront, sinon le voisin Derrick et son mythique larbin de service à la touffe blondine? Paix à son âme et ses boulettes de viande. Rappelons-nous au bon souvenir de maître Horst docteur ès déprimes de début d'après-midi; un moindre réconfort, par ces temps qui courent contre nos fanions:


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Fahne hoch? C'est du propre! La Fricadelle a gagné une bataille sur le Bretzel, certes. Patience ...


F&H

Une saison en enfer

Publié le 23/05/2009 à 00:06 par schangels
Une saison en enfer
Une de plus, tout au moins ...

... à force de jouer avec un feu qui n'a rien de sacré, le club aura fini par brûler ses dernières cartouches de la saison 2008-2009 et épuisé son dernier espoir de remontée directe. Un minimum syndical même pas satisfait, au final. Un sacré gâchis, à défaut: des adversaires directs toujours assez polis pour perdre ou ne pas gagner lorsque Metz ne faisait pas mieux dans le même temps. Des nuls ou défaites accumulées à la pelle chez d'autres équipes pourtant moins étoffées: nuls de dernière minute à Boulogne ou à Vannes, défaites amères à Troyes ou Clermont, défaites étouffantes à domicile contre Boulogne (en août dernier), puis contre ... le même Clermont il y a un mois à peine. Trop de points lâchés entre-temps, et malgré toute la bonne volonté de concurrents directs pas mieux lotis. Un championnat au trio de tête un peu moins instable que le groupe des grenats blafards. Voilà tout, pour une fin des haricots qu'on n'a pas fini de sentir côté digestion incommodante. Accident industriel, un de plus. Et pas à moitié, cette fois. Le pire dans l'histoire de club, de mémoire de supporter de l'avant-dernière génération.

... une saison de plus à végéter dans l'enfer nauséabond de la Ligue 2 et ses matchs si souvent insipides, où l'écho trouve droit de cité dans les travées d'un stade souvent désempli et les cris d'enfants invités de force par groupements de cars entiers dissimulent tant bien que mal le vide d'un désamour en progression constante.
Traduction: Metz a osé gâcher ce soir sa dernière chance d'une énième ascension en Ligue 1, la seule à l'image de son palmarès et son histoire. Terrassé face au petit Ajaccio, qui plus et après six matchs d'affilée sans pouvoir décrocher une moindre victoire. La tâche n'avait pourtant rien de plus rude que lors des deux derniers supplices à domicile: 0-0 face au dernier de la classe, avant un 1-1 miraculeux face au 18e. N'en jetez plus. Le Graoully ne crache plus de feu et plus rien de sacré ne brûle autour de Saint Symphorien. Morne plaine.

Et maintenant? Un budget encore réduit de 15 à 11 millions d'euros. Une misère qui laisse croire à quelque bonne recrue flairée de dessous les fagots. Une ancienne tradition des années 80 et 90, perdue entre-temps pour d'improbables mercenaires synonymes de gabegie fatale: Padovani (accident industriel), puis l'Ukrainien déprimé Skatchenko, le Polonais transparent Zewlakov et le Coréen tout pourri nommé Han (gloire éphémère d'un Mondial 2002 trompeur) témoignent de cette absence de flair devenue chronique. Des actionnaires qui ne resteront pas pour la bonne odeur huileuse des casse-dalle made in Steinhof; pas plus que Serin, l'actionnaire principal de la métallurgie qui promettait plus qu'un nouveau stade et dont le nom de famille ne rimera pas plus avec philanthropie que mécénat. Des joueurs cadres forcément sur le départ: Cardy, Barbosa, Agouazi, voire le gardien helvète Vailati qui promettait pourtant ...

Et l'avenir? Un avenir qui sent plus celui de l'AS Cannes ou le Stade Lavallois que celui du RC Lens ou du ch'ti de Boulogne. Au mieux: végéter en Ligue 2 une saison de plus, en attendant quelque investisseur séduit par le plan d'Eau ou la place d'Armes (soyons fous: par le Centre Pompidou, tant qu'on y est). La fin d'une ère Molinari qui laissera sur un gros point d'interrogation: gestionnaire avisé ou thésaurisateur frileux, tout compte fait? Autant le sage italien forçait le respect pendant les périodes malignes où de juteux recrutements façon système D (Pirès, Pouget, Blanchard, Song, Isaïas, et j'en passe des plus anciens qui mériteraient bien leur bout de ligne) donnaient le meilleur à peu de frais. Puis vint l'accident après le zénith: une place de premier ex-aequo en 1998, à deux buts près; pas grave, car venait le petit Helsinki en guise de sandwich finlandais pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Une tuile, au final, pour une équipe de Metz revue à la baisse et incapable de faire la différence face à si faible adversaire. Le début de la fin pour la clique à Meyrieu: baisse dans le classement (pas difficile non plus, après avoir touché le plafond français), baisse dans le niveau de jeu ... jusqu'à l'impensable cataclysme d'une relégation historique (au sens péjoratif du terme, s'entend) en mai 2002. Après le pseudo-cataclysme lepéniste du premier tour des pestilentielles, et juste avant le séisme tricolore d'une pitoyable élimination au Mondial asiatique: un entre-deux grenat qui virait au cramoisi à l'odeur rance. Première relégation, après plus de 40 ans de bons et loyaux services continus en première division. La suite logique d'une descente aux enfers que notre Graoully n'avait pourtant plus l'habitude de fréquenter; l'ambiance du Quai de la Seille allait si bien à notre dragon favori, les soirs de fête populaire où l'odeur de bière Amos se conjuguait à celle des frites grasses pour mieux faire poireauter durant les bouchons solennels de sorties bien arrosées.

Et maintenant? Une ambiance morne, des gradins qui sonnent creux, des vieux toujours cons mais dont les affirmations péremptoires ne sont même plus contestables ... un fond de jeu transparent, basé sur une moindre puissance des attaquants sénégalais et un milieu presque trentenaire en dents de scie. Et Pouliquen, dont le ton et le métier promettaient tant et apporteront si peu au final? Si peu, pour le moins: deuxième année consécutive en Ligue 2, du jamais vu depuis plus de quarante ans côté Saint Symphorien. Et demain? Une gueule de bois vermoulue qui suinte déjà la crainte des lendemains de dettes à honorer.
Je me souviens d'une époque où, enfant joufflu aux idées préconçues mais toujours rêveuses à souhait, je ne pouvais imaginer que mon club grenat ose descendre et déshonorer la flamme orgueilleuse de son dragon d'emblème. Aucune raison de s'inquiéter pendant si longtemps, depuis les Bocandé, Kurbos et Micciche jusqu'aux Kubik, Calderaro, Gaillot et autres Pirès toujours assez forts pour assurer l'essentiel et offrir quelques plaisirs du samedi soir. Autre époque. Le temps d'une autre ère où le nom de Bosman ne disait rien à personne et les recrutements juteux n'étaient pas réservés aux seuls plus riches.
Saint Symphorien va sonner creux, encore, quitte à laisser la voix la plus forte aux inconditionnels grincheux à qui on ne la fera jamais. Foutus Cassandre de service que l'avenir ne risque pas de faire taire de sitôt. La Lorraine n'est vraiment plus grenat. La faute à un équipage qui coule en terre corse. Le signe d'une décadence progressive, inaugurée depuis un rendez-vous raté avec la Ligue des Champions puis confirmée avec la rénovation des tribunes Ouest-Est (syndrome récurrent de futurs résultats médiocres; demandez donc à Caen et Nancy version fin 90) et entérinée hier soir. Où est l'abîme? Déjà là pour beaucoup de supporters sans doute prêts à trouver un nouveau passe-temps les vendredis soirs d'hiver.
La Lorraine est rouge et blanche, qui va le rester encore un temps. Le chardon pour emblème régional, voilà qui a de quoi faire mal au postérieur délicat de frêles pèlerins sur leur chemin de croix de lorraine. Faute de mieux, côté Saint Symphorien.
Quelques souvenirs de poche, avant de panser l'avenir pas rose:


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Un soir purement historique, où le mémorable gardien Michel Ettore avait pu s'enquérir auprès du goguenard Schuster du jambon promis par la grande gueule allemande devant la presse d'entre-deux matchs.

Après le meilleur européen, les deux trophées de Coupe de France version 84 et 88:


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Kasperczak à la barre et Laguerre aux soins (lequel entraînera le club local de Mondelange par la suite, pour les connaisseurs du coin), pour un vendredi soir capable de faire oublier une période sidérurgique peu glorieuse.


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Une finale vue de mes yeux vus, contrairement à la première plus vieille de quatre ans. Une belle victoire face à un promu alors dévastateur, avec en prime une pointe écossaise nommée Eric Black et que les pépins à répétition auront gâché le séjour lorrain. Bien dommage, mais thank you so much for l'égalisation ...


Et maintenant? L'heure de dormir, avant de se réveiller ... en Ligue 1. Plus tard. "Ma Lo-rrai-ne est gre-nat ... et elle le res-te-ra" ... Quelqu'un aurait-il du feu sur lui, par hasard? Prière de partager, merci. Pour une fois que le stade avait trouvé musique d'introduction des troupes à la mesure du spectacle, celui-ci s'en est allé avec les derniers espoirs d'un kop condamné à l'extinction de voix provisoire. Tant pis pour le fond, insistons une dernière fois sur la forme ... honneur au diabolique "Hells Bells", contrepartie messine du Van Halen marseillais et autres "coronnades" venues du Nord:


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D'autres sons de cloche sont à prévoir, du côté de la Seille. Sans doute quelque chose de pourri, sinon de légèrement avarié dans le royaume grenat; quelque courroux dans les vestiaires ou des fins de mois douloureuses à honorer. Bruit de couloir, rumeur colportée par un ami fiable et membre des Génération Grenat. La vérité tombera sous peu, avant même le passage des croque-morts de la DNCG.
Un moindre réconfort de circonstance: ne pas oublier que le football est un opium populaire destiné à diluer la conscience des masses dans une béatitude puérile qui stérilise toute velléité de résistance face à un Etat potentiellement oppresseur et oppressant. On marxise comme on peut, certains soirs où le ciel est bas. Et vive la démocratie participative ... et merde.


F&H

FFF(F) = Fédération Française de Fist (Fucking)

Publié le 02/02/2009 à 12:00 par schangels
FFF(F) = Fédération Française de Fist (Fucking)
(Précisions pour les anglophobes: fist = "poing", fucking = "empoignade charnelle", fist fucking= "dis, mémé, c'était comment la Libération?")

Mais comment ont-il pu???

Dans la série: "ça fait mal! où ça, au coeur? non, plus bas", j'appelle la Fédération Française de Football à la barre (bien contondante à souhait). Laquelle fédération tendance très "con-" n'a rien trouvé de mieux à faire que jouer sur la corde facile du politiquement-on-ne-peut-plus-correct par les temps qui courent l'Obamania d'un propret surmoi.
Mais quel tête d'étron sorti du fessier d'une dégénérée doublée de consanguinité zoophile a pu financer cette chose, ce truc, ce "machin" (vocable gaullien, car l'heure est grave), cette erreur de la culture sur soi mortifère??? Réponse: Escalette, ou l'acteur-mort-né dans le dépôt de gerbe inodore qui suit (script = "yes, we will").
Voyez plutôt, puis convenez-en:

Vidéo Youtube



La chose a été lancée dans le but à peine avoué d'exhorter les quelques fanatiques cocardiers restants en vue de la campagne de qualification pour la prochaine Coupe du Monde 2010. Non seulement une telle parodie d'humanité ambiante dégage une impression générale de pessimisme pour gagne-petits incapables de croire en leur chance de qualification. Car pourquoi diffuser sinon une telle fiente infecte, dans le cas contraire où les Bleus seraient sûrs de leur force et de leur avenir? Mais de plus, le résultat pitoyable est si contre-productif qu'il couvre un peu plus de ridicule une Fédération pour névropathes cycliques auxquels l'idée viendrait à point nommer d'ouvrir les fenêtres et dissiper l'odeur de naphtaline de leurs maison de retrait pour vieillards indignes.

Rappel des méfaits:
- 3 juillet: le Politburo ... pardon, le Conseil Fédéral maintient Raymond le Sourcilleux pour éviter un jeu de chaise musicale et conforter la position d'apparatchiks sur des sièges anti-éjectables où de vieux culs mous et blets ont trouvé un pli qu'ils se refusent à céder.
- 6 septembre 2008: la France perd en Autriche (l'autre pays du non-football) sur le score pas peu insultant de 3-1 ... ohne zusätzliche Kommentaren ...
- 11 octobre 2008: Gourcuff sauve la tête de Raymond "Monsieur Soleil", égalisant d'une frappe magistrale des 25 mètres après un début de match cataclysmique
- 12 octobre 2008: le Conseil maintient Raymond la non-Science à son poste de sélectionneur de mes deux
- ??? 2009: la FFF lance la chose ci-dessus aux yeux de citoyens bleusards hébétés, médusés, pétrifiés, décontenancés, troués par derrière et scotchés par devant (ondes négatives de la grosse cathode complice obligent)

Comment ne pas souhaiter un nouveau faux-pas de l'équipe à Guignol et une dégringolade finale, après "ça"? Encore que la chose serait salutaire si elle nous épargnait l'entrevue profonde d'un Thuram à lunettes qui rendent intelligent avec son maître à panser les plaies Nelson Mandela ...
Je ne vois qu'une explication plausible à cette campagne de pub tristement tragique: la FFF est manipulée par des clowns tueurs venus d'ailleurs, dans le but à peine secret de détruire l'image du football français sur notre planète Terre ... pas mieux. Une piqûre de rappel à l'ordre, histoire de prendre conscience du danger rampant qui menace notre football national:

Vidéo Youtube


("Les Clowns Tueurs Venus d'Ailleurs (VO: "Killers Klowns from Outer Space"): réjouissant film d'horreur comique sur les bords de 1988, soit dit en passant pour qui cultive la clownophobie et croit avoir reconnu un ancien membre des XTC avec le batteur des Dickies; cf. un ancien billet de ce blog et son clip "Making Plans for Nigel", pour rappel)

"Allez, la France"? Mais où? Le festival du rire est à Montréal, pas à Johannesburg. Pour info.
L'avantage de la France est que "chez elle y a tout ce qu'il faut: outils, et matériaux": la Fé-dé-ration (par temps de pénurie) aura donc tout loisir de se le carrer bien profond après nous l'avoir mis dans l'os public.
Exception culturelle, quand tu nous tiens (ça peut faire mal par où que ça passe) ...


F&H

N'en jetez plus?

Publié le 06/09/2008 à 12:00 par schangels
N'en jetez plus?
Des souvenirs amers sont revenus à la surface, en ce soir funèbre du football français où les coqs avinés ont su perdre contre une équipe classée 101e au classement FIFA ... depuis belle lurette que l'équipe de France n'avait pas connu telle infamie lors d'un match officiel. Souvenirs de l'après-mondial 86, lorsque la France n'avait pas su renouveler son effectif avant d'entrer dans une traversée du désert longue de quelques six années. Minimum, selon que l'on estime la campagne éliminatoire de 1992 comme le début du recommencement ou que l'on rappelle le désastre Kostadinov de 1994 comme un rappel au désordre national. Peu importe: qu'il doit être dur ce samedi soir bien noir pour tout petit supporter pré-adolescent attaché aux résultats de ses Bleus comme à la prunelle de ses yeux. Empathie complice à quelque vingtaine d'années d'intervalle, alors que j'assistais médusé à une défaite honteuse 2-0 contre la Norvège en 1987 puis à un 1-1 pitoyable contre Chypre en 1988 (lequel vaudra le limogeage du sélectionneur d'alors Henri Michel). Epoque cauchemardesque, donc, et que la France a le don de rappeler à l'ordre en bonne équipe latine (donc irrégulière) qu'elle est. Comme quoi la victoire prestigieuse d'une génération ne suffit pas à pérenniser l'affaire commune. On dit que les enfants ont le don de gâcher le patrimoins des anciens. Dont acte, hier soir? Le début potentiel d'une descente en enfer très possible ... mais que fait Johnny, sinon Grand Corps Malade?

Prise en sandwich entre le Congo et l'Albanie dans cette hiérarchie mondiale, la très quelconque sélection autrichienne a profité des donations généreuses de son adversaire d'un soir pour battre une équipe sacrée championne du globe il y a encore 10 ans à peine. Pour qui aurait besoin de souvenir si jamais la France avait perdu son souci de commémorer le meilleur et d'évacuer le pire. Ce n'est pas le cas. Il serait temps. Explication rapide d'un naufrage pitoyable contre des Germains pourtant pas brillants.
Une incroyable série de cagades dans la défense centrale ont mis l'équipe autrichienne sur orbite, dans une rencontre pourtant promise par une moindre logique et un moindre esprit sain ... glorieuse incertitude du sport. Deux premiers buts, deux offrandes suite à des centres-tirs pourtant si habituels à ce niveau et des boulettes d'une charnière centrale où Mexès et Sagna n'ont cessé de se marcher sur les pieds. Difficile de croire que les rôles soient si peu distribués par avance à ce niveau de compétition. On en apprend tous les jours, donc. "On" fut si peu de choses face à des simili-Teutons pourtant bien quelconques. Excellent Aufhauser en milieu de terrain, dixit le lécheur de boules d'Arsène mister Jean-Michel La(r)qué?! Je me marre, vraiment, quand la médiocrité des uns laisse entrevoir des qualités insoupçonnées chez les autres. Rire jaune, très jaune. Une attaque maladroite dans laquelle Benzema a joué en solitaire ombrageux dans un rôle de sprinteur sans orientation; un Henry dont les caresses de balle et le jeu axial n'a jamais su prendre le bloc adverse en défaut. Pas de lien entre les rideaux, sinon sur l'aile gauche où quelques ruées de Sagna et Benzema auraient pu percer. Un bon quart d'heure, que dis-je: une moins mauvaise période où la France a simplement imposé l'évidence si criante: qu'un jeu de pressing minimal sur des adversaire sans technique suffirait à peser sur le dernier rideau autrichien et à faire mouche tôt ou tard. Plutôt tard, mais juste assez tôt pour donner à Mexès le rôle du vilain canard boîteux de la soirée: un ceinturage inexplicable dans la surface sur un enième coup de pied arrête, dont on peut encore se demander le véritable intérêt et qui a donné à l'Autriche le luxe de se payer un troisième but sur un troisième plateau d'or massif façon époque impériale des grands jours.
Domenech, dans tout ça? Ne tirons pas sur les ambulances, vu le prix du pétrole et l'état du pot d'échappement ... mais tout de même: prétendre avoir quelques "impressions" à la fin du match et attendre de revoir les images pour parler en bonne et due forme ... gueule et langue, même combat, celui du bois. Profil bas par temps sombre, le sourcilleux va sans doute raser les murs de la honte. Rien à dire de plus. Sinon qu'on en apprend tous les jours, que les surprises n'en finissent pas de tomber dans le monde du sport des bleus et que va tant la cruche à l'eau qu'à la fin elle se noie. Cherchez la cruche. A quand une demande en divorce en direct, en attendant le mariage du loser? "Ce n'est jamais que du football", diront-ils en temps de pénurie comme pour atténuer le sourire amusé des pays alentours. On en apprend tous les jours ... nous dirent autrefois les Korgis dans un morceau d'anthologie bourré de tendresse mélancolique. Un peu de baume au coeur dans cette soirée qui frise le ridicule. Les Korgis et le mémorable "Everybody's got to learn sometime":

Vidéo Youtube



Tu l'as dit, Korgi. Mais si bien et avec tant de finesse dans le jeu du piano et des synthétiseurs. Un peu de douceur dans ce monde de dupes ... il est temps d'enterrer d'anciens souvenirs triomphants et de la jouer profil bas, n'est-il pas? Dix ans, déjà, que la mascarade chiraquienne avait battu son plein par temps de récupération politique alors bien utile. La nuit porte conseil, Raymond. Qui rime avec démission, ou presque. "Change your heart - look around you" ...


F&H

Roulements de topinambour

Publié le 03/07/2008 à 12:00 par schangels
Roulements de topinambour
On attendait un roulement de tambours, syonymes de suspense haletant et de changement conséquent ... et puis rien, comme toujours au pays de la bureaucratie qui n'aime pas le changement. Le changement pour le changement a beau avoir ses défauts, certains contraires ont leur juste milieu. Retour sur un non-événement.

L'"événement"choc a donc finir par se produire, celui que tout le monde attendait depuis longtemps et dont l'issue si incertaine maintenait la Nation en émoi depuis tant d'années plombantes saupoudrées d'illusions, voire de désir d'avenir. C'est tout dire. Un sentiment poignant qui s'en dégage et arrose la majorité des fréquences radiophoniques de France. Je veux parler bien évidemment ... de la non-libération de Raymond Domenech et son maintien en captivité pour deux années supplémentaires. Minimum; maximum aussi, sans doute.

Bleu après rouge? Rien ne bouge.
Traduction: quand l'intox côté FFF succède à l'info côté FARC, il ne faut pas s'attendre à des secousses médiatiques du même ordre. La preuve dès 13h15 ce jeudi noir, où le temps est donc aussi brumeux, refroidissant et déprimant que la décision finale du Conseil Fédéral de la FFF. C'est reparti comme en 40, comme aux plus belles heures de la France qui gagne. Mieux: qui vibre ensemble, à condition de trouver le vibreur. Estelle devra donc poursuivre son jeu de dupes télévisé aux côtés de ses accolytes peu complaisants ... Comment expliquer une telle décision? Retour sur un non-événement.

Betancourt libérée après quelques six années de captivité dans la jungle colombienne; Domenech toujours maintenu en captivité de son propre poste, après quelques quatre années de détention de pouvoir douteux dans la brousse de Clairefontaine. Autant des questions pourraient être posées au sujet des FARC, concernant les raisons politiques de son existence depuis soixante années de guerre civile entre paysans et latifundiaires ... mais ne le sont pas. Le pathos domine et engloutit l'ensemble des décibels depuis hier soir. Humain. Trop humain? Autant les questions qui fâchent ont été posées concernant la raison politique du clan Domenech et de son maintien. Le chef des FNAARF: Fuerzas Non-armadas Anti-revolucionarias de Francia, n'est donc pas mort,: "Escalanda" (contraction à-propos d'Escalette et Marulanda) a maintenu la captivité du sourcilleux, quitte à se mettre à dos le lobby des Champions du Monde 98 ainsi qu' une large majorité de Français tous sélectionneurs et, malgré tout, justifiés de se plaindre après un Euro pitoyable.
Le raisonnement de sieur Escalette, docteur ès foutage de gueule reconverti en sophiste parménidien disciple du repos comme Un absolu (rien ne bouge, vous dis-je)? Un fatras général de régression à l'infiniment absurde, le tout consistant à brouiller les pistes et reposer un verdict terminal sur deux arguments majeurs en bois mité: le bilan de 2006, d'une part; le prétexte d'un plan de type quinquennal mené par Domenech en vue de 2010. Laisser du temps au temps, faire aux spécialistes? Certes, mais à condition de faire confiance au chirurgien et de vérifier que les diplômes de l'intéressé justifient le charcutage en règle. Le bât blesse à cet égard, mais l'avantage de la FFF est celui de trouver toujours un contre-argument à chaque accusation pourtant accablante. Patience ... tu parles, Charles ...
Autant prétendre qu'un singe est moins intelligent que l'homme sous le seul prétexte qu'il préférera la banane à la liasse de billets de banque. Dédicace à Korn, et son interrogation hagarde quant à l'"Evolution" de notre espèce:

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Autant dire: une conclusion peut-être vraie mais des prémisses indignes de leur auteur.
Comment expliquer ce non-événement? L'héritage d'une place de finaliste en Coupe du Monde 2006? Certes, mais après avoir rappelé les grognars à la rescousse et prié sur le génie d'un seul et même joueur éternel nommé Zidane. Un sélectionneur doit-il être jugé sur ce qu'un joueur providentiel peut apporter, et quelle fut la contribution de Domenech à ce semi-succès mondialiste? L'hypothèse d'apparatchiks soucieux de maintenir le glacis de la DTN et d'éviter un entrisme pro-Deschamps est plus probante: ne pas changer le sélectionneur d'une équipe qui perd a de quoi déconcerter, sauf si l'on croit au copinage d'en haut et des non-choix confortables qui évitent de payer une juteuse indemnité salariale.
La création ad hoc d'un "Club France 2010", en guise de mise sous tutelle d'un détenu contesté et contestable? Du cautère sur une jambe de bois, voire pire: de la cire d'abeille sur une jambe gangrénée. De la poudre de perlimpinpin pour faire tampon entre le grognon de service et les médias; bien utile par temps de grogne justifiée et de baisse générale du pouvoir d'achat.
Le combat pour la liberté et la tolérance ne doit pas être oublié pour autant et délaissé au profit d'un fatalisme dominant. Non, rien n'est inévitable et le pire doit toujours être combattu sans relâche. Les soldats de la libération du MDM: la fameuse colonne de presse Ménès-Duluc-Medjani, lutteront sans relâche pour que justice passe et que le conservatisme stérile ne fasse plus force de loi à la plus haute échelle des instances fédérales.
Le pathos domine avec Ingrid: pourquoi elle, pourquoi le FARC?
Le pathos domine avec Raymond: pourquoi lui, pourquoi cette sordide déclaration de mariage?
La lutte continue ... à chacun sa lutte, à chacun ses raisons de lutter. A chaque manchette son lot d'informations et désinformations, à chaque interview sa cohorte de faux-arguments éculés et larmoyants ou digressants. La lutte continue, mais dans quel but et à quel prix? Celui d'une indemnité de licenciement de Domenech. Pas de rançon pour la libération de la digne Ingrid, pas d'indemnité pour la libération du trop digne Raymond.
Mêmes causes, mêmes effets? A mêmes maux, mêmes remèdes?
La lutte continue, vaille que vaille. Que du bonheur, version topinambour nostalgique.


F&H

Toqués du toque

Publié le 02/07/2008 à 12:00 par schangels
Toqués du toque
Comme un goût de Tokay dans la bouche, après un tel final.
Derniers jeux de mots pourris, en guise de cérémonie de clôture pas funèbre du tout ... dont celui-ci: les toqués du toque n'auront pas compté pour du toc. Traduction: les amoureux du beau jeu à terre en auront eu pour leurs mirettes lors de cet Euro 2008 qui a fait honneur aux meilleurs. Justice, on en sort grandi, le meilleur a gagné ... que demande le peuple du ballon rond? Des défenses un peu plus solides auraient renforcé l'idée d'une attaque non seulement supérieure mais talentueuse. Il y a des années bissextiles d'après-Euro 2004 où le spectateur doit savoir ne pas bouder son plaisir. Même les Grecs le concéderont s'ils aiment plus les moyens que la fin. Au pays des philosophes, tout de même ... finissons donc avec un court résumé de cette finale enjouée (du luxe, ou presque), avant de replier les gaules et fermer boutique côté football. Partie remise, à coup sûr.

La fête à Ibiza? La plus germanique des cités espagnoles a dû sentir l'avis mitigé lors des trois coups de sifflets finaux de ce dimanche 29 juin, partagée entre une colonie de Schulz retraités bedonnants et une cohorte d'afficionados autochtones plus ou moins assermentés à la cause espagnole. Encore que le drapeau compte moins que les provinces, dans ce pays fédéral. Catalans et Basques ne le contesteront pas. Mais voila: la victoire de la Seleccion est suffisamment historique et ses protagonistes suffisamment disseminés dans tout le pays pour ne pas ne pas saluer le mérite de cette génération de gamins doués. Surdoués? Le but astucieux de Torres vaut son pesant de chorizo, mais on en attendra un peu plus pour justifier l'appellation renforcée.

Historique, et même plus: à force de décevoir, qui croyait encore à une victoire finale de l'Espagne dans un tournoi final? Le jeu des probabilités et autres détails statistiques a dû tourner en faveur d'une équipe qu'un principe de rotation devait finir par couronner un jour ... mais pas seulement, car la victoire attendue depuis 44 longues années (une éternité franquiste) s'est construite avec le talent et la manière. Loin d'une certaine finale de 2004, où le jeu d'échec avait chloroformé la compétition dans son ensemble, primé l'enjeu sur le jeu et la défense sur l'attaque. 2008, où l'opposée parfaite du tournoi précédent.
A retenir pour le futur épitaphe du néo-ex-sélectionneur de la Roja, Luis Arragones: "J'ai pris une sélection, je laisse une équipe". Bien lui en a pris, et de quelle manière! Raul à la maison, la sempiternelle querelle entre Madrilènes et Barcelonais à la poubelle ... la victoire à la clef. Relation de cause à effet ou pas, la victoire est là, brillante, nette et sans bavure.
"Gott ist tot", disait le moustachu diffamé ... "Bundeswehr ist tot", diront les pigistes déçus de Kicker & Cie.
L'effet Blitzkrieg s'est transformé en coup d'épée dans l'eau, côté allemand, tandis que sa défense a confirmé des faiblesses qu'elle n'a pas pu compenser par son attaque. Le résumé d'un Euro où les attaques ont dominé les défenses adverses, et ce fut tant mieux.
L'Espagne est la vainqueur idéal et attitré de ce tournoi: 12 buts marqués pour seulement 3 encaissés, 5 victoires en 6 matchs, invaincue durant la compétition: rien à dire, nada. Sinon merci pour ce jeu vif, au sol et tout en jeux de passes redoublées, ce fameux toque sud-américain qui fait le bonheur des spectateurs et sert d'anti-thèse savoureuse au vieux "kid & rush" anglais où un certain Fernando Torres officie. La seconde technique a fait son temps parmi les meilleures équipes de la Première League, aussi. Muchos Gracias, et viva Espana. Par exemple, ou pour l'exemple.


Allemagne-Espagne: 0-1 (Fernando Torres 33e)
Die Bundeswehr ist tot
Un premier duel à l'avantage des Allemands: le duel de la feuille de match où Ballack figurera tant bien que mal, contrairement à une absence bruyante du pétillant et non moins efficace David Villa. Une belle histoire pour ce joueur du FC Valence, victime avec son club d'une saison médiocre qu'il aura terminée en trombe. Ou presque, selon l'issue du match de ce soir qu'il regardera de son banc. Une synthèse du match en quelques étapes majeures:
- une tête fougueuse de Fernando Torres sur le poteau, avec le mérite de battre le grand Mertesäcker dans les airs
- but de Torres, plein d'astuce et qui grille la pâle couverture du ballon de Lahm pour piquer le ballon en bout de course et l'envoyer par-dessus Lehmann dans le petit filet gauche opposé. La grande classe made in New England (kick & rush is dead, man), où les courses vigoureuses ne sont jamais perdues d'avance. La preuve, et un soir de finale svp.
- des occases en or où l'Espagne abuse du jeu esthétique et collectif ...
On dit des perles manquées qu'elles se transforment le plus souvent en feuilles de matchs bouffées; pas cette fois-ci, qui a infirmé par ailleurs le vieux théorème un peu éculé de Lineker. L'Allemagne fut en finale, certes, mais l'Allemagne n'a donc s gagné. A croire que ce théorème très empirique a pris des rides depuis le milieu des années 90. Son énoncé devrait être modifié: le football est un sport qui se joue avec 22 joueurs et à la fin, c'est l'Allemagne qui ... est finaliste. Gagnante ou pas, la validité joue désormais bien des tours.
- une attention spéciale du bourreau italien des quarts: Cesc Fabregas, auteur de trois passes décisives dans les deux derniers matchs, dont une le soir décisif.
- les deux périodes allemandes: le premier quart d'heure, où l'Espagne attend avant de mijoter son jeu au sol fait de patience et de technique pas à la portée du premier dribbleur venu; les dix minutes suivant le changement judicieux du milieu défensif Hitzlsperger par la pointe Kuranyi, lequel apporta du sang neuf à la Mannschaft et porta une pression certaine sur la défense espagnole. Ce qu'elle n'avait que très peu pu faire jusque là. Une frappe de Ballack a consacré ces efforts: petit filet frôlé, sans plus. Point barre.
La victoire espagnole est incontestable, son mérite aussi. Les grincheux et pointilleux (souvent les mêmes) pourront trouver à redire sur la qualité de l'adversaire: est-ce le vainqueur qui a bien joué, ou le vaincu qui a mal joué? Les deux, mon général (pour être franco de porc ... ultime et dernière vanne pourrie, juré). Qu'importe: la morale est plus que sauve, l'équipe la plus joueuse et la plus talentueuse a été récompensée ... presque trop beau pour être vrai, et d'autant plus après le calvaire portugais d'un Euro 2004 où la raison avait bâillonné le talent. On respire, enfin. Mais c'est fini, déjà.

Toutes les bonnes choses ont toujours une fin, football inclus. Un bon bilan global de synthèse: quand le jeu prime sur l'enjeu et l'attaque sur la défense, que demande le peuple? Une chanson, certes; que voici, avec une incarnation bien involontaire du nouveau chant des supporters signée les White Stripes et leur "Seven Army Nation"; et pas la minable resucée d'un usurpateur techno-dance de mes ouilles dont quelque promoteur véreux voudrait faire le tube de l'été qui vient:

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Le duo White-White sait-il seulement que son morceau interplanétaire est devenu le rythme le plus chantonné par tous les supporters de cette planète? Au pays des Pistons, le soccer vaut des clopinettes. Ironie du sort, mais qui valait bien son interlude musical pour cet ultime billet estampillé "Euro 2008".
Quel bilan pour cet Euro: la victoire de l'attaque sur la défense. Autant dire celle du corps sur l'esprit, voire celle de la passion sur la raison, comme aux plus belles heures du football à la Rémoise? Ce serait là faire injure au saoir-faire espagnol côté balles courtes à terre et jeu de redoublements sur les ailes. Une véritable victoire de l'intelligence, où la beauté du football est-elle incompatible avec une intelligence synonyme de catenaccio déprimant? Pourvu que ça dure, quoi qu'il en sera.

Terminus. Bonnes vacances à la majorité, par la même occasion ... retour sur Terre après les monts alpins et leurs ballons ronds couleur Prim'holstein. Und danke noch für alles ... Quoi de prévu pour le 3 juillet, déjà? Retour sur Terre, pour le moins.


F&H

Grandeur et décadence

Publié le 29/06/2008 à 12:00 par schangels
Grandeur et décadence
Ou le passage de lumière éclatante à éclipse de lune en quelques jours. Le retour de l'inconstance russe, ou le signe général d'un tournoi dans lequel aucune équipe n'aligne deux bonnes prestations d'affilée? A retenir au soir du dénouement. Demain déjà; la fin d'une grosse parenthèse football dans ce blog et le retour prévisible à un rythme plus casanier de maréchal sur son bâton.

Ouverture d'anecdote. Deux formules chocs de l'ami Titi, d'entrée de jeu, où Mr Roland fait noter tout d'abord que "le ballon tourne dès le début"; sarcasme de mauvaise foi de ma part, puisque le journaliste d'investigation entendait par là que le ballon circule rondement entre les joueurs de champ comme après chaque premier coup de sifflet de l'arbitre. Plus de sarcasme justifié et moins de mauvaise foi, concernant la seconde formule: "peut-être le dernier match d'Aragones, ce soir; à moins que l'Espagne n'aille en finale". Considération lumineuse, attendu qu'il reste nécessairement un ou deux matchs à jouer à un demi-finaliste de l'Euro.
Qu'il est bon de revenir parfois aux fondamentaux ... sans exagérer sur la dose, non plus. Pas grave, tant que le duo jojo Roland-Leboeuf remplit de rôle de commentaire détendu et ne la joue pas lèche-botte anatomiste version Larqué de service. Sans parler de l'historien de choc Christian Jeanpierre et sa "sélection ottomane". De quoi faire retourner le père de la république laïque turque Mustapha Kemal dans la tombe de son mausolée. Larqué-Jeanpierre, ou l'art d'étaler sa culture d'anexorique telle la confiture sur le pain en temps de pénurie. Anecdote fermée.


Espagne-Russie: 3-0 (Xavi 50e, Güiza 73e, Silva 82e)
Soirée paella
Place au match, si prometteur entre deux équipes dont la confrontation était attendue comme le reflet-miroir d'un Italie-Espagne précédent. Une soirée caviar en perspective, malgré une ambiance générale refroidie pour deux raisons distinctes: des trombes de pluie sous un orage pétaradant, comme au soir le plus humide d'un ancien Suisse-Turquie diluvien; une sortie prématurée du meilleur buteur Villa, remplacé par un autre feu-follet Fabregas mais dont le départ précoce à la 33e minute ternissait quelque peu la suite de l'événement.
Une soirée paella à la sortie, menée par un trio dominant Xavi-Sergio Ramos-Iniesta bien plus discret dans le duel précédent face à l'Italie. Comme quoi la loi d'alternance des équipes en général s'applique aussi aux joueurs en particulier: les prestations des joueurs se suivent sans se ressembler; témoin le contraste saisissant entre les quarts et les demis d'un Arshavin. Le jour et la nuit, du dimanche au jeudi. La loi ne vaut pas pour une Espagne condamnée au régime pain sec contre l'Italie; les prestations ne pouvaient donc pas être pires mais seulement meilleures.

L'action russe du match, au singulier: une frappe enroulée de Pavlyuchenko, que Casillas détourne avec maestria suite à une envolée pour photographes. Fin du programme pour le portier héroïque de dimanche soir, plus rien d'autre en vue jusqu'au terme d'une rencontre où la Russie aura enduré ce qu'elle avait fait subire aux Hollandais. Un non-match russe, pour lequel bien des explications pourront être servies sur un plateau de fruits de mer (noire, c'est noire): inconstance slave, baisse de régime ou contrecoup d'un quart haletant (tout le contraire du match de l'Espagne), loi des anti-séries (des matchs qui se suivent sans se ressembler tout l'Euro durant) ... une déception dans tous les cas, à l'image de chacune des équipes d'une compétition dans laquelle seuls les Pays Bas auront aligné plus d'un bon match d'affilée. Avant de disparaître comme on le sait face à l'anti-héros du soir.
Le meilleur symbole d'une demi-finale ratée: le déclin d'Arshavin, décrété "ballondorable" pendant quelques jours et retourné dans l'ombre de son anonymat passé en l'espace d'un non-match complet. Lequel s'est consolé lors d'une troisième mi-temps bien arrosée et agrémentée de poupées russes gonflées au silicone (si besoin est); un détail de paparazzi qui vaudrait son scandale national si le joueur-fêtard était Français. On est loin de ce cas de figure, aussi loin que peuvent l'être des supporters russes assez heureux d'un retour au premier plan de leurs représentants pour ne pas s'arrêter sur ces détails de la vie. Le Russe sait s'amuser et noyer son chagrin dans la vodka ou les filles faciles. Cliché (photo) fermé, retour au gazon. Vert.
Les grandes promesses d'un quart ne sont pas les splendides confirmation d'une demi. La loi des alternances s'est vérifiée à la surprise générale, donc. Malgré un décor planté qui donnait un avantage plus que léger à la sélection de Hiddink.
La Russie avait un sérieux contentieux à régler avec sa rivale d'un second soir. Explosé 4-1, lors d'un premier match de poule où les Russes avaient sombré dans la seconde période malgré des actions déjà brillantes, la surprise de la cuvée 2008 n'aura pas fait mieux dans cette demi-finale qui avait de quoi laisser de bons souvenirs à la Roja. Explication: le seul trophée obtenu pat l'Espagne remonte à 1964, où l'équipe avait remporté 2-1 sa finale contre une certaine ... URSS. Domination confirmée jeudi soir, et même plus. Vengeance des Russes? Que non. Résultat sans appel, presque contre toute attente. 7-1 en deux confrontations, n'en jetez plus pour une Russie devenue l'ombre d'elle-même en l'espace de quatre jours. Pourquoi, comment ... les coupables seront désignés plus tard, mais la bonne surprise russe du Zenith de Saint Petersbourg ne s'est donc pas reproduite à l'échelle internationale.

Le magicien Hiddink trouve encore ses limites aux stades des demi-finales: stoppé à ce même niveau de la Coupe du Monde 2002, durant son mercenariat sud-coréen, Gu-Guus ne verra sans doute pas sa statue remplacer les anciens dieux séculaires de l'Empire soviétique. Après la grandeur du quart, la décadence d'un demi et d'une équipe entière, incapable de reproduire les phases en triangle ou débordements accélérés qui avaient fait mouche face aux Pays Bas. Deux non-matchs face à la même équipe. Le magicien n'a pas fait le poids face au vieux druide crypto-celtique Aragones, dont le commandement des troupes cessera ainsi sur une finale attendue depuis des lustres. L'effet d'une loi des séries dont d'autres lois probabilités sonnaient la fin (la poisse a ses limites, pour résumer); l'effet catalyseur d'une non-sélection tonitruante du vieillissant leader des Merengue: Raul, dont l'absence donnait enfin l'occasion à l'Espagne de ne plus vivre sur le compte polluant de joueurs-clefs toujours barcelonais ou madrilènes? La guerre des deux clans majeurs n'a pas eu lieu cette fois-ci, dans une sélection dont la jeunesse florissante vient de Liverpool, Valence ou Majorque? A croire qu'une décentralisation des sources d'inspiration donne enfin les résultats attendus pour une nation toujours aussi favorite que décevante. Les temps changent. Bonne pioche, de la part d'un Aragones que l'affaire Raul aurait voué aux gémonies en cas d'échec renouvelé. 44 ans après, le sort sera peut-être enfin conjuré dimanche soir et le mythe de l'éternelle déception espagnole enfin maté par de jeunes talents ni barcelonais, ni madrilènes. Ou presque.

Une belle aventure de jeunes talents s'est arrêtée jeudi soir. De belles promesses tuées dans l'oeuf, mais supposons que l'histoire d'Arshavin & Cie n'en est qu'à ses débuts et jouera son deuxième acte lors du Mondial sud-africain. La route est longue, mais elle semble assez droite pour augurer du meilleur à venir. Pas de mise à mort à venir pour les protégés du sorcier globe-trotter. "On the road again", destination 2010? Gageons, et écoutons. Pas le bon vieux tube de Bernard Lavilliers, malgré la perche tendue ci-dessus. Plutôt un appel au renouveau du football post-soviétique et à un sursaut d'orgueil lors de la prochaine compétition internationale. A commencer par un réveil collectif, après une telle torpeur d'atrophiés par temps pluvieux. Dédicace aux Montréalais d'Arcade Fire et leur "Wake Up" qui tombe à point nommé (quoique après la pluie):

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Dernier rendez-vous de cet Euro, demain soir (sortez vos mouchoirs).
Allemagne-Espagne? Une finale qui rime avec champagne, qui sent tout sauf le bagne et transpire la gagne.
Quelle prédiction sublime pour dimanche soir, dernier soir du tournoi version 2008? Une victoire de l'Allemagne, ne serait-ce que parce que la Mannschaft n'a jamais fait deux mauvais matchs d'affilée depuis début juin. Mais le cas des deux matchs consécutifs contre la Croatie et l'Autriche peut laisser désirer toutefois quant à ce genre de prédiction. Ma pièce sur l'Allemagne, donc. Mal parti pour eux, en conséquence et conformément à une loi des mauvaises séries que j'honore depuis le commencement de la compétition. Pas heureux au jeu de la pièce bien placée. Avec des raisons, certes, mais jamais celles que j'avance en vue de prévisions foireuses.
L'Allemagne gagnante, je dis. Donc l'Espagne gagnera, si je le dis. Imprévisible, ce tournoi, mais pour le bien du plus grand nombre. Tant pis pour ma poche.


F&H

Tel est pris qui prenait jusqu'ici

Publié le 26/06/2008 à 12:00 par schangels
Tel est pris qui prenait jusqu'ici
(Photo: Gary Lineker, théoricien confirmé du football)

Cet Allemagne-Turquie a tout d'un france-Algérie, sauf peut-être et sans doute le niveau de jeu qu'il pouvait proposer hier soir. Encore que le résultat ne fût pas sublime, mais toujours plus intéressant que son homologue en termes de sociologie du travail. Pas de débordements non plus ni de provocations entre deux équipes dont l'une constitue le plus gros réservoir d'immigrés extra-européens en terre allemande. Pas de sifflements des hymnes pour autant, pas de casses à la sortie ni de revendications politiques à la mord moi le noeud. Un autre contentieux politique aussi, entre une Turquie pro-atlantiste et une Allemagne qui ne s'est jamais installée en terre d'Anatolie. Que pouvait-on attendre alors du match en lui-même, loin de ces affaires de coulisses pour journalistes en mal de sensations nauséeuses? Du jeu au-delà de l'enjeu, certes; mais comment reproduire un quatrième miracle après trois rencontres de l'impossible? Les raisons de douter et d'espérer quant à l'issue de cette demi-finale, en commençant par le doute.

Point négatif: un doute de type sceptique, que l'on entend si souvent autour de soi en termes paradoxaux de "y a plus de saison". Tant mieux pour un spectacle qui se nourrit d'imprévisions, alors? Que non, lorsque "y a plus de saison" sous-entend que les joueurs se suivent et se ressemblent de plus en plus ... "y a plus de saison": on le savait par le réchauffement climatique, on le sait donc aussi par le rapprochement footballistique. Les joueurs se connaissent toujours d'autant mieux depuis que l'arrêt Bosman et les circulaires européennes sur le droit du travail réunissent les meilleurs étrangers dispatchés sur les mêmes pelouses des meilleurs championnats. Altintop est un des leaders de l'équipe turque? Certes. Mais il a aussi et surtout vécu toute sa jeunesse en Allemagne et doit la carrière qu'il connaît à la détection nationale de son pays d'accueil. Premier indice douteux sur une rencontre entre personnes qui se connaissent. Pas trop, si possible et au nom d'un jeu qui se nourrit d'effets de surprises et d'ignorances partielles quant aux plans de l'adversaire.

Point positif: plus de respect entre les joueurs lors des matchs supposés sulfureux; moins de méfiance vis-à-vis d'un autre devenu souvent coéquipier dans les championnats nationaux.
Point négatif: moins de surprise lors des confrontations internationales, des joueurs plus prévisibles parce que forcément mieux connus de leurs adversaires devenus coéquipiers le reste de l'année; des matchs souvent pourris à la sortie, comme ces indigents France-Italie ou Italie-Espagne.
Heureusement que la globalisation du foot n'a pas encore touché la totalité des nations de ce tournoi version 2008. A commencer par la Russie et la Turquie, dont les équipes composées avant tout de joueurs du cru donnent un sens aiguisé du jeu d'équipe bien plus ludique qu'une somme de talents individuels incapable de produire un tout consistant. Comprenne qui voudra, Domenech exclu (cela va de soi). Mais les belles histoires de petit poucet trouvent leur fin lorsque les vieilles lois d'airain du sport reprennent leurs droits: à commencer par la réalisme, plus deux-trois lois quasi-mathématiques qui synthétisent la rencontre d'hier. Pas grandiose, mais prolifique.


Allemagne-Turquie: 3-2 (Schweinsteiger 26e, Klose 79e, Lahm 90e; Boral 22e, Sentürk 86e)
L'inconsistance du ballon rond
En termes probabilistes, l'inconsistance = l'incohérence (dire une chose et son contraire, pour aller vite), a la vie moins dure: telle un huguenot réfugié en terre de tolérance, il est plus simple d'admettre le fameux paradoxe de l'imprévisible dont je rabats la toute-puissance depuis que les Turcs font des leurs dans ce tournoi. Pour rappel: les résultats de ces diables de croissants rouges sont d'autant plus imprévisibles qu'ils deviennent prévisibles dès lors que l'on s'attend à tout. Pas facile de raisonner sur ses pronostics dans une telle situation; sauf si l'on part de l'hypothèse plus tolérante selon laquelle rien ne peut être affirmé en ce qui concerne les résultats de cette surprenante équipe: tout est possible, aussi bien leur défaite que leur triomphe. Posture qui fait une belle jambe au bookmaker, dans la mesure où elle le rend parfaitement incapable de prendre la moindre décision catégorique sur l'issue d'un match potentiellement juteux. Trêve d'adverbes et de phrases à rallonge: cette Turquie est imprévisible, et cela ne dérange pas le tolérant qui se fout du foot et regarde "Louis la Brocante" dans son divan de non-beauf.
Ceci pour en arriver à cela: on s'attendait à tout de cette équipe turque; donc elle a perdu, conformément à ce Paradoxe de l'Imprévisible que je mets en majuscule avant d'y consacrer un futur billet plus posé.

Le match d'hier: une décevante Mannschaft, qui trop décompressée trop fatiguée par le match précédent; une méritante équipe de Turquie, qui trop décimée trop limitée. Mai aussi, et surtout: le retour du réalisme allemand (« deutsche Realismus », pour les amateurs de douceurs allitérantes).
Les Turcs ont beau avoir la tête dure selon la formule consacrée, celle-ci a fini par se baisser et de quelle manière: la leur, pour ainsi dire. Démonstration en trois temps pour résumer cette partie aux trois ruptures de faisceau: théorème, contre-preuve, et satisfiabilité.
Une histoire de théorème, pour commencer.
Celui de Lineker, passé à la postérité et selon lequel « le football est un sport qui se joue à 22 joueurs et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne »; la preuve hier encore, malgré une légère éclipse de lune que les Allemands ont connue depuis quelques années en dehors des Coupes du Monde ... la formule a été vérifiée contre les Turcs, quoique dans la douleur et cette douleur confirme d'autant plus la capacité de leurs adversaires du soir à renverser les situations à leur avantage. L'équipe de Terim a mieux joué que celle de Löw: duels remportés sur les ailes, notamment l'aile droite constamment occupée par Kazim et complétée par les pénétrations du premier buteur Boral; un milieu allemand incapable de lancer des offensives face à un bloc turc modèle toile: on écarte en possession du ballon, puis on se rétracte à deux-trois joueurs sur le porteur de ballon adverse. Résulat: l'Allemagne a marqué à trois reprises chaque fois que la toile s'est détendue sans faire l'effort de rétraction. Trois sanctions sans appel, ou presque puisque les Turcs ont collé au score tout le match durant.
Une histoire de contre-preuve, ensuite.
Loin des prévisions les plus alarmistes pour une équipe turque décimée et presque sur la jante, celle-ci a montré qu'une bonne occupation du terrain et un usage économique dans les marquages individuels suffirait pour inquiéter une Allemagne dont les rendements tiennent plus jusqu'ici de la dent de scie que du rouleau-compresseur. Pologne: bien; Croatie: pas bien; Autriche: moyen; Portugal: très bien. Turquie? Moyen, à nouveau et malgré les trois buts qui jurent avec la manière.
Une histoire de satisfiabilité, enfin.
Corrolaire des deux points précédents, la Mannschaft a de quoi satisfaire ses supporters puisqu'elle est capable de vaincre sans la manière. Tant mieux pour des Turcs, dont le comportement lors du tournoi reste aussi mystérieux que salutaire. Pas de génie dans cette équipe, mais de la volonté et de bons coups de poker de la part d'un entraîneur dont ls changements opérés contre la Suisse et les Tchèques se sont avérés on ne peut plus payants. Tant mieux pour l'Allemagne, qui ne gagnera pas les coeurs de l'Europe spectatrice mais peut à nouveau s'attendre à voir son nom dans le palmarès des nations puissantes du football européen. A se demander si cette équipe a connu un calvaire plus de deux années d'affilées, entre 1994 et 2006. Les pointillés de leurs défaites sont bien maigres, comparés aux traits continus de leurs triomphes récurrents. Ouh que c'est beau ... ouh que c'est vrai, aussi et surtout.

En résumé d'un match, pollué par trois interruptions dues à l'orage viennois et aux interludes d'un Téléfoot porté sur l'équipe de France. Autant mettre Vidéo Gag, qui aurait fait ton sur ton. Egarement facile et populiste, oublions ... en résumé, donc: un jeu de chassé-croisé entre une Turquie tout d'abord joueuse et une Allemagne ensuite réaliste, quoique sans génie éclairant et sans méthode probante pour la suite des événements. Le dernier, l'ultime.
Puis un nouveau moment de grâce orientale dans cet Euro assez irrationnel: un nouveau but du combattant du désespoir numéro 1, Semir Sentürk, dont l'ultime réalisation face à un Lehmann aussi mauvais esprit que mauvais joueur et mauvais tout court a relancé le mythe déjà bien consommé d'une Turquie spécialistes des retours du néant. A se demander non plus si la Turquie allait égaliser avec le troisième but de Lahm, mais quand elle le ferait ... une défaite finale, sans les images à la clef mais qui aura maintenu un suspense haletant et permanent jusqu'au coup de sifflet de final de chaque rencontre turque. Un jeu de nerfs et de dupes qui a pris donc fin hier soir, mais un jeu de combattants que les amateurs de surprise ne sont pas prêts d'oublier. Si loin de la triste et rachitique surprise de l'Euro 2004, synonyme de constipation offensive et de jeux d'échecs tristes à mourir.
Satisfiabilité: pas une large victoire teutonne, mais un baroud d'honneur de la sélection "ottomane". Je me Gauss(e): ottomane = dixit le débilo-commentateur Christian Jeanpierre qui a visiblement raté un épisode de l'histoire turque; qu'il passe de bonnes nuit, loin des sinistres souvenirs d'une triste équipe « gauloise » ...
Satisfiabilité: ça passe pour l'Allemagne, mais sans gloire et par une petite porte qui n'a rien d'une démonstration de force éclatante. Ca passe quand même, comme aux plus jours du théorème de Lineker. CQFD.

Conclusion finale: la demi-finale d'hier constitue une sorte de victoire ... à la turque! Y a plus de saison, mais on apprécie bien plus ce genre d'inversion des donnes que le déréglement infligé par l'arrêt Bosman. La victoire à la turque après celle de Pyrrhus, ou l'art de déjouer les pronostics les plus raisonnables dans les dernières minutes. Un synonyme du fameux coup de théâtre passé d'un terrain de jeu à un autre, des planches à la pelouse.
3 rupture de faisceau, 5 buts au total ... mais une victoire trop floue pour se sentir rassurée en attendant l'Espagne de Villa ou la Russie de Arshavin. Question de chiffres? Soit; un prétexte à rappeler les 99 ballons aériens de Nena, made in Deutschland:

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Au revoir la Turquie, bonjour le retour aux conclusions raisonnables? Rien de moins sûr avec la confrontation de ce soir. Deux équipes offensives + deux défenses plutôt rassurantes = un blocage du ballon dans le milieu de terrain? L'avantage des deux sélections du soir est qu'une chose au moins est prévisible avec elles: le cauchemar du dernier Espagne-Italie ne pourra pas se reproduire. Une impossibilité dont on peut se réjouir et que l'on doit à l'esprit résolument offensif de ces deux équipes. Le jeu, toujours le jeu malgré l'enjeu. Prévision au beau fixe, mais sait-on jamais ... dédicace d'un souvenir turc à peine efficacé. Espérons-le, faute de mieux.


F&H

Paresse latino

Publié le 23/06/2008 à 12:00 par schangels
Paresse latino
Le football était aux abonnés absents, lors de ce dernier quart de finale qui ne sortira jamais des annales anatomiques d'un football tristement défensif. Un match emblématique de l'Euro 2004 et qui s'était visiblement trompé d'année bissextile. Pas si grave au final, puisque le vainqueur promet plus pour l'avenir que son vaincu du soir. Beaucoup de promesses initiales dans ce duo doublement latin et pas si courant que ça. Pour un résultat conforme aux réputations des uns et des autres: beaucoup de bruit de rien, que de la frime, que de la gueule. Retour sur un match au niveau de jeu aussi insupportable que l'odeur actuelle des rues de Naples.


Italie-Espagne: 0-0 (Espagne vainqueur aux TAB: 2-4)
Vamos a la playa
Attention, image trompeuse ci-dessus: l'insupportable amateur de pirouettes, cabrioles et coups de pute dans le dos, j'ai nommé: Vega, n'était visiblement pas de sortie hier soir et n'avait pas de maillot rouge sur les épaules. Pour les anciens inconditionnels du jeu Street Fighter, je rappelle que cet homme à couettes au masque de fer était un des combattants de ce célèbre jeu de baston repris plus tard au cinéma, avec notamment Feu Raul Julia (Mr Adams) pour camper le personnage du boss-ultime-de la-mort-qui-tue Mister Bison et l'inimitable Jean-Claude Van Damme, dans le rôle adapté d'un Guile devenu le Colonel William F. de la FORPRONU (un gentil, donc). Tout ce long étalage pour en arriver à un constat du soir: l'Espagne aurait bien eu besoin besoin d'un guerrier tel que Vega, histoire d'imposer sa griffe sur ce match d'ours aux ongles rongés jusqu'au sang.

Gattuso et Pirlo dans les tribunes: excusez du trop-plein aux entournures et du trop-vide créé au sein d'une Squadra, orpheline à la fois de son créateur et de son nettoyeur de service. Comment digérer ce double défaut avec les "forces" en présence? Réponse: un bloc compact autour du milieu tourné avant tout vers la défensive, puis un signe attendu de la Madone sur un malentendu de Luca Toni. Canonnier de service dans son Bayern et toujours bredouille dans cette compétition à l'orée d'un duel chaud comme la braise. Croyait-on, du moins.
Retour sur une récente confrontation entre les deux équipes: Villa avait offert la victoire à la Roja un mois plus tôt, dans un premier Espagne-Italie conclu sur un petit score de 1-0 mais qui n'aura finalement pas à souffrir de la comparaison avec ce quart de finale de la peur. La quinzaine de litres d'huile d'olive produite par les équipes en présence ne devant contribuer ni à l'adhérence au sol, ni à l'adhésion de supporters écrasés par la torpeur. Oh Madre dio, quel triste match sans corones de part et d'autre ... pour résumer l'ensemble.
Citons un peu, en attendant: "Tel s'est fait enterrer à cent ans, qui mourut dès sa naissance; il eut gagné d'aller au tombeau dès sa jeunesse, s'il eût vécu du moins jusqu'à ce temps-là", disait Rousseau dans son Emile (sans Images, à l'époque). Même sentence pour la punition visuelle d'hier soir: l'arbitre eut gagné à décider que la partie commençât (subjonctif, svp) par la séance des tirs aux buts; l'Italie eut gagné ainsi du temps pour rentrer a la casa dès avant les premiers coups de sifflet, si elle eût de bonnes raisons du moins de rester sur le territoire suisse jusque là ... Même pas sûr, pour qui consent malgré lui à se rappeler les vilaines prestations précédentes d'une Nazionale au jeu en berne. Pénible confirmation hier soir, où la capitale de Coucouland avait un nom tout indiqué pour accueillir ce match funeste.
Un match de foot, ce dimanche soir? Une sieste dominicale, plutôt. Encore que celle-ci repose, tandis que celle-là a assommé ... indigent, désolant, consternant, repoussant, énervant ... les hyperboles s'imposent d'autant plus lorsque les goûts deviennent délicats et les palais difficiles. Difficile en effet de passer de cavier à pâté Olida, après un Russie-Pays Bas classé cinq étoiles qui jure comme pas possible avec le taudis une étoile proposé ce dimanche soir. Rien, ou si peu à dire concernant des phases de jeu limitées à un bouchon d'autoroute sur le milieu de terrain. Six joueurs espagnols autour du rond central, sept Italiens regroupés autour de leur surface de réparation ... n'en jetez plus, la messe est dite. Vive la laïcité.
No future, au-delà des poules; jamais. Statistiques à l'appui, poussant le vice de forme jusqu'à un fatal verdict des dates.

Une statistique intéressante prévoyait de nouveau le pire pour la sélection ibérique.
22 juin 1986: défaite de l'Espagne en quarts du Mondial mexicain contre la Belgique, après les tirs aux buts (tiens, tiens!);
22 juin 1996: défaite de l'Espagne en quarts de finale de l'Euro anglais comme l'équipe hôte, après les tirs aux buts (tiens, tiens!!);
22 juin 2002: défaite de l'Espagne en quarts de finale du Mondial asiatique contre la Corée du Nord, après les tirs aux buts (tiens, tiens!!!)

3 défaites d'affilée des Epagneuls ... jamais 3 sans 4? Si j'étais supporteur espagnol et amateur de statistiques, je sentirai donc on ne peut plus mal une affaire bien mal engagée côté coïncidences numériques. Incroyable, cette régularité fatale constatée dans les dates des rencontres, les scores et le stade de la compétition.
22 juin 2008: défaite de l'Espagne en quarts de finale de l'Euro suisse contre l'Italie .. aux tirs de but?
Bien essayé, mais le sort semble enfin conjuré. Jamais 2 sans 3 pour les Turcs, mais pas de jamais 3 sans 4 pour les Espagnols et c'est vraiment tant mieux pour tout le monde. Ou presque, evidamente.

Une malédiction conjurée au final, mais de quelle manière: une confrontation ibère-natique (ça sent la fin de tournoi) entre Iker la marmotte espagnole, terrée dans son trou jusqu'à un duel final contre son adversaire Gigi la Musaraigne.
Une malédiction italienne confirmée, après une action anodine qui rappelait un cas plus ancien du Mondial 1994. Voir plus loin pour la corrélation fatale. Et salutaire, aussi. Pas de vengeance ni de rancoeur franchouillarde en vue, dans ce qui suit; à la poubelle les équipes tristounettes sans envie ni idées, parmi lesquelles les champions et vice-champions du monde et pour le plus grand bonheur d'une compétition résolument tournée vers l'offensive. Vainqueur va enfin rimer avec joueur ...

Est-ce un complexe d'infériorité chronique, une méforme de ses attaquants, ou un art consommé de l'Italie à faire déjouer ses adversaires qui est à l'origine de ce match bon à fourrer dans mes annales les plus obscures? L'enjeu sur le jeu, la défense sur l'attaque, l'eau sur le feu ... qu'importe la formule tant que l'impression d'ennui longue durée se dégage des lignes à venir. Quelques actions à décrire pour la forme, sans plus d'entrain ...
Une première action dangereuse "dès" la 37e minute, un premier but quasiment fait mais une frappe espagnole qui frôle d'un rien le poteau gauche abandonné d'un Buffon pas doué au point d'avoir trouvé la formule d'ubiquité.
Action litigieuse où Silva se fait marcher sur le bout de la semelle par Zambrotta: info et penalty mérité, ou intox et carton de réprimande justifié?
Puis vint toutefois l'action manga du match, le moment paranormal pour qui veut y voir un signe de l'histoire qui bégaye. Comme aux plus belles années de "Olive & Tom", une belle frappe fusante de Senna des vingt mètres fut repoussée tout d'abord par Buffon avant de lui échapper ensuite des gants, puis de glisser tout doucement vers et sur le poteau droit. Aucun danger manifeste, sinon le souvenir d'un accroc similaire que Pagliuca avait connu lors de la finale du Mondial 1994. Le match avait terminé sur un terne 0-0 et une défaite des Azzuri aux tirs aux buts. Même anecdote, même issue du match? On est "bien" parti pour, dans une soirée qui constitue le reflet-miroir de sa devancière.
A noter à la rigueur une action tiède de la Nazionale, suite à un centre italien du droit que De Rossi était prêt à reprendre par bonheur mais que Luca Toni eut la mauvaise idée de reprendr à la renverse sur sa trajectoire ... une occasion = la plus grosse occasion unique d'une Nazionale digne de l'époque du catenaccio. Pas de quoi grimper sur le divan du salon, même pour qui a accroché le poster d'Umberto Tozzi juste derrière. Puis plus rien, encore et toujours. L'arbitre siffle la fin d'une première heure et demie aussi réjouissante qu'une comédie italienne des années 70. Comprenne qui voudra.

Prolongations. Les premières bonnes intentions sont espagnoles, à commencer par un trafic pas catholique dans la surface puis un boulet de canon qui rasa le poteau droit de Buffon. Une frappe de baby-foot, mais pas de cassette à la sortie et toujours ce nul qui colle aux semelles puis les paupières.
Une tête parfaite, un coup de boule puissant de di Natale à la Zidane; superbe geste, pareil à celui que le génie Marseillais avait adressé au ballon avant que Buffon ne la dégage d'une incroyable claquette et que Zizou n'en fasse autant sur le thorax d'un certain Materazzi. Même claquette impeccable de Casillas à la sortie, mais pas de coup de boule consécutif de di Natale sur un joueur espagnol.
Seule réjouissance de ce match? Le duel à venir entre deux gardiens de classe mondiale pour la séance prévisible des tirs aux buts. Casillas vs. Buffon, ou l'équivalent d'un Thomas Price vs. Ed Warner pour les fins connaisseurs de mangas surréalistes.

La séance de penalty. Enfin! Le syndrôme Pagliuca (voir plus haut) se dessine et se confirmera, si l'Italie perd à ce énième jeu de dés qui devient sa spécialité des phases finales. Ce sera bien le cas, et les dieux du football ne s'en plaindront pas. Parole de Français, ou pas.
Dans l'ordre des moments charnière: De Rossi victime classique d'un manque d'élan sur son tir et dont le tir ne surprend pas Casillas; tir pourri du pichichi Guïza, en plein centre du but; tir pourri de di Natale, qui décentre à peine un tir presque à ras de terre. Du velours pour un Casillas présent quand il le faut. Après quarante de disette et 24 ans de finale attendue, c'est dire si son rôle pèse lourd sur ses épaules. Présent, le Merengue. Puis vint le tir salvateur du bon canonnier Cesc Fabregas, qui qualifie enfin l'Espagne au bout d'une nuit sans fond et nous promet autre chose que ce pitoyable non-match en vue des demi-finales.
Une bonne occasion pour les Russes de prendre leur revanche sur le premier match de poule, entre autres.
L'Espagne a réglé provisoirement ses problèmes de complexe, même si le non-jeu proposé hier soir n'a pas de quoi la mettre en confiance avant un demi-finale chaud bouillant contre la Russie. Le carton 4-1 du premier tour est déjà loin, d'autant plus loin qu'il avait été administré à des joueurs russes alors privés de leur stratège offensif Arshavin. Une autre paire de manche à venir, donc, mais une promesse de rencontre à la hauteur des espérances placées dans ces deux équipes. C'est déjà ça.
Bonsoir tristesse; bonjour les vacances et tongs de sortie avant l'heure. Au moins ce match déplorable nous aura-t-il donné une raison de choisir un interlude musical à point nommé: un bon "Vamos a la Playa" du groupe Righeira, qui pourrait donner quelques idées de vacances balnéaires à des joueurs italiens bouillus foutus. Toni en tête.

Vidéo Youtube



Pareil choix musical s'imposait d'autant plus que Righeira était un groupe ... italien, illustration de la vague disco-pop vert-blanc-rouge du début des années 80. L'occasion pour des Italiens de faire honneur à la langue de Cervantès, à défaut d'avoir fait honneur à leur football.
Il faut être deux pour faire un bon match, diront et ont déjà dit certains; l'élimination de l'Italie constitue quoi qu'il en soit une sérieuse épine enlevée au pied de compétiteurs espagnols autrement plus inspirés et inspirants d'ici jeudi. L'Italie fait déjouer, la Russie fait jouer. C'est déjà ça, et même beaucoup. D'avance, merci. A la casa, les champions du monde. Et peut-être rencontreront-ils leurs vices-collègues bleus sur la route des vacances, doigts de pieds en éventail et portables SFR éteints. Déjà ça.


F&H

Titaneskaïa!

Publié le 22/06/2008 à 12:00 par schangels
Titaneskaïa!
Et une surprise supplémentaire, une!

Aucun des favoris des trois premiers quarts de finale n'a su passer le tour et confirmer ce que l'on attendait de lui. Le Portugal? Victime de sa muraille en papier et d'une Allemagne retrouvée. La Croatie? Victime d'une déconcentration cruelle et d'un coup du sort aux allures divinatoires. Les Pays Bas? Victimes peut-être d'une suffisance quasi-congénitale et d'un adversaire que l'on n'attendait pas à pareille fête. Ou presque, à en croire quelques commentateurs dont le nom de Hiddink inspirait bien des paris audacieux. Mais pas seulement: jamais la Russie n'a eu dans ses rangs de talents aussi prometteurs, jeunes et nombreux depuis bien des années.

Des décennies, même, puisque jamais la Russie post-soviétique n'a été capable de dépasser le premier tour d'une grande compétition depuis l'éclatement de l'URSS et l'apparition fantoche de la Communauté des Etats Indépendants. 1994: éliminé au premier tour malgré un dernier baroud d'honneur fracassant contre un Cameroun en fin de cycle. 6-1, puis passent leur chemin. 1998: même tarif. Et j'en passe des statistiques intermédiaires aussi peu reluisantes ...
Le match d'hier soir était l'occasion pour de jeunes Russes de venger une défaite d'aînés sortis d'un autre temps, d'un autre régime politique. 1988, ou la fameuse finale Hollande-URSS d'un Euro entré dans les annales par un second but d'anthologie de van Basten (cf. un billet précédent: "Tableau noir (c'est noir?)"). Adieu l'ère Dassaev-Belanov-Blokhine et ses ballons d'or anti-capitalisés, adieu les exploits d'un pays à taille d'empire et pour une bonne décennie d'inflation glorieuse. Rien, strictement rien dans le palmarès du football russe depuis l'arrivée d'Eltsine, la transition de Lebed et le règne souverain de Poutine. A croire que la Russie ne pouvait confier son amour-propre qu'aux prodiges d'une génération de tenniswomen cosmopolites, aussi belles qu'américanisées et performantes (si l'on excepte côté performance le mirage Kournikova et ses relations troubles avec l'argent facile, les photos de mode et la mafia locale). Gangrénée par une économie-passoire et des financements plutôt opaques, la Fédération de football pouvait-elle compter sur une autre arme que la délocalisation de ses prodiges et un retour sur non-investissement lors des phases finales? Rien de ce côté, contrairement à une équipe de France qui doit finalement beaucoup à l'arrêt Bosman et son principe de libre circulation des travailleurs en zone communautaire, malgré une paupérisation corrélative de son championnat national (soirées-déprime à tendance suicidaire, les samedis soirs à 17h15 sur Canal+) ...
Ajoutez à cela un effritement de la sélection suite à l'effritement du territoire russe, suite à l'indépendance d'une Ukraine qui profitait de l'occasion pour constituer une jeune et solide équipe de techniciens; vous obtenez une conjoncture morose où Shevshenko & Cie volent la vedette à une voisine muette à laquelle le sélectionneur ukrainien Oleg Blokhine avait tant donné à l'époque de la République Fédérale: ballon d'or, champion d'Europe avec le Dinamo de Kiev, et titulaire incontestable de l'ancienne équipe des soviets estampillée "CCCP". Jusqu'à un hiver 2007, où le gaz s'est remis en marche sur le fil du rasoir avant de confirmer sa bonne marche dans un surprenant printemps de l'UEFA 2008 puis de tourner plein pot un premier soir d'été. Un 21 juin: hier soir; si près, si prometteur. Retour sur un événement sportif triplement historique.
Peu sont ceux encore intéressés par la coupe de l'UEFA et le nom de son vainqueur annuel. Le Zenith de Saint Petersbourg en guise de cru 2008, avec son Arshavin prometteur et son sponsor officiel Gazprom bien utile pour maintenir des troupes à l'abri de la tentation d'agents occidentaux. Et si le soleil devait se relever à l'Est, aidé dans son nouvel éclat par un profitable argent trouble? Chelsea en profite bien depuis des années, alors pourquoi en priver son sol national? La preuve sur le terrain; brillante, elle aussi.


Pays Bas-Russie 1-3 (Pavlyuchenko 57e, Torbinskiy 112e, Arshavin 117e; van Nistelrooy 86e)
Plein gaz!
Un soir historique à trois titres, donc:
- première qualification de la Russie pour les demi-finales d'un tournoi international de football, depuis l'éclatement de l'emîre soviétique
- première et dernière défaite inattendue (ou presque, bis) des ogres hollandais dans une compétition qui leur semblait déjà promise, à les voir aussi doués, audacieux et chanceux (jamais l'un sans l'autre, les Turcs en savent quelque chose)
- troisième réussite du sorcier Guus Hiddink avec une sélection nationale, dont la nationalité initiale est toujours bonne à rappeler après le match d'hier contre des Hollandais: hollandaise ...

La première mi-temps n'a pas offert un moment unique de l'histoire du football, à vrai dire: même impression générale que dans le match entre la Croatie et la Turquie, où les deux équipes s'observaient en chiens de faïence avant de lancer quelques fusées sur les ailes. Rien de plus côté hollandais, que ni la réussite ni le talent n'aura éclaboussé dans ce match des désillusions. Hormis Snejder et ses courses solitaires terminées chaque fois en tirs trop écrasés et non-cadrés, on n'a pas vu les cadres à pareille dé-fête depuis le début des festivités oranje: ni Kuyt, ni van Nistelrooy, ni van Persie n'ont su prendre à défaut une équipe russe bien organisée en première période, sérieuse dans sa défense et capable d'inquiéter sérieusement n'importe quelle défense adverse avec ses fusées latérales: Arshavin, Pavlyuchenko, et surtout un Kolodin des grands soirs. Lequel Kolodin nous rappelait presque au souvenir menaçant d'un Boulganine période guerre froide, menaçant le monde entier par ses fusées répréhensives. Même combat pour Kolodin, lequel nous gratifiait de missiles Strelets et BM-25 à quelques vingt mètres du but de van der Sar et à deux reprises. Des patates comme on en a peu vu jusqu'ici, à l'exclusion de la jolie Kartoffel de Ballack contre l'Autriche mais à la différence près que les engins envoyés hier soir l'étaient en pleine phase de jeu non-arrêtée. Plus dur de cadrer et trouver la bonne position de tir; d'autant plus de mérite pour un Kolodin dont les bonnes intentions devaient se confirmer plus tard pour son équipe entière.
La seconde mi-temps allait montrer, aussi et surtout, que les deux équipes tenaient bien à tuer le match chacune à leur façon, quoique uniforme: l'attaque, toujours l'attaque appuyée par des milieux offensifs mais que la défense ne se découvre pour autant. Assez de talents devant pour laisser tranquille derrière. Et ce qui devait se confirmer se confirma, alors que les Russes multipliaient les appels sur l'aile gauche. Un bon centre en retrait finissait dans les pieds d'un Pavlyuchenko, dont le plat du pied en pleine course suffisait à prendre à contre-pied le géant pas vert van der Sar. Troisième but pour le joueur du Zenith depuis le début du tournoi; un club au nom bien choisi jusqu'ici, mais sait-on jamais avec ces Hollandais capables de marquer en si peu de temps ...
... le scénario catastrophe croate semblait se reproduire à la 88e minute, où van Nistelrooy reprenait de la tête un bon centre en profondeur qui passait devant le nez de la défense russe et terminait sa course dans les filets côté droit. Honneur soit fait aux lancées récurrentes de Snejder sur le flanc gauche, qui auront donc fini par payer avec un centre en profondeur repris par "Ruuuddd" ... van Nistelrooy; ou le modèle typique de l'attaquant transparent un match entier avant de sortir de sa tannière au moment fatidique. Encore un coup de poignard du Merengue, au moment le plus opportun. Car il était temps, à l'image de cette supportrice batave sur qui les projecteurs se braquaient avant le centre et dont la mine aussi concentrée que constersée en disait long quant à l'état de santé de sa sélection chérie: blafarde, empruntée et visiblement coincée aux entournures une heure et demi durant, moins cette minute providentielle qui relançait plus que des espoirs côté van Basten. Comment imaginer que la Russie ne soit pas démoralisée, dépitée et défaite par avance avec ce but de dernière minute (ou presque)? Le fatalisme russe n'a pas fait effet, pourtant; la "faute" peut-être à ce Raspoutine du football, Guus Hiddink, que le but semblait laisser de marbre malgré le coup derrière la tête qu'il aurait dû représenter. Fin du temps réglémentaire, puis début des prolongations pour la seconde soirée consécutive. Les Russes avaient de quoi s'en mordre les doigts: tant d'occasions chaudes pour si peu de réussite; un van der Sar toujours à l'affût malgré la vivacité d'attaquants blancs en panne dans la finition; des missiles relancés d'un Kolodin au pied droit de fer ... rien n'y a fait, sans que les jeux soient faits pour autant devant autant d'inefficacité et malgré tant de talents individuels. Au service d'un collectif fluide qui se connaît (7 ou 8/11 des joueurs de champ issus de la même équipe du Zenith) et trouve des solutions sans aucun problème. Les prolongations à venir, malgré tout.

Et la lumière vint des deux komsomols nouvelle vague: Arshavin et Pavlyoutchenko. Peu importait au final une action litigieuse conclue par un penalty non sifflé sur Zyrkhov ... peu impoertait au final la guigne systématique après une dizaine d'actions, signe classique d'un sort qui semblait scellé avant la demi-heure pour une équipe incapable d'attraper le wagon lorsqu'il lui était promis. La différence se fit par cet étincelant Arshavin, toujours à son zenith dans les deux sens du terme et capable de répondre à une équation bien compliquée pour Français et Italiens: comment lober un van der Sar? Réponse: en l'attirant hors de son but avant de centrer au poteau opposé; malin, mais aussi et surtout efficace. Pris de cours, le gardien ne pouvait pas empêcher Torbinskiy de pousser le ballon au fond des bus et d'une piquette astucieuse. 2-1 pour les Russes, contre toute attente des habitués de la malchance fatale. Le mérite et le talent ont fait parler la poudre, hier soir, tandis que les missiles à répétition de Kaladin auraient bien mérité de trouver le cadre afin d'entrer dans le Panthéon des éclairs de génie du football. Le ballon de volley nouvelle mode aidant, j'avoue ne jamais avoir vu de baramines aussi pures et violentes de ma vie de spectateur assidu. Dommage, mais l'essentiel n'était pas là car la Russie sut tuer le match en profitant de derniers contres de l'espoir côté Oranje: une récupération du joyau Arshavin côté droit devait propulser un ballon entre les jambes de van der Sar, auquel personne ne pouvait conseiller jusqu'ici d'acheter du grillage et qui devait s'incliner devant le brio et la jeunesse. Plein gaz, à double titre et pour le grand bonheur d'un pays peu habitués aux exploits du ballon rond depuis vingt ans. L'amour du beau jeu et de la jeunesse audacieuse inciteraient à souhaiter leur victoire finale, histoire de devancer leurs illustres héros des années 80 et entrer dans la grande Histoire du palmarès des vainqueurs.
Et pourquoi pas, désormais? Inutile de répéter le fameux Paradoxe de l'Imprévisible, appliqué depuis une semaine dans mes pronostics foireux et susceptible de contrarier les issues de matchs les plus attendues. Prudence, donc, mais il y a quelque chose dans cette Russie qui plaide en sa faveur bien au-delà de ses "voisines" de la Grèce et de la Turquie: de la Grèce, parce que la vainqueur de l'édition 2004 n'avait vraiment, vraiment pas le don du ballon rond et le goût prononcé de l'offensive affiché hier soir par la Russie; de la Turquie, parce que la providence qui semble toucher les protégés de Fatih Terim s'avère bien plus fragile que le jeu produit par les enfants du sorcier Rasp-Hiddink-outine. En deux mots:
- 2004 fut défensif, faute de condition physique parmi les meilleurs attaquants du tournoi; la coupe finit entre les mains d'une équipe au savoir-faire défensif évident, bien que consternant pour le spectateur moyen.
- 2008 est offensif, grâce à des équipes dont les meilleurs attaquants ont suivi une bonne préparation physique à peine émoussée par les championnats nationaux; la coupe pourrait bien finir entre les mains d'une équipe au savoir-faire offensif évident et d'autant plus réjouissant pour le spectateur évident.
A moins qu'Allah ne se décide d'elle-même et à exister pour de bon et à nous imposer un futur triomphe turc aussi imprévu qu'imprévisible ... attendons un peu, avant de virer dans l'irrationnel.

L'histoire russe a quelque chose de l'histoire turque, cela dit. Sortie dans la douleur de sa poule D éliminatoire avec 24 points au total, soit cinq de moins que le leader croate et un petit plus que l'Angleterre, il est toujours bon de rappeler pour la postérité (?) que la dernière journée du 21 novembre 2007 aurait pu sourire à la rivale anglaise: une victoire à domicile contre la Croatie aurait offert le ticket final à la perfide Albion; mais le petit frère slave eut la bonne idée debattre les Anglais sur leur terrain (3-2) tandis que la grande soeur russe battait difficilement Andorre sur le moindre écart de 1 à 0. Un match décisif dans laquel Arshavin devait être expulsé, suite à un contre Andorrin que le petit génie actuel stoppait d'un tirage de maillot tant utile pour le sort final. Un petit anti-jeu aux énormes conséquences hier soir. A ne pas oublier, si d'aventure le périple post-soviétique devait se conclure sur la plus haute marche du podium dimanche prochain. Avec la Turquie en guise de vice-championne d'Europe? Plus difficile à croire, quand on voit l'hécatombe côté infirmerie et suspensions de joueurs; mais difficile à ne pas croire également, quand on voit de quelle panade les Turcs se sont systématiquement sortis jusqu'ici.
Une seconde histoire de ouf après celle du vendredi soir. Le talent en plus, aussi et surtout. Triomphe surprenant, pour qui mise davantage sur le pétrole que sur le gaz. Cela mérite bien un kleine Lied en l'honneur de la ville éternelle, au son des gutturales de Lindemann et des roulements de Tatu. Dure et cruelle, donc sensuelle. Promesse de nuits blanches sur fond de souvenirs rouges et noirs. Mockba!

Vidéo Youtube





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Moskau
Это песня о самом прекрасном городе в мире. Москва!
(Eto pyeshnya o samom prekrasnom gorodye v mnrye. Moskva!)
This song is about the most beautiful city in the world. Moscow!

Diese Stadt ist eine Dirne
This city is a prostitute
Hat rote Flecken auf der Stirn
She has red spots on her forehead
Ihre Zähne sind aus Gold
Her teeth are made of gold
Sie ist fett und doch so hold
She's fat and yet so lovely
Ihr Mund fällt mir zu Tale
Her mouth falls to my valley
Wenn ich sie dafür bezahle
When I pay her for it
Sie zieht sich aus doch nur für Geld
She takes off her clothes but only for money
Die Stadt die mich in Atem hält
The city that keeps me in suspense

Refrain
Moskau
Moscow
Раз, два, три!
(Raz, dva, trii!)
One, two, three!
Moskau
Moscow
Посмотри!
(Posmotrii!)
Look!
Пионеры там идут,
(Piionyer tam iidut)
Pioneers are going there,
песни Ленину поют.
(Pyesnii Leniinu poyut)
singing songs to Lenin.

Sie ist alt und trotzdem schön
She is old and nevertheless beautiful
Ich kann ihr nicht widerstehen
I can't resist her
не могу устоять
(Nye mogu ustoyat)
I can resist
Pudert sich die alte Haut
She powders her old skin
Hat sich die Brüste neu gebaut
and has gotten her breasts rebuilt
построила вновь
(Postroiila vnov)
rebuilt

Sie macht mich geil ich leide Qualen
She makes me horny I suffer torment
Sie tanzt für mich ich muss bezahlen
She dances for me I have to pay
я должен платить
(Ya dolzhyen platiit)
I have to pay
Sie schläft mit mir doch nur für Geld
She sleeps with me but only for money
Ist doch die schönste Stadt der Welt
It's still the most beautiful city in the world

Refrain
Moskau
Moscow
Раз, два, три!
(Raz, dva, trii!)
One, two, three!
Moskau
Moscow
Посмотри!
(Posmotrii!)
Look!
Пионеры там идут,
(Piionyer tam iidut)
Pioneers are going there,
песни Ленину поют.
(Pyesnii Leniinu poyut)
singing songs to Lenin.

Ich sehe was, was du nicht siehst
I see what, what you do not see
когда ты ночью крепко спишь
(Kogda t nochyu kryepko spiish)
(if you close your eyes)

Wenn du in der Nacht einschlafen bist
When you sleep at night

Ich sehe was, was du nicht siehst
I see what, what you do not see
когда ты предо мной лежишь
(Kogda t pryedo mnoy lezhiish)
(if you knelt down before me)

Wenn du vor mir niederliegst
When you lay before me

Ich sehe was, was du nicht siehst
I see what, what you do not see
когда со мною говоришь
(Kogda so mnoyu govoriish)
(if you me with the mouth affect)

Wenn du mit mir redest
When you speak with me
Ich sehe was, das siehst du nie
I see what, you never see

Раз, два, три!
(Raz, dva, trii!)
One, two, three!

Refrain
Moskau
Moscow
Раз, два, три!
(Raz, dva, trii!)
One, two, three!
Moskau
Moscow
Посмотри!
(Posmotrii!)
Look!
Пионеры там идут,
(Piionyer tam iidut)
Pioneers are going there,
песни Ленину поют.
(Pyesnii Leniinu poyut)
singing songs to Lenin.

Москва!
(Moskva!)
Moskow!

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Mais jusqu'où n'iront-ils pas? Au-delà de leurs frontières immenses, si l'on croit au pouvoir de la finance russe sur des joueurs du terroir aussi bien payés là-bas qu'ici. Une promesse de vent qui tourne ou de puissance qui bascule d'Ouest en Est, le temps d'un match où la Russie a rappelé son existence au monde du football. Fin du fatalisme? C'est bien parti, en tout cas.
Aucun des favoris n'est sorti, donc. 4 sur 4 négatif = 0 pointé à venir?
Il ne reste plus qu'à attendre le dernier quart de ce soir. Attendre un sulfureux un Italie-Espagne sans Gattuso et dont, espérons-le, l'issue ne sera pas aussi tristement fatale qu'à l'accoutumée. Suivez mon regard, direction la Costa del Sol. Olé!


F&H