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schangels Description du blog :
Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne. Catégorie : Blog Loisirs Date de création :
25.12.2007 Dernière mise à jour :
03.07.2008
Il y a des formules qui feraient mieux de ne jamais sortir de la bouche malfaisante de leurs malheureux auteurs, le plus souvent anonymes et c'est tant mieux pour leur matricule.
Les bonnes citations ne doivent pas cacher les moins, bien moins bonnes dont on se coltine la répétition à longueur de journée.
Première exemple de psittacisme dont Britney Spears (joli minois, toutefois) ou Nikos Alagias doivent sans doute se réclamer:
"Be yourself"
J'utilise la version anglaise pour mieux insister sur l'indigence de la formule; car c'est devenu un procédé commode et courant que de formuler en anglais (tellement "cool" et "dans la vibe", donc je "kiffe grave ma race" rien qu'en l'écoutant) ce qui friserait sinon le ridicule dans notre Muttersprache.
Qui n'a pas reçu un jour damné de sa vie cette fameuse recommandation existentielle destinée à ne pas modifier sa "nature", et son comportement "naturel" en présence de la personne convoitée? Le mieux est l'ennemi du bien: voila une formule bien plus adéquate en la circonstance et que l'on doit officiellement à la sagesse populaire.
Mais non: il s'agit de rester tel que l'on est ... or qui est capable de vraiment savoir ce qu'il est? La nature humaine n'est peut-être qu'une fiction permanente, et qui a lu un peu de Rousseau a entendu parler d'une autre notion plus ... existentielle: la perfectibilité, c'est-à-dire la capacité de tout être humain à devenir autre que ce qu'il est en l'état.
La génétique et, surtout, la force de l'habitude peuvent bien nous prêter quelques dispositions durables dans notre caractère, mais rien de substantiel au point d'en devenir notre "nature".
"L'existence précède l'essence", cela vous dit forcément quelque chose ou plutôt quelqu'un (quoique les deux se valent, vu la trogne de l'auteur en question)?! Ce serait tant mieux, vu l'inflation galopante qui sévit actuellement. Double sens, ici: l'essence augmente aussi bien dans les barils que dans les bars à "speed-dating", et le but du jeu est de toujours surenchérir sur les produits dans les deux cas de figure.
A toutes les statues du commandeur qui recommandent de ne rien changer et d'être tel que l'on est, je demande donc de fermer le claque-merde ou, mieux, de se demander si leur formule à l'emporte-pièce a seulement un sens.
Je ne vois que celui-ci: pour plaire à la personne convoitée, la meilleure des attitudes consiste à ne pas vouloir en faire trop sous peine de déraper. Ou à ne pas emprunter une attitude inhabituelle si l'on n'en mesure pas les conséquences attendues. Trop plein de ton dans la musique ou trop peu de suite dans les idées nuisent à l'emploi, pour résumer.
Le proverbe populaire ci-dessus est donc bien plus approprié pour la cause, et je ne manquerai pas de revenir sur la justesse de cette "sagesse populaire" dans de prochains billets. Histoire de montrer que la doxa snobée par les pédants est loin d'être aussi irréfléchie et versatile que l'on s'ingénie souvent à le dire (à défaut de le penser vraiment, c'est-à-dire avec de bonnes raisons à l'appui).
"Sois ce que tu deviens", ou "deviens ce que tu es"?
Les deux, mon capitaine: je ne baigne jamais deux fois dans la même humeur, ou pas exactement du moins ...
Parce qu'il fallait dire ce qui est à dédire. Dont acte.
Avis aux lecteurs probables de ce billet: n'hésitez pas à m'envoyer vos propres suggestions de formules vaseuses toutes faites; elles seront clouées au pilori, comme il se doit et pour des raisons d'oeuvre de salubrité publique.
Amen
Le meilleur moyen de découvrir ce que l'on est vraiment, c'est-à-dire: ce que l'on est en mesure de ne plus être par la suite, est souvent de rester seul pour faire le point et ne pas trop se frotter aux jeux de société: trop de pression tue les bonnes impressions ... tout ceci pour placer tant bien que mal "We Stand Alone", un de mes morceaux favoris de Covenant (électro scandinave).
Il y a ceux qui mangent pour vivre, et ceux qui vivent pour manger. J'avoue me situer bien plus dans la première catégorie, contrairement au personnage qui suit ...
Petite escapade vers un homme au fourneau, j'ai nommé Pom Pom Pidou: cet énergumène sarcastique a pris pour principe de railler ma mosellanité ... si tant est que cette appellation administrative ait vraiment un sens. Disons plutôt que c'est le sud qui se moque du nord, le feu contre la glace, la guimauve contre la frangipane, le plomb contre le Stahl et ... jeux d'un grand enfant qui ne cassent pas trois pattes à un canard mais parfois mes couilles, lorsque le café crème du matin sent le Saint Marc de percolateur mal nettoyé.
Plus sérieusement, Pidou (je ne divulguerai pas son appellation officielle sans autorisation expresse de sa part) est un joyeux luron à la fourchette plus rapide que son ombre (pas difficile, en même temps) et au décapsulage de Coca Light aussi discret que devait l'être un déplacement de prince Stanislas sur parquet craquelant.
Notre ingénieur en chef a donc décidé de se lancer, lui aussi, dans les confessions de blogueur mais sur un tout autre sujet que les miens: la cuisine, la ripaille, la bonne bouffe ... associez-y l'ami Meintz et son oenologie spirituelle (cf. "Coup de pub à Le Baron"), vous trouverez de quoi organiser des soirées pour le moins raffinées et odorantes. J'en veux pour preuve une excellente soirée vins&fromages dont il fut récemment l'un des protagonistes; le parquet de notre Khmer non-rouge local doit s'en souvenir encore.
Moselle ou Meurthe et Moselle, jazz ou électro-punk, peinture ou ratures, bobo ou beauf? Ne choisissez pas, prenez donc les deux.
Ci-jointe l'adresse toute indiquée pour les papilles:
http://20six.fr/onsfaitunebouffe/
Aurai-je le droit un jour d'afficher la photo rebelle (Bernie lycéen) de l'intéressé sur ce billet? J'attendrai son autorisation expresse, une fois encore.
Salutation distincte, de la part d'un "beauf grenat".
"Ma Lo-rrai-n'est Gre-nat ... et ell-e res-te-ra"
En l'honneur de notre grand amateur de jazz à l'honneur, je ne peux terminer ici que sur quelques notes musicales que le traumatisé des années 80 saura apprécier. En commençant par le grand jet-setter laqué (façon J-L David) Sandy Marton, piano-guitariste injustement oublié de nos jours et qui a dû faire le bonheur auditif des golden boys de son adolescence abhorée. Rien que pour toi, Pidou. Savoure ...
On terminera par une note plus personnelle, cela dit. Avec mon cher Jimmy Sommerville dont, petit à petit (c'est le mot), j'ai appris à apprécier la voix et le pas de danse. Le meilleur de Jimmy sera pour plus tard toutefois, dans un de mes crochets nostalgiques. On se contentera pour ainsi dire de ce superbe "Tomorrow":
Le fait est que Pidou n'a vu dans les années 80 que frime, fric et insignifiance; je n'y ai vu que bon samples, bonne humeur et bonnes rythmiques primitives (rien de péjoratif dans ce qualificatif: j'aime le minimalisme et j'y reviendra dans un futur billet). Question de madeleines, périmées pour lui et délicieuses pour moi. La différence d'âge expliquant ceci, les sarcasmes n'empêchant pas cela. Et peut-être me ferais-je comprendre un jour ...
En attendant: "à table!"
A l'heure où les épiceries ferment boutique pour laisser place aux hypermarchés, où Schumpeter a relanché la Machine à Baffes pour un siècle au moins et où l'"on" cherche à obtenir toujours mieux toujours plus loin et dans tous les domaines: salaire, sexe, spiritualité de mes deux, etc. (pleins de directions en tête, aucun sens en vue), ce n'est pas peu de le (re)dire ...
Hobbes comme Sartre entre deux feuilles de chou (cf. "Après BHL, Pierre Desproges") n'ont cessé d'affirmer à leur façon cette vérité sociale, à défaut d'être nécessaire: l'enfer, c'est l'autre. Et l'autre, c'est le barbare ou celui qui ne partage pas nos propres pensées.
Frege comme Wittgenstein s'en retourneraient dans leurs tombeaux gavés d'épitaphes: l'autre est-il si différent, donc si dangereux de moi et indisposé à améliorer mon propre sort ici-bas?
C'est que l'on a toujours l'impression de perdre une partie de soi avec l'autre, et ce sentiment d'annexion partielle vaut autant pour les individus en rut que pour les peuples en lutte.
Tout ceci pour en arriver à cette scène grandiose: la rencontre entre la Rome civilisée et la Germanie barbare, refusant de laisser ses forêts aux mano de la plus puissante civilisation de l'époque (la scène se passe en 167 après Jean-Claude sous le règne de l'empereur-philosophe, Marc-Aurèle). Pétrifié alors sur mon strapontin quand le simple chef de tribu Germain s'en vint narguer Rome du haut de son rocher en guise de promontoire, tête de messager infortuné en main, j'étais en compagnie de deux poulettes dont une à forte, très forte poitrine (mais étonnamment cucul la praline pour son âge physique) et une autre indifférente à la scène mystifiante. J'ai frissonné d'admiration désemparée, à l'idée qu'un ou deux de mes chromosomes puisse venir de ces barbus du Nord ...
Action en VO, malheureusement (on ne peut dissocier nos sentiments de la Muttersprache qui les exprime):
L'ordre contre le désordre, l'intelligence contre l'ignorance, le feu contre la glace ... "Le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie", a dit l'anthropologue Lévi-Strauss. Pas convaincu que ce genre d'appel à la tolérance serve jamais de guide dans nos actions, mais admettons: la tolérance a cela de confortable lorsqu'elle n'engage en rien le lecteur de salon.
Je ne peux résister à la tentation d'une autre lutte mortifère pour des idées communes:
AOUUUUHHHHHH!!!
Une question de testostérone, rien de plus? Histoire de charrue et de boeufs inversés, comme toujours. Epoque révolue d'un temps où l'individu avait quelque chose à défendre. Pas facile de rêver encore, lorsque le sacré a rendu l'âme et souffert d'un traumatisme technologique à échelle continentale.
Pas glorieux d'assumer cette ère du vide où tout nous est ouvert, surtout le ridicule. Assumons la fin des grandes illusions dans nos sages petites vies ... attendons.
La réponse à venir de Jago à ma contre-attaque contre les Forces Exclusives (pour ceux qui sont déjà largués, cf. "Truthmakers II: l'Attaque du Clone") m'a laissé songeur: pas en ce qui concerne le contenu de sa réponse, mais concernant le jeu d'objections-réponses-et-contre-objections auxquels se livrent sans cesse les ouailles de la communauté philosophique.
Pourquoi fait-on de la philosophie; je veux dire: pour quoi? On parle parfois de la recherche idéale d'une sorte de concorde intersubjective, point utopique revendiqué par Peirce et qu'on appelle plus simplement l'accord parfait. Ce point n'existe pas, dit-on, et tant mieux pour le commerce des éditeurs. Mais quand bien même: est-ce bien la concorde que les jouteurs de concepts recherchent avant tout et derrière eux?
Mais il s'agit souvent et sans doute de faire de l'épate en société, de pointer le cursus au tout-venant et draguer avec son bac+l'âge de mon grand-père sur des airs de "une bibliographie grosse et longue comme tu les aimes, bébé".
Il y a ceux qui vivent comme ils pensent, ceux qui pensent comme ils vivent ... et il y a tous les autres dont je suis, à l'exception d'aucun.
Laissons-nous bercer un instant par l'évocation d'une douce harmonie universelle:
Pour d'autres plus sceptiques et, donc, plus corrosifs, qui dit philosophie dit avant dit logomachie; car "débat" rime avec aussi bien avec "ébats" que "combat", ne l'oublions pas.
Ne doutons pas non plus que, derrière la carapace de chaque débatteur à la mine contrôlée et aux lèvres pincées, se dissimule tant bien que mal un torrent d'insultes potentielles: qui n'a pas eu en face de lui un contradicteur devenu point de mire en l'espace de quelques secondes? La question est posée, et je doute bien que les réponses ne fuseront pas. Défense du capital social oblige.
Concluons en queue de poison avec cette toute autre image de la philosophie comme logomachie; précisant toutefois que la réflexion ne permet jamais à la colère bouillonnante de prendre par trop le dessus sur ses idées froides, au risque de tomber dans le ridicule (dédicace à tous les Thrasymaque de la Terre, ceux à qui la toge "costard-cravate" de rigueur peut servir de cache-misère universitaire). On en sort grandi, et c'est tant mieux. Ouvrons quelque peu les vannes, malgré tout:
Soyons franc: la symptôme typique du causeur frustré n'est pas tant d'avoir tort que de confondre sans cesse "avoir tort" et "subir un tort". Une question d'interprétation des intentions d'autrui, toujours et encore.
Qui nous entoure: anges, ou démons?
"Ni l'un ni l'autre, mon colonel. Pour survivre à la guerre (des mots), il faut devenir la guerre (des mots)."
Merci, Sylvestre.
On ne plaisante pas, on s'assied et on écoute:
Je me permets d'introduire dans mon blog (manquerait plus que le contraire) une annonce dithyrambique du divin Baron, j'ai nommé François Huppertheim von Tréhémont.
Eminent fonctionnaire de France mais aussi, et surtout, vieux camarade de lycée et de faculté, François le Baron est un disciple pour ou malgré lui du sensualisme de Condillac: tout phénomène est réductible à l'activié fondamentale d'un sens particulier, en l'occurrence le goût. Car l'Ami, que dis-je, le "Grossfreund von Stahlortsmosel" (traduira qui voudra), est grand amateur de vin et a toujours su s'attirer de vieux compères qui n'en pensent pas moins, n'en pansent pas moins et, par conséquent, n'en dépensent pas moins pour la dive amphore.
Je me tais deux minutes et vous laisse le commentaire officiel du fier Baron. Notez bien l'annonce indiquée de l'autre ami Meintz, carrément passé professionnel dans les affaires oenologiques.
Voila qui tombe très bien: l'autre ami Pidou aura bientôt droit à sa dédicace particulière, pour un blog qu'il a créé tout juste hier et concerne la bonne bouffe.
Baron + Pidou = l'addition, s'il vous plaît?!
Place soit donc faite au Baron, dont le commentaire peut être aperçu ci-contre mais qui méritait un médaillon grandeur nature:
"Cher Fabien, tout d'abord merci et bravo pour ton blog. Un blog qu'il est bien pour le lire et l'écouter!!!
Cependant un thème reste trop peu exploité à mon goût... Le pif (pas le chien brun et jaune qui a bercé notre enfance) mais la divine boisson issue du pressage et de la fermentation du raisin (remarquez au passage la similitude du mot "raisin" avec le mot "raison"; étonnant non...).
En effet, si la voiture a besoin d'essence pour se mouvoir, il est fort connu (confère les bringues monumentales de Socrate qui n'hésitait à payer de sa personne pour terminer les barriques de vin qui avaient eu raison depuis longtemps de ses camarades de logos) que le philosophe tire sa verve sans fond (pas de contrepèterie ici...désolé) de l'absorption du divin nectar (hein Fabien? j'ai dit du vin, pas du pastis...)
C'est pourquoi, et avec la permission du taulier, je me permets de faire de la pub pour un ami à moi : Monsieur Stéphane MEINTZER. Le brave homme a eu l'idée lumineuse de se lancer dans le commerce du vin. J'invite donc les visiteurs de ce blog à rendre une petite visite sur le site suivant :
http://stores.ebay.fr/Ame-du-Vin
Fin de la pub.Merci.
Et si le philosophe se sert du vin, le matheux se servait en veinard de son pi pour l'appliquer au cas du rond (là, y'en a...)
Avis aux amateurs: le service public diffuse dimanche soir "Les tontons flingueurs"
Au plaisir Fabien
Le Baron."
La lettre et l'esprit ... voila qui est dit!
Dédicace pour ta pomme (du Calvados, je présume), toi le Baron qui écuma les bars(Be-Q) de blues et essuya quelques défaites nécessaires pour mieux apprécier ta victoire présente: le p'tit Louis et ta blonde Latiatia.
En attendant que la descendance se brûle les tympans avec Feu Steve Ray Vaughan (qui apparaît dans un des clips ci-dessus, cherchez bien), ci-joint un intervalle admiratif pour un groupe que je cherchais à caser ici depuis le début. A tous ceux qui, comme moi, ont un faible pour les semelles de vent et souhaitent voir ailleurs s'ils y sont, i.e. voir ce qu'ils sont encore lorsqu'ils y sont (je me comprends):
Et parce que Lynyrd Skynyrd fonctionne comme les témoins de Jeovah, un dernier et sublime hommage au ciel bleu de leur Alabama natal.
Parce que, oui, on peut avoir les semelles crottées de son sol natal et pleines d'appels au vent. La contradiction n'existe là que pour les pseudo-universalistes bas du front et donneurs de leçons.
Et puis non: parce que jamais deux sans trois, finissons par un hymne à l'existence faite de conseils bien sentis et bienveillants. On vous aime, les mamans, sans le dire trop souvent (because effet anti-performatif au tournant, cf. Problème Philosophique n°5):
Gros racistes sudistes, les dit-on? On ne peut pas être foncièrement mauvais lorsque l'on produit ce genre de nectar ... respect.
Résumé de l'épisode précédent:
Après avoir imposé la non-contradiction dans la Métaphysique et vaincu en apparence la coalition mégarique des dangereux Héraclite&Protagoras, l'honorable Aristote a broyé du noir et terni son étoile avec le tiers exclu: un grain de sable se serait introduit dans la superbe machinerie organonique, par la faute des événements futurs contingents. Pour défendre les Forces Exclusives, Craig Bourne (=Luke Skywalker) a proposé une parade et rétabli le tiers exclu en sévissant au coeur même de l'étoile noire, i.e. en terre multivalente.
L'histoire est-elle scellée pour de bon? Loin de là; l'étoile noire est coriace, qui se renforce à chaque nouveau coup de boutoir des forces non-classiques. Malgré un appui aux intentions moins claires du pape de la supervaluation van Fraassen (=Han Solo), ou encore du réaliste logique et non moins non-vérifonctionnel M. Tooley (=Chewbacca), l'armée noire s'est reconstituée et l'Empire multivalent contre-attaque par un de ses sbires singuliers. En l'occurrence: moi-même, dont la mission consista dans l'article ci-dessous à bouter Bourne-Skywalker hors du chemin de la vérité. J'ai dit "sbire singulier", et pour la bonne raison que mon personnage tiens plus du mercenaireque de la machine implacable. Il ne s'agit pas pour moi de lutter sans relâche pour ou contre les Forces Exclusives, mais d'éliminer tout argument susceptible d'emprunter des voies douteuses dans sa quête, quelle que soit son issue. Par le biais d'une attaque moins directe que la sulfateuse multivalente des Forces Anti-Exclusives (toujours + de valeurs de vérité = toujours - de crédit pour le tiers exclu), il s'est agi pour ma pomme de montrer que Bourne-Skywalker a joué indûment sur les apparences des formes logiques. Fausse victoire pour le tiers exclu, en quelque sorte, dès lors que l'analyse logique distingue à ce (juste?) titre les propositions de leur assertion. L'Empire n'est donc pas vaincu, ce que j'ai tenté de montrer ci-dessous.
Référence:
Fabien Schang, "Truth and Truthmakers. A Reply to Bourne's Negation", The Reasoner 1(8), 2007, pp. 5-6
Vérité et Vérifacteurs. Réponse à la Négation de Bourne
par Fabien Schang
Dans un article récent, Craig Bourne (2004: “Future contingents, non-contradiction, and the law of excluded middle muddle”, Analysis 64(2):122-128) a tenté de rendre justice à la position prétendue d'Aristote concernant les future contingents: préserver la loi du tiers exclu (symbolisé: LEM): pV~p, tout en rejetant la bivalence: tout énoncé n'est pas soit vrai, soit faux. Łukasiewicz (1920: "O logice trójwartościowej", Ruch Filozoficzny 5: 170-171) a voulu faire ainsi par le biais de sa logique non-bivalente Ł3 = {1, 1/2, 0}; mais le comportement normal de la négation, ici: ~(1/2) = 1/2, impliquait de nouveau que le tiers exclu n'est pas valide: LEM n'est pas vrai lorsque p n'est vrai ni faux.
Comment préserver une telle "loi" sans la bivalence? Bourne prétend que
"La solution repose sur l’observation suivante : c’est la définition de "~" qui crée la difficulté. Nous devrions donc arrêter de rafistoler les déficiences manifestes du système de Łukasiewicz (comme le fait Tooley) et traiter le problème directement à la racine. Non seulement la définition par Łukasiewicz de "~" crée la difficulté, mais je ne vois aucune raison de penser qu’elle est correcte, et la modifier ne la sauve donc pas des eaux." (Bourne (2004): 124)
La position de Bourne s'avère à la fois séduisante et formellement efficace: l'hypothèse que ~(1/2)=1 permet d'obtenir le résultat attendu pour le tiers exclu: (pV~p) = (1/2V~(1/2)) = (1/2V1) = 1, associant ainsi une négation non-normale à la position supposée d'Aristote. Bourne présente sa solution comme plausible et commode à la fois:
"La justification pour l’entrée ~(1/2)=1 est la suivante: étant donné que p est indéterminé, alors ce n’est pas le cas que p; dire que ce n’est pas le cas que p revient donc clairement à dire quelque chose de vrai. Ainsi, il n’y a pas de justification au fait de soutenir que la négation d’une proposition ne peut être vraie que si cette proposition est fausse, comme dans le système de Łukasiewicz." (ibid.)
De justification j'en vois une, aussi séduisante et commode que puisse être la matrice de Bourne: le fait est que Bourne semble commettre une confusion entre deux sens distincts de la "vérité", selon ce qui est ou ce que l'on dit qui est; le premier concerne les vérifacteurs, c'est-à-dire ce qui rend un énoncé vrai, tandis que le second concerne les porteurs de vérité, c'est-à-dire l'énoncé lui-même.
En partant de l'hypothèse selon laquelle un énoncé (ou contenu propositionnel) exprime un fait et son énonciation particulière par un locuteur donne une déclaration, nous dirons que:
– un vérifacteur est un fait ou "état de choses" (que la bataille navale aura lieu demain, par exemple) exprimé par un énoncé,
tandis que
– un porteur de vérité est un énoncé (un locuteur dit: "la bataille navale aura lieu demain", par exemple) prononcé par le biais d'une déclaration.
Bien que "vérité" puisse être diversement associée à des énoncés ou déclarations, il est seulement lié à des vérifacteurs chez Aristote, au sens où tout énoncé est "vrai" seulement s'il coïncide avec un cas avéré. Certes, les valeurs de vérité peuvent être utilisée de manière itérative, comme lorsque nous disons qu'un énoncé donné que c'est "le cas" que quelque chose est ainsi ou ne l'est pas. Si quelqu'un asserte qu'un énoncé donné exprime une fausseté, alors on peut dire du fait d'asserter sa fausseté qu'il est "le cas" au moyen d'une subordonnée complétive: "C'est le cas que p est fausse". C'est là une différence bien marquée entre deux sens distincts des valeurs de vérité, selon qu'elles portent sur des états de choses ou des énoncés qui les expriment.
Or lorsque Bourne suppose ~(1/2)=1 dans le but de déclarer de manière itérative que c'est le cas que p n'est pas le cas, ce qui est "vrai" c'est le fait de déclarer que l'énoncé n'est pas vrai, et non p lui-même. Conformément à Bochvar (1938: "On a three-valued calculus and its application to analysis of paradoxes of classical extended functional calculus", Matématičéskij Sbornik 4: 287-308), Bourne semble avoir confondu deux sens distincts de la négation dans son hypothèse: un sens interne et un sens externe, où la négation interne est un opérateur formateur d'énoncés appliqué à des énoncés alors que la négation externe est un opérateur formateur de déclarations appliqué à des énoncés; ce dernier peut être marqué par un opérateur d'assertion A, où A symbolise le fait d'asserter (la vérité de) p et ~Ap le fait de ne pas asserter p. Alors que Bourne a noté que sa matrice était la même que la logique d'assertion de Bourne, il n'a pas noté par la même occasion que la forme logique de "son" LEM donne (pV~Ap) plutôt que (pV~p) ou (ApV~Ap). (pV~Ap) est-elle encore LEM, étant donnée sa forme logique?
Une divergence est marquée syntaxiquement par Bourne entre deux portées distinctes de la négation, par rapport à un opérateur de temps futur F: "Ce sera le cas que le Dr Foster ne va pas à Gloucester (F~p), par opposition à "Ce ne sera pas le cas que le Dr Foster va à Gloucester" (~Fp) (126). La différence de portée peut être retranscrite dans un carré temporel des oppositions, où F~p et ~Fp sont respectivement les contraires et contradictoires de Fp. Bourne a voulu montrer que toute formulation adéquate de LEM pour les futurs contingents aurait pour résultat (FpV~Fp) = (1/2V~(1/2)) = 1, où la formule niée n'est pas un énoncé mais sa déclaration. Le fait que Bourne assimile ~(1/2) à 1 a pour but de signifier que quiconque incite à ne pas croire quelque chose qui n'est pas vrai dit la vérité. Mais si tel est le cas, sa matrice produit une confusion entre deux sortes de "vérité", c'est-à-dire entre être vrai et dire la vérité.
Une dernière condition préalable serait d'avoir un sens univoque de la "vérité" au sein d'une seule et même matrice, de telle sorte que: soit 1 et 0 concernent uniquement les énoncés et ~(1/2) ne donne pas 1 but 1/2, parce que le fait d'être "vrai" dépend de vérifacteurs et vise à exprimer un état de choses avéré; soit 1 et 0 concernent uniquement les déclarations et la valeur 1/2 de départ perd son sens, si bien que la bivalence est restaurée. En somme, la matrice multivalente Bourne est soit trompeuse soit inutile.
Contre-attaque décisive de l'asthmatique à cape noire, j'ai nommé Bochvar (= Dark Vador, ou "Darth Vader")?
En attendant de voir qui se cache derrière la contrepartie logique de l'Empereur, notons en aparté que le fameux Suszko (inclassable dans la grille des personnages de "Star Wars") a su dépasser les débats simplistes de "Star Wars": bien ou mal, tiers exclu ou tiers inclus, via sa "thèse de réduction" des valeurs algébriques à deux valeurs logiques fondamentales. Le débat court encore sur la létigimité de cette réduction amorale ... pardon, algébrique et donc a-philosophique.
Il y a plus d'intérêt à méditer sur le grisâtre "Dune" que sur l'antienne noir vs. blanc = manichéisme gnan-gnan de "Star Wars". Cf. Problème Philosophique n°2, concernant Suszko et sa thèse de réduction.
Prochain épisode: "Truthmakers III: le Retour du Jedai".
En attendant la contre-attaque des Forces Exclusives, poursuivons avec notre sosie de supermarché et ses aventures à code-barre:
Qui n'a pas eu sa madeleine ne peut savourer la nostalgie.
Loin de moi l'idée d'assimiler nostalgie et mélancolie, ou de ressasser de vieux souvenirs sous prétexte que c'eut été mieux avant ...
Juste l'occasion de glisser quelques impressions aigres-douces entre un billet de philo et un délire à la Pérusse: aigres, pour l'impression gênante que laisse toujours le souvenir de ce que nous avons été et ne serons plus jamais (ou un truc dans le genre); douces, parce que ces moments de musique associés pour toujours à un événement de notre jeunesse expliquent sans doute bien des choses sur notre caractère d'adulte.
"Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirai que tu es"...
Soit. Alors partons dans une sorte de psychanalyse larvée, avec pour première banderille un clip qui ne m'avait pas laissé indifférent. Vraiment pas ...
J'associe toujours et encore ce froid et efficace morceau à la visite en famille du Struthoff. Rien de plus gai que l'ambiance musicale ci-dessus, à laquelle j'associe encore ces quelques images gravées dans la mémoire: un gigantesque mur blanc (rapport à ma taille de l'époque) où figure la représentation noire et schématique d'une sorte d'homme universel; à l'intérieur du bâtiment, des tableaux où sont illustrés les conditions de "vie" des prisonniers; des toilettes colorées au milieu d'une salle sombre et humide ... pas de traumatisme à la sortie puisque, prime jeunesse aidant, je croyais visiter une caserne. "Les scènes de fouet sur les tableaux? Punition de rigueur pour bidasses désobéissants" ... L'ignorance a du bon, dans ces circonstances.
Tout ceci expliquant cela? M'en plains pas.
Les visiteurs peuvent me laisser volontiers leurs suggestions de bandes sons nostalgiques, avec en prime une description des souvenirs personnels qu'ils associent aux morceaux. Pas pour faire concurrence à la radio du même nom, dont le fond de commerce repose tous les soirs de 20h à 24h sur la catégorie des trentenaires de mon espèce; mais pour donner l'occasion de partager des souvenirs communs. Un patrimoine musical est à construire, donc, et je vous invite à en poser les premières pierres.
Pour les non-Lorrains: passer à l'occasion du côté de Commercy ou Liverdun, goûter aux succulentes madeleines dont ces deux villes se sont fait(s) les spécialistes.
"Fait", ou "faits", ci-dessus? Un billet s'impose sur les règles d'accord du participe passé pour les verbes réfléchis, sans parler des accords au pluriel pour les mots composés (cf. "aigres-douces", plus haut). Cultivons-nous dans la joie! Amen.
Les paroles du morceau repris avec succès par Gary Jules, puis utilisé pour la scène croisée finale de "Donnie Darko" (un bijou de douceur fantastique, répétons-le).
Paroles originales:
All around me are familiar faces
Worn out places, worn out faces
Bright and early for their daily races
Going nowhere, going nowhere
And their tears are filling up their glasses
No expression, no expression
Hide my head I want to drown my sorrow
No tommorow, no tommorow
And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I'm dying
Are the best I've ever had
I find it hard to tell you
'cos I find it hard to take
When people run in circles
It's a very, very
Mad world
Children waiting for the day they feel good
Happy birthday, happy birthday
Made to feel the way that every child should
Sit and listen, sit and listen
Went to school and I was very nervous
No one knew me, no one knew me
Hello teacher tell me what's my lesson
Look right through me, look right through me.
And I find it kinda funny
I find it kinda sad
The dreams in which I'm dying
Are the best I've ever had
I find it hard to tell you
I find it hard to take
When people run in circles
It's a very, very mad world ... mad world
Enlarging your world
Mad world
Traduction:
Des visages tout autour de moi me sont familiers
Des endroits usés - des visages épuisés
Lumineux et matinal pour leurs courses quotidiennes
Allant nulle part - allant nulle part
Leurs larmes remplissent leurs lunettes
Aucune expression - aucune expression
Je me cache la tête pour étouffer mon chagrin
Aucun lendemain - aucun lendemain
Et je trouve ça un peu étrange, je trouve ça un peu triste que
Les rêves dans lesquels je meurs soient les meilleurs rêves que j'ai jamais fait
Je trouve que c'est dur à te dire, je trouve ça dur à supporter
Lorsque les gens tournent en rond c'est vraiment
Un monde de fou, monde de fou
Les enfants attendent le jour où ils seront heureux
Joyeux anniversaire - joyeux anniversaire
Fait pour qu'ils ressentent le bonheur que chaque enfant devrait ressentir
S'assoir et écouter - s'assoir et écouter
Quand j'allais à l'école et j'étais très nerveux
Personne ne me connaissait - personne ne me connaissait
Bonjour maîtresse dites-moi quelle est ma leçon
Elle me regarde sans me voir - me regarde sans me voir
Et je trouve ça un peu étrange, je trouve ça un peu triste que
Les rêves dans lesquels je meurs soient les meilleurs rêves que j'ai jamais fait
Je trouve que c'est dur à te dire, je trouve ça dur à supporter
Lorsque les gens courent en rond c'est vraiment
Un monde de fou, monde de fou
Agrandis ton monde
Monde de fou
Pour qui ne serait pas encore passé par le billet en question ("Ode à la logique modale"): ne ratez rien de la danse si conceptuelle et créative de Roland Orzabal ...
Quand ''expérimentation chimique'' rime avec ''pathétique'': j'ai appris par une triste inadvertance et sur la toile que l'addition de Coca Cola au Bayley's (''Baileys''? 'Bailey's''?) produit une réaction chimique inattendue: une solidification du liquide divin. De l'avis d'experts en herbe, l'acidité du laxatif yankee aurait pour effet de cailler la crème du Bayley's; ceci expliquant cela ...
Mais quel cerveau détraqué a pu avoir l'idée sombre de gâcher un alcool aussi précieux? Un chimiste inconscient? Te mettrait du Biactol dans son Pschitt Fanta, moi ... Un Américain, sans doute, lesquels vont parfois jusqu'à mélanger de grands vins à des jus de fruit dans leurs restaurants. Une bande de barbares, pis c'est tout.
Je dirai même plus: hérétiques ...
... malheureux perpétreurs (?!) du péché de bouche:
Voila qui m'aura permis de placer à la fois un billet de mauvaise humeur et deux de mes banderilles préférées made in Nine Inch Nails: ''Heresy'', et ''Sin''.
Il fallait qu'un tel désastre soit dit, et entendu.
Pour plus de renseignements sur ce brevage infâme et réputé dangereux: http://www.spacetim.com/cocktails/liste_eviter.html
mais que des étudiants chimistes dédramatisent par ailleurs: http://forums.futura-sciences.com/thread130840.html