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schangels
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Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
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25.12.2007
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On en sort grandi!

Posté le 11.06.2008 par schangels
Notre Eugène Saccomano national (bon gré mal gré) a vu juste sur une chose: les Espagnols pratiquent une tactique ancienne et plus très au goût du jour: le jeu du contre flamboyant. Une tactique ancienne, donc, mais qui fonctionne à merveille jusqu'ici, aussi bien chez les Ibères que chez les Bataves. Deux contres décisifs chez ces derniers, deux contres décisifs chez les premiers. Pas une mince réussite, mais une réussite méritoire quoi qu'il en soit.
Quand l'histoire se répète à répétition, entre l'obscur d'une France ou d'une Grèce et le clair d'une l'Espagne ou de Pays Bas ... qu'il doit être bon de jouer des castagnettes dans les tribunes rouge vif, tandis que d'autres se prennent les leurs entre des mains bleu horizon douteux. Entendez: il est bon d'être supporter espagnol dans les premiers tours, tout au moins, car le jeu est là et satisfait son socio de base. Reste au supporter conditionnel français le droit d'user de son passe-temps favori: celui de ruminer contre les choix techniques du sélectionneur national. Pas plus que le sponsor Nutella n'est bon pour la santé de nos enfants, les années d'expérience ne font décidément pas plus la différence sur le terrain et ne compensent pas l'effet du culot et de l'envie d'aller de l'avant. Engelaar hier, Villa aujourd'hui: quand on cherche à marquer, on trouve. Quand on ne cherche pas, on ne trouve pas. Le foot sort quelque peu ragaillardi de cette leçon d'initiative, au point d'oublier le triste tenant du trophée mis en face de ses limites techniques ce soir. Et c'est tant mieux.
Petit retour sur les faits du jour de la veille.

Groupe D
Espagne-Russie: 4-1 (Espagne: Villa 19e,45e,74e + Fabregas 90e; Russie: Pavlyoutchenko 85e)
Flammes & Co
Problème de départ pour la Russie, et pas des moindres: l'absence des deux pointes championnes de la petite Europe de l'UEFA, Pogrebniak et Archavine. Le premier forfait, le second suspendu deux matchs pour un rouge écopé contre Andorre lors de l'ultime match des qualifications. Un empire déjà écroulé avant l'heure, par la faute d'un mini-nain anonyme? De mauvais auspices pour commencer; une finition à l'hospice pour conclure.
Loin de son Zenith sacré de Saint Petersbourg, la Russie nationale flirte encore et toujours avec les abîmes et ne fait que décevoir dans des phases finales, Hiddink ou pas Hiddink, poteau ou pas poteau dans la première période de jeu; à croire que ses propres phases sont plus terminales que finales. Un exemple? Bistrov entré à la seconde mi-temps, Bistrov sorti après 25 minutes pas convaincantes du goût de son entraîneur innovant en la matière. Pas tous les jours de match qu'un remplaçant se fait remplacer. Comme un air de Bérézina, pour le coup (derrière la tête), et ce n'est pas la jolie lucarne anecdotique sur le but de la tête russe qui va faire oublier les carences d'un ensemble post-post-soviétique mal barré dès le début de la compétition. Restent encore deux rencontres, certes, mais cette petite Grande Russie semble déjà aussi cuite que sa soeurette croate après une première mi-temps convaincante mais sans suite faute de le pouvoir. Pas de préparateurs physiques dans les pays slaves, ou bien? On en aurait presque souhaité que le miraculé de dernière heure des poules éliminatoires (qualifiée in extremis après une défaite de l'Angleterre à domicile face aux ... Croates) laissât sa place aux Anglais, pour un Angleterre-Espagne où la première aurait pu lâcher sa grande armada face à l'ancien allié historique d'un autre temps glorieux. Une autre fois. Et n'enterrons pas les Russes trop vite, sait-on jamais. Les jambes peut-être coupées par un premier but contre le cours du jeu d'alors, suite à un dégagement heureux de la défense espagnole et un travail de sape final puis altruiste par Fernando Torres. Les jambes sans doute allourdies par un malheureux poteau consécutif et une série d'efforts collectif pas récompensés. Un manque de réussite qui fait mal aux fessiers à la sortie. Très mal pour le goal average, entre autres, mais la seconde rencontre n'a montré ni une Grèce imprenable ni une Suède irrésistible. Ce groupe D reste ouvert, derrière l'Espagne.
Quant à cette Espagne, elle commence ainsi son Euro sur les mêmes chapeaux de roue que lors d'un Mondial 2006 où elle avait humilié l'autre voisin ukrainien dès la première journée. Même région, même sanction ou presque. Pas un 4-0 aussi assommant, mais un 4-1 tout aussi convaincant et toujours prometteur malgré la mauvaise habitude qu'ont les Espagnols de promettre sans jamais confirmer après les poules. Vive, riche de contres et de débordements ailes-axe grâce à des techniciens talentueux (Xavi, Fernando Terres, sans oublier le chapelier du jour Villa et le gunner Fabregas), l'attaque tourne bien mais ne fera pas oublier les quelques étourderies d'une défense ibérique qui ne sera pas à pareille fête lors des matchs d'après-poule. Puyol n'est pas une sécurité sociale espagnole, pas plus au Barca que dans les semaines à venir. Mais l'arrivé du naturalisé do Brasil Senna (aucun lien avec Feu le compatriote Ayrton, je présume) au milieu de terrain semble faire du bien à l'ensemble ibère et consolider une base axiale habituée aux ruées offensives peu prudentes. Plus de solidité qui, peut-être, signera enfin la confirmation de l'Espagne parmi les grandes nations prometteuses et confirmantes.
A croire que l'affirmation selon laquelle l'offensive doive primer dans les poules et laisser place à la défense par la suite fasse oeuvre de théorème dans les grandes compétitions. Certains auraient la bonne idée de s'en rappeler, si théorème du genre il y a effectivement.

Grèce-Suède: 0-2 (Ibrahimovic 67e, Hansson 72e)
Vice non repetitas
Dédicace spéciale à l'adresse des Grecs: mieux vaut une victoire à la Pyrrhus qu'une défaite à la non-Pyrrhus. Et c'est tant mieux. Morceau choisi de l'empereur Otto:
"Ce qui sera interdit contre la Suède, c'est de jouer le hors-jeu n'importe comment, comme les Polonais contre l'Allemagne. Et de repartir comme des losers en ayant pris 2-0".
Bien vu sur la diagnostic d'une Pologne victime de ses défauts récurrents. Bien vu aussi sur le score final, bien malgré lui. Mais c'est tant mieux (bis).
La Grèce de 2008? Décidément la même que celle de 2004, à peu d'êtres près. Egale à la Roumanie de 2008 + Charisteas, c'est-à-dire un collectif hyper-organisé et recroquevillé sur son blockhaus défensif. Scénario prévisible à nos dépens de spectateurs: un petit coup (de tête) par devant à chaque rencontre, de quoi enfiler chacune des équipes adverses tombées sur des colonnes de Rhodes et capable de se replier dans un dédale après chaque enfilade made in Charisteas (bis). Voilà pour le résumé synthétique du jeu hellenistique, tendance décadence triomphante, et son "bon" souvenir laissé à l'Euro précédent. Problème avec la Suède: pas plus juvénile que son opposant d'un soir. Ljungberg est sur sa fin, Ibrahimovic est loin de ses débuts. De grandes balles au loin et quelques échanges en milieu de terrain, rien de follichon au total. Sait-on jamais.
Quoi de neuf aujourd'hui, donc? Pas grand-chose en perspective, puisque l'équipe de Otto Rehhagel se présente avec la majorité des mêmes joueurs. Toujours Charisteas (tris), Nikopolidis et sa toison blanche dans les cages ... rien de neuf, donc. Chouettos. La preuve par les non-faits en première mi-temps: hormis une tête retournée du très juteux attaquant de pointe suédois Ibrahimovic (demandez au trésorier de l'Inter, il confirmera l'à-propos de l'adjectif) et quelques phases intéressantes avortées par trop d'altruisme de l'inoxydable Henrik Larsson, la Grèce a refait des siennes et relancé sa méthode de victoire à l'anti-Pyrrhus: pas de vagues offensives, tout pour la défense et quelques contres parcimonieux au cas où. Une Roumanie en blanc, copieusement sifflée par des spectateurs médusés d'un jeu de passe à dix anti-sportif qui rappelle le match cadavérique de la veille. Le premier, bien sûr.
La seconde-temps aussi palpitante que la première, nous en restions tristement là. Puis la lumière fut: un exploit personnel de Super Zlatan a sorti le peuple jaune de sa torpeur et rétabli la morale sportive par une frappe lointaine pure et bien placée. La tactique de l'huître ne paiera pas ce soir, le jaune scandinave a fait oublier le jaune terne des Carpates. Puis un second but biscornu du genou droit du défenseur Hansson sur une balle en cloche flottante: 2-0, et personne ne s'en plaindra parmi les amateurs de jeu offensif allergiques aux systèmes de jeu qui sentent le rance.
La Grèce saura-t-elle chloroformer l'Espagne et la Russie comme elle a failli le faire ce soir avec la Suède, condition sine qua non pour sortir de ce groupe et jouer un second Thermopyles sans gloire aucune? Oups, confusion entre Sparte et Athènes mais qui revient à dire qu'il sera difficile de se glisser entre deux équipes pour les hommes de Rehhagel, cette année. A moins de nouvelles enfilades du paléo-classique Charisteas, ce dont vous me permettrez de douter pour la semaine à venir et ce sera tant mieux pour le football. Que non, car la Grèce est condamnée par sa défaite à faire désormais le jeu et ne pas rester derrière faute de revoir l'Acropole plus vite que (peut-être) prévu. Il faudra se relever le prépuce pour les deux derniers matchs, si vous passez l'expression synonyme de couilles à mettre sur la table pour nos amateurs de beaux garçons. Autre temps, certes, mais permettez la digression pour croquer des non-joueurs au système si frileux. Un hold-up, passe encore; deux hold-up, passera pas.
Ouf. Au plaisir des équipes offensives qui ont déjà fait parler la poudre, verte pour les Oranje et grise pour la Mannschaft. Sans oublier le Portugal dont on peut attendre beaucoup de la montée en crescendo entamée depuis l'Euro 2000: un quart, une finale en 2004, une demi-finale en 2006. Ca pourrait finir par passer, après une première génération prometteuse (Couto, Jao Pinto et ses potes) et une seconde marquée sous le sceau du joyau Cristiano Ronaldo. J'en avais presque oublié Grèce-Suède, dites donc ... l'effet du chloroformos, sans doute. Tak (= "merci" des suédois), Zlatan!
Ce n'est donc que justice d'un football bien léché, si la bande à Rastapopoulos n'a pas tenu bon avec son jeu de fantômes. Justice + "Phantom" = Ainsi soit-il ...

Image ou texte alternatif



Moralité provisoire de cette quatrième journée de poulopos? Les équipes joueuses et offensives marquent et gagnent: Portugal, Allemagne, Pays Bas, Espagne. Heureux supporters qui en ont pour leurs yeux et leur argent, contrairement aux souteneurs d'autres équipes plus nanties mais tellement plus radines en intentions de jeu. Preuve également qu'un système de jeu ne constitue pas la panacée des grandes équipes et ne dit que ce que l'on veut en comprendre. La Roumanie en 4-3-3, pour un rendement on ne peut plus défensif et frileux à la sortie. Idem pour la Grèce, pour une application tout aussi mortelle au sens propre.
Moralité permanente: le nombre d'attaquants sur le papier ne prédit en rien des intentions sur le terrain, et aucun stratège de la mort-qui-tue ne peut compenser l'envie de jouer qui fait vivre. Tout comme l'espoir et celui de passer les poules tout d'abord, quitte à prolonger la procédure réjouissante d'attaques et contres à tout va par la suite. Si possible ...
La victoire finale s'obtiendra-t-elle au sprint, ou s'agiza-t-il toujours et encore d'une affaire de course de fond et d'énergies économisées dans la durée? Certaines équipes-tortues partiront plus tôt que prévu à force de traîner la patte, qui ne profiteront pas de la suffisance du lapin adverse. Lapin, carotte ... suivez mon association d'idées bataves. En attendant demain un Portugal-République Tchèque aux allures de suprématie de groupe et un Suisse-Turquie qui promet beaucoup, mais des moins mûres. Souvenirs, souvenirs d'un pugilat passé. Pas grave, car ce soir nous laisse grandi et convaincus que le crime esthétique de l'anti-jeu ne paie plus. Pourvu que ça dure.


F&H



--

A ne pas vaincre sans péril ...

Posté le 10.06.2008 par schangels
... on risque de se faire sortir sans gloire.

Les choses très sérieuses ont donc commencé ce lundi après-midi, par une première rencontre française qui a de nouveau laissé sur son hypoglycémie et un second duel savoureux ou la championne du monde italienne a déjà crâmé son joker. Le droit pour les amateurs de probabilités de lancer leurs analyses combinatoires fumeuses. Qui doit gagner quoi et quand ... le début de spéculations qui fleurent l'éjection hors-Euro 2008. On se calme, et on revient sur les faits.

Groupe C
France-Roumanie: 0-0
Courage, reculons
Dithyrambique sur chaque joueur individuel, la presse mondiale ne peut pas en dire autant sur les performances collectives de l'équipe de France. Le propre des grandes équipes est de savoir rendre un match facile. A croire que la France actuelle ne sait plus le faire et ne sait pas ouvrir les compteurs lorsque l'adversaire refuse d'ouvrir le jeu. On ne prête qu'aux riches, et les riches ne prêtent pas aux pauvres. Résumé: mal barrés devant les outsiders, la France aura sa carte à jouer au second match parce qu'elle ne sait jouer et gagner que face aux équipes joueuses et portées sur l'offensive. D'ici vendredi: triste résumé d'un pauvre match du lundi. RAS, rien de nouveau, silence radio ... encore un faux match en guise d'ouverture tronquée des hostilités. La France sérieuse, mais triste à souhait et sans inspiration offensive. L'histoire se répète.
Les Bleus ont beau regorger d'amateurs d'ISF dans ses bancs et de luxure insolente dans son attaque, ils restent désespérément fixés à une logique de RMIstes dans leurs matchs de poule des phases finales. Suisse-France: 0-0 au Mondial 2006, et très peu d'actions lors d'un match étouffant. Roumanie-France: 0-0 à l'Euro 2008, et très peu d'actions lors d'un match étouffant. Quelques joueurs changent, mais l'histoire se répète. Frustrant. Agaçant. Alarmant. Gageons que la même montée en puissance se produira dans les huit jours à venir. Sans oublier que la Hollande et l'Italie ne sont ni la Corée du Sud ni le Togo, mais les grands joueurs doivent savoir être là où on les attend, aussi tout de même. Une pub SFR passée il y a quelques minutes de cela pendant les pub de la mi-temps. Mauvais signe d'une agence de téléphonie omniprésente lors d'un certain Mondial 2002 aux accents de déroute complète. L'histoire se répète, dit-on. "Garloïk", dirait Franquin pour faire déglutir son cher Gaston Lagaffe. Franquin, Frankenstein ... Frank Ribéry ... méchante association d'idées, je zappe.

Interlude musical, de circonstance: un hymne aux mammouths ("Mammoth", d'Interpol) pour rappeler la vitesse de jeu proposée hier par ce pauvre France-Roumanie, lors duquel bien des mamies ont eu le temps d'écraser des prouts pendant que Thuram remontait le ballon à la vitesse d'un éclair de gastéropode:

Image ou texte alternatif



Quel bilan pour ce premier match nul aux allures de chiasme en puissance? Que la France ne sait pas gagner face aux coffre-forts adverses mais n'oublie pas de trouver des excuses bidons en échange. Une chaleur difficile à supporter après un long stage presqu'hivernal, a dit Sagnol dans les milieux qui l'autorisent à le dire ... coup de pompe sous une effroyable canicule d'une vingtaine de degrés ... et pourquoi pas exiger un stade climatisé pour nos chères stars d'un ballon moussu?! Voilà que les premières saillies drôlatiques anti-France se mélangent à de pitoyables excuses chez les supporters de tous poils. Mauvais procès, mauvaises excuses. C'est parti pour huit de jours de délires journalistiques et de spéculations populistes parmi les Français de base.
Sûr que les conducteurs de Dacia n'avaient pas de folles intentions offensives lors de ce match, plus appliqués à ne pas perdre qu'à gagner. Mais qui le leur reprochera, sinon la majorité des chauvins franchouillards de mes deux ballons d'Alsace; et comment ne pas s'y être attendu à l'orée de ce premier match très souvent synonyme de round d'observation à rallonge? Domenech le sait, qui aura tout aussi bien se dédire des pluies de critiques qui doivent déjà se tramer dans la rédaction de L'Equipe à cette heure précise de ma narration souffreteuse.
Parti sur un 4-4-2 de prédilection pour conclure les vint dernières minutes sur un 4-2-3-1 de fortune, il est clair que l'absence permanente de ballons du côté des attaquants obligeait à renforcer le milieu des pourvoyeurs au détriment d'un attaquant de pointe devenu inutile. Exit Anelka, bonjour Nasri pour une mission de créateur qui lui revenait de devoir mais qu'il ne remplit pas de fait, ou très peu. Gomis rentré seul en pointe après les sorties successives de Benzema et Anelka, le jouvenceau stéphanois a paru emprunté dès lors qu'il ne s'agissait de frapper au but sans réfléchir. Un jeu d'échecs sur 90 minutes, tristounet et que les puristes diront être l'apanage des grandes équipes stratèges. Certes, mais il faudra plus de grinta et moins de réflexion pour passer les défenses adverses des deux prochains matchs. Tant que ces matchs soporifiques donnent droit à des commentaires acides et sardoniques à souhait tels que sait si bien les faire notre Pierre Ménès national de M6. Morceaux de choix; l'un fendant: "Thuram qui peut jouer en déambulateur jusqu'à 104 ans ce rythme-là", l'autre éloquent: "Pour gagner un match, il faut prendre le risque de le perdre". Pas mieux.
Excellent résumé d'un non-match à oublier très vite, qu'on le veuille ou non. Les changements prodigués par maître Pierre pour le match contre les Pays Bas? Evra à la place d'Abidal, Lassana Diarra à la place de Sagnol, entrée de Govou sur les ailes et de Vieira au milieu, Henry seul en pointe. Bien vu, malgré le risque d'une unique pointe s'il n'est pas pourvu de ballons suffisants et de soutien offensif par Viera. Tant qu'il y aura des Ménès, il y aura de l'espoir pour l'esprit; faute de victoire méritoire sur une matière si morte, aussi et surtout.
Plus prenable que la Roumanie, la défense hollandaise? Silence de mort devant ce genre de questions qui tuent avant l'heure ... à perdre sans péril, on meurt vraiment sans gloire, quoi qu'il en soit. Un peu de couilles sur la table et d'huile de coude pour la suite, de grâce.

Italie-Pays Bas: 0-3 (van Nistelrooy 26e,Sneijder 31e,van Bronckhorst 79e)
Arnaque et Botanique
Crime d'arbitrage et fête à la tulipe ... ou tournée de beuh générale, pour les plus progressistes d'entre nous. Les coffee shops ont dû tourner à plein ce lundi soir, après une victoire de Bataves méritée mais entachée quoi qu'il en soit d'un premier but invalide. Comme quoi quelques détails presque insignifiants peuvent changer le cours d'un match, le cours d'une poule de la mort qui tue et déchire sa race, le cours d'une compétition toute entière. L'Italie dehors dès le premier tour, comme en 2004? Qui oserait y croire; et pourtant, le doute devient permissible.
Le foot laisse libre cours aux conditionnels contrefactuels lorsqu'il s'agit pour les supporters de justifier la poisse de leurs protégés: "et si le terrain avait été moins glissant, ...", "et si l'arbitre n'avait pas été espagnol, ....", "et si ma grand-mère en avait, ...". Les tifosi de la Squadra Azzura pourront toujours se répandre en injures interminables sur l'arbitre, dont l'erreur de jugement sur le premier but hollandais a fait bien du mal à leurs protégés de playboys. Comment expliquer l'absence totale de réaction des juges de touche, tandis que Van Nistelrooy était on ne peut plus hors-jeu sur le centre-tir heureux?
Comme quoi l'efficacité est d'autant plus nécessaire à ce niveau: une tête égoïste de Toni qui, si elle avait été remisée sur Di Natale à 0-0, aurait très probablement fait mouche pour les bleus; un corner dévié et renvoyé sur la ligne batave à 1-0, dont le renvoi hollandais sur le côté droit s'est ensuivi d'une magistrale leçon de contre et d'un douloureux second but de Sneijder suite à une remise ingénieuse de la tête. Chapeau, les artistes. Enorme séisme, coup de tonnerre entamé par un stronzo d'arbitre étourdi et prolongée par une magnifique remise de la tête avant d'être conclue par un tir rageur du très bon Snejder.
Mi-temps: Pays-Bas 2 – Italie 0.
Mierda: encore un pari de perdu pour ma pomme, dont les pronostics sont aux Centuries de Nostramadus ce que la musique est au Papillon de Lumière de Cindy Sander. Ce qui n'est pas peu dire ...
Quelques grosses actions en seconde mi-temps, dont un tir à bout-portant de Grosse dans le dernier quart d'heure sur un van der Sar décidément impérial depuis sa finale héroïque de la Ligue des Champions. Puis un boulet de Pirlo et un ... contre hollandais qui crucifie définitivement une Italie trop joueuse pour être vraie et trop désorganisée dans sa défense pour s'en remettre. Van Bronckhorst, et de trois. Entre une France timide et une Italie décidée, les deux finalistes de la dernière Coupe du Monde se retrouvent aux arrières de cette poule mais la première a l'in(d)signe "mérite" de ne pas avoir perdu. 3-0 pour la Hollande! Nom de Dieu, qui l'eut cru et qui l'a parié? Pas moi, nom de nom redoublé ... Deux contres assassins, deux buts contre toute attente et à deux reprises. Rien à dire, sinon sur le premier but dont tout sera malheureusement parti et se sera heureusement terminé.
Un premier séisme dans cet Euro qui décolle enfin, grâce à une poule de la mort au visage de Janus: défense et attaque, prudence maladive et initiatives saines d'esprit ... tout reste à faire dans une équipe de France qui n'a rien d'un Grand Corps Malade mais pourrait finir à l'hospice si elle se la joue encore et toujours trop frileuse. Ou le poids d'une Nation sur les épaules du génie Ribéry. Brrrrr ...

La France est actuellement 2e au classement, à égalité avec la Roumanie. Sans blague? Deuxième devant la Roumanie par ordre alphabétique. Dommage, la France ne pourra pas se qualifier par ordre alphabétique ...
Détail digne de Cassandre, avant de poursuivre sur la lancée de cet Euro enfin passé à l'offensive: les Argentins avaient donné une démonstration de football devant la Serbie lors du Mondial 2006, étrillés 5-0, avant de chuter face à l'Allemagne en quarts; les Espagnols avaient déroulé au Mondial 1986 avant d'être écrasés 5-1 par d'étonnants Danois en huitièmes de finale, etc. Ceci pour dire que les équipes les plus prometteuses lors des poules confirment rarement jusqu'à la victoire finale, sinon jamais. Une question d'endurance ou de course de fond, pour obtenir un trophée avec ou sans la manière. Le plus souvent sans, et c'est bien parti à cet égard s'il s'agit de souhaiter la victoire des Bleus. Triste vérité du terrain, à l'heure où les Oranje nous ont offert un festin offensif. Prometteur pour les amateurs de matchs au couperet vaincus sans gloire. Il faudra pourtant un second France-Espagne de référence pour sortir de ce groupe de dingues. Un match offensif, quitte à prendre des risques. Car à jouer sans risque, on sortira sans aucune gloire. Mais voilà que l'on se répète, moi et l'Histoire.

Allez les Bleus? Où donc? Vers les buts adverses, entre autres ...


F&H

Faut pas pousser mémé dans les orties à 14h

Posté le 09.06.2008 par schangels
Non pas que je cherche à tout prix un titre de billet à rallonge comme aux meilleurs heures (quoique) des films alimentaires de Michel Audiard ("Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages", par exemple), mais la formule s'impose après 90 minutes passées devant le spectable irréel d'un improbable Autriche-Croatie, par une fin d'après-midi aussi dominicale que paresseuse. Mais tout de même: c'est quoi, ces joueurs en bois vermoulu? Quand le spectacle offert par de tristes G.O. d'un club Europe fait pitié à voir, on sort du camping et l'on part à la recherche du véritable tourisme à la recherche de véritables monuments. Traduction: quand on a vu jouer la Suisse et l'Autriche, on piaffe d'impatience à l'idée de voir de "vrais" matchs et de vrais joueurs.
Ou comme l'a si bien dit Papa Lascar dans le billet précédent: "Je ne vais pas vous la jouer Lactel", et surtout pas en pays alpin ou l'hôpital de la Forêt Noire se fouterait de la charité du ballon rond; mais franchement, et pour tout dire en définitive: qu'est-ce que c'est que ces joueurs, au style de jeu aussi limpide et fluide que leurs noms de famille sont faciles à prononcer pour un retraité incapable de se payer un dentier faute de franchise médicale juteuse ou d'héritage récupéré par des petits-enfants ingrats? Petit tour du propriétaire avant de revenir sur ces Österreichiens à sa mémère (que l'on pousse dans les orties à 14h, donc, ou plutôt à 18), condamnés à faire rire les dieux du stade. Encore que les Croates leur aient donné le beau rôle au final, et c'est dire le pitoyable spectacle d'ensemble qui nous fut donné dans cette compétition majeure déjà à 2 vitesses.

Explication de rigueur, en terre germanique: après une première journée d'hostilités mi-figue mi-raisin, la journée du groupe B a suivi celle du groupe A sous les mêmes auspices, et l'homonyme est plutôt bien tombé.

Groupe A
Suisse-République Tchèque: 0-1 (Sverkos 70e)
Le feu au lac, déjà
Premier match du groupe A, suite à une cérémonie d'ouverture en jeu de cubes faussement bucoliques: Suisse-République Tchèque (ou Tchèquie, pour les atrophiés de la glotte), ou la rencontre d'une "Nati" (équipe nationale helvétique) avec son peuple pour une des rencontres les plus cruciales de son dernier quart de siècle, voire plus. Le score final: 0-1, ou l'histoire d'une rencontre ratée entre onze joueurs timorés et tout un Volk déçu mais pas rancunier. La poisse a collé aux basques des Helvètes: sortie de Frei-le-buteur-providentiel-de-Dortmund après une rupture des ligaments internes qui l'oblige à quitter l'Euro après l'avoir à peine entamé, voire sans doute à quitter pour de "bon" la scène internationale; grosse mimine du pilier central et capitaine tchèque Ujfalusi dans sa surface de réparation, qui aurait sans doute valu un "Elfmeter" à la Nati. Mais l'arbitre et les dieux du stade ont vu la chose autrement, pour un week-end sportif que les Helvètes rangeront bien profond dans les tiroirs de leur histoire refoulée après une pilée des plus monumentales de Nadalosaure versus leur génie Federer réduit à l'état de pomme sur tête à Rolland Garros: 6-1, 6-3, 6-0. Lorsque les géants sont écrasés comme des mouches par une tapette majorquine, on fait le dos rond et on attend le second match décisif contre des Turcs vengeurs. Car le second match crucial des p'tits Suisses ne les fera pas jouer contre les plus tendres des adversaires: les Turkish, ou le rappel au très mauvais souvenir d'une rencontre qualificative pour le Mondial 2006. Un moment pitoyable du football européen au final duquel Magnien et Grichting avaient laissé une partie de leur anatomie respective dans les vestiaires stambouliotes, suite à une bagarre de rue encadrée par des stadiers toujours aussi "impartiaux" en de pareils moments. La sauce blanche rougie par du sang suisse plus habitué aux vaches laitières qu'aux vaches à viande. Un règlement de comptes dès mercredi, pour un match à ne pas perdre sous peine de sortir de la compétition.

Portugal-Turquie: 2-0 (Pepe 61e, Raul Meireles 93e)
Retour aux bonnes choses sérieuses
Quant au second match de ce premier samedi de compétition, il a vu les Turcs se faire gentiment ballader par des Portugais qui savent décidément faire tourner le ballon et avec du style, s'il vous plaît. Plusieurs révélations en gestation, dès lors de ce premier match lusophone: Kosingwa, le naturalisé d'origine congolaise qui n'a pratiquement pas perdu un seul duel sur son côté droit; Pepe, le Madrilène qui a fait tourner ses adversaires directs en bourrique et pénétré les lignes adverses comme dans du beurre , voire du chamallow ou de la meringue (rapport aux couleurs de son équipe locale, suivez un peu ...); Joao Mutinho, auteur d'une superbe passe décisive sur le second but après avoir protégé la passe de Cristiano Ronaldo par un écran et une roulade magistrale. Du grand art, en attendant un Ronaldo des meilleurs jours. Viendra le jour ou cet autiste en puissance comprendra qu'il est entouré de dix coéquipiers, nonobstant cette fameuse dernière passe qui aura confirmé la suprématie du Poutougal sur des Turkish méritants mais limités. Petite note positive cependant à l'adresse du quatuor Servet (qui aura donc joué son premier match à Genève: les footballeux apprécieront le jeu de mots involontaire), Emre, Niyat et, surtout, Kazhim. Une petite pièce sur les Turques pour la seconde place de ce groupe déjà décevant, devant des Tchèques sans inspiration et réduits à de longues balles improbables en direction de la courroie de transmission géante Jan Koller. Bof bof, et cela se confirmera pour de bon si les Moraves ne font pas mieux d'ici là.

Groupe B
Autriche-Croatie: 0-1 (Modrić 4e)
Derrick vs. le Renard
Ne pas s'apesantir sur ce qui fait mal à voir, mais juste noter l'essentiel: c'est quoi, ce jeu; c'est quoi, ces joueurs; c'est quoi, ce match? Une accumulation de ratés techniques et de joueurs neurasthéniques proches de l'apoplexie congénitale à chaque toucher de balle aussi douloureux poru eux qu'un toucher rectal en période d'hémorroïdes prolongées. Des attaquants germains pas foutus de garder la balle au pied à distance et de jouer en une-deux dès qu'un adversaire s'approche de moins de cinq mètres. Une opposition de pieds carrés et de jambes usées, à en croire la seconde mi-temps lamentable de Croates totalement exténués après 45 premières minutes d'une première rencontre à laquelle s'ajouteront encore deux autres. Petit rappel pour des joueurs déjà morts de fatigue et dont le préparateur physique doit être lui-même sous perfusion depuis la semaine dernière. En bref: le PSG version 2007-2008 fleure presque le grand art à côté de cette sélection autrichienne on ne peut plus pauvre et sans imagination, sans talent, sans rien. Nul, point. Et ce n'est pas la seconde mi-temps « courageuse » qui va changer une opinion forgée sur la simple observation de gestes les plus élémentaires et pas moins ratés à chaque instant que Gott a faits pour leurlaisser une chance de surnager dans une compétition censée regrouper les meilleures équipes du continent. Une wild card aux Gentils Organisateurs, certes; mais faut pas abusieren, tout de même ...

Allemagne-Pologne: 2-0 (Podolski 20e,73e)
Kein Panzerdivision mehr
Le niveau a été forcément relevé dans le match suivant, puisqu'il est difficile de creuser plus bas que le ras des paquerettes: un Allemagne-Pologne a conclu ce dimanche de fainéants poussifs par une partie aussi énergique que technique, où les Allemands ont prouvé qu'ils seront là et bien là. Frings, Lahm et les deux "Polonais" de l'attaque vert-de-gris (Podolski + Klose, né quant à lui à Opole) ont mordu dans ce début de compétition et mis l'aigle voisin à terre. Il est loin, le temps où les Teutons passaient pour des bourrins finis en culotte courte incapables de gagner un match sans employer la manière forte et écraser l'adversaire à coup d'offensives brutales. "Le football est un sport qui se joue à onze et, à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne", disait Lineker. Formule astucieuse mais largement contredite depuis une dizaine d'années, mais qui pourrait retrouver une seconde jeunesse cet été 2008. J'ai mis une petite pièce sur la Mannschaft. Je confirme ma mise.
Honneur aux Biały i Czerwony (= "biaweu i tchervoneu" = blanc et rouge, dans la langue de Mickiewicz), tout de même et surtout (affinités personnelles obligent). Un petit bravo d'encouragement pour une première sortie polonaise qui laisse augurer, enfin, de meilleurs jours pour la sélection slave de Beenhakker et d'un retour prometteur sur la scène européenne. Un peu poussive en attaque et sans véritable métronome en milieu de terrain, malgré l'abattage respectable de Krzynówek (prononcez: "kcheunouvèk") en qualité d'essuie-glace entre avants et arrière mais qui ne suffit pas à créer un effet piston du type Vieira. N'est pas Vieira qui veut, aussi, non plus. A croire que la Pologne a tout de même bien du mal à confirmer ce qu'elle promet bien souvent dans les phases éliminatoires, toujours coupable de fautes de débutants à l'image de leur mauvais alignement du premier but et de la négligence fautive de l'arrière sur le second. A quand un but salvateur de la star locale Smolarek, fils de son père autrefois célèbre et dont les 15 kilomètres parcourus hier ne font pas oublier qu'il a surtout couru dans le vide le plus clair du temps?
C'était l'Allemagne, certes; ce sera l'Autriche dans trois jours, pour une consécration tant attendue sur les bords de la Vistule (= technique d'écriture à l'emporte-pièce pour pigistes en mal d'inspiration: le jeu de la périphrase toute pourrie) face à des Germains à qui une nouvelle Anschluss ne ferait pas de mal côté football. Tout au plus, rassurons-nous dans les milieux bien intentionnés.

La suite des réjouissances pour aujourd'hui, et plutôt 15 fois qu'une: France-Roumanie et Italie-Pays Bas, ou les chocs de titans dans ce groupe C de la mort qui promet autant qu'il donnera, à n'en pas douter. Ne doutons pas de la capacité de Grand Corps Malade à exhorter nos troupes de caïra en herbe pour le meilleur d'une nation irritée par la vie chère. Le football, opium du peuple suite à l'essoufflement de la religion? Et comment! Mais c'est de la bonne, ou presque lorsque l'on revient sur l'indigence de deux des matchs cités plus haut.
Je reviendra plus tard sur le rôle lobotomisant des matchs de foot et sur la piètre considération qu'en avait Desproges. A croire que ce blog deviendra sous peu une véritable succursale ou sous-traitance dudit précédent, spécialisé dans la gestion de la postérité du misanthrope pourlécheur de babines à cédilles.
"Allez les Bleus, on est tous ensemmmmm-blleeee". Pardon, mauvais souvenirs d'une chanson grotesque d'un Johnny tristement national pour un Mondial 2002 pas moins lamentable. Gageons que la campagne 2008 sera meilleure pour les copains de Ribéry. Si le pied a son intelligence, le Ch'ti passé sur les bords de la Moselle est un génie candidat au prix Nobel. Dont acte, ce soir à 18h?
Puisse cet Euro être aussi pétillant et virevoltant que cette invitation à la débauche d'énergie des VNV Nation et leur "Past Perfect" de tous les diables (non-rouges):

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"Quel rapport avec le foot", diront certains d'entre vous si vous êtes encore là? A quoi je répondrai: "Quel rapport entre le foot et l'Autriche?" Aucun, ce qui ne les a pas empêché de faire yodler de tristesse au fond des chaumières tyroliennes. Il y a des "Wunderteam" qui feraient si bien de changer de nom, ne serait-ce que par décence ou par respect envers leur illustre prédecesseur du Mondial 1954. Une 3e place méritoire acquise lors de cette compétition (en Suisse, déjà), mais lointaine si lointaine ...
Il reste à l'Empire de l'Est les sports de glisse; c'est toujours ça. Pas facile de contrôler le ballon avec des pieds plus habitués aux bottes de ski qu'aux chaussures à crampons. Mais tout de même: "plus jamais ça", nie mehhhhrrrrr!!! Autriche-Croatie, ou le fond du fond de l'abîme. En attendant la crème des crèmes, pas plus tard qu'aujourd'hui. Miam, miam ...


F&H

Eux CT Eux

Posté le 02.06.2008 par schangels
A la demande d'une pression populaire quasi-insoutenable (aïe), je ne peux que relancer ce blog à l'état de léthargie prononcée, voire de neurasthénie patente et de mort clinique similaire à l'électro-cardiogramme d'un tamagotchi aux piles fondues sous l'effet d'un temps tristement linéaire qui passe et le dépasse ... voilà pour les sous-desprogeries de base.

Pour le reste: comment maintenir des humeurs sous l'effet du labeur, bien alimentaire celui-là?
Les citations? Abusus non tollet usum, comme disait l'autre tête de langue morte que personne ne comprenait et qui ne s'en portait pas plus mal.
Les madeleines de Proust? Rien ne me vient à l'esprit pour l'instant, embué par un récent refus de participation à un colloque qui me tenait à coeur ... à pluch tard, Lisboa, ce serait pour une prochaine foiche ... dédicace à Ramone: il faudra attendre un peu pour revoir ma face.
Un peu de rire, en attendant? Solution de facilité dont je m'empresse de faire usage, à moins que des questions de sémantique quadrivalente caractéristiques de l'acte de dénégation puissent intéresser le badaud pressant ... pour plus tard.
Le rire, donc. "Propre de l'homme qui, du haut de sa taille moyenne, surprend son alter ego par des affirmations qui ne remplissent pas leur fonction habituelle". D'où la surprise, bonne (s'entend); d'où l'effet riresque qui s'en suit. J'ai déjà ergoté quelque peu sur la raison du rire en termes d'actes de discours non-littéraux, dans un billet déjà lointain ... je ne recommencerai pas, les mauvaises blagues sont les plus courtes.

Hommage soit rendu aux Nous C Nous, donc: cet ancien et talentueux groupe de comiques français d'abord débusqué par Patrick Sébastien, dont la crasseuse manie d'enduire ses invités de cirage dégoulinant de gentillesse guimauve et candide n'enlève rien au pif qu'il a long et gros et à qui l'on doit pas mal de découvertes comiques, et pas des moindres. Albert Dupontel et son "Rambo" du temps du "Carnaval", pour ne citer "que" lui ...
Ancien quintor oral composé entre autres de Jean Dujardin (futur Chouchou et OSS 117) et Bruno Salomone ("car c'eeeest - leeeee - ... Cochon d'Innnndde"; voir ci-après pour des informations amples), le groupe a fini par splitter mais me laissera des souvenirs hilarants de calembours absurdes et situations ridicules. Toujours de la surprise au coin de la farce, de la bonne humeur et des acteurs crédibles dans leur jeu, contrairement à d'autres groupes pseudo-comiques dont les effets grossissants viraient peu à peu à l'obésité des situations scabreuses toujours prévisibles. Petite pique au passage à des Robins des Bois qui, eux, ne m'ont pas longtemps fait rire faute de savoir doser dans l'effet surprise. Nonobstant un Jean-Paul Rouve que tout le monde s'arrache aujourd'hui ... pas preneur, non.

Action, en deux temps.

Un premier sketch de groupe sur l'universel "Street Fighter" de ma fin d'adolescence, à une époque pas si ancienne du début des années 90 où le câble de ma Super Nintendo marchait sans arrêt et bien plus que le câble central de mes synapses. Excuse de rigueur, à cette époque: j'étais ado, précisément, âge fertile en comedons et autres boutons d'acné dont la probabilité de s'éclater était supérieure à celle de leur propriétaire. Action, Super Rocheteau!

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Ou l'art de croquer l'essentiel de personnages virtuels en quelques mouvements simples. Pissade de rire personnelle au moment de l'entrée en scène du Lézard; moins d'effet surprise dans la suite du sketch, mais le mérite est là et l'innovation aussi.

Un second sketch sur le fameux cochon d'Inde de Salomone, dont le discours aussi absurde qu'auto-dérisoire produisent un breuvage dont je ne me lasse pas. Ou l'art de dire n'importe quoi sans en avoir l'air. Action, Super Cochon!

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Tout ceci pour dire que, décidément, je n'ai trop rien à dire sinon que des billets plus consistants sont en jachère et risquent de virer au purin si je n'accélère pas la cadence morbide de ce blog souffreteux.
Mon excuse: trouvez les auteurs de mes citations, il en reste plein dans la besace que vous n'avez toujours et encore pas identifié ...
J'ai bon? Passez l'attaque du Lézard en boucle, si la réponse est non.
un dernier pour la route, peut-être? Le papa Lascar de Salomone en Dolby Stereo pur son THX, pour le citer de nouveau:

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Lequel ne manque pas de réserve en calembours et déformations de voix pour le meilleur et le pire ... donc le meilleur, humour absurde oblige. J'achète!!!

"Bip, bip, bip ..." (son d'un électro-cardiogramme très convoité sur ce blog par temps de disette)


F&H

Un Elephant qui accouche d'une souris?

Posté le 23.05.2008 par schangels
Tout ça pour ça, était-ce bien raisonné?

Deuxième humeur mal sentie, et en direct live: ma perplexité face au phénoménisé film "Elephant" de Gus Van Sant, primé au festival de Cannes en 2003 et que la chaîne Paris Première diffuse en ce moment même. Le carnage final défile sous mes yeux, en ce maintenant indexical où je remplis ce billet pas doux ... pourquoi tant de tapage sur un film au sujet sensible mais qui ne me laisse pas moins insensible? A supposer que ce billet servira un tant soit peu à quelque chose, tentons de montrer en quoi ce montage sur pellicules ne mérite pas le sort dont on l'a solennellement couronné.
L'Elephant, ou la référence pas inintéressante à une histoire bouddhique où plusieurs aveugles concèdent qu'aucun d'eux ne peut saisir à lui seul la nature du pachiderme qu'ils touchent. Van Sant, auteur d'un travail de groupe modeste mais constructif et tâché de revenir tant bien que mal aux sources d'un mal ambiant? Mais par quelle construction, comment? Mal plutôt que bien, et je m'en explique à défaut de (chercher à) convaincre.

L'histoire: une reconstitution intimiste de ce jour d'école où une fusillade au lycée Columbine a définitivement confirmé la dégénerescence d'une jeunesse américaine perdue entre frustrations quotidiennes et violence médiatique.
Le principe de l'action (si j'ose dire): la technique du contraste. Une succession de gros plans sur quelques étudiants variés bientôt victimes d'un massacre réglé par deux ados (Eric Harris et Dylan Klebold), laissés pour compte et prêts à en découdre avec une société maligne qui a fait d'eux des monstres déshumanisés. La vie tranquille qui s'écoule, des scènes banales avant le passage à la gachette sanglante.
Certes, mais une série de clichés longuets où de jeunes enfants en fleur longent des murs de couloirs interminables a-t-il d'autre motivation que de laisser le spectateur songer en silence au final catastrophique que ces quelques moments de marche solitaire anodine mettent d'autant mieux en évidence? Un apparent jeu de contrastes entre des scènes de vie insignifiantes et un jeu de mort très significatif, pour le coup.
De là à en faire un film culte ou un moment du cinéma digne des lauriers dont on l'a décoré ... je me tâte, et plutôt trois fois qu'une lorsque je repense au travail bien plus intelligent (plus raisonné et moins larmoyant, diront les témoins neutres) de Michael Moore et son "Bowling for Columbine". une étude comparative de deux villes yankee et canadienne séparées par un simple lac mais que tout semble opposer quant au cadre de vie quotidien. La télévision, la parano médiatique orchestrée par les chaînes pro-faucons Fox & Cie, puis un droit au port d'armes privé qui ne risque pas d'arranger les choses côté bulleux pubaires adorateurs de "Grand Theft Auto IV" ... rien de moins que ce qui fut triomphalement traité dans le pachidermique long-métrage de Van Sant, mais avec combien plus de conviction et d'arguments convaincants à mes yeux ... Cannes et sa Palme dorée finiront l'année suivante (2004, pour ceux qui ne suivent pas) entre les mains du même Michael Moore, mais pour un "Fahrenheit 9.11" dont le contenu sera bien moins critique que l'histoire de Columbine, pour le coup. "Les goûts et les couleurs", certes ... merde.
La scène ultime de ce film qui me lasse: "Picoti picota", et puis "Boum" ... ou pas. Mystère final, avant un générique définitif qui laisse le spectateur malaisé avec quelques notes de piano classique doucereux de la "Lettre à Elise". Spectateur mal à l'aise, ou du moins devrait-ce le cas selon la vieille ficelle qui ne s'use pas mais ne nous apprend rien de plus.
Vivement le "Che" de Soderbergh (façon Robespierre sanglant ou Jésus-Christ superstar? qui vivra verra) et "The Rum Diary" de Bruce Robinson, pour rappeler au bon souvenir de Hunter S. Thompson, du journalisme gonzo et de la paire gagnante Depp-del Toro. Je passe donc la page éléphantesque d'un film qui m'a fait accoucher de rien sinon d'une souris.
Incarnation d'autant plus idéale d'une Amérique moderne décadente que le morceau qui suit a été tiré d'un passage de "Fahrenheit 9.11": "Fire Water Burn" des Bloodhound Gang (1996), inspiré de "The Roof is on Fire" et utilisé par les soldats yankees en terre irakienne pour se donner du baume au coeur lors de leurs campagnes de Sonderkommando des temps modernes aux barils en flammes. Ambiance, nonobstant le clip qui prête à sourire:

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Le rythme lancinant et bourrin de l'ensemble me semble plus révélateur de ce nihilisme ambiant façon début de la fin du XXIe siècle qu'un jeu de contrastes sur pellicules entre Bach et 22 long rifle. Une histoire de Riffle (Company incluse) pour une gifle dans la face d'un empire américain à la gueule de bois, surtout hors de ses terres incultes. Mais la gifle ne vient pas du cinéma de Van Sant, en tout cas pas pour moi.
C'était la seconde humeur du soir. Au lit, en attendant une troisième pour demain ou plus tard. D'ici là, la banquise du grand Nors québecois aura eu le temps de fondre, tabernâââkk ...

"The roof, the roof, the roof is on fire" ... éructation d'anciens civilisateurs qui rotent leur cheeseburger soda et le déversent sur un monde vengeur. Ca promet ... "the roof, the roof" ...

F&H

Attention, terrain glissant

Posté le 23.05.2008 par schangels
Plus facile d'écrire sur l'accidentel que sur l'essentiel: moins de pression dans les doigts avant d'étaler les lettres sur l'écran ...
Quelques humeurs à la suite pour lâcher quelques impressions fugaces, mais pas moins argumentables ... l'humeur jaune vient de la bile et doit être libérée pour éviter la jaunisse, aurait dit un Galien refroidi depuis longtemps mais auquel je souscrirai à la parole assignée de par le fait ... plouf plouf.

Première humeur: une impression de gâchis immérité, depuis hier soir et la finale perdue par Chelsea en finale de la C1 (entendez: la Champion's League, ou crème ds crèmes en matière de tapage dans le ballon rond). Comment admettre une telle glissade juste avant d'amorcer et trôner sur un toit de l'Europe qui leur fzait la nique depuis trois ans d'affilée?!!! Glissade à double titre, puisque les Blues du quartier chic de Londres ont glissé en groupe suite à la glissade d'un des leurs, et pas des moindres: le malheureux John Terry devait envoyer son ballon sur le poteau droit, alors même qu'il avait on ne peut plus purement pris à contre-pied le géant batave d'en face (van der Sar, future star d'un soir). Oublions le raté final d'Anelka pour ne retenir que l'essentiel de cet accident à échelle industrielle: la finale de Manchester tiendra finalement au dérapage ridiculement inopiné d'un bon joueur au bon pied droit; pour quelques centimètres et par une réussite insolente qui fait d'elle une grande équipe victorieuse, la bande des Red Devils rentre au pays de la Factory. Avec une coupe aux grandes oreilles dans la soûte à bagages et un gardien aux non moins grandes oreilles tout auréolé d'un valeureux arrêt de l'ultime tir d'un mangeur de Danette antipathique mais qui, si la météo russkof n'avait pas fait encore des siennes pour maudire un peu plus le richissime expatrié Abrahamovic, aurait dû être battu à plates coutures sur le tir de Terry ... le sacre sur un minuscule coup de dés on ne peut plus hasardeux. La gloire pour les rouges, la guigne pour les bleus. Je suis vert depuis hier soir.
Ambiance: pas content d'une telle issue, d'où le coup de gueule de ce billet et l'occasion d'exprimer un joli coup de gueule tout droit issu de celle de Frank Black. Un petit lâcher de "Rock Music" comme aux plus belles années gueulardes des Pixies, pour la peine:

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Non pas que je porte ce club de Monopoly dans ma poche, loin de là: le respect que m'inspirent des gaillards tels que le manager Ferguson ou le vétéran et désormais recordman des titularisations Ryan Giggs ne plaident pas en faveur des Londoniens de Stamford Bridge. Le fait est plutôt, et deux fois qu'une, qu'une consécration obtenue pour un détail asi insignifiant fait davantage de Chelsea des perdants que de "Manyou" des gagnants.
Le diagnostic? Une foutue politique des prolongations que le prix des billets de spectateur, la lourdeur des procédures logistiques pour organiser pareil événement et l'échéance du Championnat d'Europe des Nations au pays de la fondue germanique ne risquent pas de remettre en question.
Et pourtant: il fut un temps où les prolongations n'existaient pas et laissaient place à un match à rejouer en cas de résultat nul au bout des 90 minutes réglementaires. La chose se fait encore dans les diverses Coupes anglaises, mais nous venons de dire que ladite chose n'est pas transférable aux compétitions européennes.
Alors? Alors la meilleure des solutions pour éviter qu'une telle issue ne fasse des malheureux aussi inconsolables qu'immérités: la prolongation prolongée jusqu'à ce qu'une des deux équipes marque le but fatidique, et puis c'est marre!!!
Mais le but en or et ses effets paralysants sur deux équipes trop frileuses et dont les budgets ont beaucoup trop à perdre pour se ruer à l'attaque d'un but unique? Alors? Alors pas de but en or pendant les 30 premières minutes de ladite prolongation, puis une politique du but fatidique après et seulement après cette première demi-heure!
Qui dit mieux? Pas moi, d'autant qu'il me reste d'autres humeurs à étaler sur ce blog et un billet nostalgique à pondre sur le Canada et la ville de Nice. Lesquels se font attendre, mais il est plus facile de lâcher une perle sur un événement impersonnel que de lâcher les vannes sur des émotions personnelles. Dont non-acte, pour la non-peine.

Moralité: mieux vaut deux heures de prolongations et un épisode de série américaine repoussé à l'après-minuit sur TF1 qu'un triomphe acquis sur le compte d'un penalty bien tiré sur mauvais terrain glissant. Gloire et misère sur un coup de peau de banane ... trop ridicule pour être vrai. Quand le jaune s'écoule et me laisse vert, en attendant une histoire d'écoliers en culotte trop courte pour être vérace ...

F&H

Citation du jour: qui a dit ... (18)

Posté le 17.05.2008 par schangels
(La photo: un T-Shirt provocant parce que pertinent, sur l'interprétation d'une même formule par les différentes religions du monde. La formule: "Shit happens". Une perle trouvée dans un magasin du vieux Montréal, où l'on sait rire grave et sans ambages)

Qui a dit:

"On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui"

Indice: avisé et sans visée

Pauvre jeu de mot final mais qui consacre le retour du Québecois provisoirement exilé sur ses terres fertiles de Lorraine. Pour d'autres billets fertiles en vue, si possible, et à commencer par cette formule d'autant plus remarquable qu'elle me semble très vraie et si prompte à démonter les barrières les plus coriaces du politiquement correct ...
... "politiquement correct": une expression qu'il serait toutefois bon de mettre dans sa poche et ne plus la prononcer si l'on veut encore en être digne, au point que le meilleur moyen de ne pas l'être serait finalement de le devenir. N'y a-t-il rien de plus conformiste aujourd'hui que de dire qu'on ne l'est pas? Ruse de la raison et mauvais jeu dialectique qui fait passer les guignols pour des sages et les sages pour des guignols. "Ne regarde pas ce que je dis" ... vous connaissez sans doute la suite. Dont acte, c'est le mot.
L'auteur de la citation du jour ne manquait pas de casser ces interdits de bon ton, et ce avec d'autant plus de droit qu'il n'a jamais joui de privilèges personnels sinon celui de cultiver le talent de la plume (avec de l'encre, celle-là).
D'autant plus vraie, disais-je, que l'effet perlocutoire (pouêt-pouêt) discours choquant dépend davantage de l'intention discursive du locuteur que du contenu propositionnel de son discours. En d'autres termes, plus simples et moins barbarisants: le scandale d'une parole dépend non seulement de son contenu mais aussi, et peut-être surtout, de la personne qui les prononce. On ne rit pas de la Shoah avec un ancien de la Waffen SS; on ne rit pas des fonctionnaires fainéants avec un partisan de Madelin, etc. En bref, la citation ci-dessous mériterait d'être apprise en boucle dans toutes les écoles de France et placardée, sinon taggée sur tous les murs fissurés des petites ruelles discrètes de nos villes et villages. Histoire de rappeler que le bon goût ou la signification d'une parole est avant tout l'effet d'une interaction à trois places entre un locuteur, un interlocuteur et un thème qui les relie.
La preuve en images, vestige d'une époque où l'on savait se pisser dessus avec des sujets graves. Cas numéro un, celui d'Albert Dupontel et son dégénéré de Bob:

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J'avais pensé d'abord au sketch Hitachi des Nuls, avec un Alain Chabat déguisé en Hitler nostalgique de sa grande période d'invasion barbare. Introuvable, dommage.
Cas numéro deux, et pas des moindres, celui de Pierre Desproges (sous-titré). Impensable aujourd'hui, ce genre de discours acidulé:

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Moralité: il est permis de se moquer tant que l'intention du moqueur n'est pas maligne. D'où des procès d'intention en série contre qui n'obtient pas ce droit. C'est si simple à comprendre et à admettre que l'on se demandera encore et toujours ce qui nous empêche de le retenir et nous oblige à relancer sans arrêt le thème du droit de rire de tout. Sinon pour combler les heures creuses de cet emPAFfé de "service" public, ou pour permettre aux quelques pistonnés du même emPAFfé de service de prétendre faire rire sans choquer personne mais avec la fausse intention de le faire parce que, tout de même, tout comique qui semble se respecter prétend "déranger" son voisin, ou plutôt sa voisine lorsqu'elle a dans les 80 piges et sent le conservatisme auvergnat depuis sa plus dure enfance.
Dédicace aux Dubosc, Axelle Lafont ou Cyril Hanouna, coquilles vides et dont le talent attribué tient à montrer son cul ou gloser sur son bulbe ou sa touffe devant des téléspectateurs repus et revenus de tout, ou à jouer sinon sur une fausse auto-dérision savamment calculée. Sûr que jouer sur les mots et ironiser sur nos maux n'est pas donné à qui ne serait pas suffisamment instruit pour la peine. Tout à l'inverse de l'auteur de cette citation, que vous aurez sans doute deviné à force de fréquenter ce blog.

Hypothèse de travail: qui se sent gêné par un discours culpabilisant est coupable ou n'a pas le "sens de l'humour", auquel cas contraire il ne se soucierait pas des conséquences d'un rire sinon bon enfant. Ou en d'entre termes: la personne en question prend la mauvaise blague au sérieux soit parce que ça ne le fait pas rire, soit parce qu'elle ne sait pas rire et s'avère incapable de distinguer la signification implicite d'un discours. Raciste de base ou cul serré, il n'y a alors pas de fumée sans feu. Problème: comment distinguer le rieur mal intentionné du rieur bien intentionné ... laissant de côté le non-rieur mal ou bien intentionné? Vous suivez toujours? Moi, oui.
Je m'explique encore: une blague raciste, cas d'école en la matière, sert à railler le trait d'un Autre et prête à faire rire si le contenu de l'affirmation est surprenant. Or la gêne implique que l'on prend cette affirmation au premier degré, lorsque des rires pincés sont à demi lâchés dans les tribunes pour comiques. Pourquoi craindre les conséquences d'un rire qui n'est qu'une réaction à une affirmation de second degré? Parce que son voisin pourrait nous prêter des interprétations de premier degré ... et après? A moins d'être soucieux à l'excès de son image et des qu'en dira-t-on, on peut bien laisser dire et s'en dédire sans que la blague provocante ne soit jamais mal intentionnée et mal interprétée.
Conclusion: on n'a pas honte de ce dont nous sommes parfaitement irresponsables ou de ce que l'on n'interprète qu'au second degré. Entre la signification littérale d'une méchante blague de raciste et la signification non-littérale d'une blague instructive de non-raciste, il y a un grouffre d'intentions distinctes allant de la rombière franchouillarde au Desproges misanthrope pour la bonne cause.

Pas étonnant, si?


F&H

Nancy dernière

Posté le 01.05.2008 par schangels
Une fin de soirée occul(te), parmi d'autres.

Petite revue détaillée d'un moment passé hier soir aux côté de deux amis masculins, conclu au fond d'une salle branchée obscure dans un des cafés-boîtes de Nancy. "La Place", pour ne pas la nommer ni donner le nom de sa rue Stanislas où la trouver. Un phénomène classique chez moi et qui me donne l'impression de jouer l'extraterrestre effacé au milieu des humains émoustillés. Une impression de transparence et de néant existentiel pour qui sent ne rien pouvoir apporter à personne à cet instant, et surtout pas à lui-même. Un mauvais rôle inaccepté, vidé de toute substance et sans consistance à l'appui. Mais pourquoi me suis-je retrouvé dans cette boîte électro-house aux allures de boîte de sardine pailletée, sorte de lieu chébran où la jeunesse fêtarde se donne rendez-vous pour se gigoter sur des airs à qui on ne la fait pas et font balancer la tête d'arrière en avant comme une poule sur son pied à bascule mécanique? La musique: des mixtures indigestes ou pudding rythmiques où l'on mélange le Nutella aux cornichons. L'ambiance: une soirée célibataires ce mercredi soir, où les bras numérotés des volontaires servent à créer sur place des couples sur mesure. Bon Dieu que l'endroit me semble mal approprié pour ce que j'attendais de cette soirée joviale et rigolarde. Mais on ne discute pas des goûts et des couleurs lorsque l'on laisse les autres décider pour soi: on suit, et vogue la galère. Une putain de galère une heure et quelques durant, où le bar m'a servi d'accoudoir en attendant que je trouve une raison de rester sur place plus longtemps. Un genre de soirées où le son est si braillard et perçant qu'il est impossible de se parler sans se déchirer le larynx et nécessaire de raccourcir les phrases au point de ne plus rien dire.
Pourquoi parler, aussi et surtout? Un genre de soirée pour prédateurs où il ne s'agit pas de parler, mais de chasser le gibier en terre giboyante. Un gibier dans les deux sens du sexe officiel, puisque les filles lorgnent aussi bien et tout autant que les "mecs" à qui on ne la fait décidément pas. Une mascarade sacrée où chacun doit afficher sa coolitude et ne surtout pas faire grise mine pour espérer attraper un morceau de jambon sous un quelconque bas de cocagne. Un jeu de dupes où personne ne l'est d'emblée. Bizarre, trop bizarre.

Une bonne soirée pour bon nombre des protagonistes en place, à n'en pas douter; une atmosphère pas pesante mais un tantinet artificielle pour quiconque se sent comme un éléphant dans un magasin de porcelines ou un prolétaire chez des fins de race.
Une vodka orange; un regard par-ci par-là, pour passer le temps qui ne passe pas; une jeune proie à la chemise blanche décolletée ... puis me casse et moins vite fait qu'attendu, comme toujours dans les soirées où l'on finit par attendre une bonne surprise qui ne vient pas.
Toujours cette gêne lors des processions nocturnes où luxe, boucan et volupté s'emmêlent les pinceaux pour faire tomber les biffetons, descendre les braguettes pour les plus chanceux enivrés (ou pas) et jouer des apparences entre deux poulettes entreprenantes (mais jamais trop, stratégie oblige).
Se trémousser ou jouer la transe mystique devant les autres, ces inconnus avec lesquels je n'ai aucune envie de faire acte de connivence? Trop dur, trop fatigant de penser à rien au point d'entrer en communion avec toutes ces ouailles suintant la chaleur moîte, perlant la vapeur d'alcool fort surtaxé et secouant les billets de vingt euros devant le serveur-machine. Comme l'impression de se déshabiller en pleine salle de réunion ou de se tripoter le noeud en place publique. Encore qu'il y ait moins à perdre pour le tripoteur cynique et désengagé dans tout que pour le salarié stressé des bureaux encravatés.
Mais cela n'enlève rien à mes propres processions électroniques dont je raffole tant du côté des VNV Nation, Covenant ou Front 242 plus mécaniques que rythmiques et, surtout, tellement moins sensuels et décontractés dans leurs apparences de guerriers du son concentrés sur leur tâche rituelle. Le son, rien que le son et un retour de chacun sur soi-même.
En l'honneur de ce son déshumanisé dont je ne me lasse pas, un passage par le terrible "Standing" de VNV Nation (chair de poule à la 34e seconde):

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suivi de leur propre effet d'"Illusion", bien plus calme et tendre mais surtout emblématique de la femme qui court après une image qui la fait courir à sa perte personnelle. Une métaphore magnifique telle que j'interprète ce clip, de suite:

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Au nom de toutes ces filles magnifiques qui nous envoûtent de leurs parfums sucrés, maquillages aguichants et talons clinquants que les soirées comme celles d'hier soir me donnent à voir, le temps d'un passage furtif au pays des vivants qui s'oublient sans oublier de paraître pour d'autant mieux en jouir.
Trop dur pour moi, ce jeu des émotions calculées. Une mauvaise distribution des rôles, ou un rôle de bigot insupportable pour qui considère les boîtes comme un lieu de retrouvailles pour dragueurs et gueulards invétérés. Comme s'il était impossible de faire le bien sans être le bigot d'une église ou de faire le bon sans être le kéké d'une boîte. Impossible d'accepter ces jeux de rôles à valeur d'institutions étouffantes. Je passe. Un problème de ton sur un autre ton, rien de plus. Un épiphénomène: le poids d'une institution de la joie au contre-effet paralysant et dont nos vies sont pleines. Un moment de contrariété, un goût d'inachevé au milieu d'une fin de soirée insipide. Une erreur dans le programme, comique sinon pathétique. Je passe.

Note à benêt: C'était là le dernier de mes billets avant une interruption prolongée d'une dizaine de jours. La raison, très bonne au demeuré: déplacement au Canada pour cause de conférence à Québec sur le tryptique fatidique Langage, Pensée, Action. Puis une petite virée sur Montréal et un retour au bercail avec des souvenirs et photos sans photos-souvenirs pleins la besace. Traduction: à la revoyure!


F&H

Contre-labeurs

Posté le 01.05.2008 par schangels
Hommage soit fait aujourd'hui, en ce jour de 1er mai où l'on éteint les machines et pose le marteau-piqueur pour se reposer en famille. Pour ma part: je prépare une conférence à venir pour le Canada, plus précisément Québec, avec Greg Restall, da Costa & Cie en guise de lectures sur la question de la négation et des actes d'acceptation et de rejet au sein des inférences logiques.
Serais-je donc en train de travailler en ce jour de farniente symbolique? Non, je ne travaille pas, pas du moins au sens où le mot "travail" devrait être pris pour restituer la symbolique première de ce jour férié couleur rouge métallique.
Le terme "travail" vient du latin "tripalium", qui signifie "trois pieux" et désignait un instrument de torture caractéristique d'un bon nombre de tâches laborieuses et harrassantes. C'est à ces victimes du travail à la chaîne, des labeurs interminables et de l'exploitation d'un temps jamais libre que je consacre ce billet modeste et associe ce jour de la Fête du Travail considéré comme libération provisoire des bras au service du reste: l'amour des siens, la cogitation synonyme de dignité à trouver ou retrouver loin du casse-tête quotidien des regroupements grégaires ... j'ai cette chance de ne pas avoir à m'user la paume des mains et à ne pas user ma santé à petit feu; j'ai cette chance d'être payé pour des tâches 'tectuelles qui n'ont pas vocation à me détruire mais, tout au contraire, à embellir et parfaire quelques-unes de mes préoccupations personnelles. Du gagnant-gagnant dont les victimes du travail au sens propre, roboratif et lobotomisant n'ont pas la chance de profiter, et j'en ai encore conscience.
Hommage aux gueules cassées, aux morts des grisous et des suicidés du stress, à tous ceux qu'une activité sans fin précise et synonyme de leur propre fin a finie par prendre pour de bon et retirée du domaine de l'humanité. Avec ou sans majuscule, peu importe.
Je n'aurai pas l'audace high-post-moderniste de marquer le coup par un tube envoûtant des Charlots ou de Henri Salvador; pas de "Merci, patron" ou de "Le travail, c'est la santé" pour consacrer la partie musicale de ce billet symbolique. D'autant moins que la seconde de ces évocations du travail comme labeur aliénant ne sut y répondre que par une lézardise typique du sudiste ventripotent, spécialiste du Ricard posé sur la bidoche entre deux parties de belote ou de pétanque et pour lesquels je cultive l'indifférence la plus manifeste. Les pêcheurs de l'Antiquité avaient su trouver d'autres passe-temps entre deux voyages en mer, loin de ces paresses débilitantes synonymes de "temps de cerveau humain disponible" proche de celui du spectateur moyen de "Attention à la Marche". J'opterai donc bien plutôt pour un tout autre souvenir sonore, celui de Killing Joke et d'un "Love like Blood" porté sur le mythe néo-réaliste du travailleur besogneux d'un temps révolu. De par chez nous, en tout cas:

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Quand certains partent spéculer sur la paraconsistance au Canada, d'autres n'ont d'autre recours que de passer des yaourts sur un tapis automatique ou de serrer des boulons dans des usines à la chaîne. J'ai conscience de cet écart, et cela ne changera rien à l'affaire.
Bonne fête à ceux qui en ont besoin. Point, sans faucille ni marteau reposés et remplacés depuis belle lurette par le clavier et la synapse.


F&H

Futuribles

Posté le 28.04.2008 par schangels
De quoi est fait le futur, ou mieux: où se situe le futur par rapport au présent et au passé? La logique voudrait qu'on la situât après tout le reste, et peut-être a-t-elle raison malgré de forts soupçons posés depuis Einstein et la mécanique relativiste par l'interdépendance de l'espace et du temps. Mais ce n'est pas dans ces eaux arides (?) que ce billet veut s'immerger. Il s'agit plutôt de revenir sur un exemple de mixture sublime entre temps réel et temps vécu et que le cinéma américain sait nous donner par à-coups.
Je ne peux m'empêcher de coucher quelques idées imprécises, alors même que je viens de mater pour une seconde fois de ma vie ce moment (imprécis par excellence) qu'est "Donnie Darko" ... sans doute une impression partiale, quelques accointances toutes personnelles avec Drew Barrymore (productrice de ce film, svp; loin de son rôle débile dans les Trois Pas Drôles de Poufiasses).
Un concentré de tendresse, d'inquiétude et de réflexions métaphysiques sur le rapport entre le temps, l'avenir et la conscience.

Je n'arrive pas à trouver la "logique" de ce film, pris en tenaille entre deux interprétations distinctes: toute l'intrigue de ce film n'est que le produit d'une imagination et d'un temps vécu d'une conscience, celle de Donnie; ou le retour final vers le début de l'histoire (la chute du moteur à réaction dans le chambre de Donnie) fut-elle la volonté d'un Donnie maître des couloirs du temps? Après tout, le réalisateur fait remonter le calendrier des 28 derniers jours de Donnie avant la fin du monde, tandis qu'un moteur à réaction lâche dans le ciel et signe la fin de la mère et la petite soeur de Donnie ... jusqu'à ce qu'il décide de modifier l'ordre des choses et de préférer sa propre fin à celle des autres? Donnie, sauveur du monde? Mais depuis quand aurait-il ce don, et quel rapport temporel entre le crash du moteur et l'ordre des événements? Difficile de comprendre les choses lorsque la succession des événements part en sucette complète.
De deux choses l'une: soit le héros a découvert le moyen de remonter le temps pour sauver sa Gretschen tout juste écrasée par un "anonyme" de la fiesta improvisée chez lui; soit l'ensemble des événements accumulés pendant le film n'a jamais occupé un autre monde que celui de l'imaginaire très privé de Donnie. Mais des raisons de suivre une voie ou l'autre sont apparues entre-temps: comment Donnie a-t-il pu rencontrer son ami imaginaire, Frank le Lapin (alias: le jeune artiste dessinateur qui a écrasé Gretschen vers la fin du film), et le découvrir blessé à son oeil avant même de lui tirer dans l'orbite? Un jeu d'avant et d'après auquel le cinéma SF nous a habitué depuis belle lurette, mais le hic vient ici de la nature des faits passés, présents et futurs dans ce film de mon anthologie. Pure invention d'un seul esprit qui rêve cette histoire complexe juste avant sa mort? Pourquoi Donnie finit-il son existence hilare sur son lit, heureux pour quelle raison? Comment expliquer que le moteur à réaction qui tua Donnie provienne de l'avion dont sa mère et sa petite soeur étaient les passagers, de retour du concours de danse? Gretschen n'a-t-elle jamais connu son prétendu amoureux schizo-parano, et les troubles mentaux de Donnie sont-ils la véritable raison de ce jeu métaphysique sur la nature du temps et la prédestination des événements par un fluide incolore que Grand-Mère la Mort aurait intuitionnée dans sa jeunesse religieuse?

Ce film pose bien des questions pour lesquelles je ne vois qu'une réponse approximative: qu'il est impossible d'expliquer la nature de l'ensemble des événements, entre produit d'une imagination ou action sur le temps physique d'un être surhumain et capable de jouer avec le temps. Chaque scène peut admettre les deux interprétations du film, entre transformation du temps réel et création du temps vécu de la conscience. Saurait-on comment cela s'est-il produit que l'on n'en saurait pas plus sur le pourquoi du déroulement: ce film a-t-il un sens, hormis sinon de tourner la logique newtonienne du spectateur en bourrique?
Ce film mérite d'être vu et revu ne serait-ce que pour trouver réponse à ces questions. Et pour d'autres thèmes abordés tout au long et qui jurent avec l'Amérique actuelle:

- la thérapie de la peur et son gourou de Patrick Swayze: peur vs. amour, ou une lutte des contraires ironique étant donné le rôle de la menace de l'Autre dans l'effort de guerre américain via les chaînes Fox, CBS, CNN. Quand on sait le lien causal entre la parano de la violence aux Etats-Unis et la politique sécuritaire du gouvernement, le pouvoir de l'amour sur la peur version 1988 fait donc tache et tâche avec le jeu de la peur mondiale version 2001. Son discours manichéen mériterait d'ailleurs d'être revu de plus près et plus au sérieux, malgré la condamnation en règle à laquelle le vouent à la fois Donnie et sa pédophilie criminelle
- sur la prédestination des événements, et le "plan directeur" incarné par les fluides incolores qui dirigent chaque individu: le prof de physique et boyfriend de Barrymore n'a pas tort de rétorquer à Donnie qu'admettre la détermination consciente des faits suppose que l'on puisse y contrevenir, sans plus de suite dans ces idées, hélàs;
- quel message global du film: un trou dans l'espace-temps véritable, ou ce fameux trou de vers n'est-il rien d'autre qu'une sorte de "couloir de la mort" synonyme de temps vécu (pas celui qui intéressait le physicien Stephen Hawking, donc) et analogue aux 21 grammes perdus par chaque homme juste avant sa mort?
- Donnie est apparemment l'assassin de Frank, l'artiste dessinateur tué d'une balle dans l'oeil lors de l'avant-dernière scène; cela veut-il dire que Donnie vit la fin de sa vie à rebours et que cette scène précède dans le "temps réel" toutes celles où le Lapin apparaît avec son oeil déchiqueté par la balle du révolver?
Conclusion: Donnie a-t-il bel et bien remonté un couloir du temps par ce fameux "trou de verre", afin de sauver la vie de Gretschen? Ou toute l'histoire n'est-elle que le produit de son imagination hyper-accélérée, à l'instant immédiat et intermédiaire entre sa vie et sa mort?

Quand est le futur? Après le présent, par définition, mais on sait ce que les physiciens répondront quant à la version pétrifiée à tort des moments du temps?
Autre question pas si débile: Où est le futur?
Certains ont évoqué la possibilité de "plis" dans le temps, c'est-à-dire de moments futurs retrouvés dans le passé et similaires à des cas de "déjà vu"; d'autres prétendent plus scientifiquement que le voyage dans le temps exigerait un appareil capable de se déplacer plus vite que la lumière. Et quand bien même: en quoi aller plus vite que la lumière permettrait-il de modifier l'écoulement "normal" du temps, voire de le "remonter" afin de revenir à des moments déjà vécus? Vécus par qui, d'ailleurs, à supposer que le temps réel ne soit qu'une illusion collective? Difficile à croire, car le bon sens reste coriace. Tout de même ...
Le temps réel et le temps vécu s'opposent ou s'entremêlent pour nous donner des films aussi pleins de vie (et de mort, donc de vie) que ce Donnie Darko dont j'ai déjà laissé un souvenir de la musique inoubliable ailleurs dans ce blog (cf. Gary Jules: "Mad World").
Pour la peine, Donnie Darko a lancé à sa manière une réflexion émouvante sur les règles du temps et la place de l'avenir et du passé dans notre conscience collective. Où est-il, ce futur, sinon devant nous et toujours là où on ne l'a pas encore vécu? Pour la caution musicale, je me contenterai d'un retour amusé sur les imaginations futuristes dont l'époque optimiste de l'après-guerre était féconde. Une époque où le progrès et la production ne devaient pas avoir de limite pour contribuer au bonheur futur de l'Humanité. Un retour amusé, version Mudhoney. Mais "Where is the Future"?

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La tragédie est d'autant plus belle lorsque l'on croit pouvoir faire exception à sa règle ... sans doute parce que les causes perdues sont les plus belles à défendre. Donnie en est l'exemple, à l'image d'une Amérique que les Franchouillards savent toujours railler de leur haute exception culturelle mais qu'ils s'avèrent incapables d'égaler en matière de réflexions existentielles autres que pleurnichardes ou nombrilistes. Une discussion sur le sens du film est disponible à cette adresse:
http://www.linternaute.com/sortir/cinema/film/dossier/films-incomprehensibles/4.shtml
Merci, Richard Kelly (26 ans à la sortie de"Donnie", en 2001, excusez du peu).


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