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Pour qui aime se prendre la tête et se remplir les oreilles tant que l'ensemble fonctionne.
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Dépôt de bilan

Publié le 18/06/2008 à 12:00 par schangels
Dépôt de bilan
Au pays des contrefactuels, les Français sont rois.
"Et si Ribéry n'avait pas dû sortir dès l'entame du match", "Et si les Bleus avaient accepté le jeu contre la Roumanie", "et si Domenech avait rajeuni la défense de ses 23 (22, au final)" ... un vieil ami pongiste excelle dans cet exercice où les événements sont mis entre parenthèses et réduits en relations causales, tant bien que mal. Car de causes nécessaires on ne trouve jamais vraiment, entre un fait actuel et une raison possible. Traduction: rien ne sert de gloser sur les dispositions initiales d'un match; il n'y a pas d'explication élémentaire au résultat final. Discours typiquement domenechien qui nie en conséquence la raison d'être du journalisme sportif. Réponse laconique du stratège: "Les bonnes tactiques sont celles qui font gagner", a-t-on pris l'habitude de penser en France depuis l'ère Jacquet. Une ère victorieuse mais défensive, lassive ...
... et chanceuse! Autre contrefactuel qui rafraîchira la mémoire des plus chauvins, peut-être: et si Roberto Baggio avait réussi sa reprise de volée pendant les prolongations du quart de finale 98 contre la France, à la suite d'une difficile reprise d'un ballon venant de derrière et qui devait frôler le poteau d'un Barthez pris à contre-pied? Les conséquences auraient eu l'effet d'un nez de Cléopâtre allongé ou d'un Rubicon franchi par César: pas de victoire aux tirs aux buts, pas de victoire finale, pas de bourrage de crâne médiatique ... black-blanc-beurre = bla-bla-bla ...
... enfin sortis de cette chape de plomb qui plombait autant les esprits que les paupières et les actions de jeu, le réveil est douloureux et rappelle au bon souvenir d'un sport où il s'agit de vaincre avec la manière, parfois aussi. La Hollande est là pour nous montrer une autre façon de jouer, typique d'un football champagne que la France a perdue de vue depuis l'ère Platini 1976-1986, somme toute.
Non: un bon match n'est pas simplement un match gagné, et c'est la moindre note positive d'un Euro raté-plié-bouillu-foutu que de sortir enfin de ce marasme tactique devenu une quasi-idéologie parmi les DTN. A ne pas jouer sur le terrain, les Bleus se sont pris les pieds dans le tapis. Boum. Bien fait? Pas pour tous, car certains ne méritaient pas une déroute aussi cruelle. Oublions les contrefactuels et revenons aux faits dont les journalistes s'amuseront à trouver les causes les plus probantes. C'est leur métier, après tout. Après 1998 et la revanche du sélectionneur sur les journalistes, 2008 et la future revanche des journalistes sur le sélectionneux. Tirs de snipers en prévision. Pour plus tard. Le "match" d'hier, d'abord.

Voilà un événement sportif que Sarkozy ne pourra pas exploiter en guise de cache-misère. Une histoire de ton sur ton, en l'occurrence. La poisse macabre qui colle aux semelles de notre hyperprésident continue de coller à l'ensemble du pays et s'étend à son équipe du football. Noir, c'est noir. On ferme, pour cause d'inventaire qui s'impose.

Quand Benzema rime avec Bérézina, Abidal avec abyssal ou Coupet avec couperet, il n'y a qu'à attendre la fin douloureuse d'une histoire tragi-comique en trois actes manqués. Tragique par les blessures des meilleurs joueurs français; comique par un jeu de cache-cache aux allures de guerre froide entre la presse et Domenech. Un temps pourri, des matchs pourris ... tous pourris! Ambiance.
Pas de Vieira, après une rocambolesque partie de poker menteur entre des journalistes transformés en paparazzi et un groupe France recroquevillé dans son camp d'entraînement comme dans un bunker impénétrable. Le comble du ridicule est atteint lorsque Domenech demande à la police locale de prendre les noms des resquilleurs en quête de scoops pour la composition du match. Mais où va-t-on? Vers l'aéroport de Roissy, souhaitent espérer des habitants du coin expaspérés par le tintouin créé par notre Raymond nationalisé et lassés par une équipe de France bonne dernière dans la côte de popularité des seize équipes en présence.

Groupe C (comme Catastrophique, Cataclysmique, Cataplasme, Cramé, Calzone, Chianti)
France-Italie: 0-1 (Pirlo 26e, de Rossi 62e)
La vita e marcia
La lutte finale? La poisse initiale, aussi et surtout.
Drame de départ: grosse entorse du genou gauche de Ribery, qui en aura pour des mois de récupération et a déjà grillé son début de saison avec le Bayern ... et l'équipe de France, déjà orpheline de son meilleur joueur en vue des éliminatoires du Mondial 2010. Exit LE Ribéry dont tout le monde attendait des merveilles, foutu au bout de huit minutes de jeu. Après Frei, le talent français disparaît à la façon d'un Zidane 2002.
Enorme signe avant-coureur d'une fin des haricots déjà bien entamée avant ce triste accident. Le Bavarois d'infortune ne méritait pas ça, encore moins que Frei. Remplacé par un Nasri jusqu'ici timoré et tellement moins percutant que son prédecesseur ... que faire, que dire? Attendre la fin et se battre entre-temps, à la rigueur. Le moral dans les souliers dès le début de match: la mort assurée, quitte à ce que la Roumanie gagne son autre match et confirme pour de bon une fin furieusement annoncée. Le bon arrêt de Coupet-Makélélé sur la tête de Panucci augure mal la suite des événements, forcément triste ...
Exercice de style: comment relier les lignes de défense et d'attaque sans un Ribéry passe-partout, tandis que Nasri n'a pas sa vitesse? On voit Henry souvent à la récupération dans le camp français. Autre mauvais signe pour les occasions de Benzema et consorts, malgré un travail correct de Clerc sur l'aile droite en relais offensif. Avec une Italie pas brillante, sait-on jamais si une action bleu foncé pourrait faire la différence sur un détail, comme toujours ...
La suite: la catastrophe finale, un scénario qui ne pouvait pas être pire: penalty à la 24e, faute d'Abidal sur Toni et carton rouge à la sortie. Plus de Ribéry, plus d'Abidal pas bon le premier match et absent le second ... une équipe de France composée de fantômes, qui sur le terrain qui à l'infirmerie. Noir, c'est très noir; que faire, sinon croire en Dieu après une bonne lucarne de Pirlo? Pire que la poisse, une odeur de Bérézina malgré les remplacements de compensation. Sortie de ... Nasri, qui n'aura joué qu'un quart d'heure et remplacé par le défenseur ... Boumsong. Reculer pour mieux sauter? Bétonner pour moins pleurer, bien plutôt. Plus qu'un changement permis au bout de 25 minutes de jeu; n'en jetez plus, le coupe-gorge est plein de sang bleu. Eviter la honte, quitte à ne plus espérer de fière victoire? Le chauvinisme cocardier d'un duo Roland-Leboeuf aux commentaires du match. Ca ne sent plus le roussi, la maison brûle depuis trop longtemps; ça sent l'excrément déjecté après six jours de constipation ...
Puis une ribambelles d'actiond brûlantes pour un Toni pas en réussite, jusque là; comme une impression de mise à mort pour une bête blessée en sursis. Un joli coup franc de Grosso, décidément inspiré contre les Français lors des grands événements, à ras de terre et qui touche le poteau mais ne suffit pas pour sortir un tel match de sa torpeur générale.
1-0 à la pause. Un moindre mal, pour le moins, où les montées de groupe italiennes ont répondu à de fréquentes montes de Clerc côté droit. Pas deux sérieux prétendants au trophée sur le terrain, quoi qu'il en soit. Des fautes qui s'accumulent, un arbitre qui siffle à moitié. Difficile de ne pas tomber dans des excuses faciles avec ce Lubos Michel, mais le mal est fait et vient d'ailleurs. La pire mi-temps que la France ait connu depuis longtemps, Hollande incluse. Vivement la seconde?
Seconde mi-temps.
Quelques banderilles de Henry, honorables mais synonymes d'impuissance collective. Benzema court après le ballon, sans trop savoir quoi en faire lorsqu'il l'obtient. Quant à l'Italie, elle mène mais ne domine même plus malgré un scénario idéal pour elle. Frileuse, cette Squadra qui ne transpire pas la confiance.
Que dire du second but sur un coup-franc signé de Rossi mais dévié entre-temps par un pied français, celui du ... buteur Thierry Henry? Qu'il confirme la poisse monumentale tombée ce soir sur une équipe française déjà pas en verve et désormais maudite pour de bon. Double dicton du soir: la chance sourit aux audacieux, la malchance punit les frileux. Y aurait-il un (bon) Dieu pour condamner un Domenech mal vu et pas aimé en terre de Suisse? Du début à la fin, cet Euro aura été une catastrophe à échelle industrielle pire encore que la déroute précédente du Mondial 2002. Chose qui paraissait impossible il y a une semaine mais est devenue réalité: après Lemerre, Domenech parmi les entraîneurs maudits.
Encore une vingtaine de minutes à supporter ce spectacle de désolation sur herbe, tandis que les Italiens peuvent se ballader sur la pelouse l'esprit libéré. Le résultat sans la manière, le moins que l'on puisse dire. La mauvaise foi cocardière monte au nez, elle déborde chez nos commentateurs écoeurés de M6 mais ne résiste pas à l'abattement général. "A la maison! A la maison!", chantent des tifosi moqueurs sur un air d'"Allez les Bleus!". De bonne guerre? Dur ... Je n'aime pas les Français lorsqu'ils vainquent le verbe plus fort que celui des autres; je n'aime pas lorsque la France se fait piétiner comme une bête blessée à abattre. L'a-t-on cherché? Pas la blessure de Ribéry en tout cas, alors que les comptes commencent à se faire et qu'il reste pourtant plus d'un quart de "jeu" ...
... entrée d'Anelka? On en dira tant, c'est-à-dire si peu. RAS de plus, normal. Sinon une belle frappe enroulée de Benzema que Buffon détournait avec classe, encore et toujours. Le tir principal d'une soirée à chasser très vite des esprits de patriotes, fut-ce par lobotomie de principe. La formule du soir signée Thierry Roland: "Si la France avait joué comme ça contre l'Italie, elle n'aurait pas fini à 0-0". Contrefactuel en bois bouffé par les termites: certes elle n'aurait pas, mais elle n'a pas non plusn et c'est ce qui sera reproché pour toujours à cette époque morte par manque d'audace. Un problème de riches: le cholestérol ou l'arrêt du coeur faute de l'exercer assez. Quand donc ce match de bourreaux et suppliciés finira-t-il ... coup de sifflet final, enfin, tandis que les Pays Bas ont confirmé leur bon état d'esprit et remporté leur troisième victoire d'affilée. La classe, dans un entrefilet anecdotique qui suit.


Pays Bas-Roumanie: 2-0 (Huntelaar 54e, van Persie 87e)
Ce qu'ils méritent
Des passes, des têtes, des buts, des drôles de gutturales enroulées et des supportrices magnifiques qui dandinent leur joli corps dans des tribunes toujours aussi colorées ... youpi, vive la Hollande-l'autre-pays-des-meules-d'orange. Point final, merci les gars, au revoir et à très bientôt contre la Russie ou la Suède. On le saura demain. Ciao les Roumains, fallait pas rêver non plus et à plus tard. Rendez-vous lors des poules éliminatoires pour le Mondial 2010. Deux futurs matchs entre victimes d'un groupe de la mort qui aura déchiré notre race déchue pour de bon. Plus d'excuses.


Il n'y aura donc pas de second France-Espagne en quarts de finale de cet Euro 2008. Pas besoin d'espérer un miracle après le résultat fabuleux et inattendu quart homonyme de 2006: au tour de l'Italie de montrer les limites d'une Espagne, jusque là toujours décevante en sortie de poule. Sans l'espérer pour autant, au nom du jeu.
Le futur perfide Domenech l'avait-il vu dans ses astres? Au bon signe prévu hier a succédé une succession de mauvais signes comme rarement les probabilités le permettent en si peu de temps. A commencer par un bus de la délégation française qui devait rater un virage sur le chemin du stade et se payer deux voitures à la sortie. Premier accident de parcours avant le pire des accidents pour le milieu français, pour ainsi dire ...
Quand c'est écrit, c'est écrit (dira le sage en quête de prétexte modérateur): on serre les dents et on passe la pommade ensuite pour supporter la douleur du bas du dos et les cloques qui brûlent. Aucune pommade à attendre de la part de nos journalistes sportifs nationaux, tant l'ambiance tendue et arrogante entre Domenech et les questionneurs a placé d'entrée la côté de l'équipe de France en dessous du niveau de la mer. Désamour total, malgré un combat valeureux des Bleus en ce soir de tourmente exponentielle. Déroute totale, malgré des promesses à venir sur le papier et une tradition rassurante de la défense. Des mythes sont tombés en huit jours, des têtes vont tomber aussi. La faute à pas de chance, ce mardi maudit? Pas seulement, car la poisse ne doit pas oublier tous les autres défauts accumulés sans que la fortune n'ait son mot à dire avant hier soir. Ca sent le dépôt de bilan pour le petit sourcilleux amateur de théâtre; gageons qu'il ne tardera pas à rejoindre notre gentil président de la LNF Frédéric Thiriez sur les planches. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil? Tout va très bien, monsieur de sa Marquise (alias la sémillante Estelle Denis)? Pas vraiment, mais sait-on jamais avec les astres ... dédicace à un amateur d'astrologie pour qui le glas a sans doute sonné un soir de match de merde. A cause de lui et malgré lui. Itinéraire d'un méchant gâteux ...
Les Bleus auront joué avec le feu dès le début des hostilités, entamées par un nul censé suffire pour la suite; ils auront fini brulé au troisième degré. Adieu la Suisse, bonjour l'Afrique du Sud ou plutôt ses matchs de qualification préalables. Avec une équipe à reconstruire, notamment en défense, et une ambition à retrouver dans un autre état d'esprit. Cette équipe de France vieillissante aura fini son chemin à la manière de l'Allemagne de 1998: une fin de règne en forme de débandade, en espérant que la pente ne sera pas aussi longue à remonter. Qui a connu la traversée du désert 1986-1992 et l'ère post-Platini ne peut pas souhaiter une seconde promenade au milieu des oasis. J'ai donné dans ma jeunesse éhontée; je ne le souhaiterai pas pour la jeunesse actuelle, encore qu'elle saura peut-être s'en détourner plus vite faute d'esprit cocardier en fin de série. Lui aussi. Un dépôt de bilan que ce dernier match de poule faisandée, décidément.
D'ici là? Des réglements de compte à OK Coral en perspective. La France s'est fait détester de tous et surtout des résidents suisses, durant un séjour de stars exigeantes qu'aucune de ses prestations n'aura su justifier. Ni l'hôtel quatre étoiles de Vevey, ni le train grand luxe destiné à ménager des joueurs en quête de fraîcheur, ni la réquisition de la moitié de l'armée suisse pour protéger un camp d'entraînement des nombreux regards indiscrets. Détestés par toute la Suisse hier; moqués par toute l'Europe dès demain. Bon bilan. S'il aurait su, ils seraient pas venus ... autre contrefactuel en bois mais qui pend à la bouche de tous les supporters en ce sombre soir de dégringolade finale.
Et Titi Roland de finir sur une note bien à l'image du reste: un clin d'oeil à Thierry Gilardi, mort foudroyé par un infarctus il y a deux mois et qiu n'aura pas l'occasion de nuancer le désastre de ce naufrage bleu. Une dernière phrase morbide pour un Euro mortel dans un groupe de la mort pour nécrophages. Stoppons-là, oublions ces Bleus aussi malchanceux que nauséux et pensons au meilleur à venir: le challenge de l'offensive prometteur entre Hollandais, Portugais et Espagnols. Puisse l'une de ces trois armadas finir à la plus haute marche. Ca va flinguer, en terre tricolore ... à commencer par la bande à Ménès, pas du genre à tirer sur les ambulances mais pas du genre non plus à protéger Domenech d'une taloche qu'il aura semble-t-il tout fait pour ramasser en peine face.

Mais le meilleur est à venir dans cette fin de match irréaliste devenant surréaliste avec l'interview d'un sélectionneur déjà déchu: le scoop du soir, nettement hors-jeu ...
... Domenech de demander sa jolie compagne Estelle Denis en mariage! Mais où sommes-nous? Avant de s'excuser d'une seule chose, et pas vraiment la meilleure: de ne pas avoir prévenu son équipe que cet Euro raté servait avant tout à préparer 2008 ... par pitié, ne dis rien et laisse passer l'orage avant que la foudre ne te crame pour de bon. Comment oser, alors que ce sont ces même vieux devenus indésirables qui avaient sauvé la maison France sur la route du Mondial 2006 et tandis que les jeunes d'alors (pauvre Mavouba de l'époque) se trouvaient infoutus de marquer un but durant les éliminatoires?! Encore une erreur de com' pour un sélectionneur aussi lessivé qu'une teinture de cheveux qu'il n'a pas (la teinture, pas les cheveux).
Une déclaration d'amour en direct, à la sortie de ce match pourri fini (rime avec Flamini, tiens tiens)? Un futur mariage avec Pierre Ménès en guise de témoin, soyons fous. Les jolis sentiments en guise de bouclier trop humain ou de gilet pare-billets doux de journalistes revanchards, peut-être ou sans doute. On tire d'autant moins sur l'ambulances lorsque la croix bleue se transforme en gros coeur rose molletonné. Beurk, cette soirée télé qui mêle série noire et série rose.
Retour aux choses sérieuses, ou graves: ne pas manquer L'Equipe, demain matin.
Bilan de l'Euro.
Un fiasco qui dépasse la débâcle de 2002 en nombre de déconvenues; la France dernière de sa poule et seule éliminée des poules parmi les équipes favorites, avec un effroyable bilan pire que l'Autriche côté comptabilité: "bonne" dernière de la compétition avec une différence de buts de –5, contre un moindre – 2 pour les kleine Poucet du tournoi (on est donc peu de choses, malgré la différence de standing entre les deux poules respectives); absente des quarts pour la première fois depuis 1992, soit une petite éternité alors que l'ère 1998 n'était pas encore engagée et faisait sans doute ses ultimes adieux hier soir. Clap de fin pour une histoire à l'eau de rose qui aura duré dix ans, sur fond de perfusions intermédiaires.
Prospective en vue de futures éliminatoires à ne pas manquer, pour des raisons de bon goût.
Y a-t-il un après-Zidane, dont l'absence se solde finalement toujours par des déconvenues depuis 1995? Y a-t-il des créateurs dans cette équipe, voire un patron à venir? Platini avant-hier et Zidane hier; un maître à jouer dans les deux cas et sans lequel tout était toujours dépourvu. A quand une équipe de France capable de vaincre sans un génie des surfaces et sur un collectif de type batave? Un renouveau est à attendre avant toute chose du côté de la défense, premier des chantiers d'un futur entraîneur attendu. Qui pour successeur: Deschamps? Blanc? Tigana? Luis Fernandez? Guy Roux? Naân, j'déconne sur la fin ... Deschamps présumé idéal pour faire le lien entre la génération d'hier et la génération de demain, mais avec le sérieux inconvénient de ne pas faire partie des cadres et autres apparatchiks de la FFF. Réunion du Politburo cocorico prévue pour le 3 juillet. D'ici là ... qui est mort verra de ses yeux morts; après cet Euro pas encore fini, tout de même. Loin de là, car le meilleur est encore à venir sur fond de couleurs rouge-orange. Le bleu ne durera pas, faut-il espérer pour des raisons de rancoeur tenace et d'amour du jeu. On retiendra ce dernier argument, pour la grosse peine.

Résumé final, avant la mise en bière:
- bravo Buffon, dont le penalty arrête face à Mutu lors du second match aura été on ne plus décisif pour son équipe bénie des dieux, elles
-un gros gâchis global, depuis un premier match où le joker fut trop tôt grillé contre la Roumanie; de bonnes réactions et un gros quart d'heure offensif dans le second, malgré la râclée de sortie; puis un scénario invraisemblable dans le troisième et un effet boule de neige qui n'a fait qu'accélérer une fin de cycle promise par le sort;
- un seul être vous manque, et tout est dépourvu. Le mal chronique d'une équipe de France qui ne peut vaincre sans jouer avec une individualité d'exception en son sein. Fontaine, Platini, Zidane, Ribéry ... la France n'est pas une hydre, tout sauf une hydre et c'est là son immense talon d'Achille déjà constaté en 2002.
- un match de merde, comme rarement il aura été donné à un supporter français d'en supporter un depuis belle lurette et sans que le score ait à se mêler à l'affaire;
- l'esprit français n'est pas mort: tant qu'il y aura des Ménès et des Solo sur 100%Foot, on pourra soigner nos bleus à l'âme à défaut de convaincre des Bleus officiels et repartir au front la larme à l'oeil. La bonne, celle-ci, celle du rire.

Un match pourri de chez pourri, certes de chez certes. Sachons toutefois tirer une compote du fruit pourri: la vie reste belle pour qui sait y mettre du sien et aller de l'avant. Dédicace au futur sélectionneur. La convalescence prendra du temps chez certains, pour qui la vie sera aussi merveilleuse et gaie que pour Black et son "Wonderful Life" de circonstance.

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Et vive la France éternelle, si l'on y met du sien; et mort aux vaches ... suisses, ou pas.



F&H

Bon signe?

Publié le 17/06/2008 à 12:00 par schangels
Bon signe?
Signe évocateur, sans être prophétique pour autant: à peine entré-je dans mon Université de Nancy 2, ce mardi après-midi, que je suis tombé sur le panneau électronique et l'indication d'une soutenance de thèse en ce jour fatidique du mardi 17 juin 2008. Le sujet de la thèse: oublié. Le nom de la souteneuse: Nathalie ... del Vecchio. Parlez-moi de hasard, je vous répondrai: sacrée coïncidence, ou homonymie bien tombée.
Un bon signe? Les nostalgiques des heures glorieuses se rappelleront que Marco Delvecchio est le nom de l'attaquant de la Nazionale qui avait ouvert le score contre la ... France, en finale de ... l'Euro 2000. Avant que cette même France ne revienne du diable vauvert et terrasse une malheureuse Italie sur un but en argent mais plaqué or durant la première période des prolongations. Signé ... Trézeguet, grand absent (pour de justes raisons) lors de cet Euro mal barré pour les deux équipes.
Mon pronostic pour ce soir? 2-1, pour la France. Tout comme un certain 2 juillet 2000. Qiu vivra verra, et qui verra aura peut-être des envies de suicide. Pas moi, ouf. Converti à la frénésie orange, supportrices incluses.
En l'honneur d'une rivale pas ridicule et toujours fière (trop fière?) de ses couleurs chantantes, ces quelques strophes de l'hymne nazionale sur un air voisin du "Toreador" dans Carmen de Bizet. Un chant d'union patriotique appelé par Garibaldi, Cavour et consorts de l'unification italienne; composé par Goffredo Mameli en 1847, ce chant n'a été adopté par la République italienne qu'à partir de 1946 et sa nouvelle constitution post-fasciste, avant d'être définitivement entériné par le Sénat italien en ... 2005, pas avant!
Avé les paroles et avé la traduzione, pour tous ceux à qui viendrait l'envie soudaine d'un karaoké patriotique à 20h43 (ou 44, selon l'ordre d'introduction des hymnes). Une version opéra lyrique, suivie d'une version football plus gueularde:


Vidéo Youtube




FRATELLI D'ITALIA
Fratelli d'Italia - Frères d'Italie
L'Italia s'è desta, - L'Italie s'est levée,
Dell'elmo di Scipio - Avec le heaume de Scipion [l'Africain]
S'è cinta la testa. - Elle s'est ceint la tête.

Dov'è la Vittoria? - Où est la Victoire ?
Le porga la chioma, - Qu'elle lui tende sa chevelure,
Ché schiava di Roma - Car esclave de Rome
Iddio la creò. - Dieu la créa.

Stringiamoci a coorte - Serrons-nous en cohortes
Siam pronti alla morte - Nous sommes prêts à la mort
(répéter le vers ci-dessus 2X)
L'Italia chiamò. - L'Italie [nous] a appelé.
(répéter les derniers vers ci-dessus 1X) + "SI!!!"

(Fin du chant pour la Nazionale; le reste pour les amateurs d'opéra)
Noi siamo da secoli - Nous sommes depuis des siècles
Calpesti, derisi, - Piétinés, moqués,
Perché non siam popolo, - Parce que nous ne sommes pas un peuple,
Perché siam divisi. - Parce que nous sommes divisés.

Raccolgaci un'unica - Que nous rassemble un unique
Bandiera, una speme: - Drapeau, un espoir :
Di fonderci insieme - De nous fondre ensemble
Già l'ora suonò. - L'heure a déjà sonné.

Stringiamoci a coorte - Laissez nous joindre la cohorte
Siam pronti alla morte - Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò. - L'Italie s'est levée.

Uniamoci, amiamoci, - Unissons-nous, aimons-nous
l'Unione, e l'amore - L'Union, et l'amour
Rivelano ai Popoli - Révèlent aux Peuples
Le vie del Signore; - Les voies du Seigneur ;
Giuriamo far libero - Jurons de libérer
Il suolo natío: - Le sol natal :
Uniti per Dio - Unis pour Dieu
Chi vincerci può? - Qui peut nous vaincre ?

Stringiamoci a coorte - Laissez-nous joindre la cohorte
Siam pronti alla morte - Nous sommes prêt à mourir
L'Italia chiamò. - L'Italie s'est levée.

Dall'Alpi a Sicilia - Des Alpes à la Sicile
Dovunque è Legnano, - Legnano est partout
Ogn'uom di Ferruccio - Chaque homme a le cœur,
Ha il core, ha la mano, - A la main de Ferruccio,
I bimbi d'Italia - Les enfants d'Italie
Si chiaman Balilla, - S'appellent Balilla,
Il suon d'ogni squilla - Le son de chaque cloche
I Vespri suonò. - A sonné les Vêpres.

Stringiamoci a coorte - Laissez nous joindre la cohorte
Siam pronti alla morte - Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò. - L'Italie s'est levée.

Son giunchi che piegano - Les épées vendues
Le spade vendute: - Sont des joncs qui ploient
Già l'Aquila d'Austria - L'Aigle d'Autriche
Le penne ha perdute. - A déjà perdu ses plumes
Il sangue d'Italia, - Il a bu le sang d'Italie,
Il sangue polacco, - Le sang polonais,
Bevé, col cosacco, - avec le Cosaque,
Ma il cor le bruciò. - Mais cela lui a brûlé le coeur


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Bien de l'aqua a coulé sous les ponts de l'Orne, depuis mon époque de fin d'adolescence où l'opportunisme intéressé des enfants d'immigrés italiens me sortait par les trous de nez à chacun de leurs klaxons et de leurs braiments synonyme de victoire "locale". Un manque de reconnaissance vis-à-vis d'une couverture sociale française qui m'énervait les nerfs mais s'est finalement transformé en geste salutaire à mes yeux. Tout s'apaise et devient acceptable avec l'âge, dira-t-on.
Parce que l'on ne peut pas être tout à fait malsain lorsque votre hymne crie si haut et si fort la vie qui chante, de préférence à une boucherie de jacobins sanglants prêts à en découdre avec le premier réfractaire tombé sous la pique de leurs raisonneurs peu raisonnants au final ... problème de désamour avec cet hymne français et ses joueurs qui l'entonnent enroués, sans conteste.
Honneurs aux vaincus? A demain pour un hymne d'une Roumanie victorieuse? Glorieuse incertitude du sport à tête de Janus.


F&H

En attendant Godot

Publié le 17/06/2008 à 12:00 par schangels
En attendant Godot
Traduisez: en attendant le sort irréaliste d'un groupe C, pour le pire des deux cadors de départ et pour le meilleur des deux autres épouvantails de service. Parmi lesquels une Hollande réjouissante et une Roumanie récalcitrante.
Retour sur les matchs d'hier soir, en attendant une soirée promise au non-sens de la "glorieuse incertitude du sport".


Allemagne-Autriche: 1-0 (Ballack 49e)
L'aigle accouche d'une couleuvre
Un match qui promettait beaucoup de buts et finit par "accoucher d'une couleuvre" ... dixit Franck Leboeuf, aussi fin dans ses formules de néo-journaliste que dans son jeu d'acteur lorsqu'il savourait un steak Charal avant même de l'avoir mis en bouche ... sympa tout de même, dans son duo avec Titi Roland. On attendait une gentille piquette, du style 4-0 ou 4-1 pour les miséricordieux. On obtient à la sortie un résultat minimal. Une chance que les deux équipes n'aient pas pu reproduire le dramatique arrangement entre amis germanophones du Mundial 1982, lorsque les deux équipes avaient conclu par un 0-0 mesquin pour sortir une Algérie prise en sandwich entre deux intérêts bien calculés. Une Algérie qui aura battu la RFA 1-0 dans ce groupe tronqué par des équipes truqueuses. Germanisme et pragmatisme qui ne firent qu'un à cette époque; une telle situation ne risquait donc pas de se reproduire hier soir, étant donné la situation comptable légèrement critique des Allemands. Retour sur une rencontre qui rappelait au souvenir brunâtre d'un autre anniversaire, pangermanique.
1938-2008: 70e anniversaire de l'Anschluss, consacrée par un match amical entre les deux équipes de football nationales et une fameuse Wunderteam (= "équipe miraculeuse"). Une équipe de rêve, qui avait étrillé sa grande soeur par 5 à 0 à deux reprises et restait décidément trop joueuse pour respecter le nul arrangé (but de qui lui vaudra d'être exclu de la future équipe de la Grossdeutschland. Avec notamment un but du "Mozart du football": Matthias Sindelar (dont le nom illustre rime avec ceux de Engelaar et Huntelaar, notez bien), qui mourra en 1939 avec sa compagne dans des conditions mystérieuses et suite à une prétendue intoxication alimentaire au monoxyde de carbone. D'autres ont parlé de mort sous la déprime d'un joueur incapable de supporter son éviction de l'équipe autrichienne et qui avait refusé d'intégrer de plus la nouvelle équipe pangermanique. Une situation intenable pour un génie du cuir qui paya le prix de ses origines juives et que la Gestapo considérait comme un "social-démocrate, ami des juifs et nationaliste tchèque". Une affaire pliée d'emblée, tout comme la finale d'une Coupe du Monde de 1934 promise à des Italiens organisateurs et que l'anti-jeu systématique infligé à Sindelar ne fut jamais sanctionné par l'arbitrage. En période autoritaire ou totalitaire, les artistes ne sont vraiment pas rois.
Ils ne sont pas plus sur le terrain vert en période démocrate, nous dira-t-on à la sortie de 3 matchs maladroits de l'équipe autrichienne version 2008. Un petit match hier soir, à la hauteur de son statut de Ostmark post-annexion contre une grosse voisine allemande satisfaite d'un simple régime diesel. Gomes toujours décevant depuis le début du tournoi, Klose pas très inspiré et un milieu de terrain bloqué par un gros bloc défensif autrichien regroupé en un 4-5-1 compact capable de se déployer sur les ailes. Face à ce blockhaus autrichien, l'Allemagne a montré une de fois qu'elle n'est pas des plus inspirées face aux équipes qui l'empêchent d'avoir la conservation du ballon. De bonnes finitions mais des talents individuels encore limités: une sorte d'anti-France qui, elle, ira toutefois en quarts de finale mais aura besoin d'huide de coude contre un Portugal bien plus joueur et habile sur les petits espaces.
Le match d'hier: une superbe Kartoffel de Ballack dans la lucarne de Macho sur un coup franc des 25 mètres, quelques actions sulfureuses devant la ligne de but adverse mais un Gomes toujours aussi irréaliste et un duo Klose-Podolski dont le manque d'espace suffisant n'a pas mis en valeur. L'Allemagne sort seconde d'un groupe qu'on lui promettait acquise avant le début de la compétition et d'autant plus après les deux premières rencontres de ce groupe B version Bisounours. Une rigolade jaunâtre au final: sûr que les Teutons auraient préféré aux Turcs qu'aux Portugais, pour des quarts de finale qui écourteront sans doute leur espoir de retour au sommet européen. On n'imagine pas Cristiano Ronaldo et consorts sortis aussi tôt. La défaite infligée par la Croatie pèsera sans doute cher dans les chaussures allemandes, à l'image d'un groupe sans doute surévalué et que les bons résultats des éliminatoires auront bercé d'illusion. A l'image de la Pologne, indécrottable déception des phases finales ...

Pologne-Croatie: 0-1 (Klasnic 53e)
Carton plein
Succès total pour une équipe de Croatie partie sur les rotules et arrivée sur un plateau d'argent. 9 points, 3 victoires, 4 buts et un seul encaissé. Bien peu s'attendaient sans doute à un tel bilan à la sortie d'un premier match lamentable face au Petit Poucet autrichien. Un but d'un revenant miraculeux: Ivan Klasnic, revenu au haut niveau après une greffe du rein qui aurait dû l'éloigner des terrains et pour de bon. Une belle histoire face à une triste histoire récurrente: celle de la Pologne et son incapacité à confirmer ses bons résultats d'éliminatoires en phase finale. Toujours pas de victoire à ce stade, même face à une petite Autriche fragile et qu'un penalty généreux a brisé de nouveau les espoirs d'une Pologne toujours douteuse. Même combat pour l'Etat polonais, censé préparer l'Euro 2012 avec l'Ukraine et dont l'état catastrophique des travaux actuels (pas de réfection des stades, pas d'autoroutes entre les deux pays organisateurs, pas de marché public assaini en terre toujours corrompue). Rien d'autre à dire. Triste, rien de moins pour les amoureux de ce pays incapable de sortir de son statut de seconde zone. En 2010, peut-être? L'espoir fait vivre, dans un pays aussi chrérien.

Une dernière histoire d'anniversaire, avant de plier les gaules pour ce soir et d'attendre la sentence de demain. Petit état des lieux avant une mise au point présumée de haut vol et finalement destinée à ne pas raser les pâquerettes du groupe C. Qui l'eut crû ...

France-Italie: ???
Sortir les doigts ...
1808-2008: 200e anniversaire de la création du baccalauréat.
Précisément: les potes à Grand Corps Malade seraient bien inspirés de trouver une réponse à l'un des sujets de l'épreuve de philo version 2008: "est-il plus facile de connaître autrui que de se connaître soi-même?"
Traduisez: est-il plus facile de cerner le jeu de l'adversaire italien que de deviner ses propres plans de jeu? Christophe Lambert nous dirait dans un de ses meilleurs rôles (celui de Mortal Kombat) que le plus grand ennemi de la réussite est souvent soi-même. Respect.
Problématique d'un soir fatal: les Bleus sauraient-ils en mesure de se sortir les doigts ... de ce sombre endroit où l'on aurait aimé qu'ils ne se lôgeassent jamais lors du premier match. Histoire de ne pas y fourrer la tête entière pour se l'y cacher par la suite, dans le cas désormais plus que probable d'un retour prématuré via Roissy. Par "chance", les Bleus ne devaient pas rentrer tout de suite en cas de défaite face aux Oranje. L'en-cas batave aura-t-il été digéré, avant ce mardi de la mise à mort définitive pour l'un ou pour l'autre adversaire illustre du soir?
Question de gros points; question de temps. Sortir les doigts, de préférence à des calculettes qui ne servent plus à rien et c'est tant mieux. Aussi et surtout, les sortir davantage pour les supporters et l'esprit du jeu que pour les caisses de la Fédération Française. Du jeu, nom de Dieu! Car Zidane le Magicien n'est plus là pour faire oublier à lui seul des carences de matchs gagnés au final et transformer des critiques probantes en louanges atrophiantes. Un peu d'huile de coude dans la défense, un peu de réussite en attaque, et l'ogre italien d'un soir ne devrait pas paraître plus insurmontable que cela. A condition que la tradition et la trouille de mal faire ne fassent déjouer personne du côté bleu non-azuré.
Tout match qui suit un autre lui ressemble-t-il? Il faut espérer que non si l'on est coq plutôt que lion, à la veille d'un match qui doit être celui de la non-peur ou de la "dépeur". En terre de gouvernance, les néologismes ont la vie belle et l'Equipe de Nutella-Toyota-Carrefour-SFR fait de son mieux pour maintenir cette nouvelle tradition orthographique. Une France souvent à l'heure face aux TGV adverses, capable de confirmer qu'elle est la meilleure quand on ne l'attend plus ou presque plus? On a vu l'inverse après la déroute hollandaise, même si les circonstances ont fait beaucoup et la manière n'a pas été absente des rangs français. Un déboire manifeste qui ne doit donc pas faire oublier les promesses d'un soir du côté de l'animation offensive et de l'aile droite Ribéry-Govou, mais qui doit rappeler au mauvais souvenir d'une défense désormais catastrophique et dans laquelle une moindre purge est attendue pour éviter le pire et sortir au pire sans regrets.
Prévision pour demain: pas de Vieira, un petit Nasri en milieu pour soutenir Ribéry et un Benzema dont on attend encore des étincelles avant de quitter l'hôtel de Vevey. Retour au bercail, au départ vers un renouveau comme aux plus beaux matchs de 2006? Encore faut-il que les Pays Bas jouent le jeu contre la Roumanie. Un scénario bizarre, presque malsain: les Pays Bas pourraient retrouver l'Italie ou la France en demi, si l'une d'elles se qualifiait par bonheur (1 chance sur 3, disons); à moins qu'elle ne se paie le luxe de les scalper en une seule fois et par une méthode peu catholique: une défaite face aux Roumains, qui qualifierait celle-ci pour les quarts et délesterait l'Euro des deux plus gros morceaux présumés de l'avant-tournoi.
Il faudra souffrir pour satisfaire ses désirs, quoi qu'il en soit. A moins de virer au bouddhisme et de choisir l'option de la nolonté nihiliste (ne rien avoir pour ne rien avoir désiré), la défense devra aller au carbone si elle ne veut pas boire la tasse et perdre ce qu'elle avait tant souhaité. Une histoire de souffrance, dans tous les cas. Souffrez, messieurs, face à de tels féroces qui mugiront sans doute à défaut de pouvoir égorger. Aux armes, citoyens de la balle ...


Roumanie-Pays Bas: ???
La Moldavie au paradis?
On attendra donc une défaite des Roumains, dont le jeu quelque peu amélioré contre l'Italie n'empêchera pas de penser que cette sélection propose jusqu'ici un jeu tristounet qui rime davantage avec Moldavie qu'avec Roumanie.
Excellent prétexte pour un interlude musical à l'ambiance angoissante et tendue. Honneur aux Belges de Front 242 et leur "Moldavia" de 1991, dont la froideur électronique est aussi festive qu'un match de Diables Rouges durant les matchs éliminatoires.

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La logique du jeu voudrait que les Oranje poursuivent leur rythme de croisière et distribuent une douce avoinée aux adversaires des Carpates. La France ferait carpette dans le cas contraire; suspense à venir pour une équipe de France sous perfusion et dont le groupe ne semble pas respirer la joie de vivre. Pas plus que l'Italie, somme toute, et c'est bien là le premier enseignement fondamental de ce premier tour de l'Euro 2008: les champion et vice-champion du Monde 2006 flirtent avec les sommets du globe mais sont à la ramasse pour franchir les massifs alpins. Un coup de spatule dans la face les attend au tournant, demain soir. Le cimetière est plus proche que le paradis. Du jeu, par pitié, et la rédemption vous sera accordée pour vos vacances familiales anticipées ...
Allez la bleusaille: azur ou pas, mais l'important est de donner l'envie. L'envie d'avoir envie (d'inspirer de futures vocations), comme disait l'autre porteur de poisse de la campagne 2002. Résultat des courses demain, pour ce groupe C de la mort qui aura déchiré deux races plus tard que prévu et sans doute celles que l'on attendait. Grazie Buffon, ultime promoteur d'une poule à suspense et qui consacrera peut-être la domination manifeste de la Hollande. Une domination à 9 points? Le bleu sera terne jusqu'au coup de sifflet final, demain soir ...


F&H

Joyeux anniversaires (parole de vainqueurs)

Publié le 16/06/2008 à 12:00 par schangels
Joyeux anniversaires (parole de vainqueurs)
Le chiffre 8 inspire les événements historiques, sport et ballon rond inclus.

1968: révolte noire le 16 octobre sur un podium où Tommie Smith, champion olympique du 200 mètres en 16'83'', tendait le poing avec son brother John Carlos et pourrait vaguement inspirer quelques vainqueurs ce mois d'août en terre pékinoise. Lesquels Jeux Olympiques de 2008 commenceront par ailleurs le 8e jour du 8e mois de l'année. Le 8 inspire les faits saillants.
1978: Coupe du Monde dans l'Argentine de Videla et ses généraux sud-américains à grosses moustaches et lunettes fumées. Une seconde finale malheureuse consécutive de la grande Hollande de Cruijff. Quatre années après un 2-1 emprunté contre la RFA d'un temps encore bi-polaire; une nouvelle finale perdue face à une Argentine que la dictature locale a su utiliser pour capter les énergies négatives de sa population en liesse. Quelques équipes avaient songé un temps au boycott de la compétition. Hidalgo s'expliquera plus tard sur la raison d'y participer malgré tout. Un mal pour un bien, pour une équipe de France nouvelle génération à la qualification douloureuse et qui devait entamer dès 1976 une campagne glorieuse sous le commandement d'un certain Michel Platini. Né à Joeuf à quelques 20 bornes de Metz, pour information.
1988: le triomphe hollandais lors de l'Euro allemand, époque doucereuse où je visitais la ville de Trèves (Trier, en allemand) avec ma classe de 6°A1. Un mardi 21 juin, tandis que nous croisions de drôles de supporters orangés des pieds à la tête le jour d'une demi-finale RFA-Pays Bas et avant que moi et ma petite famille ne partions déménager le même soir de ce premier jour d'été pour la région de Troyes. Avant d'assister le dimanche suivant à la finale d'une Hollande triomphante contre l'URSS d'alors et au sacre de Marco van Basten (voir le but d'anthologie dans le billet "Tableau Noir (c'est Noir?)".
1998: un autre triomphe, bleu celui-là, pour un autre bourrage de crâne dont Chirac a bien su tirer parti et aussi bien que dans les plus indignes républiques bananières d'Amérique du Sud où le football se veut religion.

2008? Plusieurs anniversaires historiques, en attendant le nom de la nouvelle équipe impératrice d'Europe.

Une histoire d'anniversaires, d'un bout à l'autre.
Pas de billets hier sur les matchs du samedi: non seulement ils n'en valaient pas vraiment la peine à tout prendre, mais j'étais retenu en personne par un autre cas d'anniversaire bien plus personnel que ceux qui vont suivre. Les 32 printemps d'un bon vieux camarade à fêter, lequel a bien peu à carrer du football et se délecte bien plutôt des victoires de Ferrari les dimanches en début d'après-midi. Pour rappel, toutefois:


Groupe D
Suède-Espagne: 2-1 (Fernando Torres 15e, Villa 92e; Ibrahimovic 34e)
Pasaran!
Ca passe, comme prévu et au bout des deux seuls premiers matchs de la sélection ibérique.
Malgré une équipe qui ne respire toujours pas la sérénité sociale, l'Espagne a de nouveau fait parler la poudre par la talent de ses jeunes canonniers: Fernando Torres tout d'abord, puis Villa pour conclure un match finalement serré après l'égalisation du maître à jouer suédois: Super Zlatan Ibrahimovic, capable de ralentir de balle en pleine surface de réparation et sans jamais la perdre. Contrairement à sa place sur le terrain, qu'il délaissera à la mi-temps après une inquiétante contrariété physique pour la suite des événements scandinaves. La Suède pourrait-elle se qualifier sans son génie de service, dans le cas redoutable où ceui-ci devrait cirer le banc faute de mieux?

Russie-Grèce: 1-0 (Zyryanov 33e)
Du yaourt bulgare
Triste confrontation orthodoxe ce samedi après-midi, où le vaincu devait quitter l'Euro une fois pour toutes. Beaucoup plus de fautes physiques que de talents techniques, à l'image d'un Nikopolodis à la ramasse sur le seul et unique but russe: parti en vadrouille à la sortie de sa surface de réparation, il n'est pas pour rien dans la défaite finale de son équipe, mais les amateurs de jeu offensif ne lui en vaudront pas d'avoir éjecté le plus tôt possible une Grèce au jeu aussi soporifique et guillerette qu'un tableau d'Otto Dix. Quant aux Russes, la victoire sera obligatoire face à des Suédois qui seront clairement à leur portée. Avec le retour du proscrit des deux premiers matchs, Arshavin, un peu plus de percussion et un peu moins de malchance qu'à l'accoutumée pourrait ouvrir, enfin, les portes du second tour à une équipe toujours talentueuse mais toujours slave, aussi: joueuse et indisciplinée. Les préparateurs physiques suédois ont intérêt à requinquer leur Zlatan providentiel, s'ils ne veulent pas boire la vodka jusqu'au ver de terre du fond de bouteille.

D'autres anniversaires que celui de mon vieux pote sont venus mêler la Grande Histoire aux petites histoires de football, hier soir. En attendant d'autres célébrations retentissantes pour les matchs à venir du lundi soir ...

Groupe A
République Tchèque-Turquie: 2-3 (Koller 34e, Plasil 62e; Arda 75e, Nihat 87e+89e)
Forts comme des Turcs, ou faibles comme un Cech?
Les Atatürkish Boys ont fini par percer la muraille tchèque et remporter leur nouveau siège de Vienne, 425 ans après la fameuse bataille perdue par l'armée ottomane face à la coalition chrétienne du roi polonais Jean III Sobieski et du duc de Lorraine Charles V. La défaite de 1683 est loin des esprits turcs d'hier soir, où le raki et la sauce blanche ont dû couler à flot suite à une magnifique frappe enroulée de Nihat. Mais la providence aura dû faire ses siennes: non seulement les Tchèques passèrent très près d'une victoire éclatante et sans discussion, après un contre et une frappe sur le poteau qui privait les Bohémiens d'un 3-0 net et sans bavure. Mais bavure il y eut, et plutôt trois fois qu'une: un premier but turc où le gardien Cech n'était pas irréprochable, puis un second où la tortue Ninja tchèque ne l'était totalement plus. Un ballon anodin qui glissait des gants du portier devenu en un soir la cause de tous les maux, ou presque. Comment expliquer cette extinction brutale de l'équipe toute entière après le premier but turc, alors que les contres lancés par un Ujfalusi impeccable en défense axiale montraient une équipe tchèque aussi efficace au milieu que sur les ailes? Avec un Koller dans son rôle habituel de tour de contrôle, difficile d'imaginer une fin aussi dramatique, voire tragique et pathétique pour son gardien plus habitué aux panégyriques qu'aux diatribes. Un second but ridicule, donc, qui incitait des Tchèques mi-abattus mi-démoralisés à se recroqueviller tant bien que mal sur leur but et délaisser à tir des ailes favorables aux centres de Tunçay sur la gauche et Kazim sur la droite. Un Kazim des petits soirs, mais dont le collectif aura finalement profité d'une bourde historique du gardien adverse pour se prendre à rêver d'un second tour plein de promesses. Forts, très forts dans la tête et courageux au point de décrocher une victoire inespérée; la Turquie a intégré hier les quarts de finale; la Tchèquie s'est déintégrée en l'espace de cinq minutes. Bravo aux uns, désolé pour les autres. Confirmation du renouveau turc après une bonne campagne européenne de Fenerbahce? Voire ...
Une victoire de dingue et dans un désordre défensif le plus total qui soit: offensives sur les ailes et à tout va, mauvais geste à retardement du volcanique portier turc Volcan et remplacement par le joueur de champ Tunçay. Il a manqué quelques minutes aux Tchèques pour égaliser sur le fil et entamer une historique première série de tirs aux buts en sortie de poule. Tunçay a évité une telle série promise aux adversaire, malgré un Cesc des petits soirs sombres. Un joli bordel final, donc, et une leçon de Turcs assoiffés qui valent bien une petite poussée d'adrénaline tzigane à la No Smoking Band: "Unza unza time" (2000).

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Ceci même si son Emil Kusturica d'auteur n'apprécierait sans doute pas la dédicace faite à une équipe d'obédience musulmane, laïcité officielle nonobstant. Défense de l'identité serbe et sa chrétienté obligent, échaudée par une percée kossovare en terre européenne ... même topo pour la sélection turque, en vue des quarts. Voire ...


Suisse-Portugal: 2-0 (Yakin 70e+82e)
Jubilé beurré
Une dernière rencontre pour du beurre, mais une jolie victoire en l'honneur du coach dans un pays où le beurre ne compte pas pour des prunes.
Petit dérour rapide par le second match de la soirée, dont le score inattendu ou presque a donné l'occasion aux coiffeurs de Portugais de jouer et de malchance (un poteau, une transversale) et de suffisance et d'offrir à leurs adversaires helvètes une victoire finale en l'honneur de leur sélectionneur Kobi Kuhn. Via un doublé d'un naturalisé d'origine turque, le bien nommé Hakan Yakin (aucun lien avec papa Anakin Vador); comme quoi la soirée aura été placée sous le signe ostentatoire du croissant blanc sur fond rouge. Une victoire pour une dernière apparition, une première victoire en phase finale pour une dernière sortie du crû 2008. Le reste appartient à la petite histoire, désormais.

Retour demain sur une histoire de dates historiques et d'un anniversaire moins glorieux pour tout le monde: 1938 et un match Allemagne-Autriche qui promet beaucoup de buts.
Quiconque aura l'audace de prévoir une qualification in extremis de l'ancienne Ostmark aura bien droit à son kébab sur assiette en guise de récompense, pour le coup ... Qui osera y croire? Pas moi, pas plus qu'une qualification tout aussi hypothétique de la Pologne, future victime pathétique de son piteux nul contre la même Autriche lors du match précédent.
Un pronostic tout fait: une qualification de la Nationalmannischaft dans un fauteuil en cuir peau de porc.


F&H

Grands Corps Malades

Publié le 14/06/2008 à 12:00 par schangels
Grands Corps Malades
Fallait-il jouer un vendredi 13? Pas avec une défense vermeille, en tout cas. Trop dangereux pour les articulations ...
Du lourd, hier soir. Du très lourd, aussi bien pour le score que pour les paupières de supporters au complet béret-baguette de sortie. Du trop lourd? Un peu, et je veux m'en expliquer par la voie administrative ou arbitrale. Pas un bouc-émissaire, juste un poids de trop dans une balance déjà assez déficitaire pour ne pas avoir à en rajouter.

Deux surprises de taille dans ce groupe mortel tout sauf morbide, dont la logique peut se rhabiller vite fait. "La nuit semble tomber sur la France (yo), dans nos crampons s'dégage comme une odeur de rance (baby)" ... laissons aux slameurs le soin de slamer sur cette situation grave quoique pas désespérée, si l'on croit encore à l'arithmétique ainsi qu'à la bonne volonté de "coiffeurs" bataves pour le dernier match des Oranje face à la Roumanie. Car il s'agira de ne pas battre l'Italie pour des nèfles; ce qui sera le cas si la Roumanie en venait, ô surprise inexplicable ou presque, à battre le nouveau poil de carotte à gratter les bons tirages.

Double ironie, et pas des moindres:
- et dire que la France serait déjà éliminée, si Mutu avait inscrit son penalty dans l'ultime minute de son match;
- et dire que la France devra sa qualification miraculeuse à Santo Gianluigi Buffon, si la bonne idée lui venait de battre l'Italie pendant que les Pays Bas feraient preuve de probité désintéressée face aux Roumains.
Deux conditions nécessaires qui afaiblissent nettement le capital chance. A croire que France Lalanne porte la poisse à nos Bleus. A moins que ce ne soit ce Grand Corps Malade fraîchement promu; lequel porte on ne peut mieux son nom et se décline même au pluriel, lorsque l'on regarde un classement provisoire du groupe C de la mort-qui déchire-sa-race-en-voie-d'extinction où le champion du monde et le vice-champion du monde se disputeraient presque la cuillère de bois. Une très mauvaise surprise pour les uns, une bonne pour le football en général et nos désirs d'offensive. Adieu la raison raisonnante de la Grèce 2004. Bonjour la passion époustouflante de la Hollande 2008. Mais revenons un moment sur les deux matchs d'hier, afin d'éviter toute dithyrambe un tantinet exagérée.


Italie-Roumanie: 1-1 (Panucci 56e; Mutu 54e)
Dov'é la vittoria?
On se le demande peut-être encore du côté de la Botte, qui ferait bien de frotter les derrières de sa Squadra de service avant que les quarts de finale ne lui passent sous le nez pour la seconde fois consécutive après l'Euro 2004 portugais. Toni à côté de la plaque et réduit à un jeu de déviations de la tête sans issue; Zambrotta maladroit et coupable manifeste du premier but sur un tête en retrait trop courte. Tant pour mieux pour le Florentin Mutu, qui n'en demandait pas tant et ouvrait enfin son compteur-but personnel. Camoranesi perdu dans un milieu déserté, di Natale étrangement laissé sur le banc, sinon pour privilégier la consistance d'un milieu de terrain renforcé par le vieux briscard del Piero. Seul Buffon sort tel un héros de cette rencontre plutôt terne et qui laissera un souvenir bien plus périssable que son successeur.
On retiendra malgré tout le but valable de Toni et le hors-jeu injustement sifflé à la sortie, tandis qu'une dernière action roumaine était, elle, créditée elle d'un pénalty soufflé pour Mutu mais que le Florentin d'adoption n'était pas Futu de placer ailleurs que sur le milieu de la cage d'un Buffon des grandes fins d'après-midi. Si l'Italie se qualifie mardi soir, elle peut embrasser la Madonne et la mère de Gianluigi dans le même temps. D'ici là, la Squadra Azzura devrait donner un tout autre visage, démomifier un del Piero inexistant malgré les espérances placées en lui et retrouver une défense sur mesure que l'absence de dernière minute Cannavaro laisse divaguer sur le terrain comme une orpheline à l'agonie. Ajoutez à cela des décisions arbitrales toujours à sa défaveur, que ce soit sur le hors-jeu non-sifflé de van Nilsterooy lundi soir (règle 11 de mes deux, cf. billet "Par-dessus Board") ou sur le hors-jeu sifflé de Toni hier soir. Beaucoup de poisse en si peu de temps, à croire que l'Italie est maudite ou détestée inconsciemment. Un peu fort de café Lavazza, mais rien n'est encore perdu et c'est bien là la conclusion la plus incroyable qui soit au vu du bilan comptable. Pour un Groupe C où trône pour de bon un monarque inattendu des grands jours retrouvés: la Hollande.


France-Pays Bas: 1-4 (Henry, 71e; Kuyt 9e, van Persie 59e, Robben 72e, Sneijder 93e)
Moule et frite
Boum. Aïe. Zut flûte. Historique.
Mais pas pathétique, loin de là et pour tout le monde, ou presque.
Réglons vite ce qui fâche: un Malouda pathétique en défense, témoin le premier but où l'ex-Rhodanien ne regarde jamais le ballon et s'entiche de son adversaire direct au point de lui acrocher un maillot apparemment des plus élastiques. Un Gomis qui ne sait plus où il habite et aura besoin d'un GPS jusqu'à Saint Etienne, le pauvre. Un Thuram noté 2,5 dans L'Equipe de ce matin et en partance déclarée pour le PSG (ceci expliquant cela?). Un Henry inefficace ou presque, en tout cas pas présent au moment crucial où les filets adverses l'attendaient. Trop de fatigue ou de limites face à des Hollandais que rien n'arrête jusqu'ici et surtout pas les vents contraires.
En face: van der Sar, van Persie, Sneijder, Robben. La classe mondiale, jusqu'ici et sans passer par des milieux dont on oublierait presque le rôle intermédiaire entre les lignes.
Autrefois: les sacres s'obtenaient par la défense, la preuve avec Jacquet en 1998.
Aujourd'hui: à croire que le sacre passera avant tout par l'attaque, la preuve avec les deux historiques complices que sont la Hollande d'hier et l'Espagne de mardi.
Quand ça veut, ça veut. Une synthèse du match: une histoire de moules et de frites ... sans oublier de respecter les proportions des ingrédients en question, sous peine de tomber dans un chauvinisme aussi crétin qu'inutile.
Un peu de moule et beaucoup de frite: joli portrait d'une équipe en pleine bourre et bénie des dieux du football. Quand la moule hollandaise a la frite, le coq français se prend une cuite à la vinasse blanchâtre qui accompagne le plat principal. Sans faire injure au cador du moment, certains signes feraient presque croire au paranormal et laisser penser que rien ne peut empêcher les Pays Bas d'être championne d'Europe d'ici quelques deux semaines. A moins d'une inondation générale de son territoire, d'une faillite des polders locaux et d'un rapatriement soudain des onze joueurs auprès de leurs familles naufragées ... rien ni personne ne pourra battre cette Hollande si tout continue à lui sourire à ce point, la réussite de ses attaquants comme la faveur contingente des arbitres.
4-1: un score que le supporter français n'avait plus pris dans sa face depuis des lustres.
Dernière rencontre où la France avait perdu par un écart de trois buts? Contre le Brésil en demi-finale de la Coupe du Monde suédoise 1958. Une défaite 5 à 2, lourde sur le papier mais que la France avait perdue à 11 contre 10 dès les premières minutes du match (un blessé précoce et pas de remplacement automatique à cette époque).
Dernière rencontre où la France avait encaissé quatre buts? Contre la Pologne, dans un match amical qui suivait une tragique coupe du Monde mal terminée et où la bande à Boniek avait infligé un cinglant 4-0. Après un 4-2 de la 3e place finale, la coupe de Zubrowka était pleine et l'herbe de la bouteille sucée jusqu'à en perdre sa chlorophylle.
Point d'injustice aussi criante hier soir, si l'on excepte la main plutôt flagrante de Ooijer à la 53e et l'éventuel scénario à retournement qui aurait pu s'ensuivre avec une égalisation française à la clef. Avec des "si" ... oui, je sais. Mais tout de même: deuxième victoire triomphale des Oranje après une deuxième influence prépondérante des fautes d'arbitrage sur le score final. Les juges et partis sont toujours les plus servis, cela dit, donc fermons-la et jouons-la profil bas tout en décrotiquant quelques actions essentielles de la taloche d'hier soir.
Au royaume du groupe C, entendez: le Royaume d'Orange, les amateurs de formules toutes faites sont décidément les rois ... les deux surprises secouantes d'hier soir le confirment en trois temps:
- dominer n'est pas gagner
- la chance sourit aux audacieux
- bien mal acquis ne profite jamais

Dominer n'est pas gagner: la France en sait quelque chose, pour avoir frôlé le but à plusieurs reprises et subi la même sanction consécutive que les Italiens.
La chance sourit aux audacieux: les Pays Bas en savent quelque chose, qui ont profité de quelques largesses arbitrales, sinon d'un gros coup de pouce débile de la Board pour imposer une griffe léonine sur une compétition placée résolument sur le signe de leurs offensives. Bravo à leur esprit offensif, prometteur et réjouissant quatres années après un Euro grec triste à souhait et calculateurs. Des mauvais calculs qui faisait de mauvais matchs et un petit champion final.
Bien mal acquis ne profite jamais: Domenech ferait bien de le reconnaître à défaut de l'ignorer, qui a choisi une tactique frileuse contre des Roumains recroquevillés lundi soir et pourra s'en mordre les doits mardi soir si, par une mésaventure qui prend forme, la Roumanie devait se qualifier face aux nouveaux ogres oranges de ce groupe de la mort qui déchire sa race féline.

Pas d'insulte ni de reproches injustifiés, ici; seulement l'intention de rappeler que le 7-1 infligé au total par la même équipe joueuse contre deux finalistes déjouantes de la dernière Coupe du Monde bénéficie au-delà des apparences d'un impérial concours de circonstances. La preuve dans les détails, sans enlever aucun mérite à cette situation qui place désormais les Pays Bas parmi les grandissimes favoris de la compétition. A juste titre, ou presque et pour quelques jours au moins.

Deux fautes professionnelles, et de taille:
- Malouda sur le premier but de Kuyt, qui ceinture son adversaire au marquage sans jamais regarder un ballon qui finit directement sur sa tête du pseudo-ceinturé. Malouda ceinture, le ceinturé saute comme un zébulon et propulse le ballon dans les filets à bout portant. Bien la peine de se concentrer sur son adversaire, si c'est pour se montrer incapable de lui barrer la trajectoire du ballon.
- Henry sur l'énorme occasion créée par un même Malouda, en réanimation progressive tout au long du match: comment ce buteur-né peut-il rater un lob avec autant d'espace derrière et devant lui, alors que van der Sar ne peut rien faire si le ballon trouve une trajectoire qu'un joueur même moyen n'aurait pas eu de mal à obtenir ce soir? Ce fut donc une soirée 100% réussite pour les Bataves, ce que Henry a déclaré devant les micros après le match. La décence eut voulu qu'il ne le dît pas, bien qu'il ait un tantinet raison à ce propos: difficile d'être plus réaliste et efficace en un seul match à haute pression, qui plus est. Tant mieux pour eux et pour des spectateurs en mal de jeu débridant, dont nous sommes. Si l'on omet quelques secondes son joli but à suivre, et si l'on insiste sur les conséquences psychologiques qu'une égalisation aurait pu avoir quant à la suite des événements, Henry a bouffé une feuille de match comme jamais son estomac n'a dû avoir à en assumer la digestion durant toute sa carrière.

Lorsque les uns ratent tout ce qu'ils entreprennent et que les autres baignent dans une euphorie totale qui les ferait transformer la première caillasse en or fin 24 carats, le supporter orange se fait un seize feuilles chargé du meilleur marocain et se le fume en solo jusqu'au bout d'une nuit qu'il voudrait ne jamais voir s'arrêter. La nuit doit être belle côté batave. Félicitons-les pour éviter l'air renfrogné. Mais n'oublions pas le halo de lumière qui les protège irrationnellement jusqu'ici.
Un bilan de ce match, des forces et faiblesses en présence et des chances restantes du vaincu déchu qui l'a profondément dans le cul: petite défense française, fatiguée; grosse attaque hollandaise, inspirée sinon guidée par de potentielles muses de football à décolleté orange. Puis un van der Sar que les superlatifs ne parviendront pas à cerner: trois actions coup sur coup pour les Français, en l'espace de trois minutes; trois arrêts de van der Sar, sans que le nouveau ballon ne semble le déranger en quoi que ce soit côté prise de balle (dédicace à Lehmann le Teuton). Pas des frappes superpuissantes non plus, mais tout de même: le géant mancunien est présent et le fait ressentir sur une défense encore jeune et que l'on sent friable. A revoir lors des quarts ou des demis, si d'aventure cette défense devait se frotter à des Portugais ou des Espagnols que la défense locale ne trahirait pas. Ce qui reste à prouver côté espagnol, soit dit en passant ...

Triomphe, victoire, gloire et beauté, seize feuilles en cône ... Les éléphants orange ont du défiler par paquets de douzaines hier soir, dans les rues virtuelles d'un Maastricht en flammes roses. Honneur aux vainqueurs et à un esprit d'équipe visiblement retrouvé, pour le meilleur du football et pour le pire des scénarios du supporter numéro un de l'équipe de France: Francis Lalanne. Pas question de placer celui-ci parmi les banderilles musicales de mes billets, pas d'inquiétude. L'occasion plutôt de célébrer cette victoire d'orange sympathiques, parfois onanistes et souvent échangistes sur un air de pop hippie à forte tendance psychédélique. Les mateurs invétérés de matchs de l'Euro 2008 sur TF1 reconnaîtront, s'ils ont la bonne idée de boire les images de matchs jusqu'aux génériques de fin. Un bon gros "Time to Pretend" planant des MGMT, donc:

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Une surprise que ce triomphe batave? Pas tant que ça, si l'ou oublie deux secondes les palmarès pour almanachs et que l'on revient sur le vécu des grands matchs européens.
1990-1992: rien à dire, la Hollande de Gullit-Rijkaard-van Basten est morte et le fait sentir à des supporters oranges prêts à affronter une nouvelle traversée du désert.
1996: toujours pas de trophée, mais un quart de finale perdu contre la ... France, et aux ... tirs aux but, suite à un raté du malheureux Seedorf qui pleurait comme un enfant perdu face à un Lama aux anges. Première occasion de frôler les grands soirs, tombée dans l'oubli.
1998: toujours pas de trophée, mais une demi-finale perdue contre le Brésil aux ... tirs aux buts, tandis qu'elle finissait sur les rotules et ratait la 3e place du podium contre une suprenante équipe de Croatie que l'on n'attendait pas à pareille gueuleton mondial.
2000: toujours pas de trophée, mais une demi-finale perdue contre l'Italie aux ... tirs aux buts; une histoire qui se répète et a dû bien faire souffrir des supporters pleins de ferveur mais au bord du fatalisme russe de principe.
2004: toujours pas de trophée, mais une demi-finale perdue contre le Portugal ... avant les tirs aux buts, certes.
Total: trois demi-finales dans les 10 dernières années, dont deux perdues aux penaltys. La statistique la plus élémentaire exigerait que cela finisse par passer et payer avec un trophée à la sortie. D'autant que la Hollande aime le chiffre 8: 1978-1988-1998 ... 2008, les amateurs de l'ère Johan Cruijf apprécieront la lignée numérique, sinon numérologique. Et si cela passait cette année? Les compteurs sont au vert, malgré une défense dont l'attaque flamboyante néerlandaise s'ingénie quelque peu à cacher des failles de murs plutôt légers.

A vaincre sans gloire, la Grèce de 2004 avait cassé l'ambiance générale d'un dernier Euro placé sous le signe de l'extinction physique et des matchs morts-nés. A perdre sans honte, la France de 2008 pourrait se rappeler au bon souvenir de supporters qui croient en elles mais souhaitent avant tout s'enorgueillir des actions de terrain plus que des scores de compteur. Le Français moyen n'avait pas de honte à avoir, hier soir; un coup de pouce de l'arbitre, un portier adverse monstrueusement efficace, une attaque hollandaise sur un nuage de fumée odorante ... il y a des soirs où les grands se font tout petits mais gagnent au moins à ne pas réagir avec l'orgueil mal placé du condamné de mauvaise foi. Pas de chaleur étouffante hier soir; dédicace au Sagnol du lundi soir. Pas d'adversaire truqueur ou d'actions impossibles à fructifier; dédicace à Henry et son incroyable lob raté, compensé par une subtile déviation ô combien plus difficile sur son seul et unique but qui sauve comme dirait l'honneur quasiment déchu. Une soirée des records où l'on broie du noir ... quitte à broyer, autant garder la broyeuse sous la main et s'en servir pour un dernier match peut-être suffisant à l'orée des quarts de finale. Sait-on jamais; sinon une chose: merci la Hollande, et sans rancune l'arbitre. "Et une moule sauce marinière pour monsieur"; dank u wel ...

Après une première rencontre terne lundi soir dans un café nancéien fortement lusophile, le Picon était triste et baignait dans son sirop pas bleu mais bien mariné.
Après cette seconde rencontre vécue dans un café chebran de djeuns de la place messine (le "Beverly": place saint Jacques au croisement du Gaumont et de la cabane Steinhoff, pour les connaisseurs), le Picon a retrouvé sa belle couleur orangée, et c'est finalement tant mieux pour les amoureux d'un sport en mal de conquête offensive depuis plusieurs années. La réforme du réglement intérieur, la mutation génétique du ballon (pauvre Lehmann qui n'arrive pas à l'attraper ...) et la disparition progressive du Catenaccio fait du bien à ce sport, malgré ce que l'on peut en dire de mal côté tribunes. Les puristes apprécieront: en début de seconde mi-temps, van Basten effectue des changements et tente de garantir la victoire en faisant entrer deux ... attaquants: Robben, et van Persie! Du rarement vu à ce stade de la compétition où la tradition veut que le dominant finisse par bétonner au grand dam des esthètes. Chapeau, l'ex-artiste bien à l'aise dans son nouveau rôle d'entraîneur à la Cruijf.

Un petit groupe de Hollandais était présent hier soir, dans ce fameux "Beverly": débordant de bonheur à chaque but encaissé (par "nous", s'entend), à peine inquiets sur les 5 actions manifestes de la France et apparemment confiants dans leur portier gigantesque (à double sens). J'en ai profité pour commencer une conversion opportuniste et retourner ma veste déjà légère: "congratulations", lui ai-je dit pour anticiper un travail de collaboration en gestation; "merzi", m'a-t-il répondu avec un effort honorable pour le dire en langue française. La suite: "c'est bien ze soir, passe que ça montre que Italie c'était pas fortune" ... Comprenez: la large victoire de ce soir démontre par confirmation sonnante et pas trébuchante (pour "nous", bis) que la victoire sur l'Italie n'était en rien le fait du hasard mais le résultat d'une montée en puissance manifeste. Certes ... je me suis tû sans revenir sur la faute d'arbitrage et les divers coups du sort accumulée en une simple heure et demie. Le Hollandais était beau ce soir; beau comme un soldat allemand dans Paris occupé par un joli soleil estival de l'année 1940. Tout est beau quand tout commence. Une réalité qui dépasse le football et caractérise le charme du vainqueur sur toute population que ce soit.
Bravo la Hollande, et ne nous remerciez pas. C'est à nous et au football de le faire: "dank u wem", vraiment.
Rendez-vous est déjà pris pour mardi prochain; la calculette dans le trou des chiottes et les yeux éblouis de lumières bleu-orange. Un beau mélange, non?

F&H (pas mauvaise, non, vraiment!)

Tableau noir (c'est noir?)

Publié le 13/06/2008 à 12:00 par schangels
Tableau noir (c'est noir?)
"60 millions de Français, 60 millions de sélectionneurs". Si on le dit ... alors autant être de la partie. Pétons donc dans la soie en attendant le dénouement presque final d'un match quasi-couperet. Pour la France, s'entend.
Francis Blanche l'a dit, bien relayé par le bon Vincent Duluc: "il vaut mieux penser le changement que changer le pansement". Changeons. A commencer par le dispositif d'ensemble et certains joueurs mortifiants du lundi soir.

La tactique, donc: retour à un 4-2-3-1 (ou 4-(2+3)-1 = 4-5-1?) dont la forme idéale pourrait être la suivante à 20h45 si l'on en croit notre Monsieur Soleil national: Pierre Ménès, dit "Pierrot le Foot". Une composition dans laquelle beaucoup se retrouveront, sans nul doute:


**********************************COUPET*******************************


*********L. DIARRA*********THURAM***********GALLAS**********EVRA*******


******************TOULALAN*************************MAKELELE************


***********************************VIEIRA*******************************
*************GOVOU*************************************RIBERY*********


***********************************HENRY*******************************


Sans oublier toutefois qu'une composition idéale doit tenir compte des forces adverses. Achtung au duo offensif Sneijder-Engelaar, le second monstrueux lundi soir et qui peut faire mal au côté droit français. Etirements (sans déchirements, faut-il espérer) en vue entre Vieira et Diarra, à supposer que le premier soit sur le terrain d'entrée de jeu.
Un dispositif en 4-2-3-1 plus patient que perforant: un seul attaquant de pointe, Henry, épaulé par un Vieira en soutien direct (ou Nasri, si le premier n'a toujours pas récupéré de son pépin physique) et approvisionné en ballons par deux ailiers centreurs, dont Ribéry enfin revenu sur son côté gauche chéri du Bayern. Du renouveau après la léthargie du lundi: Govou pour créer et accélérer, Evra pour récolter et jouer à la navette sur son aile gauche à la façon d'un Roberto Carlos mais en plus discipliné (pas dur). Exit Malouda et Benzema, trop peu créatifs dans leurs registres respectifs. Exit Anelka, inexistant contre la Roumanie et tout aussi esseulé qu'économe dans son jeu de défense. Promesse de duels gagnés sur les ailes pour perforer ensuite dans l'axe et créer des brèches avec Kaiser Ribéry? A condition que les ballons transitent bien, qu'ils soient monopolisés face à des Hollandais joueurs qui ne devraient pas raffoler de courir après le ballon. A condition aussi que la France soit capable de casser les offensives oranges avec un axe Toulalan-Makélélé toujours solide et des défenseurs latéraux rapides, Diarra et Evra, capables de ratisser large et court-circuiter le jeu de passes adverse avant de relancer sur un Vieira des grands soirs. Après, après ... à lui de faire son boulot de récupérateur et de trouver des espaces pour Henry ou par les ailes. Dans l'idéal: faisable, avec un Ribéry de haute volée et un Titi volant. Dans les faits? A voir ...

"Qui aime le foot me suive", tapote Titi Henry sur son portable dans une pub tapageuse pour une société téléphonique de mauvais augure. Chiche? Que l'on dit. Car le Hollandais est solide et rapide, le tableau noir plus théorique que pratique et le chemin du but de van der Sar plus escarpé que la géographie physique de ces fils de Bataves. Avec un retour adverse de Robben au sein d'une attaque déjà prolifique sans lui ... attention, danger assuré? Au contraire, dixit Pierrot le Foot Ménès dans le "100% Euro" du jeudi soir: "très bonne nouvelle" d'après lui que la présence de Robben, croquée comme "un Pacman qui ne joue que pour lui". Question: peut-on avec un seul attaquant en pointe? Foin des spéculations d'avant-match: "La vérité est sur le terrain", pour prolonger dans la série des truismes à papa.

La France n'est jamais aussi forte que lorsqu'elle affronte les grosses nations qui tuent. Les Pays-Bas commencent toujours fort avant de s'éroder par la suite, d'autant que la vérité d'un match n'est pas nécessairement celle du suivant, etc, etc.
Un pronostic? Certes: 2-1 pour la France. Les buts: Ribéry + Govou, Sneijder.
Ca se tient? Ca se paiera à coups de Picon de supporters de base, dont je serai sur un de ces cafés messins où la mousse moussera. Promis. Pour la mousse, s'entend. Pour le score, c'est autre chose.

Le Français aime spéculer; j'exerce mon droit. En vous remerciant ... mais sans oublier mon petit hommage personnel en direction de l'actuel entraîneur des Oranje. Le grand Marco van Basten, dont la cheville usée (plus de cartilages après deux opérations; les kinés apprécieront) a condamné le 26 mai 1993 une carrière grandiose et dont les enfants de la génération 80-90 ne peuvent pas oublier les deux buts à suivre.
Le premier et plus ancien, sous les couleurs de l'Ajax. Sans doute l'un des plus beaux de l'histoire du jeu:

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Le second, tout aussi esthétique mais bien plus fructueux puisqu'il apporta la première Coupe d'Europe des Nations à la Hollande en 1988. Dédicace au portier soviétique victime d'un coup de génie, ce bon vieux Rinat Dassaev:

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Un bon exemple, tandis que tous les supporters réclament du jeu et du talent. Respect pour le joueur. Quant à l'entraîneur ... attendons. H - 7.


F&H

En quête de repaires

Publié le 13/06/2008 à 12:00 par schangels
En quête de repaires
Histoires d'aigles après une histoire d'eaux, le lendemain d'une déconvenue qui laisse de braves Helvètes en berne.
A l'inverse d'un aigle allemand, les serres solidement cramponnées aux rendez-vous des grands soirs, l'aiglon polonais manque d'assurance et court toujours après sa première victoire dans un tournoi européen qu'elle découvre à peine. N'empêche: il est temps de vaincre et d'entrer dans la cour des grands pour de bon. A quand un dépucelage de la vierge effarouchée? Pour ce soir sans nul doute, alors que personne n'attend rien d'une triste sélection autrichienne plus proche encore du niveau de jeu de Gueugnon que de la Guinée-Bissau. Une occasion idéale pour les enfants de la Vistule de s'installer enfin parmi les strapontins des prétendants à de meilleurs jours à venir, quitte à chasser l'autre aigle bicéphale autrichien de son repaire depuis longtemps sens dessus dessous: il est loin le temps de la Wunderteam, au nom bien usurpé depuis belle lurette et que les Polonais seraient bien inspirés de faire voler en éclats ou de balayer d'un revers d'aile droite ce soir presque historique.
L'Allemagne sait où elle veut aller et comment y parvenir: le titre, par un bon bloc en 4-4-2 sans failles entre les lignes et dont les éléments sont capables de roquer d'un côté à l'autre. Le tout après une patiente reconstruction qui conduisit de Klinsmann à l'actuel Joachim Löw, après une période Berti Vogts qui avait fait passer la Mannschaft de l'aigle royal (titre européen) au chant du cygne (déroute mondialiste en 1998). Pierre après pierre, la formation teutonne a donc retrouvé des couleurs moins grisâtres et plus prometteuses en attaque. Pierre après pierre, l'aigle a refait son nid. "Stein um Stein" (so schafft der Vogel sein Eisennetz, sozusagen), comme le dit si joliment la bande à Lindemann en de si jolis termes gutturaux traduits ci-dessus dans la langue shakespearienne:

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Quant à La Pologne, elle ne sait pas trop jusqu'où aller ni comment y arriver: passer au moins le premier tour et faire mieux que sortir simplement des poules éliminatoires, certes, mais à condition d'être moins naïve dans les lignes arrières et de ne plus boire la tasse d'eau tiède comme dimanche dernier. Un soir où le hors-jeu en ligne devait trahir les premières espérances polonaises et revenir sur terre face à des Allemands décidément imbattables. De mauvais souvenirs, toujours, à oublier maintenant contre le voisin germanophone bien moins inspiré et tellement plus faillible. Sans oublier la Croatie, isolée dans cette zone d'aigles et bien décidée à se faufiler jusqu'aux quarts sans prendre un mauvais coup de bec. Une première victoire minimaliste et décevante, face à l'aigle de paille autrichien. Quoi de neuf face à l'aigle de fer teuton? La réponse hier soir, dix ans après une révolution jeuniste dont de vieillissants Allemands avaient été les premières victimes. Deux rencontres sur fond de revanche et de repères, donc.


Allemagne-Croatie: 1-2 (Podolski 78e; Srna 24e, Olic 62e)
Pas de Kirche au milieu du Dorf
L'histoire inédite de la mouche et de l'aigle, la première assez vive pour déjouer l'attention du second et ne pas lui servir de friandise attendue de tous. Et pourtant, le rapace avait bien des raisons d'avaler l'insecte. Retour sur de récents antécédents.
Gross remise au point en perspective; une affaire de pendule et d'église à remettre à l'heure et au milieu du village, respectivement, pour une Nationalmannschaft qui ne peut pas avoir oublié l'humiliation infligée par les Croates lors du Mondial 1998: un cinglant 3-0 lors d'un quart de finale historique pour la petite et jeune sélection du coach d'alors Miroslav Blazevic; avant que celle-ci ne tombe sur un Lilian Thuram des grands jours mystiques, le doigt posé sur le nez en signe d'interrogation de miraculé miraculant et après que le truqueur Bilic ait simulé l'agression en règle pour priver Monsieur Probité, alias Laurent Blanc, d'une finale de Coupe du Monde qui lui pendait au nez. Précision: Bilic est l'actuel entraîneur de la Croatie, pour info. Vilain pas beau.
Mais l'Allemagne n'eut cure de ce moment de grâce franco-français, plus attaché à effacer cette tache noire dans une période difficile depuis le Mondial américain de 1994 et un effectif en extinction, difficile à renouveler. Encore que: champions d'Europe en 1996 après un fameux but en or du fructueux Bierhof, finaliste du Mondial coréen de 2002, puis 3e lors d'un dernier Mondial made in Deutschland lors duquel l'Allemagne a enfin réinjecté du sang neuf dans ses troupes en mal d'un grand trophée depuis 10 années ... pas mal pour un convalescent des panthéons du football. A commencer par une revanche à prendre face à des Croates techniques mais littéralement épuisés pendant une mi-temps face à l'Autriche. Du mieux côté damier, ou la fessée teutonne pour tout le monde?
Du mieux, assurément! L'Allemagne d'abord étouffée, incapable de déborder le collectif croate jusqu'à ce que ce dernier déjoue les pronostics attendus: but de Dario Srna contre toute attente d'avant-match, d'un tir à bout portant sur Lehmann qui reprenait un centre de la gauche et tandis que le début de match ne trouvait rien à y redire. Eins zu null! Des Allemands empruntés et peu inspirés, face à des Croates agiles où le milieu sait mettre du sien pour appuyer les attaquants et presser les arrières. L'Allemagne reste une artillerie lourde, puissante et qui souffre des défauts de ses qualités. Rien ne change tant que ça dans les traditions de jeu, finalement. La preuve par Srna, dans une action où le défenseur Mertesäcker ne se foule pas pour sauter sur le centre et laisse à la rue son collègue de marquage Jansen. Enseignement aussi intéressant qu'inquiétant pour leur propre suite. Rien pour l'Allemagne jusqu'à une bonne frappe de Ballack sur coup de pied arrêté, puis un pressing dans les six mètres croates qui rappelait leurs intentions offensives. Un régime minceur, tout de même, alors qu'on attendait plus de puissance côté allemand et moins de vitalité côté croate. Comme quoi ceux-ci ont su récupérer après un premier match bizarrement éreintant pour leurs pommes déjà bien blètes. Sûr que les hommes à Bilic The Kid (le plus jeune des entraîneurs du tournoi) auraient été atomisé par leurs adversaire d'hier soir, si cette ancienne minorité ethnique d'un Empire autrichien depuis longtemps déchu avaient montré le même visage que dans la seconde mi-temps du duel dominical. Rien de cela: des morts de faim accrochés aux ailiers allemands comme des mouches à merde sur un quartier de boeuf Charal; une conduite de balle rapide et des offensives intéressantes, jusqu'à une déroute de Jansen sur un duel et une frappe bien léchée qui faillit doubler le score à deux minutes du retour aux vestiaires. Les matchs se suivent et ne se ressemblent pas, pour le coup. Confirmation en seconde période, ou même scénario catastrophe que dimanche dernier?
Bilic n'a pas dû manquer de le leur rappeler, quitte à jouer sur leur orgueil collectif: une seconde mi-temps jouée sur le même rythme de grabataire que celui infligé aux spectateurs quatre jours plus tôt serait fatale pour son groupe face à une équipe d'Allemagne qui, elle, ne demanderait pas un délai de trois jours pour égaliser puis remporter la mise; à l'inverse d'Autrichiens inefficaces qui en seraient encore à tenter leur chance face au portier croate, s'il était permis de prolonger les matchs plusieurs jours durant. Nettement plus affûtés, il restait donc à confirmer la bonne note croate de départ et, cette fois-ci, jusqu'à la fin de la rencontre.
Confirmation obtenue assez vite, puisque la forteresse croate jouait le pressing à merveille pour mater chaque offensive adverse et se payait même le luxe d'un second but chanceux: un centre-tir sur le poteau gauche de Lehmann, puis un ballon qui rebondit devant le but allemand pour finir dans les pieds d'un renard de surface croate Olic tout heureux de l'offrande juteuse: zwei zu null, qui l'eût cru? Quelques-uns certes, mais sans plus. Preuve que les Allemands n'ont pas le génie individuel des Portugais ou des Hollandais, et que cette équipe est prenable dès lors que la défense adverse relève le défi physique. Sacré pied de nez croate, après une débandade athlétique du dernier dimanche et qu'a vite fait d'oublier un pressing à deux ou trois permanent sur des porteurs du ballon très vite sevrés. Une entrée inutile d'Odonkor, histoire de donner du peps à un milieu trop lourd face à des plumes à damier; un Gomez inexistant, aussi efficace qu'un Tavares et sorti juste après le coup de poignard du hambourgeois Ivica Olic; une Allemagne à côté du plus germanique des sujets slaves, qui attendra encore pour régler son contentieux personnel du Mondial 98 et n'a fait hier qu'alourdir son ardoise.
Pas totalement à côté, non plus: la preuve sur une mise en retrait de Ballack qui donne l'occasion à Podolski de fusiller Pletikosa et redonner un peu de Hoffnung à ses collègues bien décevants jusque là. Zwei zu eins: suspense garanti pour la fin de match, malgré les apparences. Le retour d'une Allemagne décidément réaliste dans les derniers quarts d'heure, après avoir gambergé toute la partie et susceptible de refaire le coup de 1998 contre la Yougoslavie (menée 2-0 avant de finir sur un score de parité obtenu avec les tripes)? La pression est sur les Croates, tandis que leurs adversaires font tourner le ballon sur les ailes en attendant que la muraille centrale soit prise de tournis. La stratégie prend le pas sur la fraîcheur physique, forcément: renforcement de la forteresse croate avec cinq défenseurs, dix minutes avant une délivrance qui qualifierait les slaves pour le second tour. Dix minutes durant lesquelles l'Allemagne n'a pas su mettre la pression suffisante sur la défense adverse, trop empruntée dans ses passages de lignes et incapables de prendre le Croate de vitesse. Pas de Kirche remise comme prévu au milieu du Dorf; toujours pas. Pire, même: expulsion de Schweinsteiger sous le coup d'une légère colère pas dramatique mais excessive tout de même. Le cinéaste Leko, dix ans après Bilic. Qu'importe: fin d'un match qui a vu le retour de Croates autrement plus convaincants et le recul d'une Allemagne autrement plus décevante. Tant mieux pour l'intérêt d'une troisième journée, où Pologne et Allemagne lutteront pour une seconde place qualificative plus acharnée que prévue. L'équipe de Löw n'est pas encore on the beach, si l'on permet l'expression.
Une reconstruction retardée par un match à reculons de la Mannschaft, en somme. La fête à Dario dans une Zagreb nocturne en furie, sans nul doute. Excellent prétexte pour fêter ce prénom bien inspirant. La preuve par Vitalic:

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Retour réjouissant sinon surprenant, pour des techniciens de toujours qui finiront peut-être par revenir au premier plan après plusieurs campagnes internationales décevantes. A voir et revoir lors d'un dernier match sans doute crucial contre la Pologne, à supposer que celle-ci ait ouvert son compteur-victoire contre de petits Autrichiens sans ressources. Naprawdę ?


Pologne-Autriche: 1-1 (Guerreiro 30e; Vastic 92e)
La non-mouche qui rate le coche
L'aigle allemand a perdu de ses plumes; qu'à cela ne tienne, il se refera le plumage contre un gentillet oisillon autrichien dont il ne fera sans doute qu'une becquée.
Polska-Österreich: pas la rencontre du feu et de la glace, encore loin de là; plutôt les retrouvailles d'un petit appelé à grandir et un Minus en stagnation à long terme. Quitte à user d'un sport pour piétiner un voisin germanique qu'elle porte tant dans son coeur national, la Pologne ne s'en priverait pas et le doit d'autant moins qu'il lui faut gagner ce soir pour durer dans la compétition. Les promesses offertes dimanche soir laissent espérer par ailleurs une gentille piquette en sa faveur, du moins une victoire nette sur le terrain à défaut d'une nette victoire au compteur. Avec ou sans Zurawski, peu importe malgré la blessure prématurée de l'attaquant de pointe. Bien que nettement moins technique que la mouche croate, l'infanterie légère de Pologne ne peut rater le coche contre une si faible équipe adverse du soir, pas plus que l'aigle noir germanique ne pouvait passer à côté d'une revanche synonyme de qualification d'office et de préservation des forces vives. Mais sait-on jamais, avec le sport ...
Un début de rencontre à l'avantage inoffensif d'une Autriche entreprenante, dont le jeu maladroit ressemble à celui d'un Petit Poucet de la Coupe de France tombant sur un gros morceau: plein de bonnes intentions, certes, mais conscient des limites de son possible. Une grosse occasion autrichienne et un face-à-face gagné par le portier Boruc (prononcez: "borouts" et roulez le "r"), cela dit, sur une nouvelle erreur décidément chronique d'un défenseur polonais en pleine léthargie centrale. Toujours pas de réalisme du côté autrichien; avertissement sans frais pour les Polonais, et surtout pour sa défense toujours à revoir. Puis une autre occasion brûlante où l'Autrichiens n'était pas plus efficace et tirait à bout portant sur le même Borucs. Deux avertissements sans frais: trop pour vrai à ce niveau de la compétition, rappelant toutefois que les Autrichiens n'en sont là qu'en qualité de gentils organisateurs. Pas loin de mener au score cependant. Une réaction polonaise, qui promettait tant mais roupille d'autant depuis le début du match? Nie: un troisième face-à-face et un troisième duel remporté par le gardien déjà chaud comme une braise. Jamais 17 sans 18, tant qu'on y est? Ca ne marque pas mais ça joue, dans un à toi-à moi réjouissant mais terriblement inefficace des deux côtés. Comme un match de PES entre l'Arabie Saoudite et le Pays de Galle sans Giggs, pour ainsi dire ... paralysés par l'enjeu, les Polonais? Décevants et trop suffisants pour confirmer, en tout cas. Puis ce qui devait arriver arriva: à force de vendanger l'immanquable, l'outsider polonais devenu favori d'un soir finissait par ouvrir le score après une bonne conservation du ballon sur le petit côté droit du but autrichien, puis un centre heureux qui finissait dans les pieds du fraîchement naturalisé (deux mois avant le tournoi) Guerreiro seul devant la ligne déjà promise. Hors-jeu au départ du ballon, qui plus est. 1-0. Schwer, sehr schwer pour des Autrichiens besogneux; mais comme le dirait le premier amateur de formules toutes faites venu: "dominer n'est pas gagner". C'est tout pour la première mi-temps: si peu pour les uns, si bien pour les autres.
La seconde mi-temps sent le KO très tôt: une belle passe retro de Guerreiro pour la star slave Eusebiusz Smolarek, sur un contre rapide au milieu de boulevards mais à l'issue duquel le petit magicien de Santander n'a toujours pas trouvé la formule. Pas encore entré dans son Euro, le premier buteur de la sélection de Leo Beenhakker. Il serait temps, pourtant. Un jeu permanent du travailleur Krzynówek sur l'aile gauche, de bons centres dans l'axe mais pas assez de percussion (la fameuse, chère à Jacquet) pour surprendre un bloc autrichien compact. Pas de folie sur le terrain, mais Alzheimer dans les tribunes où notre Thierry Roland national se met à attribuer sur un ton péremptoire des corners aux Polonais lorsqu'ils sont clairement en faveur des Autrichiens. Fatigué, le gaillard, autant que le déroulement de la partie peut être fatigant pour des Autrichiens de bonne volonté mais aux pieds carrés. Puis une nouvelle entrée du vieil homme providentiel Vastic, aussi utile pour son équipe que Cali pour le renouveau de la chanson française. Pas grand-chose d'autre à mettre sous les canines de bergers autrichiens, faute de fraîcheur en fin de match et de foi dans l'avenir déjà bien assombri par des événements à contre-courant.
Puis vint un improbable événement pour les cousins Germains: une faute polonaise dans la surface de réparation, et un penalty du vieillard Vastic à la 92e. Un coup de couteau très tranchant pour Smolarek et les siens. Pas un hold-up pour les locaux, mais un résultat inutile pour tout le monde et qui ne fait que condamner une équipe polonaise pas assez joueuse pour la circonstance. Une Pologne qui passe encore à côté de son rendez-vous pourtant promis. Toutes les possibilités statistiques sont permises entre les trois aigles, tandis que la Croatie se qualifie pour de bon grâce à cet accident de fin de parcours slave sans conviction. Fin très probable d'une histoire courte qui n'a jamais commencé pour les co-organisateurs et finira sans doute en eau de boudin pour les opposants d'un soir. Un seul mot de circonstance: kurwa.

Aigle noir qui pleure, aigle blanc qui pleure aussi mais avec quelque espoir dans un coin de sa petite tête; oiseaux de malheur, tandis que la Croatie passe entre les rapaces et s'assure une qualification mi-ombre mi-lumière. Seconde qualifiée officielle pour les quarts, après la Selecão do Pouwtougaw.
La Pologne peut remercier Boruc, sinon s'agenouiller devant sa future statue en guise de reconnaissance éternelle si d'aventure l'équipe passe le premier tour. Une hypothèse fragile, en l'état. Car il faudra faire mieux, bien mieux pour décrocher le sésame contre la Croatie: une qualification pour le second tour d'un tournoi international, ce qui constituerait une première depuis l'épopée glorieuse de la bande à Boniek. La Pologne avait alors fini sur le podium du Mondial 82: une autre époque; une autre ère.
Une première victoire, historique donc. Mais tellement aléatoire et si hasardeuse qu'elle ne laisse augurer de bon ni de mal pour la suite des réjouissances. Car le moindre supporter polonais concédera que l'Autriche a davantage perdu que sa sélection n'a gagné, en cette deuxième soirée mortelle pour l'un des candidats à la survie de groupe. Quelle équipe n'aurait pas passé ce soir sur l'équipe la plus tendre du tournoi, à vrai dire? Aucun enseignement instructif pour l'avenir proche, donc. Trois bons points nécessaires et utiles, mais en rien salvateurs et qui resteront simplement dans les annales de la Fédération polonaise. Sans plus. Car le gros morceau reste à venir pour un Smolarek qui n'a toujours pas ouvert son compteur-but et serait bien inspiré de s'y mettre au prochain rendez-vous historique des rouge et blanc, face à d'autres Slaves plus talentueux et auxquels le statut de leader n'offira pas le luxe d'aligner une équipe de coiffeurs.
Une dernière sortie aux allures de commando de la mort pour la Pologne, qui pourrait passer d'éclatante à humiliante si l'équipe ne relève pas son niveau de jeu et attend religieusement que la Vierge s'occupe de son sort pour passer l'orage à damiers. Faut pas rêver. Dont acte? L'Allemagne déçoit, la Pologne inquiète avant de consterner, l'Autriche s'agrippe par miracle. Et les Croates s'éclatent. Ou l'histoire encore plus invraisemblable d'une mouche qui se fait vautour pour rafler la mise d'un groupe d'abord promise à l'aigle noir. Aucun des trois aigles n'a trouvé de repaire réconfortant; voilà pour l'enseignement du soir, en attendant un nouveau jour en bleu de chauffe. Chaud, chaud ...


F&H

Petites confirmations

Publié le 12/06/2008 à 12:00 par schangels
Petites confirmations
Juste de quoi communier entre supporters vainqueurs d'un soir; mais pas de quoi monter au 7e ciel pour autant. Pas encore, du moins. Les uns étaient attendus, ils sont arrivés ... les autres étaient dépourvus, ils repartent aussi vite qu'ils sont venus. De peu pour la Suisse, mais tout de même ... embrochés de la dernière minute. Dur.
Pour résumer la journée d'hier: "bien, mais pas top".

Bien, mais pas top ...
... disait la voix off dans la biographie délirante de Gérard Darmont (alias le commissaire Bialès), rapport aux notes de ses bulletins d'école primaire dans La "Cité de la Peur" et à une histoire de boucherie qui rappelle mes embrochés d'hier. Un film signé Alain Berbérian par ailleurs; c'est dire si le réalisateur devait espérer la victoire des croissants rouge d'hier soir avec un nom pareil ... mais je m'égare.
Bien, mais pas top: même sentence pour les deux matchs d'hier. Sérieux et proprets comme un garde suisse, mais pas à la hauteur des fofolles espérances placées dans les deux équipes attendues au tournant. Un peu à l'image (acoustique) d'un refrain des Coldplay: copie correcte, mais toujours cet air lancinant de déjà entendu et de refrain poussif à cheval entre une soporifique Dido et un U2 sans inspiration. Avis personnel corroboré par le dernier "Violet Hill" du moment (dédicace au Breton parisien). Dont j'apprécie cela dit le rythme martelant, puis les contre-temps et coups de gratte en decrescendo qui enveloppent chaque refrain. Musique, donc:

Vidéo Youtube



Bien, mais pas top: le Portugal tout d'abord, la Suisse ensuite, la Turquie enfin, Tchèquie laissée de côté pour des raisons de flou artistique au sein de son collectif compact mais peu prévisible. Une Suisse plus déçue que décevante; encore qu'il ne fallait pas s'attendre à des trésors de technicité du côté helvète, pour qui avait constaté l'étendue de la feuille de route d'ici 2010 et suite au très petit match d'ouverture.


Groupe A
Portugal-République Tchèque: 3-1 (Deco 8e, Cristiano Ronaldo 63e, Quaresma 91e; Sionko 17e)
Diesel enrichi
Comment dit-on "diesel" en portugais? "Dieseou", peut-être. Si tel est le cas, c'est donc sur un rythme de "dieseou" que les Lusitaniens ont remporté leur match et obtenu les premiers leur droit de rester en lice pour le titre final. Un diesel enrichi, certes, quand on voit la pépinière de joueurs côtés sur le terrain et l'efficacité des compères de Ronaldo lorsqu'il s'agit de fructifier le compteur-but. Riche de promesses pour la suite, malgré un adversaire dont la percussion offensive est trop limitée pour donner une impression fiable du niveau de jeu portugais. Que peut faire et fera cette équipe contre d'autres cadors de la compétition? Pas clair, même si cette belle équipe a au moins le mérite d'être qualifiée et de répondre aux abonnés présents des premiers tours depuis l'échec industriel des Européens au Mondial 2002.
"Pouwtougaw, pouwtougaw", pouvaient chantonner les supporters rouge et vert à l'issue du premier match de cette journée. Car le résultat positif valait bien une messe de labiales lusophones: le Portugal est le premier qualifié de la compétition pour les quarts de finale, certes, mais la manière ne fut pas sublime au point de remercier Fatima d'un pélerinage promis en retour des terres suisses. Pas la peine de crier au miracle ni au génie, donc. Une bonne victiore bien rationnelle et obtenui grâce au savoir-faire d'une équipe attendue et bien au rendez-vous, merci pour elle. Pas transcendante pour autant, non plus. A l'image de la flambée du prix du baril ces derniers temps, la préservation des joueurs clefs du côté portugais est probablement si cruciale que le Portugal n'a pas cherché pas à forcer son talent hier soir. Signe de limitations internes, ou simple économie d'énergies très renouvelables pour la suite des événements? Une petite personnelle sur la seconde option, encore que la défense ait offert hier une raison de suivre la première.
Toujours est-il que la première mi-temps du match ne laissait pas d'actions anthologiques à mettre sous la molaire du spectateur lambda. Hormis un premier coup de fouet express du petit Deco, auteur de son quatrième but seulement pour une cinqauintaine de selecao, et si l'on omet l'appréciable égalisation tchèque sur un coup de tête projeté au milieu d'une défense à la masse: pas grand-chose, sinon quelques gestes qui méritent de jolies notes esthétiques mais ne risquaient pas de charger la besace des équipes en quête de provisions maximales de points. Ronaldo expert en tricot, toujours en position de joueur Play Station sur ses coups-francs et toujours le cul dans l'herbe grasse au moindre frottement de l'adversaire direct. Cette première période a montré tout au moins que les Tchèques sont encore capables de mieux faire que lors de ce rachitique match d'ouverture contre la Suisse. Certes vieillissante, les Bohémiens-Moraviens en ont encore sous la dent souvent plombée mais encore capable de revenir au score. Elle a montré également que la défense portugaise est plus forte en un contre un que dans les regroupements sur coups de pieds arrêtes. La preuve magistrale sur le corner égalisateur de Sionko, où Pepe et Bosingwa cherchaient apparemment un trèfle à quatre feuilles sur la pelouse pour conjurer le sort en vue des matchs d'après-poule. Un signe négatif pour une sélection lusitanienne qui n'apparaît pas aussi bien armée que les Allemands ou les Néerlandais, en l'état actuel des choses.
Mais la seconde mi-temps a montré d'emblée un Portugal bien plus décidé et offensif que son adversaire de fin d'après-midi, dès lors d'une sortie de vestiaire où l'on assistait à un mini-conciliabule (terme bien choisi de Titi Roland la science non-infuse) entre des joueurs plutôt remontés. Plusieurs frappes en débordement et un travail sur l'aile droite qui laissait augurer d'une suite prévisible: l'ouverture du compteur personnel pour le tout aussi sublime qu'énervant Cristiano Ronaldo. A force de se faire presser, le citron tchèque a fini par exploser sous les coups de boutoirs portugais, non plus par les axes mais suite à une jolie frappe à ras de terre du joyau Mancunien aux 20 mètres axiaux. Toujours une gueguerre interne entre Simao et Ronaldo pour tirer les coups-francs, mais aussi et surtout, toujours des individualités capables de faire la différence sur les duels et de construire des actions crédibles avec les autres lignes. Une équipe dont le rendement global la place parmi les éventuelles demi-finalistes, d'ores et déjà: capable de marquer à défaut de ne pas encaisser, ce Portugal peut faire souvent mouche et faire la différence quand bien même ses défenseurs inciteraient à trahir quelques inquiétudes côté portugais.
Que dire de la République Tchèque, enfin? Qu'elle a bien tenté de revenir et a multiplié les actions de but dans le dernier quart d'heure, mais sans plus, avant d'être crucifiés en fin de match par un contre définitif conclu par un plat du pied tranquille de Quaresma. Qu'elle n'est en définitive ni faible ni forte, ni ridicule ni formidable, ni qualifiée ni éliminée. Un grand point d'interrogation sur le groupe de Karel Brückner, en attendant une dernière confrontation avec les Turcs où la pression du résultat n'incitera sans doute pas à rappeler au souvenir du siège de Vienne. Pas d'offensives explosives en vue, mais un match que les Tchèques devront aller chercher si, par « bonheur » pour leur croissant sans beurre, les Turcs eurent eu avant cela la bonne idée de vaincre les Helvètes du coin dans le second match de cette 5e journée. En effet; retour sur une revanche post-martiale aux allures initiales de martingale météorologique.


Suisse-Turquie: 1-2 (Hakan Yakin 32e; Sentürk 57e, Arda 92e)
Histoire d'eaux
La moitié du temps de jeu, tout au moins. D'abord favorables aux Suisses, les vannes du ciel se sont refermées trop vite pour les locaux et ont laissé place à une seconde mi-temps plus propice au jeu à terre des Turcs. Mais que d'eau avant cela! Eaux troubles, à l'orée d'un match sous tension. Eaux troublantes, pour un terrain transformé en piscine et qui a modifié les données du problème de départ. Plus techniques sur le papier, les Turcs ont bu la tasse sous les cordes ruissellantes d'une météo favorable à des locaux qui pouvaient bien en demander tant. Et pourtant ...
A quelle sauce les Turcs devaient-ils manger les Suisses et mettre fin à leurs dernières illusions? Une sauce blanche, diront les puristes et vu le maillot de rigueur arboré par les visiteurs; mais sait-on jamais, compte tenu du contentieux plutôt motivant entre les deux adversaires d'un soir déjà fatidique. Après tout, un Portugal désormais qualifié pourrait bien ménager ses cadres pour la troisième journée et laisser l'espoir d'un dernier match de poule plus facile pour les co-équipiers de l'éclopé Frei. Une bonne raison initiale de ne pas en garder sous la semelle et se lancer à l'assaut du Mont Anatolie. Emre (Asik, pas Güngör) forfait pour une déchirure aux ischio-jambiers: mauvais départ pour la Turquie face à un adversaire qu'il ne pouvait pas ne pas battre. Sous peine d'être condamné à quatre ans de désintégration européenne et plus tôt que prévu.
C'est le couteau sous la gorge et la rage au coeur que les deux équipes devaient sans doute entrer sur le terrain, l'idée de revanche dans la tête après une dernière confrontation qui avait tourné à la sauce très piquante (voir billets précédents sur le pugilat du dernier Turquie-Suisse de 2005). Situation clarissime: malheur au vaincu, dont le 0 pointé obligerait à préparer les bagages d'office avant un dernier match joué pour du beurre. Pour du beurre ou pour une petite prime qui va bien, selon les procédures choisies par les fédérations. En passant: un joueur éliminé mérite-t-il une prime pour une victoire inutile, hormis les cas de Saoudiens auxquels des cheiks tout-puissants offrent des Rolls Royce à chaque but marqué lors des grandes compétitions internationales? Mais l'Arabie n'est pas en Europe, donc oublions ce cas de figure et la question subsidiaire qui allait avec.
Retour sur un match au couperet, sinon au couteau tiré qui n'a rien du coupe-papier inoffensif de prime abord. A enjeu énorme, envies énormes et souvent disproportionnées. La preuve par les faits?
Situation cornelienne de départ, pour un des protagonistes du soir. Qui a maté la Pologne à lui seul ou presque, dimanche soir: Podolski, un enfant naturalisé de la Pologne né à Opole. Qui pourrait en faire autant face aux Turcs ce soir: Hakan Yakin, enfant naturalisé de la Turquie et à qui la bonne idée de trahir les ambitions de ses anciens compatriotes vaudrait un probable contrôle de passeport douloureux lors de ses prochaines retrouvailles familiales du côté d'Istambul. Un match dans le match, qui ne fait qu'ajouter du piquant à une sauce générale bien assez relevée sans cela.
La première mi-temps: une pluie torentielle qui ne pouvait qu'appauvrir un niveau de jeu déjà limité aux premiers abords. Une option, celle des tirs lointains susceptibles de fuser et tromper la vigilance des portiers. Bien peu nombreux, hormis quelques cas de genre côté helvète mais qui laissaient place à une domination territoriale turque pas plus efficace que cela. Un jeu de chat et de souris aux alentours de la surface de réparation de Benaglio, sans plus. Un enjeu qui a de quoi crisper les esprits et tendre les jambes, mais Magnien et Senderos veillent au grain sur un flanc droit devenu centre des attentions. Des trombes d'eau ont transformé le terrain en flaque d'eau géante et interdit rapidement le jeu à terre: impossible de créer du jeu court, au grand dam de Turcs meilleurs techniciens que les Suisses; obligation de dégager le plus loin possible pour les défenseurs sous peine d'une mauvaise surprise aquatique. Preuve pour les Turcs: la passe décisive sur le but de ... Hakan Yakin, qui attendit tranquillement devant le but déserté de Volkan une passe latérale ralentie par l'eau ambiante. Après Podolski le « traître », au tour de Hakan Yakin de maltraiter sa nation d'origine et d'illustrer une nouvelle ironie du sort des passeports tournants. Une énorme occasion du même pré-Ottoman a failli tuer pour de bon les ambitions adverses, mais la Suisse n'est décidément pas capable de tuer un match lorsqu'elle en aurait pourtant besoin. Trop moelleux, les petits Suisses, sans que cela n'enlève rien à la belle débauche d'énergie d'un milieu Behrami transformé en piston vivant entre défense axiale et attaque de pointe.
La seconde mi-temps: pression d'entrée des Turcs sur la cage de Benaglio. Prévisible, mais reste à concrétiser face à la pression du résultat, les conditions de jeu (quoique améliorées par une pluie qui a cessé) et le risque de contres assassins (quoique limitées par la vitesse de jeu de Suisses plus prudents que fougueux). Et Behrami, toujours et encore, lazialiste impeccable dans son rôle de pourvoyeur de ballons dangereux. Mais la domination territoriale et un temps plus clément ont fini par payer et rétablir la balance des mauvais comptes d'ennemis: égalisation de la tête d'un bon attaquant entré en début de seconde période, Sentürk Semih, mais où le gardien n'est pas exempt de reproches malgré le coup de boule à bout portant. Puis une pression renouvelée des Suisses sortis très vite de leur torpeur, trop conscients qu'un nul ne les arrangerait en rien et pendant que les Turcs se soulageaient de leur retour au score. Et le temps (chronologique) qui passe, pressant pour deux Nations de plus en plus cramoisies par un enjeu aussi majeur que défavorable. Un centre-tir de Tunçay, trop puissant pour être prolongé derrière la ligne de but suisse par un Nihat de plus en plus en embuscade. Changements de Kobi Kuhn, clairement offensifs s'entend: Vonlanthen puis Cabanas, pour renforcer une attaque dont tout dépend dans un dernier quart d'heure devenu étouffant après une première mi-temps embuée. Une pression qui augmente: ça sent le KO final des deux côtés du terrain, tandis que l'entraîneur turkish Fatih Terim fait les cent pas et s'arrache les cheveux cendrés sur le compte d'un Tunçay imprécis côté axial droit. "Hop Swiss" par-ci, "Tur-ki-ye" par là, match nul au centre mais vraiment pas sans intérêt (double sens). Clameurs inutiles pour des Turcs finissant au forceps et des Suisses à la dérive collective ... malgré un ultime contre à trois contre un puis à quatre contre deux et que Volkan savait stopper dans la douleur; malgré une entrée à la 83e du ... MESSIN Gygax (passé inaperçu, toutefois), suite à l'entrée adverse du bon Kazim et qu'un coup franc mettait d'emblée au rouge de chauffe. En vain, en attendant le pire.
A la presque fin de match, le score de parité n'arrange personne et laisse un boulevard à des Tchèques qui n'en demandaient presque pas tant. Jusqu'à la blessure de Erme Güngör et le contre destructeur final de : un boulevard laissé après une dernière attaque helvète, puis une frappe dans la lucarne qui relance clairement les Turcs dans leur course à la qualification avec un dernier affrontement fatal contre des Tchèques crédités du même nombre de points au classement. 2-1: la Suisse est morte, vive la Suisse, qui ne pourra pas regretter de ne pas avoir tout donné, contrairement à d'autres encore une fois. Match blanc contre le Portugal pour finir, faute de mieux. Dur, très dur et pas mérité. Mais le spectacle et la pression auront compensé un niveau de jeu bien mais pas top. Point quasi-final. Reprise de ma respiration ... Premiers verdicts, donc: Portugal qualifié, Suisse éliminée.
Il sera dit que les Helvètes auront eu les moyens de tuer le match en fin de première période, alors que le bateau Turc coulait sous une pluie diluvienne et que Hakan ratait une occasion immanquable juste après son ouverture salvatrice. Encore une occasion historique ratée, côté alpin. Aucune victoire enregistrée à ce jour dans la plus grande compétition européenne; la mauvaise série dure toujours.

Comment pourrait-t-il en aller autrement demain pour l'autre organisateur, l'Autriche? Face à une Pologne joueuse, prometteuse quoique encore victime de sa naïveté en matière de défense, une bonne valise peut attendre les locaux si les enfants de la Vistule y mettent du leur et ouvrent leur compteur victoire pour leur premier Euro de leur histoire. Un seul mot, ou plutôt deux qiu viennent du coeur: POLS-KA GOOO-LA!!!
Point final jusqu'à demain, où un certain Smolarek sera très attendu. Pozdrawiam serdecznie, i czescz. A mes souhaits? Puissé-ce être vrai...


F&H

Par-dessus Board

Publié le 11/06/2008 à 12:00 par schangels
Par-dessus Board
Bref retour sur le premier but polémique de Italie-Pays Bas, où van Nistelrooy n'a pas été sifflé hors-jeu sous prétexte que Panucci le couvrait ...
Et de quelle façon, et pour quelle raison! Sorti derrière ligne de corner de son camp après un mauvais coup, Christian Panucci ne faisait clairement plus partie de l'action et, en cela, aucun joueur orange ne se sentait encore concerné par son marquage. Pas d'influence sur le placement des défenseurs oranje, donc, autant dire: pad de hors-jeu passif en vue.
Et pourtant: le secrétaire général de l'UEFA, David Taylor, vient à la rescousse de notre ignorance populacière et réagit pour essuyer les plâtres. Ceux d'un mur pourri de l'International Board, groupuscule technocratique de vieux anglo-saxons croulants et bien décidés à maintenir les règles de "leur" jeu en l'état.
L'explication salavatrice de Taylor, donc, qui ne manque pas de paprika:
"Un joueur doit demander l'autorisation de l'arbitre pour sortir du terrain. Dans ce cadre, on considère que le joueur (Panucci) était sur la ligne de but, qu'il faisait office de dernier défenseur. Le but était valable. Les arbitres ont appliqué correctement les règles (la règle 11 de l'International board). Il n'y a pas matière à débat."
Point final, merci, au revoir, bien le "ciao" chez vous ... Et quoi encore? Et pourquoi pas une autorisation de pisser pendant la mi-temps, à déposer auprès du quatrième arbitre? Quand la lettre surpasse l'esprit, la Board n'est pas très loin et nous rappelle au souvenir de son pitoyable caractère procédurier. Car où est l'esprit du jeu dans cette action lourde de conséquences, à supposer que l'arbitre ait les moyens de songer à cet esprit sans risquer sa carrière de décideur subalterne? Quand on pense qu'une action chaude brûlante de Toni avait précédé ce but en carton-pâte, on se dit que la glorieuse victoire des Hollandais gardera quoi qu'il en soit un léger arrière-goût amer pour les amateurs de victoires propres sur elles.
Tant qu'il y aura des sous-alinéas réglementaires débiles pour défendre les décisions les plus vomitives, il y aura la Board derrière et sa meute de vieux briscards rampants accrochés à leurs privilèges de décideurs. Enfermés dans leur cage en verre aux allures de World Company du ballond rond, si loin des terrains où le ballon roule encore rondement. Cage en verre, technocrates tout vermoulus ... parfait pour placer un bon petit "Infrared" en guise de Placebo:

Vidéo Youtube



Il y a des institutions qui feraient bien de se jeter par dessus Board. Et ce n'est pas un pro-Italien qui parle ici, mais un simple spectateur plus attaché à l'esprit du jeu qu'à la lettre qui le régit.
Répétez après moi: "Arbitrage dans l'esprit du jeu". Non sens? Pas pour Joël Quiniou, illustre arbitre français qui avait officié au Mondial 1986 et a justifié le hors-jeu dans L'Equipe de mardi matin.
Pas de polémique? Et mon (va fan)cul(o), c'est du poulet nourri au maïs transgénique?!! Une victoire moins éclatante que prévu, et les excuses officielles n'y changeront rien. Dommage ... Parole de fourmi.


F&(Mauvaise)H

On en sort grandi!

Publié le 11/06/2008 à 12:00 par schangels
On en sort grandi!
Notre Eugène Saccomano national (bon gré mal gré) a vu juste sur une chose: les Espagnols pratiquent une tactique ancienne et plus très au goût du jour: le jeu du contre flamboyant. Une tactique ancienne, donc, mais qui fonctionne à merveille jusqu'ici, aussi bien chez les Ibères que chez les Bataves. Deux contres décisifs chez ces derniers, deux contres décisifs chez les premiers. Pas une mince réussite, mais une réussite méritoire quoi qu'il en soit.
Quand l'histoire se répète à répétition, entre l'obscur d'une France ou d'une Grèce et le clair d'une l'Espagne ou de Pays Bas ... qu'il doit être bon de jouer des castagnettes dans les tribunes rouge vif, tandis que d'autres se prennent les leurs entre des mains bleu horizon douteux. Entendez: il est bon d'être supporter espagnol dans les premiers tours, tout au moins, car le jeu est là et satisfait son socio de base. Reste au supporter conditionnel français le droit d'user de son passe-temps favori: celui de ruminer contre les choix techniques du sélectionneur national. Pas plus que le sponsor Nutella n'est bon pour la santé de nos enfants, les années d'expérience ne font décidément pas plus la différence sur le terrain et ne compensent pas l'effet du culot et de l'envie d'aller de l'avant. Engelaar hier, Villa aujourd'hui: quand on cherche à marquer, on trouve. Quand on ne cherche pas, on ne trouve pas. Le foot sort quelque peu ragaillardi de cette leçon d'initiative, au point d'oublier le triste tenant du trophée mis en face de ses limites techniques ce soir. Et c'est tant mieux.
Petit retour sur les faits du jour de la veille.

Groupe D
Espagne-Russie: 4-1 (Espagne: Villa 19e,45e,74e + Fabregas 90e; Russie: Pavlyoutchenko 85e)
Flammes & Co
Problème de départ pour la Russie, et pas des moindres: l'absence des deux pointes championnes de la petite Europe de l'UEFA, Pogrebniak et Archavine. Le premier forfait, le second suspendu deux matchs pour un rouge écopé contre Andorre lors de l'ultime match des qualifications. Un empire déjà écroulé avant l'heure, par la faute d'un mini-nain anonyme? De mauvais auspices pour commencer; une finition à l'hospice pour conclure.
Loin de son Zenith sacré de Saint Petersbourg, la Russie nationale flirte encore et toujours avec les abîmes et ne fait que décevoir dans des phases finales, Hiddink ou pas Hiddink, poteau ou pas poteau dans la première période de jeu; à croire que ses propres phases sont plus terminales que finales. Un exemple? Bistrov entré à la seconde mi-temps, Bistrov sorti après 25 minutes pas convaincantes du goût de son entraîneur innovant en la matière. Pas tous les jours de match qu'un remplaçant se fait remplacer. Comme un air de Bérézina, pour le coup (derrière la tête), et ce n'est pas la jolie lucarne anecdotique sur le but de la tête russe qui va faire oublier les carences d'un ensemble post-post-soviétique mal barré dès le début de la compétition. Restent encore deux rencontres, certes, mais cette petite Grande Russie semble déjà aussi cuite que sa soeurette croate après une première mi-temps convaincante mais sans suite faute de le pouvoir. Pas de préparateurs physiques dans les pays slaves, ou bien? On en aurait presque souhaité que le miraculé de dernière heure des poules éliminatoires (qualifiée in extremis après une défaite de l'Angleterre à domicile face aux ... Croates) laissât sa place aux Anglais, pour un Angleterre-Espagne où la première aurait pu lâcher sa grande armada face à l'ancien allié historique d'un autre temps glorieux. Une autre fois. Et n'enterrons pas les Russes trop vite, sait-on jamais. Les jambes peut-être coupées par un premier but contre le cours du jeu d'alors, suite à un dégagement heureux de la défense espagnole et un travail de sape final puis altruiste par Fernando Torres. Les jambes sans doute allourdies par un malheureux poteau consécutif et une série d'efforts collectif pas récompensés. Un manque de réussite qui fait mal aux fessiers à la sortie. Très mal pour le goal average, entre autres, mais la seconde rencontre n'a montré ni une Grèce imprenable ni une Suède irrésistible. Ce groupe D reste ouvert, derrière l'Espagne.
Quant à cette Espagne, elle commence ainsi son Euro sur les mêmes chapeaux de roue que lors d'un Mondial 2006 où elle avait humilié l'autre voisin ukrainien dès la première journée. Même région, même sanction ou presque. Pas un 4-0 aussi assommant, mais un 4-1 tout aussi convaincant et toujours prometteur malgré la mauvaise habitude qu'ont les Espagnols de promettre sans jamais confirmer après les poules. Vive, riche de contres et de débordements ailes-axe grâce à des techniciens talentueux (Xavi, Fernando Terres, sans oublier le chapelier du jour Villa et le gunner Fabregas), l'attaque tourne bien mais ne fera pas oublier les quelques étourderies d'une défense ibérique qui ne sera pas à pareille fête lors des matchs d'après-poule. Puyol n'est pas une sécurité sociale espagnole, pas plus au Barca que dans les semaines à venir. Mais l'arrivé du naturalisé do Brasil Senna (aucun lien avec Feu le compatriote Ayrton, je présume) au milieu de terrain semble faire du bien à l'ensemble ibère et consolider une base axiale habituée aux ruées offensives peu prudentes. Plus de solidité qui, peut-être, signera enfin la confirmation de l'Espagne parmi les grandes nations prometteuses et confirmantes.
A croire que l'affirmation selon laquelle l'offensive doive primer dans les poules et laisser place à la défense par la suite fasse oeuvre de théorème dans les grandes compétitions. Certains auraient la bonne idée de s'en rappeler, si théorème du genre il y a effectivement.

Grèce-Suède: 0-2 (Ibrahimovic 67e, Hansson 72e)
Vice non repetitas
Dédicace spéciale à l'adresse des Grecs: mieux vaut une victoire à la Pyrrhus qu'une défaite à la non-Pyrrhus. Et c'est tant mieux. Morceau choisi de l'empereur Otto:
"Ce qui sera interdit contre la Suède, c'est de jouer le hors-jeu n'importe comment, comme les Polonais contre l'Allemagne. Et de repartir comme des losers en ayant pris 2-0".
Bien vu sur la diagnostic d'une Pologne victime de ses défauts récurrents. Bien vu aussi sur le score final, bien malgré lui. Mais c'est tant mieux (bis).
La Grèce de 2008? Décidément la même que celle de 2004, à peu d'êtres près. Egale à la Roumanie de 2008 + Charisteas, c'est-à-dire un collectif hyper-organisé et recroquevillé sur son blockhaus défensif. Scénario prévisible à nos dépens de spectateurs: un petit coup (de tête) par devant à chaque rencontre, de quoi enfiler chacune des équipes adverses tombées sur des colonnes de Rhodes et capable de se replier dans un dédale après chaque enfilade made in Charisteas (bis). Voilà pour le résumé synthétique du jeu hellenistique, tendance décadence triomphante, et son "bon" souvenir laissé à l'Euro précédent. Problème avec la Suède: pas plus juvénile que son opposant d'un soir. Ljungberg est sur sa fin, Ibrahimovic est loin de ses débuts. De grandes balles au loin et quelques échanges en milieu de terrain, rien de follichon au total. Sait-on jamais.
Quoi de neuf aujourd'hui, donc? Pas grand-chose en perspective, puisque l'équipe de Otto Rehhagel se présente avec la majorité des mêmes joueurs. Toujours Charisteas (tris), Nikopolidis et sa toison blanche dans les cages ... rien de neuf, donc. Chouettos. La preuve par les non-faits en première mi-temps: hormis une tête retournée du très juteux attaquant de pointe suédois Ibrahimovic (demandez au trésorier de l'Inter, il confirmera l'à-propos de l'adjectif) et quelques phases intéressantes avortées par trop d'altruisme de l'inoxydable Henrik Larsson, la Grèce a refait des siennes et relancé sa méthode de victoire à l'anti-Pyrrhus: pas de vagues offensives, tout pour la défense et quelques contres parcimonieux au cas où. Une Roumanie en blanc, copieusement sifflée par des spectateurs médusés d'un jeu de passe à dix anti-sportif qui rappelle le match cadavérique de la veille. Le premier, bien sûr.
La seconde-temps aussi palpitante que la première, nous en restions tristement là. Puis la lumière fut: un exploit personnel de Super Zlatan a sorti le peuple jaune de sa torpeur et rétabli la morale sportive par une frappe lointaine pure et bien placée. La tactique de l'huître ne paiera pas ce soir, le jaune scandinave a fait oublier le jaune terne des Carpates. Puis un second but biscornu du genou droit du défenseur Hansson sur une balle en cloche flottante: 2-0, et personne ne s'en plaindra parmi les amateurs de jeu offensif allergiques aux systèmes de jeu qui sentent le rance.
La Grèce saura-t-elle chloroformer l'Espagne et la Russie comme elle a failli le faire ce soir avec la Suède, condition sine qua non pour sortir de ce groupe et jouer un second Thermopyles sans gloire aucune? Oups, confusion entre Sparte et Athènes mais qui revient à dire qu'il sera difficile de se glisser entre deux équipes pour les hommes de Rehhagel, cette année. A moins de nouvelles enfilades du paléo-classique Charisteas, ce dont vous me permettrez de douter pour la semaine à venir et ce sera tant mieux pour le football. Que non, car la Grèce est condamnée par sa défaite à faire désormais le jeu et ne pas rester derrière faute de revoir l'Acropole plus vite que (peut-être) prévu. Il faudra se relever le prépuce pour les deux derniers matchs, si vous passez l'expression synonyme de couilles à mettre sur la table pour nos amateurs de beaux garçons. Autre temps, certes, mais permettez la digression pour croquer des non-joueurs au système si frileux. Un hold-up, passe encore; deux hold-up, passera pas.
Ouf. Au plaisir des équipes offensives qui ont déjà fait parler la poudre, verte pour les Oranje et grise pour la Mannschaft. Sans oublier le Portugal dont on peut attendre beaucoup de la montée en crescendo entamée depuis l'Euro 2000: un quart, une finale en 2004, une demi-finale en 2006. Ca pourrait finir par passer, après une première génération prometteuse (Couto, Jao Pinto et ses potes) et une seconde marquée sous le sceau du joyau Cristiano Ronaldo. J'en avais presque oublié Grèce-Suède, dites donc ... l'effet du chloroformos, sans doute. Tak (= "merci" des suédois), Zlatan!
Ce n'est donc que justice d'un football bien léché, si la bande à Rastapopoulos n'a pas tenu bon avec son jeu de fantômes. Justice + "Phantom" = Ainsi soit-il ...

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Moralité provisoire de cette quatrième journée de poulopos? Les équipes joueuses et offensives marquent et gagnent: Portugal, Allemagne, Pays Bas, Espagne. Heureux supporters qui en ont pour leurs yeux et leur argent, contrairement aux souteneurs d'autres équipes plus nanties mais tellement plus radines en intentions de jeu. Preuve également qu'un système de jeu ne constitue pas la panacée des grandes équipes et ne dit que ce que l'on veut en comprendre. La Roumanie en 4-3-3, pour un rendement on ne peut plus défensif et frileux à la sortie. Idem pour la Grèce, pour une application tout aussi mortelle au sens propre.
Moralité permanente: le nombre d'attaquants sur le papier ne prédit en rien des intentions sur le terrain, et aucun stratège de la mort-qui-tue ne peut compenser l'envie de jouer qui fait vivre. Tout comme l'espoir et celui de passer les poules tout d'abord, quitte à prolonger la procédure réjouissante d'attaques et contres à tout va par la suite. Si possible ...
La victoire finale s'obtiendra-t-elle au sprint, ou s'agiza-t-il toujours et encore d'une affaire de course de fond et d'énergies économisées dans la durée? Certaines équipes-tortues partiront plus tôt que prévu à force de traîner la patte, qui ne profiteront pas de la suffisance du lapin adverse. Lapin, carotte ... suivez mon association d'idées bataves. En attendant demain un Portugal-République Tchèque aux allures de suprématie de groupe et un Suisse-Turquie qui promet beaucoup, mais des moins mûres. Souvenirs, souvenirs d'un pugilat passé. Pas grave, car ce soir nous laisse grandi et convaincus que le crime esthétique de l'anti-jeu ne paie plus. Pourvu que ça dure.


F&H